Cannibal Romance Chapitre II

"Affrontement"


Les trois premières semaines furent des plus mouvementées. Les emplois du temps changeant sans cesse, les premières années se perdant ou testant les limites des enseignants, surchargeant ainsi les salles d'heure de colle de Rogue qui s'arrachait les cheveux à trouver des punitions plus ignobles les unes que les autres. Mais ces trois semaines furent surtout dures, voire même éprouvantes pour Hermione. Son travail de préfète en chef l'accaparait, et lui prenait le peu de temps libre qu'elle pouvait avoir, mais elle aimait cela, elle en avait tellement rêvée. Enfin, elle aurait pu apprécier pleinement son nouveau statut si une ombre ne gâchait pas constamment le paysage.

Drago Malfoy et sa prétention s'étaient trouvés un nouveau jeu. Pourrir la vie d'Hermione à chaque ronde, voire même à chaque minute. Dès qu'il se trouvait en sa présence, il prenait un malin plaisir à déclencher une nouvelle guerre. Son activité préférée était celle qui consistait à lui piquer secrètement ses vêtements quand elle prenait sa douche et à la faire chanter pour les lui rendre. La voir s'exciter devant lui, tenant sa serviette maladroitement d'une main pour ne pas que celle-ci tombe et l'autre tentant vainement de lui arracher ses vêtements des mains, le rendait toujours plus heureux et son sentiment de supériorité ne cessait de croître.

Drago avait trouvé une nouvelle victime sur qui s'acharner et il y mettait toute son énergie. Durant les rondes de fin de journée, elle finissait par perdre son sang-froid et il s'amusait à la voir s'énerver ainsi. La jeune n'était plus qu'une bombe à retardement. Elle fulminait de rage, en silence, sifflant toute sa colère entre ses dents qu'elle tentait désespérément de garder serrées. Si elle criait, on l'entendrait dans tout le château et elle pourrait dire adieu à sa carrière de préfète. Elle finissait le plus souvent par hurler et proférer des jurons une fois dans la salle commune et par s'énerver de plus belle en voyant Drago sourire de toutes ses dents, avant de lui souhaiter bonne nuit et de monter se coucher. La vie était bien dure et Hermione sentait qu'elle allait craquer.

Un soir après une journée fatigante durant laquelle elle avait du passer deux heures en compagnie de Malfoy afin de surveiller des élèves en colle, la lionne se sépara de ses amis, après le dîner, dans le but de s'étaler sur son lit pour dormir. Harry et Ron prirent la direction de la salle commune des Gryffondors et Hermione partit vers la sienne à pas lourds et terriblement lents. Elle aurait voulu rester avec ses amis comme autrefois, mais elle devait se résigner. Elle devait partager sa salle avec un être complètement stupide, cupide, tellement obnubilé par ses préceptes, Sang Pur, Sang de Bourbe quelle se demanda s'il n'en oubliait pas de vivre parfois et si un jour il changerait.

En entrant elle ne vit personne, monta se changer, enfila un short et un pull, prit son sac et entreprit de descendre travailler sur la petite table près du feu. Hermione s'étala donc confortablement sur la petite table, posa une tasse de thé près d'elle et vit au fond de son sac le ''fameux livre''. Pourquoi lui avait on envoyé un tel livre ? Elle n'avait pourtant pas de Boursouflet. Elle fixa le livre au fond du sac puis cessant de se poser autant de questions, car pour elle il s'agissait d'une erreur et décida de se mettre sérieusement au travail.

Une heure plus tard le tableau de l'entrée pivota pour laisser entrer le jeune Malfoy qui accrocha sa cape au portant en argent puis monta dans sa chambre sans dire un mot. Il y posa ses affaires, estima qu'il travaillerait plus tard et descendit dans la salle commune pour se réchauffer. Il prit place sur ''son'' canapé et se mit à regarder le feu ronflant dans la grande cheminée, un ennui profond se dessinant sur son visage. Tout en attendant l'heure de la ronde il pensa travailler, mais il n'était pas connu pour son assiduité et préférait souvent tout faire au dernier moment, c'était dans ces instants là qu'il se sentait le plus inspiré.

