Titre : Shippu ! Konoha Gakuen Den !
Auteur : Mokoshna
Manga : Naruto
Crédits : Naruto est la propriété de Masashi Kishimoto.
Avertissements : UA High School, probablement du Yaoi par la suite, et du SasuNaru en prime. Je tiens à préciser que je n'ai mis aucune volonté artistique ou quoi que ce soit dans cette fic, je le fais juste parce que je le peux.
Blabla de l'auteur : Hahaha ! Je m'amuse beaucoup à écrire ce truc. Pour une fois que le scénario est simple et déjà posé ! Même la relation entre Sasuke et Naruto est facile à retranscrire !
Comme je ne me foule pas beaucoup pour l'instant (les chapitres sont plus courts que ce que je fais d'habitude) et que j'ai un jour de repos, voici déjà le deuxième chapitre (de toute manière, je déteste laisser un premier chapitre tout seul). Je vais essayer de finir tout ça très vite, comme ça je pourrai me concentrer ailleurs. Ou pas. Comme toujours, ça tient au caprice.
Merci de votre fidélité et bonne lecture !
2
Bouge de là !
Première victoire !
Baston et ramen : c'étaient là les choses que Naruto préférait au monde (il y avait aussi Iruka mais il n'était pas une chose, alors ce n'était pas pareil). Rien de tel après un bon combat à mains nues duquel il était sorti vainqueur qu'un bon ramen fumant à savourer ! Seulement voilà : cette fois, on ne pouvait pas trop dire que Naruto était vainqueur, même s'il n'était pas non plus perdant. En fait, n'importe quel observateur un tant soit peu impartial aurait pu dire qu'il s'agissait d'un match nul tout ce qu'il y a de plus honorable.
Son combat avec Sasuke s'était prolongé jusque tard dans la soirée, jusqu'à ce que le portable de ce dernier sonne brusquement au milieu d'une prise de catch (pour faire court, Sasuke avait empoigné le bras de Naruto et s'était assis sur lui. Pas pour longtemps : s'il n'y avait pas eu ce fichu coup de fil, Naruto lui aurait décroché un coup sur le nez afin de reprendre l'avantage, et tant pis s'il se déboitait une épaule dans le processus). Il décrocha d'un geste rageur, aboya un « Allô ! » peu avenant qui aurait fait fuir un bouledogue, et se tint soudain coi au-dessus de Naruto.
— Ok, fit-il, considérablement calmé. Je rentre.
Et sans préavis, il relâcha Naruto et s'éloigna d'un pas incertain, non sans avoir au préalable récupéré son sac. Naruto se leva d'un bond, furieux : on ne délaissait pas un combat aussi magnifique comme ça ! Pas jusqu'à ce qu'au moins l'un des deux opposants ne s'écroule sur le sol, complètement anéanti par la force et la détermination de son adversaire et laissant échapper dans son dépit un filet de bave !
— Qu'est-ce tu fous ? Tu te barres ?
— J'ai autre chose à foutre de ma vie que me battre avec toi, grogna Sasuke.
— Reviens ! Lâche !
Naruto se jeta sur lui, bien décidé à l'arrêter coûte que coûte. Sasuke fit un pas de côté et le gratifia d'un regard glacial.
— Lâche-moi, tu veux ? Je ne te dois rien. Si tu veux t'amuser à casser la gueule au premier mec venu, c'est ton choix, mais me mêle pas là-dedans.
Naruto serra les poings.
— Tu ne peux pas partir comme ça ! Nous n'avons pas fini !
Les épaules de Sasuke s'affaissèrent de consternation. Puis, brusquement, il éclata de rire, mais ce son n'avait rien de très réjouissant ; au contraire, on y discernait aussi bien de la colère qu'une dose non dissimulée de dégoût.
— On a qu'à dire que tu as gagné, finit-il par dire. Ça te va, tête de nœud ?
— Pas du tout !
— Je n'ai pas de temps à perdre avec un idiot dans ton genre.
Naruto aurait voulu trouver le moyen d'obliger Sasuke à reprendre le combat, mais même en faisant abstraction du ton qu'il avait utilisé en lui disant ces derniers mots, il sentait bien que celui-ci ne voulait plus se mesurer à lui. Il n'y avait plus la moindre aura combattive en lui ; juste le désir d'en finir au plus vite. Dans ces conditions, cela n'aurait donné qu'un affrontement bâclé.
