Petite info au cas ou...Ce chapitre ainsi que le suivant (mais je repréciserais) seront tous deux le flashback de Stiles. Les souvenirs de sa folle nuit dirons nous. Par pure envie je fais durer le suspens histoire de voir qui suit et qui à des idées concernant le possible bordel qui va découler de tout ça. J'espère qu'il vous donnera envie surtout de connaitre les folles péripéties de la bande. Pour ce qui est de la relation STEREK c'est tout aussi volontairement que les choses vont se passer en douceur. Je ne voulais pas attaquer avec une directe attirance passionnée entre les deux têtes de mules car à la vue de leurs caractères respectifs je pense qu'ils doivent avant tout s'apprivoiser. D'un coté comme de l' bonne lecture.
FLASHBACK
2h du matin. C'est l'heure qu'il réussit à lire sur son réveil alors que son portable sonnait contre son oreille. Maugréant dans un langage incompréhensible , la bouche de travers contre l'oreiller si moelleux qui soutenait son profil , il se laissa rouler sur le dos en entrainant l'objet maudit face à ses yeux ensommeillés. Scott. Et apparemment pas le premier appel puisqu'une fois les sonneries dissipées , six autres étaient enregistrés. Pas de messages c'était donc une urgence. Scott ne laissait de messages que pour les banalités habituelles du genre 'tu te souviens qu'il y a cours dans cinq minutes ? Qu'est ce que tu fous?' ou bien encore 'Stiles je vais passer la soirée avec Al' m'en veux pas on se capte demain' ou l'habituel 'Stiles on est dans la mouise mais ça peut attendre demain , on a besoin de tes talents pour une recherche active sur une bestiole bizarre dont on connait pas le nom , avec une sale gueule de vipère défoncée et qui bave comme toi devant Lydia.' En bref les conneries de tous les jours même si la dernière version était altérée par sa propre façon de s'exprimer et ne reflétait que l'idée générale du message qu'aurait pu laisser Scott...Bref... Mais là il s'affola et se redressa d'un coup sec en position assise ce qui fit craquer ses vertèbres et lui déroba une grimace aussi glamour que la salive qui suintait encore au coin de sa bouche. Se faire réveiller passe encore , ruiner un rêve érotique transcendant avec Lydia qui lui disait enfin oui c'était franchement dégueulasse. Scott avait plutôt intérêt à avoir déjà perdu un bras ou alors il perdrait à coup sur un testicule. Cette idée le fit sourire , la blancheur de ses dents fendant brièvement l'obscurité de sa chambre. Grâce à dieu son père était d'astreinte et ne quitterait pas le poste avant le matin. 'Le boulot avant tout fiston on y échappe pas'. Son père ne semblait plus avoir envie de beaucoup y échapper depuis la mort de sa mère mais vu l'état actuel des choses , c'était peut être mieux pour le jeune 'speedy' d'être livré à lui-même. Il n'eut pas le temps de rappeler son ami que le portable vibra de nouveau dans sa main , l'obligeant à fermer un œil sous l'assaut du bruit qui emplissait ses oreilles. A la seconde sonnerie il décrocha et tenta d'articuler de sa voix pateuse :
"Stiles à l'appareil , adolescent frustré pourvu d'une trique monumentale et prêt à écarteler un petit con poilu. Loupiot de bas étages qui à remplacé la voix mélodieuse de son fantasme prête à lui hurler 'oh oui stiles encore vas y t'es le meilleur coup de ma vie' par la voix de Matthew Bellamy non dénuée de charme mais foutrement masculine ce qui en somme me donne de nouvelles envies et crois moi tu..." Il fallait dire que 'Supermassive Black Hole' était la chanson de Muse référence pour les deux meilleurs amis ainsi que la sonnerie réservée à son binôme.
Stoppé dans sa logorrhée qui se promettait interminable , Stiles ne pût qu'entendre une voix essoufflée et paniquée à l'autre bout du fil le supplier de se taire.
"Stiles par pitié arrête...je suis en train de te dire...qu'on est...mal barrés...écoute...on est au manoir avec Derek...on repart au loft les autres nous y rejoignent faut que tu viennes...on t'expliquera là bas...Actives toi s'il te plait..."
