2 Les deux ombres.
Lucius Malfoy, majestueux, racé et magnifique, ses longs cheveux blonds serrés par un lacet de cuir, vêtu d'une robe de sorcier noire qu'une multitude de boutons fermaient sur le devant s'avança dans la grande salle où trônait Voldemort. La salle aux proportions moyennes se situait au milieu du manoir du lord des ténèbres.
Un manoir obscur, situé en Angleterre, protégé par toutes sortes de sorts que le mage avait lui-même mis en place afin d'y être bien à l'abri. Aucune chance que les aurors viennent le chercher ici, et puis s'ils le pouvaient il faudrait encore qu'ils en aient le courage et ça c'était encore à démontrer.
L'homme l'avait fait demander de toute urgence pour il ne savait quelle raison. Lucius Malfoy hésita sur le seuil, son pas se fit incertain mais il ne flancha pas, ses sens lui disaient qu'il se passait quelque chose et il n'aimait pas ça. Bon pas la peine de tergiverser le problème sera toujours là, pensa-t-il. Autant en finir et savoir ce qui ce tramait ici.
Le blond avança d'un pas, puis deux, et bien qu'il ait envie de faire demi-tour il marcha fièrement, la tête haute. Des souffles se relâchèrent autour de lui. Des souffles qui se demandaient si le mangemort allait oser s'enfuir ou affronter le seigneur noir.
Des lâches !
Ses yeux gris scrutateurs essayèrent de deviner ce que Voldemort avait encore combiné comme ignominie. Pas un des visages autour de lui ne laissa transparaître un quelconque signe, un seul lui serait venu en aide mais il n'était pas là, où se trouvait donc Severus ? Avait-il était écarté ou avait-il subit un autre destin ?
Des foutus lâches, les autres ! Voilà ce qu'ils étaient.
Le blond sentit plutôt qu'il ne vit derrière son dos des mangemorts se mouvoir silencieusement et se placer devant les portes pour en bloquer les entrées afin d'éviter toute fuite de sa part. Le Serpentard savait maintenant avec certitude que c'était après lui qu'on en voulait, il ne savait pas encore pourquoi avec exactitude bien qu'il en avait une petite idée, mais il sentait qu'il n'allait pas tarder à l'apprendre.
-Avance, Lucius, susurra le lord un peu trop poliment. Il faut que je te fasse part d'une chose que je viens d'apprendre.
Lucius s'arrêta devant Voldemort dont les yeux l'examinaient et attendit une explication qui n'augurait rien de bon pour lui. Pas un bruit ne troubla le silence, tous attendaient que l'homme au regard rouge s'exprime. Les mangemorts qui jalousaient Malfoy jubilaient tandis que les autres, craintifs, n'osaient se porter à son secours, ils ne tenaient pas à subir son sort.
Tous des lâches ! Il avait bien raison, le fier Serpentard.
-Lucius, mon ami, reprit Voldemort en se levant prestement de son fauteuil. Je viens d'apprendre par une de mes connaissances dont je tairai le nom, que deux de mes plus fidèles serviteurs ont plus d'affinités avec l'ordre du phénix qu'avec moi. Qu'en penses-tu ? Demanda Jédusor sans attendre forcément une réponse.
Lucius Malfoy ne montra pas sa surprise, son visage resta stoïque et impénétrable, pourtant sa tête travaillait à toute vitesse.
-Or, il s'avère, reprit le mage noir, que mes plus fidèles lieutenants sont Severus et toi, Lucius. J'ai foi en l'homme qui m'a rapporté ces informations, ajouta Voldemort dont les yeux se plissaient pour essayer de deviner les sentiments de Malfoy qui ne laissa rien transparaître et qui ferma son cerveau à toute intrusion.
Deux mangemorts solides s'approchèrent du Serpentard lui enlevèrent sa baguette et l'empoignèrent chacun par un bras. Le blond se dégagea violemment, personne n'avait le droit de poser ses mains sur lui, mais il n'essaya pas de se sauver pour autant. Il savait qu'il était perdu d'avance, que sa maigre couverture venait de partir en éclat et qu'il allait subir un châtiment très douloureux.
