Note: Et voilà le chapitre suivant! J'espère que vous aimerez, puisqu'il s'agit du dernier ;)
Réponses aux reviews:
cally: Merci, je suis contente que tu ai aimé :) Du coup voilà la suite ;) merci d'avoir reviewé!
Esu-chan: Eh bien tu vas voir si les choses s'arrangent ou pas dans ce chapitre final ;) Merci beaucoup de ta review, je suis contente que tu aimes cette fic!
CHAPITRE 2
La semaine se révéla affreuse pour Onodera. Le comportement de Takano était toujours aussi odieux, et il avait l'impression qu'il était en colère contre lui. Il n'en avait pas le droit! Ce devrait être lui qui devrait se sentir furieux ! Il l'avait encore utilisé, et laissé tomber juste après. Comme ça. Et il avait le culot de prétendre que c'était parce qu'Onodera ne lui disait pas qu'il l'aimait alors qu'il était évident qu'il s'était amouraché de cette auteure. Tout ce que Takano avait soi-disant ressenti pour lui n'était rien. Et il lui avait fait espérer bien malgré lui que peut-être, cette fois, quelque chose se passerait. Il n'en avait même pas eu conscience. Il ne l'avait réalisé que quand Takano avait décidé d'abandonner. Quoiqu'il en était, la colère d'Onodera ne changeait rien à son état moral. Il voudrait tellement ne rien ressentir, être indifférent, et prétendre que de toute manière, il ne l'avait jamais aimé, il ne se dupait pas pour autant. Il se retrouvait aussi mal que toutes ces années plus tôt... excepté qu'il avait l'impression que c'était cent fois pire. Cette fois, il était toujours là, et le voyait tous les jours. Et il ne pouvait pas recommencer tout à zéro comme avant, car ici était la seule maison d'édition qui l'avait accepté sans lui faire de traitement de faveur. Ou du moins... pas autant qu'on pourrait s'y attendre. Et il était fauché pour déménager et ne voulait pas demander de l'aide à ses parents. Cependant, ça le tuait intérieurement de rester sagement ici à faire son travail et se faire incendier chaque jour. Le pire, c'était qu'Onodera faisait de son mieux. Mais même lui ne pouvait que constater que jamais il n'avait bâclé son travail de cette manière. Ces temps-ci, il n'avait plus vraiment goût à rien, et était plus intéressé sur s'apitoyer sur son sort que de faire les choses bien. Ce n'était pas lui, mais si Takano jugeait que son travail était catastrophique avant, à présent, tout le monde pouvait le constater. Onodera se demandait même s'il n'allait pas être viré... il avait brièvement songé à demander à être transféré en littérature, mais cela ne prouverait qu'à Takano que tous ces événements l'affectaient. Et puis... il le croiserait toujours.
Une fois, le même homme qui lui avait suggéré d'aller en littérature revint dans son département. Il lui demanda alors si ça lui disait d'aller prendre un verre. Honnêtement, Onodera n'en avait aucune envie, mais il ne voulait pas que Takano croit qu'il soit affecté par son abandon sur lui. Il était décidé à ne pas montrer sa faiblesse. Alors il accepta. Son éditeur en chef se comporta encore plus méchamment que d'habitude.
" Qu'est-ce que c'est que ce torchon? C'est toi qui t'en occupe?"
" Est-ce que tu connais l'alphabet? Comment as-tu pu faire un faute ici?"
" Tu n'es bon qu'à aller faire du café."
Onodera ne comprenait pas pourquoi Takano s'acharnait comme ça sur lui. Néanmoins, s'il cherchait à comprendre, il finirait sans doute encore plus meurtri qu'actuellement, et c'était la dernière chose dont il avait envie.
