Hey ! Ci-dessous, le deuxième chapitre de ma fic, j'espère qu'il vous plaira. Merci pour vos reviews sur le prologue, elles m'ont vraiment fait super plaisir ! Bonne lecture !
C.
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Disclaimer : comme toujours, seule l'histoire est à moi, l'univers et les personnages appartiennent à la très grande JKR.
RAR (en l'occurrence, à l'unique review anonyme, Guest) : ta review ne s'est pas affichée sur le site, je crois, mais je l'ai reçue sur ma boîte mail. Voici la suite tant attendue, merci beaucoup pour ton petit mot.
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Premier trimestre
2 septembre 1998
La nuit était tombée depuis de nombreuses heures sur le collège de sorcellerie Poudlard et le silence apporté par le sommeil avait envahi l'entièreté du château… à l'exception d'une pièce. Au sommet d'une tour, dans un dortoir Gryffondor réservé aux filles de dernière année, sept adolescentes faisaient la fête.
Étaient réunies là : Hermione Granger, héroïne de guerre reconnue, et deux camarades de son âge, Lavande Brown et Parvati Patil. Avec elles trainaient quatre autres filles, également en septième année, mais plus jeunes d'une année environ. Parmi le quatuor, celle qui avait insisté pour que la fête se poursuive bien après que les autres Gryffondor soient allés se coucher, la petite-amie du célèbre Survivant, Ginny Weasley. Ses trois camarades se nommaient Lou Pimplebottom, Eléa McOvalds et Coleen Douglas. Ces sept élèves étaient tout ce qui restait en effectifs féminins des promotions 91-92. Et bien que cela les ait fortement attristées, en ce moment, elles n'y pensaient pas. Elles se contentaient de sauter sur les lits à baldaquins, chanter comme des casseroles les chansons diffusées dans la pièce et danser abominablement sur celles-ci. Elles ne se privaient pas non plus de sucreries ni de boissons.
De sorte que lorsque Ginny Weasley décida de sortir son cadeau de rentrée, elles étaient toutes saoules, la rousse comprise. C'est donc en tanguant qu'elle récupéra une demi-douzaine de fioles pleines d'un épais liquide rose pâle. Fioles qu'elle manqua casser à trois reprises, alors qu'elle s'éloignait de sa valise pour grimper sur son lit, moins d'un mètre plus loin. Elle finit par se dresser sur ce dernier, ses fioles aussi entières qu'elle, miraculeusement.
— Mes chères, lança-t-elle.
Mais sa voix se perdit dans le vacarme régnant dans la chambre. Elle fusilla du regard ses amies, mais rien ne changea. Hermione et Lou, les plus raisonnables du groupe, continuèrent à discuter sur le lit de la première. Lavande et Coleen poursuivirent leur valse sans prendre garde à la multitude d'objets en tout genre qu'elles renversaient sur leur passage. Quant à Parvati et Eléa, elles pouffaient toujours en se goinfrant de friandises. Alors, la rouquine tira de nulle part sa baguette magique et l'utilisa afin d'éteindre la musique. Les six autres interrompirent leurs activités antérieures pour tourner leur regard réprobateur vers leur amie et Ginny en profita pour reprendre la parole.
— Mes chères, commença-t-elle.
Puis elle fit une pause de plusieurs secondes, car elle se souvenait vaguement avoir répété un discours, mais qu'elle ne parvenait plus à se rappeler de son contenu.
— Nous sommes grandes, lâcha-t-elle finalement, décidant d'y aller en improvisation totale. Et vu que nous sommes grandes, nous avons des activités de grandes.
Nouvelle pause, dramatique cette fois-ci.
— C'est pourquoi, j'ai apporté… ceci !
Elle brandit alors les fioles aussi haut qu'elle le pouvait. Le silence perdura plusieurs secondes, avant qu'Hermione finisse par lâcher :
— Qu'est-ce que c'est ?
