SUJET : OS sur un triangle amoureux Peter Pan/Wendy/James Crochet. Basé sur le film Peter Pan, sortit en 2003
NOTE : Chapitre remis à jour le 28/10/2015.
DISCLAMER : Le monde du Pays Imaginaire et ses personnages ne m'appartiennent pas. Ils sont la propriété exclusive de J.M Barrie.
REMERCIEMENT : Merci à 91, AmandaDream, Melior, Frenchiemakesafiction, Petitefleurdautomne pour leur reviews.
Wendy a fait le choix de grandir, mais de ne jamais oublier pour autant Peter Pan. Or le passage de l'enfance à l'âge adulte apporte son lot de changements ; notamment pour ce qui est des rêves et des sentiments…Et le Capitaine Crochet bien que "mort", continu malgré tout d'hanter ses rêves les plus intimes...
Wendy s'était toujours jurée de ne jamais oublier Peter Pan.
Jamais, en toute occasion. Et ce, malgré les années qui passent, formant indiciblement ce que les adultes appellent la vie. L'existence. Ors la sienne, semblable à la métaphore, est un long fleuve tranquille. Trop tranquille. Les journée calmes, où s'enchaînent le collège, les soirée en famille à rires avec les anciens enfants perdus et ses frères, sous le sourire indulgent de ses parents - ainsi que les visites quotidienne de la tante Milicent- sont bien loin de celles agitées du Pays Imaginaire, où chaque jour est propice à une toute nouvelle aventure. Ici, tout n'est que calme et ennuie. Un cercle infernal qui ne cesse de se répéter sans fin et qui, lui parfois regretter d'avoir quitter Neverland.
Même le soir, lorsqu'elle raconte les aventures de Peter Pan à George et Micheal, ainsi qu'à ses "nouveaux frères". Quelque chose semble s'estomper au fil du temps. Au fil de ses récit, Wendy s'aperçoit que tous l'oublient peu à peu. Qu'ils grandissent, les garçons ne se souvenant plus de leur ancienne vie au Pays Imaginaire, ne devant plus que les "adoptés" de la famille Darling, sans mémoire, car trop jeunes pour s'en souvenir. Pour ses frères, leur aventure à Neverland n'est qu'une histoire de plus, bien plus réaliste que les autres certes, mais qui reste toutefois une histoire.
Et cela la désole. Cela l'effraie.
Car elle ne veut pas, refuse d'oublier. Elle ne veut pas oublier la blondeur de ses cheveux, la couleur ciel de ses yeux ainsi que son sourire arrogant, prêt à décrocher les cœurs. Qui avait su faire battre le sien. Et puis surtout, elle le lui avait promis. Et comme pour empêcher l'irréparable, du moins le retarder chez ses frères, elle raconte son histoire. Encore et encore, chaque soir. Et au moment de se mettre au lit, il lui arrive parfois de percevoir une ombre à sa fenêtre, qu'elle laisse bien entendu toujours ouverte, au grand damne de Mr. Darling.
Et cette silhouette fugitive la fait sourire intérieurement, car elle sait qu'il est là, à l'écouter avec Clochette. Et cela l'encourage à entretenir sa mémoire. A ne jamais l'oublier. A toujours l'aimer, ce garçon qui refuse de grandir.
Pourtant, à l'aube de ses quinze ans, alors qu'elle s'observe avec inquiétude dans le miroir, elle sent que quelque chose est entrain de changer. Car au creux de ses cuisses, au plus profond de cette partie d'elle même, si intime, l'aube d'une ère nouvelle. Avec ses premières règles, c'est une femme qui vient de naître...
L'école est depuis longtemps finie.
Depuis, à la demande de la tante Milicent, elle est entrée dans un pensionna pour jeunes filles de bonnes familles. Un institut bourgeois de très bonne réputation, qui selon ses dires, lui ouvrira les portes de la haute société. Sous le joug d'une gouvernante aigrie, ses journées sont aussi réglées que du papier à musique. Entre les cours de dentelles et de broderies, de chants et de langues, la fraîcheur et l'insouciance de l'enfance n'y ont pas leurs places. Ici, il est temps de grandir. Et de devenir des jeunes femmes accomplies.
Et ce sont des mots cruels qui prennent tout leurs sens, lorsqu'en compagnie de ses parents, elle est présentée à des soirées mondaines, faisant leur fierté par son éloquence et son visage d'ange. Elle est une jeune femme qui pense et qui sait avoir des idées, attisant intérêts et curiosité autour d'elle. Si la mère est radieuse, la fille l'est d'autant plus, et lorsqu'elle voit les hommes la jauger, elle sait alors qu'elle n'est définitivement plus une enfant.
Peter Pan reste toujours dans son cœur.
Mais ce n'est pas un homme.
C'est un enfant.
Et il impossible de revenir en arrière, car lentement, aux grés des conversations alors qu'elle observe ses futurs prétendants, elle se rend compte qu'ils n'ont pas sa blondeur, ses yeux vifs et son sourire enjôleur. Ils l'ont perdu il y a bien longtemps et, l'enfant qu'elle cherche en eux, n'existe plus.
Peter Pan restera toujours dans son cœur.
Mais elle n'est plus une enfant.
C'est une femme.
Et au fil des rencontres, c'est un tout autre visage qu'elle commence à percevoir. Un visage qu'elle croyait avoir oublié depuis bien longtemps, et qui, semble resurgir, tel un fantôme du passé. Alors que le monde l'observe, elle sait qu'il est là, la guettant dans l'ombre. Et par delà le brouhaha des compliments et des discussion frivoles, il lui semble parfois entendre sa voix qui murmure. Un écho, semblable à une prédiction funeste, et lorsque sa colonne vertébrale s'hérisse d'un frisson à l'entente de ces mots chuchotés à son oreille, elle ne sait si c'est de peur, ou bien d'une chose d'encore plus obscure...
