Note : Je vous remercie pour cet accueil enthousiaste ! Voici dès maintenant le chapitre 1, qui reste encore pas mal dans la description, mais je tenais absolument à planter le décor avant de rentrer dans le vif du sujet héhé.

Rating : K+ toujours, on n'est pas des bêtes quand même.


Chapitre 1 – What a wonderful word


Minho l'attendait dans le hall d'entrée. Un grand sourire sur le visage, l'asiatique semblait égal à lui-même, baigné dans un halo de bonne humeur. Cette vision fit sourire de même Thomas.

Minho se rapprocha de lui « Re-bonjour le bleu ! Alors comment vas-tu ? Pas trop triste de te dire que tu vas passer l'année auprès d'un beau gosse tel que moi ? »

Le sourire de Thomas s'élargit « J'ai surtout un peu peur de me dire que je vais passer l'année à essayer de rentrer dans les mêmes pièces que des chevilles aussi volumineuses ! »

Minho éclata de rire, puis lui passa le bras autour des épaules. « J'ai entendu dire que tu aimais courir ? » Thomas acquiesça en hochant la tête.

« Parfait le bleu ! Je suis le capitaine de l'équipe d'athlé de l'école, j'espérais que tu puisses te joindre à nous, il nous manque une personne pour le relai ! »

Thomas hocha une nouvelle fois la tête, cette fois sincèrement ravi « Ah ce serait super cool ! » Minho lui fit un clin d'œil - décidemment sa seule manière de communiquer « Parfait ! Tout le monde n'est pas encore arrivé, mais si tu veux demain on peut commencer à s'entraîner un peu ! Au moins courir un peu autour du parc, de toute manière avant le début des cours c'est bien la seule chose qu'il nous reste à faire ! »

Thomas approuva l'idée. Effectivement, à part découvrir un peu mieux le château et ses habitants, son emploi du temps avant la rentrée se révélait plutôt light. Il allait partir faire un tour dans les couloirs de l'école, quand il se rappela sa valise au pied du lit. S'installer dans sa nouvelle chambre revêtit alors un caractère prioritaire. Il se dirigea vers les escaliers, et monta les cinq étages en trottinant, bien décidé à s'entraîner un peu avant la séance de course du lendemain.

Sur sa lancée, il percuta quelqu'un en arrivant au cinquième étage. Thomas se confondit en excuses face à la jeune fille qu'il avait manquée de renverser sur le palier.

Cette dernière lui lança un sourire avenant, avant de lui tendre la main « Salut je m'appelle Teresa ! Ne t'inquiète pas, ce n'est pas la première fois que quelqu'un tente de me renverser dans ces escaliers ! » ajouta-t-elle avec un sourire malicieux.

Thomas lui rendit son sourire en lui serrant la main « Bonjour, moi c'est Thomas. Je viens d'arriver, je suis en Journalisme. »

Le sourire de la jeune fille s'élargit. « Ah parfait, j'avais peur que la section ne tombe en désuétude avec le départ de la grande majorité d'entre vous l'année dernière ! »

Thomas fronça les sourcils « Tout le monde ne part pas au bout d'un an ? »

« Oh non, heureusement ça ferait un peu trop de turn-over ! » répondit Teresa en riant. « Certains décident de rester un peu plus longtemps afin de profiter des cours de droit et de sciences politiques. Ça leur permet de se spécialiser - et de rester un peu plus longtemps dans notre chère école ! » ajouta-t-elle.

Thomas comprenait moyennement, ayant été habitué à se former sur le tas. Il ne put s'empêcher de demander « Et toi, tu es en quoi ? »

« En droit, » rétorqua la jeune fille, « je souhaite devenir avocate d'affaires. Ou pénaliste. Ou les deux, je ne sais pas encore. Qu'est-ce qui paie le mieux à ton avis ? »

Son sourire goguenard interpella Thomas, qui répondit du tac-au-tac « Le droit des affaires, c'est toujours rentable à ce qu'il paraît. »

Teresa lui fit un clin d'œil « J'en prends note ! » avant de s'éloigner en lui faisant un signe de la main derrière son épaule « A plus Thomas ! »

Thomas était content. Les étudiants de cette école semblaient vraiment sympas, et il espérait que cette première impression serait la bonne. La boule qui s'était installée dans sa gorge après le départ de sa mère commençait à disparaître. C'est donc le sourire aux lèvres qu'il se dirigea vers sa chambre. Il toqua doucement, afin de prévenir son colocataire de son arrivée, et ouvrit la porte.

