Disclaimer : 'Cher Papa Noël, pour cette année, je voudrais recevoir un Severus Snape, un Harry Potter, un Sirius Black et un Remus Lupin.' Comment ça, c'est pas possible ? Je peux toujours avoir de la chance. Rien qu'un, ça serait déjà bien.

Warning : Encore une fois, du yaoi, je le déconseille donc encore aux homophobes.

Note : En réponse à un défi cinq-trois partiellement lancé par ma chère IdOntknOw. On trouvera donc dans cet OS :

-Reconnaissance

-Manifestation

-Faute

-Empoisonner

-Arbre fruitier

Avec, en rôles-vedettes, Severus Snape, Harry Potter et Voldemort Je-n'ai-pas-de-nom-de-famille.

Sur ce, bonne lecture !

Les talents cachés de Voldemort

La nuit était bien avancée. Les étoiles brillaient de tout leur éclat glacé et lointain sur le velours aussi sombre que les fonds des océans du ciel. Une brise fraîche et calme agitait les branches du verger, faisant bruire les arbres de murmures pressés et inquiets. Les odeurs s'exhalaient de la terre refroidissante, embaumant les chasses et les craintes animales du parfum de l'été débutant.

Là, isolé au milieu des champs en friche aux herbes déjà desséchées par la chaleur, se tenait un manoir. Les murs en pierre grise, anciens, ne tenaient plus que par miracle ou par une ruse particulièrement discrète, d'immenses lézardes s'y ouvrant comme des coulures d'encre de Chine. Le toit était réduit à une charpente où trois tuiles qui se serraient frileusement les unes contre les autres essayaient malgré tout de garder quelque chose au sec. Les planches de bois qui condamnaient grossièrement les fenêtres pourrissaient lentement. La porte vermoulue ne pendait plus que par un seul gond, à peine repoussée contre le chambranle explosé à certains endroits. Le bâtiment avait dû connaitre des heures fastes alors qu'il était flambant neuf, mais plus vraisemblablement au cours de l'ère précédente.

Il ne faisait aucun doute que cette ruine était abandonnée, et depuis longtemps. Pourtant, un homme s'approcha discrètement de la porte. Il était vêtu de noir, de haute taille, et même son ample manteau à capuchon ne pouvait masquer la finesse de sa silhouette. Faisant fi de la probabilité pour que la baraque ne s'écroule sur sa tête, il ouvrit la porte avec un luxe de précautions qu'on associe généralement aux gens ivres morts. Puis il entra, silencieux comme un chat sur un tapis épais. Il sortit de sa manche un fin morceau de bois noir et marmonna un mot qui semblait latin. Aussitôt, la baguette s'alluma faiblement, projetant des ombres tremblotantes sur les murs à la peinture écalée. Puis une trappe se souleva du plancher aux lattes disjointes, et l'intrus s'engagea dans l'escalier en colimaçon ainsi dévoilé, dont les marches étaient contre toute logique glissantes d'humidité.

Une fois arrivé dans la cave, sombre, mouillée et froide (à vous croire en dessous de l'océan glacial Arctique), il retira sa cape.

-Severus. Puis-je savoir pourquoi aucun de mes Mangemorts n'est encore venu me faire son rapport du jour ?

Le Maître des Potions se tourna vers le Lord noir. Les iris d'onyx accrochèrent le regard sang.

-Monsieur, j'ai été choisi pour vous informer que nous – c'est-à-dire tous les Mangemorts sans exception – avons décidé de nous mettre en grève.

Un ange vint danser la Salsa sous le regard impassible des deux hommes.

-Pardon ? fit finalement Voldemort après quelques secondes.

-Et nous vous faisons prévenir qu'une manifestation est prévue pour demain.

Le mage noir regarda le potioniste d'un œil rond.

-Mais…mais…mais ça n'est pas possible !

-Bah si.

-Mais comment ?

-Nous nous sommes syndiqués.

Le futur maître du monde resta silencieux devant l'absurdité de l'improbable situation.

-Syndiqués ? répéta-t-il lentement.

-Oui. Il s'agit d'une pratique moldue qui –

-Ouais, ça va, je connais le système !

Un instant de trouble se peignit sur le visage de la tête de serpent.

-Hum, dis, Severus ?

Le ténébreux professeur resta impassible.

-Ca ne serait pas possible, juste empoisonner-

-Non.

-Ah…

Il regarda l'homme d'un air déçu.

-Ah. Bon.

-Sev ! Je te trouve enfin ! s'exclama une voix que connaissaient les deux sorciers.

-Harry, répondit laconiquement le concerné.

-Potter, siffla Celui-Qui-Trouvait-Super-D'Avoir-Un-Surnom-Débile-A-Rallonges, tu viens me combattre après avoir appris que je n'avais plus le soutient de mes Mangemorts !

-Ah bon ? répondit innocemment le brun. Qu'est-ce qui se passe ?

-Ils sont en grève, fit machinalement le Lord.

-Je compatis, soupira Harry en allant tapoter l'épaule du grand méchant, qui semblait d'ailleurs sur le point de fondre en larmes. Non, je ne viens pas pour vous combattre, je cherchais Sev !

