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Chapitre 2 : La capitaine des Serpentard, et la plus grande fan d'Olivier Dubois
Je m'éloignai de l'endroit où je m'étais disputée avec Potter, errant dans la direction opposée à la recherche de ma meilleure amie, Christine Elliot.
Dans un compartiment près de l'avant du train, je trouvai son petit-ami, Kieran Douglas, et je me rendis compte que j'avais oublié qu'en tant que Préfète-en-chef, Christine devait rester avec les préfets quelque temps puis faire une ronde avant de nous rejoindre.
J'ouvris la porte et restai à l'entrée en souriant.
- Est-ce qu'il y a de la place pour une personne de plus, ici ?
J'avais l'habitude de tenir la chandelle, avec Christine et Kieran. J'avouais que, parfois, je trouvais ça un peu gênant, mais ce n'était jamais parce qu'ils le faisaient exprès. J'avais juste l'impression que, des fois, je les interrompais dans leurs moments à deux, et, par conséquent, j'avais tendance à leur demander si je pouvais me joindre à eux.
- Tu ne peux pas tellement considérer que tu tiens la chandelle si elle n'est même pas là, plaisanta Kieran, ses yeux marron foncé se plissant sous son sourire. Entre là-dedans.
- J'ai entendu dire que tu avais été nommée capitaine de l'équipe de Gryffondor, affirma une voix puissante depuis un bout du couloir.
Eurk. Je connaissais cette voix.
En regardant à ma gauche, j'aperçus Lyra Rinaldi, une Serpentard de sixième année, les mains sur les hanches et un sourire suffisant sur le visage. Merlin, que je la détestais.
- Et moi que tu avais été nommée capitaine de l'équipe de Serpentard. Félicitations, répondis-je, faisant tout mon possible pour être polie et pour éviter d'avoir à lui parler davantage.
A peine allais-je mettre le pied dans le compartiment de Kieran que la voix froide et monotone de Lyra résonna bruyamment :
- Je pensais qu'ils nommeraient Potter, vu qui est son père, puis je me suis souvenue de qui était ton père, et j'ai fini par mieux comprendre leur choix.
L'énervement me gagna rapidement, et je m'arrêtai net, saisissant violemment l'encadrement de la porte de mes mains.
- J'ai travaillé pour mériter mon poste, comme toi... Enfin, peut-être pas exactement comme toi.
Un coup bas, je l'admis, et entièrement faux (à ma connaissance), mais voir son visage rougir d'agacement était satisfaisant. D'habitude, je ne m'abaissai pas à des insultes si basses. en fait, je n'étais normalement pas quelqu'un de très impoli. Malheureusement, Lyra Rinaldi savait exactement où appuyer pour faire ressortir mon côté obscur.
Ah, Lyra et Potter feraient un couple parfait. Ils pourraient passer des heures à dire à quel point ils me détestaient, et ils pourraient comploter tous les deux pour me faire échouer en tant que capitaine de Quidditch.
- Potter doit être furieux que tu lui aies volé son poste après qu'il y ait mis tant d'efforts, me dit Lyra, le visage bloqué sur son perpétuel sourire suffisant. Mais je suis sûre que si tu capitules et que tu couches avec lui, il arrivera à te pardonner.
Sous le choc de ses mots, j'en restai bouche bée. Que je capitule et que je couche avec Potter ? Mais de quoi est-ce que cette fille parlait, bon sang ? Que Potter et moi ne nous entendions pas toujours très bien et que nous étions rivaux sur le terrain était loin d'être un secret. Je n'avais certainement pas envie de coucher avec lui, et j'aurais été prête à parier tout l'argent de mon coffre de Gringotts qu'il n'en avait pas non plus envie.
- Tu n'es pas croyable, répliquai-je. Je n'ai rien volé du tout, et revois ce que tu affirmes.
