Très chers lecteurs,

Nous sommes lundi et c'est donc le jour de publication. J'étais réellement impatient de partager cette FF car elle est plus ou moins en chantier dans ma tête depuis le mois de Mars dernier ! L'écriture a poursuivi son cours cette semaine et je suis content de l'avancement. Il est certain que la bonne réception facilite largement le processus. Comme toujours merci à ma bêta qui fait un travail aussi rapide que remarquable de relecture et de conseils. Grand merci à la muse aussi sans qui cette FF n'existerait pas. Quelques remerciements adressés avant de vous laisser avec le personnage du jour.

Mistyarrow : Je te retrouve toi et tes commentaires avec beaucoup de plaisir. Cela m'a fait sourire d'ailleurs que tu sois la première à laisser une review. C'est en effet une FF plus sombre que la plupart de mes écrits néanmoins je reste moi donc cela ne sera pas forcément toujours le cas. La série soulève le parallèle entre Castle et Tyson et je me suis bien amusé à le renforcer car c'est effectivement une ligne intéressante. Pourtant au départ le personnage me faisait un peu peur car il est complexe et je n'étais pas certain d'avoir la carrure pour l'incarner à travers l'écrit. Je ne donnerai pas trop de détails sur mes plans car tu les découvriras au fur et à mesure. Pour ce qui est des personnages, j'essaie de jouer un peu avec l'éventail proposé par la série un peu comme nous l'avions fait avec Sarah dans "Sans laisser de traces". Donc j'espère que tu seras contente du rôle réservé à chacun.

caskett71 : Hello ! C'est avec plaisir que je vais essayer de relever les challenges de cette FF en essayant de répondre à ces questions et aux attentes tout en respectant au mieux les personnages de la série. Il ne faudra donc pas hésiter à faire des critiques. Elles sont constructives et permettent d'améliorer. En souhaitant que la suite te plaise également.

prolixius5 : Il fallait au moins dérouler le tapis rouge pour une si merveilleuse collaboration. Merci encore pour les corrections et suggestions.

AlwaysCaskett3012 : Hey ! Tes compliments me sont allés droit au cœur et c'est vraiment très gentil de dire tout cela. Comme toujours c'est la série qui m'inspire. L'épisode de Disciple a été vraiment un foyer d'inspiration et ensuite le titre du season finale m'a guidé vers une histoire plus sombre. Puis j'ai fait pas mal de recherches, ce qui je l'espère se verra dans les chapitres plus tard, pour tenter de vous présenter une histoire solide. J'admets que tromper Beckett est un sacré défi ! J'espère que la suite te conviendra et une nouvelle fois merci pour ton merveilleux message.

loelia2007 : Je n'ai pas beaucoup suivi les réactions suite au season premiere mais celle-ci est effectivement logique. Je vais justement utiliser un peu plus le personnage de Nieman donc j'espère que cela continuera à te plaire.

Quand le masque tombe

Chapitre 2 : Kelly Nieman

Depuis mes plus jeunes années ou du moins aussi loin que je pouvais remonter, j'avais toujours été fascinée par la perfection et sa quête. C'est tout logiquement que je m'étais tournée vers des études de médecine et m'étais spécialisée dans la chirurgie esthétique. Certes la perfection était un idéal vers lequel on ne pouvait que tendre sans jamais l'atteindre, mais je n'avais jamais accepté de me contenter de l'acceptable. L'être humain était perfectible et en matière esthétique la chirurgie du XXIème siècle offrait beaucoup de possibilités. A côté de mes activités de praticienne je me passionnais pour les recherches portant sur le clonage et en particulier le clonage humain même si celui-ci était prohibé par la loi. Néanmoins la science continuait d'avancer et les législations pouvaient évoluer. L'Histoire l'avait démontré à plusieurs reprises et il ne pourrait en être autrement pour cette possibilité qui ouvrait tant de portes.

C'est cette connivence qui m'avait rapprochée de Jerry Tyson à la fin de l'année 2013. Je donnais une conférence suite au premier clonage humain réussi mais également sur les progrès en matière de chirurgie plastique et esthétique et il m'avait posé de nombreuses questions se faisant passer à ce moment là pour un de mes confrères provenant d'un autre État. Ses interrogations toutes extrêmement pertinentes m'avaient conduite à aller boire un verre avec lui à l'issue de la conférence et puis nous étions allés dîner. J'étais aux anges car ravie de trouver une connexion si particulière avec quelqu'un sur un sujet qui faisait plus que débat socialement et éthiquement parlant.

