Bonjour à tous, je suis contente de vous retrouver pour ce nouveau chapitre ! Vraiment merci de toutes vos reviews :)
Merci aussi aux anonymes : Guest, Everfew, et lilie.
Aujourd'hui, un nouveau chapitre très sombre. Encore une fois je le répète, cette fanfic est de rating T/M, les propos seront violents, dans ce chapitre particulièrement et dans les autres aussi.
Je tiens à remercier particulièrement Peacecraft31, ma bêta reader qui m'a encouragée à continuer cette histoire ! Tu gères.
Disclaimer : JK Rowling possède son histoire, je n'ai pas de droit sur ses personnages.
Bonne lecture !
Tu sais, parfois ce sont les personnes que l'on imagine capables de rien qui font des choses que personne n'aurait pu imaginer.
-IMITATION GAME
Tout sembla tournoyer pendant quelques minutes. Plusieurs scènes passèrent, fondirent, se fragmentèrent puis enfin l'une d'entre elle se stabilisa sous leurs yeux.
L'été commençait. Il faisait chaud. Cela se voyait à la figure rougie de Lily Potter qui assise sur un fauteuil s'éventait avec des parchemins. C'était une Lily Potter avec une vraie expression sur le visage. L'étincelle de vie ne l'avait pas encore désertée.
L'on était en juillet d'après le calendrier posé sur une étagère. En pleines vacances d'été, la jeune fille s'échinait en transpirant, à faire ses devoirs. Activité de n'importe quelle adolescente en cette période de l'année.
Le 12 square Grimmauld semblait transpirer autant que la petite rousse et il semblait que la matinée n'avait pas encore été complètement entamée. La jeune fille referma d'un coup sec le livre dont elle était en train de noter les références et recommença à s'éventer.
—Li ? Tu as fini ta valise ?
—Oui m'man.
Ginny Potter sourit à sa fille, puis avisa le livre juste refermé.
—Tu avais promis de finir ton devoir de métamorphose avant notre départ…
—Je sais m'man. J'ai pris un peu de retard. Je finirais ça quand on reviendra de chez Onc' Charlie.
—J'espère bien. Maintenant excuse-moi, ma chérie, je vais aller un peu secouer Al' et ton père. Boucler deux valises n'est pas si sorcier ! Tu sais que je déteste arriver en retard.
—Il semble qu'avec P'pa et Al, la ponctualité et l'organisation ne soient pas toujours de mise, fit la jeune fille en s'étirant.
Sa mère quitta la bibliothèque et la rousse quitta son fauteuil et se rendit dans sa chambre pour récupérer sa valise posée sur le lit fait. Elle la redescendit à la cuisine, en faisant butter sur chaque marche de l'escalier son chargement. À tout juste seize ans, utiliser la magie en dehors de Poudlard était exclu. Dommage semblait-elle songer, en transpirant encore plus à cause de cet effort.
En haut la voix reconnaissable de son père et d'Albus encouragés à aller plus vite, par Ginny se faisait entendre. Et ce que l'on ne manquait pas de noter était l'aspect tout à fait particulier que prenaient les encouragements de Ginny Potter. Lily sauta sur un tabouret de la cuisine et se servit un verre d'eau fraiche qu'elle engloutit avant de se resservir.
Ils allaient passer le mois chez l'Oncle Charlie en Roumanie. Un mois entier chez l'oncle favori de la jeune fille. Elle tremblait d'excitation. Bien sûr Albus et son père ne comptaient pas rester durant tout un mois avec eux, mais cela était déjà prévu. Harry ne pouvait décemment pas quitter son poste de Chef de la Brigade d'Auror pendant un temps aussi long. Quant à Albus, il comptait voyager, ses études désormais finies, pour découvrir un peu plus le monde sorcier avant de chercher un emploi.
La rousse avisa les notes d' ASPICs de son grand frère posées sur le comptoir. Elle déplia le papier. Une ribambelle d'Optimal et d'Efforts Exceptionnels se suivaient et différaient bien de ses propres notes de BUSEs.