— Une potion de grossesse, répondit Lou, qui, même saoule, était une de ces filles qui savent tout sur tout, ce qui agace tout le monde. Tu ajoutes le nom de ton amoureux dans une fiole, tu l'avales et ton ventre grossit en mode accéléré comme si tu étais enceinte de ce garçon. Après, il se dégonfle.
Les autres la dévisagèrent, les yeux ronds, avant de se tourner vers Ginny. Celle-ci vacilla sur son lit une seconde, un petit sourire fier aux lèvres.
— Nous avons tous quelqu'un, alors allons-y ! lança-t-elle en voyant que personne ne bougeait.
Elle quitta son perchoir pour donner une fiole à chacune de ses camarades. Après quoi, elle sortit d'une poche de sa robe une feuille de parchemin et une plume à encre éternelle. Elle déchira sept bouts de papier, les distribua, puis s'empressa d'appuyer son propre billet sur une commode afin de pouvoir noter « Harry Potter » dessus. Elle passa alors la plume à Eléa, qui la donna ensuite à une autre et tandis que l'instrument faisait le tour du petit groupe, celles qui avaient déjà inscrit un nom jouaient les curieuses. Elles étiraient le cou pour voir ce qu'il y avait sur celui des autres, pouffaient bêtement en voyant un prénom, qu'il soit connu ou pas, que la relation soit officielle ou les sentiments à sens unique. Bientôt, six avaient marqué le nom d'un garçon sur leur bout de papier et elles observaient Hermione qui hésitait, la main tremblante au-dessus de son parchemin. Les autres remarquèrent rapidement son indécision et, aussitôt, se mirent à l'encourager bruyamment.
— Allez, Hermione ! Allez, Hermione !
Mais la brune ne bougeait pas, se contentant de lancer un regard désespéré à son amie rousse. De ceux qu'on adresse à ceux qui connaissent tous nos secrets. Or Ginny, que l'alcool rendait visiblement amnésique, se contenta de lui renvoyer un sourire niais. Et les encouragements ne cessaient pas.
— Allez, Hermione ! Allez, Hermione !
La jeune fille grimaça, soupira, puis gribouilla deux mots sur son billet que les autres ne parvinrent à lire. Elle posa la plume, sa main dissimulant le nom inscrit sur le parchemin. Après quoi elle s'empressa d'ouvrir sa fiole afin d'y glisser le bout de papier. Deux secondes plus tard, la fiole était rebouchée et le billet avalé par le liquide.
— Qu'est-ce que je fais, maintenant ?
— Tu secoues jusqu'à ce qu'il y ait des bulles. Et tu avales, expliqua Lou, qui appliquait elle-même ses conseils.
Les autres firent de même et quelques secondes plus tard, les sept fioles bouillonnaient. Les adolescentes se toisèrent mutuellement, en attente de la première qui se lancerait. Étonnamment, ce fut Hermione qui, la première, rouvrit sa fiole et en avala le contenu, d'un coup. Comme si, l'instant d'appréhension passé, elle ne souhaitait qu'une chose : voir le résultat du breuvage magique. Ses amies l'observèrent faire, les yeux écarquillés, avant de l'imiter, l'une après l'autre.
Ginny se laissa tomber sans cérémonie sur son lit, où elle fut vite rejointe par Lou. Parvati et Lavande s'installèrent sur celui d'à côté. Coleen et Eléa s'assirent à même le sol. Hermione, que la potion semblait avoir dégrisée, décida que la fête atteignait son terme. Elle attrapa sa baguette magique et l'agita. Tout objet en lien avec la soirée s'envola les déchets se laissèrent tomber dans un grand sac poubelle, les bouteilles pleines et les sucreries intactes regagnèrent leur place d'origine, qui dans les cuisines du château, qui dans la valise d'une élève. Elle nettoya ensuite toutes traces restantes des festivités et annonça à ses camarades gloussantes qu'elle allait prendre une douche.