Newt était assis sur son lit, dans la même position que lors de leur première rencontre, une heure plus tôt. Toujours occupé à accrocher des photos, l'air concentré à l'extrême, il tirait la langue en punaisant les clichés au mur. Thomas ne put s'empêcher de ricaner devant l'air enfantin de son camarade de chambre. Newt se tourna vers lui « Alors c'est bon, tu es officiellement scolarisé ici ou je dois appeler la sécurité pour leur dire qu'un intrus s'est introduit dans ma chambre ? »

Le rire de Thomas se fit plus fort « Dommage pour toi, mais je suis officiellement étudiant de l'Institut. Tu n'auras pas l'occasion de reluquer les agents de sécurité imaginaires de ce campus, pour cette fois. »

Newt eut un sourire sarcastique « Mince alors, moi qui espérais profiter en solitaire de cette chambre... »

Le brun se jeta sur son lit en lui répondant « Te plains pas, si on était vraiment à Poudlard on devrait partager notre chambre avec tous les garçons de l'étage au moins ! »

Le blond se retourna vers son mur « Un point pour le bleu. »

Thomas se redressa, indigné « Hey, tu es aussi bleu que moi ! »

« Faux, je suis arrivé deux heures avant toi, techniquement TU es le petit nouveau. » lui rétorqua Newt d'un air moqueur.

Thomas maugréa dans sa barbe inexistante. Tous semblaient s'être donné le mot pour lui coller ce petit surnom, qu'il trouvait à la fois affectueux et ridicule. Il se leva, attrapa sa valise et tira la langue à Newt qui le regardait, un air angélique sur le visage. Très mature, mais ça défoulait. Il commença à ranger ses vêtements dans son armoire, concentré à essayer de les laisser pliés.

Au bout de quelques minutes de silence, Newt se racla la gorge « Je comptais aller voir les chevaux cette après-midi, tu veux venir avec moi ? »

Thomas hocha la tête « Bien sûr. J'ai le choix entre ça et rester toute l'aprèm coincé entre ma solitude et tes photos déprimantes. » dit-il, faisant référence aux clichés en noir et blanc de Paris que Newt avait artistiquement accroché aux murs.

« Tu n'aimes pas mes photos ? » demanda Newt, en fronçant le nez.

Thomas soupira « Si bien sûr, elles sont magnifiques, mais ça me rappelle trop chez moi... »

Newt se leva d'un bond « Pas de nostalgie ! Allez viens, on va aller voir les poneys tu vas voir ça va te changer les idées ! » Thomas le suivit, laissant ses affaires en plan.

Dans le couloir, il demanda « Tu sais comment aller aux écuries au moins ? » Le blond le regarda du coin de l'œil, tout en avançant d'un pas décidé « Aucune idée. L'improvisation, c'est ce qu'il y a de mieux ! » Thomas secoua la tête en souriant. Ce garçon lui plaisait de plus en plus.

« Et tu as rencontré d'autres étudiants depuis ton arrivée ici... Il y a approximativement trois heures ? » demanda ensuite Thomas, désireux de faire la conversation. Il détestait les blancs depuis toujours, et n'avait jamais pu comprendre comment les gens pouvaient trouver un moment de silence confortable.

