Chapitre 2:

Quinn ouvrit la porte d'un coup de pied et la baraque toute entière craqua comme pour montrer son mécontentement. La fauconnière trébucha sur le sol inégal, courbée sous le poids de Talon, avachi sur ses épaules. Elle avait eu du mal à traîner le blessé jusque-là et ne se sentait pas capable d'aller plus loin. Elle avait peiné dans la neige pendant de longues minutes portant l'assassin inconscient sur son dos. Tous deux avaient de la chance que Valor ait découvert cette hutte et guidé sa maîtresse sur la bonne voie. Ce n'était rien de plus qu'un relais de chasse mais ce serait suffisant. Quinn largua Talon sur le seul lit que comptait la cabane. Le jeune homme gémit faiblement mais l'éclaireuse n'y fit pas attention. Elle se hâta d'aller fermer la porte, les coupant du froid mordant et de la neige qui recommençait à tomber à gros flocons.

Valor s'était perché sur la tête de lit et lorgnait avec insistance le blessé affalé en travers du matelas. Quinn se débarrassa rapidement de sa cape humide et tâchée du sang de l'assassin, ainsi que de son sac à dos avant de s'approcher du lit. Elle se débattit un instant afin d'ôter les vêtements trempés du jeune homme, ne lui laissant que son sous-vêtement, et de l'installer correctement sur le matelas. Sa peau était glacée sous les doigts de la démacienne, la blessure saignait à nouveau et il respirait faiblement. D'un geste sec, Quinn vida le contenu de sa trousse de secours sur le matelas, à côté du blessé, et plaqua une épaisse couche de compresses sur la blessure. Elle ignora la plainte qu'il émit pour s'emparer d'une fiole qui avait roulé contre lui et la déboucher avec ses dents. Talon étant inconscient, il était impossible de lui faire boire la potion, mais ça n'arrêta pas la fauconnière. D'un geste, elle en versa le contenu directement sur la plaie, arrachant une plainte déchirante au blessé. L'effet fut presque immédiat. Le sang s'arrêta de couler et les lèvres déchirées de la plaie semblèrent vouloir se souder à nouveau. Quinn doutait pourtant que ce soit suffisant. Il lui restait un autre flacon de potion mais elle voulait le garder pour plus tard. Elle trouverait un moyen de lui faire absorber la potion quand il serait conscient. En attendant, elle devait veiller à ce qu'il reste au chaud et à ce que la blessure ne s'infecte pas.

Après avoir enrobé la taille du blessé de bandages, Quinn fouilla la masure à la recherche de tout ce qui pourrait les aider. Elle dénicha deux couvertures de laine en assez bon état qu'elle plaça immédiatement sur le corps encore tremblant de Talon. Elle veilla à bien le couvrir avant de se redresser. La cabane ne comptait qu'une seule pièce, une minuscule cheminée trônait près du lit, une marmite cabossée était suspendue au-dessus de l'âtre vide par une crémaillère. En revanche, elle ne trouva aucun combustible en dehors du mobilier qui se résumait à une table et deux chaises bancales en plus du lit dans lequel Talon se reposait. Quinn se refusait à détruire la propriété d'autrui, hors de question de brûler les chaises. Il allait lui falloir sortir chercher du bois. Ça ne l'enchantait pas mais elle n'avait pas le choix.

Armée de son arbalète et d'une hachette, Quinn quitta la cabane après avoir vérifié l'état de Talon. Elle ne s'éloigna pas, se contentant de gagner les arbres les plus proches pour couper quelques branches basses relativement épargnées par la neige. Elle savait que le bois vert ne brûlait pas aussi bien que le sec mais elle ne risquait pas d'en trouver sous la neige. Elle en ramena autant qu'elle put à la cabane mais au moment de fermer la porte, elle s'aperçut que Valor n'était plus à l'intérieur. Se précipitant entre les arbres, elle siffla frénétiquement son compagnon. Un petit cri lui répondit et elle se tourna dans cette direction. L'aigle était au sol, les ailes à demie ouvertes. Dans ses serres, il tenait un lapin blanc qu'il venait de tuer.

