Le lendemain, Marinette sourit en ouvrant les yeux.
Elle avait enfin quelqu'un avec qui partager son secret qui commençait à peser trop lourd pour une seule paire d'épaule. La jeune fille n'était pas tout à fait sûre de la nature de sa relation avec Adrien alias Chat Noir, mais elle avait au moins trouvé un confident dans toute cette histoire.
Marinette se leva et se rendit dans la salle de bain. Ses deux couettes étaient toutes défaites, elle retira les élastiques rouges déformés et démêla sa tignasse. Alors qu'elle s'apprêtait à refaire ses fidèles couettes, elle déposa son regard sur son reflet dans le miroir. Depuis combien de temps n'avait-elle pas laissé ses cheveux lâchés ?
De son côté, Adrien fut réveillé par Plagg qui réclamait son petit déjeuner : camembert sur tartine. Ecœuré par l'odeur du fromage, il s'habilla, mit le chapeau melon confectionné par Marinette (elle avait remplacé la plume de pigeon par une plume synthétique à cause de ses allergies) et s'engouffra dans la luxueuse limousine qui l'emmenait chaque matin à son collège. Il posa son visage contre le froid de la vitre et il pensa aussitôt à elle.
Nino, au courant du béguin de son ami pour la super-héroïne, lui posait chaque jour la même question : "Pourrais-tu aimer n'importe quelle fille sous prétexte que c'est Ladybug ?". Adrien ne savait jamais quoi répondre et s'empressait de changer de sujet. Mais maintenant, il savait : oui. Ladybug était déterminée, intelligente, débrouillarde. Il savait désormais qui se cachait sous le masque de sa bien aimée et n'en était que ravi.
Regardant le paysage défilé lentement, Adrien ne reconnu pas tout de suite la jeune fille qui marchait mais elle retint son attention. Plissant les yeux, il comprit finalement qui s'agissait de Marinette.
- Arrêtez la voiture s'il vous plait, cria Adrien au chauffeur.
Ce dernier freina brusquement et Adrien s'empressa d'ouvrir la vitre de la limousine pour appeler Marinette. Surprise, elle se retourna et ses joues s'empourprèrent lorsqu'elle vit le jeune homme.
- Je te dépose quelque part ? Demanda Adrien avec un clin d'œil malicieux.
- Euh oui j'allais au collège, enfin tu le sais puisque toi aussi tu y allais surement hein ? Euh ... ça va sinon ?
Adrien ne put s'empêcher de sourire devant la maladresse typique de sa camarade. Bien qu'un peu gauche, c'était avant tout une fille dévouée, honnête et qui n'avait pas peur de remettre Chloé à sa place quand celle-ci franchissait les bords.
Il ouvrit la portière et invita Marinette à monter à bord de sa limousine plus spacieuse encore qu'elle ne le paraissait de l'extérieur.
- Tu n'as pas à être timide avec moi my lady, lui chuchota Adrien.
Marinette se détendit peu à peu et vint se blottir contre le jeune homme. Elle remarqua alors qu'il portait son chapeau.
- Comment ai-je pu ne pas comprendre ? Murmura-t-elle plus pour elle qu'à l'attention d'Adrien.
- Et moi comment ai-je pu ne pas faire le rapprochement ?
Ils sourirent tous les deux et restèrent silencieux, savourant le moment de tranquillité qui s'offrait à eux.
Arrivés devant le collège, Marinette alla retrouver Alya, qui l'avait vu descendre de la limousine d'Adrien, comme tout le reste du collège d'ailleurs.
Devant le regard pleins de sous-entendu de son amie, Marinette commença à rougir et à bafouiller quelques mots :
- Euh ... Salut Alya ! Je vais tout t'expliquer.
- J'y compte bien, répondit cette dernière avec un sourire complice.
Reprenant peu à peu de l'assurance, Marinette baratina son amie en lui disant qu'Adrien était venu acheter des croissants dans la boulangerie de ses parents. Ses derniers absents, elle n'avaitt pas eu d'autre choix que de lui parler et qu'ils avaient par la suite commencer à discuter ...
- Et donc, termina Marinette, on s'est rendu compte qu'on avait des points communs et voilà !
Accompagné de Nino, Adrien rejoint les filles et Nino se tourna vers Marinette :
- Fait attention, ce gars là est complètement obsédé par Ladybug, tous les jours il me parle d'elle "Je me demande qui c'est", "Elle est si belle", "Tu crois qu'elle aime les croissants ?".
Tandis qu'Adrien vit ses joues s'enflammer, Nino, Alya et même Marinette éclatèrent de rire. Adrien donna une bourrade amicale à son amie et entraina Marinette vers la salle où le cours s'apprêtait à commencer.
- J'aime beaucoup les croissants.
Les joues d'Adrien qui venaient tout juste de retrouver leur couleur d'origine, redevinrent rouge tomate devant la phrase de Marinette.
- Tu crois que moi, je n'ai pas remarqué toutes les photos de moi dans ta chambre quand la Marionnettiste voulait tes poupées ?
Ce fut au tour de la jeune fille de rougir tandis qu'Adrien produisait un petit rire diabolique qui ressemblait plus à un chat de gouttière agonisant au fond d'une ruelle.
- Nous sommes vraiment bizarre.
- Félin pour l'autre.