Bonjour à tous, voici le deuxième chapitre de mon histoire... J'espère que vous aimerez!
Il resta un moment silencieux, comme surpris qu'elle n'ait pas nié avant d'ouvrir la bouche. Avant même qu'un son n'en sorte, Claire se redressa et reprit d'une voix rapide:
« Je n'ai rien à voir avec mon frère. Je ne participe à aucune de ses actions, c'est à peine si je suis au courant une fois qu'elles se sont produites! Je... » Elle ne finit pas sa phrase et replongea dans sa tasse.
Sherlock mit ses mains devant sa bouche, comme pour prier et réfléchit rapidement à la situation. Au bout d'un long moment il lâcha simplement:
« Pourquoi? »
Elle redressa la tête et plongea son regard dans celui du détective.
« J'avais envie de vous rencontrer. »
Sherlock se renfonça dans son siège et lui fit signe de continuer.
« Mon frère... Vous le passionnez, Sherlock. Je me suis mise à lire votre blog et celui du docteur Watson afin de comprendre d'où venait cette passion... Et je me suis mise à vous admirer. Tout à l'heure, quand je me suis rendue compte que quelqu'un me suivait, et que c'était vous, je n'arrivais pas à le croire. Je me suis dis qu'il n'y aurait pas le moindre mal si nous discutions un moment ensemble sans que vous compreniez quoi que ce soit sur mon frère. J'avais peur que vous compreniez tout en le souhaitant. Cette simple petite conversation m'a plu et je... Ah, je ne suis qu'une idiote, soupira-t-elle en secouant la tête. Excusez-moi » ajouta-t-elle en se levant, ramassant au passage son trench.
Avant qu'elle n'ait esquissé la moindre fuite, Sherlock attrapa son poignet, la forçant à se tourner vers lui.
« Mademoiselle Moriarty, vous me feriez un immense plaisir en vous rasseyant et en continuant notre conversation » fit-il d'un ton calme, appuyé par un petit sourire.
Étonnée, elle se rassit et reposa sa veste à ses côtés. Une petite voix s'agitait au fond de Sherlock, lui demandant ce qu'il était en train de faire. Ce qu'il faisait? Il ne le savait pas exactement, mais le simple fait de voir la jeune femme se sauver lui avait fait retenir son poignet. Il n'avait pas envie qu'elle parte. Il voulait continuer de discuter avec elle, échanger leurs numéros et se promettre de se revoir. Il se trouvait idiot, simple et basique dans ce comportement, mais il ne pouvait rien faire contre.
Face à lui, la jeune femme rougissait. Elle passa une main dans ses cheveux et balbutia:
« -Je dois passer pour une imbécile...
-Disons que si vous oubliez mon comportement dans la ruelle, je tâcherai de faire de même pour ce qu'il vient de se passer et nous serons quittes » sourit Sherlock.
Elle tourna son regard vers lui et sourit, d'un de ces petits sourires en coin si typique aux deux Moriarty. Sherlock frissonna. Tout en le révulsant, ce sourire l'enchantait, et il ne parvenait pas à comprendre pourquoi. Quoi qu'il en soit, il était heureux qu'elle se soit rassit et qu'elle accepte de boire un nouveau chocolat en reprenant leur discussion sur la musique.
Quand Sherlock rentra à l'appartement, la nuit commençait à tomber. Il monta les escaliers d'un pas vif et entra dans le salon en jetant d'un même geste son manteau. Qui tomba pile sur John, qui lisait sur le canapé. Ce dernier sursauta et repoussa le vêtement en pestant avant de relever brusquement la tête vers son ami. Ce dernier venait de se poser dans son fauteuil favori, le regard dans le vague.
« -Comment c'était? demanda le médecin en prenant le fauteuil d'en face.
-Très instructif. Claire m'a conseillé plusieurs compositeurs dont je n'avais jamais entendu parler...