Lorsqu'elle entra dans la salle de bain, douze minutes s'étaient écoulées depuis l'absorption de la potion. Elle se déshabilla rapidement et, juste avant de se glisser sous la douche, s'arrêta devant le miroir. Elle se tourna et se retourna devant la glace : rien. Était-ce normal, ou la potion n'avait-elle pas fonctionné ? Elle aurait dû demander à Lou en combien de temps elle faisait effet. Soudain, son visage se tordit en une grimace d'horreur : et si cela mettait des heures à disparaître ? Comment expliquer à ses professeurs, le lendemain, pourquoi elle avait un ventre de femme enceinte ? Elle n'aurait pas dû prendre cette potion. Elle aurait dû tenir un peu plus tête à Ginny, et refuser.
Elle secoua vivement la tête : à présent, c'était fait. Elle ne pouvait plus revenir en arrière. Autant prendre une bonne douche, se détendre et repenser à tout ça le matin suivant, si le problème se posait. Elle hocha la tête, convaincue, et se glissa sans plus attendre dans la cabine de douche.
Elle resta vingt minutes sous le jet d'eau chaude, tantôt debout, tantôt assise, mais toujours les yeux clos. Elle n'en sortit d'ailleurs que lorsque, passant furtivement sa main sur son ventre, elle sentit celui-ci plus rond que d'habitude. Une minute plus tard, elle s'observait dans le miroir, dégoulinante de la tête aux pieds, les mains posées sur un ventre rond. Elle resta plusieurs minutes à le détailler, avec l'impression de le voir grossir sous ses yeux ce qui était le cas, au vu de la croissance accélérée. Elle se serait crue dans Twilight, si ce ventre avait été plus qu'une simple illusion créée par magie.
Elle passa à nouveau une main sur son ventre, un sourire distrait aux lèvres. Elle se trouvait belle, comme ça.
Son sourire disparut. Elle n'était pas enceinte, et c'était normal. C'était bien.
Elle frotta son corps aux trois-quarts sec avec sa serviette, enfila sa tenue de nuit – d'ordinaire ample, elle était ce soir-là pratiquement moulante au niveau du ventre. Enfin, elle quitta la salle de bain pour découvrir ses amies assises par terre, chuchotant et gloussant, passant leurs mains sur le ventre les unes des autres. Lorsqu'elle se joignit à elles, elle reçut les compliments du groupe.
— La grossesse te va trop bien.
— A toi aussi, Lavande.
La brunette accepta le compliment avec un grand sourire fier. Hermione ne put s'empêcher de penser que si elle continuait ainsi, le ventre de la jeune fille s'arrondirait bientôt tout à fait naturellement. Bien entendu, elle garda cette remarque pour elle, préférant se tourner vers la future prochaine occupante de la salle de bain.
— Combien de temps on reste dans cet état, Lou ?
La jeune fille plissa les paupières pour mieux réfléchir.
— Dans moins de trois heures, tout devrait être revenu à la normale.
Hermione la remercia d'un sourire et l'adolescente ferma la porte de la salle d'eau.
Elles se couchèrent une heure plus tard, après que toutes furent passées à la salle de bain, que ce soit pour se doucher avant le coucher ou pour vomir les bouteilles d'alcool ingurgitées tout au long de la soirée. Au grand soulagement d'Hermione – et au grand agacement des six autres – leur ventre avait déjà atteint leur taille maximale, et bien dégrossi. Malgré tout, il était encore assez rebondi pour gêner la brune, qui se retourna longtemps dans son lit avant de s'endormir.
Mais comment faisaient les femmes enceintes ?
CcC
L'aventure fut vite oubliée. Le matin suivant ne restait de la fête qu'une affreuse gueule de bois, et aucun ventre arrondi. Les filles en parlèrent peu avec les garçons, un peu plus avec les filles d'autres maisons. Hermione découvrit que cette potion avait été mise en vente début août seulement, et pourtant ! Il lui semblait que peu de personnes ne l'avaient pas testées. Les Serdaigle, pour des raisons scientifiques et les Poufsouffle par simple jeu, comme elles-mêmes. Puis les cours commencèrent et tout ce qui ne concernait pas les ASPIC fut oublié.
Du moins, jusqu'au seize octobre.