Qu'à cela ne tienne. Naruto n'allait pas abandonner maintenant, pas quand il avait enfin trouvé un adversaire à sa taille !
— Je te défie ! hurla-t-il encore, un sourire ravi sur les lèvres.
Sasuke lui jeta à peine un regard.
— Je t'ai déjà dit que je ne voulais plus me battre. T'es bouché ou quoi ?
— Pas forcément maintenant, continua Naruto, sûr de lui.
Il l'avait trouvé, ce rival dont il avait tant rêvé. Chaque grand chef de gang crédible se devait d'avoir un rival dans la vie ; et ce rival, il en était certain à présent, ce serait Sasuke, personne d'autre. Peut-être pourraient-ils se trouver une fille en commun à aimer pour que l'illusion soit complète ? Une interface féminine qui par son charme et sa beauté, illuminerait leur relation chaotique d'une note amoureuse ?
— Tu seras mon rival éternel ! s'écria-t-il, fier de lui, en dressant le poing.
— Hein ?
Le visage incrédule de Sasuke resta longtemps gravé dans sa mémoire. Qu'à cela ne tienne : s'il n'en était pas convaincu, Naruto n'aurait qu'à le défier encore et encore jusqu'à ce qu'il le reconnaisse !
— Je t'ai choisi. Tu seras l'homme de ma vie.
Sasuke devint brusquement écarlate. Comme c'était bizarre...
— Qu'est-ce que tu racontes encore comme saloperies, face de renard ! Tu... tu... Retire ce que tu viens de dire ! T'es con ou quoi ?
Naruto vit rouge. Combien de fois encore ce type allait-il nier l'évidence ? Ils étaient faits pour être rivaux, un point c'est tout ! Naruto ne voulait de personne d'autre à part Sasuke ! C'était donc si difficile à comprendre ? Ce garçon était plus idiot que lui, ou quoi ?
— Eh, je te dis juste la vérité ! Tu seras l'homme de ma vie, que tu le veuilles ou pas !
Sasuke bégaya encore quelques paroles incompréhensibles, puis, la face tellement rouge qu'il ressemblait à une écrevisse dotée d'une perruque brune, il s'en alla à grands pas en évitant de croiser le regard de Naruto.
— Ça va pas en rester là ! lui cria Naruto. Tu pourras pas me fuir longtemps, Sasuke !
— La ferme ! fut la dernière chose qu'il entendit avant que Sasuke ne disparaisse au détour d'un mur.
Naruto croisa les bras, satisfait. Quelle journée mémorable ! Non seulement il avait fait une forte impression sur ses camarades et sans doute l'école toute entière, mais il avait également trouvé le rival de son existence ! C'était réellement un jour à marquer d'une pierre blanche ! Plus tard, quand il serait enfin devenu le plus grand chef de gang du Japon et que Sasuke serait dans la faction rivale (ou peut-être deviendrait-il le numéro deux de son gang, qui sait ?), ils se remémoreraient cet instant avec nostalgie, en buvant ensemble une bonne coupe de sake. Puis ils iraient échanger quelques coups jusqu'à ce qu'ils n'en puissent plus et s'écroulent de fatigue et d'ivresse.
Ah, la vie était décidément magnifique ! Il ne lui restait plus qu'à s'enfiler un bon ramen sur le chemin de retour, et ce serait la totale !
o-o-o
Sasuke se força à garder une allure constante de bolide jusqu'à ce qu'il dépasse le portail de l'école. Pas question de se laisser rattraper par cet imbécile de Naruto et ses idées débiles ! L'homme de sa vie, il lui en foutrait des hommes de sa vie ! Si Sasuke n'avait pas été aussi pressé, il serait bien resté un peu pour lui foutre dans la tronche, histoire de lui apprendre à tenir sa langue !
— Arrgh, grommela-t-il entre les dents, qu'est-ce que j'en ai à foutre de ce que ce con a à dire ? S'il est pédé, c'est son affaire !