-Tu as rencontré quelqu'un de plus cultivé que toi? »
Ignorant la pointe d'ironie qui filtrait dans la voix de John, Sherlock demanda:
« -Et toi, ta journée?
-Oh non, ne change pas de sujet. Cette Claire... Elle était très mignonne sur la photo...
-Tu l'as remarqué? Demanda soudain le détective.
-Quoi? Qu'elle était belle?
-Non, la ressemblance.
-La ressemblance? »
Sherlock leva les yeux au ciel et, d'un bond, se redressa pour tendre son portable au médecin. La photo de Claire y était affichée, et il demanda à son ami de chercher à qui elle lui faisait penser. Le médecin en fut pas plus brillant que lui, ce qui soulagea un peu Sherlock, et lorsqu'il lui annonça le nom de famille de la jeune femme, John se figea. Sherlock eut soudain peur qu'il ne fasse un malaise et se redressa pour prendre son pouls. John le repoussa avant d'inspirer une grande bouffée d'air et de murmurer:
« -C'est une blague?
-Non, John. C'est bel et bien la soeur de Moriarty, toi même peux voir la ressemblance! »
John se prit la tête entre les mains et resta un long moment silencieux avant de demander:
« -Et qu'est-ce-que tu vas faire?
-Je vais l'emmener chez Angelo jeudi soir » répondit platement le détective.
John se redressa tout en ouvrant de grands yeux.
« -C'est la soeur de ton pire ennemi et... Et tu l'emmène dîner?
-Ce n'est pas parce que ta soeur est alcoolique que tu l'es aussi, John. C'est pareil pour Claire. »
Le ton du détective était légèrement boudeur et John se renfonça dans son fauteuil en bougonnant:
« J'espère au moins qu'elle n'a pas le même caractère que son frère... »
Soudain, il eut un petit cri et ouvrit de grands yeux tout en pointant un doigt accusateur vers Sherlock:
« -Non, c'est pas vrai... Toi? Toi, Sherlock Holmes, le GRAND Sherlock Holmes?
-Tu veux bien donner un sens à toutes tes questions? Ronchonna le brun en croisant les bras.
-Tu as le béguin pour cette fille. » lâcha John en se penchant vers son ami, les coudes posés sur ses genoux.
Sherlock fronça les sourcils et il analysa rapidement la déclaration du médecin. Lui, amoureux? Impossible, n'importe qui au Yard aurait pu le confirmer, il n'avait pas de coeur. Et pourtant... Il ressentait de l'affection pour John, ainsi que pour Madame Hudson et même pour Lestrade... Mais lorsqu'il pensait à la jeune femme qui venait de faire irruption dans sa vie, Sherlock ressentait une toute autre chose. Quelque chose de fort, d'enivrant, une sorte d'attirance à laquelle il refusait se céder tout en la désirant ardemment. Il sursauta -mentalement parlant- en se rendant compte que c'était exactement les mêmes symptômes que son ancienne addiction à la drogue. Cette même envie, ce même besoin... Était-ce cela le béguin dont parlait John? Sherlock n'osa pas demander, de peur de paraître ignorant sur des choses qui paraissait simple à son ami et de se faire de nouveau railler par celui-ci, comme avec l'épisode sur les planètes (Il ne comprenait d'ailleurs toujours pas l'intérêt de savoir que la Terre tournait autour du Soleil!). Il haussa donc simplement les épaules.
Il devait revoir Claire Moriarty, coûte que coûte, et cette idée lui était limpide.
Sherlock attendit patiemment la jeune femme au coin de la rue qu'elle lui avait indiquée par sms, et pour une fois il ne s'en plaignit pas. Non, cette attente était largement compensée par l'incroyable sentiment qui l'envahit à la vue de la jeune femme qui avançait vers lui, toujours couverte de son trench. Elle marchait d'un pas vif qui plut tout de suite au détective, et tandis qu'elle s'approchait, il tentait de décrypter les mystérieuses sensations qui l'envahissaient.