– Bien joué, Val, félicita la fauconnière.
Elle lui donna une caresse et s'empara de la proie. Valor s'envola en lançant un petit cri indigné, mais la jeune femme savait que ce n'était que pour la forme. Valor avait l'habitude de partager ses proies avec elle.

Au moins, ils ne mourraient pas de faim!

Il ne fallut pas longtemps à Quinn pour dépiauter et vider le lapin et pour le mettre à cuir sur le maigre feu qu'elle avait réussi à faire prendre. Valor se tenait dans un coin de la pièce, occupé à arracher des lambeaux de viande à la moitié de lapin que Quinn lui avait laissée. La jeune femme était assise devant le feu, fixant les flammes d'un regard vague. Installée sur sa cape encore humide, les bras autour de ses genoux remontés contre sa poitrine, elle se demandait encore comment elle avait pu se retrouver dans cette situation, assise à quelques pas de son rival, occupée à écouter sa respiration faible et laborieuse dans la crainte qu'elle ne s'interrompe.

Les yeux toujours fixés sur les flammes, au point que celles-ci emplissaient tout son champ de vision, elle laissa un flot de souvenirs doux-amers envahir son esprit.


Le soleil tapait fort sur la campagne démacienne en cette fin d'après-midi et la chaleur écrasante n'aidait pas la marche de Quinn. Encombrée de sa cape et de son armure, la jeune femme n'aurait pas dit non à une petite pause rafraichissante. Malheureusement, elle ne pouvait se permettre ce luxe. Sa mission était importante et elle n'avait pas de temps à perdre en futilités. Elle devait absolument rentrer à Démacia au plus vite et délivrer au roi le message qu'elle transportait. Elle ignorait ce qu'il contenait, personne n'avait pris la peine de la mettre au courant, mais elle savait que c'était important. Des informations concernant la sempiternelle guerre des nerfs entre Démacia et Noxus, sans aucun doute. Pourquoi la célèbre shérif de Piltover, Caitlynn, était impliquée, en revanche, était une inconnue pour Quinn. Mais elle n'avait pas besoin de se poser de questions. Le roi Jarvan savait ce qu'il faisait. Elle n'avait pas à questionner ses choix.

Le soleil touchait presque les collines à présent mais Quinn était encore bien loin de son but. Elle avait déjà compris qu'elle ne serait pas à Démacia avant fort tard dans la nuit. Ca l'agaçait. L'importance de sa mission pesait lourdement sur ses épaules et, pour dire la vérité, elle était pressée d'en être débarrassé et de pouvoir enfin se reposer.

La nuit tomba complètement quelques minutes plus tard, privant la campagne de lumière mais pas de chaleur. Quinn se sentait épuisée après son long voyage et savait qu'elle n'atteindrait jamais Démacia dans ces conditions. Il fallait qu'elle se repose au moins une heure. Une petite plage créée par le large méandre d'une rivière lui sembla l'endroit idéal pour s'arrêter un instant. Aussitôt, Valor surgit su ciel et se posa lourdement sur un petit rocher à fleur d'eau, non loin d'elle. Lui aussi paraissait épuisé. Voyant sa maîtresse s'agenouiller au bord de l'eau, il lança un cri semblable au ronronnement d'un chat.

Moi aussi, Val, répondit Quinn.
Elle ébouriffa les plumes bleues de l'oiseau avant de se tourner vers l'eau fraîche qui semblait l'appeler. Sa cape en forme d'ailes et son sac à dos tombèrent sur le sol et la jeune femme se pencha pour s'asperger le visage, soupirant de contentement au contact de l'eau froide sur sa peau brûlée par le soleil. Après avoir retiré son casque, elle plongea la tête sous l'eau, mouillant ses cheveux trempée de sueur et se redressa pour les laisser couler dans sa nuque et sous son armure. Ça lui fit un bien fou!

