Chapitre 02 : Petit problème Snapien.

Sirius, au lendemain, s'éternisa d'inattendu à émerger. Embrouillé d'une très mauvaise nuit arbitrée comme totalement indécente et insupportable, il était fatigué, les yeux endormis et douloureux.

Pour cause, cette nuit brouillonne avait filmé des rêves plus invraisemblables les uns que les autres. Des cauchemars mêmes, dans lesquels il s'était vu scénarisé dans une situation… comment dire… dérangeante ? embarrassante ? gênante ?

Bon, d'accord, dans une situation de totale débauche avec nul autre que…. Severus Snape. Son esprit, inconscient était-il bon de préciser, avait suivi les élans de son corps susurrés la veille et l'avait perturbé jusque tard –ou tôt- ce matin.

Pour parfaire le tout, envenimant cette horripilante luxure condamnable par Griffondor, ses draps étaient dans un état lamentable, maculés par ses jouissances nocturnes.

C'est donc d'une humeur massacrante qu'il s'éveilla, se leva et affronta courroucé, une nouvelle journée.

Le premier acte ordonné, dans un besoin presque primaire, fut se laver. Non se purifier, car à l'image de ses draps, il était souillé de ses petits plaisirs.

- « Oui, souillé » songea-t-il, âcre en claquant la porte de la salle de bain sur lui. « Souillé par cette immondice chose graisseuse qui a le culot de se faire appeler professeur. J'ignore comment il s'y est pris le saligaud, mais par Merlin, je découvrirai comment il a réussi à se jouer de moi. Car en aucun cas je n'ai pu, de mon plein grès, faire ce que mes cuisses ont l'air de me… démontrer » !

Un haut le cœur,il termina son introspection en passant un doigt sur les restes poisseux de sa semence, dégoûté.

Arrivé dans sa douche telle foudre sur un arbre, sans avoir à s'inquiéter de ses habits puisque Adam était sa tenue, non nez fut titillé d'un parfum inhabituel. Un parfum que jusqu'à présent, il n'avait pas le moins du monde attentionné, sûrement commun d'ordinaire, mais qui dans cet instant, son membre reconnut tout de suite. Intrigué, il se retourna, fouilleur de l'origine du mal lorsqu'il se dégagea une petite fiole ouverte, derrière plusieurs bouteilles de solutions savonneuses. Attrapée de la main, il l'amena suspicieux au plus près de ses narines, mais malheur à sa sérénité. Il associa cette senteur inattendue - effluves douces et épicées - à… Snape. Son brave soldat, ravi, salua l'eurêka tout en s'impatientant la tête haute d'être à nouveau cajolé.

- « Non » ! nia Sirius, épouvanté par cette découverte. « Je n'ai pas pu… Non ! Je n'ai tout de même pas pris le temps hier, de… de…de… Sniffer… Snivelus. NON ! Et, je ne viens pas de penser que cette odeur est tout simplement douce, piquante, exquise. Non, non, NON » !

Désireux de se débarrasser de cette aberration, il envoya valser ladite fiole le plus loin possible, persuadé qu'en écartant l'objet du délit son toujours brave petit soldat déciderait de se mettre au repos. Mais bien mal lui en prit, car en atterrissant violemment sur le carrelage de la salle de bain, la fiole se brisa et tout le liquide se répandit, embaumant par la même toute la pièce. Sirius, totalement enivré, fut condamné par tous ses sens en éveil, et même si sa raison lui suppliait de faire abstraction, son corps réagit au quart de tour.

Sa main entouré avec ardeur sur son sexe, il erra sur chaque parcelle de sa tendre peau, jouant de ses doigts experts sur le gland turgescent où brillaient déjà les premières gouttes de sperme. Ses caresses, violentes et incontrôlables, ses jambes menaçaient rompre à tout instant sous l'assaut de sa libido extravagante. Pour se garder un brin d'équilibre, il accrocha d'instinct le rideau de douche de son autre main tout en s'adossant sur les carreaux glacés de la paroi, fermant les yeux.

Dieu est témoin qu'il avait imploré ces derniers mois, un nombre incalculable de fois pour une érection aussi insignifiante soit-elle, supplié pour que n'importe quel dieu lui redonne un peu de sa masculinité, un peu de ce qui fait qu'on se sent tout simplement vivant, et là, alors que sa main s'affolait sur son membre subitement réceptif, il jouit.

Il jouit avec toute la fougue de sa jeunesse qu'il croyait perdue à jamais.

Une libération si intense que son corps lâcha aussitôt prise, glissant sur le sol et emportant avec lui le rideau dont les limites extrêmement tendues imprimées par le bourreau de sa main crispée furent de trop.

