Note de l'auteure : M : la montagne, ça vous gagne ! La neige étant sans doute en train de fondre à vitesse grand V sur les sommets, il est plus que temps de poster cette ''petite'' fic de la lignée des Avez-vous déjà vu... ? (on a encore un certain nombre de thèmes en réserve, ne vous en faites pas). Parce que qui dit hiver dit ski, même pour les âmes malheureuses n'en ayant jamais fait (ô rage ô désespoir, je suis dans le lot), et que quand une idée se pointe dans votre tête, il faut l'écrire. Même si on est déjà au printemps. Hem.

W : Printemps, printemps, ça empêche pas d'avoir 39 de fièvre.

M : Ne faites pas trop attention à W, elle est malade, et donc d'humeur massacrante. Pour ma part, je vous souhaite une bonne lecture.

W : Keuf, keuf. N'empêche, Edo-sama est trop sexy et Rose est vraiment conne.

M : Mais aucun des deux, ni aucun des personnages présents dans le manga et ici ne m'appartiennent.

* * * * *

Avez-vous déjà vu... Roy Mustang moniteur de ski ?

Le ciel était clair et limpide, la montagne, sur laquelle le soleil avait daigné se lever sans venir accompagné de vent perçant ni de nuages chargés d'humidité, était d'une blancheur étincelante et immaculée, à condition de ne regarder que les sommets et de ne pas prêter attention au grouillement animé et bruyant des innombrables vacanciers et sportifs venus jouir en même temps des pentes enneigées de la célèbre station Briggs' Holiday's Victory, BHV pour les habitués.

Ici, c'était une jeune famille où une gamine haute comme trois pommes accomplissait ses premières glissades sur patins à glace, engoncée dans une combinaison miraculeusement à sa taille, avançant précairement en s'agrippant à sa mère sous l'attention attendrie et obsédée de son père, converti en paparazzi pour l'occasion.

Là, c'était une quinte de blonds aux cheveux bouclés et petites étoiles rosées qui virevoltaient sur leur snowboard avec une légèreté surprenante malgré leur corpulence, jouissant à eux seuls de toute l'étendue du half-pipe, puisqu'ils effrayaient complètement tous les autres sportifs qui auraient pu vouloir s'y aventurer et qui se contentaient donc de commenter en faisant croire qu'ils s'y connaissaient et d'applaudir en bons moutons à chaque figure inhumaine parfaitement exécutée – avec force jaillissement d'étincelles en bonus.

Plus loin, une petite vieille à la coiffure fort étrange faisait fortune en vendant des gobelets de bon café ou thé à petit prix, ayant à force d'emmerder le monde obtenu une dérogation spéciale pour installer sa boutique où elle le voulait quand elle le voulait, que ce soit à minuit en haut du sommet le plus élevé – 10 452 mètres seulement – où au beau milieu des pistes à l'heure de pointe.

Plus haut, une femme aux cheveux noirs coiffés en dreadlocks s'élançait sans hésitation sur la piste noire la plus dangereuse du coin avec un regard de tueuse qui éclairait le chemin sur son passage, le tout sous les yeux d'un homme immense et musclé pour lequel il n'avait pas été possible de trouver de skis assez résistants, et qui se contentait donc de jouer l'arbitre et de faire des croquis du paysage.

Plus loin et plus haut encore, le propriétaire du restaurant d'altitude, un rouquin dont la corpulence indiquait qu'il profitait lui-même de ses pratiques de cuisinier, attendait les premiers pige... clients du midi en jouant aux échecs avec un grand moniteur blond et dégingandé sous les yeux attentifs du sous-chef, un jeune garçon brun dont le visage se dissimulait derrière une paire de lunettes carrées aux montures noires et épaisses, et du serveur-barman, un grand type un peu sec aux cheveux déjà gris qui semblait se retenir pour ne pas intervenir et rattraper le jeu lamentable de l'adversaire de son patron.

À quelques mètres de là, le collègue de ce dernier, un homme de taille moyenne vêtu d'une combinaison bleue à motifs de flammes, lesquelles se retrouvaient également sur ses skis, ses gants et ses lunettes, dont les cheveux noirs se découpaient fortement sur la neige alentours, et qui n'avait pas l'heur d'échapper au premier groupe de skieurs débutants du matin, tentait tant bien que mal de rassembler ses élèves du jour avec force sourires, déplacements parfaitement maîtrisés, paroles douces et mouvements de mèches artificiels à souhait, tel un berger avec son troupeau, mais à une autre saison.