Lily était une élève moyenne. Albus était un génie d'après beaucoup de personnes à Poudlard, comme s'il avait hérité des capacités exceptionnelles de celui dont il tenait le nom. Elle, elle n'était que moyenne. Quant à James…
Non, il ne valait mieux pas penser à James.
—Maman ? Vous avez fini avec les valises ?
—Demande donc à ton frère. Albus ! N'espère pas t'échapper ! Qu'est-ce que tu as l'intention d'emmener dans ce sac ?
Lily sourit légèrement en se contentant d'écouter sa mère incriminer son frère.
—Mais quel âge as-tu Albus Severus Potter pour que je sois toujours en train de repasser derrière toi ?
Le bruit caractéristique du transplanage de l'elfe de maison se fit entendre derrière Lily qui n'y prit pas garde. Loodo partait toujours chercher le lait à cette heure. Il irait pendant les vacances chez Tante Hermione et Onc' Ron.
Seulement ce n'était pas plus le bruit de Loodo en train de s'agiter qu'elle entendait, mais le bruit de pas sur le parquet usé. Des bruits de pas indubitablement humain.
Elle se retourna.
—Bonjour Lily.
Devant elle, se dressaient désormais les silhouettes de deux grands hommes taciturnes et surtout celle d'une vieille femme que la rousse connaissait bien. Petite et dodue, la petite vieille femme arborait sous un collier de rides un rictus qu'elle n'avait jamais vu.
—P-professeur Gutters ? Que faites-vous ici ?
Les deux hommes tenaient l'elfe par le bras et Lily comprit en voyant le regard étrange de son professeur que quelque chose clochait. Les deux hommes souriaient de cette façon bizarroïde et inquiétante qu'avaient les criminels sur les avis de recherche. Oui… quelque chose n'allait pas.
—Tu aimerais le savoir n'est-ce pas mon enfant ? Ma tendre enfant… Avada Kedavra.
Cela avait été chuchoté, et l'elfe tomba mort à leurs pieds. Les entrailles de la jeune fille se glacèrent.
Lily sauta sur ses pieds et commença à reculer. Le Professeur Gutters avançait avec une vitalité insoupçonnée sur ses petites jambes de vieillarde cachées par un jupon noir. Bientôt la rousse fut coincée contre la cage d'escalier, incapable de parler.
—Lily à qui parles-tu ?
Ginny sortait la tête de l'étage d'au-dessus. Elle écarquilla les yeux, surprise en constatant la présence de la vieille femme et des deux autres hommes.
—Qu'est-ce que…
—Incarcerem ! lança aussitôt l'un d'eux.
La femme vit le sort venir et se baissa juste à temps tandis que le trait de lumière fusa pour s'éclater derrière elle contre le mur. Elle roula dans l'escalier en se saisissant de sa baguette. Alors que Lily saisissait sa baguette dans sa poche, le coup de poing violent d'un des intrus la fit basculer plus loin, elle se cogna la tête contre le coin du mur et se sentit partir.
—Lily va te cacher !
Mais elle ne put rien faire. Sa vision se troubla au point que ce fut de manière floue qu'elle vit sa mère commencer à échanger des sorts de plus en plus rapides contre Gutters et ses acolytes. Enfin son père descendit à son tour suivit d'Albus, baguette sortie.
Harry Potter resta une longue, seconde figé en reconnaissant la respectable professeure Gutters, qui si douce, montrait un visage déformé par une joie meurtrière. Il la visa tandis qu'Albus fut tout simplement bloqué.
—P-professeur Gutters, arrêtez !
—Surprit le rejeton Potter ? Si tu savais depuis combien de temps j'attend ce moment.
—Papa ! Elle est ensorcelée !
—Non ! C'était un piège ! Elle t'a manipulé Al ! hurla Ginny à son fils. Elle s'est infiltrée ici pour nous faire du mal ! Chauve-Furie !
Il tomba sur le côté en hurlant quand un sort lui toucha l'épaule. À l'autre bout de la cuisine la porte explosa comme si la situation ne pouvait pas être pire, et plusieurs autres hommes habillés de noirs pénétrèrent dans l'habitacle en enjambant le corps de l'elfe de maison.