Le soir même, alors que son travail s'empilait sur son bureau, il sortit avec son collègue de littérature dans un bar. Ils burent pas mal tous les deux, et Onodera finit naturellement bourré. Peut-être était-ce ce dont il avait besoin pour une fois. Son collègue le raccompagna jusqu'à son immeuble et se montra très gentil, voire compréhensif, si bien qu'Onodera, à demi-endormi se demanda ce qu'il avait bien pu lui dire plus tôt dans la soirée pour qu'il soit si sympathique avec lui.
Quand il arriva à son étage, Takano était dans le couloir. Il lui jeta un coup d'oeil, puis dit:
- Tu es dans un état pathétique.
Onodera, certes bourré, n'avait pas oublié combien Takano avait été ignoble avec lui. Aussi décida-t-il de ne pas lui répondre et de rentrer chez lui. Ou du moins, essayer d'ouvrir la porte.
- Qu'est-ce que tu faisais?
- Pourquoi ça t'intéresse? répliqua-t-il brutalement.
La clef ne voulait pas entrer dans la serrure...
- Je voulais juste savoir si ton travail allait être aussi déplorable que les derniers jours.
Onodera se pressa. Mais il n'y avait rien à faire. Il n'arrivait pas à enfnocer la clef dans le trou. Son coeur s'affola, et il eut peur de devoir essuyer une nouvelle réplique de Takano.
Celui-ci s'avança lentement vers lui, et lui prit la clef des mains. A sa plus grande surprise, il la lui prit doucement et lui ouvrit la porte. Onodera ne le remercia pas et entra directement.
- C'est comme ça qu'on dit merci? souligna Takano.
- 'ci.
Il voulut refermer la porte, mais la main de son voisin la bloquait.
- Quoi? râla-t-il.
- Pourquoi ton travail est-il si déplorable ces derniers jours?
Onodera rougit, bien que cela ne se vit pas à son plus grand soulagement. Il avait déjà les joues rougies par l'alcool.
- J'ferai mieux le mois prochain... marmonna-t-il.
- Tu ne réponds pas à ma question.
Il essaya de le regarder, mais le visage de Takano se faisait flou. Il songea quelques secondes à lui fermer la porte au nez, mais puisqu'il ne pourrait pas trouver la serrure pour s'enfermer, cela ne servirait à rien...
- Parce que je suis amoureux, répliqua-t-il.
Les yeux de Takano s'écarquillèrent, et l'espace d'un instant, Onodera crut revoir cette étincelle d'espoir dans ses yeux. Il savoura quelques secondes l'instant. S'il n'avait pas été sous l'influence de l'alcool, jamais il n'aurait eu l'idée de lui dire ça, et jamais il n'aurait eu l'idée d'ajouter juste après:
- De notre cher collègue de littératuuuure... hic!
Il vit le visage de Takano se décomposer, et fut pendant un moment satisfait d'avoir menti. Tout ce qu'il voulait c'était lui faire mal, autant qu'à lui. Cependant ce devait être de la comédie. Takano n'était pas amoureux de lui, ou il ne le traiterait pas comme ça. Il cherchait juste à jouer avec lui. Comme toujours. Il était convainquant, mais Onodera ne s'y laisserait pas prendre.
- Je vois.
Et il lâcha la porte, avant de retourner chez lui. Onodera resta figé devant sa porte, et se demanda brièvement s'il n'avait pas fait une bêtise. Puis il décida que non. Il avait montré à Takano, ou du moins fait croire qu'il se fichait complètement de lui. Peut-être le laisserait-il tranquille...
Il s'écroula sur son lit, non sans cesser de ressentir cet horrible vide dans son ventre.
Le lendemain, il se réveilla avec une gueule de bois carabinée. Il s'obligea à se presser pour ne pas arriver en retard, et ne prit pas de petit-déjeuner. De toute façon, ces derniers temps, il n'en prenait jamais. Il n'était pas d'humeur à manger, et n'en avait pas le temps. Il avait trop de travail.
- Onodera! Au lieu de faire la fête le soir, tu devrais faire ce qui t'est demandé! aboya soudain Takano.