« -Bonsoir, lui lança Claire avec un sourire, les joues rosies par sa marche et le froid.
-Bonsoir, répondit poliment Sherlock. Vous êtes prête à y aller?
-Tout à fait! » fit-elle sur un ton joyeux.
Ils marchèrent jusqu'au restaurant d'Angelo, deux rues plus loin, en échangeant quelques banalités sur ce qu'ils avaient fait durant les deux derniers jours qui avaient suivis leur rencontre. Claire lui confia qu'elle avait beaucoup joué et que son frère était venu lui rendre une petite visite la veille. Sherlock lui fit part des inquiétudes de Watson au sujet de la jeune femme, omettant l'histoire du 'béguin' et les élucubrations du blond sur un quelconque plan de Moriarty destiné à l'atteindre à travers sa soeur. Cette dernière hypothèse, Sherlock avait été contraint de l'étudier attentivement avant de valider le rendez-vous. Il avait tourné mille-et-un scénario dans son esprit avant de conclure que non, Jim Moriarty ne pouvait tout simplement pas avoir tout misé sur une simple femme, aussi étonnante que soit sa soeur. De plus, au travers de ce que la jeune femme lui avait confié sur son frère et elle, il avait distingué une sincère affection, non dissimulée. Ainsi, il savait que Claire n'avait aucune mauvaise attention et il lui accorda sa confiance, du moins pour le moment.
Arrivés devant le restaurant, Sherlock ouvrit galamment la porte à Claire qui pouffa de rire avant de singer une révérence qui arracha un sourire au détective. Angelo, comme à son habitude, l'accueillit avec joie et fracas, jusqu'à ce qu'il remarque la présence féminine au côté du détective.
« Eh mais Sherlock, pour une fois tu viens avec une jolie poupée! »
Les joues du principal concerné se teintèrent de rouge et Claire haussa un petit sourcil assortit d'un sourire.
« Dois-je comprendre que tu n'amène que des femmes laides, et que tu as donc mauvais goût ou que d'habitude tu amène des hommes, et que dans ce cas là tu es homosexuel? »
Angelo éclata de rire et lui donna une légère bourrade qui ne sembla pas le moindre du monde gêner la jeune femme:
« -Oh non, rassurez-vous mademoiselle, je le l'ai jamais vu ici avec une femme, mais il vient souvent avec un petit blond...
-John, répondit Sherlock en souriant, amusé.
-Oui, voilà! Mais ce John passe son temps à protester qu'il n'est pas son rencard, donc vous n'avez rien à craindre de ce côté! » ajouta-t-il avec un clin d'oeil.
Claire lui dédia un sourire charmant avant de répondre:
« Je n'ai jamais crains quoi que ce soit sur ce plan, je voulais juste voir la réaction de Sherlock. »
Angelo partit dans un grand rire et finit par les faire asseoir et leur donner les cartes avant de disparaître, emportant son fou rire. Sherlock lança un regard interrogateur à la jeune femme, notant au passage qu'elle avait troqué sa chemise d'homme contre un pull léger bordeaux qui faisait ressortir son teint pâle.
« -Rien à craindre? Fit-il.
-Oh, eh bien... [elle rougit légèrement avant de continuer:] Sur son blog, le docteur Watson se plaint la plupart du temps du fait que tout le monde pense que vous et lui... Enfin, vous voyez...
-Il n'y a rien entre lui et moi » répondit doucement Sherlock avant de se plonger dans le menu.
Claire eut un petit sourire en coin et finit par ouvrir sa carte.
