Véritable toi
Chapitre 2 : Toi
« Non, Gojyo… » Murmura une énième fois Hakkai, posant bien à plat ses deux mains sur les épaules du métis pour mieux le repousser.
Ce dernier ne se laissa pas faire et se dégagea, se pencha de nouveau vers son ami.
« Je veux savoir, Hakkai. Je me vante de te connaître le mieux d'entre tous, mais ce n'est pas vrai. Pas tout à fait vrai. Je veux te voir toi pour te connaître réellement. »
Le brun frissonna.
Il planta ses deux émeraudes dans les deux rubis de Gojyo avant de murmurer en un souffle : « Non. »
Le souffle aurait pu expirer sur les lèvres entrouvertes, mais il n'en fut rien.
Gojyo captura ce souffle.
Hakkai resta saisi.
Ses doigts se crispèrent convulsivement sur les épaules de l'autre homme mais sans le repousser.
Lorsque leurs lèvres se séparèrent, Gojyo eut un sourire avant de murmurer contre la bouche de son ami (ou un peu plus que ça à présent…) : « Laisse-moi te voir. »
Et disant ceci, sa main glissa jusqu'à l'oreille droite du brun, effleurant les trois anneaux glacés.
Hakkai frissonna encore plus brusquement que précédemment.
« Pourquoi ?
-Hakkai… »
Cette supplication transperça l'interpellé qui poussa un très léger gémissement.
Il ne savait plus que faire.
Les doigts de Gojyo se refermèrent sur le premier anneau.
Non, décidément, Hakkai ne pouvait pas le laisser faire ça.
Il lança ses bras autour du cou du tabou pour l'attirer dans un long baiser passionné, peut-être un peu faux, désireux de détourner l'attention du Don Juan.
Celui-ci se laissa faire, participant même, mais il ne lâcha pas l'oreille de l'ex-professeur.
Il attrapa le poignet du demi-yôkai pour essayer de lui faire lâcher prise.
Les doigts de Gojyo se resserrèrent un peu plus.
Et avant même qu'Hakkai réalise ce qu'il était en train de se passer, le premier anneau tomba sur le couvre-lit.
Puis le deuxième.
Puis le troisième.
Les yeux d'Hakkai s'agrandirent soudainement, et, mouvement de réflexe, projeta ses mains griffues devant son visage.
Gojyo le fixa, ou du moins fixa l'arrière des deux paumes posées à plat sur l'objet de sa curiosité.
Il y eut un temps où l'on entendait juste la respiration sifflante et précipitée du brun.
« Hakkai… »
Doucement, délicatement, gentiment, Gojyo saisit les poignets (Etait-ce un effet de son imagination ou bien étaient-ils réellement plus diaphanes que lorsque le brun était humain ?) et tenta d'écarter les mains.
« Non ! Gojyo…S'il te plait… »
Sans répondre, le métis forcit un peu plus le geste.
« Gojyo… »
Encore un peu plus fort…
« Gojyo… ! »
Les mains s'écartaient lentement mais sûrement.
Et finalement, le tabou réussit à plaquer les deux bras de son ami au matelas.
Hakkai détourna promptement la tête, geste inutile, mais avec ces paroles qui déchirèrent presque le cœur du métis : « NE ME REGARDE PAS ! »
Un silence.
La respiration du monstre était de plus en plus haletante. Gojyo regarda son profil, les cheveux avaient glissé le long de la joue, dissimulant partiellement les traits.
Précautionneusement, le métis décolla ses doigts du poignet droit de son vis-à-vis, un par un, prêt à parer si jamais l'homme tentait de l'attaquer (Il ne savait pas s'il devenait aussi violent et incontrôlable de Gokû.)
Pas de réaction.
Lentement, Gojyo tendit la main, effleura du bout des doigts les lèvres entrouvertes du brun.
Les doigts remontèrent, écartèrent les cheveux foncés.
Des feuilles.
De longues colonnes de feuilles identiques, bien rangées et ordonnées, le tout serpentant avec une sorte de paresse, tel un reptile bien repu, sur la peau de porcelaine d'Hakkai.
Celui-ci gardait obstinément la tête détournée, fixant de ses iris fendus d'une pupille rétractée le panneau de bois du côté de la table de nuit.
