Me revoilà avec le premier chapitre qui reprend le début. Un peu plus long que le prologue. Promis au prochain on plonge en plein dans le passé tumultueux d'Allemagne et ses länders.

Merci à ceux qui sont encore là après le premier chapitre. Un peu d'humour dans ce chapitre sinon l'ambiance est trop lourde. N'hésitez pas à donner votre avis sur la fiction et si vous avez une idée de ce que prépare Brandebourg. Bonne lecture.

Tout a commencé après une discussion avec Autriche. Un de ces fameux soirs de cafard.
J'avais fui la résidence d'Allemagne à Berlin dans laquelle les insomnies communes étaient légions à cette époque de l'année. Je ne souhaitais pas que cet idiot s'inquiète pour moi.
Il avait déjà suffisamment à faire avec son boulot et ses propres problèmes.
Je m'étais réfugiée à Vienne. J'aime l'atmosphère de cette ville, par endroit semblable à ma belle Berlin. J'étais venue en touriste et résidait dans un quartier éloigné de la maison d'Autriche.
Nos rapports, s'ils sont cordiaux, restent froids et ce malgré la disparition de la Prusse ; autrefois ennemi de l'Autriche, à laquelle je fus fusionnée et qui fut pendant tant d'années la raison de nos querelles.

Un jour, alors que je déambulais dans les rues de la capitale autrichienne, j'entendis un air de piano et n'ayant rien d'autre à faire le suivi.
Il prenait sa source d'une fenêtre ouverte.
Je devais avoir bu pas mal, parce que dès que le pianiste cessa de jouer, je me mis à pleurer.

Mes sanglots étaient si fort que le pianiste vint à la fenêtre. Il fut aussi surpris que moi.
"- Brandebourg?! Que fais-tu ici ?
- Autriche?!" Dis-je surprise en sanglotant

Je devais vraiment avoir abusé de la bière pour ne pas m'être rendue compte que je me tenais devant la somptueuse demeure d'Autriche.

C'est comme ça que l'on s'est retrouvés devant deux tasses de tisane fumante dans son luxueux salon à quatre heures du matin.
Roderich me regardait attendant clairement une explication. Tandis que je m'appliquais à utiliser tous les mouchoirs de la maison.

"- Désolée.

Ok... Ça commence bien.
"- Le morceau que tu as joué tout à l'heure était magnifique. Est-ce toi qui l'a composé ?
- Oui."
Je me tortille sur le canapé mal à l'aise. Non seulement il m'a vu pleurer mais en plus il refuse de me parler.
"-Bon et bien, je vais partir. Encore désolée de t'avoir dérangé aussi tard. À bientôt peut-être. Dis-je en commençant à partir.
- Brandebourg, attend.
- Oui, qui a-t-il Autriche?
- Tu n'as pas fini ta tisane."
Sérieusement ?
"- Bon écoute Roderich, si tu veux me dire un truc vas-y parce que là, on n'est pas sortis de l'auberge ! Lui répondit-je passablement irritée.
- Comme tu voudras. Pourquoi pleurais-tu?
- Ce ne sont pas tes affaires!
- Tu voulais jouer franc jeu, très bien. Alors voilà, je ne te laisserai pas repartir avant d'être sûr que tu vas bien.
- Je vais bien!
- Non tu ne vas pas bien! Je sais bien que tu es trop fière pour pleurer en public alors devant moi...
- Ta musique m'a émue c'est tout.
- Brandebourg, tu as utilisée trois boîtes de mouchoirs... Me répond-il sceptique."
Il n'a pas tort ça n'est pas crédible...
"- Je n'ai pas besoin que tu t'inquiètes pour moi! Je vais bien je te le jure.
- Tu es venue ici pour fuir Allemagne, n'est-ce pas? Je comprends que tu ne veuilles pas l'inquiéter mais c'est juste le pire moyen. On a tous nos hauts et nos bas. Il faut que nos émotions ressortent un jour ou l'autre peu importe la forme. La musique que tu as entendue tout à l'heure, je l'ai composé un jour de défaite. Quand l'Allemagne est revenue à la Prusse et que l'Autriche a été chassée de l'Empire. Prusse avait incendié Vienne. "Il marqua une pause" Si tu ne veux pas en parler, écris. Sous la forme que tu veux. Des mots ou bien des notes. Décharge-toi de ton ressentiment d'alors, sur du papier avant de te perdre dans ton passé. N'oublie pas que tu as changé. "

Des gouttes sournoises s'échappent de mes yeux sans mon accord. Foutu alcool de merde, plus jamais je ne boirais ! (On dit tous ça...)

Après ça Autriche a patiemment attendu que mes larmes daignent s'arrêter. Pour qu'on puisse finir la tisane... (et comme elle était froide, en bon psychorigide qu'il est, Autriche a été la réchauffer. Il atteint presque le niveau d'Angleterre, là... Ça peut se boire froid aussi, la tisane.)

Finalement, il a passé la nuit à me jouer du piano. C'est vrai qu'on n'a rien à se dire. On aurait pu parler musique, valse et poésie mais je pense que je n'étais pas en état. J'ai donc appris qu'Autriche est très observateur et même s'il est doué pour parler, il ne sait pas quoi faire quand quelqu'un pleure.

Ce jour-là, les paroles d'Autriche étaient probablement ce que j'avais besoin d'entendre.
Lentement, l'idée a fait son chemin jusqu'au fameux jour de commémoration.