Et là-dessus, je fermai la porte du compartiment derrière moi. Merlin, ça ne tournait rond chez personne, aujourd'hui ! Ni Potter, ni Lyra n'avait été aussi insultant à mon égard, et j'en eus la tête qui tournait.
- Elle manque juste de confiance en elle, me dit Kieran alors que je me laissais lourdement tomber sur la banquette en face de lui, laissant la place à côté de lui pour Christine. Je ne crois pas que Serpentard ait déjà eu une fille capitaine. Ça doit lui mettre une pression phénoménale.
- Non, jamais, indiquai-je instamment. Je veux dire, il n'y a jamais eu de fille capitaine chez les Serpentard. Je ne peux pas dire que j'envie la situation dans laquelle elle se trouve – la mienne n'est pas tellement mieux –, mais ça ne lui donne pas le droit de critiquer les autres sans raison. Elle me tape tellement sur les nerfs...
- Comment ça, la tienne n'est pas tellement mieux ? me demanda Kieran, confus.
Je laissai ma tête tomber en arrière contre le siège molletonné.
- Je suis tombée sur Potter en montant dans le train. Il m'a gentiment rappelé que presque tout le monde s'attendait à ce qu'il soit nommé capitaine de l'équipe de Gryffondor, et pas moi.
- Ce n'est pas vrai, protesta Kieran. J'ai entendu des membres de l'équipe de Serdaigle en parler dans la salle commune. Ils étaient sûrs que tu serais capitaine.
- Parce que mon père s'appelle Olivier Dubois ? m'enquis-je, mon ton volontairement dégoulinant d'amertume.
Kieran secoua la tête avec patience.
- Ils savent que c'est toi qui t'entraînes le plus. Ils savent que tu t'entraînes en dehors des entraînements d'équipe, et que tu fais un footing le matin. Ne laisse ni Potter ni Lyra t'atteindre de cette manière. Quelqu'un qui dira que tu es devenue capitaine trop facilement ne sait pas à quel point tu as travaillé. Sans oublier qu'il ou elle est jaloux.
- L'équipe de Serdaigle m'espionne ou quoi ? lui demandai-je d'un ton sans appel, toute pensée du coup bas de Lyra oubliée l'espace d'un moment, et remplacée par cette nouvelle information.
Enfin, mince, quoi ! Ils connaissaient mes habitudes d'entraînement. Il faudrait que je les change cette année pour les déstabiliser.
- Absolument pas, se moqua Kieran. Les Serdaigle n'ont pas besoin d'espionner les autres. Ils savent simplement analyser et interpréter ce qu'ils observent.
Je haussai un sourcil. Eh oui, je sais faire ça.
- Tu diras à Chang de s'occuper de ses affaires, dis-je à Kieran avec une sévérité feinte, comme s'il était pote avec le capitaine de Serdaigle.
- Ouais, je lui en parlerai la prochaine fois qu'on traînera ensemble, répondit-il en levant les yeux au ciel.
La porte du compartiment s'ouvrit, et Zara Andrews, la batteuse de l'équipe de Gryffondor, franchit le seuil.
- Eva chérie, il paraît que tu es capitaine !
Elle jeta un coup d'œil à mon T-shirt, où mon badge de capitaine luisait avec éclat. Il était possible que je l'aie verni plusieurs fois depuis qu'il était arrivé. D'accord, je l'ai fait tous les jours, si vous voulez savoir. Et je ne pouvais même pas rejeter la faute sur mon père.
- C'est vrai, lui dis-je, un grand sourire fendant mon visage. J'arrive à peine à y croire, mais j'ai incroyablement hâte. J'ai déjà des tonnes d'idées.
Zara plaça ses boucles de cheveux noirs derrière ses oreilles.
- Génial ! Je savais que ce serait toi. Tu vas être super, ma belle. C'est ce que j'ai dit à cette vache de Rinaldi le trimestre dernier. Tu me diras quand seront le premier entraînement et les sélections pour les petits nouveaux !