C'est au bout de deux minutes qu'il vit son homologue attablée et concentrée sur son travail. La jeune femme était tellement plongée dans son travail que c'était à peine si elle l'avait vu rentrer. Drago aurait voulu dire quelque chose de désagréable pour la mettre en colère et ainsi se trouver une activité, mais cette fois il ne trouva rien à dire, ce qui l'ennuya fortement. C'était un signe que son activité d'emmerdeur public était en baisse et il fallait y remédier. Il voulait innover, mais même en se tortillant sur le canapé tout en l'observant il ne vit rien à dire.

Soudain la jeune fille se leva et passa devant Drago dont les narines ne purent passer à côté de son parfum fruité et délicat. Attiré par ce doux parfum il se retourna sur le canapé, et la regarda de haut en bas, histoire de se dire que la vue n'était pas si horrible car il allait devoir la supporter jusqu'en juin. Il n'eut pas le temps de bien la regarder qu'elle revint vers la table et le vit enfin :

- Ah tu es là. Fit-elle déconcertée par la présence de son homologue.
- Je sais que ma présence t'es insupportable, mais tu n'est pas seule dans ce cas là.
- Dans ce cas ferme-la et on oubliera très vite que l'autre est là. Répliqua-t-elle d'un ton tranchant.
- Décidément, je ne dis rien, et tu m'attaques. Je vais me vexer tu sais.
- Bah vas y. Tu ne te soucis peut-être pas des études et je sais que mis à part toi et ton nombril au sang pur, il n'y a pas grand-chose qui semble t'intéresser et je suis très heureuse pour toi. Mais moi je voudrais pouvoir finir mon devoir d'histoire de la magie, alors trouve toi une occupation. Quelque chose de productif. Par exemple apprendre l'humilité, mais laisse-moi tranquille.
- Alala petite Sang de Bourbe. Dit-il un grand sourire se dessinant sur ses lèvres. Tu devrais sav...

Mais il ne pu finir sa phrase, qu'excédée, Hermione se leva, les joues rougies par la colère, s'avança vers lui, mais alors qu'elle levait la main dans laquelle elle tenait sa baguette, il fut le plus fort et, la faisant tomber au sol, il se retrouva au-dessus d'elle. Elle commença à crier toutes sortes de jurons, tenta de se débattre, mais finit par rester immobile. Elle se trouvait obligée de regarder le Serpentard droit dans les yeux.

- À peine trois semaines et tu me sautes déjà dessus. Quelle audace Granger.
- J'ai voulu te tuer, nuance !
- J'hésite à te lâcher...
- Si tu ne me lâches pas ! Je te jure que je...
- Tu ? Je te signale que je suis en position de force là.
- Et que dois-je faire pour retrouver l'usage de mon corps ?
- "S'il te plaît''

Hermione ouvrit de grands yeux éberlués. "S'il te plaît " c'était bien la meilleure. Il l'insultait et devait ramper à ses pieds pour avoir une chance de bouger.

- Tu te fiches de moi ?!
- Non. Dit-il sur un ton triomphant. La formule magique ?
- S'il te plaît. Chuchota-elle-en tournant la tête sur le côté, un peu comme une enfant.
- On va la refaire, je ne suis convaincu et tu sais que si c'est pour t'entendre te soumettre je peux demander à recommencer encore...et encore...et encore...

Ne voulant pas s'abaisser à cela la lionne retenta de se débattre. Mais les jambes du Serpentard la bloquaient et ne pouvant même pas se servir de ses poings, elle se mit à parler, tentant de garder son calme :