Ils passèrent une très bonne soirée. Sherlock commenta la liste de compositeurs et de groupes que Claire lui avait donnée lors de leur rencontre, et celle-ci fut heureuse se voir que presque tous les groupes qu'elle lui avait conseillés lui plaisait. Pour une fois, Sherlock accepta de manger, pour faire bonne figure principalement, même si il se contenta d'une simple entrée alors que la jeune femme s'autorisa un dessert qu'elle mangea avec une gourmandise non dissimulée. Encore un point commun aux deux Moriarty, songea Sherlock en la voyant manger son gâteau de si bon appétit. Une fois le repas achevé, Sherlock paya, refusant galamment l'argent de Claire puis ils sortirent. Ils restèrent un moment silencieux, face à face, et Sherlock se rendit compte qu'il n'avait aucune envie de partir. Il n'était même pas minuit, et il lui semblait qu'ils n'avaient passé que très peu de temps ensemble. Ce fut finalement Claire qui coupa sa réflexion en proposant d'une petite voix:
« On pourra peut-être aller dans un bar? »
Sherlock cligna des yeux et sourit. Quel idiot de n'y avoir même pas songé un instant! Claire lui dit alors qu'elle en connaissait un assez sympa, non loin de là et ils se mirent en route d'un pas vif.
Claire sautillait presque de contentement et Sherlock sourit intérieurement. Il se sentait bien et pour rien au monde il n'aurait échangé sa place.
Il ne leur fallut qu'une dizaine de minute pour arriver à destination. Sherlock resta un moment interdit devant la porte du pub, peinte en rouge, imposante, encadrée par deux vitrines pleines de vinyles et d'instruments hétéroclites, d'où la musique filtrait légèrement. Un panneau indiquait le nom de l'endroit, écrit en néon, et deux hommes à la mine patibulaire fumaient devant l'entrée. Certes, le détective avait vu pire comme endroit, mais il n'y était jamais entrer de son plein gré, sauf dans le cadre d'enquête. Il ne connaissait donc pas vraiment ce genre de lieu et ne savait pas quel comportement y adopter, d'autant que cette fois, il n'avait pas de couverture. Ô comme cela avait été simple de faire tous les bar de la ville sous la couverture d'un homosexuel à la recherche d'un peu de distraction! Sherlock regrettait presque ce personnage maintenant! Claire se tourna vers lui avec un petit sourire excité:
« -Alors, tu en dis quoi?
-Euh, eh bien... tenta Sherlock sans trouver quoi répondre.
-C'est assez spécial comme pub, mais j'aime beaucoup, tu verras, il y a même une piste de danse! Et ils passent de la trop bonne musique! » ajouta-t-elle avec un petit sourire mutin, sachant qu'elle jouait sur la corde sensible.
Le détective finit par soupirer tout en lui lançant un petit regard qui en disait long et elle eut un de ses petits rires qui finit par convaincre le brun. Elle fit un signe de victoire vers le ciel et poussa la porte du pub, suivie de près par Sherlock.
A peine avait-il mit un pied dedans qu'il analysa déjà tout. Les murs peints dans les tons oranges et rouges, les guitares et autres vinyles encadrés suspendus au mur, les posters de groupes qu'il ne connaissait pas, les tables en bois sommaires, le bar aux sièges matelassés de cuir rouge... Mais il remarqua surtout les gens du pub, qui se tournèrent vers eux à leur entrée. Il y avait là une foule de gens, principalement de grands gaillards musclés, bardés de tatouages et piercings divers et variés. Beaucoup de t-shirt de groupes, de vestes en cuirs, assez peu de femmes, et encore moins du genre de Claire. Il repéra une prostituée dans un coin, mais elle n'était pas en service ce soir, et pensait être enceinte, il pouvait le remarquer à sa joue droite qui... Une exclamation le coupa dans son élan:
« -Claire!
-Bill! » s'exclama son amie -en était-elle une?- en se dirigeant vers le bar, les bras grands ouverts.
