Bonjour tout le monde ! Suite à plusieurs commentaires, j'ai décidé d'ajouter des corrections au prologue qui existait déjà parce que je le trouvais incomplet et je n'étais pas entièrement satisfait de ce que j'avais écrit il y a plusieurs mois. N'hésitez pas à me laisser vos commentaires qui sont toujours les bienvenues Bonne lecture !
Prologue
C'était par une journée sombre du mois de novembre que les Elfes noirs et les Nomades venant de l'autre côté de la mer se livraient bataille depuis la berge. Les Elfes Noirs étaient un peuple de guerriers sanguinaires entraînés depuis le plus jeune âge pour tuer. Les légendes qui relatent l'origine de ce peuple sombre ne concordent pas les unes avec les autres. Certaines nous révèlent qu'ils étaient auparavant des Elfes venant des quatre coins de la Terre du Milieu et qu'ils avaient été corrompus lors de l'ascension de Sauron alors que d'autres affirment qu'ils étaient plutôt des Elfes déchus qui n'avaient pu voyager vers les Terres Immortelles. En seulement un demi-siècle, leurs rangs avaient quadruplé en nombre d'effectifs. Plusieurs Anciens disent qu'à la nuit tombée, ils attaquaient les villages pour kidnapper les jeunes elfings avant de les torturer jusqu'à ce qu'ils en perdent la raison et que ces derniers deviennent endoctrinés. Ce peuple avait pris possession des terres situées à l'ouest de la Terre du Milieu en tuant tout ce qui se trouvait sur leur passage pour ériger une grande forteresse qui eut bientôt une sombre réputation. À une certaine époque, ils avaient été à la solde de Sauron, mais avant tout, les Elfes noirs servaient leurs propres intérêts.
La bataille avait commencé à l'aube, alors que le sol était encore tapi d'une fine couche de neige qui était tombée au cours de la nuit précédente. Lorsque Sauron fut vaincu par Isildur il y a plus de 2 000 ans, les peuples de la Terre du Milieu avaient envoyés leurs armées assaillirent la forteresse des Elfes noirs qui représentait la toute dernière menace de la Terre du Milieu. Malgré un nombre élevé de morts, les Elfes noirs réussirent à les repousser. La bataille contre les Nomades venant de beaucoup plus à l'ouest n'était qu'une autre tentative pour les massacrer jusqu'au dernier.
Elle faisait rage depuis plusieurs heures déjà. Les pertes commençaient à être élevées dans le camp de l'ennemi. L'eau avait pris une teinte rougeâtre alors que des cadavres flottaient à sa surface. Parmi eux, une femme se battait. Son agresseur l'avait entraîné jusque dans la mer dans l'espoir de la noyer, mais cette dernière était aussi féroce qu'un tigre. En quelques mouvements bien précis, elle réussit à lui trancher la gorge. Un flot de sang lui gicla à la figure. Reprenant son épée, elle s'empressa de sortir de l'eau pour reprendre le combat. Sa longue chevelure noire trempée jusqu'à la racine tournoyait autour de son corps alors qu'elle exécutait des manœuvres complexes. Pas une seule fois son épée ne rata sa cible. Soudain, une douleur fulgurante l'obligea à se plier en deux. Elle avait l'impression que quelque chose était en train de déchirer de l'intérieur ses entrailles. Elle n'aurait pas dû se retrouver sur le champ de bataille, mais enceinte ou pas, elle devait faire son devoir comme ses frères et sœurs de sang. Si elle avait osé émettre la moindre protestation face à ses supérieurs, ils n'auraient pas hésité à lui trancher la tête avant de la planter sur une pique devant les portes de la forteresse.
« MAIWEN ! s'écria une voix au-delà des tumultes de la bataille. »
Elle avait mal et cette dernière sentait que quelque chose coulait le long de ses jambes. Il y eut une autre contraction. La jeune elfe noire s'écroula sur le sable en tenant son ventre entre ses deux bras.
« C'est trop tôt, marmonna-t-elle effrayée. »
« MAIWEN ! Que fais-tu sur le champ de bataille ? Tu n'es pas en état de ta battre ! JE T'AVAIS DIT DE FUIR QUAND IL ÉTAIT ENCORE TEMPS ! »
Il l'empoigna par le bras pour la forcer à se relever.
« C'EST MON BÉBÉ ! s'écria-t-elle. ZACHARIEL, JE VAIS ACCOUCHER ! »
Le guerrier lui jeta un regard horrifié avant de remarquer qu'une flaque de sang était en train de se former où les pieds de la jeune elfe. Il la prit dans ses bras avant de se mettre à courir le plus vite qu'il pouvait afin de quitter la ligne du front. Rapidement, il réussit à trouver un endroit en arrière zone où ils ne risquaient rien. C'était le mieux qu'il pouvait faire.