- Tu es malade. Et encore je pèse mes mots. Il faut donc que je te lèche les bottes pour avoir une chance de rester bouger ? Et après, tu vas faire quoi ? tu vas fièrement rendre compte de ta victoire, si je puis nommer cet acte ridicule ainsi, à tes larbins ? Bravo, bonjour la maturité et l'intelligence de ''sang pur''. Vous vous moquerez de moi comme à votre habitude. Moi "missjesaistout ", la sale "Sang de Bourbe" "qui n'a pas sa place ici, blablabla. Tu ne me connais même pas. Je ne vois pas cet intérêt que tu as à te moquer des gens que tu ne connais pas et notamment des "Sang de Bourbe". Ah oui, tes préceptes. Sang de Bourbe ou Sang Pur je ne vois pas la différence. Nos deux sangs ont la même couleur. Je te propose que l'on s'ouvre les veines pour voir. Tu es d'une famille de sorciers et alors ? Tu as un manoir, de l'argent, la célébrité, ça ne fait pas de toi un être supérieur. Au contraire. Je suis née sorcière parce que je le devais. Comme tous ceux qui sont ici. Réveilles-toi un peu Drago Lucius Malfoy et regarde autour de toi. Tout le monde te hait à cause de ta prétention et de fichu égoisme. Tu as juste un nom et tu en fais toute une montagne. C'est avec ça que tu te permets de te pavaner comme un coq dans l'école et en dehors, mais je suis persuadée que face à ton père tu t'écrases comme une mouche. Une toute petite mouche de rien du tout. Tu n'es qu'un gamin pourri gâté à qui papa et maman ont toujours offert ce qu'il voulait. Tu n'as jamais rien gagné de tes propres mains, car tu ne possèdes rien en réalité. Tu as ce que tes parents t'ont donné. Si on t'enlève tout ça tu serais comme moi, un simple adolescent apprenant la magie dans cette école. Alors redescends sur terre et regarde la réalité en face. Demande-toi si ceux qui disent être tes amis te fréquentent toi ou ton nom. Alors fourre-toi ça dans le crâne, je ne m'abaisserais jamais à dire s'il te plais et à le répéter, parce que tu ne vaux pas mieux que le plus stupide des élèves d'ici. Tu ne vaux pas mieux que quiconque, tu es juste un gamin, égoïste, égocentrique, nombriliste, prétentieux, narcissique, doublé d'un lâche qui ne sait même pas se défendre et ment comme il respire. Maintenant lâche-moi.

Son discours terminé Hermione était se sentait étrangement calme et cela lui fit presque peur. Au-dessus d'elle, le Serpentard immobilisé par ce qu'il venait d'entendre avait une envie folle de passer ses mains autour de la gorge de la lionne afin de serrer jusqu'à ce qu'elle ne bouge plus. Il en avait envie depuis sa première année et là c'était une occasion rêvée. Mais il ne fit rien de tout ça. Il se contenta de rester là, sans bouger, bouche grande ouverte.

Personne, pas même un membre de sa famille ne lui avait jamais parlé de la sorte. Il tombait des nues et le sol était très dur. Sa colère et son envie de meurtre finirent par se dissiper pour laisser place à des émotions qu'il refusait de montrer. Il se mordilla les lèvres, il voulait, il voulait révéler à quelqu'un, ce qu'il était. Se libérer. Mais il se retint, il savait qu'il ne pouvait pas. Alors il se leva précipitamment et sans un mot couru dans sa chambre.

Hermione se releva lentement, massa ses poignets rougis, puis restant assise sur le tapis, elle se remémora ce qu'il venait de produire. Jamais elle n'avait ressenti une telle colère et jamais elle ne l'avait faite passer avec autant de calme. Elle serra les dents pour s'empêcher de crier, puis se rappela ce qu'elle avait dit quelques minutes plus tôt. Elle se sentait bien car elle avait enfin dit à Malfoy tout ce qu'elle désirait lui dire depuis tellement d'années. Mais elle se sentait coupable à la vue de sa réaction. Peut-être avait il enfin comprit, qu'il devait grandir, ou alors avait-il prit peur ? Elle ne chercha pas vraiment plus loin, elle monta ses affaires, enfila un pantalon, sa robe de sorcière et descendit pour la ronde.

Au bout de quelques minutes, Malfoy sortit de sa chambre. Plus pâle qu'à l'accoutumée, il semblait s'être refermé violemment sur lui-même, ses yeux fixant le sol, comme s'il cherchait à le faire s'effondrer. En passant pour sortir, il n'adressa pas un regard à Hermione, qui le suivi en silence.

La ronde se fit dans une atmosphère de tension telle que le château aurait pu exploser. Hermione ruminait ses paroles. Elle était fière que Drago ravale sa fierté, et surtout qu'il ne tente pas de la tuer. Mais elle avait l'impression d'avoir comme brisé quelque chose en lui et déclenché autre chose, quelque chose de bien plus sombre. Elle n'osa pas tourner la tête de peur de croiser son regard d'acier, qui devait être empreint de haine.

Au bout de deux heures, le château avait été fouillé de fond en comble. Hermione soupira et se hâta afin d'aller se coucher, car la fatigue commençait à se faire sentir. En retournant vers le bout du couloir menant à la salle, elle se tourna pour voir où était le Serpentard, car elle avait l'impression qu'il n'était plus là depuis quelques minutes, mais comme si elle venait de croiser le Basilic pour la seconde fois, son corps se figea sur place.

