Titre : La semaine du changement
Pairing : Draco/Hermione
Rating : T
Disclamer : Tout appartient à J.K. Rowling, le monde ainsi que les personnages. Seul l'histoire est de moi.
Voici un nouveau chapitre, avec encore un trèèèès long flash back. Promis ensuite, on reviendra un peu plus au présent ;)
Je tiens à remercier Hlo pour sa review, vu qu'elle était en anonyme ! J'espère que la suite te plaira !
Bonne lecture à toutes et tous !
Elle était hystérique et sa voix partait dans les aigus, si bien que Draco entendit la phrase de Hermione. Il se retourna, vit la jeune femme le visage en pleurs, et additionna rapidement A+B. Pourtant, il n'eut pas le temps de rattraper Hermione qu'elle était déjà partie en courant.
Fin du flash back
Elle décida de planter Harry dans sa chambre pour rejoindre son canapé qu'elle allait malheureusement partager avec son pire ennemi. Sur le chemin, elle croisa Ron qui souleva un sourcil interrogateur face à son air revêche et aux traces de larmes sur son visage. Elle lui sauta dans les bras, ne se sentant pas la force de tout lui expliquer. Il la serra fort contre lui, comprenant qu'elle ne désirait pas s'étendre sur ce qui s'était passé dans la chambre de son meilleur ami. Cela eut le don de faire sourire Hermione. Elle se rendait compte à quel point son meilleur ami avait changé depuis quelques années. Il était loin le jeune homme maladroit qui ne comprenait que rarement ce qui se passait sous ses yeux. Evidemment, il était toujours enclin à faire des blagues manquant légèrement de tact, mais jamais il n'avait été aussi attentionné et compréhensif. Elle l'embrassa sur la joue pour le remercier et partit en direction de la salle de bain pour se mettre en pyjama. Elle avait l'habitude de dormir avec un de ses shortys et un large tee-shirt appartenant soit à Ron, soit à Harry. Et elle ne comptait vraiment pas changer ses habitudes juste à cause d'un blond peroxydé qui allait dormir avec elle. Elle enfila donc un shorty et le tee-shirt que Ron lui avait prêté il y a des années, bien trop grand pour elle. Elle se fixa alors dans la glace quelques instants. Elle ne se trouvait pas spécialement jolie, mais pas moche non plus. Ses cheveux en bataille de quand elle était plus jeune s'étaient transformés en une tignasse plus domptable qu'auparavant, même si l'effet « sauvage » était toujours là. Elle n'était ni grosse, ni maigre, les formes de son corps étaient placées là où il fallait. Elle n'avait, en outre, aucun complexe en rapport à son corps. C'est pour cela qu'elle sortit de la salle de bain, s'apprêtant à subir les critiques de Draco sans sourciller. Il était déjà allongé sur un côté du canapé qu'il avait au préalable déplié, son visage tourné de façon à ne pas voir sa camarade de lit pour une semaine. Hermione en fut soulagée et s'allongea délicatement à côté de lui, espérant qu'il dorme et que cela ne le réveille pas. Elle s'emmitoufla dans la couette et s'apprêta à dormir lorsqu'il lui parla.
«_ Tu aurais au moins pu mettre un pyjama, Granger... »
«_ Je suis en pyjama, Malfoy. »
«_ Tu aurais pu mettre un bas de pyjama, s'il faut préciser. »
«_ En quoi est-ce que ça te regarde ? »
«_ Humph... »
«_ C'est bien ce que je pensais. Bonne nuit Malfoy. »
Elle décida de se retourner pour se mettre dos à lui, coupant ainsi court à toute conversation. Elle n'avait pourtant pas prévu que le canapé dépliable soit si étroit et ses jambes nues touchèrent celles, nues aussi, de Draco. Elle sentit alors comme un coup d'électricité parcourir tout son corps et un grognement retentit du côté de son ennemi numéro un.
«_ Voilà pourquoi j'aurais préféré que tu mettes un bas de pyjama ! » s'énerva-t-il.