Le jeune homme s'approcha alors de la terreur des cachots, sortant de sa poche un rouleau de parchemin.

-Voilà, c'est le devoir sur l'effet de la Pierre de Lune sur les potions de guérison.

-Tu sais que tu as deux jours de retard ? demanda l'espion en haussant le sourcil.

-Tu me pardonnes ? répondit son élève avec un petit sourire charmant.

-Hum, je ne sais pas…

Le plus jeune s'approcha alors de son ainé d'une démarche féline, passant vivement la langue sur ses lèvres rouges. Il déposa ses mains sur les épaules du Mangemort repenti, lequel ne bougea pas, se contentant de happer le regard vert, puis il descendit excessivement lentement les mains sur le torse de son professeur, descendit encore en caresses volatiles sur son ventre, et enfin accola leur deux corps avec légèreté.

-Et maintenant ? ronronna le griffon.

-C'est un peu mieux, concéda le potioniste une voix rauque.

Il captura alors les lèvres de son élève et l'une de ses mains glissa du bas de son dos à ses fesses, qu'il commença à caresser doucement.

Dans son coin, Voldemort observait le manège d'un air choqué (il ne doit plus se souvenir de ce que peut bien être la libido).

-Euh, dites, c'est mais que vous dérangez, là, mais…

Les deux hommes se décollèrent légèrement.

-De toute manière, la faute est consommée, alors vous n'avez rien à dire, lâcha Severus d'une voix polaire.

Très gêné, le Lord noir se ratatina dans son fauteuil, se demandant vaguement si ça n'était pas une machination machiavélique du vieux glucosé pour le faire mourir d'une crise cardiaque.

-Ah, oui, au fait, je suis content de vous voir ! s'exclama le petit brun avec l'air de celui qui se souvient de quelque chose.

-Content de me voir ? répéta Face de Serpent d'une petite voix.

-Oui, je voulais vous offrir ceci !

Et le fils Potter sortit d'on ne sait où…

-Un arbre fruitier ? Constata l'homme en noir.

-Et…à quoi ça va bien pouvoir me servir ? demanda le mage noir de plus en plus horrifié.

-Oh, vous pouvez vous occuper avec ça entre deux réunions, vous pouvez vous faire des confitures et, si vous n'avez plus envie d'être maître du monde, vous pourrez vous reconvertir et monter un verger !

Un long silence plana tel un aigle orgueilleux dans le ciel infini.

-…Mais…mais maismais…

Le babillage de Voldemort, plus que surprenant, était dû à la massé de questions qui se précipitaient dans son esprit. Il sélectionna celle qui lui semblait la plus pertinente (1).

-Pourquoi ?

-Pour vous exprimer toute ma reconnaissance de na pas m'avoir encore tué. Tiens, d'ailleurs, je vais même te faire la bise !

Et, alors que le Survivant-qui-ne-veut-décidément-pas-crever s'approchait, Voldemort…

…hurla. Il hurla à s'en déboucher les oreilles, il hurla à s'en transpercer les tympans, hurla à s'en décrocher la mâchoire, à en réveiller les voisins. Il hurla, aurait noté un observateur suicidaire, d'une voix exceptionnellement aigüe. Il hurla, et enfin se réveilla dans son lit, tremblant, en sueur et passablement choqué.

Quand il eut récupéré ses esprits et repensé à son rêve, il se traita mentalement d'idiot. D'abord parce que les Mangemorts se mettant en grève, c'était absurde et bien trop moldu, et ensuite parce que Potter et Severus en couple, c'était tout bonnement impossible.

Loin, très loin de là, dans les Highlands, dans un grand château apparemment en ruines, et plus précisément dans les cachots, une couple frissonna. Après quelques secondes le plus petit, qui était assis sur les cuisses du plus âgé, demanda :

-Tu crois qu'on a pensé à nous, Sev ?

-Je n'en sais rien, répondit lentement l'autre.

Puis ils reprirent leur activité première, à savoir se déshabiller mutuellement. Puis le petit brun pouffa.

-Tu sais ce qui serait drôle ? Une syndicalisation des Mangemorts, je serais sûr de t'avoir rien que pour moi tous les soirs et l'autre zinzin en mourrait peut-être, qui sait ?

Le dénommé Sev leva les yeux au ciel.

-Par Salazar, Harry, tu as encore des réflexions absurdes de ce types ou on peut passer aux choses plus sérieuses ?

La réponse lui vint rapidement, sous la forme d'une paire de lèvres se collant sensuellement à sa bouche.

~oOo~

(1)Nous ne citerons donc pas ses interrogations telles que 'c'est quel arbre qui donne des fruits aussi moches ?' 'Depuis quand n'ai-je plus mangé de la confiture ?' 'Est-ce que les serpents aiment le sucre ?' et 'Quelle est la vitesse orbitale de la lune ?'…

Vi, je coupe sans lemon, mais je promets que si je finis par passer ça en M, je rajoute la dernière partie !

Sinon, les reviews sont la seule nourriture de l'auteure, et si elle meurt de faim, elle ne pourra pas écrire la suite ! C'est le gros bouton en bas. )