Chapitre 2 Deux familles amies
Pemberley, Derbyshire, 1798
Les Darcy était l'une des plus importantes familles du Derbyshire. Pemberley, leur propriété, était réputée dans tout le pays pour sa beauté et le cadre naturel où elle avait été construite. Elle se composait actuellement de quatre personnes. Georges Darcy en était le maître. C'était un homme bon, loyal et intègre, qui prenait le plus grand soin de tous ceux qui étaient sous sa responsabilité. Il était aimé et respecté de tous.
Son épouse, lady Anne Darcy, née Fitzwilliam, était la seconde fille du comte et de la comtesse de Matlock. Elle avait été très recherchée lorsqu'elle avait fait ses débuts dans le monde mais son choix s'était porté sur Georges Darcy, bien qu'elle ait eu des prétendants de rang supérieur. Son choix avait d'ailleurs provoqué la colère de sa sœur aînée, lady Catherine, qui avait tendance à croire que tout le monde devait obéir à tous ses ordres. Elle était souvent déçue dans ce domaine.
L'aîné des enfants du couple, Fitzwilliam, venait d'avoir treize ans. C'était un garçon sérieux, poli et timide, qui se sentait toujours mal à l'aise face à des inconnus. Mais il faisait des efforts pour se montrer poli et agréable, même si ses efforts n'étaient pas toujours couronnés de succès.
Le second enfant, Georgiana, était âgée de deux ans. C'était une adorable petite fille, gaie et gentille au sein de sa famille, mais souvent effrayée par les inconnus. Sa naissance avait failli coûter la vie à sa mère, mais lady Anne, qui n'avait aucune envie de manquer les années de vie de ses enfants, s'était battue contre le mal qui l'avait affaiblie et elle avait fini par vaincre. Tout le monde, à Pemberley, avait été soulagé qu'elle ne les aient pas quittés.
La seule personne qui ne se réjouissait pas de la survie de lady Anne était sa sœur aînée, lady Catherine. Après plusieurs saisons dans les salons de Londres, elle avait fini par épouser sir Lewis de Bourgh, maître de Rosings Park, dans le Kent. Elle n'avait eu qu'un seul enfant, Anne, une petite fille de constitution fragile, toujours malade, maussade et peu bavarde.
Lady Catherine, qui rêvait d'avoir la mainmise sur Pemberley, avait décidé que son neveu, Fitzwilliam, épouserait sa fille, Anne, lorsqu'ils seraient grands. Elle ne se souciait absolument pas de savoir si ses parents ou lui-même seraient d'accord. Elle était bien décidée à imposer ses exigences. Cependant, elle devait bientôt découvrir que ni sa sœur, ni son beau-frère n'étaient disposés à se soumettre à ses caprices. Anne avait parlé à sa sœur de la « Charte des Darcy » qui interdisait au maître du domaine d'épouser la fille d'un frère ou d'une sœur de son père ou de sa mère. Lady Catherine avait alors compris que ses projets étaient en danger d'échouer. Mais elle n'avait pas dit son dernier mot. Elle était bien décidé à obtenir gain de cause. Peu lui importait l'opinion d'autrui. Elle n'avait pas encore compris qu'elle avait peu de chance d'atteindre son but.
Cependant les parents du garçon lui avaient fait clairement comprendre que ce n'était pas à elle de décider du mariage de leur fils et que ses décisions n'avaient aucun intérêt. Ce qui la rendait folle de rage, mais elle n'était nullement décidée à renoncer à satisfaire ses ambitions.
Le jeune Darcy, appelé William par sa famille, sauf par lady Catherine, qui se montrait beaucoup plus formelle, était au courant de la lubie de sa tante et la trouvait parfaitement ridicule. Chaque fois que sa tante mentionnait le projet, il se contentait de hausser les épaules avec une grimace de dégoût et de répondre que ses parents n'étaient pas d'accord et que leur volonté était la seule qui soit valable à ses yeux et non pas la sienne. Ce qui rendait lady Catherine folle de rage. Mais elle ne pouvait rien faire pour le moment.
