PARTIE I, 1ère et 2ème années : Les prémices
1ère année :
Chapitre 1 : Dans le Poudlard-Express
Sirius Black était assis dans le Poudlard-Express. Accoudé au rebord de la fenêtre de son compartiment, il réfléchissait. Il se disait avec bonheur que, pour la première fois de sa vie, il allait être libre. Il n'aurais plus ses parents pour lui interdire de faire ce qu'il voulait, plus son frère pour se moquer de lui, plus ce maudit elfe de maison pour murmurer sur son passage, plus le reste de sa famille pour le critiquer à longueur de temps et surtout, plus ce sombre manoir de pierre lugubre dans lequel il avait passé tant d'heure à s'ennuyer seul, oublié de tous. Enfin, il allait pouvoir respirer. Là où il allait, il pourrait avoir des amis de son âge qui ne le jugerai pas sûr la pureté de son sang où sur son éducation mais sûr ce qu'il était vraiment. Personne ne viendrait lui dire de ne pas fréquenter de « sangs mêlés » et des « sang de bourbe » et personne n'attendraient de lui qu'il les méprises. La seule personne de sa famille qui était encore à Poudlard était Narcissa Black, sa cousine, et il comptait bien ne rien avoir à faire avec elle. Il espérait de tous son cœur que le choixpeau ne l'enverrai pas à Serpentard car sinon, il devrait la supporter à longueur de temps et elle lui mènerait la vie impossible. En montant dans le train, un quart d'heure plus tôt, il avait croisé plusieurs élèves qui lui avaient paru très sympathique. L'un d'entre eux, un garçon de son âge brun avec des lunettes et des cheveux ébouriffés, avait particulièrement attiré son attention. Sans doute par ce qu'il l'avait aperçu alors qu'il discutait joyeusement avec ses parents. Sirius n'aurait jamais osez faire cela. Il imagina la tête qu'aurait faite sa mère s'il l'avait tutoyée. Il était tellement plongé dans ses pensés qu'il ne remarquait pas que chacune des filles qui passaient devant son compartiment s'arrêtait pour le contempler, parfois plusieurs minutes. Il n'avait pas non plus remarqué un jeune garçon de son âge à l'air timide et maladif, qui le regardait à travers la vitre, l'air embarrassé.
Remus Lupin n'arrivait pas à se décider à ouvrir la porte pour demander s'il pouvait s'asseoir. Pourtant, il faudrait bien qu'il se décide puisque tous les compartiments à peu près proches de l'endroit où il se trouvait étaient bourrés à craquer et qu'il était trop épuisé pour porter sa lourde valise une minute de plus. Heureusement pour lui, à cet instant, le train fit une légère embardée qui tira Sirius de sa rêverie. Il se tourna vers Remus et, comprenant son embarra, lui fit signe d'entrer. Celui-ci s'exécuta avec soulagement.
- Désolé de te déranger, dit-il à voix basse, mais je me demandais si je pouvais m'asseoir ici vu que les autres compartiments sont pleins.
- Bien sûr, installe-toi, répondit Sirius en désignant le siège en face de lui.
Remus posa sa valise dans le filet puis s'assit face à ce jeune homme qu'il ne connaissait pas mais qu'il trouvait d'ors et déjà très amical.
- Je m'appel Sirius Black, continua ce dernier en tendant la main.
- Remus Lupin, répondit celui-ci en la serrant. Tu es en première année toi aussi ?
Sirius acquiesça.
- J'espère que je serai envoyé à Gryffondor, dit-il, il paraît que c'est la meilleure des quatre maisons.
- Moi aussi j'aimerais bien y aller, fit Remus, mes parents m'ont dit que c'était la maison où était Dumbledore dans sa jeunesse.
- Dumbledore, tu veux dire le directeur de l'école ? Mes parents ne l'aiment pas, il dise…
Sirius s'arrêta net, comprenant qu'il avait fait une gaffe. Ses parents disaient qu'Albus Dumbledore était un ami des moldus et des « sangs de bourbe » et qu'il aurait fallut se débarrasser de lui et de toute cette vermine. Si ce Remus était un fils de moldus, il n'apprécierait sûrement pas. De plus, Sirius n'était pas du tout d'accord avec ses parents, ce qu'ils pensaient n'avait donc aucune importance.
- Quoi ? demanda Remus.
- Rien d'important. Dis-moi, tes parents sont des sorciers où des moldus ?
- Ma mère est une moldu et mon père un sorcier. Et toi ?
- Mes parents sont tous les deux sorciers, répondit Sirius.
Il fut sûr le point d'ajouter « malheureusement » mais il se retint.
