Bonsoir

C'est un vrai chapitre ce soir

Pardon pour la semaine dernière.

Merci à toute pour votre compréhension.

Merci à Lily.

Bonne lecture.


- Bella, je vais pre... Chérie ? Qu'est-ce qui se passe ?

- J'ai... euh... reçu ça.

Je tendis à Edward la lettre que je venais d'ouvrir. « Tu l'as tué » imprimé en grosses lettres rouges sur une feuille blanche. Sur l'enveloppe, il n'y avait que mon adresse, non manuscrite et le cachet d'envoi était illisible. Edward tourna encore et encore la lettre et l'enveloppe dans ses mains à la recherche d'indices avant de me regarder.

- Quand ?

- Elle était glissée entre deux courriers datant de la semaine dernière donc, je suppose que ça date de là.

- Il parle de Jacob ?

Je levai les yeux au ciel en secouant la tête et répondis avec sarcasme.

- Bien sûr, Jacob ! Je n'ai tué aucun autre de mes amants. Ni personne d'autre.

- Isabella !

Il me fusilla du regard avant de reposer les yeux sur la lettre. Je me levai et lui arrachai cette maudite feuille des mains.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Je la jette ! Ça ne sert à rien !

- Je veux savoir qui t'a envoyé cette merde !

- Mais il n'y a aucune adresse, le cachet est illisible ! Bref, laisse tomber !

- Qui ça pourrait être ?

Je soupirai lourdement avant de déchirer la lettre et l'enveloppe pour les mettre à la poubelle.

- Billy, Rachel, Rebecca, Jane, Tanya, Lauren...

- Lauren ?

- Elle est super copine avec Tanya, donc elle me déteste, elle aussi.

- Comment serait-elle au courant pour Jacob ?

- Tanya peut le savoir, le lui avoir dit... mon histoire est un secret de polichinelle. Tout le monde sait sans savoir.

- Je vais faire une mise au point au bureau. Je refuse d'entendre des conneries de ce genre ! Je veux que tu me dises si tu reçois des menaces ou de nouvelles lettres de ce genre. Compris ?

- Oui. Bon, on va se coucher ?

- Se coucher ?

Nous n'allions pas rester sur cette histoire pendant des heures. Je refusais de me miner le moral à cause de ce corbeau. Je voulais juste aller dormir un peu et profiter des deux derniers jours de vacances qu'il me restait.

- Je suis crevée, Edward.

- Ok... ça ne te fait rien ?

- Bien sûr que si ! Mais je n'ai pas envie d'y penser. Je ne veux rien d'autre que dormir un peu, profiter de mon petit-ami avant qu'on reprenne le travail. Je ne veux pas me laisser bouffer par des courriers de ce genre ! Pendant deux jours, laisse-moi croire que la vie est belle, sans problèmes, que tout le monde est beau et gentil.

- Je ne suis pas d'accord.

Je fermai les yeux, je ne voulais pas d'une dispute pour si peu. Edward m'étudia avec sérieux et répliqua avec dureté et autorité.

- Je ne suis pas d'accord avec le fait que tout le monde est beau ! JE suis beau. Les autres sont... passables... et encore.

Je ne pus m'empêcher d'éclater de rire tout en m'avançant vers lui. Je posai mes mains sur sa poitrine, ses doigts enveloppèrent mes poignets et ses pouces caressèrent le dos de mes mains.

- Bien sûr que c'est toi le plus beau de la terre ! Surtout bronzé comme ça... tes cheveux plus longs, ta barbe de trois, quatre jours... tu es le type le plus beau et le plus sexy au monde !

- Plus que Robert Pattinson ?

- Bien plus que lui, oui. Je t'aime !

- T'es sûre de vouloir dormir ?

- Oh oui !

Il sourit et se pencha pour m'embrasser. Je lui rendis son baiser, libérai mes mains doucement et lui mis une tape sur les fesses.