«_ Toucher une sang-de-bourbe est si insupportable pour toi ? »
«_ Arrête tes conneries, Granger... Tu sais très bien ce que je pense de tout ça. »
Flash back
Elle venait de perdre ses parents, deux jours plus tôt. Elle n'arrivait toujours pas à se faire à cette idée, elle ne cessait de répéter en boucle cette phrase pour essayer de lui donner un sens. Elle venait de perdre ses parents, deux jours plus tôt. Rien n'y faisait, pas une seule larme n'avait coulé sur ses joues depuis l'annonce de la nouvelle. Elle venait de perdre ses parents, deux jours plus tôt. Elle trouvait la situation tellement ridicule. Comment ses parents, n'ayant pas été tué durant la guerre par un quelconque Mangemort en quête de vengeance, avaient pu mourir d'un accident de voiture ? Un simple, bête et inévitable accident de voiture... Elle venait de perdre ses parents, deux jours plus tôt. Plus rien n'avait de sens, tant de questions explosaient dans sa tête. Quel intérêt avait-elle à être une sorcière, à avoir des pouvoirs, à être si intelligente et puissante, si cela ne pouvait servir dans les moments les plus importants de sa vie ? Elle avait passé ces deux jours suivant l'annonce de leur mort dans la bibliothèque de Poudlard, Minerva lui ayant donné une autorisation spéciale en apprenant ce qu'il venait de se passer. Tous croyaient qu'elle se réfugiait dans un endroit qu'elle affectionnait tout particulièrement, qu'elle avait besoin de repère fixe pour oublier qu'elle avait perdu les deux principaux repères de sa vie. Elle venait de perdre ses parents, deux jours plus tôt. Pourtant, cela n'avait rien à voir avec ce qu'ils pensaient. Elle les laissait cependant croire cela, sachant qu'ils s'inquiéteraient s'ils savaient ce qu'elle faisait vraiment. Elle avait passé deux jours complets, le nez dans les livres, cherchant un miracle, une solution, n'importe quoi lui permettant de faire revenir ses parents. Elle savait qu'elle était folle. Elle se rendait bien compte que cela était impossible, ou au moins nécessitait l'usage intensif de la magie noire. Sa propre folie lui sautait constamment au visage. Mais rien ne pouvait l'arrêter, elle ne pouvait concevoir que ses parents soient morts. Elle venait de perdre ses parents, deux jours plus tôt. Cela s'était produit pendant les vacances d'été, la bibliothèque et tout Poudlard étaient donc vide, personne ne pouvait soupçonner quoi que ce soit. Même Madame Pince était partie en vacances. Minerva avait donné les clés de la bibliothèque à Hermione, sachant qu'elle pouvait faire confiance à la plus brillante élève qu'elle avait vue de toute sa carrière. Elle l'avait seulement accompagné à Poudlard et était repartie. C'était bien trop facile. Personne ne venait la déranger, tous croyaient qu'elle avait besoin de calme, qu'elle ne supporterait pas de les voir. C'était bien trop simple. Les livres étaient étalés sur toutes les tables de la bibliothèque, tous ouverts à des pages plus ou moins utiles, tous sortis de la réserve. Hermione ne s'était pas leurrée, elle savait qu'elle ne trouverait rien dans la partie accessible à tous de la bibliothèque. Elle avait aussitôt foncé dans la réserve. Elle venait de perdre ses parents, deux jours plus tôt. Au bout de deux jours, elle était encore à se tirer les cheveux de frustration, ne trouvant rien lui convenant, même dans les pires livres existant dans la bibliothèque. Elle voulait que ses parents reviennent, que rien ne se soit passé, que tout redevienne comme avant. Elle ne voulait pas d'une pâle copie de son père et de sa mère, elle ne voulait pas de fantômes, elle ne voulait pas prendre la vie de quelqu'un d'autre pour les faire revenir. Aucune option ne lui semblait adéquate. Elle venait de perdre ses parents, deux jours plus tôt. C'est ce jour qu'il choisit pour venir lui rendre visite. Elle s'attendait à voir Harry ou Ron rapidement, le fait qu'aucun elfe n'était présent à Poudlard leur venant à l'esprit et réalisant qu'elle n'avait sûrement pas mangé depuis deux jours. Mais ce n'est aucun de ses deux meilleurs amis qu'elle vit apparaître. Elle était assise par terre, une dizaine de livres l'entourant, un calepin dans les mains griffonné de toutes parts, pleins de réflexions plus ou moins pertinentes, barrées ou entourées en fonction de leur intérêt. Et elle l'entendit.
