Note : Bon, ben, heureusement que j'avais dit que j'essayerais de publier régulièrement.

Bon, sérieux, je vais vraiment essayer de faire mieux à l'avenir.

En tout cas, j'espère que cette fic vous plaît...

2. Auror Potter

« Alohomora ! s'écria Ron.

— Bien vu. C'est sûr que ça va marcher. »

Hermione toucha de sa baguette la boîte posée sur le bureau. Des rubans verts chatoyants s'échappèrent de la pointe de sa baguette, s'enroulèrent autour de la boîte, devinrent rouges et puis s'engouffrèrent par le trou de la serrure et disparurent. C'était une performance particulièrement impressionnante, mais la boîte resta tout aussi fermée que celle de Ron.

« La solution ne va pas être aussi simple. C'est un défi, Ron.

— Tu t'en sors pas mieux, fit-il remarquer. »

Hermione grimaça et jeta un autre sortilège. Harry soupçonnait qu'elle avait essayé de la faire exploser en mille morceaux. Ça ne marcha pas. Les autres élèves se plantaient eux aussi misérablement. Chacun d'eux avait une boîte en bois sur laquelle était gravé le blason de Poudlard et chacune de ces boîtes était toujours fermée. Assis à son bureau, Flitwick les regardait avec un grand sourire. Il leur avait dit qu'il y avait un cadeau à l'intérieur des boîtes, et qu'ils pourraient le garder s'ils arrivaient à l'ouvrir. Connaissant Flitwick, c'était probablement des bonbons. Et le droit de se vanter de sa réussite, bien sûr.

« Je sais pas pourquoi il a l'air si satisfait de lui, dit Ron en jetant un regard mauvais à Flitwick. S'il avait fait son boulot correctement, Harry aurait pas failli y passer hier.

— Tu es injuste, Ron, intervint Hermione. Beaucoup de gens ont essayé de réparer le château cet été. Ils ont loupé quelque chose ça arrive. »

Harry renifla.

« Tu n'étais pas si calme, hier. »

Hermione rougit et jeta un nouveau sortilège à la boîte – en vain.

« J'étais bouleversée. Ça a été une drôle de journée. »

Ça c'est sûr.

Ron sourit largement.

« Tu as été géniale.

— Je ne suis pas sûre que le professeur McGonagall soit de ton avis, dit Hermione d'une petite voix, même si elle avait l'air contente. »

La veille, McGonagall était arrivée à l'infirmerie pendant que Pomfresh s'occupait des blessures de Harry. Hermione s'était jetée sur elle immédiatement, et avait déclaré que des négligences avaient été commises et que le château était dangereux. Apparemment, les escaliers de Poudlard avaient été ensorcelés longtemps auparavant pour mener les élèves là où ils voulaient aller. Cela s'était vite révélé dangereux, cependant, et les escaliers avaient été modifiés pour qu'ils soient forcés de rester immobiles, ne pouvant bouger que quand personne ne les utilisait.

« Un des sortilèges a dû être annulé en mai. Est-ce que personne n'a pensé à vérifier ? Harry et Malefoy auraient pu être sérieusement blessés aujourd'hui. Ou pire. »

Les lèvres de McGonagall s'étaient transformées en une ligne dure.

« Si vous préférez, Miss Granger, vous pouvez tous faire vos bagages et partir. Je serais très heureuse de gérer la sécurité du château moi-même et de m'assurer que rien n'est oublié. Je pense que vous serez en mesure de revenir et de vous sentir raisonnablement en sécurité… d'ici un an ou deux. »

Ça avait fait taire Hermione. Elle avait eu l'air si piteuse que la Directrice s'était adoucie.

« L'école a été rouverte trop tôt. Je suis d'accord, Miss Granger. Je vais faire part de cet incident au Conseil d'Administration et le Professeur Flitwick va s'occuper des escaliers. Il me semble cependant que les sortilèges récalcitrants sont le moindre de nos problèmes, avait-elle ajouté en regardant le corps immobile de Tommy Wright. »

Harry était d'accord là-dessus. Le garçon était resté dans un état stationnaire. Il était vivant mais ne se réveillait pas. Mme Pomfresh avait admis ne pas encore avoir découvert de quel sort il s'agissait. Elle avait peur que, si elle ne trouvait pas rapidement, ses jours ne soient en danger. Savoir qui avait jeté le sort aurait immensément aidé.

« Tu aurais dû dire à McGonagall que c'était probablement Malefoy, avait râlé Ron la veille, tandis qu'ils retournaient à la Tour de Gryffondor.

— Mais je ne sais pas si c'est vrai, avait répliqué Harry. Et j'ai déjà accusé Malefoy d'avoir jeté un maléfice à quelqu'un, et McGonagall avait pas trop apprécié.

— Mais tu avais raison il y a deux ans ! »

Il avait eu raison à l'époque, mais ça ne voulait pas dire qu'il aurait raison maintenant. Si Tommy vendait de fausses potions hors de prix aux autres élèves, il avait sûrement d'autres ennemis que Goyle et Malefoy, dont certains avaient peut-être un meilleur mobile. Et Malefoy avait eu l'air choqué quand ils l'avaient trouvé. Et tellement effrayé, avant, au septième étage. Il a dû voir quelque chose il doit savoir quelque chose.Harry avait passé un long moment à fixer l'étiquette de Malefoy sur la Carte du Maraudeur, la veille. Malefoy ne s'était pas aventuré hors de son dortoir, ni pour commettre un nouveau forfait, ni pour s'enfuir. Ron avait surpris Harry avec la Carte, mais il s'était contenté de secouer la tête et s'était abstenu de commentaire.

