Disclaimer : Je ne possède pas l'univers d'Harry Potter, tous les droits reviennent à J. K. Rowling. Je ne fais pas non plus de bénéfices avec cette histoire. L'intrigue est toutefois la mienne alors merci de ne pas copier mes écrits.

Résumé du chapitre précédent : Nous avons eu un petit aperçu de la vie de Violette et de la famille Dursley en général. Mise à l'écart par ses parents, la jeune fille réincarnée s'occupe depuis un moment maintenant de son cousin et remplace quelque peu la figure maternelle qu'aurait pu être sa mère. Le chapitre se termine avec la réception de sa lettre pour Poudlard qui, évidemment, ne réjouit pas du tout ses parents.


Bonjour tout le monde !

J'espère que tout va bien par chez vous, merci à ceux qui sont passés par ici et à ceux qui ont commenté. Cela m'a vraiment fait plaisir.

J'avais déclaré dans ma précédente intro que j'allais publier toutes les deux semaines environ et que mes chapitres tourneraient autour de 2500 mots. Sauf qu'actuellement j'arrive plus à 4500 donc j'espacerai mes publication de deux semaines et demi plutôt, voir trois en cas de réel impossibilité. De plus, je vais bientôt déménager -ce qui va m'occuper évidemment-, et j'ai trouvé du boulot pour ces vacances. Je travaille six jours sur sept en restauration pendant juillet et août. Maintenir une cadence régulière risque de m'être difficile à ce moment-là mais cela devrait s'arranger lorsque nous arriverons en septembre.

Je vous souhaite une bonne lecture !

À bientôt je l'espère.

Plume de Nuit.


Salut à toi, Rouge ! Ta review m'a fait plaisir alors merci ! Je ne sais pas si le compliment est mérité mais en tout cas il m'a touché. Je te souhaite de prendre autant de plaisir avec la suite. Passe une bonne semaine !

Merci pour ton commentaire Shmilblick ! Je suis heureuse que ma façon de faire te plaise. J'espère que ce sera également le cas de la suite ! Passe une bonne semaine et n'hésite pas à commenter à nouveau. J'attendrai ta review.

Bien le bonjour, AlexAzurion ! Merci pour la review que tu m'as laissé. J'espère que tu aimeras également ce chapitre ! Au détour d'une future review, je l'espère ! Et passe une bonne semaine.


CHAPITRE 2

Dire que la lettre avait créé un véritable tollé au sein de la maison des Dursley aurait été un euphémisme. Son père était rentré dans une telle fureur que son visage en avait été radicalement transformé. La figure rougie par la colère, les yeux exorbités et les veines de son cou saillantes, il avait été une vision particulièrement effrayante. Brûlant la lettre qu'elle venait tout juste de recevoir, il n'avait cependant pas réagi lorsque sa femme avait ordonné à leurs enfants de se rendre dans leurs chambres.

Actuellement recroquevillée sur son lit, Violette essayait de se sortir de la stupeur qui l'avait saisie un peu plus tôt. Malgré les onze années qu'elle avait déjà passé dans ce nouveau monde et sa connaissance préalable de l'univers de Harry Potter, jamais elle n'aurait cru être une sorcière. En effet, elle n'avait jamais eu à sa connaissance d'accident lié à l'utilisation de la magie et excepté sa réincarnation, elle n'avait pas non plus été la source d'incidents étranges et inexplicables.

Se remettant doucement du choc de sa plus récente découverte, la jeune fille écouta d'une oreille plutôt distraite les propos de ses parents lorsque ceux-ci atteignirent un tel niveau de décibels que les ignorer releva de l'impossible.

—Ma fille n'est pas un monstre ! rugissait Vernon en tapant son poing contre l'un des murs. Elle est peut-être bizarre mais elle n'est sûrement pas des leurs ! Je refuse !

Mordillant sa lèvre, inquiète des cris qui régissaient la maison, l'aînée des Dursley sursauta violemment en entendant les coups légers frappés à sa porte. Se relevant précipitamment, elle ouvrit la porte avec une douloureuse appréhension mais se détendit en constatant qu'il ne s'agissait que des ses petits frères.

Pâles, terrifiés, ils semblaient à deux doigts de fondre en larmes. Incapable de les laisser à sa porte, sa conscience lui promettant mille tourments si elle osait le faire, elle les invita à entrer et referma rapidement derrière eux. Les guidant d'une main ferme vers son lit, elle s'efforça de faire taire ses inquiétudes.