—J'ignore quel est exactement votre but Gutters ! Mais vous ne toucherez pas à ma famille !
Un puissant sort de sa part projeta quatre sorciers contre la table du salon qui explosa, pourtant déjà plusieurs se relevaient baguette brandie et le court avantage qu'ils avaient obtenus se contrebalança malgré les efforts conjugués d'Albus et leur mère complètement survoltés.
—C'est la fin Potter, éclata de rire la vieillarde en faisant flamber un mur d'un jet puissant. J'ai attendu trop d'années pour te voir mourir !
Leur père qui semblait avoir été déstabilisé quelques minuscules instants, vit son regard changer, comme si toutes ses années de la Grande Guerre, et celles à travailler au bureau des Aurors l'avaient forgé pour cet instant précis.
—Gin' envoie un patronus aux autres ! Albus, je vais te créer une ouverture… quelques secondes, dépêche-toi va chercher ta sœur et courrez dans la cave vous abriter !
—P'pa !
—Fais-ce que je te dis ! Protego ! Stupefix !
Albus se releva en tenant son bras et sauta par dessus la balustrade de l'escalier pour atterrir non loin de Lily toujours à moitié dans les vapes. La scène était si trouble pour elle ! Pourtant, elle se souviendrait toute sa vie des minutes suivantes.
Alors qu'il commençait à la remettre sur pied en expulsant un de leurs assaillants, sa mère échangeait et repoussait plusieurs sorts offensifs en tentant de créer un patronus. La protection qu'offrait Harry était largement suffisante pour lui permettre d'arriver à faire apparaître le cheval argenté qui la caractérisait. Elle repoussa une autre attaque qui la fit rouler un peu plus loin et leva alors sa baguette prestement. Seulement, elle n'avait pas remarqué qu'elle était sortie de la protection de son mari.
—Avada Kedavra ! hurla Gutters aussitôt.
Lily, Albus et Harry virent le rayon vert atteindre Ginny violemment en plein dans la poitrine. Ce fut avec une lenteur insolente qu'elle retomba au sol comme une poupée désarticulée, le visage marqué par une expression d'intense surprise.
…
…
Tout sembla se suspendre.
…
Elle était morte. La froideur de la vérité vint embrasser de plein fouet Lily qui hurla.
—Mamaaaan !
Les oreilles de Lily se mirent à bourdonner pour nier ce que ses yeux lui montraient, les yeux vides et marrons de Ginny Potter la fixant. Que s'était-il passé ? Comment cela avait-il commencé ? Elle ne savait pas. Albus la laissa sur le côté, empli de haine et d'adrénaline. Quelque chose sembla se briser en Lily, là où surgit une incommensurable colère chez Albus et Harry. La rage. La haine, elle assaillit père et fils d'un coup d'un seul. Le plus jeune fonça, les yeux baignés de larmes. Sa mère était morte. Morte. Et il ne laisserait pas ça impuni.
—Reducto ! Reducto ! hurla-t-il par deux fois sur deux assaillants qui tombèrent à leur tour. JE VOUS HAIS !
—Albus ne t'en mêle pas tu m'entends ?! Fuyez maintenant ! Il faut protéger ta sœur ! Protego ! Expelliarmus !
—P-Pas question ! Locomotor Mortis ! Vous allez payer, je le jure !
—Vous n'avez pas bientôt fini ? grimaça l'un des hommes. Dégage moucheron ! Seul ton père nous intéresse ! Repulso ! cria-t-il vers Albus.
—Non ! Ne touche pas aux morveux pour le moment ! Ils ne servent à rien ! hurla Gutters.
—Fuyez ! Lily je t'ordonne de fuir ! Tu m'entends ! Emmène ton frère ! l'apostropha leur père en déviant plusieurs sorts et assommant leurs expéditeurs.
Sa façon de graduellement descendre les marches de l'escalier témoignait d'une volonté de se rapprocher d'eux, pour les protéger, comme il n'avait pu le faire pour Ginny. La colère était bien là, la rage et l'impuissance de n'avoir pu protéger sa femme. Il sauverait ses enfants. Un jais fusa de sa baguette et assomma violemment trois hommes alors qu'il en évitait deux autres. Dans ses yeux verts, brillait une ténacité féroce. Mais cela était vain, leurs assaillants ne s'intéressaient qu'à peine à Albus et Lily, seul leur père retenait leur attention.
