Hello !

Je suis vraiment désolée pour le (monstrueux) retard. En réalité, je comptais abandonner cette fic.

J'ai eu pas mal de problèmes persos ces derniers temps et écrire n'était pas dans mes priorités... Bref, mes problèmes sont réglés et j'ai plein d'inspiration.

Merci à celles qui ont reviewés et encore désolée :S

Place au chapitre !


Chapitre II : Perroquet bruyant et Entretien surprenant

4 mois plus tôt

Laazing on a sunnyyy afternoooon... in the summertiiiime...in the summertiiime...in the.

J'appuyais férocement sur mon vieux réveil Mickey que Jacob, mon meilleur ami avait eu la bonne idée de brancher sur une station qui passait du vieux rock anglais. Non pas que je n'aimais pas les Kinks mais être réveillée tout les matins à coup de "would'nt it be nice" des Beach boys et autres midinets des sixties commençait à me taper sur les nerfs. Et le pire c'est que la seule fois où j'avais essayé de le changer et de mettre un bon vieux bipper comme toute la population censée de Manhattan, il n'avait tout simplement pas sonné. Je me levais de mauvaise grâce, en espérant que les quelques secondes de chants émis par la souris de Disney n'avait pas réveillé Millington.

- Rrrwaa t'es moche ! t'es moche !

Raté. Millington était un perroquet jaco qui avait appartenu à mon ex. Lorsqu'à la fin de nos études, il avait obtenu un stage de trois mois au Chili, j'avais accepté de garder son horrible bestiole avec moi, pensant que je pourrais survivre à quelques semaines de tortures. Deux ans plus tard, Tom vivait toujours au Chili dans une villa avec sa femme, ses deux jumeaux et son chien. Et moi j'étais dans mon minuscule studio avec ma télé, mon pot de Ben&Jerry et Millington. Tout le monde était gagnant.
Je regardais le perroquet grisâtre avec toute la haine dont mes yeux couleur chocolat étaient capable. Autant dire pas grand chose. Millington pencha sa tête comme seuls les perroquets savent le faire et m'observa avec un air de mépris et de condescendance que je ne voyais chez aucune autre créature, humaine ou animale. Lorsque j'essayais d'être en colère, j'imaginais toujours l'air de Millington pour le reproduire, généralement sans succès.

- Grrrroosse vaache ! Grrrrrooossse vaaache !

Je ne me vexais même plus, je savais que c'était faux. Les seuls mots que cette saleté savait dire étaient ceux qu'elle m'avait prononcé ce matin en plus de "j'ai faim", "grrroos taas" et quelques vulgarités. Je pris un chocolat chaud sous les insultes de Millington en essayant de choisir une tenue dans mon placard, ce qui allait s'avérer difficile. J'avais un entretien pour un poste d'assistante dans un magazine de mode. D'accord, me direz vous, je n'avais pas vraiment l'allure d'une fille qui lisait les pages modes des journaux mais j'avais démissionné de mon poste - ennuyeux au possible - de consultante bancaire six mois plus tôt et je n'avais toujours rien trouvé. Comme mon rêve (très secret) était d'écrire, je me disais que c'était un bon début. Apparemment après un an en étant assistante de Miranda Priestly, on pouvait très vite se retrouver à un autre poste du magazine. D'autant que ça me ferait certainement un bon réseau pour démarrer. Je ne l'avais encore dit à personne, pas même à Jacob, il se serait surement moqué de moi. Je posais ma tasse vide et optait pour un pull bleu ciel assez innocent et un pantalon en toile bleu marine acheté aux puces. Je me coiffais rapidement et inspectait le résultat dans mon miroir. Ce n'était pas parfait, mais ça pouvait aller.

Ce n'est qu'en arrivant dans le hall de l'immeuble Elias Clark ou se trouvait la rédaction de Runway que je compris à quel point ça n'allait pas. Toutes les filles étaient immenses, rachitiques au possible, intensément belles, brushinguées au cheveu prêt et surtout, vêtues de vêtements de créateurs dont on devinait les prix exorbitants. Les garçons étaient grands, musclés, aussi beaux que les filles et aussi bien habillés. Tous affichaient cet air de décontraction naturel qui semblait crier au monde entier "je suis jeune, beau, riche, je bois, je baise, je fais la fête et ma vie est plus géniale que la tienne, pauvre mortel". Jamais même après la première fois que Millington m'avait crié "t'es moche !" sous le regard amusé de Tom, je ne m'étais sentie aussi laide. Je m'avançais timidement vers l'accueil sans que personne ne me prête la moindre attention. La fille de l'accueil était au téléphone et j'attendis patiemment qu'elle finisse sa conversation avec "Emmy" au sujet de "Brian".

- Hum, je viens pour l'annonce... euh pour le poste d'assistante, ils m'ont dit... Miranda Priestly, bafouillais-je sous le regard perçant de la secrétaire.

Elle me jaugea d'un air méprisant qui n'arrivait cependant pas à la patte de Millington. Pour une fois, j'étais fière de lui.

- Vous avez pris rendez-vous ?

- Oui, répondis-je.