Newt lui répondit en commençant à descendre les marches « A part Minho je n'ai pas croisé grand monde. Le Professeur m'a présenté un étudiant en droit, Gally si je me souviens bien. Il m'a fait un peu peur, quand il m'a dit bonjour j'ai cru qu'il allait me mettre une tarte. »

Thomas pouffa « J'ai croisé une étudiante en droit aussi, Teresa, elle avait l'air drôle. Le professeur Xavier m'a dit que les étudiants en médecine et en sciences de l'ingénieur commençaient un peu plus tard que nous, rapport au fait qu'ils finissaient plus tard. »

Newt répondit « L'école va sembler bien vide les premiers jours je pense... »

Dans le hall d'entrée, le professeur Xavier semblait en grande discussion avec Minho (qui se trouvait décidément partout) et un grand noir baraqué, habillé lui aussi en costume. Une jeune fille aux long cheveux noirs se trouvaient un peu en retrait, l'air quelque peu intimidé. Le professeur Xavier interrompit la conversation entre les deux garçons.

« Thomas, Newton ! » les héla-t-il tandis qu'ils se rapprochaient. « Les garçons, voici Alby, étudiant en sciences politiques comme Minho. »

Les deux garçons serrèrent avec gravité la main de l'homme en face d'eux.

« Hey faites pas cette tête, je mange pas ! Enfin, pas les gringalets comme vous » leur dit Alby en riant.

Le professeur Xavier eut un sourire doux, et continua « Alby est en troisième année, il est donc le plus vieux d'entre vous. »

« Vous pouvez m'appeler chef, je préfère ! » interrompit Alby en ricanant. Thomas et Newt échangèrent un regard amusé.

Le professeur Xavier enchaîna « Et voici Brenda, qui vient de faire sa rentrée, comme vous. »

La jeune fille qui se tenait à l'écart se rapprocha avec un sourire timide. « Bonjour. Je suis étudiante en droit. » Thomas et Newt lui serrèrent la main l'un après l'autre. Thomas esquissa un sourire quand il aperçut le regard enflammé de Brenda se poser sur Newt. Il avait un peu de mal à évaluer la beauté des gens, mais il savait reconnaître quand quelqu'un était mignon et Newt était définitivement mignon.

D'ailleurs, Newt venait de prendre la parole « Hum professeur, je pensais aller regarder les chevaux cette après-midi pour hum apprendre à les connaître... » dit-il avec un toussotement gêné.

« Mais bien sûr Newton ! » répondit le professeur, alors que Newt grimaçait à l'entente de son prénom complet. « Vous pouvez également emmener Brenda avec vous, elle fait de l'équitation elle aussi ! Brenda, qu'en dis-tu ? » proposa-t-il.

Thomas réprima une grimace. Il aurait souhaité rester un peu seul avec son colocataire afin de... mieux le connaître. Voilà, c'était exactement ça, mieux le connaître. Mais Brenda ne semblait pas l'entendre de cette oreille, car elle répondit avec un sourire lumineux « Oh oui bien sûr ! »

Le professeur Xavier hocha la tête d'un air entendu « Très bien. Soyez à l'heure pour le dîner, qui commence à 19h30. Nous serons seulement une petite vingtaine ce soir, les scientifiques ne faisant leur rentrée que dans deux semaines, et la totalité des élèves n'étant pas arrivée. » Les deux garçons donnèrent confirmation, puis se dirigèrent vers le jardin, Brenda à leur suite.

Cette dernière leur posa quelques questions, sur leur âge, d'où ils venaient, pourquoi ils étaient ici. Thomas fut surpris d'entendre que Newt avait le même âge que lui, alors qu'il le pensait plus jeune. C'était la tante du garçon qui avait posé sa candidature pour cette école, impressionnée des clichés pris par son neveu. La curiosité naturelle du jeune homme, sa solide culture générale et ses qualités de photographe avaient plu au directeur, qui l'avait accepté.

