Pour les lecteurs qui se demandent pourquoi Sherlock s'est retrouvé dans une telle situation - oui, vous l'avez deviner, le jeune homme séquestré est bien Sherlock et quand à son tortionnaire... (?) - ce chapitre est en quelque sorte la suite de " La pluie et les larmes ". Quand au pourquoi, il viendra dans un chapitre à venir.

PREMIERE PARTIE

La vérité n'est toujours ce que l'on croit

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CHAPITRE 1

" Aurore "

Avertissement : ce chapitre fait allusion à la violence et aux enfants victimes d'abus sexuels.

Le jour s'était levé sur une aube grise. Dans le ciel, le vent chassait de sombres nuages qui, aussitôt, cédaient la place à d'autres nuages. Il pleuvait. Une pluie lente, insistante. Ce genre de pluie qui tombe des heures durant. Une pluie glaciale. Il faisait froid.

Il était six heures.

Aurore s'éveilla en frissonnant. Pourtant, le lit était confortable et les couvertures bien chaudes. Mais elle avait froid. C'était toujours ainsi lorsque le maître la faisait venir dans sa chambre, lorsqu'il s'allongeaient sur elle. Et avait toujours froid lorsqu'il entrait en elle. Et puis encore elle avait froid lorsqu'il se retirait d'elle et qu'il la laissait. Car elle savait qu'il sortirait de la chambre, descendrait l'escalier et irait dans la cave Le rejoindre. Elle savait que des choses terribles s'y déroulaient. Elle avait froid, mais elle avait honte. Car elle savait que lorsqu'elle donnait du plaisir au maître, le maître descendrait ensuite à la cave pour donner la souffrance.

Elle savait que la cave était une prison et que dans cette prison était enfermé quelqu'un. Un homme. Un jeune homme. Un garçon. C'est ainsi qu'elle le nommait. Elle ne savait pas qui il était. Elle ne savait pas son nom, elle ne l'avait jamais sut. Pour elle, il était le garçon.

Elle savait que la cave était un lieu de souffrance. Souvent elle avait entendu, même si elle ne voulait pas entendre. La maison était vieille. Les murs, les planchers étaient comme du papier. Rien de pouvait rester ignoré. Alors, souvent, elle avait entendu les cris, les hurlements, les supplications du garçon. Et puis les coups, les sifflements du fouet. Et puis des pleurs, pendant des heures, lorsque le maître le laissait enfin après l'avoir battu, tellement battu. Sans soins, sans rien. Seul.

Oui, rien ne restait ignoré dans la maison. Aurore rougit a cette pensée et enfouie sa honte sous les couvertures. Car le garçon devait bien savoir ce qui se passait dans la chambre du maître certaines nuits lorsque le maître prenait du plaisir avec elle, lorsqu'il jouissait de son corps. Il devait bien l'avoir entendu crier. Mais, bien sûr, ce n'était pas du plaisir. Elle avait toujours mal lorsqu'il allait en elle, plus fort, toujours plus fort, jusqu'à ce qu'elle saigne. Elle préférait encore être battue, fouettée.

Il fallait que cela cesse. Elle n'en pouvait plus. Elle n'en pouvait plus d'avoir honte. Honte de son corps violé, souillé. Honte de se sentir sale. Et puis elle avait honte de ne pouvoir rien faire pour celui qui souffrait tant.

Non, elle n'était pas lâche.

Elle avait seulement dix ans. Elle n'était qu'une enfant. Mais parfois les enfants agissent pour faire le bien, deviennent des héros.

Elle aussi agirait.

C'était décidé, elle agirait.

Il était sept heures, maintenant.

Aurore entendit la porte de la maison se fermer, les clés tourner dans les trois verrous. Le maître était parti. Il lui avait dit la nuit dernière qu'il serait absent trois jours et que surtout " ne descend pas à la cave. Ni eau ni nourriture pour lui sinon... "

Tout allait bien. Elle avait plus de temps devant elle qu'il n'en fallait.

Il était temps d'agir.

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Le détective-inspecteur Gregory Lestrade jeta un dernier regard sur la tombe puis, après avoir essuyer d'un revers de main les larmes qui mouillaient encore ses yeux. Il remonta l'allée sablée qui menait vers la sortie du cimetière.

Il était temps pour lui de regagner le monde des vivants.

Mais il ne s'attendait absolument pas à ce qu'il lui arrive sous la forme d'une petite fille courant sous la pluie. Elle courait comme si elle avait le diable aux trousses. Qui était-elle ? Que fuyait-elle ?

Greg la regardait venir dans sa direction et tout de suite, le policier en lui prit de dessus.

" Noire, pas plus de dix ans, en haillons, visiblement sous-alimentée, " se dit-il. " Une sans-abris ? Une fugueuse ? "

Mais la fillette arrivait dans sa direction. Elle ne cherchait pas à l'éviter. C'était bien vers lui qu'elle courait.

- Monsieur, s'il vous plaît monsieur, cria-t-elle en se jetant contre lui. Aidez-moi, monsieur.

Greg s'accroupit devant la fillette et lui saisissant les deux mains, il lui dit doucement.

- Qui es-tu, ma jolie ? Et en quoi puis-je t'aider ?

- Je suis Aurore. Il faut venir. Il va mourir. Si on ne l'aide pas, il va sûrement mourir.

- Qui ça, mon coeur ?

- Le garçon. Le maître est si méchant avec lui... Oh, s'il vous plaît, venez vite.

Le garçon ? Le maître ?

Qu'est-ce que c'était encore que cette histoire ?