- Tu aimes le quidditch, continua-t-il, changeant de sujet, moi j'aime bien.
- Je ne m'y…
Il fut coupé par des coups frappés à la porte. C'était le jeune homme que Sirius avait aperçu sur le quai avec ses parents mais il n'était pas seul. Derrière lui se tenait un garçon assez rond qui paraissait plutôt timide. Le garçon aux cheveux ébouriffés ouvrit la porte.
- Désolé pour le dérangement, dit-il à Remus et Sirius, Peter et moi on se demandait s'il restait de la place pour nous dans votre compartiment.
- Oui, asseyez-vous, répondit Sirius.
- Merci. Moi c'est James, James Potter. Et lui c'est Peter Pettigrow.
Potter, ce nom rappelait quelque chose à Sirius. C'était un de ceux que ses parents citaient souvent quand ils parlaient des traîtres à leur sang. Avec un grand sourire en pensant à ce qu'ils diraient s'ils le voyaient à cet instant, Sirius serra la main de James.
- Je m'appel Sirius Black, dit-il, et voici Remus Lupin.
Ce dernier fit un bref signe de tête vers les nouveaux venu puis pris un livre dans sa valise et se plongea dedans. James s'assit à côté de Sirius et Peter à côté de Remus. Au début, ce dernier ne participa pas vraiment à la conversation mais il finit par se détendre et il osa répondre aux questions qui lui étaient posées. Une heure plus tard, les quatre garçons étaient devenus les meilleurs amis du monde. En particulier Sirius et James qui se demandaient déjà comment ils avaient pus vivre l'un sans l'autre pendant onze ans.
Lily Evans était assise, seule, dans le dernier compartiment du Poudlard-Express et elle se sentait un peu abandonnée. Un quart d'heure plus tôt, ses parents l'avait serrée dans leurs bras, les larmes aux yeux, et lui avait fait promettre de leur écrire chaque semaine. Sa sœur Pétunia et elles s'étaient disputées à voit basse puis, sous le regard sévère de leurs parents, elle l'avait embrassée du bout des lèvres et lui avait souhaité de passer une bonne année à contrecœur. Ensuite Lily était montée dans le train qui s'était ébranlé avait démarré, l'emmenant à toute vapeur vers sa nouvelle vie. C'était la première fois que Lily s'éloignait pendant si longtemps de chez elle. Elle n'avait jamais été en pension auparavant et, si elle était très heureuse d'avoir été admise à Poudlard, ses parents lui manquaient déjà ainsi que ses amis moldus. Quand à Severus, son ami sorcier, il l'avait aidé à monter ses bagages dans le train mais il avait dut aller s'installer avec des « sangs purs » de sa connaissance. Lily lui en aurait beaucoup voulu si elle n'avait pas vu à quel point il aurait préféré rester avec elle. Mais elle commençait à se sentir vraiment seule. Soudain, les deux mois qui la séparaient des vacances et de son retour chez elle lui paraissaient une éternité. Elle aurait accueilli avec bienveillance tout ce qui aurait pu lui rappeler sa maison, même les regards venimeux que Pétunia ne cessait de lui jeter depuis qu'elle avait reçu sa lettre de l'école. Heureusement pour elle, les yeux qu'elle aperçue à travers la vitre de son compartiment n'était pas ceux de sa sœur. Pourtant, ils étaient pour ainsi dire identiques aux siens.
Ils avaient la même couleur, vert émeraude, et la même forme en amande. Ils appartenaient à une jeune fille qui portait une longue cape sombre à capuchon. L'inconnue avait de très longs cheveux noirs et la peau plus foncée que la plupart des anglaises. Elle était vraiment ravissante. Elle plut tout de suite à Lily qui lui fit signe d'entrer si elle voulait. La jeune fille ouvrit la porte et dit d'une voix douce :
- Je suis vraiment désolée de te déranger, je n'ai pas trouvée de place dans les autres compartiments du train alors, quand j'ai vue que tu étais assise toute seule, j'ai pensé que tu accepterais peut-être que je m'installe avec toi.
- J'en serai ravie, répondit Lily. Tu entre en première année toi aussi ?
La jeune inconnue acquiesça.
- Je m'appelle Phidia Saturnine, dit-elle.
- Moi, c'est Lily Evans.
- Comment se fait-il que tu sois seule ? demanda Phidia. Tu ne connais pas d'autre sorcier ?
Elle hésita à parler de Severus puis opta pour la simplicité.
- Eh bien pas vraiment. En fait, il y a encore deux mois, j'ignorais tout de la magie. Mes parents sont des moldus.