Brenda leur apprit à son tour qu'elle avait 18 ans également, qu'elle venait de passer son bac et qu'elle souhaitait travailler « dans le droit ». C'était la réponse la plus vague que Thomas n'avait jamais eu l'occasion d'entendre. Quelques questions plus tard, et le garçon comprenait mieux : fille du Procureur général de Paris, la jeune fille n'avait eu qu'à faire jouer quelques connaissances afin de rentrer à l'Institut. Thomas se doutait que Brenda devait disposer de certains talents cachés, sans lesquels elle n'aurait jamais pu rentrer, cependant il ressentit une pointe de dégoût envers cette fille. Il s'abstint néanmoins de faire le moindre commentaire, douloureusement conscient de devoir sa place en grande partie au nom de son père et à ses contacts. Une bouffée de colère l'envahit soudainement : il souhaitait ardemment montrer qu'il méritait sa place dans cette école, qu'il n'était pas là par hasard. Il serra les poings et continua à marcher, shootant rageusement dans un caillou.

Il en profita pour rebondir sur la réponse de Brenda, en demandant à Newt « Et toi Newt, ils font quoi tes parents ? »

Newt rougit avant de répondre « Ma mère travaille dans une agence de voyage... Un peu moins paillettes que les vôtres n'est-ce pas. » Thomas, sans vraiment savoir pourquoi, était réellement heureux de cette réponse. Scolarisé dans un lycée privé, il avait rarement eu l'occasion de côtoyer d'autres personnes que les « fils et filles de », qui commençaient sincèrement à lui taper sur le système. Habitués à tout avoir sans fournir le moindre effort, l'immaturité de ses anciens camarades de classe l'agaçait prodigieusement.

« Ah cool ! Elle y fait quoi ? Elle les teste ? » répondit Thomas, en faisant un clin d'œil à Newt. Ce dernier lui répondit en souriant narquoisement

« Non, elle s'assure que les saletés de riches comme vous n'ont pas arnaqué les guides en laissant les pourboires. »

Thomas éclata de rire « Bonne réponse ! » Newt reprit plus sérieusement « Non, en fait elle est un peu la chef des caissières... C'est bien la seule de cette famille qui sache compter d'ailleurs ! » Thomas plongea ses yeux dans ceux de Newt. Ce dernier souriait sincèrement, et cette vue le rendait étrangement euphorique, sans qu'il ne comprenne pourquoi.

Brenda se racla la gorge. Thomas sortit brutalement de ses pensées, et réalisa qu'ils s'étaient arrêtés de marcher durant leur petit échange, les deux garçons se regardant fixement. Ils tournèrent brutalement la tête, puis reprirent leur marche sans plus de commentaire. Brenda les regardait suspicieusement, et Thomas ne put s'empêcher de ricaner sous cape devant l'étrangeté de la situation. Il rompit alors le silence en demandant « Est-ce que l'un d'entre vous sait où on va, ou on marche comme des cons depuis dix minutes sans réellement savoir ? »

Newt et Brenda se concertèrent du regard. Le blond prit la parole « Le directeur m'a montré la forêt, je vais dans la forêt moi... »

Un sourire narquois apparut sur le visage de Thomas. « Bien, aucun problème, fais comme chez toi. Tu nous traînes dans la Forêt interdite sans qu'on puisse donner notre avis, en fait tu comptes faire un sacrifice humain au descendant d'Aragog pour vivre en paix ton année sabbatique auprès des chevaux c'est ça ? »

Newt resta un instant interdit, puis explosa de rire. Ses joues prirent une étrange couleur rouge, et Thomas ne put s'empêcher de le suivre dans son fou rire. Quand ils reprirent leurs esprits, Brenda les regardait avec un air agacé, ce qui étonna Thomas. Ils venaient à peine de faire connaissance, et la brune semblait déjà éprouver un certain ressentiment à son égard. Haussant les épaules et se notant mentalement d'enquêter sur le sujet, il reprit la marche, se dirigeant avec résolution vers le sentier qui s'enfonçait dans la forêt.

Au bout de dix minutes supplémentaires de chemin, le petit groupe trouva enfin ce qu'ils cherchaient : les écuries. Une dizaine de chevaux broutaient dans un grand pré, derrière les bâtiments. Thomas observa Newt à la dérobée. Ses yeux brillaient comme un enfant dans un magasin de jouets, et il se dirigeait vers les chevaux dans le pré, comme hypnotisé. Thomas, qui n'avait jamais ressenti d'attirance particulière pour ces grands animaux qui lui faisaient limite un peu peur, resta en retrait, laissant les deux autres familiariser avec les chevaux.