Le blond, étonné, qui s'attendait à recevoir des doloris et autres de la baguette de son maître dont la cruauté n'était plus à prouver, sursauta quand il entendit le lord noir ordonner aux mangemorts de le conduire dans une geôle située au fin fond des oubliettes du manoir.
Très dignement, il les suivit. Il n'y avait pas de fuite possible et il le savait, tous étaient aux alertes au cas où il tenterait une sortie. Les hommes descendirent des escaliers un peu raides, traversèrent moult couloirs étroits et après qu'un de ces miséreux ait ouvert la porte épaisse, ils le jetèrent dedans et refermèrent aussitôt comme si le diable était à l'intérieur.
En fait, les deux gardiens n'avaient pas tort.
Lucius se redressa et frotta ses robes d'un geste négligeant, comme s'il se trouvait dans son salon à prendre le thé. Un petit fenestron fermé de grosses barres de fer laissait passer un clair de lune. Oh ! À peine, juste de quoi regarder où il mettait ses pieds et à voir un peu devant lui.
-Ne bouge pas Lucius, lui ordonna une voix située à quelques pas sur le côté. Ne fais plus un geste, ne bouges même pas le petit doigt.
-Severus !
-Bien sûr ! Qui veux-tu que ce soit ?
-Pourquoi je ne dois pas bouger ? Demanda l'homme qui se tendit en entendant l'avertissement pressant dans la voix de son ami.
-Regarde devant toi et tu comprendras.
Le blond obéit, il habitua petit à petit ses yeux à la faible clarté de la cellule et vit deux silhouettes qui les toisaient Severus et lui. Le Serpentard frissonna, l'un des deux hommes debout devant eux le regardait en souriant tandis que l'autre ne quittait pas Severus des yeux. Lucius eut l'impression que le maître des potions et lui étaient devenus des proies et ça lui donnait froid dans le dos.
Une impression qui grandissait de seconde en seconde et qui envahissait son esprit et son corps.
-Tu as compris ?
-Oui, répondit Lucius Malfoy.
Bien sûr qu'il avait compris ! Un teint pâle, des canines luisantes et un peu trop longues à son goût, une beauté à vous couper le souffle, une prestance fière, un regard rouge envoûtant. Les deux hommes à la vue perçante ne lâchèrent pas Severus et Lucius des yeux.
Des vampires envoyés par le lord là dans la geôle avec eux, ce n'était pas difficile à comprendre. Voldemort leur avait prévu la pire des punitions, celles qu'il réservait à ses pires ennemis.
Severus Snape observa Lucius, les traits de celui-ci s'affaissèrent, son souffle s'accéléra légèrement, le blond connaissait la sentence, le verdict était sans appel. Mort par morsure et emprisonnement dans la cellule jusqu'à ce que lui ou Lucius s'entretuent à leur réveil quand la soif de sang se ferait sentir.
-Messieurs, nous ne sommes pas là pour écouter vos palabres, murmura l'un des vampires d'une voix séduisante qui faisait penser à un boa constrictor qui allait vous hypnotiser avant de vous avaler. Ni pour passer notre temps à nous toiser, se moqua-t-il. Nous avons un travail à accomplir et nous aimerions le faire au plus vite.
-Allons-nous devoir nous battre pour parvenir à nos fins ou allez-vous vous laisser faire bien gentiment ? Questionna l'autre vampire avec un sourire narquois et railleur envers les deux Serpentards.
-Je pense que nous allons vous donner du fil à retordre mon ami et moi, rétorqua Snape qui savait pourtant qu'ils n'avaient aucune chance face à un vampire, sans parler de deux dont les forces étaient décuplées.
-Je n'aurais pas dit mieux, Severus, approuva le blond.
-D'accord, comme vous voulez, c'est vous qui voyez ! Mais le résultat sera le même vous allez mourir, riposta un des vampires, celui qui ne quittait pas Severus Snape des yeux et qui évaluait déjà la capacité du mangemort à se défendre.
-Nous le savons mais ça ne nous empêchera pas de combattre ce à quoi nous sommes destinés, répondit l'homme aux éternelles robes noires.