Ce matin-là, quand Hermione entra dans la Grande Salle, sa besace remplie de livres de cours sur l'épaule, elle fut frappée par le silence qui régnait dans la pièce. Loin de manger en rigolant, comme elle en avait l'habitude, les élèves discutaient à voix basse, leurs assiettes intactes devant eux. Certains quittaient leur table pour en rejoindre une autre, le plus silencieusement possible.
Perplexe, elle rejoignit ses amis, à la table des Gryffondor, et les découvrit penchés sur un journal.
— Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle en se laissant tomber sur un siège vide, sa besace à ses pieds.
Harry fut le premier à lever la tête et son air grave la pétrifia. Que s'était-il passé ? Des ennuis avec les Mangemorts enfermés à Azkaban ? Un nouveau Seigneur des Ténèbres décidé à finir le travail du premier ?
Ron se redressa à son tour il arborait une moue légèrement moqueuse. Hermione sentit tous ses muscles se détendre. S'il souriait ainsi, la situation ne pouvait pas être si grave que cela.
— Quel est le problème ? redemanda-t-elle.
Ginny se tourna vers elle et le cœur de la brune se serra en découvrant son visage livide.
— Qu'est-ce qui ne va pas, Ginny ?
Pour toute réponse, la rousse lui tendit le journal. C'était La Gazette du Sorcier du jour. Puis elle baissa les yeux vers la une. Dans sa cage thoracique, son cœur cessa soudain de battre.
LES ETRANGES EFFETS DE LA POTION « SIMULATION DE GROSSESSE » DECOUVERTS
La potion de Ginny. Elle l'avait prise. Elle avait avalé cette potion « simulation de grossesse ».
Elle ne voulait pas en savoir plus. Elle voulait quitter ce journal des yeux. Mais elle n'y parvint pas. Malgré elle, ses yeux coururent sur les lignes noires, déchiffrant à la vitesse éclair les mots qui les constituaient.
« La potion « simulation de grossesse », disponible sur le marché sorcier depuis le huit août de cette année, révèle à présent ses terribles conséquences. Rassurez-vous, mesdemoiselles et mesdames : rien de dangereux ! Juste… un bébé.
C'est au début de la semaine dernière que sont parvenues les premières plaintes. Plusieurs jeunes filles ont contacté nos bureaux pour nous faire part de l'étrange découverte qu'elles ont faites quelques semaines plus tôt.
« J'avais des nausées depuis plusieurs jours, j'étais très fatiguée... » a expliqué Lucy, seize ans. « J'en ai parlé à ma mère et elle m'a hurlé dessus que la première chose à faire lorsqu'on a des rapports sexuels, c'est se protéger. Je n'ai pas compris : je suis toujours vierge. Mais à sa demande, j'ai fait un test et il était positif. Il a fallu des jours pour qu'elle me croie et encore des jours pour qu'on comprenne ce qu'il s'est passé. La potion « simulation de grossesse » m'a réellement mise enceinte. »
Par la suite, elle a rencontré d'autres jeunes femmes dans son cas, qui l'ont aidée à accepter cette incroyable vérité. Elles ont demandé des comptes à l'entreprise Potionwiz', qui a élaboré et commercialisé cette potion. Mais l'entreprise est restée sourde aux protestations.
« Ils nous ont tout de suite traité de menteuses. » a déclaré Macey, dix-huit ans. « Pour eux, nos arguments étaient bancals. Leur potion ne pouvait pas produire ce genre d'effet secondaire. Alors, nous avons décidé d'alerter les journalistes. Il faut arrêter la diffusion de cette potion avant qu'elle cause une épidémie de grossesses indésirées. »
Bien que les sceptiques soient nombreux, l'enquête menée par nos talentueux journalistes a révélé que ces courageuses jeunes filles ont eu raison de sonner l'alerte. Pour la première fois de l'Histoire, des bébés ont été créés par une potion.
Attention, cependant : qui dit première fois, dit aussi grosses surprises. Qui peut affirmer que ses grossesses sont sans danger, pour la mère comme pour l'enfant ? Et comment sera-t-il, cet enfant ? Quel sera son héritage génétique, comment va-t-il évoluer une fois à l'air libre ?