Newt s'approcha doucement d'un grand cheval noir. L'animal, malgré sa haute stature, restait fin et paraissait relativement léger. Newt se tourna vers Thomas « C'est un Pur-sang je crois... Noir ! C'est super rare ! »

Thomas hocha la tête, incapable de confirmer ou d'infirmer ce que venait de dire l'autre garçon, mais néanmoins content d'être inclus dans cette activité. Newt avança doucement sa main vers l'animal, qui en approcha ses naseaux pour le renifler. Le contact semblait bien passer, car le cheval ne fit aucun mouvement brusque. Newt se retourna vers Thomas une nouvelle fois, un sourire de gamin sur le visage. « Je veux monter celui-là ! »

Thomas eut un sourire narquois « On aime les pelages noirs apparemment ? »

Newt ricana « Seulement ceux qui sont bien montés. » Puis, sans plus de cérémonie, il se dirigea vers un palefrenier qui était en train de nettoyer un des boxes.

Thomas manqua de s'étrangler, partagé entre l'envie d'être choqué et de rire. Newt parlementait avec le palefrenier, qui semblait lui expliquer qu'il n'était pas possible de monter actuellement, au vu des gestes qu'il faisait avec ses mains. Newt avait un air vraiment déçu sur le visage, mais l'homme en face de lui sembla dire quelque chose de positif, lui redonnant le sourire.

Il revint vers Thomas « Je dois revenir demain, là ils viennent d'être entraînés. » Thomas lui posa une main réconfortante sur l'épaule « T'inquiète pas, tu auras bien le temps de crâner après. » Newt lui tira la langue, et Thomas se fit la remarque que cela commençait à devenir une habitude entre eux.

Brenda, qu'il n'avait pas vu s'éloigner, se rapprocha d'eux « Impossible de monter cette aprèm ! On revient demain Newt ? » Thomas se renfrogna, mais Newt se tourna vers lui « Bien sûr ! Tu viendras avec nous Thomas ? » Ce dernier acquiesça avec un sourire victorieux en direction de Brenda qu'il ne put réfréner. C'est dans une ambiance relativement tendue qu'ils rentrèrent à l'école, Brenda et Thomas boudant légèrement dans leur coin, Newt babillant bien assez pour trois, ravi d'avoir pu approcher les chevaux.

En se rapprochant de la grande terrasse extérieure du château, les trois étudiants purent apercevoir un petit groupe de personnes regroupées autour d'une table. Minho, Teresa, Alby et le professeur Xavier se trouvaient notamment parmi eux. L'asiatique les salua chaleureusement, comme s'ils ne venaient pas de se croiser pour la troisième fois de la journée. Des journaux étaient posés au centre de la table, et chacun allait de son commentaire sur les évènements de la journée.

Les trois nouveaux arrivants furent rapidement présentés aux membres du groupe présent sur la terrasse, pour la plupart en Journalisme ou en Sciences politiques. Teresa sourit à Thomas en lui tendant un verre. « Coca ? Sans whisky. » précisa-t-elle en lui lançant un clin d'œil sarcastique. Thomas répondit à son sourire en acceptant le verre. Il trouvait les yeux bleus de la jeune femme absolument splendides, et se rapprocha d'elle... afin de mieux les admirer évidemment.

Il tourna cependant la tête vers Newt, qui venait de s'emparer d'un verre et qui se penchait avec Alby sur un exemplaire de Courrier international. Leurs regards se croisèrent et Thomas sentit quelque chose crépiter dans son estomac. Ils se sourirent timidement, puis chacun retourna dans sa discussion.