Il n'empêche, ça l'avait plus ébranlé qu'il ne le pensait, si on en croyait ses genoux tremblants qu'il s'efforçait de garder stables en marchant à toute allure et ses joues qui chauffaient si fort qu'il avait l'impression d'être un sapin de Noël illuminé. Il n'aurait jamais dû écouter ce type ! Il aurait dû le laisser planté là dès la première fois qu'il lui avait adressé la parole !
— Sasuke ?
La voix timide d'une jeune fille le tira de sa torpeur. Sans qu'il se soit aperçu de quoi que ce soit tellement il était plongé dans ses pensées, il s'était arrêté pile devant un groupe de Plus. Il y avait Sakura, celle qui venait de lui parler à l'instant, mais aussi Hinata, son cousin Neji (aussi président du Conseil des élèves), Shikamaru et Chôji. Ils étaient tous assis à un carrefour, quelque part entre la cinquième et la sixième avenue. Sasuke leur jeta un regard paniqué : avaient-ils deviné ce qui l'agitait à ce point ? Sakura rougit quand il la dévisagea.
— Tu n'as pas l'air dans ton assiette. Je peux faire quelque chose pour t'aider ?
Une idée folle germa dans la tête de Sasuke. En temps normal, il n'y aurait même pas pensé, mais ce qui venait de lui arriver n'était pas exactement normal.
— Oui. Reste immobile.
— Qu...
Avant que Sakura ait pu poser sa question (et ainsi l'énerver comme elle savait si bien le faire), Sasuke lui saisit les épaules et, inspirant bien fort pour se donner du courage, il lui colla un baiser humide sur les lèvres. Un cri général se fit entendre : celui des Plus qui les fixaient dans la surprise la plus totale.
Un grand silence se fit. Quand il lâcha enfin Sakura, Sasuke remarqua que le regard de celle-ci s'était fait plus lointain. Elle affichait un sourire béat sur les lèvres. Quant aux autres, ils étaient, pour dire vulgairement, sur le cul.
— Sasuke... susurra Sakura, visiblement aux anges.
C'était écœurant. Sasuke avait envie de vomir. Même si la sensation n'était pas la même qu'avec Naruto...
— Comment ça, pas la même ? dit-il à voix haute. Bien sûr que c'est la même !
Ces derniers mots finirent de jeter le trouble dans l'assemblée.
— Euh... Sasuke ? fit Shikamaru, hésitant. Tu vas bien ? Tu te rends compte que tu viens d'embrasser Sakura, et qui plus est devant tout le monde ?
Sasuke lui jeta un regard noir.
— C'est pas grave, oublie ce que je viens de dire ! s'empressa d'ajouter Shikamaru, visiblement au comble de la confusion.
Même avec toute la mauvaise volonté du monde, Sasuke n'arrivait pas à lui en vouloir. Pas exactement. Après tout, ce n'était ni de sa faute, ni de celle de Sakura, même si celle-ci aurait pu être plus avisée et éviter de se trouver sur sa route. Ou quelque chose du genre.
Il s'éloigna sans un mot, sans un regard vers ses camarades qui ne bougeaient plus de peur de faire un faux pas qui aurait pu entraîner la fin du monde (Sasuke venait d'embrasser volontairement une fille ! On était sûrement proche de la fin du monde !).
— Sasuke...
Sakura leva la main vers lui, sans oser le toucher. Elle semblait si fragile que Sasuke n'eut pas le cœur de lui reprocher d'être la première fille sur laquelle il était tombé (Hypocrite ! ne cessait de lui hurler sa conscience. Sale type ! Faux jeton !).
— Écoute, Sakura, fit-il avec une grimace, oublie ça, tu veux ? Je me suis gouré. Je me sentais pas bien.
— Mais...
— On en reste là. Désolé.
Il détourna les yeux sans rien ajouter de plus. Qu'est-ce qu'il aurait pu dire, d'ailleurs ? Qu'il l'avait embrassée juste pour essayer d'oublier le fait que le nouveau, Naruto Uzumaki, venait de lui faire une déclaration enflammée après avoir passé un bon moment à lui taper dessus ? Il aurait eu l'air de quoi ? Et il n'allait sûrement pas dire que cette déclaration idiote l'avait troublé, lui qui d'ordinaire ne se laissait approcher par personne, lui qui était considéré à juste titre comme le glaçon de l'école, le type le plus cool mais aussi le moins abordable...