Elle profitait de cet instant de répit quand, soudain, Valor s'envola en lançant un cri d'alarme. Immédiatement, Quinn fut en alerte, debout sur ses jambes fléchies, prête à bondir. Sa main gauche se tendit lentement sur le côté pour atteindre son arbalète. Dès qu'elle l'eut en main, elle se redressa lentement et se retourna. A ce moment, une silhouette sombre fondit sur elle, sortant de nulle part. La jeune femme, prise par surprise, appuya sur la gâchette et la flèche partit au hasard, frôlant le bras armé tendu vers elle. L'instant suivant, elle se retrouva sur le dos, en partie plongée dans l'eau. Son agresseur se tenait au-dessus d'elle, serrant une main sur sa gorge assez fort pour lui faire mal mais pas suffisamment pour lui couper le souffle. Son autre bras, armé d'une longue lame fixée à son poignet, était levé au-dessus de son épaule, prêt à frapper. Dans l'attaque, son capuchon sombre était tombé en arrière, révélant son visage anguleux et libérant une masse de cheveux châtains, mollement noués en queue de cheval.

Talon!

Quinn sentit son souffle se figer dans sa gorge quand ses yeux d'or, incrédules, croisèrent les yeux noisette, froids et déterminés, de l'assassin. Un sourire sarcastique étira les lèvres de Talon quand il planta son regard dur dans celui de la fauconnière.

Tu passes pour être la meilleures éclaireuse de Démacia, pourtant tu ne t'es pas rendu compte que je te traque depuis des heures.
Une sueur froide s'empara de la jeune femme.

Même ton piaf ne m'a pas repéré.
Ça semblait l'amuser.

Tu devines pourquoi je suis là, où est le message?
Quinn fit un effort pour empêcher sa voix de trembler.

Je ne vois pas de quoi tu parles.
Le sourire de Talon se fit plus cruel. Sans lâcher sa prise sur son cou, il se pencha sur l'éclaireuse et susurra à son oreille:

Si tu te montres raisonnable et me donne gentiment ce que je veux, je te laisserai vivre.
Quinn était complètement figée. Sa poitrine se soulevait à un rythme précipité, frôlant le torse solide de l'assassin penché sur elle.

Elle connaissait Talon, elle savait de quoi il était capable. Ce n'était pas la première fois qu'ils se retrouvaient face à face. Pourtant, c'était la première fois qu'ils étaient aussi proches l'un de l'autre, presque de façon intime. Quinn se rendit soudain compte de ce que leur position évoquer pour un observateur extérieur. Elle sentit ses joues s'enflammer à cette idée et se maudit pour son manque de concentration. Elle était là, sur le dos, à la merci de l'assassin, à deux doigts d'échouer dans sa mission et la seule chose qui lui venait à l'esprit était que leur position leur donnait l'allure d'amants en train de batifoler! Mais où avait-elle la tête?!

Se reprenant, elle fit un effort pour réagir. Elle essaya de repousser Talon de ses jambes, mais l'assassin semblait s'y attendre. Il répliqua en serrant plus fort les doigts autour de la gorge de la jeune femme et caressa sa joue de sa lame. Déplaçant son poids, il s'installa sur la poitrine de Quinn, bloquant les bras de la jeune femme le long de son corps à l'aide de ses jambes.

Tu n'as pas l'air d'accorder beaucoup de valeur à ta propre vie, remarqua Talon avec un sourire en coin. Laisse-moi te présenter les choses de mon point de vue, dans ce cas. Soit tu me donnes ce que je veux et je te laisse vivre, soit tu t'entêtes à me résister et je te tue avant de fouiller ton cadavre pour trouver le message. Je suis gagnant dans tous les cas. La seule différence c'est que si tu coopère, tu pourras retourner auprès de ton cher prince pour lui avouer ton échec de vive-voix.
La mention de Jarvan suffit à faire monter la honte dans le cœur de Quinn. Elle n'avait pas le droit de faillir après ce que le prince avait subi aux mains de ses maudits noxiens. Une colère sourde monta en elle et elle lança un sifflement impérieux. Avant que Talon ait pu réagir, un cri strident lui répondit et Valor fendit les airs, s'abattant sur le visage de l'assassin, serres en avant. Sous l'effet de la surprise, Talon se redressa sur ses genoux et essaya de se débarrasser de l'aigle. Quinn en profita pour le repousser d'un coup de pied et se précipita vers son arme tombée au sol. Elle n'eut pas le temps de faire trois pas, cependant. Talon se jeta sur ses jambes, la faisant trébucher et l'empêchant d'atteindre l'arbalète.