Et aussi rapidement qu'elle était entrée, elle repartit. Zara était toujours une tornade d'énergie, raison pour laquelle je trouvais que le poste de batteuse lui allait si bien.
- Tu imagines à quoi doit ressembler le dortoir des filles de sixième année, avec elle ? Ça doit être éreintant, commenta Christine, qui était apparue dans l'encadrement de la porte au moment où Zara s'en allait.
Je secouai la tête, mes longs cheveux se balançant de gauche à droite.
- Je préférerais avoir Zara plutôt que ce qu'on a : Gemma Finnigan, qui, par accident, met le feu à quelque chose une fois toutes les deux semaines, et Sorcha Patterson et son poster de mon père près de son lit.
En cinquième année, pour une raison que j'ignore, Sorcha a décidé de coller un poster de mon père près de son lit. C'est un vieux poster, sorti d'un magazine qui date de quand il était dans la Ligue, quand Flaquemare faisait la publicité de leur nouveau gardien. Sur le poster, il était aussi torse nu. Heureusement, il ne faisait rien de gênant, comme contracter ses muscles ou faire un clin d'œil, ou je ne sais quoi d'autre.
C'était pour le moins une expérience traumatisante, d'entendre Sorcha (et de temps à autre Gemma et Roxanne) s'extasier sur le côté "Ecossais Sexy" de mon père. J'étais d'accord pour dire que mon père était un bel homme, mais pour moi, il n'était pas Olivier Dubois, vedette de Quidditch super canon. Il était simplement Olivier Dubois, mon père, qui s'avérait être une vedette de Quidditch très célèbre.
Pour faire simple, tant que je pouvais l'éviter, jamais je ne regardais l'espace de Sorcha dans notre dortoir. Je me consolais en pensant que la photo avait été prise quand il avait environ dix-neuf ou vingt ans, et donc, avant qu'il ne connaisse ma mère. Ça pourrait être pire, j'imagine. Sorcha pourrait avoir un poster de lui bien plus récent, puisqu'il jouait de manière professionnelle jusqu'au début de sa quarantaine. Une photo plus actuelle serait plus dérangeante, parce que même sans être torse nu, il serait mon père comme je le considère aujourd'hui.
Que des femmes plus proches de son âge le trouvent attirant est une chose, mais quand ce sont les filles de dix-sept ans avec qui je vis, c'en est complètement une autre. Comme je disais, c'était traumatisant.
- Ça fait deux ans, mais je trouve toujours ça aussi perturbant que le jour où ça a commencé, acquiesça Christine, en hochant tristement la tête, les lèvres pincées, dégoûtée. Bon, je reviens dans pas longtemps, quand j'aurai fini ma ronde. Ah, et Eva ? ajouta-t-elle en souriant de toutes ses dents. La préfète de Poufsouffle qui est en sixième année a entendu ce que Lyra t'a dit, et on a enlevé dix points à Serpentard.
- Est-ce que ça veut dire qu'ils ont des points négatifs avant même que l'année ne commence ? me demandai-je à voix haute, tandis que Kieran riait.
- C'est un des avantages que d'être Préfète-en-chef, me répondit Christine en souriant d'un air innocent, avant de faire semblant d'envoyer ses cheveux derrière son épaule avec prétention et de sortir.
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Une fois le banquet de bienvenue terminé, Christine et moi montèrent les nombreux escaliers d'un pas traînant jusqu'à la salle commune des Gryffondor.
- Je mange toujours trop au banquet de début d'année, gémit Christine en se tenant le ventre.
- Moi aussi. Heureusement que c'est le dernier escalier.
Au bout du couloir se trouvait le portrait de la Grosse Dame et, au-dessous de celle-ci se tenaient Potter et ses amis, en train de se disputer avec elle.
- Mais personne ne nous a donné le mot de passe ! lui dit Fred Weasley, qui, en plus d'être ami avec Potter, était aussi son cousin. Vous savez qui on est, vous pourriez nous laisser entrer juste pour cette fois.
La Grosse Dame hoqueta d'indignation.
