Coucou à tous ! Désolée, j'ai mis du temps pour poster ce chapitre mais je n'étais pas très inspirée, et puis j'avais pas mal de travail pour l'école. Et puis le Bac est dans deux semaines, aussi. Donc résultat, ce chapitre est un peu plus court. Juste un peu.

Merci pour vos reviews, bevre, Rose d'Epine, Maryloup, Lady Rirly, Camomille Potter, Lilynx88, Lolie Lovegood et Lou Celestial ! Elles m'ont fait super plaisir ! Par contre du coup vous me mettez la pression, j'ai peur que vous n'aimiez plus autant ce chapitre. Perso je le trouve un peu moins bien, mais bon en même temps y a pas trop d'action, il installe le contexte. Bref, il est indispensable, quoi. Enfin vous verrez ) Sur ce, bonne lecture !

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Chapitre 2 : Je déteste Poudlard.

Je m'ennuie.

Ca fait au moins deux heures qu'on est partis, et je suis à court de distraction. Même changer la couleur de mes ongles à coup de baguette magique ne me fait plus envie.

Je jette un coup d'œil autour de moi.

James s'amuse à jeter et rattraper une petite balle dorée, l'air de s'embêter profondément.

Peter somnole.

Sirius lit. Il lit. C'est vous dire à quel point il n'a rien à faire.

Il va falloir ranimer tout ça, décidemment…

Je tousse pour attirer leur attention.

Peter se redresse, James arrêter de lancer sa balle et Sirius lève les yeux de son livre.

'Ce n'est pas que je n'adore pas votre compagnie, mais je m'ennuie à mort, là. Qui est partant pour…', je donne quelques coups de baguette dans l'air ce qui a l'effet de faire apparaître une petite malle argentée sur mes genoux, 'un POKER !'

Les trois garçons me fixent comme des idiots. Désespérant.

'J'oubliais, vous n'avez aucune culture. Le poker est un jeu de cartes. C'est le jeu de cartes. Je suis sûre que vous allez aimer.'

Ils semblent intrigués. Je leur explique les règles tout en préparant le jeu sur la valise de Peter que j'ai métamorphosée en table.

'Vous avez compris ?', je demande.

Ils acquiescent, mais je ne me fais pas d'illusion. Particulièrement en ce qui concerne Peter. Pour une raison inconnue, je suis persuadée que son cerveau ne dépasse pas la taille d'un petit pois.

'Bon, bah on va faire une partie pour du beurre, parce que je vous préviens, je suis imbattable, alors je vais essayer de ne pas vous plumer directement, quand même.', je continue.

Au bout de quelques minutes, j'ai – oh, surprise !- gagné. Peter a l'air de ne rien comprendre à ce qui lui arrive –étonnant-, James semble déstabilisé par le fait qu'il ait perdu à quelque chose, et Sirius est complètement fasciné.

Les heures passent et ils ne s'améliorent pas, au plus grand bonheur de mon porte-monnaie.

Je suis encore en train de célébrer une énième victoire quand la porte du compartiment s'ouvre.

Remus entre, l'air à bout de nerfs.

'Je hais les premières années et leur manie de courir dans tous les sens.', déclare-t-il.

Il pose les yeux sur la table.

'Je peux jouer ?'

'Tu connais ?', je demande, étonnée.

'Je suis imbattable.'

'Jane aussi, comme tu peux le voir.', déclare Sirius en faisant une tête de chien battu et en retournant les poches de son jean pour montrer à Remus à quel point elles sont vides.

'Enfin une adversaire à ma hauteur !'

Il s'installe en face de moi et me sourit.

Je rougis.

Je rougis ! Je ne rougis jamais !

Je détourne les yeux. La partie s'annonce difficile.

Remus fait le dealer. Il mélange les cartes comme dans les films américains. Malgré toute ma bonne volonté, je ne peux m'empêcher de lui jeter un regard admiratif.

Bientôt, il ne reste plus que Remus, Sirius et moi en course. Sirius est bizarrement devenu bien plus doué tout à coup, mais Peter et James sont restés irrécupérables.