Onodera tâcha de ne pas y faire attention et se concentra un maximum sur ce qu'il avait devant lui. Mais rien à faire : les chiffres dansaient devant ses yeux. Pourtant sa gueule de bois s'était atténuée par rapport à quand il s'était réveillé...
Vers onze heure, son auteure arriva, un sourire aimable aux lèvres. Il sentit son coeur manquer un battement, et la colère revenir. Comment cette femme osait-elle venir ici? Takano se leva et s'apprêta à partir pour la rejoindre.
- Onodera, présente-lui tes excuses au moins. Tu as mal fait ton travail, c'est la moindre des choses, lui commanda-t-il en mettant son manteau.
La colère l'envahissant, il se leva tout de même. Il ne voulait pas présenter ses excuses à cette femme. Mais c'était ça ou il aurait des problèmes. Encore. Et il en avait marre d'avoir des problèmes.
Il s'inclina donc et s'apprêta à marmonner de vagues excuses, quand il réalisa que non, il ne pourrait rien dire. Il s'était levé ou incliné trop vite, car un vertige le prenait, et il ne pouvait plus dire s'il était assis, debout, ou allongé. Il sentit juste le contrôle de son corps lui échapper, et l'instant d'après, plus rien.
Quand il ouvrit les yeux, il était dans un lit blanc qu'il identifia tout suite d'hôpital. Il essaya de se remémorer les derniers événements et y parvient très bien à son plus grand dam. Il se demanda combien de temps il avait passé ici, quand quelqu'un entra. Et il découvrit que c'était Takano, avec encore cet air colérique sur le visage.
- Malnutrition et trop de travail, en pire qu'avant! Tu peux m'expliquer comment tu peux être encore plus surchargé de travail qu'avant quand tu ne fais rien?
Il avait tort. Il n'en tirait peut-être pas grand chose, mais il essayait vraiment de résoudre tous ces dossiers qui traînaient sur son bureau.
- Et aussi tu peux m'expliquer comment tu peux manquer autant de repas? Tu as vraiment besoin d'une baby sitter! Bordel, Onodera!
- Désolé... murmura-t-il.
Takano se passa une main sur le visage, visiblement contrarié.
- Tu vas reprendre un repas avec moi tous les jours.
-Quoi? s'exclama-t-il.
- Je me fiche de tes protestations, je n'accepte pas qu'un de mes employés soit en mauvaise santé parce qu'il n'est pas foutu de prendre soin de lui-même! Tu n'as pas le droit de ne pas le faire!
Takano paraissait si en colère et inquiet... mais cela ne fit qu'attiser à lui sa colère et ne fit que le blesser plus.
- Comme tu veux.
Il regarda ailleurs, attendant qu'il lui sorte. Mais il ne bougea pas.
- Autre chose? ajouta-t-il d'un ton insistant.
Takano l'observait, comme s'il essayait de déterminer ce qu'il clochait avec lui. Et il avait même une mine coupable. Quel acteur! Onodera y croirait presque!
- Les médecins ont dit que si tu ne te nourrissais pas correctement ton état pourrait empirer et tu pourrais tomber dans des maladies beaucoup plus graves.
- Je prends note, merci.
Il fallait qu'il parte. Vite. C'était stupide. Onodera se sentait même furieux contre lui-même! Contre son traître de corps qui réagissait - car il sentait les larmes commencer à poindre alors qu'il n'y avait aucune raison.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive?
- Rien qui ne te concerne. Va-t-en!
Takano ne bougea pas et cela l'énerva encore plus. A bout de nerf, il saisit son oreiller et lui lança brutalement.
- Sors! s'écria-t-il.
Le brun l'observa quelques secondes, l'air hésitant, puis finit par sortir. Et heureusement. Car dès qu'il fut hors de la pièce, les larmes qu'il retenaient sortirent.