Il parvint ainsi à réunir autour de lui les quelques courageux de la première heure : tout d'abord, il y eut un duo d'étrangers très visiblement, venus de l'est si on en croyait les traits de leur visage, qui échangeaient des propos incompréhensibles en pointant tout autour d'eux les montagnes sans écouter un seul des mots qui leur étaient adressés, et dont l'un avait dépensé l'ensemble de sa monnaie amestrienne échangée le matin même pour faire la fortune de la petite vieille remarquée plus haut en lui achetant tout son stock de sucettes, qu'il était en train de consommer les unes à la suite des autres, sa compagne les lui tendant au fur et à mesure sans qu'on pût savoir où elle les avait toutes mises ; ensuite, une jeune fille brune qui tremblotait légèrement sur ses skis à la fois en raison du froid, contre lequel elle cherchait à lutter en enfonçant son nez dans son col haut, et à cause de son appréhension, que l'on devinait à sa raideur et à ses mains crispées sur ses bâtonnets, et qui semblait fortement regretter un autre endroit, comme par exemple une librairie douillette où elle aurait pu se plonger dans un livre sans se poser de questions ; puis un couple de soi-disant ''amis'', à savoir une brune aux cheveux courts, à l'air dynamique et motivé, prête à conquérir la montagne, qui avait visiblement traîné derrière elle le jeune homme aux mèches blondes qui gémissait et manquait de tomber au sol toutes les cinq secondes, qui était selon toute apparence plutôt un praticien de la séance bronzette dans le sud du pays, et qui franchissait donc la barre des 1000 mètres d'altitude pour la première fois de son existence, à son grand dam ; après, il y avait une gamine haute comme cinq pommes à la coiffure étrange – des chignons mêlés de nattes – accompagnée par toute une clique hétéroclite : une peluche panda qu'elle gardait sous son bras, un grand type à l'air imperturbable dont on devinait malgré le bonnet et les lunettes qu'il avait le teint mat et le front orné d'une cicatrice, un gringalet avec deux mèches fines pour moustache, un homme à l'air gentil et un peu à côté de la plaque qui jetait des regards discrets mais très inquiets en direction de la piste verte sur laquelle ils allaient devoir s'engager ; enfin, deux filles étranges, l'une déguisée en paquet de bonbon rose jusqu'à ses mèches de cheveux, l'autre, son sosie, avec des couleurs un peu plus sobres, les deux chuchotant et gloussant stupidement dans leur coin en lançant des coups d'œil se voulant discrets vers le moniteur de ski qui avait commencé ses explications sur la technique hautement professionnelle du chasse-neige.

Le temps passa, le matin commença à approcher du midi tandis que le soleil progressait dans sa course oblique, jouant sur les innombrables ombres qu'il dessinait sur les versants. La fillette en patins glissa et tomba sous les exclamations à la fois navrées et ravies de son père qui craignait qu'elle ne se fût fait mal, mais la trouvait en même temps si mignonne, assise sur la glace avec un petit air désorienté mais pas du tout proche des larmes ; les cinq blonds se lancèrent dans une compétition à tour de rôle sous les acclamations grandissantes de leurs fans, un homme également blond à l'impressionnante barbe blonde et bouclée étant apparu en compagnie d'une immense femme à l'air strict pour jouer les arbitres ; la petite vieille vendit son 1000è café du jour et décida d'aller s'installer ailleurs, suivie de sa chienne ; la femme aux dreads rejoignit son mari et partit chercher un restaurant pour un déjeuner – romantique, cela allait de soi – en tête à tête ; le patron écrasa le roi du moniteur blond et alla mettre en route sa cuisine, suivi de son sous-chef et de son serveur qui commença à disposer les tables ; le xinois termina sa 36è sucette tandis que sa compagne, dont la salive était de composition normale, en était toujours à sa cinquième ; et le moniteur parvint à guider le reste du groupe le long de la piste verte, jusqu'à l'endroit où elle s'arrêtait, près d'un tremplin de saut, de l'ouverture de deux pistes noires – dont l'une était fermée pour risque d'avalanche – , et d'un tire-fesse pour les pauvres brebis égarées souhaitant retourner se faire arnaqu... se sustenter au restaurant d'altitude.