Désormais seule dans sa chambre d'adulte, à l'abri des regards de ses frères et de ses parents, c'est presque avec désespoir, que le soir avant de rejoindre son lit, elle ouvre sa fenêtre, et qu'appuyant son corps mince sur la rambarde, elle scrute avec avidité le ciel. Une avidité désespérée, semblable à celle de l'homme assoiffé qui erre dans le désert, à la recherche d'une oasis salvatrice. Elle le cherche.
Elle a tant besoin de lui. Pour se rassurer. Pour nier l'évidence, qui apparaît peu à peu au fond d'elle. Cette effroyable vérité, aube d'une nouvelle étape de sa vie, si terrifiante. Un secret jalousement gardé qu'elle n'ose encore regarder en face. Qu'elle étouffe au plus profond d'elle. Jamais le monde des adultes, et ce en dépit des paroles rassurantes de Mrs Darling, qui sait par expérience, ne lui avait paru si hostile, si effrayant.
Tous ces hommes qui tournent autour d'elle, semblables aux prédateurs encerclant leur proies, la rendant si frêle et si fragile. Une petite fille dans le corps d'une femme. Un chaton effrayé, que le temps et la patience rendent peu à peu docile. Par l'amitié et la tendresse, la rose s'épanouit lentement. Et dans sa poitrine, son cœur commence à plus savoir pour qui battre. Le souvenir d'un passé incertain? Ou cet avenir qui ne dessine peu à peu devant elle, dans laquelle figure cette ombre, comme tout droit sortit d'un rêve. Et qui n'est pas là par hasard.
Car Peter Pan l'avait peut être vaincu, mais dans l'obscurité, elle savait qu'il avait attendu son heure.
Si l'enfant est immortel, l'homme est aussi. Ils sont les deux faces d'une même pièce. L'un sans l'autre n'existe pas. Pas plus que ce monde et celui du Pays Imaginaire. S'il avait été oublié par tous, le contraire n'était pas exacte. Attendant d'être de nouveau tiré des ténèbres de l'oubli. Une braise sous la cendre qu'un souffle léger pouvait ranimé. Et c'est son cœur à elle qui l'avait appelé, avant même qu'elle ne s'en aperçoive. Du plus profond de ses rêves. Cherchant de manière inconsciente, parmi toute cette masse masculine, à défaut de ne trouver l'enfant, l'homme. Cherchant dans leur regards cet éclat particulier qu'elle avait perçu chez lui. Cette froideur. Cette intensité.
Elle l'avait tiré d'entre les morts. Désormais, James Crochet était de retour. Non plus pour Peter Pan. Mais pour elle.
James Crochet et son regard perçant, qui l'avait envoûté lorsqu'elle l'avait observé, à l'abri derrière son rochet. James Crochet et ses longues boucles brunes, soyeuses dans lesquelles elle aurait volontiers enroulé ses doigts si à l'époque elle n'avait pas été une fillette et s'ils n'avaient pas été pas ennemis. Ses lèvres fines lui frôlant la tempe, tandis que son crochet menaçait de l'égorger alors qu'il parlait devant son équipage, l'exhibant tel un objet de désir et de victoire.
Et oh combien ses joues devenaient écarlates, lorsqu'elle y repensait. A ses lèvres sensuelles, à quelques centimètres des siennes et à ce regard myosotis. Son corps mince et athlétique, qu'elle imaginait dans ses rêves, plaqué contre le sien, comme des années en arrières, menaçant de lui trancher la gorge. De lui arracher le cœur, non plus pour battre Peter Pan, mais pour abattre ses résistances à elle.
Et dans son sommeil, elle ne pouvait s'empêcher de frissonner, en proie une douce agitation, révélant son cœur dangereusement ballotté, au grès des tumultes de son inconscient, ouvert et si vulnérable. Ce trouble qu'elle niait avec les dernières miettes de son cœur d'enfant. Qu'elle refusait de voir et qu'elle cherchait à fuir.
Un combat perdu d'avance, lui chuchotait la voix, qui moqueuse, semblait rire parfois dans la nuit de ses piètres tentatives à lui échapper. A le repousser toujours plus loin, et à lui refuser cette place qui lui revient désormais de droit.
Il n'y a qu'un. Et c'est Peter, répondait-elle en défense. Et qu'importe si je change change…
Qu'importe si elle grandissait. Si elle était femme. Qu'importe les larmes amères qui glissaient sur ses joues. Perles d'amertume d'une enfance révolue et désormais perdue. Uniques témoins d'un amour d'enfance piétiné, rangé au fond d'un tiroir, qu'elle ne pourra plus que contempler tard le soir. Et comme son père, y renoncer. Se résoudre à refermer le tiroir. Mais jamais la fenêtre.
Elle avait promit.
Et ça, pas même son sourire sarcastique, et de ses yeux bleu perçant qu'elle discernait entre ses paupières entrouvertes, sur le point de sombrer à nouveau dans les bras de Morphée. En de ses boucles de jais, qui lui caressait le visage et sa voix grave, qui lui arrachait un frisson. Qui murmurait à son oreille, ces mots qu'elle refusait toujours d'entendre.
Petite et précieuse Wendy. Qui grandit. Qui devient femme et qui sera bientôt à moi...
Jusqu'à l'inéluctable...