L'un d'entre eux lança un sortilège d'Entrave sur Albus pour la forme, puis le catapulta plus loin et ne prit même pas la peine de regarder Lily absolument figée. Ils allaient le tuer, se dit-elle. Ils devaient être à dix contre un… Ils allaient le tuer. Comme ils avaient tué leur mère, puis ensuite, ils les tueraient tous les deux.
Mais elle n'arrivait à rien faire.
D'un sort, l'escalier explosa et leur père fut éjecté. La scène qui suivit se déroula épouvantablement vite. Un trait de lumière atteint Harry à l'épaule et le fit s'écraser contre les débris de l'escalier à l'avant dernière marche. Et là, il ne bougea plus.
Lily mit quelques secondes à voir le sang qui s'écoulait en bas des marches. Elle mit plus de temps à comprendre qu'un long morceau de bois dépassait de l'estomac de leur père et qu'il avait été tout simplement empalé par sa chute. La jeune fille ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais la nausée lui vint à la place. La vieille Gutters et leurs assaillants semblèrent pour la première fois, figés, choqués. N'était-ce pas ce qu'ils voulaient ?
À ses côtés, Albus était pris de tremblements sans que ce ne soit dû à un sortilège. Pourquoi étaient-ils figés ? Pourquoi n'arrivaient-ils plus à bouger ?
—Récupérez vite le sang ! Faites bouillir une marmite, dépêchez-vous ! Pour le sort, il nous faut son sang alors qu'il est encore vivant ! Sinon l'incantation ne pourra fonctionner !
Plusieurs hommes semblèrent quitter leur hébétude.
—F-fuyez… la cave… restez-y…
Harry Potter essaya de se relever, il lutta contre la douleur, contre la mort en tremblant. Pour ses enfants. Pour leur vie. Car c'était ce qu'il lui restait. Mais il retomba dans un bruit poisseux et abominable. Ainsi mourut le héros d'une génération. Baignant dans son sang.
Albus réagit comme ils auraient dû le faire depuis le début, il saisit violemment la main de sa sœur et la tira derrière lui.
—Le sang des gosses ! Ils portent son sang ! Attrapez les gosses ! Ça peut peut-être fonctionner ! éclata Gutters.
Un sort fusa proche de l'oreille de la rousse alors que son grand frère courait avec elle, vers le refuge indiqué. La cheminée ? Impossible. La porte ? Inapprochable. Seule la cave pouvait encore les sauver. Le couloir sombre, sinueux et étroit leur permit d'échapper à plusieurs sorts qui firent exploser des débris de murs. Ils s'engouffrèrent dans la salle et fermèrent derrière eux.
—On… on est en sécurité… Papa, Maman et Tante Mione ont mit des sorts des tonnes de sorts… Au cas où… On ne risque plus rien.
Il avait l'air de se persuader lui même. Lily vomit. Une bile sèche prit sa gorge et elle tomba à genoux en tremblant.
—Ne parle pas. Ne parle pas !
—Sortez de là les gosses ! hurlait une voix grave. On va faire péter la porte, sortez maintenant. On a juste besoin d'un peu du sang de votre putain de père. Tendez le bras et ce sera fini.
Un bruit d'explosion les fit tout deux sursauter, puis un autre, puis encore un autre. Une dizaine d'explosions se firent entendre, mais la porte de la cave ne céda pas. Albus s'approcha de sa sœur et la ramena près de lui, dans un coin sombre. Ils étaient provisoirement sains et saufs. Pour combien de temps, ils n'auraient su le dire. Allaient-ils s'en sortir ? Ils en doutaient aussi.
Et une longue attente commença.