Il tentait d'aider ceux qui en avaient besoin tout en faisant montre de façon ostentatoire de sa maîtrise de l'art de la glisse, freinant en parallèle près de toute personne en difficulté, distribuant gratuitement des sourires flashy, ne remarquant pas qu'à chaque fois qu'il venait en aide à quelqu'un, le paquet de bonbon trouvait le moyen de se croûter pour le détourner de sa route première.

En conséquence, l'ensemble du groupe apprit bien vite à se débrouiller seul, ou du moins sans le moniteur, même la pauvre fille brune, qui au passage fit la connaissance du groupe d'étranges énergumènes, et s'entendit tout de suite bien avec le monsieur à l'air gentil qui s'avéra être très compréhensif et partager ses difficultés à avancer avec ces deux espèces de barres plates, raides et trop longues au bout des pieds. Inutile de dire qu'avant la fin de la journée, ils auraient commencé à élaborer un nouveau modèle qui leur semblerait bien plus pratique pour de pauvres débutants comme eux et chercheraient à le faire breveter au plus vite.

Ils en étaient là de leur progression, à la fin de la piste verte, et le moniteur toujours motivé rassemblait une fois de plus son groupe pour poser des questions et répondre à celles qui pourraient émerger, lorsqu'un son de glisse rapide se fit entendre. L'instant d'après, de la piste de saut juste à côté s'élança une blonde en tunique noire, rouge et blanche, dont les longs cheveux attachés en queue de cheval virevoltaient sous l'effet de sa vitesse, ses deux skis noirs se découpant sur le ciel bleu et ses lunettes reflétant les rayons aveuglants du soleil.

« Yeah ! » s'exclama-t-elle tandis qu'elle décollait, faisait une figure en passant au dessus du groupe de débutants aux expressions variées – intéressé pour le duo de l'est, atterré pour la brune tremblotante, impassible pour le grand mat, effrayé pour le gringalet, réjoui pour la brune motivée, déprimé pour son camarade, bovin pour les deux paquets de bonbons, mais ils regardaient le moniteur qui, lui, contemplait cette scène avec envie – puis revenait sur terre un peu plus loin et sans aucun accrochage, se servant de la vitesse ainsi obtenue pour s'élancer sans plus attendre sur la piste noire ouverte en face.

À la suite de la casse-cou était arrivé un garçon également blond, mais lui avec une natte, en snowboard, baggy, doudoune bleue et grand sourire extatique, qui attrapa sa planche en filant dans les airs comme une fusée, hurlant : « Youhou ! » et disparaissant à toute allure dans la même direction que celle qui le précédait, peut-être dans le but d'entamer une course compétitive dont le gagnant se verrait offrir le repas du jour.

« Ed ! Attends ! » fit alors une voix légèrement plaintive derrière eux, qui s'avéra correspondre à celle d'un troisième blond – encore un, ce devait être une mafia – , cette fois-ci aux cheveux courts et avec skis, qui quitta le tremplin avec l'objectif évident de rattraper les deux autres.

Il aurait pu y parvenir sans problème s'il ne s'était pas soudain rendu compte d'une part du fait que la narration était dirigée sur lui en ce moment précis, d'autre part de ce qu'il était en train de faire, à savoir voler à plusieurs mètres du sol sans savoir comment il était arrivé là. Réalisant cela, il perdit le rythme, sa pose se raidit et il tomba à pic après avoir émis un cri étranglé, atterrissant lourdement et faisant quelques roulis une dizaine de mètres plus loin.

Le moniteur blond, qui s'était remis de sa défaite cuisante de quelque temps auparavant contre le rouquin et passait dans le coin, fut près de lui en un clin d'œil, se penchant pour lui demander s'il allait bien. N'obtenant aucune réponse, il héla son collègue qui était au milieu d'une explication extrêmement longue et complexe demandée par les deux groupies, qui se contentaient de s'enivrer en le regardant – ce qui annihilait leurs dernières capacités de raisonnement – et n'écoutaient en réalité pas un seul mot.

