Merci pour les reviews ! J'espère que vous aimerez aussi ce chapitre !

Je tiens à dire que cette fic ne sera pas très longue…

Une dizaine de chapitres simplement.

Du moins, pour l'instant… ;)

Je cesse de parler et vous dit Bonne Lecture ! :D

Remus Lupin ouvrit brusquement les yeux. La lumière éclatante l'aveugla et ils les referma aussitôt pour grogner. Tâtant aveuglément le lit sur lequel il était couché, il s'apercut qu'il était à l'infirmerie. Comme à chaque lendemain de pleine lune… Mais il se sentait bien, rassuré. Même… revigoré ? Mme Pomfresh accoura vers lui, l'air étrangement fatigué et paniqué.

- Mr Lupin ! Comment vous sentez-vous ? demanda-t'elle en rajustant son lit.

- Je vais étrangement bien, répondit-il béatement. Depuis quand je suis là ?

- Depuis avant-hier soir.

L'infirmière leva des yeux soupçonneux vers lui. Il sembla à Remus qu'elle avait voulu dire quelque chose avant de se raviser. Il lui versa un verre d'eau et lui tendit, lui proposant de se reposer un peu. Elle repartit vivement en direction opposée, vers le coin de la grande pièce. Remus but un peu d'eau en froncant des sourcils. James, Sirius et Peter étaient généralement présents lorsqu'il se réveillait. Peut-être était-il plus tard que d'habitude. Puis des éclats de voix attira son attention. Ils provenaient du coin de la pièce où l'infirmière avait disparue. Les rideaux avaient été tirés. Se sentant bien, Remus se leva et enfila ses vêtements, que ses amis avaient certainement préparés et mis sur la table de chevet. Après avoir mis ses jeans et son t-shirt, il resta pied nus et se dirigea vers l'endroit où une personne parlait précipitamment. Il s'approcha discrètement jusqu'à ce qu'il puisse discerner ce qu'ils disaient.

- Il y a sûrement quelque chose à faire ! renchérit quelqu'un, un jeune homme.

- Je ne peux pas… tenta d'expliquer une femme qu'il reconnut comme Mme Pomfresh.

- Calmez-vous ! Vous allez réveiller Remus !

Ce dernier sursauta en reconnaissant Sirius. Sa voix était fatiguée et rouillée.

- Il est réveillé, dit machinalement Mme Pomfresh.

- Merde… Il ne faut pas qu'il vienne… Je vais aller le voir, dit la voix de James.

James ? Sirius ? « Il ne faut pas qu'il vienne » ? Qu'est-ce que ca voulait bien dire ? Remus sentit le sol se dérober sous ses pieds. Il s'était passé quelque chose. Et c'était de sa faute. Soudainement, et lui donnant le vertige, le rideau s'écarta pour laisser place au visage lassé de James.

- Remus !

Il referma rapidement le rideau derrière lui, mais Remus avait eu le temps d'apercevoir une fille couchée et endormie. James pris son ami et le remmena vers son lit.

- Allez, recouches-toi…

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Reposes-toi, Remus, tu en as de besoin…

- Qu'est-ce que j'ai fait ? demanda-t'il faiblement.

James lui lanca un regard triste, sans répondre.

- QU'EST-CE QUE J'AI FAIT, JAMES ? hurla soudainement Remus.

Il avait mal, affreusement mal. Comme si on tiraillait son estomac pour le faire éclater en morceaux. Son cœur battait vite dans sa poitrine, lui donnant la migraine. Il voulait hurler. Il ne voulait pas que James lui dise. Et pourtant il lui demandait. Il ne supporterait pas d'avoir blessé quelqu'un. Ou l'avait-il tué ? Il fixait son ami, qui paraissait mal à l'aise. Jamais James Potter n'était mal à l'aise.

- Tu… Il y avait quelqu'un dans la Cabane Hurlante, hier soir…

Remus s'effondra sur le lit qui craqua. Non, pas ca. Non…

- Continue, exigea-t'il douloureusement.

- On t'avais perdu, Peter et moi, continua James d'un ton empli de regrets. Sirius t'a suivi mais tu étais hors de contrôle lorsque tu l'as vue…

Il ne savait pas quoi dire. Les mots s'égaraient dans la gorge de James. Il avait la lourde tâche de lui annoncer ce qu'il avait fait. Il savait qu'il fallait dire la vérité mais ne voulait pas que son ami souffre… Mais était-ce possible ? Remus se sentirais coupable, il en était certain.

- Est-il vivant ?

Le ton de voix de Remus attrista James. Il avait les larmes aux yeux.

- Oui, elle est vivante, dit-il, suivi par un soupir de soulagement de Remus. Mais…

- Mais ?

- Tu l'as mordue.

Il s'était efforcé de dire la dernière phrase d'un ton calme et posé, mais c'était sorti de facon désordonnée. Le loup-garou se leva, le visage pâle et se passa une main tremblante dans les cheveux. Il se mit à marcher dans la pièce, arpentant chaque coin et fixant le sol du regard. James vit des larmes couler sur ses joues.