Plutôt qu'une chance, ces bébés-potions sont avant tout un inconnu. Après les évènements des dernières années, notre souhait le plus cher au monde est qu'aucun problème ne vienne dérègler notre société encore fragile.
Continuez à lire La Gazette du Sorcier pour vous tenir au courant de l'évolution de l'étude BP,
Laura MARSH,
Journaliste »
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Impossible. C'était… impossible. Impensable. Inimaginable.
Une telle chose ne s'était jamais produite. Jamais, dans toute l'Histoire sorcière, et jamais, dans toute l'Histoire moldue. Jamais. Et pour une raison précise : ce n'était pas possible. Génétiquement parlant, physiologiquement parlant, ce n'était pas faisable. Toutes les lois de… de l'univers le prouvaient. Pour qu'un bébé grandisse dans le ventre d'une femme, il fallait un ovule et un spermatozoïde. Il fallait que le second féconde le premier et ce, à la bonne période. Il fallait que l'ovule fécondé s'accroche à un utérus préparé à cela.
Ce n'était pas possible. Ils se trompaient. Tous. Les jeunes femmes qui avaient témoigné, les journalistes qui avaient enquêté, même les élèves qui échangeaient des regards effrayés au moment présent.
Ce. N'était. Pas. Possible.
Et elle allait le prouver.
CcC
— Allez, s'il te plaît.
— Non.
— Je ne te demande pas de le faire, juste de m'accompagner.
— Je t'ai dit non.
— De toute façon, tu as pris la potion, toi aussi, donc tu devras forcément passer par là.
— Je pensais que tu ne croyais pas à leur stupide théorie.
— Mais justement, je veux faire le test pour leur prouver qu'ils se trompent.
Parfois, Hermione avait l'impression que les rôles s'échangeaient : sa meilleure amie devenait la jeune adulte sage tandis qu'elle-même se transformait en adolescente immature. Le regard blasé que lui lança Ginny à ce moment-là était l'exemple parfait.
— Ecoute, Hermione, si tu penses vraiment qu'ils ont tort et que leur hypothèse va à l'encontre de littéralement chaque règle chimique, physique, mathématique, logique – ce que tu veux – élaborée un jour, fais comme moi : ignore-les. Agis comme si tu n'y croyais vraiment pas. Ne parle plus de cette potion, qu'on a bu un soir pour le délire, ni de quelconques tests de grossesse. Vis ta vie comme avant.
Hermione n'était pas d'accord avec son amie, mais elle se contenta de hocher la tête, tout en pensant intérieurement qu'il lui faudrait aller chercher ce fichu test seule. Elle en était là de sa réflexion lorsqu'elle surprit le regard de Harry sur elles. Il détourna immédiatement les yeux, mais c'était trop tard, elle l'avait vu.
Harry n'approuvait qu'à moitié ses agissements, et aucunement ceux de Ginny. Pour lui, il n'y avait pas de doute : l'article du seize octobre, tout comme les deux qui avaient suivi, étaient tout sauf mensongers. C'était lui qui avait lancé l'idée du test, un soir. Il l'avait proposé comme une solution à ses doutes constants. Elle avait trouvé l'idée brillante, Ginny, tout bonnement nulle.
Ginny ne croyait pas à sa grossesse. Elle ne croyait d'ailleurs à aucun des « bébés-potions ». Selon elle, ses filles étaient soit manipulées, soit manipulatrices, et elle ne voulait rien avoir à faire avec elles. Harry étant nettement plus partagé, il avait passé des soirées à tenter d'instiller ne serait-ce qu'un soupçon de doute, mais rien à faire. Ensuite, il avait amené l'idée du test, comme ça, tout à fait par hasard. Mais elle était si bien menée qu'Hermione avait vite compris qu'il s'était renseigné.
Ginny ne s'était pas laissée convaincre, alors il avait abandonné. Depuis, il se tenait à l'écart. Toujours dans leur ombre, à écouter leurs discussions sans intervenir.