Il était là, le teint si pâle qu'il semblait mort. Ses yeux étaient injectés de sang, et remplis de souffrance, d'une douleur qu'il semblait ne pas avoir droit de communiquer, gonflés de larmes qui n'osaient pas sortir. Il se mordait les lèvres comme pour ne pas hurler à quel point il avait mal. Lorsqu'il vit Hermione figée de terreur, lui-même prit peur et partit en courant, laissant la Gryffondor sur place les yeux grands ouverts. Soudainement un million de questions se mirent à se battre dans sa tête et sans le vouloir, ses jambes partirent à la recherche du Serpent, qui avait à présent perdu tout éclat face à une petite souris.

Elle se mit alors à courir dans le château sans savoir où tout ça allait pouvoir la mener et en regrettant d'être aussi gentille. Tout en courant derrière lui elle en vint à se demander pourquoi faisait-elle ça ? Pourquoi le suivait-elle ? La culpabilité peut-être, la curiosité ? Puis se rendant compte que sa réflexion lui avait faite manquer de prendre un mur en pleine figure, elle cessa de se poser toutes ces questions et se focalisa uniquement sur lui, tentant tant bien que mal de suivre le bruit de ses pas que l'on ne pouvait presque plus entendre.

Au bout de vingt minutes d'une course effrénée à travers les couloirs silencieux de l'école, Hermione finit par s'arrêter -à sa plus grande surprise- face à la porte des toilettes de Mimi Geignarde. Elle sentit son cœur exploser et ses jambes la poussèrent à aller se coller contre la porte. Là elle crut entendre des gémissements, des reniflements et enfin... des pleurs.

Ravalant sa salive et respirant aussi discrètement que possible, elle poussa lentement la porte et se faufila dans les toilettes, se colla dos au mur dans un angle qui la plongea dans la pénombre, puis elle fit dépasser légèrement sa tête en direction des lavabos fissurés et des miroirs à moitiés brisés. Là, il y avait un jeune homme blond qui se penchait au dessus de l'un des lavabos, ses mains posées sur les rebords de celui-ci, sa cravate défaite, sa robe traînant sur le sol et tout près de lui Mimi :

- Si tu étais mort tu pourrais hanter ces toilettes avec moi, je ne me sentirai plus seule et toi non plus. Fit-elle d'une voix mielleuse. Alors, qui y a-t-il ? Tu es malheureux, tu sens que personne ne t'aime ? Tu es seul, même si les autres sont près de toi, les malheurs de ta famille te perturbent ? Et tu ne veux rien dire pour rester le grand méchant Drago Malfoy ? Elle leva ses yeux translucides vers le plafond, mais tu devrais être contents, moi je n'ai plus personne...

Hermione se retint pour ne pas jeter une pierre à travers Mimi tellement elle pouvait donner des envies de suicide avec ses paroles. Puis elle se tut en entendant Drago lui raconter ce qu'il venait de se produire. Il était à la fois fou de rage et triste, les larmes perlant le long de son visage le trahissaient. Hermione comprit très vite que quelque chose n'allait pas chez lui. Quelque chose était brisé.

- Pour qui elle se prend ? Une Sang de Bourbe qui me parle de la sorte, j'aurais dû...j'aurai dû la tuer ! J'aurai voulu...

Il regarda ses mains tremblantes. Elles étaient moites et lui rappelèrent les événements de l'année précédente. Il avait failli devenir un meurtrier, mais avait ressenti de la peur et n'avait pas fait le pas décisif. Dumbledore l'en avait empêché "tu n'es pas un meurtrier Drago, tu es terrifiés, je peux te protéger d'eux". Si peu mais, assez pour le faire pencher de l'autre côté. Il continua de fixer ses mains tremblantes.

- Ce ne sont pas... les mains d'un tueur si c'est ce que tu crois. Intervint la voix d'Hermione derrière lui.

Mimi Geignarde aimait les disputes, car c'était la seule chose qui pouvait intéresser les quelques élèves qui venaient dans ses toilettes. Pourtant elle connaissait suffisamment Hermione pour savoir que si elle écoutait aux portes, Hermione appellerait Peeves. C'est alors que la peur l'envahit et elle fondit comme un aigle dans la cuvette qui se trouvait à proximité afin de pleurer à quel point elle se sentait seule.