Agacé, Harry revint à sa boîte. Il fallait qu'il arrête de penser à Malefoy. La boîte n'aidait pas. La devise écrite en lettres minuscules sur le blason de Poudlard proclamait : Draco dormiens nunquam titilandus. Le mot Draco semblait être là pour se moquer de lui. Harry jeta un regard vers le fond de la pièce où Drago Malefoy essayait d'ouvrir sa boîte.Il a l'air pâle, pensa Harry. Mais bon, Malefoy avait toujours l'air pâle.

Malefoy jeta toute une série de sorts d'un coup et puis fronça les sourcils. Harry détourna le regard.

« Je serais nul comme Auror, dit-il. »

Hermione réagit immédiatement.

« Ne sois pas ridicule, Harry. Aucun de nous n'a réussi à ouvrir la boîte pour l'instant. »

Elle avait l'air un peu frustrée.

« Ça veut seulement dire que j'avais raison : il nous reste beaucoup à apprendre.

— Je parlais pas de la boîte. Je veux dire pour hier j'aurais dû jeter un Prior Incantato sur la baguette de Malefoy. Comme ça j'aurais su si c'était lui qui avait ensorcelé Tommy. »

Hermione le regarda avec des yeux ronds.

« Oh.

— Tu peux pas le faire maintenant ? demanda Ron. »

Hermione secoua la tête.

« C'est trop tard. L'effet de Retour sur Sort est limité. Malefoy a jeté trop de sortilèges depuis. »

Malefoy en jeta un de plus à ce moment précis, comme pour les embêter.

« Mais… grimaça Ron. Alors Malefoy avait juste à jeter un tas de sorts hier soir après avoir lancé son maléfice à Tommy et le Prior Incantatoaurait servi à rien.

— En théorie, approuva Harry. Mais peut-être qu'il n'y aurait pas pensé. Ou qu'il n'aurait pas eu le temps. Quoi qu'il en soit, j'ai loupé ma chance.

— Ne sois pas si dur avec toi-même, dit Hermione. Tu étais blessé. C'est normal que tu n'aies pas eu les idées claires. »

Harry renifla.

« Ouais, j'imagine bien ma première mission en tant qu'Auror : je serai blessé, le mage noir s'échappera, et je finirai coincé dans un placard parce que je serais pas capable d'ouvrir la porte magique. »

Hermione leva les yeux au ciel.

« Très bien. Si tu veux chouiner, chouine. Mais fais-le en silence. »

Elle jeta un nouveau sortilège à sa boîte.

Un grand bruit les fit tous sursauter. Et puis la classe entière explosa de rire en voyant un Seamus Finnigan écarlate qui se frottait le poignet, une hache qu'il venait de faire apparaître à côté de lui. Il avait apparemment essayé de casser la boîte en deux par la force.
La tête du professeur Flitwick tressautait tellement il riait.

« Pas besoin de violence, je vous assure. Le bon sort et le couvercle s'ouvrira. »

A nouveau ce grand sourire. Il avait vraiment l'air trop content de lui. Harry regarda à nouveau la boîte. Il y avait forcément un truc. Ron n'avait pas forcément tort : la solution devait être quelque chose de simple. Quelque chose auquel il était peu probable qu'ils pensent, mais qui serait logique en y repensant.

Harry plissa les yeux. Le blason de Poudlard commençait à être suspect. Mais c'était peut-être juste que n'importe quoi avec le mot Draco dessus était suspect pour Harry. D'un autre côté, Flitwick aurait pu leur donner des boîtes qui n'auraient pas eu le blason de Poudlard dessus. Soit c'était là pour les induire en erreur, soit c'était un indice. Hermione avait déjà piqué le blason avec sa baguette, mais ça n'avait rien fait.

Draco dormiens nunquam titillandus.

Harry fixa la devise. Et puis cligna des yeux. Oh. Oh. Si vous vouliez forcer quelqu'un à ouvrir la bouche, ou… le couvercle, il y avait un sort qui marchait à tous les coups. Harry tapota la boîte et murmura l'incantation – très doucement pour que personne n'entende son idée ridicule s'il se trompait. La boîte trembla une fois, deux fois, et le couvercle s'ouvrit d'un coup, battant en tout sens jusqu'à ce que Harry annule le sort d'unFinite Incantatem. La boîte se calma et resta ouverte. Un emballage coloré se trouvait à l'intérieur. C'était peut-être une sucette.

Un petit hoquet força Harry à regarder de côté. Hermione fixait sa boîte ouverte, choquée.

« Comment tu as… »

Elle s'interrompit et se concentra à nouveau sur sa boîte.

« Ne me dis pas ! je vais trouver toute seule. »

Elle se mit à lancer des sorts avec une vigueur renouvelée.

« Dis-le à moi, chuchota Ron. »

Harry allait le faire, mais Flitwick apparut à côté de lui.

« Excellent ! Excellent, Mr Potter ! s'écria-t-il de sa voix haut-perchée. Maintenant, si vous voulez bien, prenez votre récompense et puis vous pouvez sortir.