- Allez, au lit beau gosse !

Il se pencha et me bascula sur son épaule. Je poussai un cri de surprise tandis qu'il nous dirigeait vers ma chambre après m'avoir mis, à son tour, une claque sur les fesses. Il me lâcha délicatement sur le lit.

- Merci pour votre délicatesse gentleman...

- Tout le plaisir est pour moi, gente dame. Je peux ?

- Quoi ?

- Te déshabiller.

Je hochai la tête et il se pencha pour enlever mon débardeur qu'il laissa tomber sur le sol. Il s'attaqua ensuite au bouton de mon short, je soulevai les fesses pour l'aider à me l'enlever. Tout comme le débardeur, mon petit short blanc tomba sur le sol. Je le regardai ensuite se déshabiller à son tour, je ne perdis pas une miette de ce mini strip-tease. Ne gardant que son caleçon et mes sous-vêtements, nous nous calâmes dans le lit, mon dos contre son torse. Nos jambes s'entrelacèrent, son bras passa autour de moi. Il déposa une multitude de petits baisers sur mon épaule. M'efforçant à oublier le courrier, je fermai les yeux.

- Bella ?

Je ne répondis pas, trop épuisée et aux limites du sommeil. Edward poursuivit tout de même.

- Sache juste que je te protégerai de tout. Je ne laisserai personne te faire du mal. Tu es ma priorité dans ce monde... je consacrerai tout mon temps et toute mon énergie pour te rendre heureuse. Je ferai tout... absolument tout pour toi.

J'aurais voulu me tourner vers lui, l'embrasser et lui dire combien je l'aimais. Mais au lieu de ça, je m'endormis le sourire aux lèvres.

2h après avoir fermé les yeux, je les rouvris et sursautai légèrement en voyant Brad Pitt, assis devant moi à me fixer. Je tendis la main pour le caresser mais ce fripon s'échappa. Je me tournai alors vers Edward qui dormait toujours. Comme à son habitude, il était sur le ventre, le visage tourné vers moi, la tête sous le cousin. Il faudrait qu'il m'explique l'intérêt un jour.

Délicatement, j'enlevai le coussin pour le laisser tomber par terre, Edward ne bougea pas d'un poil. Appuyée sur un coude, la tête dans le creux de ma main, je l'observai. Cet homme me fascinait. Plus je le regardais, plus je le trouvais beau. Ses traits si masculins mais délicats, son nez droit, ses sourcils, pas trop épais, droits, sa mâchoire carrée, ses lèvres fines... Tendrement, je repoussai une mèche de son front, il fronça les sourcils sans se réveiller. Ne résistant pas, je me penchai afin de l'embrasser sur l'épaule d'abord, puis dans le cou et sur sa joue. Cette fois ci, Edward s'agita et il releva la tête pour quémander un baiser. Un baiser que je lui offris bien volontiers.

Mes lèvres soudées aux siennes, mes mains caressèrent son torse. Je roulai sur lui afin de le chevaucher, je prenais rarement le dessus lors de nos rapports, Edward avait tendance à vouloir tout contrôler. Je profitai de ce droit de contrôle pour embrasser son cou puis son torse. Doucement, j'embrassai toutes ses petites cicatrices dues à son opération. Elles étaient très discrètes, on ne les voyait presque pas. Arrivée à son bas-ventre, je relevai les yeux vers lui tandis que je le débarrassais de son caleçon. Il me regardait, ses yeux étaient noirs et brillants, sa bouche était entrouverte, sa respiration était rapide et saccadée. Sans le quitter des yeux, je pris dans ma main son sexe déjà dur, afin d'entamer des va-et-vient le long de sa verge.