« Eh, Roy, on a un mort, là ! »

« Qui est mort ? » demanda ledit Roy en cessant ses explications, ce dont les deux prétendues auditrices ne se rendirent même pas compte.

« Qui est mort ? » émit alors le blondinet qui se redressait péniblement, couvert de neige, et réalisait qu'il n'avait miraculeusement ni perdu de ski ni cassé quoi que ce soit, si ce n'était son orgueil personnel face à sa chute lamentable.

« Ça va, petit ? » redemanda alors encore le grand blond, mâchonnant un cure-dent apparu comme par magie au coin de sa bouche, tandis que Roy s'approchait, laissant momentanément ses élèves, pour le plus grand malheur des deux groupies qui retenaient leurs larmes – le reste du groupe, d'autre part, se répartissait en ceux qui regardaient le paysage, ceux qui élaboraient des projets scientifiques avec animation, ceux qui cherchaient à remonter le moral des troupes, et ceux qui continuaient de geindre.

« Chuis pas p'tit, » grogna le garçon entre ses dents serrées, tentant de se relever, ce qui n'était pas évident avec d'une part des skis, d'autre part l'absence flagrante de toute aide de la part des deux personnes qui l'entouraient à présent et le regardaient comme un bête curieuse. « Et oui, je vais bien, je suis pas en sucre, qu'est-ce que vous cro... »

Il sembla soudaine réaliser quelque chose, ou alors la jambe sur laquelle il s'appuyait dut soudain le contredire, car il s'interrompit brutalement et retomba dans la neige, faisant hausser les sourcils des deux spectateurs. Puis il se mit à déclamer : « Non, attendez, oubliez ce que je viens de dire, en fait je vais mal, très très très mal, c'est horrible, c'est affreux, je ne pourrai plus skier aujourd'hui, comme c'est dommage, je vais être obligé de laisser Ed et Winry seuls, juste l'un avec l'autre, ils seront obligés de se parler, comme c'est triste, je ne pourrais pas être là pour les déranger ou leur donner un alibi, mais quel malheur, mais en même temps, qu'est-ce que je me sens mal, je vais sans doute mourir, mais après tout je suis un Elric, ça ne doit pas être trop grave, il faut juste que j'aille à l'infirmerie et que le médecin me dise de ne plus skier aujourd'hui, parce que je vais vraiment mal, et que je dois aller boire un bon chocolat chaud ! »

Les sourcils des deux autres continuèrent progressivement de monter en entendant cet étrange discours, et ils se consultèrent du regard, ne sachant pas bien ce qu'ils devaient faire. Peut-être le gamin s'était-il blessé à la tête et n'avait-il plus toute sa raison.

« Qu'est-ce qui se passe ici ? Encore en train de lambiner ? » fit soudain une voix derrière eux, qui causa une réaction incroyablement identique : les deux jeunes hommes sursautèrent, se raidirent, retinrent un hoquet de frayeur, puis se retournèrent vers la personne qui avait parlé, à savoir une blonde qui réussissait à avoir l'air impeccable et strict même avec une tunique de ski, c'était dire. Sans bien discerner ses yeux en raison de ses grandes lunettes noires – elle faisait partie des rares personnes à qui elles allaient à peu près – ils devinèrent son regard tranchant et avalèrent péniblement leur salive.

« C'est que... y a eu un accident, » parvint à dire faiblement le grand blond, gesticulant en direction du garçon à ses pieds, qui regarda sans flancher en direction de la nouvelle venue, déterminé. « Il dit qu'il faut l'emmener à l'infirmerie. »

Il y eut une petite pause, pendant laquelle la jeune femme inspecta le sinistré du regard sans s'approcher, tandis que les deux autres se demandaient comment cela se faisait que ce dernier ne soit pas déjà raide face à cet examen visuel minutieux. Ils feraient peut-être mieux de chercher à le retrouver plus tard pour apprendre ce qui l'immunisait, ils pourraient ainsi prendre leur liberté et...