Plus la soirée passait et plus je voyais en cet homme un visionnaire mais surtout un semblable avec qui je pouvais exprimer mes passions sans me cacher ou encore rougir. Lui aussi s'était largement étendu mais à travers ses questions un peu trop novices et précises je découvris qu'il n'était pas un plasticien issu du Texas et ne s'appelait pas Terry Jyson comme il s'était présenté quelques heures plus tôt.

Mais je n'en avais que cure, il avait trop piqué ma curiosité pour que j'en reste là. Et par ailleurs nous étions trop en symbiose pour que je ne m'attache à ce détail. Il me fascinait lui, pas le personnage qu'il avait créé pour m'approcher mais ce qu'il me laissait entrevoir. J'étais pourtant quelqu'un de très rationnel et pragmatique, mais il avait trouvé les clés pour faire tomber les barrières de ma raison.

Lorsque je le confrontai à ma découverte il se ferma subitement, tenta de couper court à notre échange et s'énerva même un peu. Sans doute redoutait-il que j'alerte des passants ou carrément les autorités de sa supercherie. Mais il n'en fut rien et lorsqu'il comprit qu'il n'avait rien à craindre de moi il retrouva son calme et nous poursuivîmes notre discussion. Si la colère chez les hommes m'avait parfois fait peur, la sienne m'excita d'une étrange façon. Qui était donc cet homme? Et comment était-il capable de produire tout cela chez moi? La soirée se prolongea et je continuai à nous trouver d'innombrables points communs.

Il se dévoila peu à peu jusqu'à m'avouer sa véritable identité. C'était une célébrité dans son domaine et tout aussi étrange que cela puisse paraître son statut de tueur en série ne m'inquiéta pas. Je voyais en lui un alter égo qui dans son art était en quête de perfection. Et je ne pus que me reconnaître dans de tels traits. Il ne mit pas longtemps à me convaincre de participer à un de ses projets où je pourrais exercer mon art, me défiant de réaliser des clones physiques de deux personnes. Au départ il ne m'expliqua pas réellement ses motivations mais nos contacts se firent plus réguliers. Il s'ouvrit progressivement jusqu'à former le partenariat qui était le nôtre aujourd'hui.

Au fil des mois je m'étais rendue compte que j'étais tombée amoureuse de lui, de son génie, de sa folie, de l'attention qu'il portait à planifier tous ses actes. Mais je savais que cela resterait une relation à sens unique. Il avait été franc, m'avouant qu'il ne pourrait jamais tomber amoureux d'une femme, et encore moins être engagé dans une telle relation. Cela ne m'empêcha pas de l'admirer, de collaborer avec lui et d'avoir avec lui des relations physiques quand nous en éprouvions le besoin.

Depuis ma rencontre avec lui, ma vie avait pris un tout autre sens. Bien sûr il y avait mon activité professionnelle que j'exerçais dans un cabinet, mais le travail que je devais accomplir pour Jerry était nettement plus intéressant. Ce n'était pas juste refaire le nez d'une énième actrice, ou encore une plastie mammaire. Non, il me demandait de l'art, celui de réaliser des sosies. Pour son plan il fallait que l'illusion soit parfaite. J'aimais ce niveau d'exigence qu'il demandait et cela me convenait car je n'avais jamais su me contenter de la médiocrité.

L'exigence de Jerry m'amena à repousser les limites de mon art et de la quête de la perfection. Et ce challenge me stimulait au plus haut point. La première étape avait été de réaliser les sosies plastiques de deux connaissances de l'écrivain Ricard Castle et de la détective Kate Beckett. Mais ces doubles n'avaient été utilisés que pour des opérations sans trop de danger et ensuite, Jerry les avait éliminés. Cependant cette fois-ci, Thibault serait en contact direct avec Kate Beckett et il devrait faire une illusion parfaite aussi bien physique que comportementale. Cette jeune femme étant brillante, cela rendait le défi encore plus important. Mais c'est en se fixant des objectifs élevés que l'on était capable de se surpasser. J'observais Thibault s'entraîner et il s'approcha chaque jour un peu plus de Richard Castle. Soudain j'entendis la porte de l'appartement s'ouvrir et se refermer et Jerry arriver. Il tenait à sa main l'édition du jour du journal et il me le tendit déjà ouvert à une page particulière. Je me doutais un peu de ce dont il s'agissait mais en parcourant rapidement les colonnes j'en eus la confirmation. L'article titrait : "Le romancier Richard Castle et le lieutenant de la police de New-York Katherine Beckett se marieront le 12 mai prochain".