…
La chaleur écrasa rapidement les deux adolescents. La chaufferie magique ronronnait toute l'année pour fournir l'énergie d'alimenter la maisonnée, et la mince cloison entre cave et la salle de la chaufferie avait été depuis des années abattue. L'été qui faisait suinter les murs n'aidant pas Lily avait chaud, horriblement chaud, Albus aussi. Ils transpiraient et une reconnaissable sueur froide de peur se mêlait au reste. La porte ne cessait de recevoir de multiples sorts et à chaque coup, leurs entrailles se glaçaient pour contrarier le reste de leur corps bouillant. Une odeur de vomi traînait dans l'air, le rendant insupportable pourtant ni Albus, ni Lily ne voulaient bouger.
Ils ne le pouvaient pas à cet instant précis. Lily colla sa tête trempée contre le torse de son frère, totalement désorientée. Depuis combien de temps étaient-ils là ? Des heures sans doute. Leur langue était si sèche que respirer devenait désormais aussi douloureux que nauséabond. Ce qui s'était brisé chez Lily ne s'était pas réparé. Le silence qu'elle supportait depuis des heures semblait-il, avait creusé de profonds sillons en elle et elle aurait été pratiquement incapable de dire son prénom.
—On va m-m-mourir… On va t-t-tous les d-d-deux mourir. Mourir !
—Quelqu'un va forcément venir, tenta-t-il de se persuader.
—N-N-Non ! On est censé être absents pour un mois ! Il f-f-faudra au moins deux semaines… deux longues semaines pour q-que l'absence de Papa soit remarquée à son bureau… Elle ét-t-ait au courant… T-t-tu as d-dit à cette m-m-malade q-qu'on partait, n'est-ce p—pas ? P-P-Personne ne viendra. Personne. On va mourir ici. Tués, ou morts de soif, de faim ou que sais-je encore ? On va mourir ! Je ne veux pas mourir !
Elle s'agrippa fermement à la chemise de son frère en menaçant de sombrer. Ses yeux roulèrent dans leurs orbites comme fous. Albus ne semblait savoir que faire face à cette détresse quand la sienne était déjà si grande. Il ne pouvait pas lâcher maintenant.
—Calme-toi Li' !
—Que… Que je me calme ? Notre ancienne prof d'Enchantements vient de tuer Maman et Papa. Ils veulent faire quelque chose avec son sang, notre sang. De la Magie Noire ? hurla-t-elle totalement hystérique. On va mourir ! On va mourir ! Mourir !
Lily commença à frapper le torse de son frère, en hurlant aussi fort que les hommes à l'extérieur de la cave.
—Lily calme-toi, tu fais une crise de panique ! Calme-toi ! Je t'en supplie calme-toi.
—Non ! Je ne veux pas mourir… maman… papa… ils sont morts… Il y a que James qui va survivre à tout ça… et le pire que c'est parce qu'il ne voulait plus faire partie de la famille ! sanglota-t-elle. Je ne veux pas mourir !
Albus saisit ses mains pour l'empêcher de continuer, puis la gifla.
—Arrête ! Regarde-moi ! fit le brun en saisissant son visage. Est-ce que tu me regardes ? Est-ce que tu me vois ? … Papa et Maman viennent de mourir devant nous. C'est un fait. On va peut-être mourir, voir sûrement à notre tour. Je suis là pour l'instant, j'ai été là avant pour toi et je serais là pour toi si l'on s'en sort. Je t'aime Lily, t'es ma sœur. On peut s'en sortir, mais pour ça et ne pas se faire tuer par ces tarés, j'ai besoin de toi.
Dehors, après des heures d'explosions, on leur offrit enfin un répit. Des bruits de pas s'éloignant se firent entendre.
—Tu comprends ce que je te dis ?
—…
Lily s'était tue et respirait à grande goulée les yeux fixés sur son frère dans une expression étonnée, comme si elle venait de le rencontrer.
—On va s'en sortir. Tu m'entends ?! fit-il en lui caressant sa tête trempée de sueur. J'ai besoin de toi. J'ai peut-être un plan, mais il me faut ton aide. Ne reste plus figée. Prends ta baguette et bats-toi. Tu m'entends ? Bats-toi cette fois au moins dans ta vie ! On doit s'en sortir !
—Un… un plan ?