De son côté, Hermione était là, figée sur place, ne sachant pas pourquoi elle s'était montrée et se maudissant de lavoir fait. Apparemment Drago avait dû prendre un bon coup de massue durant les deux mois où elle ne l'avait pas vu. Elle ne savait pas qu'il venait pleurer dans les toilettes de Mimi et encore moins qu'il se confiait apparemment à celle-ci, qui tentait de le convaincre de la rejoindre dans ses toilettes sombres et miteux.

Se sentant coupable pour la première fois de sa vie envers un homme qu'elle haïssait plus que tout, Hermione le regarda avec tristesse et remords. Il était là, tremblant de peur, son visage passant en quelques secondes de la peur à la tristesse, à la pitié puis la colère, pour redevenir celui de la peur. Elle réussi voir, des larmes couler sur ses joues, ses yeux rouges, sa peau blanche, son corps tremblant comme une feuille. Il ne semblait plus être Drago Malfoy et pour une fois, il était humain.

- Tu veux m'enfoncer encore plus Granger ?! Cria-t-il.
- Je veux savoir ce qui ne va pas. Sa voix était tremblante, mais elle devait lui tenir tête.
- Pourquoi tu veux savoir ? Pourquoi je devrais te le dire ? Ça t'amuse c'est ça ?
- T'es vraiment un imbécile. Je ne serai pas là si ça ne m'inquiétais pas. Je suis le genre de personne qui aide ceux qui vont mal, même ceux que je déteste alors boucle-là. Je le vois bien, tu n'es pas le même, le Malfoy que je connais ne s'amuserait jamais à un jeu aussi débile que de me piquer mes vêtements, il ne passerait pas son temps à me narguer sur le fait que je sois "presque" jolie. Le Malfoy que je connais, passerait son temps à me critiquer, à piailler partout qu'il peut sentir mon immonde odeur de Sang de bourbe partout où il passe. Il aurait déjà pleuré dans la cape de son père qu'il vivait avec une Sang Impur et que je ne méritais pas ma place. Tu serais écœuré à l'idée même de me parler avec gentillesse, de me toucher, enfin ce genre de choses habituelles que tu me fais subir depuis la première année. Je ne sais pas si tu te rends compte de ton comportement, on dirait que tu as pris un coup sur la tête ou même pire mais, je ne veux pas m'y attarder et non ça ne m'amuse pas.

Drago ne réussit pas à prononcer un seul mot suite aux paroles d'Hermione. Il la toisa. Elle était là, immobile comme une statue face à lui, elle tremblait un peu, tenait ferment sa baguette entre ses doigts, ses yeux le fixait avec douceur et tristesse à la fois. Il se demanda un moment pourquoi était-elle là, à lui dire des choses que lui-même savait déjà. Il n'était plus lui et le savait, pourtant même si au départ il ne voulait pas parler à Hermione de par sa condition, pourtant leurs rapports avaient changé si subitement et il se demandait encore pourquoi. Il aurait pu passer l'année à l'éviter pour ne pas avoir affaire à ses sarcasmes et autres critiques, il aurait pu passer l'année à la critiquer comme il le faisait auparavant, avec méchanceté, mais il avait eu d'autres envies en la revoyant. L'approcher, voir ce qu'était en réalité une Sang de Bourbe, savoir ce contre quoi son père l'avait tant mit en garde, il aurait voulu voir si son sang était boueux ou bien rouge, voir si sa peau était rugueuse ou douce comme la soie. Il aurait voulu la voir de plus près pour voir qui elle était, pour savoir contre quoi son père crachait à longueur de temps. Il voulait toucher au danger même, l'effleurer, le sentir au plus près de lui. Il en avait besoin, il s'en rendait compte depuis l'année précédente. Il se rendait compte que cette fille pouvait être intéressante, il s'était prit à être plus gentil avec elle et il s'était avoué qu'il avait été agréable de se sentir apprécié par l'ennemie.

S'apercevant de ses étranges pensées, il secoua la tête, renifla et essuya les quelques larmes coulants encore sur ses joues, puis regarda Hermione à nouveau. Elle ne semblait visiblement pas savoir quoi faire, mais Drago coupa court à tout ça. Il prit sa robe, sa baguette et partit en silence, en partant il glissa à l'oreille de la lionne :

- Ne dis à personne ce que tu as vu ou entendu, sinon, tu le regretteras amèrement Granger.