Il allait répliquer mais le bip de fin de communication l'en empêcha. Il ne savait pas ce qu'il se passait , ne comprenait même pas ce que les deux loups foutaient à l'ancien manoir Hale mais il ressentit cette longue sueur froide le long de son échine qui n'avait d'écho que la masse qui s'échouait au fond de son estomac comme une boule de bowling au plus profond d'un lac. Ni une ni deux , son cerveau éveillé et en sur régime , il se leva et se retint de trébucher en se tenant au pied de son lit. S'ébrouant vivement pour faire suivre son corps à la même vitesse que son esprit , il enfila le jean qu'il avait délaissé par terre avant de se coucher en boxer ainsi que des chaussettes et ses converses. Un pull dont la capuche recouvrait maintenant sa tête et une veste plus tard , il sortait pour rejoindre son acolyte de virées , sa chouchoute de Jeep. Installé au volant tout en tentant de calmer les tremblements que l'adrénaline insufflait dans ses muscles , il mit le contact et roula à tombeaux ouverts jusqu'au loft délabré de l'Alpha. La nuit avalait la faible lueur des lampadaires qui bordaient le vaste bâtiment peu accueillant. Sortant de l'habitacle il s'assura que sa chère et tendre compagne était en sécurité. "On a pas idée de vivre dans un coin pareil au moins au manoir on risquait pas de se faire piquer son poste par le gang des écureuils mafieux contrebandiers de la noisette..." Il prit son courage a deux mains et avança en direction de la porte blindée de l'entrée. Le loft se trouvait au troisième étage sans ascenseur , les escaliers étaient grignotés par la rouille et surement porteurs de multiples maladies qui provoqueraient d'horribles irruptions cutanées mais le cher alpha avait tout misé sur ce qu'il considérait comme de la sécurité en faisant installer le digicode du bas. Maniaque du contrôle , taré de l'organisation mais pas un brin de logistique concernant les possibles virus et les hépatites. Il tapa les chiffres qu'il avait longuement répétés afin de les assimiler et passa le seuil dans un silence qui ne lui ressemblait pas. Pourtant sa panique était palpable et d'ordinaire la moindre anxiété le changeait en une masse de secousses et de tocs que certains caractérisaient d'énervants. Mais là que dalle , il avait même du mal à avancer. Léthargique à mi parcours , il s'assit sur les marches de fer branlantes pour se recentrer. Il avait accouru ici tellement de fois ces dernières semaines que ça devenait trop habituel et la lassitude l'étouffait. Pourtant il s'en cachait devant les autres , devant cette meute dans laquelle il tentait désespérément de trouver une place et de s'y tenir. Face à ce petit contingent d'êtres surnaturels , d'enfant de chasseurs et de hurleuses continuelles il se devait de rester fidèle à lui-même , sarcastique surexcité et surtout affublé d'un débit mortifiant de paroles qui n'avaient de sens pour personne à part lui. Souvent , dans ces moments de bref calme avant la tempête , il se remémorait la quête du cadavre dans la forêt quand il avait sorti son meilleur ami de son lit et l'avait trainé de force dans son délire. Il aurait payé cher pour faire marche arrière et ne pas le laisser se faire quasiment arracher la brioche par un alpha psychotique et surtout psychopathe. Mais les faits étaient là , c'était arrivé , son pote était devenu un loup garou , il pétait une durite dés que la lune était pleine et se retrouvait affublé d'un alpha antipathique et glacial à souhait. Le pire était sans nul doute que lui même était devenu un rat de bibliothèque et que sa faculté de recherches intéressait la petite meute locale qui s'en servait à tout vas. Il ne se souvenait même plus de sa dernière nuit de plus de six heures de sommeil sans réveil en sursaut ou sans interruptions. Perdu une fois de plus dans ses pensées , c'est une sonnerie peu ordinaire qui le sortit de sa torpeur. En effet la comptine 'promenons nous dans les bois' se mit à retentir dans la poche de sa veste. Le son allait assurément alerter les loups à l'étage malgré les portes en acier trempé et l'adolescent était certain que la blague ne plairait pas à l'appelant. Chacun de ses contacts avait une sonnerie particulière afin qu'il puisse savoir à l'avance , bien avant de lire le nom sur l'écran , qui le dérangeait