Il sentit une main se glisser sous son menton, le forcer à redresser la tête. Il tenta de résister, mais l'entêtement de Gojyo semblait lui donner de la force.
Il se sentit faiblir et ses yeux rejoignirent ceux de son compagnon.
Un long silence s'installa.
Gojyo le fixait, ses yeux de braises glissant le long des colonnades feuillues, remontant vers les cheveux, plus long dans la nuque et achevant sur les yeux verts aux pupilles fendues.
Un sourire naquit sur les lèvres serrées du tabou.
Hakkai tenta de détourner la tête de nouveau, mais il était bien tenu par le menton.
« C'est toi. »
Hakkai tressaillit.
Non, ce n'était pas lui. Pas vraiment. Il ne le voulait pas.
Il gigota sous échapper à l'emprise du jeune homme aux cheveux rouges qui resserra sa poigne.
« Non, Gojyo. Je ne veux pas.
-Pourtant…C'est bien toi.
-Non. Gojyo, c'est Gono.
-…
-Tu préfères Hakkai ou Gono ? » Le tabou relâcha le menton de son vis-à-vis et se pencha en avant, jusqu'à effleurer de sa bouche celle du monstre.
« C'est vrai, je préfère Hakkai. Mais ça…Ce n'est pas Gono. C'est l'autre Hakkai. La facette qui te complète et qui montre le vrai toi.
-« Ça »…
-Oui.
-Tu es content de l'avoir vu ?
-Oui. »
Les bouches se touchèrent, se pressèrent l'une contre l'autre.
« Je t'ai vu. »
Hakkai ferma les yeux, comme si cela allait faire disparaître sa forme de monstre. Il tâtonna le matelas afin de retrouver ses contrôleurs, mais la main du tabou l'en empêcha, tandis que sa tête se posait sur sa poitrine.
« Non. Reste un peu comme ça.
-Hein ?
-S'il te plait. »
Le brun se tut et relâcha les anneaux qui glissèrent du lit et tombèrent au sol dans un tintement métallique et glacé.
Gojyo soupira d'aise, les cheveux dispersés en arabesques cramoisies sur le tee-shirt blanc de l'ancien humain.
« Gojyo…
-Mmh ?
-Est-ce que…
-…
-Est-ce que…Tu pourrais me dire pourquoi as-tu voulu tout ça ? Je veux dire, réellement ? »
Le tabou tira une cigarette de son paquet, l'alluma en regardant la main tatouée de feuilles et aux ongles griffus posée près de sa tête.
Il souffla quelques ronds avant de répondre : « Peut-être parce que je suis tombé amoureux de toi. »
Un rire ténu lui répondit.
« Tu peux rigoler, toi…C'est étrange comme sentiment…Et grisant aussi. Mais surtout, je voulais tout savoir de toi. Tout sur tout. Des apparences les plus générales aux détails…Les plus intimes. »
Il avait dit ces trois derniers mots en relevant la tête afin de croiser le regard de son compagnon, mais celui-ci avait toujours les yeux fermés.
Seul un tic nerveux au coin de sa bouche témoignait qu'il était troublé par la phrase de son ami.
« C'est drôle…
-Mh ?
-Tu ne perds pas le contrôle de toi-même quand tu es en monstre.
-Parce que je suis calme, actuellement. Mais généralement, oui, je sais me contenir un minimum…
-Pas comme le crétin de singe.
-Ha ha… »
Le demi-yôkai enfonça de nouveau son visage dans le tissu du vêtement du brun avec un soupir de bien-être.
Il y eu un silence.
Ce que ne savait pas Gojyo, c'était l'effort immense qu'Hakkai fournissait pour rester calme et immobile. Il savait que s'il bougeait ou s'excitait de trop, il pouvait devenir dangereux.
Oui, il avait encore de la volonté sous cette forme, mais c'était avec difficulté qu'il retenait ses pulsions meurtrières.
Il avait hâte de récupérer ses contrôleurs et redevenir le Hakkai souriant, le Hakkai et ses « Maa maa » quotidiens, le Hakkai vide, le Hakkai au regard empoisonné de remord.
Mais Gojyo ne semblait pas cet avis.
Ou du moins, c'est ce qu'on pouvait deviner à sa main qui se glissa prestement sous le tee-shirt du brun.