Ce ton froid, tranchant, mais surtout menaçant coupa Hermione dans son élan, elle en perdit la parole et se contenta de regarder Drago fuir en silence. Elle resta sans bouger plusieurs minutes. Puis Mimi glissa à travers une porte et émit un petit rire aigu qui força Hermione à se tourner vers elle, et à lui poser la question fatidique.

- Depuis quand vient-il Mimi ? Et tu as intérêt à me dire ce que je veux ou j'appelle Peeves et je lui indique où frapper.
- Depuis l'année dernière. Il a commencé à venir et pleurer durant des heures, un jour on a finis par parler un peu. Apparemment il était terrifié par une chose qu'il devait faire, il disait être obligé de la faire, car il avait peur de se faire tuer. Sans cela, il est mort de peur face à l'abandon.

Hermione n'eut pas le temps de poser une autre question que Mimi avait déjà fui pour ruminer sa solitude au fond d'une conduite d'eau. La rouge et or fit les cent pas un instant puis décida de retourner à sa salle. Une fois face au tableau cachant l'entrée, elle vit que l'homme du tableau s'était recroquevillé dans un coin et que la femme était assise sur une chaise, le visage dans ses mains. Elle prononça le mot de passe et entra, la gorge et l'estomac noués. Le feu était encore allumé mais personne à l'horizon. Il devait être dans sa chambre, elle avança prudemment se disant qu'il voulait peut être l'attaquer, mais elle arriva jusqu'à sa chambre sans encombres, enfila un pyjama, descendit prendre les affaires qu'elle avait laissée sur la table près du feu et remonta se coucher. Elle ne dormit pas, du moins pas au début, elle tourna et retourna dans son lit se demandant ce que l'ancien Drago était devenu, mais au bout de deux longues et interminables heures de réflexion, Hermione finit par s'endormir.

Le lendemain matin, un faible rayon de soleil filtra à travers la maigre ouverture des rideaux rougeâtres de la chambre d'Hermione, qui fut aussitôt réveillée au contact de celui-ci avec son visage. Elle s'étira tel un chat et sauta sur ses pieds, prit ses affaires sous son bras, puis fila à la salle de bain. Elle y entra verrouilla la porte et se prépara en silence, encore dans ses sombres pensées de la veille, elle n'arrivait toujours pas à dire quoique se soit, elle n'arrivait toujours pas à penser normalement. Elle fit une queue-de-cheval, arrangea celle-ci comme elle pouvait et sortit, mais à peine ouvrit elle la porte qu'elle tomba nez à nez avec un visage blond, pâle, fatigué, qu'elle reconnut comme celui de son homologue. Aucun d'eux ne bougea. Il l'observa dans l'espoir quelle le laisse entrer, mais elle n'osa pas regarder son visage et sentait le sien rougir, alors elle ferma les yeux et sortit en courant la salle afin d'aller déjeuner. Une fois dehors elle croisa Dean Thomas, se mit alors à parler et laissa de côté tout le reste.

Une fois assise entre Ron à moitié endormit sur son bol et Harry dans ses pensées, elle prit un toast le tartina de confiture.

- Vous en faites une tête vous deux ? Dit elle d'une voix étrangement enthousiaste
- On a joué aux échecs toutes la nuit ! Dit Ron qui semblait soudainement réveillé
- Bah bravo, vous êtes exaspérants.
- Parle pour toi, Ron a prit une sacré raclée ! Ricanna Harry.

Le petit-déjeuner continua dans la joie et la bonne humeur, quand soudain un silence étonnant se fit à la table des Gryffondor, tout le monde se tourna vers eux, tous se mirent à sourire tout en retournant vers Hermione qui se demandait ce qu'il se passait. Soudainement comme un seul homme, tous les Gryffondors se levèrent faisant exploser des pétards, sans doute de chez Fred et George, en hurlant à tue-tête.

« Joyeux anniversaire à notre préfète en chef ! »


Petit Mot: La confrontation entre les deux est assez violente, drôle ? Drago il fait mumuse à prendre le dessus, mais bien entendu ce n'est drôle que pour lui et là c'est le drame, Hermione balance ses quatre vérités dans la tête de Malfoy qui tombe enfin sur un sol dur et se retrouve confronté à la vérité. Sacré Drago me direz vous ! Enfin, Hermione est pas mal non plus, elle se prend tellement le chou pour lui qu'elle en oublie son propre anniversaire...

Alors, on en pense quoi ? on cri ? on pleure ? on saccage tout ? on me jette des licornes ? non parce-que j'adore ça... les licornes.

Cyclae ~