Avachi après cet orgasme dévastateur, il fallut à l'Animagus, plusieurs minutes pour reprendre son souffle. Réaliser son air d'atterrissage. L'espace d'un instant, il avait quitté ce monde pour saluer bien haut les étoiles, mais le retour sur Terre fut très brusque lorsqu' il constata à qui il devait cette désirée délivrance.

- « Putain de bordel de merde » ! jura-t-il en tapant du poing sur le mur. « Snivelus. Snivelus. Snivelus ! Pourquoi ? Non. Reprends-toi Sirius » ! Il se baffa des deux mains. « C'est pas Snape la cause, c'est juste une réaction purement physique car ton corps est resté seul bien trop longtemps. Ajouté à cela la colère et la frustration… Oui, ça ne peut être que ça. N'importe qui d'autre aurait fait l'affaire. C'est juste histoire à pas de chance qu'il s'agisse de Snape. Ouais, histoire à pas de chance et à Merlin qui avait l'envie de se marrer » !

Il fit de son mieux pour se convaincre de l'idée émergée dans sa caboche, bâtant la tête de haut en bas rapidement pour s'agréer.

- « Oui, oui, oui ! Pas possible… autre chose… Oui ! OUI » !

Il répéta ces mots avec force de plus en plus croissante et face à sa nouvelle… évidence, il éclata de rire. Un rire hystérique pour quiconque l'aurait perçu.

C'est dans cet état à demi fou, qu'il se prépara pour passer la journée à faire la seule chose dans laquelle il était passé maître. C'est-à-dire… RIEN. Absolument rien d'autre que rien.

Dans la soirée, son habitude fut toutefois dérangée.

L'unique habitant –humain- du QG eut la bonne surprise de voir Remus débarquer. Un Remus, certes fatigué et amaigri, mais un Remus vivant et aussi heureux que Sirius de voir un ami après des longues journées en solitaire.

- « Moony », s'exclama, radieux Sirius en serrant son ami dans ses bras. « Si tu savais comme je suis content et soulagé de te voir enfin » !

- « Moi aussi Sirius. Moi aussi », répondit Remus en l'étreignant à son tour d'une joie non dissimulée.

Tandis qu'ils étaient dans les bras l'un de l'autre sur le seuil de la cuisine, profitant du soutien de l'autre pour retrouver un semblant d'humanité, l'évidence de Sirius galopa soudain dans sa tête, et sans commune mesure, absolu de se donner raison au sens propre comme au figuré, il décida de la mettre en pratique.

Sans se soucier de ses actes ou de leurs conséquences, il plaqua violemment Remus sur le mur le plus proche et attaqua. Après tout, que de mieux que son meilleur ami, qui de surcroit était plutôt mignon, pour valider sa thèse.

- « Mais qu'est-ce-que tu fais » ? hoqueta Remus, surpris par la charge inattendue du cabot.

- « Chut ! Je teste une théorie » , l'empêcha Sirius, alors que corps contre corps, il se mouvait lubriquement.

- « Mais… »

- « J'ai dit chut » ! répéta-t-il plus bref, continuant son abordage Lunien tout en balançant ses mains un peu partout sur son meilleur ami.

Meilleur ami, qui sans force à cause de ses derniers repas, inexistants, n'arrivait pas à se débattre, créant panique dans son esprit.

- « Sirius… » appela celui-ci, la voix tremblante. « Je… »

Il fut interrompu, une bouche plaquée contre la sienne lui coupa tout vocabulaire possible.

L'Animagus, dont le géni venait d'interpréter son sexe comme ayant joui un peu trop en une seule journée, se dit que le stimulus devait être légèrement plus convainquant ce soir et toujours avec brillo, il médita que la chaleur humide de son ami devrait y remédier.

Il lui roula un patin à faire damner un saint, y mettant toute la passion dont il était capable et laissa Remus sans défense… statufié sur place dans un acte auquel il n'aurait jamais, ne serait-ce dans ses pires cauchemars, imaginé.

- « Rhaaa… Mais pourquoi ça marche pas », aboya l'attaquant au bout d'un moment en s'écartant frustré.

Sa proie, elle, se soulagea, respirant enfin.

- « Bordel ! Tu vas te manifester, oui, saloperie de grosse queue à la noix (1)» ! Il tapa rageusement sur ladite queue… molle et inactive sans qu'aucune réaction ne soit suivie pour autant.

Son ami, toujours immobilisé au mur, commença à se demander si la solitude n'avait pas fini par vaincre les dernières traces de raison du dernier des Black qui avait l'air en cet instant, d'un véritable fou. Bien plus que dans la cabane hurlante le jour où Pettigrow avait goûté quelques uns de ses crocs.

