Chapitre 2
Il allait mourir ! La souffrance était telle, qu'il priait pour qu'on l'achève. Chacun de ses membres lui faisaient atrocement mal. Le fait même de respirer le mettait au supplice. Il n'aurait jamais pensé que son corps pourrait un jour le martyriser ainsi. Il avait l'impression qu'un sumo s'était amusé à lui sauté dessus. Tous ses os semblaient brisés, broyés. Il se rappela alors de la raison de son état déplorable. Il ne se souvenait pas de l'accident, juste du bruit de la taule froissée puis après de l'explosion. On lui avait dit qu'il avait été éjecté de la voiture avant que celle-ci ne prenne feu. Ça lui avait sauvé la vie. Il n'en avait pas été de même pour son manager qui conduisait. Il était tard et un chauffard leur avait barré la route lui faisant perdre le contrôle du véhicule. S'il retrouvait la personne responsable de la mort de son plus proche collaborateur et ami, il le tuerait. Cet homme, qu'il considérait comme un père, laissait derrière lui une femme et deux enfants. Ce soir-là, JYP (xD petit clin d'œil, je précise que dans la réalité il n'est pas le manager de notre mystérieux malade) et lui était sorti pour fêter le début de leur nouvelle aventure. En effet, ils avaient décidé de lancer sa carrière solo en France. Lui, le jeune issu d'une famille modeste, idol coréenne reconnue tentait sa chance dans l'hexagone. Ils étaient heureux et impatients de démarrer la promo'. Et puis après avoir bu un verre dans un bar chic de Paris, ils avaient repris la route. Ils discutaient de tout et de rien puis, plus rien. Et quelques jours plus tard il s'était retrouvé ici, dans cet hôpital. Heureusement, il comprenait le français et, même s'il ne le parlait pas couramment, il savait se débrouiller. Il avait du mal à parler, sa mâchoire avait souffert pendant l'accident, mais il avait réussi à contacter ses proches. Le grand patron arrivait demain. En attendant, il avait prévenu un de ses collaborateurs en France qui s'était chargé des démarches administrative. Vu sa popularité assez restreinte dans ce pays, on avait pris pour unique précaution, la dissimulation de son identité. Il avait donc pris le nom de son meilleur ami. Celui se moquerait bien de lui, lui qui n'aimait déjà pas les trajets en voiture… Enfin pour le moment, il n'avait vraiment pas envie de rire ! Il haïssait à cet instant tout le corps médical du monde entier. Ils semblaient s'acharner sur son corps tuméfié. Piquant ici, palpant là… Et encore, ils lui avaient enlevé cet horrible tube censé l'aider à respirer. Il avait soif et avait l'impression d'avoir passé deux semaines dans le Sahara sans jamais croiser une oasis.
« - Mul…
- Qu'est-ce qu'il dit ?!
- Bul ? Mul ? C'est quoi ça ?
- Il doit délirer… »
Il repensa alors au lieu dans lequel il se trouvait et surtout dans quel pays celui-ci se situait. Mais comment disait-on cela en français ?
Il se dit alors que l'anglais était parlé partout dans le monde et que ces personnes capables de le torturer à coup d'aiguille devaient certainement comprendre cette langue.
« - Water… Please… S'il-vous-plait… » dit-il péniblement la gorge serrée.
« - Nous vous donnerons de l'eau après vos soins, Monsieur. »
« - Ah ! Eau ! Voilà. Ça se dit eau. » se rappela-t-il.
Il avait eu du mal à saisir le sens de leurs propos tant son esprit était embrumé par les drogues qu'ils lui avaient administré. Pourquoi lui en donné autant alors que la douleur ne faisait qu'empirer, se demandait-il. Et lui qui pensait souffrir quand, après de longues heures d'entrainement en salle de sport ou de danse, ses muscles endoloris le tiraillaient.
Il était prêt à leur dire qu'ils pouvaient bien se mettre leurs aiguilles là où il pensait et lui donner un verre d'eau, mais il se retint.
Pour se changer les idées pendant ce calvaire interminable, il observa son nouvel environnement.
Il remarqua alors le deuxième lit à côté du sien. La couverture était négligemment rabattue et une peluche rose trônait sur l'oreiller. Sur la petite table attenante étaient éparpillés stylos, feutres, crayons et feuilles. Il en conclut alors qu'il devrait partager sa chambre avec un enfant. Ca l'étonnait, en général les enfants étaient soignés dans des services de pédiatrie. Il espérait ne pas tomber sur un mioche braillard. Il aimait les enfants en général mais dans son état le moindre bruit lui rappelait l'atroce migraine qui lui broyait la tête.
Alors qu'il allait continuer son observation une infirmière tenta de le tourner sur le côté.
La douleur devînt si aigue qu'elle interrompît le cours de ses pensée, et c'est alors qu'il perdit connaissance.
