Chapitre 2

BIP-BIP-BIP-BIP-BIP-BIP

- Uuuuugh, déjà 7h30...? grognais-je de manière quasi-incompréhensible.

C'était le matin. Mon anniversaire. Ma première journée de cette nouvelle année dans cette nouvelle école. Que de joies à venir.

Je me suis levée, bien malgré moi. Toujours endormie, j'essayais en vain de trouver quelque chose de potable à mettre. Repérant mes jeans noirs sur le sol et mon vieux t-shirt de Metallica sur mon bureau, je les ai enfilés, me disant que peut importe ce que je mettrais, j'allais avoir l'air d'un zombie de toute façon.

J'ai préparé mon sac et pris ma veste préféré pour ensuite descendre vers la cuisine, même si je n'avais pas vraiment faim...

Arrivée dans la cuisine, tout le monde était assis autour de la table familiale, excepté Sukuyo qui était au fourneaux et Mako qui n'était pas... Pas là?

- B'jour tout le monde, m'exclamais-je. Où est Mako?

- Bon matin Ryuko! Mako dort encore. Elle est toujours en retard, m'annonça sa mère. En passant, mon chéri, je t'avais demandé de la réveiller ce matin!

- Mmmh... Moi, perso, j'avais demandé à Mataro, répliqua Bazaro qui lisait son journal devant son assiette désormais vide.

Avec son visage d'ange, Sukuyo donna un coup de poêle en arrière de la tête de son mari.

- Aiie.. asdsjdkash,... balbutia-t-il avant de s'effondrer sur le sol.

Mataro avait l'air visiblement stressé.

- J-JE, J'AVAIS DEMANDÉ À GUTTS D'Y ALLER, cria-t-il.

Et hop, coup de poêle pour lui aussi.

- ajdfskdfhlasdfh ljdafjs dj...,.,.,,...

La mère des Mankanshoku se tourna la tête lentement vers Gutts, armée de sa poêle et de son sourire toujours aussi inébranlable. Des flammes commençaient à se former dans ses yeux. Je crois que le chien a compris le message.

- GUTTSU, GUTTSUUUUU. Cria le chien courant vers la chambre de Mako

J'ignorais qu'un chien pouvais faire ce son-là... Quelle famille quand même. Très divertissant.

Ignorant si j'allais être en retard, je pris une place à la table, à côté des deux cadavres qui gisaient près de moi. Ils murmuraient des choses totalement incompréhensibles...

- As-tu faim? me demanda Sukuyo.

- Bof... Pas vraiment... Mais eum, avez-vous des citrons...?

- Des citrons?

Elle semblait vraiment perplexe.

- Oui, j'en ai quelques-uns dans le réfrigérateur, continua-t-elle. Pourquoi ça?

- Est-ce que je pourrais en avoir un?

- Oui, oui..

Elle ouvrit le frigo et saisit un citron. Elle me le tendit, visiblement incertaine.

- Tiens Ryu...

-RYUKO-CHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN! JE M'EXCUUUUUSE! PARTONS POUR L'ÉCOOOOLE!

Mako m'attrapa la manche et m'entraîna dehors, ne me laissant presque pas le temps de saisir mon citron. Une chance que j'ai des réflexes.

- BONNE JOURNÉE LES ENFANTS! cria notre mère. JE VOUS AIIIIME.

Étrangement, j'ai rougis légèrement à ces mots... Mmh.

Bref, nous marchions vers l'école qui était à 20 minutes de marche. Mako m'a informée que ça commençait à 8h30 et que ça finissait à 15h30. Si j'ai bien analysé mon horaire, Mako et moi travaillions après de 16h30 à 21h30 au Burger-King à 5 minutes de la maison. J'allais avoir de bonnes jambes à la fin de l'année, j'vous jure. Et aussi un manque de sommeil considérable, mais ça ce n'était qu'un détail.

Durant tout le trajet, Mako me racontait des choses anodines, comme par exemple le fait qu'elle s'était foutu une gomme dans les cheveux deux mois plus tôt. J'écoutais à moitié au fait.

- Ne, Ryuko-Chan...

- Mmh?

- Pourquoi t'as un citron avec toi?

MON DIEU. J'AVAIS OUBLIÉ QUE J'AVAIS UN CITRON. COMMENT AI-JE PU?!

Mon visage s'illuminant, j'ai croqué dans le citron, toute heureuse.

Je me suis pris la peine de le déguster, ignorant involontairement/volontairement la question de Mako.

J'ai terminé ma collation direct quand nous sommes arrivées à l'école. Quelques gens m'avaient vus. Ils me regardaient tous avec un air perplexe. J'entendais murmurer des trucs comme:

- T'as vu cette fille? Elle bouffe des citrons... Elle doit être vraiment rebelle et délinquante.

- C'est pas elle qui se fait toujours transférer d'école?