- « Sirius… » tenta Lupin à nouveau, avec douceur pour ne pas l'effrayer.

- « Frappe-moi » ! coupa encore l'Animagus, les yeux grands ouverts.

- « Que… QUOI » ?

Remus se raidit, totalement effrayé par la folie grimpante de son meilleur ami.

- « Frappe moi, je te dis » !

Constatant à regret que même un baiser mouillé n'avait pas eu la réponse escomptée, Sirius songea que peut être, c'était dû à la violence du choc échangé avec Snape la veille, et que de ce fait et toujours avec possibilité, il fut passé Maso sans le savoir.

- « Vas-y Remus. Utilise la force », hurla-t-il tout en poussant un peu plus fort son ami contre le mur pour le faire réagir.

Ce fut le trop pour Remus. Dans un élan lié à la survie et au primitif de sa condition à poils, il repoussa avec excès son assaillant qui sous l'offensive aguerrie alla cogner méchamment sur la porte de la cuisine en face. Et, regrettant sitôt son geste, le loup s'empressa à le rejoindre pour constater les dégâts.

Sirius affalé, assis sur le sol, les yeux exorbités de peur, fixait son entre-jambe, définitivement… molle.

- « Non », chouina ce dernier avec effroi. « Bordel, non ! Si c'est pas physique, alors… c'est… NOOOON » !

Protestation plaintive fut accordée dans sa voix alors qu'il prenait conscience de la chose: Il était attiré par… Snape ! Et, pas qu'un peu, d'après sa dernière nuit.

A l'évocation de Snape, son plus fidèle soldat salua avec vigueur.

- « Sale traitre », couina Sirius encore, à l'encontre de son vilain soldat.

- « Sirius... », radota Remus, ayant de plus en plus peur pour la santé mentale de son ami. « Sirius, qu'est-ce… ».

- « Tue-moi » ! releva soudainement le brun en fixant ses yeux fous dans le regard inquiet de son homologue. « Achève-moi Rémus ! Suis en train de passer à l'ennemi. Sais pas comment il s'y est pris… Sûrement de la magie noire… Qu'importe ! Mais, résultat, mon corps l'a dans la peau. Par conséquent et avant de me retrouver à lécher les bottes du traître, je t'en supplie, achève-moi. Que j'en finisse une fois pour toutes » !

- « Euh… Sirius », réessaya le maraudeur le plus timide, hésitant. Il tenta de le calmer tout en l'aidant à se relever. « J'espère qu'il te reste assez de bon sens pour te rendre compte que je ne comprends absolument rien de ce qui se passe depuis la minute où tu t'es brutalement jeté sur moi ».

- « Je… »

L'ancien prisonnier flotta, enregistrant difficilement le discours de son invité.

- « Viens. Je crois que tu as besoin de parler ».

Sans lui laisser le temps de la réponse, dévisageant son air perdu, l'invité surprise emmena son hôte jusqu'au salon où le confort serait de mise pour s'expliquer.

- « Alors… », réengagea Remus après s'être installé dans un des fauteuils, en face de Sirius.

A cette voix, ce dernier releva la tête et fixa de ses yeux troubles, ceux miels et attentifs.

- « Quelque chose à l'air de te tracasser. Tu sais pourtant que tu peux avoir pleine confiance en moi ? Alors, s'il te plaît Sirius, éclaire mes lanternes au sujet de ton attitude ce soir ».

Sirius, qui ne savait pas comment s'expliquer, ayant lui-même, encore du mal à réaliser, se dit finalement que les chemins les plus courts étaient toujours les meilleurs et de but en blanc, il avoua sa maladie.

- « Je bande pour Snape » !

- « Que… » bégaya Remus, incertain des mots.

- « Je BANDE POUR SNAPE », répéta Sirius hurlant et en colère, et se relevant. « Voila, t'es content » ?

- …

Une équipe de Quidditch aurait à cette seconde près, traversé la maisonnée à vitesse maximum sur leurs balais, les cognards fracassant tout et n'importe quoi à leur poursuite, que le silence n'aurait pas cillé d'un poil dans la tête du loup, ahuri.

- « Bordel de merde » ! explosa le dernier des Black, après deux tic tac de trop sonnés par la trotteuse disposée sur le bord de la cheminée et insupporté par ce blanc sans fin. « Je bande pour… Snivelus ! Alors que pendant des années, des années tu m'entends, je suis resté impuissant à tout contact, même du mien. Va savoir pourquoi d'ailleurs, j'en sais fichtrement rien. A qu'à mettre cela sur le dos d'Azkaban ou autre connerie du même genre. Mais le fait est, qu'hier soir, alors que nous étions seuls, j'ai voulu calmer mes nerfs, à cause d'une journée plus que pourrie sur… SNAPE. Mais puisque pourrie cette journée devait l'être jusqu'au bout, il a pris l'avantage et alors que je ne pouvais plus bouger, ma bite qui voulait pas sortir de son foutu coma s'est redressée subitement au contact de ce Mangemort. Oh, je me suis barré en courant dès que j'ai pu, soit rassuré. J'ai pris une bonne douche froide, très froide, pour me calmer… »

Il s'arrêta, détournant les yeux à droite et à gauche, hésitant, puis fautif, il rectifia.