- Ah oui ? Moi, les miens étaient des sorciers mais je ne les ai pas vraiment connus. Ma mère est morte quand j'avais un an et je ne vois mon père que deux ou trois fois par ans. J'ai été élevée par mes grands-parents. Moi non plus je ne connais pas grand monde d'intéressant ici, j'ai grandit en Algérie.
- Vraiment ? C'était bien là-bas ?
- Oui, c'était génial. Ca va beaucoup me manquer.
- Tu n'y retourneras plus ?
- Non, mes grands-parents sont revenus en Angleterre. Ils sont anglais tous les deux. Maintenant que moi aussi je suis à Poudlard, ils avaient envie de revenir chez eux pour être plus près de moi. J'ai aussi deux grandes sœurs mais je ne les vois pas souvent. Elles sont parties pour cette école de magie quand j'avais cinq ans, elles sont en dernière année. Tu as des frères et sœur toi ?
- Oui, j'ai une sœur, mais elle n'est pas sorcière. Je crois qu'elle m'en veut beaucoup pour ça d'ailleurs.
Les deux jeunes filles continuèrent à se raconter leur vie pendant tout le trajet. A la fin, elles savaient presque tout l'une de l'autre. Quand elles sortirent du train sur le quai de la gare de Près-au-lard, elles étaient devenues les meilleures amies du monde. Elles montèrent dans un des canots que leur désignait Hagrid avec une autre jeune fille de leur âge. Elle était très gentille et Phidia, Lily et elle firent connaissance pendant le trajet jusqu'à Poudlard. Elle s'appelait Alice Williams. Ses parents étaient des sorciers et elle avait plusieurs amis qui entraient eux aussi en première année mais elle les avait perdus de vu en sortant du train.
- Enfin, je ne regrette pas d'être montée dans avec vous, dit-elle en souriant, sinon nous ne nous serions peut-être jamais parlées. J'espère que nous serons dans la même maison. Qu'est-ce que tu tiens là Phidia ?
- Rien d'important, répondit celle-ci en souriant.
Elle serrait contre elle un vase gravé de runes taillé dans une pierre bleue. Alice allait continuer à la questionner mais à cet instant, canot heurta le bord du lac et s'arrêta. Phidia en sortie en disant à ses deux nouvelles amies :
- Je vous rejoins à la répartition, j'ai quelque chose à faire.
Et elle s'était éclipsée avant que Lily ou Alice aient pu dire quoi que ce soit. Alors que ces deux dernières suivaient Hagrid jusqu'à une petite pièce dans le château où les premières années devaient attendre d'entrer dans la grande salle, Phidia s'était dirigée vers la forêt interdite. Dissimulée par un arbre, elle avait attendue que le rang des nouveaux élèves soit parti. Puis elle était sortie de sa cachette et était retournée vers le lac serrant toujours contre elle la boîte de pierre. C'était ses grands-parents qui, en la mettant dans le train le matin même, la lui avait donné. Sa grand-mère, Yilane, s'était approchée d'elle alors qu'elle était à la fenêtre du train et la lui avait tendue. C'était l'urne qui contenait les cendres de sa mère.
- Aujourd'hui, c'est son anniversaire, avait dit Yilane. Sur son testament, elle avait formulé le souhait que ses cendres soient répandues à Poudlard. Elle aurait voulu que se soit toi qui le fasses.
Phidia avait regardé longuement le petit vase en turquoise avant de le prendre. Ses grands-parents avaient toujours refusé de lui dire comment sa mère, Ilana Saturnine, était morte. Tous ce qu'elle savait d'elle, c'était qu'elle avait eu trois enfants hors mariage, ce qui avait fait scandale dans sa famille, et qu'elle était morte alors que Phidia venait d'avoir un an. Elle possédait aussi une photo d'Ilana. Elles se ressemblaient beaucoup toutes les deux. En fait, elles étaient pour ainsi dire identique mis à part leurs cheveux. Ilana les avaient blonds. C'étaient sans doute pour ça que Yilane avait toujours eu une préférence pour Phidia. Naeddre et Nathair avaient les cheveux dorés de leur mère mais c'était de leur père qu'elles avaient hérité leurs traits.
Après que Phidia ait pris les cendres de sa mère, ses grands-parents l'avaient embrassée puis le train avait démarré. Phidia avait mis l'urne dans sa valise, cherché un compartiment vide et rencontré Lily. Maintenant, elle allait accomplir la volonté de sa mère. Elle ouvrit le vase et projeta les cendres qu'il contenait dans les airs. Elle regarda le vent les emporter au loin puis elle murmura :
- Joyeuse anniversaire maman.