-Avez-vous un dernier souhait messieurs, avant de mourir ? Demanda l'un des deux hommes au regard étincelant.
Lucius Malfoy en avait un, bien sûr qu'il en avait un, un espoir secret, un désir qui le poursuivait depuis des années mais qui resterait au fond de son cœur. Une fois, rien qu'une fois sentir ses lèvres sur celles de Severus, sentir sa langue caresser la sienne, prendre possession de sa bouche et en goûter sa saveur. Pourtant il se tut, l'aimer en silence c'était tout ce qu'il pouvait espérer, pensa-t-il en regardant Severus de ses yeux gris et tristes.
Les deux vampires avec une rapidité de mouvement jamais vu se jetèrent chacun sur un des Serpentards. Les deux amis unis dans le même pétrin se défendirent avec l'énergie du désespoir, sans leur baguette ils n'eurent aucune chance et même s'ils l'avaient eu ils ne savaient pas s'ils auraient eu le dessus tant les deux créatures en face d'eux étaient habiles et fortes.
La bataille entre les quatre hommes fut cruelle, tous les coups étaient permis dans la petite cellule où Severus et Lucius n'étaient à l'abri nulle part, même pas pour reprendre un hypothétique souffle. Un dernier souffle de vie avant de sombrer comme des ombres, comme des morts qu'ils seraient bientôt.
Lucius Malfoy et Severus Snape se battaient avec courage et ténacité, mais que pouvaient-ils faire contre des créatures de la nuit qui avaient la magie avec eux et la force vampirique ? Rien, et ils le savaient.
Après une heure de rude bataille Severus se retrouva à terre, éreinté, en sueur et en sang. Sa respiration laborieuse soulevait difficilement sa poitrine. Le professeur de potions n'en pouvait plus, il avait donné tout ce qu'il avait mais l'autre restait plus fort. Du coin de l'œil il vit Lucius encore debout face à l'autre mais il n'était pas dans un bel état lui non plus.
Le vampire releva Snape comme s'il soulevait un enfant et le plaqua sans douceur contre le mur du cachot. L'homme blessé sentit l'humidité passer à travers sa robe qui pendouillait lamentablement sur ses épaules. D'un geste vif le vampire l'arracha et la jeta au loin puis ses doigts impatients déchirèrent la chemise qui rejoignit la robe.
Le vampire avait soif, le combat avait attisé son envie de s'enivrer du liquide rouge qui circulait dans le corps du mangemort. Il tenait solidement le brun contre le mur d'une main. Sa bouche sécréta de la salive en sentant la veine de l'homme pulser rapidement, il entendit le doux bruit du cœur qui battait encore dans la poitrine de sa victime.
La créature posa sa main libre sur ce cœur qui envoyait le sang dans l'artère qu'il s'apprêtait à mordre. Snape se raidit quand son meurtrier se pencha vers lui et plongea son nez dans son cou, son cœur s'accéléra encore plus quand il sentit des crocs griffer sa peau et des mains le tenir fortement par les épaules pour l'empêcher de se débattre.
Le maître des potions savait qu'il allait mourir pendant quelques heures pour revenir transformé. Pourtant là il pensait à Harry, son Harry, son amour. Harry qui devrait défaire le mage noir sans lui parce qu'il serait mort de la main de Lucius. Parce que oui, il ne se défendrait pas quand Lucius le tuera sous la soif de sang exigeante qu'ils auront quand ils se réveilleront dans ce maudit cachot.
Snape se crispa quand son tourmenteur enfonça ses crocs dans sa gorge, il ne cria pas quand l'homme aspira son sang avec frénésie dans des bruits de succions insupportables. Severus s'accrocha à la cape de son assassin, ses genoux flanchèrent sa tête lui tourna et ses yeux se fermèrent lentement.
Le maître des potions revit dans ses yeux à demi-clos le sourire de son Griffondor quand ils venaient de faire l'amour, il le revit le serrer dans ses bras et l'embrasser, il vit ses yeux brillants lui dire combien il l'aimait et combien il était heureux d'être avec lui. Harry qui lui avait tant apporté, Harry qui lui avait tant donné, ne plus le voir lui paraissait impensable et pourtant c'était ce qui était en train de se passer. Il ne le verrait plus et ça c'était le pire de tout.