Le lit n'étant pas très grand, ils furent un peu à l'étroit lorsqu'ils s'assirent tous en tailleur. Souriant à ses cadets d'une manière qui se voulait rassurante, Violette déclara d'un ton qu'elle espérait convaincant :

—Ce n'est rien de grave, ne vous inquiétez pas. Papa ne s'attendait juste pas à ce qu'on m'envoie une lettre aujourd'hui.

Et si elle était honnête, elle non plus. Être inscrite à Poudlard n'avait certainement pas fait parti de ses projets. Au revoir son idée de devenir une grande physicienne travaillant dans le domaine l'aérospatial ! Bonjour chapeaux, baguettes et mages noirs. Seigneur, elle ne pouvait pas dire que cette perspective l'enchantait...

—Tu es sûre qu'Oncle Vernon n'est pas fâché contre toi ? lui demanda son cousin avec scepticisme.

—Non, lui assura-t-elle en secouant négativement la tête. Je crois qu'il est davantage effrayé que véritablement furieux, en fait. C'est la lettre qui l'a fait réagir, pas moi. Je pense qu'il est terrorisé à l'idée que j'aille à Poudlard et que je devienne une personne totalement différente.

Elle ne s'aperçut qu'elle avait un peu trop parler qu'au moment où leurs yeux se mirent à briller de curiosité et que leurs bouches se délièrent davantage.

—C'est quoi, Poudlard ? l'interrogea Dudley avec une avidité de connaissance qui la surprit.

—Pourquoi tu changerais ? s'étonna quant à lui Harry.

Se maudissant pour sa propre stupidité qui rivalisait actuellement avec celle que possédait un troll étant tombé sur la tête en étant petit, elle se mit à gémir au moment-même où un nouvel éclat de la part de son père se faisait entendre.

—C'est..., commença-t-elle en se questionnant sur ce quel pourrait bien leur dire. C'est une école pour les gens aux talents spéciaux. Et les personnes là-bas sont plutôt étranges et ne voient pas toujours le reste d'entre nous d'un bon œil.

C'était définitivement l'explication la plus proche de la vérité qu'elle pourrait obtenir sans avoir à prononcer les mots «magie», «sorciers», «puristes» et «moldus». Et si quelqu'un devait l'interroger sur les connaissances qu'elle n'aurait pas dû posséder, elle n'aurait qu'à leur répondre qu'elle avait inventé un mensonge sur le tas et que son étrange ressemblance avec la réalité n'avait été que le fruit du hasard. Ce ne serait pas une très bonne défense mais c'était actuellement la seule chose à laquelle elle pouvait penser.

Réprimant un sourire lorsqu'elle remarqua l'air pincé de son petit frère qui essayait de comprendre ce qu'elle avait dit, elle se fit plus sérieuse en observant le regard compréhensif que lui jetait l'héritier de la famille Potter.

—J'ai toujours su que tu étais très spéciale, Vi ! s'exclama-t-il d'ailleurs avec une bonne humeur non feinte. Comme la fois où tu nous as téléportés avant que la voiture nous écrase !

Mettant un peu de temps à se remémorer cet événement particulier, elle se souvint soudain de s'être un jour retrouvée de l'autre côté de la rue alors qu'un chauffard ivre leur fonçait dessus. Elle n'avait cependant pas été si surprise que ça, portant Harry sur son dos lorsque cela était arrivé.

—Ce n'était pas moi, le contredit-elle en secouant vivement la tête. C'était...

Elle n'eut cependant pas le temps de terminer son propos.

—Non, l'interrompit son cousin avec un ton sévère qui ne lui ressemblait pas. Je sais que des fois je fais des choses bizarres mais ça, ce n'était vraiment pas moi ! C'était toi, Vi ! Tu es géniale comme ça.

Ces mots la touchant profondément, elle ravala les quelques larmes qui voulaient couler sur son visage avant d'enlacer les deux garçons. Les étreignant malgré leurs protestations, elle eut un rire un peu triste lorsqu'ils soupirèrent de soulagement une fois qu'elle s'écarta.

—Vous êtes géniaux aussi, leur souffla-t-elle avec un sourire.