Peut-être que si elle lui demandait de l'accompagner… Non. Ron ne le lâchait pas. Et Ron…
Ron était un abruti. Elle ne savait pas s'il avait vraiment un avis sur le sujet et ce n'était pas là le problème. Le problème était que, malgré tous les indices laissés par sa sœur et son ex-je-veux-juste-qu'on-soit-amis, comme il la surnommait, il pensait toujours que ni la rousse, ni la brune, n'avaient jamais pris la potion.
Elle irait donc seule.
CcC
C'est ainsi que le soir même, à l'heure du souper, elle se retrouva devant la porte de l'infirmerie, seule et hésitante.
— Allez, Hermione ! s'encouragea-t-elle.
Mais cette phrase lui rappela la soirée où elle avait fait la plus grosse erreur de sa vie et sa main glissa de la poignée. Dans sa tête, la partie incroyante en profita pour amplifier ses doutes.
« Tu n'es pas enceinte, Hermione » lui susurra-t-elle. « Alors pourquoi t'inquiéter ? Ecoute Ginny, pour une fois. Va souper avec tes amis et oublie toute cette histoire. »
Hermione hocha la tête et recula, de quelques pas seulement. La voix haussa légèrement le ton, plus convaincante à chaque seconde.
« Ils n'ont aucune preuve tangible, où ils auraient fait quelque chose. La potion est encore sur le marché, enfin ! Et tu sais bien qu'une grossesse s'accompagne de symptômes que tu n'as pas. »
Hermione se retourna brutalement afin de quitter les lieux. Elle percuta alors un torse porteur de l'insigne des Gryffondor. Levant la tête, elle découvrit…
— Harry ! Que… Que fais-tu là ?
— J'ai cru comprendre que tu venais chercher un test et j'ai pensé que tu te sentirais mieux avec un ami avec toi.
« Non ! » hurla la petite voix en elle. « J'étais sur le point de partir », voulut-elle lui répondre.
— C'est gentil, Harry, formulèrent ses lèvres.
Le brun lui sourit et attrapa sa main. Il la tira jusqu'à la porte dont elle venait de s'éloigner et de sa main libre, il l'ouvrit. Sans une hésitation.
L'infirmerie semblait vide. Les lumières étaient éteintes, les lits inoccupés. Harry gagna à grands pas la porte menant au bureau de l'infirmière, traînant par la main une Hermione peu enthousiaste. Il frappa au battant, attendit quelques secondes puis, comme personne ne lui répondait, Hermione marmonna qu'il faudrait peut-être tout simplement repasser plus tard.
« Ou pas du tout » ajouta la petite voix dans son esprit.
Comme s'il avait lu dans ses pensées, Harry abaissa la poignée, une expression décidée sur le visage, ce qui arracha une exclamation indignée à son amie. La porte s'ouvrit sans un bruit, révélant un bureau désert. Visiblement, même Mrs Pomfresh utilisait ce moment pour souper.
— Harry, elle n'est pas là, il faudra revenir une autre fois.
Mais le brun ne l'écouta pas, entrant dans la pièce d'un pas résolu. Il tourna à gauche, s'enfonçant dans la salle. Il fut vite dissimulé par une grande armoire appuyée contre un mur, juste à côté de la porte.
— Harry !
— Viens, Hermione. Ils sont là.
D'une démarche hésitante, elle entra à son tour, contourna l'armoire et découvrit Harry au fond de la pièce, penché sur elle ne savait quoi. Elle le rejoignit et découvrit, posé bien en évidence sur un bureau de bois, un grand carton rempli de potions violettes. Juste à côté, une pile de prospectus avec pour titre « test de grossesse ». Ses yeux s'écarquillèrent.
— Ce sont…
— Des tests de grossesse, oui.
— Mais pourquoi les laisse-t-elle ici, où tout le monde peut les voir ?
Elle secoua la tête en entendant sa voix, bien plus aiguë que la normal.