«_ Merde, Granger ! »
Elle n'avait même pas relevé la tête. Elle venait de perdre ses parents, deux jours plus tôt. Si elle l'avait relevé, elle aurait pourtant pu voir Draco, les yeux exorbités fixés sur les dizaines, les centaines de livres de magie noire jonchant toutes les tables et le sol de la bibliothèque. Jamais il n'avait vu pareil capharnaüm dans la bibliothèque. Il était pourtant responsable de bien des attaques contre ce lieu, trouvant hilarant à treize ou quatorze ans de rendre folle Madame Pince. Mais jamais aucune attaque n'avait mené à pareil chantier. Son regard se posa alors sur Hermione, et ses yeux s'agrandirent d'autant plus. Elle était par terre, les cheveux en bataille, les joues et les yeux creusés, des cernes interminables en dessous de ceux-ci. Deux jours seulement qu'elle était dans cette bibliothèque et pourtant, elle semblait avoir perdu une dizaine de kilos. Son teint était pâle, blafard, comme si elle n'avait pas vu la lumière depuis des semaines. Draco s'approcha alors d'une table où trônaient une dizaine de livres : Des Grandes Noirceurs de la magie, Secrets les plus sombres des forces du Mal, Étude sur la possibilité d'inverser les effets réels et métaphysiques de la mort naturelle, concernant en particulier la réintégration de l'essence et de la matière... Tant de livres de magie noire et concernant la mort que cela tilta d'un coup dans l'esprit de Draco. Elle venait de perdre ses parents, deux jours plus tôt. Choqué, il se rapprocha de la jeune femme doucement, comme s'il s'agissait d'un animal sauvage pouvant s'échapper ou se rebeller à n'importe quel moment.
«_ Granger ? Est-ce que tu pourrais me regarder s'il te plaît ? »
Toujours aucune réaction. Elle semblait comme possédée, griffonnant sur son calepin comme si sa vie en dépendait. Cela sembla assez ironique à Draco puisque effectivement, sa vie en dépendait peut-être. Elle venait de perdre ses parents, deux jours plus tôt. Il se pencha vers elle et posa sa main sur la sienne, stoppant le mouvement de son crayon sur les feuilles blanches. C'est à cet instant qu'elle choisit de relever la tête vers lui, son regard noir le transperçant de toutes parts. S'il n'avait pas vécu tant d'années dans un manoir rempli de Mangemorts ayant tous un regard plus froid les uns que les autres, il aurait presque pu prendre peur, le regard de Hermione égalisant presque ces regards-là.
«_ Qu'est-ce que tu veux Malfoy ? »
Sa voix était enrouée et Draco comprit qu'en plus de ne pas manger, elle ne s'était pas non plus hydratée. Il transforma rapidement son calepin en verre, remerciant mentalement McGonagall pour ses cours de métamorphose, et lança un Aguamenti pour le remplir d'eau. Il lui tendit et ignora son regard empli de haine.
«_ Granger, si tu ne bois pas, je t'immobilise et te fait boire de force. »
Elle ne se le fit pas dire deux fois et avala d'un trait le verre d'eau. Il lui remplit une nouvelle fois, comprenant aisément qu'elle avait encore besoin de boire. Une fois correctement hydratée, elle se tourna de nouveau vers lui.
«_ C'est gentil d'avoir fait la baby-sitter Malfoy, mais maintenant tu peux me laisser. »
«_ Non. »
«_ Non ? »
«_ Tu ressembles à un déchet, Granger... Hors de question qu'on te laisse dépérir plus longtemps ici, à faire je-ne-sais quelles recherches plus inutiles et dangereuses les unes que les autres. »
«_ Alors c'est ça, tu es là parce que Ron et Harry avaient trop peur de me déranger ? Ils ont décidé d'envoyer quelqu'un qui ne m'aime pas pour ne pas risquer que je m'emporte contre eux ? »
«_ Ils s'inquiètent. »
«_ Je vois ça, effectivement. Leur présence ici me le prouve bien. Envoyer mon pire ennemi le montre également. »
«_ On n'a plus onze ans, Granger... »
«_ Non, effectivement. Je n'ai plus onze ans, je n'ai plus aucun espoir pour toi, Malfoy. Tu n'imagines pas le nombre d'années où tu m'as insulté, où tu m'as rabaissé plus que n'importe qui ne l'a jamais fait et où, pourtant, je gardais espoir pour toi. Des années Malfoy, des années où je pensais que tu n'étais peut-être pas si mauvais, où je pensais que tu étais conditionné, que tout ça c'était la faute de ton père mais qu'au final, peut-être, tu étais quelqu'un de bien ! J'étais une gamine, une pauvre gamine trop aveuglée par sa gentillesse pour pouvoir penser qu'une personne pouvait être foncièrement mauvaise sans raison particulière. Tu m'insultais et moi, je pleurais dans mon coin en me disant qu'un jour, tu changerais. J'étais tellement naïve... »