Après quelques caresses, je me penchai vers lui afin de lécher le liquide translucide au bout de son gland que j'aspirai ensuite entre mes lèvres. Edward lâcha un soupir et sa main vint s'accrocher à mes cheveux. Ne prenant pas en compte ce détail, je laissai doucement mes lèvres glisser le long de son pénis. Quand je l'eus totalement en bouche, je me relevai, le libérant totalement. D'un grognement, il protesta puis gémit de nouveau quand je le repris entre mes lèvres. Alternant lenteur et rapidité, je le suçais en creusant les joues pour mieux l'aspirer, couvrant mes dents avec mes lèvres, ma langue tournoyait autour de lui.

Edward bougeait les hanches au rythme de mes sucions, sa respiration était sifflante, il grognait, murmurait mon prénom. Son poing était fermement serré dans mes cheveux, j'en ressentais même une légère douleur mais je n'y prêtais aucune attention. Alors que je continuais à aller et venir le long de son membre, je le sentis prêt à jouir. J'aurais voulu continuer mais Edward se releva dans un grognement, d'un geste rapide, il inversa les rôles et je me retrouvai sur le dos, surplombée par lui. Il arracha sans ménagement les sous-vêtements que je portais encore avant d'honorer mon corps désormais nu.

Ses lèvres parcoururent mon corps, sa main remonta le long de ma cuisse, jusqu'à arriver à mon intimité, deux de ses doigts s'introduisirent en moi afin de vérifier que j'étais prête à le recevoir. Après quelques allées et venues dans mon antre, Edward chercha à accrocher son regard au mien. Je savais ce qu'il me demandait silencieusement. Il voulait exercer son contrôle sur moi, il me voulait soumise à lui, il avait besoin de ça pour se rassurer. Je lui faisais suffisamment confiance pour lui accorder ce droit et aussitôt que j'eus donné mon consentement, je me retrouvai face au matelas et le bassin relevé.

D'un mouvement plutôt brusque, Edward me pénétra, ses mains fermement accrochées à mes hanches, je laissai échapper un cri, plus de plaisir que de douleur. Même si j'avais la sensation d'être déchirée, je savais qu'il m'aimait et je devais avouer que je commençais doucement à apprécier le côté bestial que le sexe pouvait avoir. Même si son entrée en moi et ses coups de reins étaient rapides et durs, ses mains et ses gestes étaient plutôt tendres avec mon corps. Je me laissais complètement aller dans ce rapport, je n'avais aucune barrière et je m'étonnais même de pousser mes hanches vers lui afin qu'il me possède plus profondément.

Quand la main d'Edward glissa de mes seins, passant le long de mon ventre jusqu'à venir titiller avec ferveur mon clitoris, je laissai tomber les dernières barrières m'empêchant d'atteindre le plaisir. Cachant mon visage contre le matelas, je laissai ma jouissance s'exprimer. Mon corps fut secoué de spasmes incontrôlables, une longue plainte de plaisir s'échappa de ma gorge, mes muscles intimes se resserrèrent autour du sexe de mon amant, ce qui provoqua sa propre jouissance. Une fois qu'il eut déchargé en moi, il se laissa tomber à mes côtés.

Toujours sur le ventre, je tournai le visage vers lui afin de l'observer. Il avait un sourire idiot sur le visage, les joues rosies, les yeux fermés et occupé à reprendre son souffle. Presque timidement, je tendis la main vers lui afin de lui caresser la joue. Il s'en saisit alors et embrassa mes doigts avant de poser ma main à plat sur sa poitrine au niveau de son cœur. Je sentis son organe battre à tout rompre.

- Je t'aime aussi Edward.

Il ouvrit enfin les yeux pour me regarder, il me sourit en caressant ma main toujours posée sur son cœur.

- Douche ?

- Ensemble ?

- Question bête, mademoiselle Swan. Allez, viens.

Après un baiser, il sortit du lit avec grâce, sans prendre la peine de se couvrir. Je me levai à mon tour, sauf que j'eus beaucoup moins de grâce que lui. Pire même... je me pris les pieds dans un des vêtements que nous avions enlevés plus tôt. Après avoir tenté de me rattraper à ma table de nuit, je me vautrai littéralement sur le sol, face contre terre, mon souffle en fut coupé.