Et c'était vrai. Même Dudley pouvait être incroyable lorsqu'il réussissait à penser par lui-même sans suivre les autres. Elle l'avait déjà surpris en train de donner une part de son goûter à Harry lorsque leurs parents ne regardaient pas, et même si cela n'avait pas été de très bonne grâce, les graines qui lui permettraient d'être un adulte dont elle serait fière étaient déjà plantées. il fallait croire que sa simple présence pouvait créer quelques ondulations bienvenues.

Ils restèrent finalement dans la chambre de Violette jusqu'au soir, ne sortant qu'à l'heure du dîner. Osant à peine croiser le regard de son père qui gardait une mine renfrognée, elle évita sciemment le sujet de la lettre reçue quelques heures plus tôt. Jetant un coup d'œil sévère à son frère et à son cousin au moment où ces derniers entamèrent une bataille de petit pois avec leurs fourchettes, elle leur fit comprendre sans mots qu'il valait mieux pour eux qu'ils restent sages. Vernon Dursley s'était peut-être calmé, mais elle savait pertinemment qu'il suffirait d'un rien pour remettre le feu aux poudres.

Débarrassant la table, elle laissa à Harry la charge de nettoyer la vaisselle. Passant rapidement par la salle de bain, elle fila ensuite dans sa chambre et s'assit sur le rebord de sa fenêtre. Le soir était tombé, le ciel s'assombrissait et la lune était visible au loin. La voir, ronde et brillante, l'amena à penser à Remus Lupin, l'un des amis de la famille Potter. Il devait probablement se trouver quelque part loin du monde, subissant les douloureux effets de sa métamorphose en loup-garou.

Évidemment, penser à Lupin lui fit songer aux Maraudeurs, à Poudlard et pour finir à toute la série de livres qu'elle avait lu. Essayant de changer au moins légèrement les conditions de vie de son cousin, elle n'avait toutefois pas voulu mettre son nez dans l'intrigue. Oh, elle savait que ses connaissances pourraient potentiellement sauver beaucoup de monde, mais qu'est-ce qui prouvait qu'en changeant l'histoire elle ne la rendrait pas pire encore ? Qui savait si en s'ingérant dans les affaires sorcières elle ne provoquerait pas par inadvertance la victoire de Voldemort ? Ne rien changer avait été un choix purement réfléchi, même si sa morale devait venir la hantait. Elle avait conscience que se taire permettait à un innocent de pourrir à Azkaban, à un coupable de vivre une vie pépère de rat et à une communauté sorcière d'ignorer le très prochain retour d'un mage noir. Mais tout s'était bien terminé dans les livres, non ? Aurait-elle dû faire le choix de risquer tout cela ? Ce n'était pas une question à laquelle il était facile de répondre.

Sauf que sa présence venait de tout changer. Moldue, sa vie n'aurait pas eu de grand impact sur le monde sorcier et sur la nouvelle guerre qui était sur le point d'éclater, mais en tant que sorcière cela changeait la donne. Car Violette Pétunia Dursley n'était pas seulement une Née-Moldue, non. Elle serait avant tout autre chose la cousine de Harry Potter et en tant que telle bouleverserait une grande partie des événements majeurs du canon.

Lorsqu'il arriverait à Poudlard, le jeune Potter ne serait pas seul. Plus âgée, responsable, elle serait là pour lui et il le saurait. Irait-il alors voir Granger pour obtenir des informations ? Deviendrait-il ami avec les Weasley alors qu'il n'aurait plus besoin d'aide pour trouver le Poudlard Express ? Mais il n'y avait pas que ça. Faisant partie de la même famille que Harry, elle serait l'une des cibles principales de Voldemort et de ses Mangemorts. Faible, elle serait un excellent moyen de pression, une manière de le briser aussi. Et cette perspective était effrayante.

Violette n'avait pas peur de la mort — Mourir une fois et la désirer à tant de reprises en étant enfant pouvait faire ça. —, mais elle était absolument terrifiée à l'idée de ce que cela pourrait signifier pour ses proches, et plus égoïstement encore, elle avait également peur de souffrir. Elle n'avait pas la moindre envie de finir sous le sortilège Doloris, d'avoir à être torturée pour obtenir des informations qu'elle pourrait potentiellement posséder. Cela était un gros «NON» sur sa liste des choses dont la simple pensée était détestable.