«_ J'ai changé. »
«_ Changé ? Ce n'est pas parce que tu arrives à embobiner Ron et Harry que c'est mon cas. Tu détestes toujours autant les sangs-de-bourbe comme tu aimais à les appeler. Tu me détestes toujours autant ! »
«_ Tu ne me connais pas Granger. Tu n'as même jamais cherché à me connaître et tu te permets de continuer à me juger sans rien connaître de mon histoire. »
«_ Juste retour des choses, c'est aussi ce que tu as fait pendant sept longues années. »
«_ Veux-tu bien arrêter d'être aussi puérile ? Je n'ai jamais rien eu contre les nés-moldus ! Est-ce que tu sais ce que ça fait d'être éduqué par un père comme le mien ? De ne pas pouvoir jouer, de ne pas pouvoir parler sans qu'on t'en donne l'autorisation, sous peine de passer une nuit dans les cachots ? Tu ne sais rien de mon enfance Granger. Je ne pouvais poser une question sur les nés-moldus sans recevoir un Doloris, comment voulais-tu que je me forge un avis objectif ? Tu as déjà reçu un Doloris à six ans ? Non, parce que tu ne savais même pas ce qu'était la magie ! Tu n'avais pas à choisir un camp, tu n'avais pas à faire attention à ce que tu disais. Tu avais ta petite vie parfaite avec des parents aimants pour te protéger ! »
Elle venait de perdre ses parents, deux jours plus tôt. Il se maudit de s'être laissé emporter comme cela, mais il n'avait pu s'empêcher de la remettre à sa place face à tant de remarques injustes. Il la vit alors fondre en larmes juste devant lui. Elle était prise de spasmes et tous les sanglots qu'elle avait retenus depuis deux jours avaient passé la barrière qu'elle s'était imposée. Draco se sentit quelque peu mal à l'aise, ne sachant comme réagir. Il n'eut pas le temps d'y réfléchir que déjà, elle lui parlait.
«_ Je cherche... Je cherche comment les faire revenir. »
Sa phrase était entrecoupée de sanglots mais Draco comprit rapidement de quoi elle parlait. Il s'assit à côté d'elle et fixa le sol quelques instants.
«_ Tu ne peux pas les faire revenir, Granger. J'ai déjà cherché dans tous ces livres, j'ai déjà fouillé plus de livres qu'il n'y en a dans cette bibliothèque. Aucun moyen n'est acceptable pour faire revenir une personne décédée. Tu peux faire revenir un fantôme, mais tu te perdras dans la folie, te rendant compte que jamais cette personne ne sera comme tu l'as réellement connu. Tu peux faire des sacrifices, tuer d'autres gens, mais t'en sens-tu réellement capable ? Tu vivras toute ta vie avec sur la conscience le fait que tu as tué des innocents pour faire revenir des personnes qui elles-mêmes mourront une nouvelle fois. Aucune option n'est envisageable, je t'assure. »
«_ Pourquoi... Pourquoi tu as... »
Elle ne réussit pas à terminer sa phrase, les sanglots bloquant le flot de ses paroles dans le fond de sa gorge. Mais Draco avait très bien compris sa question.
«_ Pourquoi est-ce que j'ai fait ces recherches ? Tu n'es pas la seule à avoir perdu tes parents, Granger. Je voulais ramener ma mère. Mon père était un monstre, mais ma mère ne méritait pas de mourir... »
Elle venait de perdre ses parents, deux jours plus tôt. Il avait perdu sa mère, deux ans plus tôt. Il lui tendit alors la main.
«_ Allez viens, on rentre. »
Fin du flash back
A ce seul souvenir, Hermione fondit en larmes. Elle se retrouva alors serrée contre le torse de Draco, ayant passé ses bras autour d'elle.
Je tiens à faire une petite précision. Lors du présent de cette fiction, les protagonistes ont soit 23 ans, soit 24 ans en fonction de leur date de naissance, vu que nous sommes pendant l'été. Le flash back du chapitre un se déroule deux ans plus tôt, ils ont donc 21 ou 22 ans. C'est un an avant ce flash back que vient celui de ce chapitre avec la mort des parents de Hermione, soit à ses 20 ans et au 21 ans de Draco. Enfin, la mère de Draco est morte deux ans avant la mort des parents de Hermione, soit à ses 19 ans. Je voulais préciser pour que vous ne soyez pas trop perdues dans les dates de tous les flash back !