Celui-ci tressaillit et agrippa le poignet de son compagnon.
Là, il ne pouvait pas laisser dégénérer la situation.
Pas comme ça.
Pas sous cette forme.
Gojyo leva la tête, lui lançant un regard qui lui disait : « Ne me retiens pas. »
Hakkai serra un peu plus le poignet. S'il continuait comme ça, il allait le lui briser.
« Non, Gojyo.
-Pourquoi ?
-Pas comme ça. Pas comme ça.
-Justement.
-Justement quoi ?
-Je te veux entièrement. Alors laisse-moi te prendre entièrement.
-Tu peux m'avoir entièrement. Mais laisse-moi remettre mes anneaux.
-Non. Ce n'est pas entièrement.
-Gojyo… » L'autre main du monstre alla se crisper dans le dos du métis.
« Je veux bien me donner à toi. Mais, s'il te plait, pas sous cette forme.
-Pourquoi ?
-Je ne veux pas.
-Ce n'est pas une réponse valable, ça. » Reprocha le demi-sang avec un air dubitatif, se soulevant à demi sur les coudes.
« Ça m'est égal. Pas comme ça. » Répéta le brun en serrant de nouveau sa poigne.
Gojyo le fixa, puis se redressa brusquement, embrassant avec ferveur son ami.
Celui-ci ne bougea pas.
S'il se laissait faire, il allait peut-être…
« Je pourrais te tuer, Gojyo. Je ne veux pas ça. Surtout pas.
-Mourir en te faisant l'amour serait une mort sublime…
-Gojyo !
-Ha ha ha… »
La main du métis alla se glisser dans la chevelure brune de son compagnon.
« Hakkai…
-Non. Gojyo. Non. »
À suivre…
Je sais, c'est une fin de chapitre assez bizarre. Mais je voulais séparer le lemon du reste. AAH, mais calmez-vous bon sang ! Cessez de sauter dans tous les coins ! Oui, il y aura un lemon ! Calmez-vous ! D'ailleurs, je préfère vous avertir immédiatement : il sera un peu spécial…Hum…Enfin, comment m'expliquer sans vous dévoiler…
Et bien je ne vous explique pas /Tire la langue/
Bien, maintenant, commence un loooongue note de chapitre (je sais, ça vous fait ch).
J'ai dit que Hakkai en monstre avait les yeux verts, mais à vrai dire, lors du visionnage d'une amv italienne sur Youtube, j'ai vu (furtivement, certes) des scans de reload, au moment où Hakkai retire pour la seconde fois ses contrôleurs (je sais que cette fois ci, Gojyo est présent, c'est pourquoi dans ma fic, je me suis basée sur l'anime.) et là…Un plan : on voit ses yeux en gros (KYAAAAAAH !) et apparemment, il les a vairons : un œil humain et un œil de monstre. Mais je n'en suis pas sûre…Que celles ou ceux qui ont lu les scans me renseignent !
Un autre point a attiré mon attention : à ce que j'ai pu comprendre, Hakkai est blessé et Gojyo nous fait une véritable scène, hurle, et Hakkai se contente de lui répondre, allongé sur le sol, un léger sourire aux lèvres (GRAAAAH, HAKKAI, ARRÊTE DE SOURIRE COMME CA !)
Muah ha ha, preuve évidente de leur relation…Les scans étant en italien, et ne faisant pas italien, je n'ai pas pu lire. 'faudrait que je la retrouve, cette amv, pour essayer quand même de voir un peu mieux…(Maintenant, quitte à la retrouver…)
Autre point que je tiens à éclaircir : nous sommes relativement mal renseignés sur l'état d'Hakkai lorsqu'il en est en monstre (Et ceux qui lisent les scans, SILENCE ! J'vous hais…/Ne trouve pas de scans en français ou anglais…Ni aucun, en fait, d'ailleurs…/) mais je pense (ou du moins j'ose penser) qu'il est beaucoup plus…Beaucoup moins…Enfin, bref, il n'est pas comme Gokû.
Mais avec de petites pulsions tout de même (Je cite : « Si tu reste à côté de moi…Je risque de te tuer. » Hakkai to Gokû, vol 7)
Bon, rassurez-vous, j'arrête de blablater pour rien. Place à la suite, et aux reviews !