Elle sauta au cou du barman, qui était allé à sa rencontre, et il la souleva avec facilité pour la serrer contre lui. Sherlock détailla rapidement l'homme. La cinquantaine, petit bouc grisonnant et catogan, un grand t-shirt de Led Zeppelin crasseux, assez imposant tout en restant assez musclé pour soulever la jeune femme. Un genre de papi rocker, songea le détective en haussant un sourcil avec un sourire.
« -Ça faisait un petit bout de temps que l'on t'avait pas vue ma jolie! Encore enfermée à composer?
-En quelque sorte, oui, mais tu me connais, quand ça me prend...
-On ne t'arrête plus, compléta l'homme avant de se tourner vers Sherlock. Tu amènes du monde à ce que je vois..?
-Oh oui, Bill, je te présente Sherlock Holmes... Sherlock, voici Bill, un vieil ami. »
Sherlock sourit et serra poliment la main au dénommé Bill, notant au passage qu'elles étaient légèrement moites et que ses doigts portaient des marques de tabac. Fumeur donc, mais pas que de tabac à en juger par l'odeur, nota-t-il tandis que la jeune femme se tournait vers le fond de la salle.
On y apercevait, comme elle lui avait dit, une petite piste de danse, encadrée par d'autres tables et deux canapé. Dans une salle dans le fond, Sherlock distinguait également un billard où des hommes jouaient.
« -Je vous sers quoi? Demanda Bill en repassant derrière le comptoir.
-Je vais prendre une bière, fit Claire d'une voix joyeuse. Et toi Sherlock?
-Un whisky. »
Le barman hocha la tête avant de désigner une table avec une banquette, non loin de la piste:
« Ta table préférée est libre, Claire, fonce! »
La jeune femme lui dédia son plus beau sourire et, attrapant leur deux verres, elle fit signe au détective de la suivre. Ils s'installèrent à cette table donc, et Claire posa un regard brillant sur Sherlock.
« Alors, tu en penses quoi? »
Elle semblait sincèrement inquiète de sa réponse, et Sherlock comprit qu'elle tenait à cet endroit et que le lui montrer lui importait beaucoup. Il secoua légèrement son verre, s'amusant à faire tinter les glaçons, puis releva la tête et sourit:
« -Il est surprenant, comme toi. Mais ça me permets de te comprendre un peu mieux...
-Et qu'as-tu conclu? Demanda-t-elle en penchant la tête sur le côté, mimique habituelle chez elle.
-Que tu es vraiment une amoureuse de la musique. Et que je ne pensais pas que tu composais autant. Bill a l'air de dire que c'est une habitude, ça m'étonne presque vu comme tu me l'as présenté lundi! »
Elle sourit, presque timidement, et lui expliqua que ses compositions n'avaient rien de très grandioses, et que la plupart du temps, elle les offrait à des groupes qui le jouaient ici même. Elle désigna la petite scène au bout de la piste de danse et le détective sourit.
« J'aimerais bien, si bien sûr tu en as aussi envie, jouer un jour avec toi » proposa-t-il doucement.
Elle rosit de plaisir et accepta la proposition, spécifiant que cela serait avec joie, et qu'elle n'avait jamais encore fait un duo violon-piano. Ce serait sûrement très instructif, ajouta-t-elle avec un sourire.
Sherlock sentit de nouveau cet étrange sensation lui serrer le ventre avec force et il tâcha en vain de comprendre d'où il venait. Son analyse fut de nouveau coupée par Claire -décidément, ça devenait une manie chez elle! songea Sherlock- qui se leva en battant des mains.
« -Oh, j'adore cette chanson! S'exclama-t-elle.
-C'est des... des Doors?