—Ils sont partis. Ils veulent qu'on sorte, c'est évident. Et on va sortir. Il faut que tu sortes la première pour les attirer. Je vais me désillusionner et les prendre par surprise.
—Je ne peux pas ! Il y a les corps de P'pa et M'man !
—Il ne faut pas que tu regardes, trembla Albus. Ne regarde pas. Je ferais pareil. Attire-les c'est tout ce que je te demande. Je suis là Li'.
—Toujours là ?
Il lui embrassa le haut du crâne et l'incita à se lever. Il fallut s'y prendre à deux fois, mais une fois debout, il esquissa ce qu'il y avait de plus proche du sourire :
—Toujours.
Lily déglutit. Elle ne voulait pas. Elle ne voulait pas mourir. Albus, se désillusionna, serra sa main poisseuse de transpiration puis entrouvrit la porte de la cave très doucement. Le couloir était sombre. Lily mourrait de peur. Elle ne voulait pas avancer, pas se jeter dans la gueule du loup. Les jambes tremblantes, la petite rousse dut s'y reprendre à deux fois pour monter les marches menant au corridor et commencer à longer les murs, baguette tendue. Bats-toi ou meurs. Oui c'était leur seule issue désormais.
Précautionneusement Lily avança sur les lattes branlantes. À chaque craquement, elle se sentit proche de mourir. Il y avait du bruit de cassure à l'étage. Nul doute qu'en guise de défouloir ils devaient « s'amuser » à détruire ce qui leur passait sous la main. Ces gens que Lily ne connaissait pas, l'horrifiaient. Les muscles tremblants, elle continua d'avancer sans rencontrer personne en sentant la présence rassurante d'Al' derrière elle.
…
—Je te vois, susurra une voix à son oreille.
Gutters.
Une nouvelle nausée prit Lily.
—EXPELLIARMUS ! hurla aussitôt Albus.
—Trop lent ! Je pensais t'avoir mieux formé, mollusque ! Tu mérites à peine un Acceptable pour ce sortilège de désillusion ! Où est donc le génie que tous ventaient ?
Elle projeta le brun contre le lustre du salon et saisit Lily par le bras. Le bruit attira l'attention des hommes qui revinrent. Le brun se mit à hurler en engageant un combat violent et désespéré.
—Bien, ma mignonne. À nous deux. Tu vas faire revenir le Seigneur des Ténèbres, soit immensément fière de cet honneur. Expelliarmus ! dit-elle ensuite pour la forme en avisant la baguette de la rousse.
Dans la cuisine bouillonnait un chaudron énorme. Gutters projeta Lily contre le plan de travail et elle s'écroula.
—Lily ! Bats-toi ! hurla son frère dans le salon.
Gutters lâcha un os dans la marmite.
—Que les ossements du père, donnés en toute ignorance, fassent renaître son fils !
Elle se coupa ensuite trois doigts et se mit à gémir. Lily écarquilla les yeux, horrifiée. Ses jambes tremblaient tellement qu'elle ne pouvait esquisser un geste devant ce carnage.
—Que…la …chair, du serviteur donnée volontairement fasse…
La porte qui n'avait pas été suffisamment défoncée explosa à nouveau et ce fut le faciès émacié de James que Lily reconnut à l'entrée. Une bouffée de joie l'envahit soudainement. Quand bien même fut-il blessé lui aussi, maigre, torse nu et choqué par ce qu'il voyait devant lui. Lily n'en avait cure. James était là. James allait les sauver.
—James !
—Toi ici ? Occupez-vous du dernier garçon ! Je dois finir le rituel !
Des larmes coulaient sur le visage d'Albus, James et Lily. Il n'y avait pas eu besoin de plus entre eux trois. Pas besoin de voir le sang, ou les corps. L'aîné aboya rudement avant de se transformer en imposant loup brun et il fonça vengeur vers les assassins de leurs parents, suivit d'Albus.
—Maintenant à nous deux, fit Gutters sanguinolente, écoeurante, persuadée de sa victoire en se penchant vers Lily une lame à la main.
—Lily bats-toi ! implora l'adolescent ! Bats-toi pour moi, pour Papa et Maman ! Ne la laisse pas finir ce sortilège ! J'ignore en quoi il consiste, mais il ne faut pas qu'elle l'achève !