Mais peut-être... Peut-être tout n'était-il pas obligé de changer. Ses peurs les plus profondes provenaient de sa présence aux côtés de Harry, mais rien ne l'obligeait à fréquenter Poudlard, n'est-ce pas ? Et certes, n'étant pas censée connaître le monde magique elle ne pourrait pas prétendre vouloir être scolarisée ailleurs tout de suite mais qu'est-ce qui l'empêchait, un peu plus tard, de continuer ses études à Beauxbâtons ou Dumstrang par exemple ? Fallait-il ajouter l'existence d'Ilvermorny ? Elle ne savait pas si un changement d'établissement scolaire était autorisé mais elle pourrait au moins se renseigner une fois arrivée à Poudlard, non ? Ses plans pour l'avenir n'avaient pas à tous disparaître. Il existait toujours —ou presque— une échappatoire.

Perturbée par toutes les découvertes de la journée, Violette eut beaucoup de mal à s'endormir ce soir-là. Ses songes vacillant entre cauchemars et souvenirs, elle sombra peu avant que le soleil ne se lève. Épuisé, son esprit n'eut en effet d'autres choix que celui d'abdiquer.

Le lendemain matin arriva trop vite au goût de la jeune Dursley qui poussa un long gémissement en entendant sa porte s'ouvrir brusquement. Finissant d'être réveillée par sa mère qui retira habilement ses draps, elle rouspéta quelque peu mais se tut rapidement en avisant le regard sévère de Pétunia qui déclara avec forte mauvaise humeur qu'ils avaient de la visite.

Surprise, un peu inquiète aussi, elle se dépêcha de s'habiller —Son choix se porta sur la robe à pois de sa tante Marge. Qui savait, cela pourrait peut-être adoucir son père...— et descendit les escaliers la boule au ventre. Qu'est-ce que cela pouvait bien vouloir dire ? Était-ce une procédure normale pour l'accueil d'une Née-Moldue à Poudlard ? Cela avait-il même un quelconque lien avec l'École de Sorcellerie ?

Préoccupée à l'idée que le visiteur du 4 Privet Drive puisse être là pour elle, la jeune fille ne remarqua pas tout de suite son cousin et manqua de peu de le renverser. Toujours vêtu de ses habits bien trop grands pour lui, il fixait avec une certaine curiosité mêlée de crainte l'individu qui était actuellement installé sur le canapé. Il était d'ailleurs si concentré dans sa contemplation qu'il sursauta violemment lorsque la main de Violette se posa sur son épaule.

—Vi ! souffla-t-il d'un ton soulagé en remarquant que ce n'était qu'elle.

Souriant doucement, incapable de ne pas se sentir rassurée par la présence de ce petit frère adoptif, elle lui ébouriffa doucement les cheveux avant de le questionner à voix basse :

—Tu sais qui c'est ?

De là où elle se trouvait, la jeune Dursley était incapable de voir à quoi ressemblait leur visiteur. Toutefois, si elle devait se fier au chignon du personnage et à ses cheveux grisonnants, elle aurait mis sa main à couper qu'il s'agissait d'une femme d'un certain âge.

—Oh, c'est une prof ! s'exclama Harry d'un ton assez excité avant de froncer les sourcils. Je crois qu'elle s'appelle McGall... McGanagall... McNagall... Enfin, un truc comme ça.

Sa gorge se nouant aux nouvelles et elle sentit une sourde angoisse lui broyer les intestins. Elle savait qu'elle aurait un jour à rencontrer d'autres personnages du canon d'Harry Potter, mais elle ne se sentait pas prête à franchir le pas, là, tout de suite. Que ferait-elle si le professeur McGonagall s'apercevait qu'elle n'était pas qui elle était censée être et comprenait qu'elle connaissait beaucoup trop de choses pour son propre bien ?

—Ça va, Vi ? s'inquiéta finalement le fils des Potter en remarquant son étrange silence.

—Je... Oui, s'étrangla-t-elle d'une voix partant dans les aiguës. Ça va.

Fermant brièvement les yeux, elle tâcha d'effacer les images dans lesquelles elle se retrouvait attachée à une chaise et gavée de force au Veritaserum pour qu'elle crache toutes ses connaissances.

—Tu pourrais aller préparer le petit déjeuner ? lui demanda-t-elle en lui offrant un mince sourire qui n'eut pas l'air de le convaincre. J'ai vraiment faim, rajouta-t-elle pour faire bonne mesure.