- Bella !

Rapidement, Edward fit le tour du lit pour me rejoindre.

- Chérie, ça va ?

- Ouais...

- Rien de cassé ?

- Non. Juste de la honte.

Il pouffa de rire avant de m'aider à me relever.

- Ne ris pas ! C'est de ta faute !

- Ma faute ?

- Oui, c'est ta chemise qui m'a fait tomber. La prochaine fois, balance tes affaires plus loin.

Il rit et me porta comme une princesse dans ses bras.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Il y a d'autres vêtements en vrac dans la chambre, je t'évite une éventuelle autre chute.

- Ne te moque pas.

- Sérieusement, ça va ?

- Oui. Je suis plus costaud qu'il n'y paraît. Mais ça reste entre nous.

- Tu me payes combien ?

- Tu as le droit d'user de mon corps quand tu veux et de la façon que tu veux.

- Sans permission au préalable ?

- Je refuse toujours l'entrave. Mais sinon oui.

- Eh bien, ça me va. Vendu !

Il me déposa dans la salle de bain et ensemble, nous entrâmes dans la douche, il reprit la parole.

- Tu as donc confiance en moi ?

Tandis que j'allumais l'eau, je réfléchis à ce qu'il voulait dire. Oui, j'avais confiance en lui, j'essayais de mettre mes réserves de côté avec lui, j'avais de plus en plus de facilité à me livrer à lui, à me montrer aussi. J'avais de moins en moins de mal à me montrer nue à d'autres moments que lorsque nous prenions une douche ou après l'amour.

- J'ai confiance en toi depuis le début, Edward.

- Je parle d'un point de vue intime.

- Je ne me laisserai pas attacher, ni bâillonner ou les yeux bandés. Je ne serai jamais totalement soumise. Mais oui... pour une levrette, je te fais confiance.

- Tu te dévergondes, Isabella... le mot « Levrette » et le mot le plus crus que je ne t'ai jamais entendue dire.

- J'ai dit qu'on avait baisé dans ton ascenseur.

- C'est vrai ! Mon Dieu, un choc dont je suis à peine remis. D'ailleurs, nous devrions baiser à nouveau dans l'ascenseur.

- Pour donner une attaque à ce pauvre Monsieur Hatcher !? Vous êtes un criminel, Monsieur Cullen.

Il rit et j'en profitai pour lui laver le torse.

- Peut-être qu'un jour nous baiserons dans mon bureau.

- Quand nous serons chez toi, nous ferons ascenseur et bureau. Je note.

- Au travail, Bella. Mon bureau.

- Ah non, alors. Pas au bureau. Je tiens à garder le côté professionnel et personnel. Je suis encore... iceberg de ce côté-là.

- Heureusement que je connais la partie submergée de l'iceberg que tu es.

- Mais tu m'aimes ?

- C'est irrévocable, oui. Je t'aime. Mais un jour, ça arrivera.

- Et un jour, je t'annoncerai aussi que je suis enceinte de jumeaux. Même probabilité.

- Des jumeaux ? Bella, ça arrive souvent les jumeaux, fais attention.

- Mauvais exemple alors.

- Très mauvais exemple, oui.

D'une petite tape entre mes cuisses, il me fit écarter les jambes et entreprit de me laver. Très rapidement, je compris qu'il n'avait pas que l'intention de me laver.

- Edward...

- Quoi ?

- Il ne faut pas 10 minutes pour laver cette partie de mon corps.

- J'aime faire les choses bien. Je suis consciencieux !