Neji se planta devant lui, le visage grave. Ils n'étaient pas exactement amis mais se connaissaient depuis très longtemps, à cause des relations professionnelles qui unissaient leurs familles. Même Hinata, qui était pourtant la fille aînée du PDG de la Hyûga Corp, n'était pas aussi proche de Sasuke (si on pouvait appeler « proche » la drôle de relation qu'ils avaient). Sasuke soupira intérieurement : même si Neji n'appréciait pas tellement Sakura, par égard pour sa cousine qu'il adorait et dont Sasuke venait d'humilier l'amie, il se devait d'intervenir.
— Ce n'est pas très correct, ce que tu viens de faire, dit-il.
— Je... suis désolé. J'ai eu une très mauvaise journée.
— Cela n'excuse pas ton acte.
— Je sais. C'est à cause de Naruto...
— Naruto ?
Neji haussa un sourcil de confusion. Shikamaru vint à sa rescousse, un ricanement sur les lèvres.
— Naruto Uzumaki, le nouveau. Un sacré phénomène, celui-là.
Les yeux de Sakura flambèrent de colère, ce qui fit encore soupirer Sasuke. Il avait eu tort : plutôt que de rester s'expliquer avec Neji, il aurait dû partir aussitôt. Il était maintenant trop tard : à cause de la drôle d'obsession que Sakura avait pour lui, elle allait sûrement essayer de le venger ou tout autre absurdité du genre.
— Cette espèce de brute ! Il a encore essayé de t'attaquer, c'est ça ?
— Pas seulement essayé, si vous voulez mon avis, intervint Chôji. Eh, Sasuke, c'est lui qui t'a foutu ces bleus ?
Sasuke eut envie de gémir tant il était embarrassé. Ça n'était pas censé se passer comme ça ! Il n'avait pas de temps à perdre avec cette histoire !
— Je suis tombé, mentit-il. Bon, si vous voulez bien m'excuser, je dois y aller. Encore désolé, Sakura.
Et il laissa tout le monde planté là.
o-o-o
Shikamaru fut le premier à hausser les épaules. Tout le monde savait que Sasuke était bizarre et un peu antisocial. Qu'il ait embrassé Sakura ne prêtait pas à conséquence, pas vraiment : tous les adolescents faisaient des expériences de ce genre. Il avait lui-même embrassé Ino avant de décider qu'elle n'était vraiment pas son type. Quant à Sakura, même si elle était assez fleur-bleue dans son genre, elle n'en était pas à sa première expérience puisqu'elle était déjà sortie avec Kiba et un garçon de dernière année dont il avait oublié le nom. En ce moment, elle s'intéressait à Sasuke mais c'était peine perdue, selon son humble avis : à part ce petit incident qu'il s'était d'ailleurs empressé de dénigrer, Sasuke ne semblait pas du tout, mais alors pas du tout intéressé par elle.
Alors que Shikamaru était plongé dans ses réflexions, quelqu'un lui tapa rudement sur l'épaule, menaçant de le faire tomber. Il jeta un regard mécontent à Kiba qui était arrivé sur leur lieu de rendez-vous.
— Désolé du retard ! s'écria-t-il, un sourire goguenard sur les lèvres. J'ai eu un mal fou à semer ma chieuse de sœur.
Devant le silence qui suivit, il fronça les sourcils.
— Vous en tirez des tronches ! Il s'est passé quelque chose ?
— Ben... commença Chôji.
Kiba l'ignora quand il aperçut Sakura.
— Eh, Sakura, t'es libre ce soir ?
Depuis leur rupture, Kiba n'arrêtait pas d'essayer de se remettre avec la jeune fille. En pure perte : Sakura l'avait largué de son plein gré et elle n'était pas prête de revenir avec. Il était trop collant, d'après elle, un vrai chien qui la suivait à la trace et allait jusqu'à mordre ceux qu'il considérait comme ses rivaux.
— Laisse tomber, Kiba, grommela-t-elle.
Il ne se laissa pas décourager pour autant.
— Pourquoi t'es toute rouge comme ça ? C'est la joie de me voir ?
— On a vu Sasuke, dit Shikamaru.
— Oh.