— Oui, Professeur. »

Harry lança un regard d'excuse à Ron, ramassa sa récompense – qui était en effet une sucette – et jeta son sac par-dessus son épaule.

Alors qu'il se tournait pour partir, il entendit Ron siffler et Hermione soupirer.

« Je ne crois pas que le Fourchelangue va marcher, Ron. »

Harry ne put s'empêcher de sourire. Il était déjà à la porte quand il jeta un œil en arrière vers Malefoy. Leurs regards se croisèrent, mais Malefoy se hâta de détourner les yeux.

On en est revenu à ça, alors.

Le couloir était désert et vivement éclairé par le soleil de l'après-midi qui faisait ressortir les petites particules de poussière flottant dans l'air. Cela rappela à Harry qu'il voulait passer à l'infirmerie pour voir si les toiles d'araignées qui avaient recouvert Tommy la veille étaient revenues. Pomfresh n'avait pas pu les faire disparaître magiquement et avait dû les enlever à la main. Aux dernières nouvelles, c'est-à-dire ce matin, elles n'étaient pas revenues. Pomfresh ne parvenait pas à expliquer pourquoi elles se trouvaient là au départ, mais elle pensait que c'était une bonne chose car leur présence pourrait aider à détecter quel maléfice avait été utilisé sur Tommy.

Mais avant de pouvoir passer à l'infirmerie, il avait deux heures de métamorphose. Il ne restait que cinq minutes avant la fin du cours, et Harry ne pouvait pas faire grand-chose d'autre que rester là à attendre Ron et Hermione. Il s'appuya contre le mur mais tressaillit à peine une minute plus tard quand la porte s'ouvrit et que Malefoy déboula dans le couloir. Il fronça les sourcils en regardant Harry.

« N'aie pas l'air si surpris, Potter. Tu croyais vraiment que tu serais le seul à réaliser que les boites étaient chatouilleuses ?

— Je suis davantage surpris que tu n'aies pas ouvert la tienne plus tôt. Je croyais que tu étais un expert pour ce qui était d'ouvrir les portes, les boîtes et les armoires. »

Malefoy le regarda avec froideur, même si ses joues se teintèrent de rose.

« Je ne savais pas que tu étais en admiration devant mes capacités intellectuelles. Ou bien c'est juste que tu es facile à impressionner ?

— Le maléfice jeté à Tommy est plutôt impressionnant. »

L'espace d'un instant, Harry fut certain que Malefoy allait lui mettre un coup de poing. Mais au lieu de ça, il lui tourna le dos.

« J'ai pas besoin d'écouter ça. »

Il changea d'avis deux secondes plus tard, et marcha sur Harry, si proche que le bout de ses chaussures cogna contre celles de Harry. Il était plus grand de quelques centimètres et ça se voyait davantage comme ça, ce qui était sûrement son intention en venant si près. Harry se força à ne pas prendre sa baguette.

« Je n'ai pas jeté de maléfice à Tommy. »

Sa voix était basse. Il avait l'air furieux.

« Pourquoi est-ce que je l'aurais fait ? Parce qu'il m'a donné un coup dans le tibia ? Parce qu'il s'est fichu de Goyle ? Mais t'es con ou quoi ? Goyle a été stupide et a refusé de m'écouter. Tant pis pour lui. Et pour ton information, quand quelqu'un me donne un coup, je le rends, et pourquoi pas plusieurs coups si je peux, mais je ne vais pas jeter un maléfice. »

Les yeux gris pâle de Malefoy semblaient plus sombres maintenant.

« Ce n'est pas un tueur. C'est pas ce que tu as dit à mon procès ? Tu as changé d'avis ? Ou bien tu voulais pas m'envoyer à Azkaban pour pas t'ennuyer cette année à Poudlard ? C'est ça ?

— Ce que je veux, Malefoy, c'est que tu me dises la vérité.

— Je ne lui ai pas jeté de maléfice !

— Pourquoi tu n'étais pas au match ? Qu'est-ce que tu faisais dans le château ?

— Je t'ai dit que je voulais juste…

— Arrête de mentir ! coupa Harry. Tu es arrivé au septième étage complètement essoufflé, comme si tu cherchais à échapper à quelqu'un. Tu dis que tu n'as pas jeté le maléfice à Tommy, très bien, mais tu sais quelque chose. Dis-moi ce que c'est. »

Malefoy secouait la tête.

« Je ne sais rien du maléfice qu'on a jeté à Tommy.

— Alors dis-moi ce que tu sais.

— C'est pas tes affaires ! »

Malefoy avait visiblement eu sa dose. Il fit un pas rapide en arrière, comme s'il s'apprêtait à partir en courant. Instinctivement, Harry agrippa le haut du bras de Malefoy et l'attira plus près. L'autre se figea et ses yeux s'agrandirent. Harry parla doucement :

« Crois-moi si tu veux, Malefoy, mais Tommy Wright n'est pas la seule personne que j'essaie d'aider en ce moment. »

Les joues de Malefoy étaient roses. Il haletait, comme s'il était tellement en colère qu'il n'arrivait même plus à respirer, mais il garda obstinément le silence, se contentant de fixer Harry.

Il va parler. Il va te dire. Ne le lâche pas des yeux.

La cloche retentit. Malefoy libéra son bras et bondit en arrière comme s'il l'avait brûlé. La porte de la salle de Sortilèges s'ouvrit d'un coup. Harry regarda vers la porte et quand il revint à Malefoy, celui-ci était déjà parti. Il ne m'aurait rien dit de toute façon, se consola-t-il. Son cœur battait très vite et quand Hermione fit irruption à côté de lui en s'écriant « N'importe quoi ! », il sursauta.