— Pour que les personnes gênées de devoir les utiliser n'aient pas à se faire voir.
— Comment tu le sais ?
— J'en ai discuté avec elle, expliqua simplement Harry. Les deux jours que j'ai passé à l'infirmerie, tu te souviens ?
Hermione soupira à ce souvenir. C'était en cours de sortilège. L'un des sorts de Pansy Parkinson avait malencontreusement loupé sa pile de coussins. Il avait filé droit sur Hermione… et Harry, au même moment, avait sauté devant elle pour éviter sa propre cible qui, bien loin de partir à l'autre bout de la pièce, s'approchait dangereusement. Le sort l'avait frappé de plein fouet et il avait été projeté contre le mur d'en face. Aussitôt, leur nouveau professeur de sortilèges, Dave Maxwell, ainsi que les élèves des maisons Gryffondor, Serdaigle et Poufsouffle – les septième années avaient été si décimés par la guerre que les quatre maisons étaient désormais réunies pendant les cours – s'étaient précipités sur lui. Hermione, elle, n'avait pas bougé, s'étant contentée de se tourner vers les Serpentard. Si la plupart étaient en train de ricaner, elle avait croisé de rares regards désolés et celui, furieux, de Pansy Parkinson, qu'elle lui avait rendu au centuple.
Elle haïssait Pansy Parkinson.
— Hermione ?
— Excuse-moi, je pensais à la stupidité sans borne de Pansy Parkinson.
— Oh, tu sais, c'est dans la nature des Serpentard. Ils sont soit stupides, soit cruels. Je ne comprends pas qu'ils n'aient pas été arrêtés avec les autres Mangemorts, à la mort de Voldemort.
Hermione ouvrit la bouche, la referma, et hocha la tête sans grande conviction. Harry la dévisageait avec incrédulité et elle détourna la conversation afin de ne pas devoir répondre à d'éventuelles questions.
— Qu'est-ce que tu disais, donc, à propos de ton séjour à l'infirmerie ?
Ce fut à son tour d'ouvrir et fermer la bouche comme un poisson hors de l'eau. Il finit par secouer la tête, un petit sourire exaspéré aux lèvres.
— J'ai vu plusieurs élèves entrer dans son bureau quand elle n'était pas là et sortir avec une de ces potions, alors je lui ai demandé si elle savait ce que ces filles faisaient. Elle m'a expliqué qu'elle laissait toujours un carton de test de grossesse en libre-service. De ce que j'ai compris, en fait, le besoin de tests de grossesse à Poudlard n'est pas nouveau. Seulement, les filles font en sorte de ne pas se faire remarquer.
— Et comment font-elles pour dissimuler une grossesse, hum ?
— Est-ce que tu le prends parce que tu te penses enceinte, ou pour ne pas avoir de doutes ? Et puis, tu sais, de ce que j'ai cru comprendre… l'avortement n'est pas qu'une invention des moldus.
Hermione afficha une moue scandalisée.
— Tu penses que certaines… avortent ? Ici, à Poudlard ?
— Mais je n'en sais rien ! Tu crois vraiment que je suis un spécialiste de ce genre de choses ?
Hermione réalisa alors qu'elle parlait de… d'avortement avec Harry. Ils étaient très proches, c'est vrai, elle pouvait même dire qu'il était ce qui ressemblait le plus à un frère, pour elle, mais… il restait un garçon. Et elle était si peu expérimentée, dans ce… ce domaine. Elle rougit soudain et vit le visage de Harry prendre une jolie teinte rosée, comme s'il avait pensé à la même chose qu'elle. Ils se dévisagèrent en silence pendant quelques secondes encore, puis Hermione laissa échapper un son on ne peut plus impromptu : un éclat de rire. Harry fit de même un instant plus tard et ce court moment de gêne disparut.
— Alors, tu en prends ?