Mauvaise idée, grogna-t-il.
Il l'attrapa par la taille et la souleva. Quinn se débattit, griffant le sol de ses doigts à la recherche d'une prise à laquelle se retenir, emportant des poignées de sable. Dans un geste à la fois infantile et désespéré, elle en lança au visage de son adversaire. Ça n'eut pas le moindre effet. Mais l'air stupéfait qui se peignit pendant un instant sur le visage de Talon aurait pu la faire rire si elle n'avait été dans cette situation délicate. Heureusement pour elle, Valor revint à la charge, distrayant l'assassin assez longtemps pour permettre à sa maîtresse de s'échapper. Elle récupéra son arbalète et la pointa aussitôt sur Talon, mais une dague lancée d'une main experte suffit à la lui faire sauter des mains. A nouveau désarmée, Quinn n'eut d'autre solution que d'essayer de fuir, d'échapper à Talon pour mener sa mission à bien.

Se rassemblant, Quinn bondit littéralement vers l'assassin, le percutant en pleine poitrine avant de rebondir vers l'arrière. Profitant de cet instant de surprise, elle fila aussi vite qu'elle pouvait en direction des arbres les plus proches. Jurant entre ses dents, Talon s'élança à sa poursuite. Quinn ne savait pas où elle allait, mais elle essayait de garder la direction de Démacia, même sachant qu'elle n'avait pratiquement aucune chance d'y arriver. C'était beaucoup trop loin et Talon était déjà derrière elle.

Un sifflement inquiétant résonna à ses oreilles et elle eut juste le temps de se jeter au sol, esquivant de justesse les trois dagues qui se fichèrent dans un tronc tout proche. Se remettant sur ses pieds, elle fila aussitôt dans une autre direction. Malheureusement, sa fuite l'amena droit à un cul de sac. Elle s'arrêta net en débouchant sur une étroite corniche surplombant la rivière. Elle n'était pas très haute, deux ou trois mètres tout au plus, Quinn aurait pu sauter si elle l'avait voulu. Le problème était … la rivière était tumultueuse à cet endroit, les eaux bouillonnaient autour de gros rochers affleurant et … Quinn ne savait pas nager. Elle resta là comme une idiote, sans bouger, à regarder les eaux impétueuses. Elle savait qu'elle ne pouvait pas faire demi-tour, Talon était juste derrière elle et ne tarderait pas à arriver, mais elle ne parvenait pas à trouver le courage de sauter. Déterminée, elle tira un court poignard pendu à sa ceinture et fit face, prête à se battre.

Le sourire moqueur qu'elle vit sur les lèvres de Talon quand il déboucha des arbres, fut comme une dague en plein cœur pour Quinn. Elle était coincée et tous les deux le savaient. Mais elle ne se rendrait pas sans se battre. Malheureusement, elle n'en eut même pas l'occasion. Le temps de cligner des yeux et Talon avait disparu de sa position. Elle sentit immédiatement sa lame presser contre sa gorge et son torse ferme contre son dos.

Tu choisis donc la mort, soupira l'assassin.
Son souffle tiède caressa la nuque de la fauconnière qui frissonna involontairement.

Dommage, tu m'amusais.
NON! Hors de question qu'elle meurt ici sans achever sa mission. Désespérée, elle tenta de lancer un coup de poignard vers les côtes de son adversaire mais il l'arrêta d'une main et la désarma sans mal. Ils luttèrent un instant et Quinn sentit la lame de l'assassin entailler le haut de son bras. Elle répliqua d'un coup de poing qui prit Talon par surprise. Un filet de sang s'écoula de sa lèvre fendue. En réponse, il attrapa Quinn par les cheveux et tira violemment sa tête vers l'arrière dévoilant sa gorge. La jeune femme poussa un cri de douleur et de rage mêlées. Réagissant instinctivement, Valor fondit sur eux et percuta Talon. L'assassin perdit l'équilibre et recula de quelque pas, entraînant Quinn avec lui. A ce moment, dans un craquement terrifiant, le bord de la falaise céda sous leurs pieds, les précipitant à l'eau.