Onodera fut à l'hôpital pendant trois jours. Durant ces trois jours, il prenait ses repas et il lui sembla regagner quelques forces. Pas de travail, pas de Takano, pas de barres de céréales oubliées ou de repas instantanées. Juste lui et de la vraie nourriture.
Il devait retourner au travail dans deux jours. Il n'avait pas vraiment hâte de le faire, mais était décidé à y aller. Logiquement, il se sentirait beaucoup mieux qu'avant, et il pourrait donc mieux travailler et peut-être enfin ne plus avoir à supporter les remarques de son éditeur en chef.
Deux jours plus tard, il retournait à son bureau. Takano fut surpris de le voir. Ou fut semblant de l'être.
- Qu'est-ce que tu fais ici?
- Je reviens travailler.
- Déjà?
- Les médecins ont dit que c'était bon.
- Tu as pris un petit-déjeuner?
- Je ne vois pas en quoi ça te regarde.
- Etant celui qui t'ait rattrapé la dernière fois en t'évitant de t'ouvrir le crâne sur le rebord, et qui t'ait amené à l'hôpital, et ton employeur, j'estime pouvoir savoir.
Onodera poussa un soupir agacé.
- J'ai mangé.
- Quoi?
- Des fruits. Et de la brioche.
C'était vrai. Il avait eu le temps de passer à la boulangerie en chemin, et avait pris un fruit avec lui en partant.
- Ce midi tu manges avec moi.
- Quoi, tu n'as pas rendez-vous avec cette formidable auteure de shojos? se moqua Onodera.
Takano lui jeta un regard noir.
- Tu ne me laisses pas le choix puisqu'un idiot tel que toi n'est même pas capable de manger.
- Elle a dû être en colère... fit Onodera d'un ton sarcastique, vous avez rompu à cause de ça?
- Quoi?
Heureusement que Kisa et les autres n'étaient pas là. Il n'osait imaginer ce qu'ils pourraient penser après ça. Mais ses paroles lui échappaient. La rancune de ces dernières semaines ressortait sans même qu'il puisse essayer de s'autocensurer.
- C'était ta petite-amie, c'est évident, ne me prends pas pour un idiot.
- Pardon? Tu es au courant que j'étais amoureux de toi n'est-ce pas? Pourquoi est-ce que je sortirais tout à coup avec une femme?
Onodera le fusilla du regard, furieux.
- Combien de temps tu vas tenir cette version? Amoureux de moi? Quelle blague! Tu t'es juste lassé de ton auteure et tu t'ennuies et tu veux ton jouet de retour! Eh bien devine quoi? Je ne suis pas aussi naïf que ça ! Tu n'as qu'à aller avec Yokozawa!
Takano paraissait sidéré. Mais la colère d'Onodera l'empêchait de le voir, et il poursuivit:
- Amoureux de moi? Tu vas me faire croire que ton comportement de ces derniers temps était parce que tu étais " amoureux" de moi!? Ne me fais pas rire!
- Onodera...
- Et arrête de jouer la comédie! Dis-le tout de suite que tu ne m'as jamais aimé, ce sera plus simple! Tu n'en as pas marre de tout ça? Laisse-moi tranquille!
Takano s'approcha de lui, mais Onodera ne se laissa pas faire. Le brun voulut lui toucher le bras, mais il se dégagea violemment, et alla même jusqu'à le pousser de ses deux mains.
- Est-ce que quelqu'un d'amoureux qui harcèle l'autre depuis des semaines arrêterait soudain tout ça et lui dirait qu'il " abandonne" alors que je n'ai rien fait de spécial?
Il se mit à le frapper le torse.
- Autant le dire que tu as trouvé l'amour avec quelqu'un d'autre! C'est évident il faudrait être aveugle pour ne pas le voir! Tu mangeais avec elle tout le temps et au milieu de tout tu décides ça?
Il continuait de le frapper, ne se rendant même pas compte que ses larmes coulaient.