- Jeune homme, vous me demandez toujours de vous laisser entrer "juste pour cette fois". Le règlement n'a pas changé, et il s'applique à tout le monde. Sans mot de passe, on n'entre pas.
- C'est "volonté d'une volute", annonça Christine au groupe de garçons alors que nous nous approchions.
- Tout à fait, répondit la Grosse Dame assez sèchement.
Son cadre pivota pour révéler l'entrée de la salle commune.
- Merci, dit Christopher Londubat à Christine.
C'est le fils du professeur Londubat, un gars sympa, et Merlin sait comment il s'est retrouvé mélangé avec des gens comme Potter.
- Merci, mesdames, nous dit Fred en nous souriant, avant de se diriger vers le dortoir des garçons.
- Merci, fit Potter, les yeux fixés sur le sol pour éviter de nous regarder.
Christine et moi entrâmes dans notre dortoir pile à l'heure pour voir Sorcha dégainer son poster "Olivier Dubois" d'un grand geste dramatique.
- Ah, Olivier, comme tu m'as manquée ! dit-elle au poster, la voix pleine de désir, en posant les mains sur son cœur d'un second geste dramatique.
Elle avait un jour affirmé que sa mère n'approuvait pas ce poster et ne l'autorisait pas à l'accrocher dans sa chambre, chez elle, alors Sorcha le réservait spécialement pour le dortoir des filles. Quelle chance.
- Quel canon, soupira-t-elle en punaisant le poster sur le mur situé derrière sa table de nuit, près de sa lampe.
Pour faire bonne mesure, elle battit des cils au-dessus de ses yeux bleu-gris devant le poster et enroula ses longs cheveux noirs autour de son doigt.
- Euuurk, grognai-je, avant de me laisser tomber la tête la première sur la couette qui couvrait mon lit à baldaquin.
- Qu'est-ce qui lui arrive, à Eva ? murmura Sorcha, bien que sa tentative ressemblât plus à un murmure théâtral.
Etant donné que j'étais allongée le visage contre le lit, tout ce que je voyais était la couleur cramoisie de la couette, mais je savais que Christine levait ses yeux noisette au ciel.
- Elle a trop mangé, expliqua Gemma d'un ton sarcastique.
- Comme toujours, se lamenta Sorcha.
Quelque part dans la pièce, j'entendis le son du rire de Roxanne Weasley. C'était une autre des nombreux cousins et cousines de Potter, dans cette école. Roxanne n'était pas quelqu'un de mauvais. Elle et Gemma étaient amies. Sorcha passait du temps avec elles, bien qu'elle reste aussi fréquemment avec un groupe de Poufsouffle.
Une série de bruits secs retentit, comme le son du pop-corn qui éclate dans une poêle en métal, suivie d'un cri perçant. Je me levai rapidement de mon lit, et vis Gemma, la baguette au bout des doigts, tandis que des étincelles mauves en sortaient.
- Pourquoi est-ce que ça tombe toujours sur moi ? s'écria-t-elle en essayant de ne pas envoyer les étincelles sur son couvre-lit ou sur les rideaux de son lit.
Mettre le feu à ses couvertures, elle avait déjà donné. Deux fois.
- Je suis ra-vie de vous revoir, entonna Roxanne avec joie, un large sourire graciant la peau hâlée de son visage.
Ses paroles résumaient plutôt bien les quelques dernières minutes, pensai-je.
Après que nous ayons réussi à mettre fin à la crise de Gemma et de sa baguette, puis que nous ayons terminé de nous installer, nous nous mîmes au lit. Peu de temps après, les ronflements outrageusement bruyants de Sorcha se mirent à résonner dans la pièce.
- Je m'en charge, bâilla Christine en attrapant sa baguette sur sa table de chevet et en envoyant un sortilège de Mutisme sur Sorcha.
