Notes de l'auteur: Je suis vraiment désolée d'être restée silencieuse aussi longtemps, mais j'ai eu une grosse panne d'inspiration suite à des petits problèmes dans ma vie personnelle, mais bon, je suis pas là pour parler de ça. Me revoilà donc avec ce deuxième chapitre, puisque apparemment la fée de l'écriture m'a retrouvée, un second chapitre donc qui j'espère vous plaira et sera à la hauteur de vos attentes. je m'excuse pour les fautes d'orthographes si vous en trouvez et vous souhaite une bonne lecture! :)


Deuxième chapitre- Etrangères

Deux grands yeux verts plongés dans les siens. Deux grands yeux mouillés. Une seule larme qui s'en échappe. Deux paupières lourdes qui descendent pour cacher la détresse de ses pupilles. A peine un tressaillement et le bruit d'un coup de feu, assourdissant, qui se répète sans cesse, le fond sonore d'une scène au ralentit.

Quinn ouvre les yeux. Elle a brièvement fermé les yeux dans le taxi. Elle n'aurait pas du, mais elle est si fatiguée.

"Vous êtes arrivés mademoiselle, 36 Central Avenue, Bushwick Brooklyn. Ça vous fera 45 dollars." Elle cligne des yeux deux trois fois. Tout semble toujours aller plus vite qu'elle. Elle a l'impression constante d'être enfermée dans une bulle de coton, et pourtant tout autour d'elle lui apparaît plus accru, comme des centaines d'agressions extérieures provenant de partout autour d'elle et qu'elle serait incapable de bloquer. Elle n'arrive pas à leur échapper.

Elle monte machinalement les escaliers et frappe à la porte sans même s'en rendre compte. Quelqu'un lui ouvre la porte. "Quinn?! Mais qu'est-ce que tu fais là?" C'est Santana. Alors Quinn sourit. Pas du cœur, mais elle sourit quand même. Elle le doit. Elle n'est pas venu là pour trouver du réconfort mais pour échapper à elle-même. Si elle commence à en parler ici, les démons qui la peuplent seront bientôt partout, sur les murs, sur le sol, sous le lit, parmi les flocons de neige qui tombent dehors et dans les visages de ses amis.

Santana l'abreuve de paroles. Elle rit, s'agite, prend Quinn par le bras, l'entraîne sur le canapé tout en continuant à parler. Le sourire de Quinn reste figé sur son visage. Intérieurement elle remercie toutes ses années de cheerleading qui lui ont appris à mentir. Santana s'est arrêté de parler et regarde Quinn. Elle a du lui poser une question mais Quinn avait complètement bloqué son flot de paroles. Quinn se force à sourire encore plus. "Pardon?"

"Je te demandait ce qui t'amène ici." Santana fronce légèrement les sourcils devant le léger manque d'attention de Quinn mais cette marque d'inquiétude se dissipe vite lorsque Quinn lui répond avec entrain: "Oh tu sais, New Haven ne me réussissait pas vraiment et le chant me manquait trop donc je me suis simplement dit que j'allais venir tous vous rejoindre ici et tenter moi aussi ma chance." Santana sourit. Quinn grimace intérieurement.

"Dit moi Santana, est-ce qu'il serait possible que je reste ici quelques temps. Le temps de trouver un emploi pour me prendre mon propre appartement" Santana sourit encore plus et répond chaleureusement: "Évidemment, tu es la bienvenue ici. Je pense pas que ça ne posera pas trop de problèmes à Rachel, et Kurt est parti vivre avec Blaine, même s'ils continuent toujours à traîner par ici. Tu sais..." Quinn bloque à nouveau Santana. Si elle veut oublier un jour elle ne peut pas apporter trop d'importance aux vécus de ceux qui l'entourent. Leurs espoirs, leurs déceptions et leurs peines parasiteraient les siennes et les rendraient plus grandes encore. C'est ce qui lui est arrivé à l'hôpital.

Elle s'était liée à une autre patiente (Quinn refusait d'employer le mot "malade") dans la salle commune. C'était une femme de 41 ans qui avait trouvé un jour son fils de 14 ans pendu dans la cuisine. Depuis elle avait vécu une descente aux enfers et elle s'était retrouvé dans cet hôpital elle-aussi, mais depuis bien plus longtemps qu'elle. Quinn avait trouvé cette femme apaisante: elle acceptait le fait qu'elle avait besoin d'aide, elle était prête à avancer, et elle restait toujours calme et souriante. Sauf que tout ça c'était révélé un mensonge. Elle avait petit à petit empoisonné l'esprit de Quinn avec son affection presque maternelle et ses idées de rédemption.

Et puis un jour, un mois après l'arrivé de Quinn, elle lui avait demandé de la suivre pour lui montrer quelque chose d'extraordinaire selon elle. C'est comme ça qu'elle s'étaient retrouvées toutes les deux sur le toit. Quinn avait cru connaître cette femme et elle se révélait être complètement étrangère.

Cette femme qui maintenant se tenait sur le rebord de ce toit et qui lui répétait sans cesse depuis bien dix minutes "viens, ici est la rédemption".

Cette femme qui avait réussi à envoûter Quinn au point que celle-ci s'était approché elle aussi du bord.

Cette femme qui tenait le main de Quinn en pleurant et en l'appelant "Mike".

Cette femme qui lui crie "il aurait ton âge" et qui tente de la faire monter sur le rebord elle aussi.

Cette femme qui tombe et dont la main glisse dans celle de Quinn.

Cette femme dont le corps gît sept étages plus bas, ses cheveux blonds et gris formant une auréole autour de sa tête ensanglantée.

Vu d'ici elle ressemble à Quinn, une Quinn fanée qui n'aurait jamais guérie. Quinn ne pleure pas, ne crie pas. Elle tourne juste les talons et marche calmement jusqu'à sa chambre, s'empare d'un sac qu'elle remplit de ses affaires, sort de l'hôpital sans que personne ne l'arrête et prend le premier train pour New-York. Ce n'est que là qu'elle s'endort, et s'autorise à souffrir, sans l'avoir vraiment souhaité.

Cette femme l'a mise face à elle-même, plus que jamais, et face à son dilemme : mourir ou fuir. Alors Quinn fuit et revit les dernières heures, assise sur un canapé dans un loft new-yorkais et la main toujours fermement enroulée autour de la hanse de son sac. Santana la secoue légèrement. Quinn cligne deux trois fois des yeux et comprend qu'elle en a laissé trop voir à Santana. « Tout va bien Quinn ? » elle ne supporte pas l'air inquiet de Santana, elle aimerait l'effacer, elle aimerait être loin, elle aimerait avoir six ans et pouvoir courir vers sa mère en pleurant pour ne plus avoir peur.

Mais elle ne peut pas. Maintenant elle doit gérer cela toute seule. « Oui, je suis juste un peu fatigué, j'aimerais bien dormir un peu » « Tu peux utiliser ma chambre pour quelques heures si tu veux, et je te réveillerais quand Rachel sera rentré, ok ? » Quinn marmonne un remerciement et se dirige vers le rideau que Santana lui a indiqué. Elle s'allonge sur le lit et se tourne vers la fenêtre pour que Santana ne voit pas qu'elle ne dort pas si son amie vient vérifier comment elle va. Elle ne veut pas dormir. Elle a trop peur pour ça.


Le retour de l'auteur: Je ne vais pas répéter mon blabla du premier chapitre mais simplement vous rappeler qu'il existe un merveilleux bouton qui vous permettra de me laisser une review en cas de besoin urgent d'expression sur ce que vous venez de lire ;)