- Je te déteste! Et jamais je n'aimerai quelqu'un comme toi et jamais tu ne me feras tomber amoureux de toi, et je ne veux plus jamais te revoir!
Takano lui saisit soudain le poignet, et lui remonta d'un coup sec le menton. Onodera prit soudain conscience de ses gestes et se sentit quelque peu honteux, mais trop éprouvé, il ne fit rien.
- Ne me dis pas ça... pas à moi.
Et il l'embrassa. Cela le prit par surprise, mais il se surprit à résister. Il parvint à se débarrasser de la prise de Takano et s'enfuit, sans même le laisser s'expliquer.
C'était décidé. Ce soir, il partirait.
Onodera s'efforça de ranger ses affaires le plus vite possible. Il avait trop peur de changer d'avis. Il avait été stupide en premier temps. Rester avec Takano, que croyait-il? Que les choses allaient s'arranger? Il s'amusait juste avec lui, et le fait qu'il l'ait embrassé un peu plus tôt le prouvait. Encore une fois, il était chamboulé.
Il décida de ne prendre qu'un simple sac à dos. Il reviendrait chercher le reste plus tard, quand il serait sûr de ne pas croiser Takano dans le couloir.
Il sortit, le sac sur le dos, et avec soulagement, constata que la voie était libre. Il appela l'ascenseur, toujours emprunt de cet horrible sentiment. Il se sentait vide, même détruit. Comment une seule personne pouvait-elle avoir un effet si dévastateur sur lui? Et pourquoi sur tous les gens de la Terre devait-ce être lui?
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, mais cette fois, Onodera eut la surprise de voir Takano.
- Qu'est-ce que tu fais? lui demanda celui-ci en regardant son sac.
Il rougit mais s'efforça de lever fièrement la tête.
- Je pars.
Et avec un regard de défi, il décida de fuir, et de prendre les escaliers. On verrait plus tard pour l'attitude de bravoure... pour le moment, c'était davantage, courage, fuyons!
Comme il s'y était attendu, Takano lui prit le poignet, et le ramena violemment à lui.
- Quoi? s'énerva-t-il.
- Ne crois pas échapper à un dîner avec moi ce soir, puisque tu n'es pas fichu de rester le midi pour manger!
Onodera avait tout de même manger un bon sandwich sur le chemin du retour... mais ça n'avait pas d'importance.
- Je dois y aller! insista-t-il.
- Hors de question que tu fuies encore une fois.
Le regard de son éditeur en chef s'était assombri, et l'air grave qu'il arborait était si sérieuse qu'Onodera était presque prêt à admettre qu'il ne jouait pas la comédie. Mais il n'avait pas confiance.
- Je ne fuie pas! protesta-t-il.
- Prend-moi pour un idiot! gronda Takano en l'amenant de force à son appartement.
- Lâche-moi!
Le brun ne répondit pas, et malgré toutes ses tentatives pour se dégager, il fut poussé sans ménagement dans l'appartement. Ce n'était jamais rassurant de se dire que si Takano le voulait, il pourrait très bien lui faire du mal. Cependant, aussi cruel il pouvait être à jouer avec lui, Onodera savait qu'il ne lui ferait jamais de mal... physique. Il était bien des choses, mais il n'était pas mauvais.
- C'est du kidnapping! s'exclama Onodera indigné.
Takano leva les yeux au ciel, exaspéré.
- Ne dramatise pas les choses.
Il le fusilla du regard pour toute réponse.
- Cette auteure de shojo... reprit Takano, ce n'était... qu'une sorte... d'amie.
Etonné, Onodera cligna des yeux. Quoi?
- Elle... elle m'a parlé la dernière fois et m'a proposé de venir manger avec elle souvent pour parler de choses que nous avons en commun.
- Bien-sûr, cingla-t-il.
- Je suis sérieux! Je te dis la vérité!
- Cette femme avait pourtant l'air d'être plus qu'amicale...