Sirius enchaîne les victoires. Soit je suis une prof exceptionnelle - je n'en doute pas - soit il est en train de tricher - je n'en doute malheureusement pas non plus.

J'observe Sirius avec attention. Des petites étincelles surgissent de temps à autres près de lui, sous la table.

Ok, je suis une prof pitoyable et Sirius est en train de tricher.

Je regarde Remus. Il est lui aussi en train de fixer Sirius.

'Sirius ?'

Il relève la tête de son jeu de cartes.

'Jane ?', me répond-il en me lançant son magnifique sourire à tomber comme s'il pensait que ça me ferait oublier qu'il triche.

'Ca te dérangerais d'être un peu plus discret quand tu triche ? Tu nous déconcentre, là.'

Sirius éclate de rire.

'J'aurais essayé, au moins.'

Je lève les yeux au ciel et dépose mes cartes sur la table.

'Bon, ça n'a plus de sens qu'on continue, s'il trichait depuis le début…', dis-je.

'Donc tu déclare forfait.', constate Remus.

Je lui lance un regard meurtrier.

'Jamais.', j'affirme en reprenant mes cartes.

Non mais. Pour qui il me prend.

La tension monte. Remus est vraiment fort. Il m'intrigue, je me demande où il a appris à jouer comme ça.

J'enchaîne les coups de génie et les victoires – je sais, je sais, je suis géniale – mais je dois avouer qu'il me donne du fil à retordre.

Je suis en train de gagner. Puis Remus est en train de gagner. Puis moi. Puis Remus. Puis moi. Puis Remus. Puis moi.

'Bon, vous finissez ou quoi ?'

Je lance un regard meurtrier à cet idiot impatient de Peter.

La partie continue. Encore. Et encore. J'ai des crampes aux mains. J'ai mal au dos. J'en ai marre. Remus à l'air dans la même situation.

'Bon, il commence à faire nuit, là. On vous déclare à égalité ?', propose James.

J'hésite. C'est un bon compromis, mais je ne partage rien. Sûrement pas la victoire.

Une douleur insupportable dans le cou me fait changer d'avis.

'Mouais. Pourquoi pas…'

Remus me tend la main. Je la serre. Des frissons parcourent ma pauvre colonne vertébrale endolorie.

'Je vous déclare officiellement également intelligent !', déclare James.

'Je ne pensais pas que quelqu'un pouvait être aussi intelligent que Remus.', ajoute Sirius.

'Tu exagère, Sirius…', commente Remus.

'Non. Tu es le premier de la classe, tu n'as jamais perdu aux échecs, ni aux dames magiques, ni aux cartes, ni…tu n'as jamais perdu à rien quoi. Tu es un mystère pour la science.'

Tiens. Intéressant. J'aimerais bien montrer à tout le monde que je suis plus intelligente que Remus – personne n'est plus intelligent que moi, enfin ! – histoire de m'amuser un petit peu.

'Mais ça, c'était avant que j'arrive…', je déclare avec un clin d'œil.

Je suis soudain très gênée par le fait d'être assise en face de Remus. Ses beaux yeux caramel sont fixés sur moi – quelle discrétion – et dès que je croise son regard, il me sourit timidement.

Oui, ça me donne des frissons, et oui, mes mains commencent peu à peu à trembler, mais non, je ne laisserais pas faire ! M'enfin, j'ai un petit-ami ! Non mais.

Et puis Remus n'est vraiment pas mon genre.

Bon, peut-être un peu.

Je me lève et vais m'adosser à la porte regarder le paysage défiler par la fenêtre – enfin plutôt fixer un point dans le vide et me dire que je déteste les voyages en train.

La porte s'ouvre, et je tombe en arrière en criant de surprise. Lily a le bon réflexe de s'écarter pour que je m'éclate la tête par terre sans rien pour me retenir.

Sirius m'aide à me relever en essayant de camoufler son rire.