L'apéritif improvisé dura environ une heure. Le soleil déclinait lentement à l'horizon, tandis que les étudiants s'étaient réunis en petits groupes afin de discuter de tout et de rien. Thomas faisait le pitre avec Minho devant Teresa et Newt, ravi d'avoir trouvé un public et un partenaire à la hauteur de son potentiel comique. Minho s'était révélé être aussi fou que lui, le suivant dans chacune de ses blagues foireuses, tandis que Teresa, quoique plus discrète, cachait en elle une sacrée folie et une verve insoupçonnée. Cependant, ce que préférait Thomas dans la vie était de faire rire les gens (en plus de les tenir informés), et le rire de Newt valait toutes les pitreries du monde.

Le professeur Xavier claqua dans ses mains et leur annonça que le repas allait bientôt être servi dans la grande salle. Newt se pencha vers Thomas « Manque plus que la barbe et le chapeau et je te jure qu'on y est. » Thomas étouffa un rire. Il s'attendait presque à voir le directeur allumer les lumières à l'intérieur du bâtiment avec un briquet.

Le repas se déroula calmement, dans une ambiance plutôt bonne enfant. Les tables étant relativement désertées, tous les étudiants présents mangèrent à la même table, dans un joyeux brouhaha. Thomas se sentait apaisé. L'impression douloureuse laissée par le départ de sa mère s'estompait doucement, laissant place à une sensation de calme et même d'impatience. Ses nouveaux camarades étaient réellement intéressants, et échanger ses avis avec eux avait été vraiment constructif. Leur sympathie l'avait directement mis à l'aise et il était ravi d'avoir trouvé aussi rapidement des gens avec qui il s'entendait bien. L'année scolaire s'annonçait bien.

A la fin du repas, les étudiants commencèrent à se disséminer un peu partout dans l'école. Ils avaient le droit de rester dans les salles communes jusqu'à 22h30 en semaine, et sans limite d'heure le weekend. Leurs chambres étant équipées de wifi, ils avaient la possibilité d'y travailler, cependant les ordinateurs des salles communes étaient à la pointe de la dernière technologie, rendant plus aisé le traitement de photos pour les photographes par exemple. Thomas et Newt décidèrent d'un commun accord de remonter dans leur chambre afin de finir de ranger leurs affaires. Ainsi, ils auraient tout le temps les jours suivants pour profiter et découvrir le domaine avant la reprise des cours. De plus, l'Institut se trouvant relativement loin de Paris, la route avait été longue et les émotions fortes.

Une fois que les vêtements furent pliés et rangés, les deux garçons se posèrent chacun sur leur lit, restant quelques instants songeurs. Newt avait les yeux fixés sur les photos accrochées au mur, et Thomas se demandait à quoi il pouvait bien penser. Il se doutait que son ami souffrirait sans doute du mal du pays, plus que lui dans la mesure où il avait été habitué à voyager souvent. Cependant, malgré le français impeccable de son ami, Thomas décelait une pointe d'accent anglais dans ses paroles, et il décida d'en savoir plus.

« Dis-moi Newt, tu n'as pas habité en Angleterre avant de venir en France ? »

Newt se tourna vers lui « Décidemment rien ne t'échappe Sherlock ! » Il s'installa plus confortablement avant de répondre « Effectivement, je suis anglais d'origine. Ma mère est venue s'installer en France après que... Enfin quand j'avais cinq ans. »

Le moment d'hésitation de Newt fut perçu par Thomas, qui n'osa pas en demander davantage. Il avait bien le temps d'en apprendre plus sur son colocataire. Newt lui renvoya la balle, l'incitant à parler de lui. Thomas, relativement à l'aise avec cet exercice, ne se fit pas prier pour dévier la conversation, et effacer ce moment de gêne.

Les deux garçons parlèrent pendant longtemps, avant que l'un des deux ne songe à regarder sa montre. Ce fut Thomas qui, lançant un coup d'œil à son téléphone, remarqua l'heure tardive. Il était déjà 23 heures ! Pas que Thomas fut un couche-tôt en règle générale, mais il dut faire une croix sur sa décision de se lever tôt demain matin pour aller courir avant l'entraînement prévu par Minho, à dix heures.