- Elle m'a avoué être tombée amoureuse de moi la dernière fois, quand tu t'es évanoui. Et elle a piqué une crise de jalousie quand je lui ai dit que je réservais mes midis pour toi, pour vérifier que tu manges correctement. Elle m'a dit dans sa confession que son objectif avait été de m'avoir en tant qu'éditeur... et qu'elle avait fait exprès de t'ignorer, que ce n'était pas de ta faute.
Onodera observa Takano. Il paraissait gêné? Ce n'était pas bon, pas bon du tout...
- Et... mon comportement de ces dernières semaines était... de cette façon parce que je pensais au début que tu ne faisais pas ton travail correctement, et ton travail s'est ensuite empiré...
- A cause de toi: le coupa sèchement Onodera.
- Je sais... ça m'avait énervé et... je me suis emporté en te confiant trop de choses à la fois... et ça a crée un cycle infernal puisque tu faisais encore moins ton travail, je t'en donnais plus. J'étais en colère contre toi pour cela et aussi... car elle n'arrêtait pas de me répéter que de poursuivre un amour à sens unique était inutile. C'était un de ses thèmes de shojo. Et... j'avais confiance en elle alors je lui ai confié notre situation. Elle a paru surprise mais elle m'a conseillé de te laisser tomber, car il n'y aurait aucun avenir possible avec une personne telle que toi. Et puis.. tu m'a dit être amoureux de ce.. ce... ce mec de littérature... comment étais-je censé réagir à ça?
Onodera ne répondit rien, et écarquilla les yeux. Vérité ou pas, il n'aimait pas s'engager sur ce terrain. C'était trop glissant.
- Onodera... je suis désolé. Je n'aurais pas du me laisser manipuler ainsi, et je n'aurais pas du diriger ma colère contre toi. J'étais stressé en ce moment, et n'importe quoi aurait pu me faire sortir de mes gonds. C'est toi qui en a pâti, et je suis sincèrement désolé.
Devant ses yeux stupéfaits, Takano s'inclina. La situation était inhabituelle. Choquante. Impossible. Jamais Takano ne s'excusait, jamais. Encore moins à lui. En général, il ne recevait que des regards moqueurs, pas... ça.
Malgré lui, Onodera sentait l'espoir revenir. Et il en était terrifié. Parce que même si la situation était.. inhabituelle et que Takano lui présentait ses excuses, s'il s'agissait d'un mensonge, il n'était pas sûr de pouvoir se relever une troisième fois. Il ne voulait pas être confronté à cette souffrance, pas encore, et n'était pas sûr de vouloir essayer de nouveau.
Mais les yeux noirs de Takano qui venait de se relever le fixaient avec une affection surprenante. Mais en y repensant, Onodera avait déjà vu cette affection-là dans ses yeux. Il avait juste subi trop ces dernières semaines pour s'en souvenir, et avait fini par oublier ces petits moments. Mais l'affection présente dans ses yeux était d'une sincérité alarmante.
- Et tu penses toujours que ça ne sert à rien de me courir après? lui demanda-t-il en regardant ailleurs.
- Imbécile. Si tu m'avais bien écouté, je crois que tu aurais la réponse. Si. Evidemment. Qui suis-je pour ne pas honorer une promesse? Tu me diras " je t'aime " encore une fois.
Et il lui fit un sourire qui indiqua tout de suite à Onodera ce qui allait suivre. Takano le plaqua contre la porte et l'embrassa. Il sentit un sentiment de rébellion naître en lui face à la situation habituelle.
Non. Il ne lui dirait pas je t'aime. Ce n'était certainement pas de l'amour... mais peut-être qu'un jour, il serait capable de bonne foi.
Note: Bon bas voilà^^ C'était une histoire courte, qui se termine ici mais j'espère que vous aimerez :) Je referai peut-être des fanfics de ce genre là parce que j'adore les faire souffrir un peu x)
Donc voilà, n'hésitez pas à reviewer :)