-Bravo! Mes leçons portent leurs fruits on dirait! Tu viens danser? »
Elle tendit les bras vers lui, visiblement enchantée et Sherlock fit signe que non de la tête. Elle répondit seulement par une moue boudeuse et s'élança sur la piste de danse, où se trouvaient déjà quelques danseurs. Mais au lieu de trouver un autre partenaire ou même de se tourner vers l'intérieur de la piste, comme Sherlock l'aurait fait, elle se tourna vers sa table, dos aux autres et commença à danser. Et quelle danse! Le détective n'arrivait pas à détacher ses yeux de la jeune femme, qui ondulait des hanches avec grâce au rythme de la musique tout en bougeant les bras de manière à les passer dans ses cheveux, ce qui retenait d'autant plus le regard. Et pas que le sien, Sherlock s'en rendit vite compte! La plupart des autres personnes dans la salle s'étaient tournées vers Claire qui, loin d'être gênée, semblait être plongée dans une bulle. Ses lèvres bougeaient et Sherlock comprit qu'elle chantait tout bas les paroles. 'Hello, I love you, won't you tell me your name?' Sherlock frissonna en entendant ces paroles, d'autant que Claire le fixait tout en dansant, ce qu'il trouvait à la fois terriblement agréable et qui le gênait à la fois, car il réveillait cette étrange sensation en lui. Le rythme se ralentissait pour reprendre plus saccadé, plus rapide. Jim Morrison chantait de plus en plus fort, criant presque, puis gémissant ses 'I want you'. Puis peu à peu la musique baissa, jusqu'à s'achever. Claire s'arrêta de danser, surprise par les soudains applaudissements de la salle. Elle rosit légèrement en s'en rendant compte, fit signe que ce n'était pas la peine d'applaudir et se dirigea vers la table où Sherlock l'attendait tout en applaudissant lui aussi avec un petit sourire.
« -Bravo, très instructif, remarqua le détective une fois qu'elle fut assise.
-Ne te moque pas! Tu aurais du venir, c'était sympa, protesta-t-elle avant de boire une gorgée de bière.
-Sûrement, surtout si je le réfère aux regards torves que te lancent ces deux types dans le coin» souligna Sherlock en désignant du doigt les deux intéressés.
La manière lubrique dont ils regardaient Claire ne lui plaisait pas du tout, comme si ils la déshabillaient des yeux là, juste devant lui. Comprenant non trouble, Claire se redressa, leur fit un un bras d'honneur et glissa sur la banquette pour se rapprocher de son ami poser sa tête sur son épaule. L'effet fut radical, les deux hommes tournèrent la tête d'un même mouvement, et Sherlock voyait presque les rouages de leurs cerveaux tourner, les entendait presque pester mentalement que les belles filles étaient toujours prises et que ce gars pâle avait quelque chose de pas très net tout de même. Il sourit et eut même un petit rire qui fit se relever Claire.
« -La voie est libre? Demanda-t-elle.
-Oui, ça a bien marché, bien joué. »
Elle sourit et il sentit de nouveau une étrange chaleur traverser son corps. Ils finirent leurs boissons en discutant, principalement de musique. Claire commentait chacune des chansons qui passaient, et Sherlock tâchait de retenir les noms et les brèves biographies qu'elle lui dressait. Soudain, Bill leur lança du bar que la prochaine chanson était pour Claire, et celle-ci se redressa en battant des mains.
« -Allez Sherlock, supplia-t-elle, viens danser avec moi pour la prochaine!
-Je ne sais pas si je saurai la danser, répondit le détective doucement.
-Si il me l'a dédie, c'est que c'est un rock. J'adore les rock! »
Sherlock sourit en voyant les yeux brillants de Claire et il haussa les épaules en répondant que ça tombait bien, il savait danser le rock. En voyant son sourire s'agrandir, il remercia intérieurement sa mère de l'avoir forcé plus jeune de suivre des cours de danse. Le barman fit un petit signe à Claire lorsque la chanson en cours allait finir, et elle se leva, entraînant le jeune homme avec elle. Elle le guida jusqu'au milieu de la piste et s'immobilisa.