Elle s'endormait si rapidement et dormait tellement à poings fermés que Sorcha n'a jamais soupçonné qu'on lui avait lancé un sortilège de Mutisme. Tant que la première personne qui se levait annulait le sortilège, elle s'en porterait bien. Une fois, en cinquième année, nous avions oublié d'annuler le sortilège avant qu'elle ne se lève, mais nous avions quand même réussi à lui faire avaler des foutaises à propos de Nargoles et de Joncheruines.
Cette nuit-là, je fis un rêve de Quidditch, comme souvent. Je volais haut au-dessus du terrain de Quidditch avec Sean O'Mara et Bree Martin, l'autre poursuiveur de Gryffondor. Nous nous passions le Souafle l'un après l'autre, comme nous le faisions durant les entraînements, sauf que nous n'étions que trois. Tout était silencieux, on n'entendait que le son du Souafle qui claquait contre nos gants.
Puis, tout à coup, les gradins se remplissaient de gens, et ils se mettaient tous à huer et à pousser des cris hostiles. Sean et Bree continuaient de jouer comme s'ils ne voyaient et n'entendaient personne, mais tout ce bruit m'écrasait. Ils me huaient, moi. Ils se moquaient de moi et de mes capacités de Quidditch, de mes capacités à être capitaine.
- Sors du terrain ! criait quelqu'un.
- On veut Potter, hurlait un autre.
Puis quelqu'un se mettait à chanter, et bientôt tous les supporteurs le suivaient : "On veut Potter ! On veut Potter ! On veut Potter !"
Je me réveillai et m'assis sur mon lit, le cœur toujours battant la chamade sous l'effet de mon rêve. Rêve. Ce n'était qu'un rêve. Merlin merci.
En jetant un coup d'œil dehors, je vis les premiers rayons de soleil pointer le bout de leur nez au-dessus des arbres. Mon réveil bipa faiblement avant que je ne donne un petit coup à son bouton pour l'éteindre. Si je ne l'avais pas fait, Christine m'aurait tuée. Elle détestait se réveiller plus tôt que nécessaire pour son petit-déjeuner.
Je me levai et sortis mes vêtements de sport de ma penderie. Une fois mon pyjama enlevé et mon short et mon T-shirt enfilés, je fis les lacets de mes nouvelles baskets de course et quittai discrètement la pièce.
J'atteignis la large porte en bois qui menait au parc de Poudlard, le château plongé dans le silence. J'aimais être dans les couloirs et dans le parc quand c'était si paisible. La journée, il y avait le vacarme quasiment constant des voix des élèves, mais là, c'était tranquille et calme, et j'arrivais à penser.
En ouvrant la porte, la fraîcheur de l'air matinal m'accueillit et j'inspirai avec gratitude. Je me mis à courir immédiatement, ayant besoin de m'aérer l'esprit après cet horrible rêve. Pas besoin de faire de la Divination pour comprendre que j'avais peur de ne pas être une bonne capitaine. Que j'avais peur que tout le monde à part Christine, Zara, Kieran, et un petit groupe de Serdaigle, pense que Potter aurait dû recevoir le badge de capitaine.
Bon, en y repensant de manière rationnelle, si Kieran disait vrai (et j'étais certaine que c'était le cas, car ce garçon n'était pas un menteur), l'équipe de Quidditch de Serdaigle pensait que je serais capitaine. Il n'y avait pas de doute, c'était une bonne chose. Ces Serdaigle étaient des champions de l'observation et de la stratégie. Ils avaient dû beaucoup réfléchir à la question, et ils étaient assez objectifs.
En me le rappelant, je me sentis mieux, et je me mis à courir plus vite, consciente qu'au moins une de nos équipes rivales me prendrait au sérieux. Les autres équipes en feraient de même une fois que nos entraînements auraient débuté et qu'ils verraient que l'équipe de Gryffondor n'était pas une bande de fainéants. Nous étions géniaux, tout simplement.