'Désolée.', me dit Lily sur un ton qui m'indique tout de suite qu'elle n'est pas désolée du tout. Quelle sadique.

'Remus, on doit contrôler le couloir.', continue-t-elle.

L'interpelé la suit sans protester.

Je passe le reste du voyage collée à Sirius pour oublier Remus. Peter se contente quant à lui de s'empiffrer de je ne sais quelles sucreries vendues par une sorcière avec un chariot.

'Si tu continue comme ça, tu ne rentreras plus dans ton uniforme avant la fin de la semaine.', dis-je en me décollant quelques secondes des lèvres de Sirius.

'En parlant d'uniforme. Il faut qu'on se change, on est en train d'arriver.', rajoute James.

Je m'enferme dans les toilettes pour me changer – il n'y a même pas de vestiaires, franchement, c'est quoi ce train ?

Mon esprit commence à divaguer vers un territoire dangereux : Remus et son beau sourire.

Pouf !

Paf !

'Jane, Jane, Jane. Tu les veux tous, décidemment…'

'Jane ! Tu as un petit-ami – que je n'approuve absolument pas d'ailleurs, mais là n'est pas la question. N'as-tu pas un minimum de conscience ?', s'insurge Jane-ange.

'Oh, ça va, elle va pas s'enfermer dans un couvent non plus…'

'Ce n'est pas une raison pour…tromper…son petit ami !', continue Jane-ange avec dégoût.

Je ne trompe personne espèce d'idiote ! Remus est un maigrichon avec une couleur d'yeux intéressante et qui m'intrigue par ses aptitudes au poker, c'est tout ! Maintenant si vous permettez, j'ai autre chose à faire !

Je m'examine dans le miroir. Cette…chose ne ressemble à rien. Je porte un pull bleu marine avec l'insigne de Poudlard par-dessus une chemise blanche complètement banale, une jupe plissée bleu marine qui malgré tous mes efforts pour la rendre plus courte ne m'arrive que quelques centimètres au-dessus du genou, des bas gris et des mocassins. C'est tout ce qu'il y a de moins original et de plus ennuyeux. Oh et, j'oubliais, j'ai une cravate noire. Magnifique.

Bref, je hais, hais, hais les uniformes.

Je sors ma baguette pour tenter de rattraper les dégâts causés par l'incroyable mauvais goût du créateur de cette tenue.

'Rosifix !'

Rien.

'Stylius !'

Toujours rien.

'Beautyfix ?'

Encore rien.

La magie ne m'aidera pas, apparemment.

Je retourne au compartiment, résignée. J'ouvre la porte sans toquer.

Les garçons n'ont vraisemblablement pas finit de se changer… James, Sirius, et, malheureusement, Peter, se tiennent torse nu devant moi.

C'est un spectacle très intéressant, je me dois de l'admettre.

'Euh, excusez-moi !', je leur dit sans le penser un seul instant tout en essayant de ne surtout pas regarder Peter.

'Jane ? Qu'est-ce qui…se...passe…ici…', me demande Lily en s'arrêtant devant la porte. Elle devient rouge comme une magnifique tomate pourrie et fixe James sans aucune discrétion.

Celui-ci a vite fait de s'en rendre compte et s'empresse de passer sa main dans ses cheveux en lui adressant son superbe sourire de catalogue.

'Evans. Tu n'as pas un couloir à patrouiller ?', lui demande-t-il.

'Je…ne…oui…non…'

'Ou alors préfèrerais-tu rester plantée là à fantasmer sur moi ?', continue-t-il avec un clin d'œil.

Lily semble se reprendre tout de suite.

'POTTER ! Je ne…Il faut que je parte !'

Elle tourne les talons, laissant les garçons morts de rire dans le compartiment.

Le train ralentit enfin. Il à l'air de faire déjà nuit dehors.

Nous sortons sur le perron, abandonnant nos bagages – dont mon pauvre petit Macaron - à l'intérieur.

Un genre de demi-géant extrêmement poilu se tient juste devant nous.