- Paraît qu'elle s'est fait foutre dehors parce qu'elle a mis le feu...

- J'suis sûr qu'elle a pris cette pauvre petite comme faire valoir.

Rendu à ce point, ça ne me faisait plus rien d'entendre ces merdes, mais ils faut dire qu'ils n'avaient pas tous tort...

En tout cas, j'essayais de faire bas profil le plus possible, mais avec Mako à ses côtés c'était un brin difficile.

J'essayais de ne regarder personne dans les yeux...

Ce qui a mené à une collision. Évidemment.

Entrant dans le bâtiment, je me suis séparée de Mako pour me diriger vers ma case... Et paf.

- Hého, tu peux regarder où tu mets les pied?! ai-je semi-crié en me levant la tête.

Mmmmmh, merde.

- Oh mon dieu, ai-je soufflé.

Devant moi. Kiryuin. Dès que j'ai croisé son regard, je ne pouvais plus détourner les yeux. Elle était si belle... Dire que je l'avais oublié.

Nous étions en train de nous fixer. Ce moment m'a semblé une éternité... Je sentais mon visage se réchauffer. J'avais très chaud. J'étais à peine capable de rester debout. C'était la première fois que quelqu'un me faisait un tel effet. Je n'avais jamais ressenti ça auparavant...

C'est alors que je me suis rendue compte qu'elle aussi me dévisageait, mais probablement pas pour la même raison que moi.

- Je t'ai posé une question tu sais, m'a-t-elle dit me sortant de ma rêverie.

Merde, c'était quoi la question? ELLE M'A POSÉ UNE QUESTION?! RÉFLÉCHI MATOI. RÉFLÉCHI. COMMENT PEUX-TU NE PAS TE RAPPELER D'UNE FOUTUE QUESTION.

Mon esprit est royalement confus.

- Heeeum, j-je, oui, n-non..? B-Bye.

Étant honteuse de moi-même, je me rendis à ma case la tête basse, toujours en écoutant d'une oreille sourde les remarques des autres me concernant.

Finalement arrivée à mon casier, je repris mon souffle.

Mon dieu, pensais-je, cette fille me fout vraiment à l'envers.

À mon plus grand plaisir, j'ai aperçu Mako venir dans ma direction avec ses cahiers. On avait notre premier cours ensemble après tout.

- Ça va Ryuko-Chan? Tu es toute rouge.

- Hééééééééééééééééé... Ouaip. Ça va. Suuuuuper, lui répondis-je légèrement embarrassée.

- Mmh, ouais...

La cloche a sonnée et je me suis fiée à Mako pour me rendre à mon premier cours; histoire. Elle connaissait mieux l'école que moi, évidemment.

C'était. Hyper. Trop. LONG.

La présentation du prof, la présentation des élèves, l'assignement des places, le planning du cours pour l'année... UUUGH.

Une fois le cours fini, je me suis sentie un peu libérée. Rejoignant Mako, nous sommes sorties du cours, quasi-endormies toutes les deux.

- C'est quoi notre prochain cours? lui demandais-je.

- Français. C'est notre cours avec notre professeur principal. Satsuki y sera.

- P-Pourquoi tu me dis ça?

- Bah... J'voulais juste te rafraîchir la mémoire. J'te l'ai dit hier, tu t'en rappelles?

- Mmmmmh ouais... Mais ce n'est pas une information nécessaire à ma survie.

- Moi je trouve que oui! Il faut que tu le saches afin que tu puisses te préparer afin que tu n'aies pas l'air d'une espèce de conne perdue comme ce matin quand tu lui as foncé dedans.

Mon dieu, cette fille a été capable de dire cette phrase sans prendre sa respiration, pensais-je.

Mon cerveau n'avait pas encore interprété la phrase au complet, mais quand j'ai compris ce qu'elle avait dit...

- HEIN. QUOI. T-TU M'AS VU?!

- Ben oui... Tout le monde vous regardait. Tu sais, Satsuki-Sama est très populaire, hein. Elle attire les regards de tout le monde.

Mon visage s'est soudainement réchauffé. Je crois bien que j'étais rouge sang.

Faisant fi de la couleur devenue permanente sur mon visage, Mako et moi avons discuté sur les bancs près de mon casier durant toute la pause, attirant les regards des curieux qui passaient. J'entendais ce qu'ils disaient et j'avais vraiment, mais vraiment, envie de me lever et de leur éclater la gueule... Mais bon. La violence, c'était du passé. La zénitude était de mise. Sincèrement, j'ignorais combien de temps j'allais tenir tranquille comme ça. Me battre, c'est dans ma nature, je suppose.

Dès que j'ai entendu la cloche, le stress m'a envahi... Avec raison je suppose. Je ne voulais tellement pas la croiser... Mais bon, c'est pas comme si j'avais le choix.