James évitait les sorts et fonçait vers la gorge des cinq hommes qui restaient désormais encore debout.
Bats-toi.
Lily se mit à respirer bruyamment. Ce qui s'était brisé en elle, réagit et la brûla à un degré insoupçonné de douleur et même sans baguette elle se rua vers la vieille femme et son chaudron bouillonnant. Gutters fut si surprise de ce retournement qu'elle n'eut pas le temps de jeter un sortilège et que déjà les deux femmes s'effondraient en luttant l'une contre l'autre. La baguette roula entre elle et la pointe du couteau vint entailler le coude de Lily qui s'en moquait. Alors que le sang coulait contre sa peau, (le sien ou celui de Gutters ?) elle sut qu'il fallait qu'elle lutte, il fallait qu'elle gagne. Et elle vivrait. Sur le sol de la cuisine la rousse laboura de coups la sorcière en cherchant à lui faire lâcher le couteau. Dans toute cette violence, un médaillon s'arracha et resta entre les mains de Lily. La vieille s'égosilla. Sa jeunesse jouait en son avantage, mais abrutie de folie, l'autre n'avait pas dit son dernier mot.
—Dégage !
Un violent coup de poing à la mâchoire la repoussa et Gutters commençait à ramper vers le chaudron et elle s'y agrippa comme rescapée d'un naufrage.
—Le sang… de l'ennemi… prit de force…
Lily la vit tendre le couteau au dessus du chaudron et fonça à nouveau vers elle, et fit basculer la vieille femme et le contenu du récipient qui se déversa sur le sol de la cuisine du 12 Square Grimmauld.
—Noooooon, s'égosilla la vieillarde dans un cri larmoyant et guttural. Non ! IL doit revenir ! Il l'avait promis !
La pointe du couteau manqua d'éborgner Lily. Gutters avait dans le regard une aura tellement mauvaise qu'elle sut que son ambition était désormais de la tuer.
—Il reste ton mollusque de frère et le clébard ! Tu ne manqueras à personne petite garce !
—Sectusempra !
Gutters s'effondra. Lily s'empressa de se dégager et vit Albus les yeux larmoyants entre tristesse et haine pure, la baguette encore tendue vers son ancien professeur préféré. La sorcière se couvrait de sang. Son amati de rides s'était figé en une expression de douleur. Elle vit James Sirius Potter l'observer défiguré par la colère et la haine, Lily Luna vidée, Albus Severus Potter horrifié, puis ses acolytes au sol, et il transparut une étincelle dans son regard que les trois jeunes gens n'oublièrent jamais : la défaite.
Puis il y eut le silence.
Et enfin au bout de quelques secondes, un léger crépitement.
—Loodo ? Tout va bien ? Tu devais venir à la maison tu te souv…
Hermione Granger-Weasley se gela en découvrant un corps, puis celui de l'elfe de maison, puis un autre, puis celui de Ginny, puis celui d'Harry… et au milieu de ce carnage, couverts de sang, Lily, Albus et James se tenant par la main.
oOo
Hum, oui je conçois donc que cette entrée en scène est vraiment horrible. Plusieurs personnages mourront dans cette fanfiction.
Merci de votre lecture, j'ai vraiment hâte de vos retours !
Oh et j'aurais besoin de votre aide amis lecteurs :
ATTENTION : Dans le cadre d'un projet Théâtral n'ayant rien à voir avec la fanfiction, je cherche différentes versions du mythe de Peter Pan afin de l'adapter sur scène. Si vous connaissez quelques versions, suites, livres audio, pdf autre que la version Disney, je serais vraiment contente que vous me les fassiez partager par message privé. C'est un projet que mon groupe et moi avons très à coeur et je prends beaucoup sur moi, comme mes camarades pour que ce projet soit le plus réussi possible dans le peu de temps à notre disposition.
Alors si vous avez des informations, des propositions de pièces déjà jouées, des réécritures que vous avez lues, partagez les moi ce serait vraiment une grande aide !/
Love,
Hugs,
Reviews ?
La chauve souris requin transgénique