et parfois préméditer le pourquoi du comment. Là c'était Derek. Oh putain...? Derek qui l'appelait surement pour la première fois après quelques rapides textos échangés toujours pour savoir où était Scott et ce qu'il faisait quand il n'arrivait pas à le joindre. Derek qui faisait un effort surhumain pour le contacter lui et qui..et qui allait lui arracher tous les organes un par un pour s'en faire un collier après avoir entendu cette musique niaise qui voulait dire 'je me fous gentiment de ta gueule grand méchant loup et je m'en tamponne de risquer de crever dans d'atroces souffrances'. Eh merde. Pris de panique il lâcha le smartphone et ne le récupéra pour l'éteindre qu'après avoir entendu les fameuses phrases qui signaient son arrêt de mort : 'Loup, y es-tu ? Que fais-tu ? M'entends-tu ? [..] Je mets ma culotte'...Voilà ça sentait le sapin il n'avait plus qu'à aller lui même chercher le marteau et les clous pour en finir. C'est rouge de honte jusqu'à ses oreilles bourdonnant du sang qui lui montait à la tête , qu'il entra en trombe pour se retrouver face à un groupe de jeunes s'étouffant de rire. De sa nonchalance habituelle , il s'appuya de son bras contre une des poutres en pierre qui soutenait le toit en manquant de glisser tout en lançant dans le plus innocent des sourires en coin :
"Salut"
Derek , dos au groupe les bras croisés sur son torse face à la grande baie vitrée , semblait fulminer en silence. Les muscles de ses épaules tressaillaient et son mutisme n'aida pas le jeune hyperactif à calmer les battements affolés de son cœur qui menaçait de sortir de sa poitrine. Il avait fait une connerie de plus y'avait pas à dire et une simple claque derrière son crâne ne serait surement pas suffisante. Re merde. Scott tentait de contrôler son fou rire qui perçait malgré tout dans ses yeux luisants de moquerie. Allison à ses côtés sur le canapé de cuir sombre se tenait les côtes tout en convulsant la tête enfouie dans le giron de son aimé. Isaac avait dû s'écarter en voyant l'entrée de celui qui une fois de plus le poussait à l'hilarité histoire de cacher son sourire à son mentor. Boyd , fidèle à lui-même, bodyguard affirmé , gardait son calme sur la droite de Derek tandis que Lydia observait malicieusement Stiles. Il n'osait pas bouger quant à lui , vacillant entre le sourire et les yeux de cocker pour atténuer la sanction. Erica glissa lentement sur sa gauche , le surprenant en sortant de l'ombre du pilier , la moue rieuse. Il se redressa en portant théâtralement la main à sa poitrine.
"Vous allez me tuer faut pas me faire des trucs comme ça. Déjà que je vois presque la lumière au bout du tunnel depuis à peu prés deux minutes , que je n'aurais surement pas assez de temps pour faire une lettre d'adieux à mon père et que..."
La voix de Derek , dure et grondante , tenta de le couper dans ses allégations.
"Stiles..."
"...vous allez même pas lever le petit doigt pour sauver votre pote des machoires foutrement acérées de ce grand malade là bas devant.."
"Stiles.."
"...qui d'ailleurs va me faire souffrir mille morts et me forcer à le supplier d'abréger ma pauvre petite vie ridicule tout ça à cause d'une private joke entre moi et..moi. Alors si vous pouviez m'éviter l'arrêt cardiaque juste quelques secondes que je me sois pas sorti de mon rêve torride pour des cacahuètes. Merci."
"STILES."
La voix d'un Derek hurlant son prénom vint enfin à l'encontre de son audition. Et il gueulait fort le bougre. Il était tourné dans sa direction , tenant fermement le bureau sur lequel il était maintenant appuyé , les yeux irradiant d'un rouge rubis déconcertant. Littéralement rouges ses pupilles faut pas croire. Son pouvoir rendait l'air plus pesant et Stiles ne pût que constater que tous les loups présents y réagissaient promptement. Les rires et les gloussements maintenus s'étaient définitivement tus et le silence bah ça lui foutait les nerfs en pelote au petit surexcité. C'est donc tout simplement qu'il répondit à celui qui tentait de l'interpeller.
"Oui votre altesse ? "
"T'as fini c'est bon ? "
"Il semblerait que oui même si j'aurais bien expliqué en détails les tortures que je te vois m'infliger tout ça pour quelques petites paroles d'une chanson qui d'ailleurs est très appréciée des enfants tu sais ?"
"Stiles...la ferme."