Newt se leva alors « Bon Thomas, tu crois qu'on peut fumer dans cette école ou on doit demander la permission à Dumbledore ? »

Thomas esquissa un sourire « Personne ne nous interdit de rôder dans les couloirs de l'école, je suppose qu'on peut descendre sur la terrasse. Espérons qu'on ne croise pas la chatte de Rusard dans les couloirs. »

Newt attrapa son paquet de cigarette dans son sac et ajouta « J'avoue que découvrir tous ces nouveaux trucs m'a distrait, mais l'envie de nicotine devient pressante là. » Thomas soupira pour la forme puis se dirigea vers la porte.

Les deux garçons marchèrent en silence dans les couloirs. Le professeur Xavier ne leur avait rien dit concernant un quelconque couvre-feu durant les vacances, cependant ils estimaient inutile de se faire remarquer dès le premier soir. Arrivés en haut des escaliers, ils ne purent éviter Minho qui remontait aux dortoirs, suivi par Alby.

« Alors les bleus, on traine dans les couloirs ! » les alpagua-t-il, rendant inefficace toute leur stratégie de discrétion.

Newt grimaça en secouant son paquet de cigarette « Je me disais que je pouvais aller m'en griller une sur la terrasse... »

Minho perdit immédiatement son sourire, et Newt en fit de même devant son air grave. L'asiatique commença « Ah non mais les gars... ça va pas être possible... »

Ils restèrent quelques instants à se fixer, avant que Minho n'éclate de rire. « Du calme les bleus, je plaisante ! Vous faites ce que vous voulez, mais Thomas je te veux frais et dispo demain matin pour le premier entraînement des Blocards ! »

Thomas lui jeta un regard interrogateur « Les Blocards ? »

Minho répondit « Oui, notre équipe s'appelle le Bloc. Ne me demande pas pourquoi, c'était comme ça avant nous et on ne compte pas changer tout de suite ! »

Thomas hocha la tête. Il aimait bien ce nom les Blocards. Ça sonnait un peu comme « taulards », mais ça donnait tout de suite un côté plus viril à l'équipe. Il redressa les épaules et tapa dans la main que Minho lui tendait.

Les deux garçons saluèrent Minho et Alby qui retournaient dans leur chambre, puis descendirent les escaliers tout en discutant avec animation. Ils arrivèrent au rez-de-chaussée, et Thomas dut avouer que le hall d'entrée n'était guère rassurant, seulement éclairé par la lueur faiblarde de la lune passant à travers les vitres. Il se rapprocha instinctivement de Newt, qui sentit son mouvement.

« Effrayé le bleu ? »

« Tu aimerais bien. » rétorqua Thomas.

Le sourire aux lèvres, Newt se dirigea vers la baie vitrée, Thomas sur ses traces - par simple prudence évidemment. Le blond ouvrit délicatement la porte, avant de se glisser à l'extérieur.

Sans attendre que Thomas soit rendu à l'extérieur également, il attrapa son paquet, en fit glisser une cigarette et un briquet, et l'alluma en protégeant la flamme du vent. Thomas le regardait fixement, songeur devant le visage du blond, uniquement éclairé par la lueur du briquet. Newt tira lentement sur sa cigarette, une vraie latte de cow-boy, sans détourner ses yeux de ceux de Thomas. Ils restèrent un moment sans rien dire, jusqu'à ce que Newt finisse sa cigarette. Thomas se racla la gorge. Il était temps de rentrer, de dormir pour la première fois dans ce nouveau lit.

Ils remontèrent en silence, après que Newt ait fait un crochet par la poubelle extérieure pour y jeter son mégot. Arrivés dans leur chambre, Newt décréta qu'il allait prendre une douche. Thomas hocha la tête en se jetant sur son lit. Lui aussi prenait sa douche le soir, il attendrait donc. Saisissant son portable, il consulta ses textos, répondit aux messages inquiets de sa mère, envoya des smileys enthousiastes à ses amis parisiens, afin de les rassurer sur l'école. Il fit un rapide tour sur les réseaux sociaux et ses mails, s'assurant que rien d'important ne s'était passé en son absence, que la Terre ne s'était pas arrêtée de tourner durant cette après-midi hors du temps qu'il venait de vivre.