« Je me demande quelle chanson ça va être... OH! »
La chanson venait juste de commencer, et elle éclata de rire en faisant un signe à Bill tout en attrapant les mains de Sherlock et de commencer à danser. C'était rapide, très rapide, et Sherlock mit un peu plus de temps que prévu à se dérouiller. Il remarqua que la chanson combinait français et anglais, ainsi que plusieurs passages qu'il n'arrivait pas à comprendre. La voix du chanteur n'était pas toujours juste, mais cela donnait un certain charme à la chanson. Il ne lui fallut au final que peut de temps pour se remémorer les pas, et à ce qui pourrait s'apparenter au refrain, Claire et lui dansaient comme des fous. Les gens sur la piste s'écartaient, et certains même s'étaient arrêter pour les regarder virevolter à toute vitesse. Sherlock admira la facilité et le plaisir qu'avait la jeune femme à danser du rock, et lui même se sentit heureux d'être là, de la faire tourner et de la serrer contre lui. Leurs mains ne se séparaient que le temps qu'il fallait mais elles se retrouvaient bien vite, et chacune de ces trouvailles faisaient frissonner le détective. La chanson ne dura qu'un peu plus de trois minutes, et elles semblèrent être bien longues à Sherlock, comme si le temps s'était arrêté pour les laisser là, Claire et lui, à virevolter sur la piste de danse. 'I love you ma chérie' répétaient les paroles, et ce doux mélange entre le français et l'anglais plut à Sherlock, car à ses yeux, il représentait en quelque sorte lui et Claire, bien que la jeune fille ait longtemps vécu en Angleterre. Le morceau s'accélérait, laissant place à un long solo endiablé et le couple de danseurs le suivaient, presque à bout de souffle. Le fin du morceau arrive soudain, et ils restèrent un moment face à face, immobiles, reprenant leur souffle. Soudain, Sherlock se rendit comte que tout le monde avait les yeux braqués sur eux et qu'on les applaudissait. Il rougit légèrement et salua avant de retourner s'asseoir. Claire le suivit, les joues rouges pas l'effort. Sherlock commanda d'autres boissons qu'ils sirotèrent en riant et en discutant joyeusement. Pourtant, Sherlock sentait que leur relation avait changée, même si il n'arrivait pas à savoir en quoi exactement. En tout cas, il se sentait plus proche de la jeune femme, comme si il la connaissait mieux, et lui faisait un peu plus confiance. Mais il ne savait toujours pas d'où venait cette chaleur au fond de lui qui après la danse s'était transformée en flamme brûlante qui le dévorait. Pour une fois, Sherlock était perdu.
Ils quittèrent finalement le pub vers 2h du matin et Sherlock insista pour qu'ils prennent le taxi. Il déposa donc la jeune femme devant un appartement blanc, assez simple, de deux étages. Elle lui expliqua qu'elle vivait au second, côté gauche, et hésita un moment lorsque le taxi s'immobilisa.
« -Bon, eh bien, merci pour le restaurant et pour le taxi... commença-t-elle.
-Je t'en pries. Merci pour la soirée au pub, c'était sympa. Et pour les commentaires musicaux aussi. Et la danse. J'ai passé une très agréable soirée, ajouta-t-il.
-Contente d'avoir réussi à te dérider un peu, fit-elle en riant. Tu es un bon danseur tu sais? Allez, j'attends tes sms! »
Elle sourit et déposa très furtivement un baiser sur la joue du détective avant de se reculer et de sortir.
Sherlock attendit de voir la lumière du second étage s'allumer pour dire au taxi qu'il pouvait y aller. Et, la tête contre la vitre, il laissa alors son esprit dériver, se remémorant cette soirée, un petit sourire aux lèvres. Il avait hâte de la raconter à John.
Note 1: Pour la première chanson, il s'agissait de Hello, I Love You des Doors, et pour la seconde, de Little Daewoo des Wampas! :)
Dans le prochain épisode, Jim fera enfin son apparition, et il y aura toujours autant de musique! ;D
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