Attendez. Mon esprit vrombit, revenant sur mes précédentes pensées. Les Serdaigle... Kieran ne m'avait-il pas dit que les Serdaigle savaient que j'allais courir le matin ? Super. Je n'étais pas prête à abandonner mes footings du matin, mais je ne voulais pas que les Serdaigle sachent où j'étais à n'importe quel moment de la journée non plus.
Du coin de l'œil, j'aperçus le terrain, et je sus tout de suite vers où j'allais continuer ma course. Bien sûr, certains matins, il y aurait des entraînements, mais cette fois ce serait vide car c'était le premier jour des cours.
Ah, entrer sur le terrain, c'était encore quelque chose que j'adorais. Le mieux, c'était quand les gradins étaient pleins et que le bruit était presque assourdissant, mais le calme du terrain avait également son charme.
Je courais à une allure régulière depuis cinq minutes quand une voix résonna depuis l'entrée du terrain. La silhouette m'observa tandis que je m'approchais de sa position.
- Qu'est-ce que tu fais ici, Dubois ?
Potter. Bon sang, qu'est-ce que ce type faisait ici à cette heure-ci ? Il semblait être tombé du lit à l'instant. Ses vêtements de course étaient froissés et ses cheveux étaient dressés sur sa tête. En y songeant bien, il avait un air assez comique.
- Je vole, ça se voit pas ? lui répondis-je d'un air sarcastique en m'arrêtant à une dizaine de mètres de lui.
- Tu ne cours pas ici, d'habitude, fit-il, l'air confus et un peu agacé.
Ah, oui. Il courait ici le matin. J'avais oublié.
- Non, acquiesçai-je. Mais les Serdaigle me surveillent, alors j'ai décidé de changer d'endroit aujourd'hui.
Ses sourcils s'élevèrent en direction de ses cheveux.
- Les Serdaigle te surveillent ? répéta-t-il lentement, en essayant clairement de se retenir de rire. D'accord. Bon, eh bien quand ils t'emmèneront à Ste Mangouste dans quelques jours, je prendrai ta relève de tes devoirs de capitaine. C'est bien plus simple que d'essayer de te faire perdre ta confiance en toi.
- Oui, ils essaient de me surveiller.
Je ne tentai pas de développer. Potter n'en valait pas la peine.
- Ecoute, il y a de la place pour nous deux, et j'aimerais bien terminer mon footing... si ça ne te dérange pas.
Cette fois, c'est moi qui m'éloignai de lui. Sauf que je le fis en courant. Enfin bref.
- Reste bien sur l'extérieur du terrain, pour que je puisse te doubler sans que tu me gênes ! lança Potter alors que je m'en allai en lui tournant le dos.
Je l'ignorai comme je le faisais souvent. Ce gars, c'était quelque chose. Mais c'était sympa de voir qu'il n'était pas aussi énervé qu'hier. Par Merlin, il avait été si méchant la veille que j'avais eu un peu peur qu'il essaie de me tuer dans mon sommeil.
Mais même, je me demandai s'il avait été sérieux en disant vouloir me déstabiliser en tant que capitaine. Est-ce que c'était quelque chose qu'il avait prévu de faire ? Ce serait du genre de Potter de me parler de ses intentions de se débarrasser de moi simplement pour me faire flipper et m'aider à me faire interner à Ste Mangouste.
Génial. Une chose de plus qui m'inquiétait. Stupide Potter et son côté indiscret et narquois.
Heureusement, Potter me laissa tranquille pendant le reste de ma course (il ne réussit à me doubler qu'une seule fois), et je retournai dans mon dortoir sans qu'il ne me harcèle à nouveau.
- Bonjour, Olivier, fut la première chose que j'entendis en entrant dans le dortoir.
Je n'eus pas besoin de regarder pour savoir que Sorcha était encore en train de faire les yeux doux au poster de mon père.
Hum... Peut-être qu'au lieu de me doucher j'allais me jeter par la fenêtre. Il y avait de l'idée, hein ?