Il était sur le point de battre son meilleur score au casse-brique quand Newt sortit de la salle de bain. Les cheveux encore mouillés, totalement en bataille, un simple short de pyjama sur les hanches, il s'arrêta sur le pas de la porte de la salle de bain, levant un sourcil sarcastique devant la concentration extrême de Thomas. Il se jeta sur le lit à ses côtés, afin de voir ce qu'il fabriquait sur son téléphone. Le brun sortait le bout de sa langue sous le coup de la concentration et Newt ne put s'empêcher de regarder ce bout de chair plus longtemps que de raison. Thomas tourna alors la tête vers lui... Et rata la balle, qui s'écrasa sur le sol virtuel.

« La place est libre le bleu ! » lança Newt en riant, tout en se relevant d'un bond. Thomas lui lança un oreiller pour extérioriser sa frustration, puis s'en alla récupérer ses affaires de toilettes qu'il avait laissé au pied de son lit. Il entra dans la salle de bain, ferma la porte puis s'assit sur le bord du lavabo. Les deux garçons disposaient d'une armoire pour y entreposer leurs affaires, et il commença à ranger les quelques produits cosmétiques qu'il possédait. Puis il se déshabilla et entra dans la cabine de douche.

Une fois propre, il ouvrit la porte de la salle de bain afin de héler Newt « Je ne sais pas si tu t'es lavé les dents mais tu ferais mieux sale sale ! »

Newt le foudroya du regard avant de venir se brosser les dents à ses côtés. Thomas était un peu déstabilisé par cette situation peu ordinaire pour lui. Fils unique, il avait rarement eu l'occasion de partager une salle de bain avec quelqu'un, et encore moins un garçon de son âge. Après s'être rincé la bouche, Thomas lança sa brosse à dent dans le verre à dent qui trônait sur la tablette sous le miroir. Newt y plaça sa brosse également, puis sortit de la salle de bain. Thomas resta quelques instants interdit devant ce pot contenant leurs deux brosses à dents.

Puis, il soupira avant de retourner dans la chambre. La boule dans sa gorge se reforma. Il était souvent parti loin de sa famille, mais jamais aussi longtemps, et il se sentit redevenir le petit garçon apeuré que ses parents envoyaient en séjour linguistique alors qu'il avait à peine douze ans. Newt était assis en tailleur sur son lit et avait éteint sa lampe de chevet. Celle de Thomas étant éteinte, seule la lune éclairait l'intérieur de la chambre.

« Ça va Thomas ? » demanda timidement le blond.

« Oui ça va... C'est juste que ça me fait bizarre de me retrouver ici, loin de Paris et de ma famille. I peine 24 heures j'étais dans ma chambre et maintenant je suis ici... Loin de tout. »

Newt hocha lentement la tête « Tu verras ça va être cool. Les autres ont l'air sympa et on va bosser quelque chose d'intéressant au moins ! »

Thomas se glissa entre les draps et se mit sur le côté pour continuer à regarder Newt « En tout cas, je suis content d'être tombé sur un colocataire aussi cool que toi. Tu ne fermes pas les volets la nuit ? »

Newt secoua la tête, un peu piteusement « Je t'avoue que j'avais un peu peur du noir quand j'étais petit et j'ai gardé cette habitude... »

Thomas rit légèrement « On t'installera une veilleuse demain t'inquiète. Bonne nuit Newt. »

« Bonne nuit le bleu. » souffla moqueusement le blond, qui s'était également couché.

Derrière la fenêtre, la lune était pleine et ronde, et éclairait doucement les deux garçons qui sentaient le sommeil les gagner progressivement.


Note bis : Et hop, ménage également fait sur ce chapitre ! Les choses sérieuses commencent.