Sur ce, il enfonça un doigt en moi, j'eus le temps de m'agripper à ses avant-bras avant que je ne tremble légèrement. Refusant de lutter, je me laissai aller au plaisir qu'Edward entreprit de me donner. Quand, pour la deuxième fois de la journée, je jouis sur ses doigts experts, je laissai tomber mon front sur son torse, tremblante de plaisir. Edward passa ses bras autour de ma taille afin de me soutenir, il embrassa ma tête avant de parler.

- On sort dîner ?

- Non... oui... non... je sais... attends. Je ne suis pas certaine d'avoir compris la question.

Il rit et nous fit sortir de la douche. Après m'avoir enveloppée dans mon peignoir et mis une serviette autour de sa taille, il me porta jusque sur le lit.

- Isabella, voudriez-vous sortir dîner avec moi ce soir ?

Je souris tout en me calant contre lui.

- Oui, avec plaisir monsieur Cullen.

Il passa sa main dans mes cheveux qu'il caressa tendrement.

- J'ai toujours aimé travailler...

- Cool.

Il me donna une petite claque sur la cuisse. Je levai les yeux, amusée, avant qu'il ne reprenne avec un demi sourire..

- Je disais donc, j'ai toujours aimé travailler et c'est bien la première fois que l'idée de retourner au bureau me rend triste.

- Nous avons de la chance de travailler ensemble. Tu es mon boss...

- Je sais que j'ai de la chance de t'avoir près de moi. Je dis juste que... je préfère t'avoir comme tu es maintenant qu'au bureau.

- Je voudrais que tu travailles torse nu.

- Bah tiens ! Allez, miss Swan. Allons dîner, j'ai faim !

Je souris et allai m'habiller. J'enfilai un jean et un débardeur, Edward adopta pour une tenue tout aussi décontractée que la mienne, il rajouta juste son incontournable casquette. Quand nous fûmes prêts, il prit ma main et nous gagnâmes à pied le centre de Seattle. Une fois notre restaurant choisi, nous fûmes installés en terrasse. Nos plats commandés, Edward s'empara de ma main et prit la parole.

- Au fait, tu as rattrapé ton retard de sommeil ?

- Pas du tout, non. Mais si on avait dormi plus longtemps, nous aurions pris un mauvais rythme.

- Tu penses à tout. Comment vont Alice et Jasper ?

- Bien. Ils vont avoir un garçon !

- Cool ! Ils sont contents ?

- Très, oui.

- Il faut absolument que nous dînions tous ensemble.

- Oui, tu m'en avais parlé, Emmett, Rosalie, Alice, Jasper et nous. C'est ça ?

- Ouais. Mais maintenant que les vacances de tout le monde sont terminées, on peut organiser ça.

- La semaine prochaine ?

- Par exemple, oui. Chez moi ?

- Oui, c'est plus grand que chez moi, c'est indéniable.

- Ok. Samedi soir, chez moi. Marché conclu ?

- Pour moi oui. Il faut voir pour les autres.

- Je m'occupe de mon frère, comme tu vois Alice demain, parle-lui.

- D'accord, ça marche.

Je lâchai la main d'Edward quand le serveur nous apporta nos entrées. Je mourrais de faim. Je pris donc une bouchée de mon assiette et fermai les yeux en savourant la nourriture.

- C'est bon ?

- Oui, en plus j'avais très faim... l'avion, le décalage horaire, deux orgasmes...

- Votre vie est bien remplie, miss Swan.

- Trépidante, oui. Mais ne te moque pas trop, je suis vite susceptible.

Il rit et mangea en continuant à discuter. Quand nos dessert arrivèrent, Edward se mit à soupirer tout en faisant un signe de tête afin de saluer quelqu'un.

- C'est qui ?

- Mike. Il arrive.

Je jetai un coup d'œil à Mike, le directeur du département de comptabilité. Je ne connaissais pas trop Mike, il me saluait quand il me voyait, j'en faisais autant mais c'était tout. Quand il s'arrêta à notre hauteur, il serra la main d'Edward et m'accorda un bref hochement de tête.