Longbourn, Hertfordshire, 1798
Les Bennet étaient la seconde famille la plus importante du Hertfordshire. Ce qui faisait sa célébrité, c'était le Haras et l'élevage de chiens de chasse et de chiens d'agrément.
La famille se composait tout d'abord du chef de famille, Thomas Bennet, un homme intelligent, intègre et dévoué aux siens.
Mme Bennet, née Gardiner, était originaire du Derbyshire. Le domaine de son père, Honeysuckle, n'était qu'à dix miles de Pemberley, dont les maîtres étaient liés d'amitié de longue date avec sa famille.
Mme Bennet avait une sœur qui avait épousé un avocat connu de Londres. Elle avait également deux frères. L'aîné, Henry, était l'héritier du domaine, le second, Edward, était devenu un juge respecté à Londres.
Mr et Mme Bennet avaient été bénis par une famille de cinq enfants en parfaite santé.
L'aîné, Tommy avait treize ans. C'était un jeune garçon intelligent, aimable et généreux. Il se montrait très protecteur vis-à-vis de ses jeunes frères et sœurs.
Après lui, venait Jane, une fillette de huit au caractère doux et aimable. Elle ne disait jamais du mal d'autrui et ne voyait que le bien chez les autres.
Après elle, venait Elisabeth, six ans. Avec ses cheveux noirs et ses yeux d'améthyste, elle promettait d'être ravissante. Elle avait beaucoup de caractère et faisait preuve d'une grande curiosité dans tous les domaines. Elle était la préférée de son père à qui elle ressemblait beaucoup.
Ensuite venait Marie, quatre ans, une petite fille calme et timide qui préférait les activités tranquilles aux jeux bruyants.
Le dernier membre de la fratrie, Henry, était âgé d'un an.
La naissance des deux garçons avait provoqué une violente colère chez Mr Collins, un cousin éloigné des Bennet, car cela détruisait, de façon définitive, tout espoir, pour lui et son fils, d'hériter un jour de Longbourn Cela faisait un siècle que les Collins cherchaient à s'approprier Longbourn, mais leurs espoirs avaient toujours été vains.
Ils n'étaient pas du tout appréciés par les Bennet qui refusaient de les accueillir à Longbourn. Plus récemment, Mr Collins avait tenté de se rapprocher de la famille en convoitant la main de l'une des demoiselles Bennet. Mais, l'homme, mesquin, avare et presque illettré, avait été rejeté avec dégoût par la demoiselle qui lui avait préféré un autre homme.
Fou de rage devant cette humiliation délibérée, Mr Collins avait juré de se venger.
Il avait d'abord tenté de faire enlever Tommy, mais ses manigances avaient échouées en grande partie grâce à Elisabeth qui s'était trouvée présente dans la cour après avoir libéré son chien, Néro. Celui-ci avait attaqué l'homme qui venait d'assommer Tommy, sans savoir qu'il y avait un second homme qui avait frappé Elisabeth à son tour.
Cependant, ses hurlements avaient alerté les habitants de la maison. Mr Bennet était sorti avec un fusil et avait tiré sur l'homme. Néro tenait l'autre sous la menace de ses crocs.
Lizzie avait failli perdre la vie dans cette aventure. Mais elle s'était rapidement remise. Quand à Mr Collins, il avait été placé sous haute surveillance. Mr Bennet avait fait en sorte qu'il sache que toute tentative contre un membre de sa famille lui vaudrait d'être pendu.
Fou de rage, Mr Collins s'était vengé sur son fils, le réduisant à un esclavage abjecte, le maltraitant chaque fois que la frustration et la colère se faisait sentir. Il avait compris qu'il n'obtiendrait jamais ce qu'il convoitait, mais par malveillance, il laissa croire à son fils qu'il était l'héritier légitime de Longbourn, ce qui causerait un certain embarras au jeune homme. L'avenir dirait ce qu'il adviendrait de lui.
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