« Qu'est-ce qui va pas ? demanda-t-il. »

Il espérait qu'il n'avait pas l'air bizarre. Ses joues le brûlaient. Il s'attendait à moitié à ce qu'Hermione remarque quelque chose mais apparemment elle avait d'autres préoccupations.

« Tout ce cours ! souffla-t-elle. Un Sort de Chatouilles ! Franchement. Je pensais qu'on allait apprendre quelque chose. Mais c'était juste une ruse débile.

— Ne va surtout pas imaginer qu'elle est fâchée ou quoi que ce soit, dit Ron avec sérieux.

— Je ne suis pas fâchée. C'était juste tellement sorti de nulle part. A quoi servait ce cours ?

— Je vous assure, Miss Granger, que ce cours avait son utilité. »

Hermione fit volteface pour voir le Professeur Flitwick qui lui souriait. Même si elle était clairement gênée, elle semblait incapable de s'arrêter.

« Désolée, Professeur. Résoudre un problème qui se présente et toujours un exercice utile, je suis d'accord, mais je ne vois pas en quoi ceci pourra nous aider dans le futur. Si on essaie d'ouvrir une porte, je doute qu'on y arrive avec un sort aussi simple, ou qu'il y aura une devise bienpratique pour nous aider. »

Flitwick souriait largement à nouveau.

« C'est là que vous faites erreur, dit-il joyeusement. La devise de Poudlard était là pour vous aider, oui, mais il y a une raison au fait que le Sort de Chatouilles ait pu ouvrir la boîte. Ce n'était pas du tout un hasard. J'ai jeté un grand nombre de sortilèges sur ces boîtes, et vous en avez annulé la plupart, me dois-je de souligner, mais je crois pouvoir dire qu'il aurait été presque impossible pour quiconque de les annuler tous. Je suis un peu un expert, les assura-t-il. Le succès du Sort de Chatouilles est une erreur. J'ai fait exprès de la provoquer, mais beaucoup d'enchanteurs n'ont pas du tout ce but, et pourtant, ça arrive. Quand on fait baigner un objet dans de la magie, trop de magie, en essayant de le protéger, l'objet en question peut développer un certain degré de conscience. L'enchanteur le protège contre les sorts intrusifs et la violence physique et pense que sa mission est accomplie. Et puis quelqu'un se contente de le chatouiller légèrement et l'objet enchanté, qui pense par lui-même, s'imagine qu'il a une bouche, et rit. Un défaut dans l'armure qui reste souvent ignoré. »

Flitwick eut un sourire rayonnant.

« Mais nous en apprendrons davantage sur les petits ratés de la magie au prochain cours que vous trouverez, je l'espère, plus utile. »

Hermione hocha la tête, ayant l'air assez décontenancée. Il se pouvait cependant qu'elle se morde la lèvre simplement pour s'empêcher de demander à Flitwick de lui en dire plus dès à présent. Flitwick fit une petite courbette et prit congé :

« Miss Granger. Mr Weasley. Auror Potter, ajouta-t-il, de l'affection dans la voix. »

Harry sourit largement en le regardant partir. Hermione, par contre, avait l'air piteuse.

« J'aurais dû comprendre, dit-elle tristement. Vous saviez que la porte des toilettes au quatrième étage ne s'ouvre que si vous la chatouillez au bon endroit. Je pensais juste que quelqu'un avait voulu faire une blague. »

Ron fronça les sourcils.

« Heu… c'est les toilettes des mecs, Hermione.

— Oui, bon. Peu importe. J'aurais dû ouvrir cette boîte.

— Pour être juste, tu y aurais certainement réussi si tu avais eu plus de temps, la rassura Harry. Ruse ou pas. »

Il plongea la main dans sa poche et en sortit la sucette.

« Tiens, tu en as plus besoin que moi. »

Elle renifla et la prit.

« Bravo, Harry. Je suis vraiment fière de toi.

— Hé ! s'exclama Ron. Lui fais pas trop de compliments. S'il a remarqué la devise, c'est juste parce qu'il y avait écrit Draco dessus et qu'il est obsédé. De nouveau.

— Mais, heu ! protesta Harry, indigné, même si c'était vrai dans les faits. »

Hermione rit,

« C'est pas faux. »

Cette idée sembla lui rendre sa bonne humeur.

« Mauvais perdants, accusa-t-il. »

Mais ça ne fit que les faire rire davantage. Leur sourire ne disparut que quand il leur rappela qu'ils avaient deux heures de métamorphose ensuite et qu'ils devraient se dépêcher. Leur nouveau professeur de métamorphose, Justus Plunkett, avait du talent en métamorphose mais pas en pédagogie. Le bourdonnement de sa voix parvenait à endormir ses élèves encore plus vite que Binns. Lors d'un cours à marquer d'une pierre blanche, même les yeux d'Hermione s'étaient fermés et sa prise de notes avait ralenti quelque chose dont Ron aimait se souvenir avec tendresse.

C'était donc bien compréhensible, du point de vue de Harry, qu'il passe la plupart de ce cours interminable à jeter des coups d'œil vers Malefoy en espérant capter son regard. Malefoy ne leva jamais les yeux vers lui, cependant, et après le cours il disparut plus vite que son ombre.