La déception se lisait sur le visage de Kiba. Pauvre type ! Shikamaru était curieux de voir quelles expressions il était capable d'arborer si on le provoquait un peu. Ce n'est pas qu'il aimait s'attirer des ennuis, mais s'il pouvait se débarrasser d'un énergumène aussi chiant que Naruto ou au moins le forcer à se calmer un peu, ce ne serait pas de refus. Ce garçon dérangeait la tranquillité de leur école ; et ça, c'était pas terrible s'il voulait continuer sa vie peinarde comme avant. Shikamaru connaissait le type de Naruto : il était du genre à attirer les emmerdes, une vraie bombe à retardement qu'il fallait neutraliser avant qu'elle ne leur explose à la face. C'est pourquoi il dit calmement :
— Il a embrassé Sakura.
Comme prévu, Kiba se mit dans une rage folle et voulut lui casser la gueule. Sakura intervint alors pour lui dire que s'il touchait à Sasuke, elle ne lui parlerait plus jamais. Ne restait à Shikamaru que la touche finale.
— C'est à cause de Naruto Uzumaki.
Chôji lui jeta un drôle de regard mais s'empressa de confirmer ses dires.
— Ouais, il a fait un truc à Sasuke. Quand il est parti, je crois qu'il boitait un peu.
Kiba devint tour à tour blanc, puis vert, puis rouge. Il finit par hurler un chapelet d'injures qui força Neji à boucher les oreilles de Hinata avec ses mains. Cette dernière était toute tremblante tellement elle avait peur, mais ce n'était qu'un détail : Hinata était si timide qu'un rien la faisait sursauter. Pas comme sa deuxième meilleure amie après Sakura, Ino, qui avait pour sale manie de dire tout ce qui lui passait par la tête. Elles formaient d'ailleurs un drôle de groupe, celles-là, mais Shikamaru pouvait bien parler, lui qui était ami avec Chôji (comme contraste physique avec lui on faisait rarement pire !) et qui s'entendait très bien avec Shino, le goth rasta de la classe.
Shikamaru sourit. Kiba avait le sang chaud, c'était indéniable ; en plus, il était d'une fidélité à toute épreuve envers ses amis. Sasuke comptait parmi ceux-ci, pour il ne savait quelle inexplicable raison (c'était d'ailleurs pour cela que Kiba ne lui cherchait pas trop d'histoires en temps normal même s'il était la cible amoureuse de la fille qu'il aimait). Que quelqu'un ose s'attaquer à ses amis, et son sang ne faisait qu'un tour !
— Uzumakiii... fit-il d'un air menaçant.
C'était réglé : dès le lendemain, Kiba lui foutrait la raclée de sa vie, à ce type insupportable qui osait troubler le calme du lycée Konoha. Shikamaru bailla, satisfait.
À côté de lui, Neji fronça les sourcils.
o-o-o
Le lendemain, la rumeur comme quoi Naruto avait flanqué une raclée à Sasuke se répandit comme une traînée de poudre, confirmée par l'absence de ce dernier en classe. Chacun y mettait du sien : regards en coin, chuchotements peu rassurants sur son passage, il y en avait même parmi les premières années qui fuyaient dès qu'il pointait le bout de son nez. Cela sembla ravir l'intéressé qui parada dans les couloirs comme si l'école lui appartenait déjà.
À midi, Naruto était devenu la célébrité du coin, le gars qu'il ne fallait pas toucher si on ne voulait pas se retrouver à l'hôpital. On se demanda pourquoi les profs n'intervenaient pas ; un type aussi dangereux devait être arrêté ! Il fut exclu de tous les groupes, on ne lui adressa pas la parole de la matinée, ce qui lui parut très bien puisqu'il ne cessa pas de sourire tout du long. Sur ordre de Neji, les Plus l'évitèrent comme la peste, même Kiba. Le feu d'artifice vint un peu avant que la sonnerie de reprise des cours ne retentisse.