Les deux combattants touchèrent l'eau dans une mêlée indescriptible de bras, de jambes, de capes et de lames. Quinn sentit aussitôt Talon la lâcher. Mais le soulagement qu'elle aurait dû ressentir fut balayé par la terreur qui s'empara d'elle quand le courant l'entraîna soudain vers le fond. Emportée par le courant, elle roula de droite et de gauche comme une feuille ballotée par le vent. En quelques secondes, elle avait totalement perdu le sens de l'orientation, incapable de dire ou se trouvait le haut et le bas, de voir où était la surface. Elle se débattit désespérément pour essayer de retrouver ses sens. Ses poumons brûlaient, sa gorge brûlait, son cœur tambourinait dans sa poitrine. Dans sa panique, ses gestes se firent désordonnés, inefficaces. Le courant la rejeta violemment d'un côté et elle perça brièvement la surface, pas assez longtemps pour prendre sa respiration, toutefois. Valor, paniqué lui aussi, décrivait de grand cercle au-dessus d'elle en criant, incapable de l'aider.

Quinn se sentit à nouveau aspiré vers le fond. Epuisé, elle ne pouvait plus lutter. Ses mouvements se faisaient de plus en plus mous et lents. Elle n'arriverait jamais à s'en sortir. Au moment où elle se pensait définitivement perdue, elle se sentit soudain saisit par des bras puissants et plaquée contre un torse solide. L'esprit paniqué de l'éclaireuse ne chercha même pas à comprendre. La seule chose qu'elle perçut fut qu'on l'aidait à refaire surface. Elle essaya de prendre une longue inspiration et se mit aussitôt à tousser et à cracher toute l'eau qu'elle avait aspirée. Epuisée, la respiration précipitée, elle se reposa sur la personne qui la soutenait et posa sa tête sur son épaule.

Vraiment, entendit-elle marmonner. Foutus démaciens, même pas capables d'apprendre à nager.
Le cerveau embrouillé de Quinn enregistra cette voix. Dans le brouillard qui lui embrouillait les sens, Quinn réalisa que la personne qui venait de la sauver était Talon.

L'assassin fit un effort pour lutter contre le courant et éviter les rochers tout en traînant Quinn vers la rive. La démacienne ne l'aidait pas, poids mort pesant contre lui. Talon ne savait pas pourquoi il faisait ça. Quand il avait vu la fille couler à pic, il avait agi sans réfléchir. Maintenant qu'il la serrait contre lui, cherchant à gagner la rive, la finalité de son geste lui échappait encore. Pourquoi avait-il agit ainsi? Pour sa mission? Pour ce parchemin qu'elle avait sur elle? Ou simplement parce qu'elle l'amusait? … Il ne savait plus. Mais peu importait au fond.

Jurant entre ses dents, il parvint à atteindre la berge et à se traîner hors de l'eau. Il jeta Quinn sans ménagement sur le sable rugueux. Elle ne réagit pas. A bout de souffle, il se laissa tomber à côté d'elle et resta immobile, le temps de reprendre des forces. Ils restèrent ainsi pendant de longues minutes, puis Talon parvint à trouver la force de se lever. A demi inconsciente, Quinn songea vaguement que c'était la fin et qu'il allait l'achever. Mais il n'en fit rien. Il se contenta de s'emparer du cylindre scellé contenant le message.

Ma récompense pour t'avoir sauvé la vie, déclara-t-il encore essoufflé. Essaie de rester en vie jusqu'à notre prochaine rencontre.

Et avec ça, il s'en alla, laissant Quinn se morfondre sur son échec.