Notre opération prenait une tournure plus concrète, nous avions à présent une date butoir, ce qui changeait toujours beaucoup de choses. J'allais entrer en scène et opérer Thibault de façon à l'échanger avec Castle juste avant le mariage. J'étais ravie et il en était de même pour lui qui attendait patiemment l'annonce en planifiant dans les moindres détails son plan. Je ne fus pas étonnée que Jerry me dise :

- Ce soir nous célébrons cette bonne nouvelle : je vais commander un repas et demain ça sera le début d'une nouvelle étape.

Même si nous n'allions pas sortir pour ce dîner de célébration, je m'apprêtai néanmoins, très euphorique autant de la soirée qui s'annonçait que des jours et semaines à venir. Le dîner fut un régal et je me retrouvai en tête à tête avec Jerry. Il m'apporta mon verre de vin qu'il avait pris soin de remplir et nous trinquâmes à notre projet. Il n'était pas du genre à mettre la charrue avant les bœufs, mais cette annonce amenait du concret à notre entreprise et même si dès demain nous allions nous remettre au travail, une petite trêve festive était la bienvenue. Souriant dans son verre il me dit :

- Alors tu te sens à la hauteur pour démarrer la transformation physique de Thibault?

- Oui je suis prête et je crois que mes dernières réalisations étaient plutôt des réussites.

- Il est vrai que leur réalisme était surprenant. Je peux t'assurer que ce détective hispanique et la légiste ont dû en faire des mauvais rêves pendant plusieurs jours.

J'appréciai ce compliment car sans en être avare, il n'en délivrait que rarement. Le scrutant je lui demandai :

- Comment comptes-tu procéder pour l'enlèvement?

- Ma chère je vais me servir de ces merveilleuses traditions qui éloignent le futur marié de sa promise pendant de nombreuses heures le jour du mariage. Nous procéderons au remplacement lorsqu'il ira chercher son smoking pour la cérémonie, dit-il en souriant;

- Et quels sont tes projets après pour Castle? Le tuer?

- Tout dépendra de lui en réalité.

Quelque peu étonnée je l'interrogeai :

- Qu'entends-tu par là Jerry?

- Et bien je pense que Castle en dépit de tout le mal qu'il se donne n'est guère différent de moi. Désespéré de voir son âme sœur mariée à son clone, j'espère le convaincre de rejoindre mon clan. Il sera mon œuvre la plus magistrale, mon disciple le plus parfait.

Pendant ses propos je vis que ses yeux brillaient et qu'il était presque en état de transe en pensant à cette éventuelle collaboration. Cependant s'il exaltait, de mon côté ma gorge se resserrait. Qu'allais-je devenir s'il réussissait à convertir l'écrivain? N'étais-je au final qu'un pion accessoire dans l'échiquier de Jerry? Néanmoins je noyais mes doutes dans une nouvelle gorgée de vin. Je n'allais pas gâcher cette soirée qui s'annonçait si prometteuse pour cela. Et c'était à moi de faire en sorte de mériter Jerry, Castle disciple ou pas. Dans la vie il ne fallait pas se contenter de ramasser les fleurs qui étaient à nos pieds. Si l'on voulait des fleurs rares il fallait se démener davantage.

Dès le lendemain je commençais la transformation physique de Thibault, les opérations durant plusieurs heures. A chaque fois il fallait être méticuleux et surveiller. Nous ne pouvions pas prendre le risque de perdre notre patient. Aux opérations succédaient de nombreux soins et traitements. Je lui appliquai des crèmes cicatrisantes pour accélérer la guérison de la peau. Il s'entraîna intensément durant sa convalescence mais il se fatiguait plus vite aussi, c'est pourquoi je le mettai sous vitamines.

Dix jours après les dernières opérations, je retirais définitivement les bandages et conviai Jerry à la découverte. Il n'avait pas souhaité rendre visite à Thibault plus tôt, redoutant sans doute un échec. Mais lorsqu'il entra dans la pièce, voyant le résultat, il se figea et arbora un grand sourire :

- C'est un chef d'œuvre, Kelly.

Thibault, qui ne s'était pas encore vu lui non plus, nous demanda un miroir et nous l'accompagnâmes dans la salle de bain où il put s'observer. Lui non plus n'en revenait pas de la transformation. Ce soir là, nous commandâmes une pizza et Thibault fut chargé de réceptionner le livreur. Vraisemblablement les opérations avaient fonctionné car le jeune homme lui demanda un autographe pour sa petite amie qui était fan de Richard Castle. Nous étions donc prêts pour la suite du plan et les jours restants avant la cérémonie allaient nous permettre de répéter les moindres détails jusqu'à ce que chacun de nous connaisse sa partition sur le bout des doigts.