»Bon ok, pas si froide que ça… Mais je me suis couché sans demander mon reste. Malheureusement, la nuit m'a vite rappelé à l'ordre, et oh par Merlin, j'ai baisouillé Snape dans tous mes rêves, en testant toutes les positions inimaginables et possibles, et tu sais quoi ? J'ai pris mon putain de pied ! A chaque fois ! Si bien que dès mon réveil, j'ai remis ça, histoire de ne pas perdre la sensation, me branlant jusqu'à crier son nom. Mais, comme cela ne pouvait pas être lui. Que cela ne devait PAS être à cause de lui. Me suis dit que ça devait être qu'une réaction stupidement physique, et t'es arrivé. Donc, comme je t'avais sous la main, je t'ai pris comme cobaye. Mais… »

Il s'arrêta encore, essoufflé par son discours, puis médita.

Curieusement, d'avoir débité tout haut ce qu'il refusait de penser tout bas modifia la perception de sa situation. Ce qu'il jugeait comme erreur de son inconscience mua vers réalité. Réalité percutante, allant même jusqu'à s'avouer l'entière conscience de chacune de ses réactions.

Réactions qui dans leur vérité, il n'était toutefois pas prêt d'accepter.

- « Mais… », signifia enfin Remus qui voulait connaître la fin du récit.

- « Hein » ?

- « Tu viens de dire mais » !

Sirius, perplexe, rembobina ses phrases lorsque devinant l'interrogation de son interlocuteur, il conclut.

- « Mais rien du tout. Absolument rien du tout. Même pas un petit quelque chose d'insignifiant. Donc, au cas où tu te serais posé la question, sache que je ne ressens absolument rien de physique envers toi. Rassuré » ?

Remus, stupéfait par cette confession inattendue, regardait l'Animagus tourner en rond autour de son fauteuil. Assimilant peu à peu tout ce qu'il venait de lui dire, et une fois enregistré chaque mot, il éclata de rire.

- « Parce que tu trouves ça drôle », persifla Sirius, scandalisé de sa réaction.

- « Un peu oui, j'avoue », répondit Lupin en reprenant son souffle. « Sincèrement Sirius … J'ai cru, l'espace d'un instant que tu avais perdu la raison tout à l'heure, puis j'ai cru que tu partais m'annoncer une catastrophe imminente, mais cela… J'admets avec franchise trouver ta situation très drôle ».

- « Mais… », reprit Sirius qui répudiait l'expression de son ami. « C'est une catastrophe ! La pire qui soit même. Te rends-tu compte que je… » Il s'interrompit un moment, écœuré par ce qu'il s'apprêtait à dire, puis poursuivit.

»Que je… Fantasme sur la chose graisseuse que nous haïssons depuis plus de vingt ans, et que… »

- « Je t'arrête tout de suite Sirius », trancha l'autre homme, son sérieux retrouvé. « Tu hais Snape depuis plus de vingt ans. Seulement toi. Tu as tenté de le tuer en me l'amenant. Tu n'as eu de cesse de le tourmenter durant toute sa scolarité. Toi, et toujours TOI ! Bon, James n'était jamais loin, et je fermais les yeux, mais c'était TOI l'instigateur de tout. Donc, si j'osais je dirais… »

GROUIK.

Le ventre de Remus brisa sa phrase.

- « Tu as faim » ? s'empressa de demander l'Animagus, trop content de pouvoir changer le sujet de leur conversation. Celle-ci commençait à lui être des plus désagréables. « Mais bien sûr que tu dois avoir faim. Suis-je bête. Viens. On va manger. On parlera après. Ou mieux, on en parlera plus », ajouta-t-il d'un air déterminé.

Remus le regard amusé, décida son silence -enfin pour le moment- et sans autre mot, il suivit son ami, se dirigeant tous deux vers le restaurant de la maison.

Sirius, en chemin, songea tout de même que pour une fois depuis longtemps, un bon repas en compagnie d'un vieil ami était offert, non sans éluder dans un coin de sa tête, son petit problème, désormais, exclusivement… Snapien.

(1) : Il n'a pas oublié qu'elle était grosse, hein, sacré Sirius !