L'espace d'un instant, à la sortie du cours de sortilèges, il lui avait semblé non seulement que Malefoy avait quelque chose à confesser, mais qu'il allait le faire. Visiblement, c'était trop demander.

Harry scanna du regard la table des Serpentard au repas du soir, mais Malefoy n'était pas là. Il m'évite. Ce n'était pas le comportement d'une personne innocente.

« Pas obsédé du tout, dit Ron. »

Harry se hâta de reporter son regard à son assiette.

« Bah, désolé. On a un gamin ensorcelé qui dort à l'infirmerie, et je pense que Malefoy en sait plus qu'il n'en dit.

— A propos de quoi ? demanda Ginny qui se glissa sur le banc d'en face. »

Harry était sur le point de répondre, mais Ron le devança :

« Ça s'est passé comment avec Bibine ? »

Ginny grimaça :

« Match nul.

— Le Quidditch ? demanda Harry en fronçant les sourcils. Je pensais qu'ils vous feraient rejouer. »

Ginny se servit une part généreuse de hachis Parmentier.

« Bibine dit que les Cognards n'étaient pas ensorcelés, donc on garde tous nos points. Et après avoir vu les enregistrements de Multiplettes, elle en a conclu que Harper avait vraiment attrapé le Vif d'or en premier.

— Saleté de Harper, grommela Ron. »

Ginny lui jeta un regard sévère.

« Tu n'as pas su ? Harper est toujours à l'infirmerie. Il s'est pris un Cognard en pleine tête. Il est dans le coma. Pomfresh dit qu'il ne va pas mourir mais… il risque d'y avoir des séquelles.

— Oh seigneur, hoqueta Hermione. Quel sport horrible !

— Pas la peine de réagir comme ça, se hâta d'intervenir Ron. Ce genre de choses n'arrive pas souvent.

— Même. Ça serait mieux que ça n'arrive pas du tout !

— Avec nos Batteurs hors-service, commença Ginny, il a dû penser qu'il était à peu près à l'abri des Cognards et il n'a pas fait assez attention. C'était une erreur de jugement. Il a trop fait confiance aux Batteurs de Serpentard. »

Hermione souffla.

« Peu importe de qui c'était la faute. C'est un sport dangereux qui ne sert pas à grand-chose. »

Ginny et Ron avaient l'air mortellement insultés, et même si Harry partageait leur indignation il fut soulagé quand Parvati Patil tapota son épaule, interrompant ce qui menaçait de se transformer en un débat enflammé que Harry avait entendu un nombre incalculable de fois.

Mais son soulagement fut de courte durée. Parvati, les yeux rouges et gonflés, lui donna un petit papier.

« C'est le mot de passe pour le bureau de McGonagall. Elle veut te voir, dit-elle de façon hésitante.

— Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Harry en observant son visage pâli. »

McGonagall lui avait promit qu'elle le tiendrait au courant concernant les escaliers dès qu'elle en saurait plus, mais maintenant Harry craignait que quelque chose d'horrible ne soit arrivé. Les yeux de Parvati s'élargirent.

« Rien ! Je ne sais pas. Un truc à propos des escaliers, je crois. J'ai juste… Je ne pleure pas. j'ai juste un rhume, renifla-t-elle. Un méchant rhume. »

Elle fit demi-tour et s'en allant en reniflant bruyamment. Elle pensa même à tousser un peu. Ron la regarda partir, perplexe.

« C'était quoi, ça ? »

Harry secoua la tête mais Hermione soupira :

« Oh, c'est Anthony, j'en suis sûre. »

Ron et Harry la regardèrent sans comprendre. Ginny eut un reniflement hautain et Hermione secoua la tête.

« Anthony Goldstein, son petit ami. Ça fait des semaines qu'ils se disputent. Apparemment il est très jaloux.

— C'est un crétin, assura Ginny. Elle devrait le larguer. »

Hermione hocha la tête.

« Et par-dessus ça, elle est en froid avec Lavande aussi. »

Ron dit : « Oh » et enfourna un gros morceau de hachis dans sa bouche, un peu trop occupé à ne pas avoir l'air du tout intéressé par ce qui touchait à son ex-petite amie pour que ça soit crédible. Hermione sembla légèrement amusée par son manège.

Harry repéra Lavande alors qu'il se levait pour partir. Elle fixait son assiette d'un œil morose, poussant sa nourriture de sa fourchette. Ses longs cheveux blonds couvraient la moitié gauche de son visage et de son cou, dissimulant les profondes cicatrices laissées par Fenrir Greyback. Maintenant que Harry y pensait, il se rendait compte qu'elle passait la plupart de son temps seule, évitant tant Hermione que Parvati.

Il repoussa l'élan de compassion qui l'assaillit, ne sachant pas quoi en faire. Hermione le tira de ses pensées :

« On t'attendra à la tour. »

Il hocha la tête et prit le chemin de la sortie. Il n'était pas convaincu que McGonagall l'aurait fait venir à son bureau juste pour parler des escaliers. Il se disait qu'elle aurait peut-être de bonnes nouvelles quant à l'état de Tommy, mais il savait que ce n'était qu'un vœu pieu. Ils s'étaient arrêtés à l'infirmerie avant le dîner et Tommy était toujours endormi – et dépourvu de toiles d'araignées, avait remarqué Harry. Il était peu probable qu'un événement miraculeux se soit produit en l'espace d'une demi-heure.