-17e étage à gauche, récita t-elle ennuyée, comme si elle avait du répéter ce discours des centaines de fois. Vous demandez Emily à l'accueil et vous attendez qu'elle vienne vous chercher.

Apparemment c'était tout, puisqu'elle venait de rappeler Emmy.

Je me dirigeais à gauche de la tour vers des tourniquets surveillés distraitement par un vigile latino. Arrivée au 17e, je demandais Emily à la fille la plus maigre qu'il m'eut été donné de voir et attendis pendant qu'elle l'appelait de son téléphone High Tech. J'observais avec attention les allées et venues de ces "beautiful people" qui riaient et couraient dans leurs superbes fringues quand une voix me sorti de ma rêverie :

- Isabella Swan ?

Je relevais la tête. Devant moi se dressait une magnifique rousse d'environ mon âge. Elle avait des yeux bleus en amande, une bouche fine, un nez trop fin pour être honnête et un corps à faire pâlir d'envie toute fille qui se respecte.

- Bella, dis-je en me relevant et en lui tendant une main qu'elle ignora.

- Ici on ne se sert pas la main. Miranda ne doit jamais te voir faire ça. On s'embrasse sur les deux joues comme les français, dit-elle en joignant le geste à la parole.

Je me gardais de lui dire que je trouvais cela étrange. Elle me pria de la suivre et m'expliqua rapidement à quelle point j'avais de la chance que Miranda est accepté que j'ai un rendez-vous, à quel point Miranda était géniale, quelle visionnaire elle faisait... bla, bla, bla. Je faisais semblant d'écouter avec attention tout en regardant les bureaux très modernes devant lesquels on passait. Tout semblait tout droit sortir d'un magasin de meuble futuriste. Nous arrivâmes au bout du plateau ou deux bureaux se faisait face devant une immense pièce aux murs vitrés que je devinais être la pièce de travail de la "géniale visionnaire".

- Elle va arriver d'ici 5 minutes. Attends qu'elle t'appelle pour entrer dans son bureau. Tu sais déjà que ton boulot va juste consister en faire les tâches ingrates de Miranda ?

J'acquiesçais pendant qu'un vent de panique souffla autour de moi. La jeune fille affalée sur son siège à ma droite, les pieds hors de ses chaussures les renfila, se rassit convenablement et se remit du rouge à lèvres tandis que tout le monde criait : "elle arrive ! Elle arrive !". J'observais ce petit manège quelques secondes avant de me retourner vers Emily qui avait disparu derrière un placard ou elle s'appliquait précautionneusement de l'eye-liner. Elle se releva tandis que le silence venait sur le plateau. Plus personne ne bougeait, parlait, riait et je me rendis compte que j'avais arrêté de respirer. Une femme plus petite que moi de 5 bons centimètres se posta face à Emily. Elle avait un immense manteau de fourrure qui l'enveloppait totalement et des cheveux blonds décolorés coupés en carré et sertis par d'immenses lunettes d'où dépassait le signe très connu -pour preuve, je l'avais repéré - de Chanel. La femme posa négligemment son manteau sur ce qui allait être mon bureau si j'étais prise (ce que j'étais de moins en moins sûre de désirer). Les conversations reprenaient doucement et une agitation un peu plus contrôlée s'empara du plateau pendant que Miranda m'observait.

- Qui êtes vous ? demanda t-elle avec un accent de la plus pure aristocratie britannique.

- Hum, euh Bella Swan, je viens pour l'entretien, madame, bafouillais-je en la regardant. Quelque chose dans son regard m'était familier mais je n'arrivais pas à saisir quoi.

Elle retourna dans son bureau pendant qu'Emily me jetait un coup d'œil peu amène.

- Elle DETESTE qu'on l'appelle Madame. Miranda, c'est Miranda, ok ? me dit-elle comme si j'étais demeurée.

Je ne pris pas la peine de répondre. Le téléphone d'Emily venait de sonner. Elle marmonna un "bien" avant de me pousser devant la porte.

- C'est bon tu peux rentrer.

J'entrais discrètement. Miranda était assise devant son bureau et regardait par sa fenêtre. Je respirais bruyamment pour me donner du courage et m'avançait.

30 minutes plus tard, je ressortais de la pièce avec un air assez satisfait sur le visage. Etrangement, l'entretien s'était plutôt bien passé. Elle m'avait posé pas mal de questions auxquelles j'avais répondu franchement (ou pas quand elle m'avait demandé si je lisais son magasine). Pendant toute la durée de l'entretien elle m'avait regardé avec un air familier qui m'avait mise assez mal à l'aise. Emily était au téléphone, qu'elle raccrocha immédiatement dès que Miranda sorti de son bureau.

- Emily, je veux qu'elle commence demain. dit-elle.

- Bien Miranda, répondit l'intéressée, non sans surprise.

Je dois avouer que moi aussi, j'étais assez surprise. Miranda se retourna et je fixais ses yeux. Là, je compris enfin. Millington. Oh. Mon. Dieu. Cette femme avait le même regard méprisant et condescendant que mon affreux perroquet. Elle se retourna et s'engagea dans le couloir du haut de ses hauts talons Jimmy Choo. Dans quoi venais-je de m'engager ?

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