Elle n'aimait pas forcer son cousin à faire quoique ce soit, encore moins le traiter comme un elfe de maison, mais si quelque chose devait mal se passer pendant l'entretien elle ne voulait pas qu'Harry en soit témoin.

—J'y vais, accepta-t-il avec un peu trop de facilité avant de chuchoter avec gravité. Fais attention à toi, Vi. D'accord ?

—Je le ferai, promit-elle. Maintenant file.

Patientant jusqu'à ce qu'il soit entré dans la cuisine, l'adolescente réincarnée prit finalement sur elle et pénétra dans le salon. Avisant les traits sévères de sa visiteuse, l'expression rassurante qu'elle portait dans sa direction et ses yeux nuageux, Violette songea qu'elle ressemblait étonnamment à l'actrice qui avait joué son rôle dans les films. Bienveillante, elle s'en restait pas moins une fervente adepte de la discipline. Et si son sourire un peu pincé était une indication, elle ne semblait pas très à l'aise avec ses parents. À vrai dire, elle ne semblait pas les apprécier du tout. Mais était-ce étonnant lorsqu'on savait qu'elle les avait traité des «plus horribles moldus qui soient» le jour où Albus Dumbledore avait laissé le petit Harry à leur porte ?

—Bonjour, professeur, la salua-t-elle avec tout le semblant d'étiquette qu'elle possédait avant de se permettre de l'interroger. Êtes-vous ici à cause de la lettre ?

À peine avait-elle fini ces mots qu'elle vit les veines du cou et des tempes de son père saillirent pendant qu'il tentait visiblement de refouler un nouvel éclat de colère.

—En effet, mademoiselle Dursley, acquiesça la Maîtresse en Métamorphose avec un sourire un peu plus véritable. Dois-je supposer que vous en avez pris connaissance ?

N'ayant pas eu l'occasion de l'ouvrir avant que son père ne l'attrape, elle ne pouvait raisonnablement pas dire oui. Elle était, selon toute logique, une jeune moldue qui ignorait tout de l'existence de la magie.

—Elle ne l'a pas fait, annonça sa mère d'un ton légèrement bégayant. Nous avons récupéré le courrier avant qu'elle ne le lise. Nous ne voulions pas qu'elle découvre votre monde de manière aussi abrupte.

Pétunia aurait été extrêmement convaincante si aucun d'entre eux n'avait eu connaissance de la haine profonde que portait la famille Dursley à tout ce qui était considéré comme anormal. Toutefois, loin de se démonter pour si peu, la directrice de la maison Gryffondor leur demanda dès lors de lui passer la lettre.

—C'est que... Nous ne l'avons plus, avoua faiblement la matriarche en se demandant comment elle allait sortir de ce mauvais pas.

—Et où est-elle donc passée, je vous prie ? les pressa Minerva du même ton dont elle devait se servir pour gronder ses élèves.

Retenant un gloussement à l'image de ses parents affabulés de tenues d'écoliers et punis par cette sorcière peu commune, Violette ne se sentit pas très généreuse. Cela faisait désormais huit ans que sa famille mentait sans scrupules à Harry sur ses parents et sur son identité. Alors là, elle ne pouvait qu'apprécier ce retournement de situation.

—Elle a été brûlée par mon père, professeur, l'informa généreusement la jeune fille qui oublia momentanément ses peurs.

Si elle avait été un peu plus attentive, l'aînée des enfants Dursley aurait aperçu le regard menaçant que jeta brièvement la directrice-adjointe au chef de famille, mais prise par les nombreux sentiments qui l'animaient, elle le manqua de beaucoup.

—Il est donc heureux que je me trouve en possession d'une copie, n'est-ce pas ? souffla son futur professeur avec un sourire carnassier. Lisez-la donc, mademoiselle, que je puisse vous expliquer les véritables raisons de ma présence.

S'emparant avidement de la lettre, Violette sentit son excitation briser toutes ses craintes. Elle n'avait jamais été une Potterhead, mais ce serait mentir que de dire qu'elle n'avait jamais rêvé de recevoir sa lettre après avoir lu les livres de Rowling. Mais alors qu'elle décachetait l'enveloppe, Vernon décida de faire connaître son fort mécontentement.