- Mike, bonsoir.

- Bonsoir, Edward. Isabella.

- Mike.

Il se détourna de moi afin de regarder notre patron et de lui parler.

- Alors les vacances ?

- Très bien, merci. Ça nous a fait du bien.

- Tant mieux, on a du boulot maintenant.

- Oui ! Nous serons d'attaque.

- Parfait. Bon eh bien, à lundi. Bonne soirée.

- Merci, bonne soirée aussi.

Il serra de nouveau la main d'Edward avant de s'éloigner sans un regard pour moi.

- Il ne m'aime pas.

- Tu veux qu'il t'aime ?

- Non. Mais j'ai eu l'impression d'être transparente ! En fait, je crois qu'il est copain avec Tanya, comme elle me déteste, bah lui aussi.

- Tu crois qu'ils sont amis ? Je ne suis pas sûr, je ne les ai jamais vus ensemble, ni aucune complicité.

- Ils se parlent quand même. Une fois, quand j'étais dans le même ascenseur qu'eux, sans qu'ils ne me voient, je les ai entendus parler de moi. Tanya me démontait et Mike me défendait. J'avais trouvé ça plutôt cool de sa part.

- Tu veux être copine avec Mike ?

- Non... je dis juste que je viens de me sentir transparente et que je le suis aussi pour le reste de l'entreprise.

- Sans te vexer bébé, tu n'as pas été des plus chaleureuses quand tu es arrivée.

- Je sais, oui.

Il prit ma main et l'embrassa.

- Tu t'en fiches de ce qu'ils pensent. Mais si tu tiens à ce que ça change et bien essaye d'aller vers eux. Doucement.

- Oui. Je devrais.

- Tu sais, tu n'as pas besoin d'avoir des tonnes d'amis pour être bien.

- Je sais, oui. Bref, ce n'est rien, je ne tiens pas particulièrement à Mike.

- Il est bizarre, il est bon dans son truc et pour diriger son équipe mais il n'est pas très causant comme type.

- Vous avez recruté une équipe bizarre. Une garce bimbo, un mec qui cause pas, un iceberg...

- Isabella ! S'il te plaît.

Je me tus et repris la dégustation de mon dessert. Quand Edward disait « Isabella » c'est qu'il s'énervait et quand il s'énervait, je savais qu'il pouvait se mettre dans une colère noire en très peu de temps. Je n'avais pas vraiment envie de le voir furieux.

- Tu bosses sur ça ? Avec ta psy ?

- Sur quoi ?

- Ton estime de toi. Du fait que tu te dévalorises tout le temps.

- Il y a d'autres priorités et je n'ai pas fait beaucoup de séances, il faudra du temps.

- Je sais, mais je pense que tout est lié. Il ne peut pas commencer par te débarrasser de tes cauchemars si tu te flagelles à longueur de de temps.

- Et si je n'y arrivais pas ? Je veux dire, si mes cauchemars ne partaient jamais ? Tu resterais ?

- Bien sûr, Bella. Toujours. Allez mange qu'on rentre.

- Tu es fatigué ?

- Non. J'ai envie de toi.

Je secouai la tête et nous finîmes notre repas. Edward paya ensuite l'addition et nous rentrâmes ensemble bras dessus, bras dessous. À peine entrés chez moi, je fus basculée sur l'épaule de mon compagnon qui me porta jusqu'au lit.

- Tu ne plaisantais pas !

- Je ne plaisante jamais ! Tu es à moi, Swan, et nous avons un deal. Quand je veux, où je veux.

- Je respecterai ce deal !

- Bien !

J'éclatai de rire quand il m'embrassa le cou tout en me chatouillant. Il était en train de m'enlever mon jean quand mon téléphone sonna. En toute honnêteté, je me fichais totalement de cet appel. Nous le laissâmes passer. Cependant, il sonna une deuxième fois, puis une troisième, Edward finit par prend mon portable lorsqu'il sonna pour la quatrième fois et répondit sans regarder l'identifiant de l'appelant.