Pour la petite histoire, Naruto n'était pas le premier à se réclamer chef de gang dans la ville. Konoha avait une longue tradition de gangsters et de mauvais éléments parmi ses citoyens ; ce qui était assez paradoxal vu que sa plus prestigieuse école réunissait l'élite du pays en son sein. À quelques rues de là à peine, se trouvait un autre établissement plus délabré qui regroupait la racaille du coin : le lycée Kuroki. Parmi ses élèves, il y en avait un en particulier qui avait attiré l'attention de la ville de par ses mauvaises actions. Il s'appelait Ken Muraki, avait la vingtaine passée (on ne connaissait pas son âge exact, ce qui rajoutait à sa légende vu qu'il était au lycée depuis un paquet d'années déjà) et avait déjà fait deux ou trois séjours en prison pour avoir blessé grièvement plusieurs de ses camarades et de ses professeurs. Il traînait sur son sillage une bonne vingtaine de sous-fifres tous plus forts et dangereux les uns que les autres, les pires voyous de cette partie de la ville. Il y avait aussi quelques filles dans son groupe, mais elles n'étaient pas plus fréquentables que leurs alter-ego masculins, c'est pourquoi aucun garçon de bonne famille n'osait les approcher malgré leurs tenues parfois légères.
Ce fut ce même Muraki qui se présenta devant l'entrée du bâtiment principal, trois de ses meilleurs hommes (et une femme habillée en yankee) en renfort. Ils semèrent la pagaille en demandant partout, et pas de manière polie mais en empoignant les élèves qui passaient par le col de leur uniforme, où se trouvait la nouvelle grande gueule qui avait osé se présenter comme le chef du coin sans que Muraki ait été consulté. Lorsque Naruto, attiré par le bruit infernal des cris de leurs victimes, descendit dans la cour voir ce qui se passait, il se retrouva cerné par quatre gars pas commodes et une espèce de furie chevelue en jupe qui le dévisagèrent comme s'il n'était que de la merde sur leurs chaussures.
Pas du tout affecté, Naruto se mit à sourire de toutes ses dents.
— C'est toi, Naruto Uzumaki ? grogna Muraki.
Il était énorme, sentait fort la sueur et sa coiffure gominée (mais pas autant que l'un de ses gars qui arborait une superbe banane), digne des gangs des seventies, avait une texture de papier mâché très désagréable à regarder. Naruto observa longuement sa face de vieux yakusa avant de se dire qu'il ne valait pas tout le raffut qu'il causait.
— Ouais ? Qui le demande ?
— Je suis Ken Muraki, le plus grand chef de gang du coin ! C'est-y pas toi qui crie partout que tu vas prendre ma place, p'tite merde ?
— Et si c'est le cas ? Tu vas me faire quoi, face de pet ?
— Quoi ?!
Le visage de Muraki se contracta en une grimace très laide. Naruto se cura l'intérieur de l'oreille avec l'auriculaire, pas concerné pour deux sous.
— Je pensais que le chef de gang du coin avait la classe, mais je m'étais trompé. Tu sais que dans le genre moche, tu places la barre très haut, gueule de singe ? Et c'est quoi ce look de vieux ? Combien de temps tu comptes rester à l'école, connard ?
Personne ne fut surpris quand Muraki se mit à hurler de toute la force de ses poumons, menaçant Naruto de l'émasculer s'il ne retirait pas immédiatement ce qu'il avait dit. Sa patience, loin d'être aussi légendaire que son caractère de chien, tint trois bonnes secondes avant qu'il ne s'élance sur Naruto, sa barre de fer à la main, pour lui arranger son compte.
C'était exactement ce qu'attendait Naruto. Vaincre ce gorille décérébré serait une partie de rigolade après sa baston avec Sasuke, c'est pourquoi il se contenta de sortir de ses poches les armes qu'il utilisait pour les petits joueurs dans son genre : trois yoyos à son effigie qu'il manipulait depuis l'âge de cinq ans. Tout en hurlant une série de « Dattebayo ! » déchaînés (son cri de guerre officiel), il fit jouer du yoyo sur la face de Muraki et de ses hommes. Pris par surprise, incapables d'esquiver les coups, les quatre hommes se retrouvèrent bientôt à terre, le corps couvert de bleus et de meurtrissures (la fille avait depuis longtemps filé). Puis, tel un preux conquérant s'éloignant sur fond de soleil couchant, il passa tranquillement le portail pour rentrer chez lui, sous les regards éberlués de ses camarades.
Évidemment, dans ces conditions, personne n'osa lui rappeler que les cours n'étaient pas encore finis...
À suivre...