Tout envie de rire envolée, Hermione baissa les yeux sur le carton de potions. Sa main frôla les bouchons quelques secondes et elle se mordit la lèvre inférieure. Ses doigts s'arrêtèrent sur une potion. Puis sur une deuxième – quoi de mieux pour ne plus avoir de doutes ? Enfin, elle décida d'en prendre une dernière, pour Ginny. Comme s'il avait lu dans ses pensées, Harry attrapa deux prospectus et ils quittèrent le bureau aussi discrètement qu'ils étaient venus.
Le souper battait encore son plein, dans la Grande Salle, quand ils rejoignirent la salle commune et, à la demande d'Hermione, qui voulait être seule, Harry s'y rendit.
— Promis, je te donne mon résultat.
— Laisse-moi deviner : un résultat négatif.
— Comment veux-tu qu'il en soit autrement ? Cela défierait littéralement toutes les lois de l'univers.
— Parce que la magie suit « toutes les lois de l'univers » ? Hermione, en tant que née-moldue, tu ne peux nier à quel point ce résonnement est illogique.
La jeune fille se contenta d'un regard buté et il quitta la salle commune sur un dernier soupir.
Elle resta quelques secondes immobiles, à fixer l'entrée de la salle commune des Gryffondor. Finalement, elle tourna les talons et rejoignit sa chambre. Elle posa fiole et prospectus bien en vue sur le lit de Ginny, referma les rideaux du baldaquin afin que les autres ne remarquent rien, puis s'enferma dans la salle de bain avec les deux tests restants. Le prospectus était bien fourni, mais pour la première fois de sa vie, Hermione passa le texte inutile pour se concentrer sur une chose : la marche à suivre. Très simple, d'ailleurs. Contrairement à un test moldu, il suffisait de cracher dans la potion. Après quoi, il fallait secouer neuf secondes et laisser poser une minute et quarante-cinq secondes. Passé ce délai, si la potion ne changeait pas de couleur, le résultat était négatif. Si elle virait au vert, le test était positif.
Suivant scrupuleusement les consignes, Hermione utilisa sa montre moldue afin de se chronométrer. Elle cracha dans une potion, l'agita, fit de même avec l'autre puis, assise sur le carrelage froid de la salle de bain, ses deux fioles devant elle, elle attendit. Une minute passa. Une minute trente. Une minute quarante. Quarante-quatre.
Quarante-cinq.
La fiole vira au vert.
Ses yeux s'écarquillèrent et elle attrapa fébrilement la petite bouteille afin de l'approcher au plus près de son visage. Elle était véritablement verte. Pas de nuance, pas de mélange bleu, rose, jaune, ou quelle qu'autre couleur qui aurait pu révéler un défaut dans la préparation. Pas une trace restante de violet, ou quoi que ce soit d'approchant. Un vert aussi éclatant que l'herbe fraichement tondue, que les feuilles des arbres aux printemps.
Elle tourna son regard vers la seconde potion, qui était prête, désormais. Et, à sa grande horreur, elle vit le violet voluptueux du liquide laisser place à un vert tout aussi frais, tout aussi verdoyant que l'autre.
La main tremblante, elle se saisit du prospectus, relut la marche à suivre, puis l'entièreté du document. Mais il n'y avait aucune erreur. Violet, négatif. Vert, positif.
Plus aucune possibilité de se voiler la face : elle était enceinte.
Le lendemain matin, elle fut réveillée par ses premières nausées matinales.
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CcC
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Alors, alors, alors ? Je crois que je n'ai jamais été aussi stressée à l'idée de recevoir des avis. Je trouve vraiment plus angoissant de poster une suite, peut-être parce qu'elle risque de déplaire à ceux qui ont apprécié la première partie. Si c'est le cas, une review pour m'informer de ce qui est moins aimé (détesté, haï… ?) me sera très utile pour la correction du chapitre (suis-je la seule à relire mes écrits après les avoir postés pour encore les améliorer ?) et toutes les reviews, positives comme négatives me feront très plaisir.
Est-ce que vous trouvez logique l'explication de La Gazette ? Le comportement de Ginny, d'Harry, d'Hermione vous parait-il plausible ?
J'espère que vous n'avez pas été trop déçu-es, merci dans tous les cas d'avoir lus,
C.