Prenant mes trucs, je me suis surprise à chercher Kiryuin du regard. Mon embrassement augmenta d'un trait encore une fois. Quelle journée embarrassante, sérieusement. J'avais vraiment un problème.

Rendu dans le local, j'ai constaté que toutes les places étaient prises. Sauf deux. Les deux près de gens étranges... Une à côté d'une fille aux cheveux roses et l'autre...

HA. NOPE, ai-je pensé. C'EST TROP CLICHÉ. HAHAHAHA NOOOOOPE. PUTAIN NOOOOPE. MMMMMMMMH. WHY. ASDFHJKFLDSJFHDSJ.

- Makoooooooooo... Commençais-je.

Trop tard. Elle était déjà assise à côté de la fille aux cheveux roses, me laissant seule devant la classe, comme une débile, avec comme seule option de place assise à côté de miss sourcils 2014. Oui. Exact. KIRYUIN. MMMH.

- La classe va commencer, va dont t'asseoir à la place qui reste, m'a dit le prof.

Garde ton caaaaalmeeeeeeeeeeeeeeeee. On respire. AH-FUUUUU, AH-FUUUUUUUU. C'est juste pour une petite heure. C'est pas les places officielles. AH-FUUUUUUUUUUUUUUUUUU.

Lentement, mais sûrement je me suis frayé une place vers la place maudite, encore rouge comme une foutue tomate, toujours en essayant de respirer afin de ne pas tomber dans les pommes.

Je me suis assise. Essayant d'être le plus naturel possible. Je crois bien que ça a marché...

HAHAHAHAHAHAHAHAHA, QUELLE BONNE BLAGUE. HAHAHAHAHAHAHA.. *soupir*

Une fois le cours commencé, je croyais que le stress allait s'en aller. Mmmh... Nan. Ç'aurait été trop facile.

Rendu à la moitié de la période, tout était super tranquille. Tout à coup, je sentis une main sur ma cuisse. Surprise, je me suis retournée pour seulement me rendre compte que c'était Kiryuin qui traçait des petits cercles. Sur ma cuisse. Le rouge dans mon visage, s'est accentué encore une fois. Ma tête allait exploser à la fin de la journée à ce rythme.

- À ce que je peux constater, commença-t-elle en chuchotant près de mon oreille, je te fais de l'effet... Attend, comment tu t'appelles déjà... Matoi, c'est bien ça?

Son ton enjôleur était vraiment envoûtant. Elle était vraiment séduisante cette fille.

- Tu as perdu ta langue, Matoi?

- J-Je, n-non?! Héhé, non, t-tu, o-oui?!

Mon cerveau a vraiment un problème. UN SACRÉ PROBLÈME.

Tout le reste du cours, j'étais raide comme une planche, ayant peur qu'une main baladeuse revienne semer la zizanie dans mon esprit.

Quand la cloche annonçant la fin du cours a sonnée, je me suis carrément précipitée dehors. J'avais besoin d'air.

Mako est venue me rejoindre pour manger. Comme d'habitude, elle a parlé tout le long du dîner. Enfin, je suppose que c'était comme d'habitude. C'est pas comme si je la connaissait TANT que ça.

Après ça, la journée a passée super vite, à mon plus grand plaisir. J'étais encore toute à l'envers de toute ces émotions... Sérieusement, c'était pas dans mon style d'être aussi embarrassée pour si peu. Qu'est-ce qui se passait avec moi?

Après l'école, je me suis grouillée pour arriver chez moi le plus vite possible afin d'éviter de croiser qui que ce soit (ceci excluait Mako, bien entendu). Malgré ma marche rapide, elle me suivait à quelques décimètres près. Elle s'améliorait.

J'n'avais pas vraiment de devoir, puisque c'était le premier jour... Mais il fallait quand même que je remplisse mon agenda avec mon horaire. Quelle tâche amusante... J'avais presque hâte d'aller travailler. Je dis bien presque.

Une fois tout ceci fini, j'avais un bon gros 30 minutes à tuer. J'ai donc décidé d'aller prendre une marche.

ERREUR.

Je me suis rendue au parc... Pour aucune raison particulière en fait. Mais bon, j'y était.

J'entendis quelques paroles au loin.

- Hey, Satsuki-Chan, c'est pas la fille qui était assise à côté de toi en français?

Ugh, pensais-je, vraiment là? J'peux pas avoir la paix?!

Cinq personnes s'approchaient.

Une petite fille aux cheveux roses avec la voix nasillarde.

Un grand gars avec des cheveux relativement long et verts. Style décontracté. Jacket ouvert.

Un autre grand gars avec des lunettes et des cheveux bleus. Les yeux collés sur son iPhone.

Un gars carrément immense. Hyper bronzé. Cheveux blonds. (enfin une couleur normale)

Satsuki Kiryuin.

Ça s'annonçait bien.