- Bella n'est pas disponible. Elle se prépare à recevoir l'orgasme du siècle, que le dieu du sexe que je suis va lui offrir !

Je fis les gros yeux. Très peu de personnes m'appelait, surtout à cette heure-là. Il y avait 95% de chance que ce soit mes parents qui appellent. Mon intuition passa à 99% quand Edward ferma les yeux très fort et qu'il perdit toutes ses couleurs en même temps avant de répondre.

- Je vous la passe... Oui... au revoir !

Edward me donna le téléphone avant de se laisser lourdement tomber sur le lit, face au matelas et de hurler un grand coup dans l'oreiller. À moitié amusée et honteuse, je parlai.

- Allo ?

- Bonsoir, chérie... nous pouvons rappeler plus tard, tu sais si...

- Non ! Non, non. Ça va. On rentre de dîner, il... pensait que c'était Emmett... bref.

J'essayais tant bien que mal de lui trouver une excuse, une blague entre frères aurait pu passer mais ça paraissait gros toute de même. Surtout que ma mère me connaissait bien.

- Ah... oui, bref. Nous voulions juste savoir si tu étais bien rentrée.

- Oui. Désolée, j'aurais dû vous appeler, oui. Nous sommes arrivés en début d'après-midi mais on a dormi un peu. Nous sommes sortis juste pour dîner car je n'ai rien dans le frigo. Et voilà. Désolée maman.

- Ce n'est rien. Alors tout était bien ?

- Oui, génial ! Je vous enverrai des photos pour vous montrer. J'ai vraiment passé 15 jours fantastiques ! Nous avons eu un temps superbe. Je n'ai jamais été aussi bronzée de ma vie.

- J'ai hâte de voir tout ça.

- Je m'en occupe demain soir. Je te légenderai les photos, tu auras tous les détails !

- Pas tous, chérie.

- Oh maman...

Je souris et jetai un coup d'œil à Edward qui était toujours allongé sur le ventre, la tête dans le cousin. Pour m'assurer qu'il ne dormait pas, je passai ma mains dans son dos, il réagit en tournant la tête vers moi. Je lui souris et en réponse, il cacha ses yeux avec sa main.

- Bon et toi et papa ? Vous allez bien ?

- Très bien, oui.

Rien d'autre ? Pas de potins ? D'anecdotes sur mon père ? Des remarques des voisins ? De l'exagération ? Maman me connaissait bien mais moi aussi, je la connaissais par cœur. Quelque choses n'allait pas.

- Maman ? Qu'est-ce qui se passe ?

- Rien, rien. Pourquoi ?

- Tu frottes ton index contre ton pouce de ta main libre ?

- Quel intérêt ?

- Tu le fais quand tu mens. Je sais qu'il y a quelque chose. Dis-moi !

- Oh rien... nous avons juste... peut-être croisé Billy hier...

- Oh merde ! Non... maman. Quoi qu'il ait dit, je suis désolée.

À mes mots, Edward se redressa dans le lit et à une vitesse incroyable, il s'installa derrière moi, son torse contre mon dos, ses jambes autour de moi, ses bras encerclaient ma taille et il posa son menton sur mon épaule. De ma main libre, mes doigts entrelacèrent ceux de mon compagnon.

- Ne t'en fais pas, Bella. Ton père l'a remis en place.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- Nous faisions les courses, Billy était là. Il a commencé à dire que tu étais une meurtrière et qu'il vengerait la mort de son fils... Que tu mériterais d'être à la place de Jacob. Bien sûr, ton père a pris ta défense, moi aussi... il se peut même que je l'aie giflé...

- Oh maman, je suis terriblement désolée.

- Tu n'y es pour rien. Billy est un con borné qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Nous te défendrons toujours, Bella, nous savons que tu n'es responsable de rien. Nous t'aimons.