Le sang continua de quitter son corps inexorablement, le vampire le soutint quand ses jambes glissèrent le long du mur, il n'y en avait plus pour longtemps. Severus Snape sourit au visage de son jeune amant qui flottait devant ses yeux, dans un chuchotement il prononça ce prénom tant aimé, Harry.
Le noir remplaça la lumière, son esprit s'engourdit puis plus rien.
Son corps tomba lentement sur le sol froid, les yeux grands ouverts fixèrent le plafond sans le voir, deux prunelles noires qui ne verraient plus jamais les choses comme elles étaient avant. Severus Snape était mort de la plus indigne, de la plus injuste des façons.
Lucius capitula lui aussi, voir Severus son ami de toujours l'amant qu'il n'aurait jamais étendu par terre l'anéantit. Le blond arrêta de combattre, et puis à quoi bon ! Il allait perdre.
Pendant que l'un des vampires croisa ses bras alors qu'un des mangemorts était étendu mort au bas de ses pieds, l'autre, celui que Lucius Malfoy venait de combattre, enleva d'un sort sa robe et sa chemise blanche qui ne ressemblaient plus à rien. Les canines éclatantes qu'il voyait poindre ne lui faisaient pas peur, c'était plutôt ce qui allait se passer ensuite, quand ils se réveilleraient, entre Severus et lui qui le perturbait salement.
Quand les crocs pénétrèrent sa carotide, le blond accolé contre le mur trembla de froid. Son sang chaud et épais fut sucé voluptueusement. Lui aussi, des souvenirs lui revenaient en mémoire. Son fils tout d'abord qu'il ne reverrait plus, son fils pour qui il aurait donné n'importe quoi. Sa femme qui était morte de ses propres mains, cette traîtresse, cette garce, ce monstre de cruauté qui prenait son plaisir en tuant des gens innocents.
Lucius Malfoy tomba à son tour, ses mains lâchèrent la cape du vampire qui le laissa s'écrouler à ses pieds. Les cheveux blonds du Serpentard formèrent une tâche claire sur le sol de la cellule. Le brun et le blond gisaient à moitié dévêtus, complètement exsangues l'un contre l'autre, la transformation allait pouvoir commencer dans quelques heures et avec elle les affres d'une autre bataille pour un sang vital.
Les deux vampires qui venaient de se nourrir frappèrent contre la porte du cachot et sortirent aussitôt qu'un mangemort leur ouvrit. Le gardien eut un bref recul en voyant leurs canines encore luisantes de sang et puis, sans état d'âmes pour Snape et Malfoy, il referma la porte en bois cloutée sur les deux corps qui se trouvaient allongés sur la saleté du sol de la geôle.
-Sont-ils morts ? Questionna d'une voix dure Voldemort quand les deux vampires se présentèrent devant lui pour rendre des comptes.
-Bel et bien mort pour l'instant oui ! Annonça l'une des deux créatures en passant sa langue sur ses dents encore rougies du sang de sa victime.
-Pourquoi vous êtes-vous débarrassé d'eux, Voldemort ? Vous aviez là deux guerriers farouches qui n'ont pas rendu notre tâche facile.
-Trahison, je ne tolère pas ça, cracha le lord noir en s'asseyant.
-Il n'en reste pas moins que des hommes comme ça ne courent pas les rues et vous auriez mieux fait de les garder près de vous. Il vaut mieux connaître ses ennemis et les garder près de soi pour pouvoir les contrôler. Cela dit ce n'est plus un problème maintenant.
-En effet ce n'est plus un problème, vous pouvez partir messieurs, je ne vous retiens pas, dit doucereusement Voldemort qui n'aimait pas qu'on lui donne des leçons sur ce qu'il devait faire de ses mangemorts quand ceux-ci le trahissaient.
Le manoir de Voldemort redevint calme, les mangemorts pour la plupart étaient repartis chez eux et les autres dormaient dans des quartiers qui leurs étaient réservés. La nuit se finit lentement sur le monde de la magie et une nouvelle journée allait commencer et apporter son lot de joie et de tristesse.