« IL EST ENCORE TROP PETIT ! hurla Maiwen en se tordant de douleur sur le sol. Je veux que tout ceci cesse. »
« Nous allons mettre cet enfant au monde ensemble ma chérie, lui assura Zachariel avant de prendre son poignard et de déchirer les pantalons de sa compagne de façon à ce qui ne lui reste sur le dos que sa longue tunique qui la recouvrait jusqu'à mi-cuisse. »
Elle hurla de douleur alors que d'autres contractions lui tordaient le ventre. Les minutes finirent par s'écouler en heures et il ne lui lâcha jamais la main. Il la tenait aussi fort qu'il le pouvait et ne cessait de lui souffler des paroles en langue elfique pour l'aider à mettre au monde l'enfant.
« Tu n'aurais pas dû être-là, murmura pour lui-même Zachariel. Pourquoi ne m'a tu pas écouté ? »
Elle lui tenait la main si fort qu'il ne sentait plus ses doigts. Le calvaire dura encore de longues minutes qui parurent interminables.
« Je vois la tête. Continue de pousser ! »
Maiwen donna une dernière poussé. La plus forte qu'elle pouvait. Elle sentit alors quelque chose glisser entre ses cuisses.
« C'est une petite fille, déclara le guerrier. »
Il enveloppa le nourrisson dans un pan de sa cape qui n'était pas souillée alors que la petite poussait de grands cris à s'en déchirer le gosier. Au loin, les bruits de la bataille s'étaient tus.
« Elle a ton nez, dit Zachariel qui se retenait pour ne pas pleurer de soulagement. Regarde comment elle est magnifique. »
Le guerrier voulut mettre l'enfant dans les bras de sa femme lorsqu'il remarqua que cette dernière ne bougeait plus.
« Maiwen ? … mon amour ? … »
Il lui caressa la joue dans l'espoir qu'elle ouvre les yeux. Aucune réponse. Il pencha la tête pour écouter son cœur, mais il n'entendit aucun battement de la part de ce dernier.
« MAIWEN ! hurla Zachariel qui sentait les larmes monter alors qu'il secouait le corps sans vie de sa compagne. »
Malheureusement, la jeune elfe noire avait rendu l'âme suite à son accouchement qui lui coûta la vie.
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« Vous avez pris de très gros risques en venant jusqu'à moi, lui reprocha la Dame de la Lorien en observant le nourrisson qui dormait paisiblement dans les bras de son père. Je pourrais vous tuer pour ce que vous avez fait à mon peuple ! »
« Tuez-moi pour tous les crimes que j'ai commis, mais je vous supplie avant de sauver ma fille ! Vous savez très bien que Sauron n'a pas été complètement anéantis par le fils du Gondor ! Son ombre plane sur ma fille ! Vous savez parfaitement qu'elle a quelque chose qui la rend unique et très importante ! »
« En effet, les Valars m'ont parlé juste avant le décès de Maiwen, annonça Galadriel. Votre fille aura un rôle important à jouer dans la guerre qui se prépare. »
Il y eut un moment de silence.
« Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour la mettre en sécurité, déclara-t-elle. Je ne le fais pas pour vous ! Je le fais pour Maiwen et l'enfant qui n'a pas demandé à naître avec un parent comme vous. »
L'Elfe noir jeta un regard à son enfant qu'il tenait dans ses bras. Il la contempla longuement afin de garder en souvenir les moindres traits du visage de sa fille qui dormait à poings fermés. Elle ressemblait tant à sa mère.
« Au revoir Édesse, déclara Zachariel en déposant un baiser sur le front du nourrisson. »
Il la déposa dans les bras de la Dame de la Lorien avant de faire demi-tour sans jeter un seul regard en arrière.
O0O
« Édesse ! Dépêche-toi ! lui hurla sa meilleure amie Cora depuis le rez-de-chaussée. On va être en retard à la soirée ! »
« J'ARRIVE ! lui répondit la jeune fille en s'observant une dernière fois dans la glace. »
Elle n'aimait pas le reflet que lui renvoyait la glace. Depuis la maternelle, les enfants n'avaient cessé de l'appeler l'albinos en raison de sa peau blanchâtre et de ses yeux qui tiraient vers le rouge. Son médecin de famille lui avait expliqué que la source du problème était en partie responsable à cause de sa génétique. Cependant, ses cheveux étaient noirs et non blancs comme les véritables albinos. La jeune fille devait se contenter d'être chanceuse après tout. Édesse descendit les escaliers.
« Il était temps, bougonna Cora. Je n'aime pas être en retard dans les party. »
« On ne le sera pas, lui assura son amie avant de fermer la porte derrière elle. »
Toutes les deux prirent place dans la vieille honda civic rouillée qui était stationnée dans la rue. Karl, le petit ami de Cora, les salua avant de démarrer le moteur qui fit un drôle de bruit. En chemin, Édesse fut obligée d'ouvrir la fenêtre du côté passager, car son amie s'était allumée une cigarette. Elle n'aimait pas l'odeur de la cigarette qui flottait dans l'air de la bagnole. Ça lui donnait la nausée. La jeune fille observait le paysage d'un œil désintéressé, lorsque soudain : «
-ATTENTION ! hurla Cora.
-IL VIENT DROIT SUR NOUS ! beugla son petit-ami avant de donner un coup de volant par la gauche. »
Édesse fut aveuglée momentanément par les phares du camion lorsqu'il entra en collision de plein fouet avec l'automobile qui fut réduite en mille morceaux avant de prendre feu.
Et puis, plus rien.