La gargouille qui gardait l'entrée du bureau de la Directrice avait l'air aussi bougonne qu'à son habitude. Harry ouvrit le petit mot de McGonagall et fronça les sourcils. Il n'y avait qu'un seul mot : Magie. C'était un peu bizarre étant donné que Parvati que lui avait dit que McGonagall lui donnait le mot de passe. Ça aurait été un drôle de mot de passe, quand même. Néanmoins, c'est ce qu'il y avait d'écrit sur le mot et Harry ouvrit la bouche pour le dire quand la gargouille se mit à parler.

« Ce qui ne peut pas être conjuré et qu'on ne peut pas faire disparaître ce qui ne peut pas mourir et vit pour toujours. »

Harry grimaça en regardant alternativement la gargouille et le mot. McGonagall utilisait des énigmes et pensait visiblement que Harry avait besoin qu'on lui donne la réponse.

« Magie, grommela-t-il, indigné. »

Il aurait réussi à trouver. On savait forcément ce genre de trucs quand on était ami avec Hermione Granger. Elle leur avait récité les lois de la magie plus de fois qu'il n'avait envie de s'en rappeler.

Il grimpa l'escalier en colimaçon, bien décidé à le faire remarquer à McGonagall. Mais quand il rentra dans son bureau, l'expression sur son visage l'interrompit. Ses traits étaient marqués et inquiets. Même les visages de ses prédécesseurs avaient l'air sombre. Cela dit, c'était toujours le cas. Le portait de Dumbledore, par contre, lui sourit, de la gentillesse dans son regard bleu. Harry revint à McGonagall :

« Professeur ? Qu'est-ce qui ne va pas ?

— Asseyez-vous, Harry, dit-elle gentiment, mais sans sourire. »

Harry s'assit sur l'une des chaises rustiques qui se trouvaient à côté de son bureau, regrettant les fauteuils confortables qui avaient eu la préférence de Dumbledore.
McGonagall posa sa plume et le regarda avec une expression qui ne présageait pas de bonnes nouvelles. Harry se prépara mentalement.

« Comme vous le savez peut-être, commença-t-elle, Rowena Serdaigle avait enchanté les escaliers de Poudlard il y a bien longtemps pour qu'ils soient capables de se déplacer. »

Elle fronça les sourcils, exprimant clairement sa désapprobation.

« Mais chaque escalier est équipé d'un Sortilège de Détection. Ils peuvent bouger autant qu'ils veulent, mais dès que quelqu'un met le pied sur l'un d'eux, il doit s'immobiliser.

— Et le Sortilège ne fonctionne plus ? demanda Harry. Est-ce que ça veut dire que les escaliers ne sont plus… »

McGonagall leva la main et Harry se tut.

« Au contraire, Harry. Les Sortilèges de Détection sont toujours en place. Tous, y compris celui de l'escalier que vous et Mr Malefoy avez utilisé hier. Le professeur Flitwick les a examinés hier et a recommencé aujourd'hui. Il a reconnu son propre travail. Il n'y a aucun doute.

— Ce qui veut dire ?

— Ce qui veut dire que ces escaliers n'ont pas bougé tous seuls. Quelqu'un les a fait bouger. Et je peux vous assure que ce n'est pas quelque chose de facile. »

Harry commençait à comprendre pourquoi McGonagall avait l'air si inquiète.

« Est-ce que vous voulez dire quelque quelqu'un a essayé de me tuer ? »

Ou de tuer Malefoy ?

« C'est ce que je crains. »

Elle frotta ses mains avec anxiété.

« Est-ce que vous avez entendu parler d'Oswald Ardenton ? »

Harry secoua la tête, surpris par le changement de sujet.

« Oh, attendez. »

Un déclic se fit dans sa tête.

« Je l'ai vu aux procès. Et j'ai entendu parler de lui dans les journaux. Il fait partie du Magenmagot. »

Harry ne s'en rappelait que parce qu'Ardenton avait été très opiniâtre et demandé la plus forte sentence pour tous les Mangemorts. Il avait été très mécontent que les Malefoy soient libérés. Et c'est lui qui avait suggéré de créer une brigade d'intervention spéciale « Coup de Poing » pour retrouver les Mangemorts qui couraient toujours. La brigade « Coup de Poing » était célèbre pour interpréter « mort ou vif » comme « mort de préférence ». Ils avaient déjà tué Rabastan Lestrange.

« Alors vous savez qu'il n'a aucune sympathie pour quiconque a été le supporter de Voldemort. Pour le dire gentiment. Par ailleurs, c'est le grand-père de Tommy Wright.

— Oh. Alors… vous pensez que quelqu'un a essayé de tuer Tommy à cause d'Ardenton ?

— Je ne sais que penser. L'un ou l'autre de vous aurait pu être la cible, et l'autre se trouvait simplement au mauvais endroit au mauvais moment. Une chose est sûre : au moins un Mage Noir s'est infiltré dans le château et a attaqué un élève. Le maléfice jeté à Tommy n'est pas un truc de gamin. Je n'ai jamais vu Poppy ne pas réussir à établir de diagnostique jusqu'à maintenant. »

Ce n'était pas Malefoy, alors. Pourtant…

« Est-ce qu'il y aura une enquête ? Est-ce que les Aurors ont un suspect ? »

Harry en avait un. Pas mal de Mangemorts avaient disparu après la bataille. C'était le chaos et les Aurors avaient fait une erreur. Quand le corps brisé de Fenrir Greyback avait été trouvé, sa mort semblait imminente. Il était dans un état catastrophique. Mais le loup-garou était plus résistant que ce qu'on aurait pu imaginer. Il s'était échappé et avait emmené plusieurs Mangemorts avec lui. Deux Aurors avaient perdu la vie.