Harry se morfondait à Poudlard les cours de potion avaient été annulés pour la journée, il s'inquiétait pour Severus qui n'était pas rentré de sa réunion qui devait se tenir au manoir du foutu-lord-je-suis-fou. Voilà maintenant des heures qu'il l'attendait dans ses appartements et qu'il n'apparaissait toujours pas, là il s'inquiétait vraiment.
Ce n'était pas qu'il n'avait pas l'habitude de voir partir Severus à ces réunions mais là il trouvait le temps beaucoup trop long. Ce n'était pas normal, il se passait quelque chose et ne pas savoir le rendait fou. Et merde ! Severus, où es-tu bordel ?
Le jeune homme se leva du fauteuil et marcha de long en large. Une impression de malaise s'installa en lui. Il était arrivé quelque chose à Sev, il en était sûr. Cette idée le tarabustait de plus en plus fort, il se le répétait en boucle dans sa tête sans pouvoir s'en empêcher et puis cette impression que les choses se précisaient, que tout allait se jouer dans les heures à venir le taraudait aussi.
Le jeune homme ne savait pas pourquoi mais la bataille, celle qu'il attendait depuis des mois, celle pour laquelle il avait été formé se rapprochait. Le sorcier se rassit, épuisé nerveusement, ses yeux se fermèrent deux secondes puis s'ouvrirent de nouveau quand on frappa à la porte. Harry se leva et l'ouvrit d'un geste de la main.
-Pas encore rentré ? Demanda un Dumbledore pas étonné de trouver le Griffondor dans les quartiers du maître des potions.
Le fait que l'intransigeant et ténébreux Snape, qui ne tolérait personne chez lui et qui pourtant acceptait un gamin qu'il avait longtemps méprisé à occuper les lieux pendant son absence, ne frappait pas plus que ça Albus.
-Non, professeur. Vous ne trouvez pas ça bizarre ? Ça n'a jamais été aussi long ! Je veux dire, il m'aurait averti s'il y avait vraiment eu du danger de se rendre là-bas avant de partir tard hier. Bon, c'est vrai qu'il trouvait surprenant que Voldemort le fasse appeler plusieurs soirs de suite, moi aussi je trouvais ça surprenant. Mais ça ne veux pas dire qu'il ne reviendra pas, demanda Harry anxieux, ses beaux yeux verts suppliants regardant l'homme aux robes excentriques attendant un réconfort de sa part pour rassurer ses angoisses.
-Peut-être a-t-il eu une mission à effectuer, le tranquillisa le directeur qui n'en croyait pas un mot. Lui aussi était soucieux ce n'était pas normal cette absence prolongée. Son professeur était quand même parti hier soir, d'après ce qu'Harry lui avait appris, et il était déjà l'après-midi. Repose-toi Harry, inutile que tu l'attendes, il finira par revenir.
-Il ne rentrera pas Albus, j'ai la certitude que là il ne rentrera pas entier, il s'est passé un truc horrible.
-Laisse passer le reste de la journée, nous aviserons ce soir, répondit Dumbledore dont les yeux ne pétillaient plus tellement. L'angoisse d'Harry était palpable et envahissait la pièce de sa magie contrariée.
-Vous m'avertissez si vous apprenez des nouvelles ?
-Je n'y manquerai pas sois en sûr. Maintenant repose-toi, je dirai à Minerva que tu ne te rendras pas à son cours, c'est le dernier, d'ailleurs, de la journée que tu as je crois.
Le vieil homme s'en alla les épaules voutées, lui aussi pensait comme Harry. Il y avait eu un imprévu, une chose que le professeur de potions n'avait pas imaginé et là pas moyen de savoir quoi tant qu'il ne serait pas rentré, s'il rentrait naturellement.
Harry qui n'avait pas envie de dormir se rendit malgré tout dans la chambre de son amant et s'allongea sur le lit tout habillé tout en attirant vers lui l'oreiller de son amour pour s'imprégner de son parfum. Au bout d'un long très long moment ses yeux se fermèrent tous seuls et sa respiration régulière résonna entre les quatre murs de la pièce.