—Je refuse que ma fille aille dans cette école de sauvages ! vociféra-t-il en regardant d'un air mauvais la femme d'un certain âge. Violette est intelligente, douée avec tout ce qu'elle entreprend et je suis certain qu'elle sera acceptée dans les plus prestigieuses universités de ce pays ! Elle a tout un monde qui l'attend et je refuse que des monstres de votre espèce gâchent tout ce à quoi elle est destinée ! Ma fille n'est pas des vôtres, quoique vous en pensiez ! Alors maintenant DEGAGEZ DE CHEZ MOI !

Dire que les larmes lui vinrent aux yeux en entendant les compliments de son père n'aurait pas été un mensonge. Habituée à sa froide indifférence depuis des années, elle ne se serait jamais attendue à ce qu'il pense autant de bien d'elle. Et le découvrir la toucha. Très profondément même.

—Monsieur Dursley, le coupa McGonagall d'un ton sec alors qu'il s'apprêtait à crier à nouveau. Je ne doute pas de l'intelligence de votre fille mais il vous faut comprendre qu'en tant que Moldu, vous n'avez pas mot à dire quant à l'éducation sorcière que recevra cette dernière. La magie est en effet une chose instable et volatile, et il est absolument nécessaire que la jeune Violette en apprenne le maniement. Qu'elle reprenne ou non par la suite ses études dans votre monde, cela la concerne, mais il faut que vous sachiez qu'un manque d'apprentissage serait extrêmement dangereux pour elle comme pour ceux qui l'entourent. Il en va de sa santé et de sa sécurité.

Elle avait beau être en colère contre ses parents pour leur haine de la magie, cela ne l'empêcha pas d'en vouloir au professeur d'avoir été si cassante envers eux alors que visiblement, c'était en partie leur amour pour elle qui les motivait. Mais peu importe à quel point ses sentiments pouvaient être contradictoires, ceux-ci ne camouflèrent pas la sourde angoisse qui lui avait saisi les tripes en entendant les dires de la directrice-adjointe. Car si elle avait bien compris ce dont il avait été question, il s'avérait qu'à l'heure où l'enseignante parlait la jeune Dursley constituait un véritable danger pour les siens. Une sorte de bombe prête à exploser qui ne pourrait être désamorcée qu'au travers des études qui lui apprendraient le maniement de ses pouvoirs. Oh, la sorcière en avait peut-être rajouté une couche afin de convaincre la famille qui lui faisait face, mais l'idée était là et en un sens elle n'était pas complètement fausse.

—Que voulez-vous dire ? s'enquit sa mère avec inquiétude avant de lui jeter un rapide coup d'œil.

La peur dans ses yeux était visible et il semblait que les nouvelles l'avaient atteint au moins autant que sa fille.

—Lorsque de jeunes sorciers sont élevés dans la peur et la haine de leurs pouvoirs, ceux-ci peuvent devenir l'hôte d'un parasite qui se nourrit de leurs angoisses et rend leur magie aussi instable que puissante et dangereuse, commença la professeur de métamorphose d'un ton sévère et plein de reproches. Cela n'arrive généralement qu'aux jeunes enfants mais il n'est pas impossible de devenir un Obscurial suite à un violent traumatisme qui pousserait le sorcier à craindre sa magie. Ces risques sont d'autant plus élevés lorsqu'il n'y a pas d'éducation magique derrière l'enfant.

Sa déclaration jeta un tel froid dans la pièce que même Vernon ne trouva mot à dire. Pâle comme un mort, il semblait assommé. Peut-être comprenait-il à quel point ils avaient été proches de condamner leur aînée à un horrible sort. Car si Violette n'avait pas été la réincarnation d'une adolescente ayant préalablement lu les livres Harry Potter, la possibilité pour qu'elle devienne l'hôte d'un Obscurus aurait été tout à fait réelle.

—C'est d'ailleurs la raison principale pour laquelle le ministère choisit de passer outre les souhaits des parents moldus concernant la scolarité de leur enfant, continua McGonagall en prenant pitié des Dursley. Les cours de sorcellerie ont en effet pour but d'apprendre aux étudiants à aimer leurs pouvoirs et à les manipuler avec adresse. Cette nouvelle connaissance limite ensuite les incidents de magie accidentelle jusqu'à les rendre inexistants.