"Comme c'est étonnant faudrait voir à changer de registre tu pourrais gentiment me dire de me taire pas exemple mais non direct les insultes et la familièreté et en prime c'est répétitif il va falloir que je me fende pour Noël et que je te payes un dico de synonymes c'est ça ? "
"Tu me les brise si tu savais... Vas t'asseoir il faut qu'on parle."
"Oui chef , à vos ordres chef."
Il savait qu'il devait se taire et faire profil bas mais impossible , il retardait volontairement le moment où une énième mauvaise nouvelle sortirait de la bouche de Derek. Il détestait ça. Pourquoi pas un miracle pour une fois , c'était trop demandé ? Fallait rouler une pelle au pape pour mériter d'être exaucé ? La mine renfrognée , il s'enfonça dans le fauteuil le plus proche , tapotant nerveusement de ses doigts sur les accoudoirs en lançant un regard en biais à Scott. Celui ci ne bronchait plus et s'était redressé forçant Allison à se remettre droite. Il semblait tout à coup bien plus sérieux et ça n'annonçait rien de bon. Derek baissa la tête et la redressa vers le groupe avant de prendre placidement la parole.
"Bon comme vous le savez plus ou moins déjà , Scott et moi étions de patrouille juste histoire de se rassurer depuis la venue de Deucalion et tout le bordel avec..."
Stiles ne pû se retenir de l'ouvrir une fois de plus.
"...avec la folle à lier qui à failli tous nous tuer y compris le père d'Al ainsi que le mien et la mère d'un de tes alphas mais que tu t'es quand même envoyée. D'accord t'étais pas au courant qu'elle était hideuse et dégénérée mais dans le fond elle à soigné toutes tes blessures en deux trois frottis frotta et ça t'as même pas sauté aux yeux qu'elle était pas normale mais bon je dis ça je dis rien."
Tous les regards tournés vers lui , certains désapprobateurs et d'autres le remerciant presque d'avoir dit tout haut ce qu'ils pensaient tout bas , Stiles se renfonçât un peu plus dans le cuir tendu qui l'accueillait déjà. Il se racla la gorge comme pour inviter Derek à continuer. Un Derek furibard qui allait pas tarder à dégoupiller et à le renvoyer chez lui à grand coup de pied au cul. Le jeune homme patienta dans le même silence cérémonieux que ses compères sachant que sa remarque avait bien dû faire ressortir une once de culpabilité chez l'Alpha. Ses yeux redevenus humains avaient retrouvé leur si magnifique teinte particulière de lagon vacillant entre le bleu et le vert , comme une prairie céruléenne. Des yeux à en tomber par terre que même Stiles ne pouvait affronter sans ciller un minimum. Le loup majestueux se pinçait l'arrête du nez le temps de se recomposer une façade de calme et de sérénité. Patience patience patience était un leitmotiv dont il avait dû se parer pour subir l'adolescent si perspicace mais si dérangeant. Prêt à reprendre la parole il se figea pourtant , tous les loups maintenant debout sur leurs pieds les griffes sorties et les crocs ressortant de leurs bouches entrouvertes. L'alarme ne se déclencha que quelques micro secondes après forçant les simples humains à retenir leur souffle. Pas d'explications , les emmerdes débarquaient déjà. Se tortillant dans son siège pour y rester à l'abri , sur les genoux la main sur le dossier , seuls ses yeux par dessus le cuir trahissaient la présence de Stiles. Ainsi que son odeur , les battements erratiques de ses ventricules et sa respiration de bœuf face à l'adversité qui allait encore les frapper en direct dans la tronche. Pas de demi mesure avec le destin , ce connard te mets toujours des dérouillées et rarement dans des endroits qui ne marquent pas. Les betas en position de défense , fléchis sur leurs genoux , Scott faisant paravent à une Allison en panique et Derek en pleine transformation , voilà qui aurait dû rassurer la populace. Mais à la vue de l'homme qui venait d'ouvrir la lourde porte en acier , même une escouade de james bond se serait mise à pleurer leurs mères. Peter Hale , droit comme un 'i' , portant aussi bien le cuir qu'un village people , se trouvait devant eux avec un sourire d'échappé d'asile. Et son 'tadaaaaam' les bras grands ouverts pour offrir sa personne en spectacle à la bande bouche bée n'annonçait pas une partie de plaisir...