- NON ! hurla-t'il, furieux.

Il se retourna vivement et sortit de l'infirmerie. James baissa la tête et se retourna. Sirius, Peter et Mme Pomfresh le regardait, l'air choqués. Sirius, sans un mot, se leva et suivit Remus pour ne pas qu'il fasse de bêtises. James s'écroula sur le sol, les yeux embués de larmes. Peter alla le rejoindre et le pris par les épaules pour le relever.

- Ce n'est pas de ta faute, James, tenta Peter en se voulant rassurant.

James se défit de son étreinte et se dirigea vers le lit au coin de la pièce. Il s'écroula sur la chaise à côté et observa le visage endormi de Kate Gray.

Remus Lupin courrait. Zigzagant a travers les arbres, il cherchait un réconfort inexistant. Qu'avait-il fait ? Il venait de transmettre à quelqu'un cette partie de lui qu'il haïssait tant. Voilà ce qu'il avait fait. Il avait gâché la vie à une jeune fille, une élève même pas majeure qui allait devoir supporter le même fardeau que lui. Comment pourrait-il se le pardonner ? Comment pourrait-il envisager de vivre normalement après cela ? Tout le monde le considérerait comme un monstre. Le malaise de James en témoignait. Il allait partir, loin de tout, loin de tout le monde, pour ne plus faire de mal à personne. Plus jamais ca n'allait arriver. Oh, pourquoi ? Pourquoi fallait-il qu'il commette un tel acte ? Ils ne ce cesseraient de répéter que ce n'était pas de sa faute mais oh, ca l'était. C'était entièrement sa faute… Sa faute si chaque mois, une jeune fille allait se transformer en cette horripilante créature et semer la terreur. Sa faute si chaque jour, une jeune fille allait souffrir de ce qu'elle était devenue. Sa faute si cette jeune fille le détesterait au point de vouloir le tuer. Sa faute si elle en viendrait au point de vouloir se tuer elle-même. Il ne savait plus quoi faire. Comment allait-il pouvoir manger, boire, dormir, sourire ? Comment allait-il pouvoir vivre ?

Il s'arrêta, à bout de souffle, devant un petit gouffre, loin du château de Poudlard. Il s'avanca jusqu'au bord et observa le vide. Il était tout de même profond. L'idée de mourir lui traversa l'esprit. Cela allait la rassurer, de savoir que son meurtrier s'était tué. Son meurtrier. Car c'était bien ce qu'il était. Les larmes coulant à flot sur ses joues, le visage rouge, les cernes profondes, Remus Lupin voulait mettre fin à sa vie. Il leva la jambe et s'avanca pour plonger dans le gouffre. Au moment où il allait tomber, une immense choc le fit basculer bien loin du gouffre. Il entra dans une rage noire en voyant le gros chien noir. Il ne voulait pas être sauvé ! Ce n'était pas lui qu'il fallait sauver ! Le gros chien se métamorphosa en son meilleur ami, qui s'avanca prudemment vers lui.

- Tu es fou, Remus ? Tu fais quoi, là ?

- Je fais ce qui doit être fait, Sirius… Vas-t'en, maintenant.

- Tu crois vraiment que je vais m'en aller pour que tu puisses te suicider tranquille ? T'es complètement débile !

Il prit son ami par les épaules et le secoua. Il ne reconnaissait pas son ami.

- Oh, Sirius… Qu'est-ce que j'ai fait ?

Remus s'écroula sur ses genoux et se mit à pleurer, le visage entre les mains. Sirius se placa à sa hauteur et lui fit relever la tête.

- Écoute moi bien. Ce n'est pas de ta faute. Ce n'est pas toi qui l'a mordu – Remus gémit – , d'accord ? Tu ne l'as pas voulu et jamais tu ne le voudras. Ne fais rien de stupide, Lunard…

Ce dernier s'assit sur le sol et contempla le paysage, silencieux.

- Je savais que tu dirais ca.

- Que je dirais quoi ?

- Que ce n'est pas de ma faute. C'est faux. C'est la mienne… C'est moi qui l'a tuée.

- Tu ne l'as pas tué, Remus.

- C'EST TOUT COMME ! SIRIUS, TU NE SAIS PAS CE QUE C'EST ! JE L'AI TUÉE !

Il s'était levé et avait hurlé. Sirius regardait son ami, impassible. Il comprenait sa fureur.

- Calme-toi, d'accord ? Regarde, on va s'asseoir et rester tranquille…

L'Animagi s'assit sur le sol et après réflexion, son ami l'imita. Sirius ignora combien de temps ils étaient restés là. Ils étaient assis sur le sol, à quelques mètres du gouffre, à regarder le soleil se coucher sur Poudlard et ses somptueux paysages. Les yeux de Remus le piquaient, il avait sommeil et faim mais ne faisait pas un seul geste. Ce n'est que lorsque la nuit fut tombée qu'il réagi.

- Je veux la voir.

Sirius leva les yeux et suivit son ami qui venait de s'engouffrer dans la sombre forêt.