- Je vous aime aussi. Je suis vraiment désolée...

- Ne t'inquiète pas.

Je soupirai doucement, je me sentais affreuse de leur faire vivre ça. Mon estime de moi était en chute libre... Edward qui avait entendu, embrassa mon cou en me serrant contre lui. Maman reprit.

- Allez ma fille, ne lui fais pas le plaisir d'être malheureuse par sa faute, ça serait lui faire plaisir. Montre-lui que tu es plus forte que lui, je sais que tu l'es.

- Je ne suis pas sûre.

- Bien sûr que si !

- Vous avez raison, Renée !

Edward venait de parler dans le micro du téléphone, j'entendis ma mère rire avant qu'elle ne réponde.

- Bien sûr que j'ai raison. Tu vois, Bella, même le dieu du sexe est d'accord avec moi !

Là, c'est moi qui éclatai de rire. Maman me surprendrait toujours. Elle trouvait toujours le moyen de rire de tout, même quand Edward l'avait pelotée dans la cuisine en pensant que c'était moi, même maintenant qu'il avait répondu être un dieu du sexe. Edward lui, riait moins. Il se laissa même tomber en arrière, se cognant assez violemment l'arrière du crâne sur la tête de lit. Le bruit du choc me fit sursauter et le grognement de douleur qu'il poussa me fit paniquer.

- Edward ! Seigneur... ça va ? Maman ? Je te laisse.

- Rien de grave ? Qu'est-ce qu'il y a ?

- Il vient de se cogner assez fort. Je t'appelle demain, je t'aime, embrasse papa.

- Oui, envoie-moi un message.

- Ok.

Je raccrochai et me tournai vers Edward qui se tenait la tête.

- Je vais chercher de la glace. Ça va allez.

- Ah putain de merde ! Ça fait mal... fait chier !

Je grimaçai et me dépêchai d'aller chercher quelque chose de frais. Je n'avais qu'un sac de frites congelées à lui proposer. Sans aucune objection, il prit le sac et le mit sur l'endroit qui le faisait souffrir.

- Merci...

- Tu ne saignes pas ?

- Non... Je suis nul ou quoi ce soir ? Ta mère... ça...

- Oui, pas brillant. Il faut que tu arrêtes avec ma mère, je vais finir par me poser des questions.

Il me fit un sourire en coin avant de tendre son bras libre vers moi.

- Comment tu te sens, toi ?

- Je m'en veux de faire du mal à mes parents indirectement...

- Je sais oui. Mais ils sont fort eux aussi et ils savent.

- Oui. Tu crois que j'ai bien fait de ne pas parler de la lettre ?

- Oui. Tant que nous n'avons pas d'informations, d'indices... inutile d'inquiéter tout le monde. Je vais voir ce que je peux faire.

- Hum...

Il me serra contre lui et je fermai les yeux.

- Ta tête ?

- Je crois que j'en ai une deuxième qui pousse mais ça va.

- Edward, je crois qu'on devrait s'abstenir ce soir.

- Oui... je ne suis pas dans un bon Karma ce soir. Je t'aime quand même.

- Moi aussi.

J'embrassai son torse et fermai les yeux. Je pensais à toute cette histoire qui ne semblait pas en finir. J'avais l'impression d'être dans un schéma perpétuel et infini. Je revenais toujours au point de départ. Jacob. Il devait bien y avoir un moyen d'arrêter ce cercle d'enfer... Il allait falloir que je parle avec Rosalie, ou Jasper. Peut-être qu'ils pourraient négocier un accord avec l'avocat de Billy, peut-être que j'aurais enfin la paix. Je refusais que mon entourage souffre de mes problèmes. Il fallait que je fasse quelque chose, j'étais prête à tout pour être enfin en paix.


Et voilà...

Bonne semaine.

A dimanche prochain

Bise