Je jetai un coup d'œil par la fenêtre. Je pourrais me laisser glisser sur le toit, et ensuite, si un balai m'attendait sur le bord, je me laisserais tomber l'espace d'un moment avant que le balai ne me fasse remonter à contre-courant. En y pensant, ce serait une super montée d'adrénaline. Non pas que j'allais faire ça ici. Peut-être à la maison, par contre. Ce serait moins haut.
- Tu fais quoi ? me demanda Gemma, en voyant que c'était par la fenêtre qui se situait à côté de son lit que je regardais.
- J'imagine ce que ça doit faire que de se laisser tomber d'un toit, répondis-je honnêtement.
Mes camarades de dortoir me connaissaient, depuis le temps.
- Ça a l'air terrifiant, commenta-t-elle nonchalamment en attachant ses cheveux en une queue de cheval.
- Ne te laisse pas manipuler par cette idiote de Rinaldi, me dit Roxanne à l'autre bout de la pièce, tandis qu'elle nouait sa cravate or et écarlate. Elle dit n'importe quoi. Et elle t'en veut d'être capitaine cette année car elle n'est plus la seule fille à l'être et tu lui voles la vedette.
- C'est pas ça, le problème. Enfin, ce n'est pas QUE ça, me corrigeai-je. C'est Lyra ET Potter. Et...
Je tournai brusquement la tête vers le poster de Quidditch.
Roxanne releva la tête, ses yeux marron pleins de surprise.
- Qu'est-ce que James t'a dit ?
Oh, pas grand chose. Seulement que tout le monde, à Poudlard, pensait que j'étais destinée à me planter. Tu sais, rien d'inhabituel.
Ne souhaitant pas avouer à quel point ses paroles m'avaient touchée, je répondis simplement :
- Oh, tu sais... Qu'il aurait dû être nommé capitaine à ma place.
- Ne t'occupe pas de lui, c'est juste un mauvais perdant, j'imagine, me dit Roxanne. Il est comme toi, non ? Il voulait être capitaine par dessus tout. Il s'en remettra.
Elle marqua une pause, l'air de réfléchir à ce qu'elle venait de dire, puis ajouta :
- Un jour.
Il est comme toi, non ? Ces mots résonnèrent dans ma tête. L'idée que Potter soit ne serait-ce qu'un petit peu comme moi, ou que je ne sois comme lui, était purement absurde. Beurk.
NOTE
Merci d'avoir patienté, lu, reviewé la dernière fois, et mangé du chocolat !
J'espère que ce chapitre vous aura plu ! Il a été relu par Marie Lapiz, qui, en échange de mes relectures sur ses chapitres de mille pages, relit mes chapitres de 8 pages. Mais étant donné qu'elle les écrit, ses chapitres de mille pages, et que ça prend un petit peu de temps tout de même, on peut la remercier d'avoir trouvé le temps de relire ce chapitre.
A dans deux semaines, et bonne continuation !
DelfineNP
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Pepoune : Oui, j'aime beaucoup la nouvelle génération, je les trouve très intéressant car tout est à faire. J'aurais bien aimé traduire du James et Lily aussi, mais finalement j'ai choisi celle-ci parce qu'au moment où je cherchais c'est celle que je préférais. Je suis donc très contente que cette période te plaise, comme ça je peux te compter parmi mes lecteurs ! Merci pour ta review et à très bientôt :)
Fobis Tiphaine : Du James/Lily ? Peut-être, peut-être pas ! Ils présentent quelques similarités, en effet, mais ils restent très différents. Merci pour ta review, et j'espère que la suite ne t'aura pas déçue, suite à ce début prometteur !
Guest : On est tous là pour les joutes, non ? ^^ En tout cas, étant donné qu'ils ont tous les deux un fort caractère, ça risque de péter plus d'une fois. Ravie que ça te plaise, et j'attends ta réaction pour la suite ! (n'hésite pas à mettre un autre pseudo que "Guest" au moment de laisser ta review, au cas où il y ait d'autres "Guests", justement).