Un Mangemort en particulier inquiétait Harry. On disait que Rodolphus Lestrange était devenu fou après la mort de sa femme. Il avait déjà assassiné une sorcière qui avait eu le malheur de le reconnaître dans l'Allée des Embrumes et était le suspect numéro un dans deux meurtres de moldus. Il avait été aperçu à Londres juste un mois auparavant, après qu'il ait souffert un autre coup – la perte de son frère.

Les Lestrange s'étaient fait hardis. Et maintenant l'un d'eux était mort et le grand-père de Tommy Wright en était indirectement responsable. Si Rodolphus avait vraiment lancé un maléfice à Tommy et que Malefoy l'avait vu dans le château, que ferait Malefoy ? Rodolphus n'était pas de son sang, mais il était de sa famille. Et il en savait probablement plus sur les Malefoy que n'importe qui d'autre. Le dénoncer n'aurait pas été facile. Lestrange aurait pu lui faire du chantage pour forcer Malefoy à l'aider.

« Il n'y aura pas d'enquête, j'en ai peur. »

Le dépit dans la voix de McGonagall était palpable.

« Le Conseil d'Administration soutient qu'il arrive que des élèves tombent dans les escaliers et que Tommy Wright devrait être examiné par desexperts à Ste Mangouste. Comme si Poppy n'était pas une meilleure Guérisseuse qu'eux tous fichus ensemble, tempêta-t-elle. Au moins Oswald Ardenton est raisonnable. Il était ici ce matin et il pense aussi que Tommy devrait rester ici.

— Il ne peut pas faire quelque chose ? Ou bien Kingsley ?

— Ils ne peuvent pas faire grand-chose tant que le Conseil d'Administration soutient que c'est juste moi qui délire. Et ils ne veulent pas créer la panique. Kingsley peut s'arranger pour vous mettre en sécurité… »

Harry ouvrit la bouche pour protester mais McGonagall poursuivit :

« Et bien sûr nous avons tous conclu que vous n'accepteriez jamais. »

Elle lui jeta un regard dédaigneux.

« Ce qu'il nous faut c'est des Aurors sur le terrain de l'école pour protéger les élèves, mais on ne les aura jamais sans preuve que des intrus ont pénétré ici. Même Kingsley ne peut pas aider il ne peut pas justifier de mettre des Aurors ici alors que ses effectifs sont si réduits. On a perdu trop de gens dans cette guerre. »

Harry réfléchit un instant. Il pouvait comprendre que le manque de preuves rendait toute action difficile. Il était courant que des élèves de Poudlard se blessent ou reçoivent des sorts perdus voire des maléfices. On n'appelait pas des Aurors pour ce genre de choses. Il leur fallait des preuves. Ou un témoin.

« Et si quelqu'un avait vu un Mangemort dans le château ? Là ils nous enverraient des Aurors, n'est-ce pas ? »

McGonagall lui jeta un regard aigu.

« J'espère que vous n'êtes pas en train de suggérer que nous mentions ?

— Non, bien sûr que non ! se hâta de répondre Harry. C'est juste… c'est juste que je crois que Malefoy a peut-être vu quelque chose.

— Il en a parlé ?

— Non. »

Harry s'agita sur sa chaise.

« Mais avant qu'on ne trouve Tommy, j'ai vu Malefoy au septième étage. On aurait dit qu'il essayait d'échapper à quelque chose. Ou quelqu'un. Il était terrifié. »

McGonagall l'observa.

« Et puis-je demander ce que vous faisiez dans le château pendant le match ? Je vous ai vu partir tout au début.

Harry aurait voulu ne pas avoir à expliquer ça, particulièrement à McGonagall. Il avait peur qu'elle n'en déduise, comme Ron et Hermione, qu'il était obsédé par Malefoy. Il n'avait plus vraiment le choix, cela dit, maintenant qu'elle avait posé la question.

« J'ai remarqué que Malefoy n'était pas au match, et j'ai trouvé ça bizarre, alors j'ai voulu le retrouver. »

Le front de McGonagall se plissa davantage.

« Vous soupçonniez Malefoy de quelque chose avant que tout ça n'arrive ?

— Et bien en fait, juste avant le match, Goyle se battait avec Tommy Wright dans le Grand Hall. Malefoy s'en est mêlé et Tommy lui a donné un coup de pied et s'est enfui. Quand je n'ai réussi à trouver ni Malefoy ni Tommy dans les gradins, j'ai pensé que peut-être Malefoy voulait lui faire payer le fait d'avoir été humilié devant tout le monde. »

McGonagall ne l'accusa pas d'être obsédé. Elle avait surtout l'air surprise.

« Mais alors… vous pensez que Drago Malefoy lui a jeté le maléfice ?

— Non, plus maintenant. Malefoy était sur les escaliers quand ils ont bougé. S'il les avait ensorcelés, il les aurait sûrement évités.