Et toutes leurs velléités révolutionnaires volèrent en éclat dès que la blonde recommença à parler. « Jean, remonte-moi cette piste, tu as du boulot, je te signale, tes élèves vont arriver. Roy, aide-moi à l'amener jusqu'au bord de la piste, là, je vais le faire descendre. » dit-elle sans quitter des yeux le malade imaginaire.

Inutile de dire que tous ses ordres furent suivis à la lettre. Jean sembla se volatiliser instantanément pour réapparaître en haut de la piste quelques instants plus tard, ultra motivé pour travailler ce jour-là. Roy aida – enfin – le gamin à se relever et le soutint jusqu'au bord de la piste noire ouverte où la femme le prit en charge et entreprit de le faire descendre doucement, car il semblait fort qu'elle fût capable d'une chose pareille, et ce même si la pente était à 45° avec des bosses.

Le moniteur brun les suivit du regard, debout en haut de la piste, semblant presque vouloir les accompagner et ainsi pouvoir un peu s'amuser comme les deux blonds qui l'avaient survolé quelques instants plus tôt et étaient déjà en bas de la piste, prêts à prendre le télésiège pour monter sur le versant d'en face, et projetant d'aller ensuite faire un tour au half-pipe dès que l'une aurait échangé ses skis contre un snowboard, aucun ne remarquant l'absence de la tierce personne qui avait fait exprès d'être abandonnée en route.

Mais Roy ignorait que, derrière lui, un complot diabolique se mettait en place.

« Ça va pas marcher, » disait d'un ton incrédule une des deux groupies.

« Mais si, ça va marcher ! » glapissait son ''amie'', le paquet de bonbon, sous l'effet de l'excitation.

« Non. »

« Si ! »

« Non, je te dis. »

« Si ! Je suis sûre que ça peut marcher ! »

Soupir blasé du sosie, qui avait peut-être un peu plus de jugeote que sa camarade. Son regard méditatif – seulement en apparence – se dirigea vers leur moniteur, toujours planté devant les pistes noires, comme si elle cherchait à comprendre quelque chose, en vain. L'autre soupira à son tour, cette fois-ci de manière exaspérée.

« Je te dis que ça va marcher. Regarde, et admire ! » fit-elle d'un ton pédant.

L'instant d'après, avec force dérapages et faux départs, elle était parvenue à démarrer et à se déplacer de quelques mètres, avant de se mettre à gagner de la vitesse malgré sa raideur, fonçant droit vers son objectif.

Malheureusement pour elle, elle n'avait pas aperçu le léger renforcement de la pente, ce qui fit que, quand elle l'emprunta, non seulement elle accéléra, mais sa direction changea également légèrement.

Aussi, loin d'arriver comme une fleur près du moniteur, de freiner comme il le lui avait indiqué en position de ''chat sur neige'' et de lui demander de l'aide pour descendre avec un sourire idio... séducteur, elle perdit complètement le contrôle de sa vitesse, le percuta de plein fouet avec un cri strident sans qu'il eût même le temps de réaliser ce qui lui arrivait, et dégringola avec lui dans la piste noire... celle qui était fermée.

La neige y était fraîche et instable, n'attendant qu'une occasion pour se payer elle-même la piste, profitant du fait qu'elle l'avait pour elle toute seule, prête à exterminer les gêneurs éventuels.

Le père de famille, qui pour une raison sans doute surnaturelle, avait détourné un instant l'objectif de son appareil de sa femme adorée et de sa petite fille bien aimée pour prendre quelques clichés de la belle montagne autour d'eux, trouva le moyen d'appuyer sur le déclencheur pile à ce moment-là et dans cette direction.

La photographie qu'il obtint, qui représentait l'écoulement soudain de la neige le long du flanc de la montagne et – curieusement – pile dans les limites de la piste concernée, ne dépassant pas d'un flocon, et sur laquelle ou pouvait éventuellement discerner un petit point noir qui aurait peut-être pu hypothétiquement correspondre à un homme vraiment mal barré car au mauvais endroit au mauvais moment, attira l'attention des journalistes du coin – sans qu'on pût savoir comment ils avaient su qu'il l'avait prise – qui la mirent en première page de la revue locale dès le lendemain, avec pour titre de la une : Roy Mustang, moniteur de ski, mort dans l'exercice de ses fonctions.

...

Happy End.