Ce n'était peut-être pas la meilleure nouvelle de tous les temps, ni même la meilleure explication, mais cela suffit à calmer partiellement ses parents. Loin de les enchanter, cela restait tout de même préférable à la vie maudite d'une Née-Moldue sans contrôle sur sa magie.

—Si nous la laissons faire ses études dans votre école, s'enquit son père avec fermeté en essayant de prendre le dessus dans la conversation, pourra-t-elle quitter l'établissement si elle le désire ? Reviendra-t-elle le week-end et les vacances ?

Contemplant la famille moldue qui était installée près d'elle, la professeur prit un air pensif avant de les informer généreusement :

—Violette devra attendre au moins trois ans avant de pouvoir stopper toute éducation magique. Elle ne rentrera pas en fin de semaine mais reviendra pour les vacances si tel est votre désir. Il sera cependant possible d'entretenir une correspondance en utilisant un hiboux postal.

Ayant l'impression que sa présence avait été oubliée, la jeune fille continua d'écouter tout ce qu'avait à dire sa future enseignante d'une oreille distraite. Ses parents la questionnaient et la directrice de la maison Gryffondor répondait avec honnêteté, mais ce n'était pas cela qui l'attirait. Non, son regard se portait sur ses petits frères qui, toujours en pyjama, écoutaient avec la plus grande attention les dires de la vieille femme.

Souriant doucement à Harry qui avait l'air très inquiet —Peut-être avait-il entendu Minerva parler de la possibilité de devenir un Obscurial...—, elle essaya de lui faire comprendre qu'il n'avait rien à craindre. Elle avait peut-être la capacité de devenir une bombe humaine, mais cela ne signifiait pas qu'elle allait exploser de sitôt.

Occupée à rassurer ses cadets, l'aînée des Dursley manqua la fin de la conversation qu'entretenait l'enseignante avec Vernon et Pétunia et ne reprit pied avec la réalité qu'au moment où McGonagall l'interpella.

—Et bien, Violette, souffla-t-elle avec un peu plus de chaleur dans la voix que précédemment, je vous dis donc à demain. N'hésitez pas à vous vêtir confortablement, les courses de rentrée scolaire peuvent être sportives. Monsieur Dursley. Madame Dursley.

À peine l'adolescente avait-elle fini de saluer la sorcière que celle-ci disparut dans un craquement sonore. Elle venait de transplaner, en conclut la Née-Moldue avec une certaine incrédulité. Avisant l'air abasourdi de ses parents, elle eut le plaisir de constater qu'elle n'était pas la seule à qui cette disparition surprise avait fait de l'effet.

—Alors, je vais à Poudlard ? leur demanda-t-elle en guise de confirmation après avoir repris ses esprits.

Vaincu, le patriarche de la famille hocha légèrement la tête. Il semblait que la vieille femme avait réussi à le convaincre et que la pilule avait encore un peu de mal à passer.

—Oui, grimaça-t-il avant de reprendre avec plus de convictions. Je ne peux peut-être rien faire contre, mais ne laisse pas ces ploucs te rabaisser, Violette. Nous ne sommes pas parfaits, c'est vrai, mais tu vas leur montrer à ces abrutis ce que vaut notre famille. Pulvérise-les, Vi, lui ordonna-t-il finalement avec une confiance qui ne lui ressemblait pas.

Ce furent ses derniers mots avant qu'il ne quitte la maison pour se rendre au travail où, disait-il, une tonne de paperasserie l'attendait. Était-ce la vérité ou non, personne n'aurait su le dire, mais tous décidèrent de le laisser tranquille. Il venait de passer une sale matinée après tout.

De son côté, heureuse de l'apparente acceptation de ses parents, la nouvelle sorcière se mit à serrer ses cadets dans ses bras avant de rire en s'écartant d'eux. Il semblait que son nouveau statut ne serait finalement peut-être pas uniquement source de malheurs, mais bel et bien de bonnes choses aussi. Car aussi improbable que cela soit, cette lettre semblait être ce qui avait manqué dans leur relation filiale pour qu'ils puissent s'accepter vraiment les uns les autres.

Tournant le regard vers sa mère, l'aînée de la famille sentit son cœur bondir en lisant dans ses yeux une profonde inquiétude et une certaine dose d'affection. Car c'était peut-être triste, mais jamais Violette Pétunia Dursley ne s'était sentie plus aimée que ce jour-là.


Une petite review pour la route ? Je promets, c'est gratuit !