— Non. Vous avez mal compris, Harry. Les escaliers n'étaient pas enchantés ainsi. Si c'était le cas, nous le saurions. La seule façon de les faire bouger était de vraiment les pousser magiquement. Avec un Sortilège Repoussant, par exemple. Très puissant. Cela veut dire qu'il y avait quelqu'un avec vous, caché.

— Alors… Malefoy était celui qui se tenait au bord du vide. Ce devait être lui la cible. Soit il a vu quelqu'un, soit il l'a aidé à rentrer dans le château et cette personne aura voulu éliminer un témoin.

— Vous pensez qu'il aurait fait rentrer un Mangemort dans l'école ? Je sais qu'il l'a fait par le passé, mais vous avez parlé en sa faveur à son procès. »

Harry sentit l'aiguillon de la culpabilité. Ça avait été l'argument de Malefoy également. Et ce n'était pas faux.

« Parce que si vous pensez que Drago Malefoy est un danger, ajouta-t-elle, je suis tout à fait prête à le faire renvoyer.

— Non ! protesta Harry aussitôt. Non… Franchement, professeur, je ne sais pas ce qu'il pourrait faire ou pas. Là où on en est, il pourrait partir dans un sens comme dans l'autre. J'ai parlé en sa faveur, comme vous dites, parce que je pensais qu'il méritait qu'on lui laisse une chance, une chance qu'il n'avait pas eue auparavant. Et je pense que même si il avait aidé un Mangemort à rentrer dans le château, ce serait parce qu'il y a été contraint. Il a été entouré par ces gens toute sa vie. Il sait de quoi ils sont capables. Il est possible qu'il ait juste eu peur. Ou qu'on l'ait forcé, qu'on lui ait fait du chantage. Je ne crois pas qu'on devrait le renvoyer je crois qu'on devrait l'aider. »

McGonagall se frotta les tempes.

« Est-ce que ce sont vos mots ou ceux de Dumbledore ? »

Harry cligna des yeux.

« Les miens ! »

Il jeta un coup d'œil à son portrait mais Dumbledore était ostensiblement absorbé par la contemplation de ses cuticules.

« Mais bon, je suppose que le Professeur Dumbledore serait d'accord avec moi.

— En effet. »

McGonagall soupira, mais son regard était plein d'affection. Harry détourna les yeux. Il ne savait pas si cette affection était dirigée vers lui ou s'il lui rappelait juste Dumbledore. Dans un cas comme dans l'autre, ça lui serrait le cœur.

« Très bien, alors, dit-elle, et Harry osa relever la tête. Je parlerai à Mr Malefoy. »

Harry hocha la tête. Il savait que ce ne serait pas poli de faire remarquer que Malefoy ne dirait probablement rien. Cela dut se voir sur son visage, cependant, parce que McGonagall ajouta :

« Ça vaut la peine d'essayer. J'ai aussi envoyé un hibou à ces experts à Ste Mangouste pour qu'ils parlent avec Poppy. J'espère qu'une fois qu'ils auront reconnu qu'ils ne peuvent pas plus qu'elle émettre un diagnostique concernant Mr Wright, le Conseil d'Administration sera plus disposé à m'écouter. En attendant… »

McGonagall lui jeta un regard sévère et Harry sut ce qu'elle s'apprêtait à dire.

« Je compte sur vous pour être prudent. Nous ne savons pas si la personne qui était ici a obtenu ce qu'elle voulait ou si elle reviendra. Peut-être n'étiez-vous pas la cible cette fois-ci, mais i coup sûr des Mages Noirs en liberté qui aimeraient vous savoir mort. Je préférerais ne pas avoir à dire ça à un élève, mais je suis sûre que vous en avez conscience de toute façon. J'aurais voulu… j'aurais voulu que vous puissiez avoir au moins une année en paix. »

Elle avait vraiment l'air triste. Harry haussa les épaules.

« Je m'ennuierais sûrement. »

Son regard était sévère mais sa bouche frémit.

« Allez, ça suffit maintenant, dit-elle. Vous devriez être en train de réviser. Le monde sorcier manque d'Aurors. Mais rappelez-vous que vous n'en êtes pas encore un, d'accord.

— Je serai prudent, dit Harry. »

Il se leva en souriant. Il hésita un moment mais ne put s'en empêcher :

« Vous savez, Professeur, ce n'était pas la peine de m'envoyer la réponse à votre énigme. Sincèrement. »

McGonagall grogna.

« Mes excuses, Potter, dit-elle solennellement. »

Harry aperçut Dumbledore dont les yeux bleus pétillaient et ajouta avec un sourire :

« Même si je tiens à dire que « Amour » aurait marché aussi. »

McGonagall pinça les lèvres on aurait dit qu'elle essayait de retenir un sourire.

« En ce cas je contrerais en disant que l'amour est une forme de magie. »

Harry se mit à rire.

« Bien vu. »

Alors qu'il marchait vers la porte il entendit Dumbledore dire :

« Oh, Minerva, je ne savais pas que vous étiez une telle romantique. »

Harry sortit en souriant. Un élève avait été victime d'un maléfice, et c'était quelque chose d'horrible, mais une petite part d'Harry ne pouvait s'empêcher de se sentir heureux. Et utile, à nouveau. Tandis qu'il descendait les escaliers, il ne put s'empêcher de penser que c'était une bonne chose qu'il soit revenu à Poudlard.

Je pourrais bien capturer quelques Mangemorts après tout.