'Premières années ! Toutes les premières années ! Avec moi !', s'époumone-t-il.

'Viens, nous on y va en carrosse…', déclare Sirius en me prenant par la main.

Mmmm, un carrosse !

Le menton entre les mains, je soupire profondément. Tout le monde à l'air particulièrement déprimé par la rentrée.

Enfin, presque tout le monde.

Sirius me dévisage, un sourire machiavélique sur les lèvres.

'J'ai une idée !', s'exclame-t-il après quelques secondes, très enthousiaste, 'tu es peut-être aussi intelligente que Remus, mais il y a quelque chose que tu ne feras jamais aussi bien que moi…', continue-t-il.

Ah, Sirius, Sirius. Quelle naïveté. Franchement, je fais tout mieux que tout le monde. C'est bien connu.

'Ah oui ? Et quoi ?', je demande tout de même.

'Le bordel.'

Je le fixe sans trop comprendre.

'Le premier à faire assez de conneries pour se prendre une retenue peut faire faire un gage à l'autre.', continue-t-il, toujours aussi surexcité qu'un gamin de cinq ans devant un sapin de noël.

Ce qu'il peut-être immature, franchement.

Mais je n'ai jamais dit que j'étais mieux que lui.

Je serre la main qu'il me tend.

'Ok.'

Sirius enchaîne les petits sorts débiles, dont les cibles sont en général des élèves habillés en vert. Il en suspend quelques uns par la cheville dans les airs, c'est plutôt marrant.

Mais moi, je préfère frapper fort. Je suis déjà en train d'élaborer un plan dans mon esprit alors que les carrosses partent vers Poudlard.

Je descends et me retrouve en face d'un grand escalier. Le grand escalier mène à la réplique exacte du bâtiment qu'il y a sur la photo de ma mère.

Bon d'accord, il a peut-être un peu moins l'air de tomber en ruines. Un peu.

Juste devant les grandes portes en bois, il y a une femme aux lunettes rectangulaires portant un chignon. Elle a l'air très sympathique, avec ses lèvres pincées et ses yeux plissés.

En fait, je me rends compte que c'est moi qu'elle fixe. Je soutiens son regard en souriant.

Nous passons à côté d'elle.

'Professeur McGonagall ! Vous n'avez pas changé, toujours aussi…ravissante…', s'exclame Sirius en faisant une courbette.

Je ne peux m'empêcher d'éclater de rire.

'Mr. Black. J'espérais que vous aviez mûri pendant l'été. En vain, à ce que je vois. Et s'il-vous-plaît, enlevez-moi cette veste en cuir ridicule.'

'Je suis dans l'obligation de désobéir, malgré toute la peine que cela engendre. Je ne peux me séparer de ma seconde peau, comprenez-vous ?', répond Sirius.

Sa façon de parler me fait m'étouffer de rire à côté de lui.

McGonagall à l'air de vouloir m'égorger.

'Miss Kingsford, je présume ?'

J'approuve d'un signe de tête.

'Vous attendrez dans le Grand Hall et rentrerez après le passage des premières années. On viendra vous chercher. Oh, et Mr Black, si je ne vous vois pas en uniforme réglementaire dans la Grande Salle, vous aurez affaire à moi.'

Sirius ricane.

'Je pense qu'il est plutôt évident que je vais gagner, ma chère petite débutante. Je n'ai qu'à garder ma veste.'

'Oh, mais j'ai une bien meilleure idée, moi. Ca sera mémorable. Spectaculaire. Mieux, quoi.'

Il me regarde avec envie.

'Tu peux participer, bien sûr, à ce coup du siècle.', je continue. Sirius sourit, satisfait.

'A une condition. Je gagne, et tu reconnais que je suis bien plus rebelle que toi', je termine, souriant en voyant son visage se décomposer.

Mais quand je lui explique mon plan, il ne peut qu'accepter.

Pouf !

Paf !

Non ! Pas maintenant !

'NON ! NE FAIS PAS CA ESPECE D'INCONSCIENTE !'

'Je suis fière de toi, Jane', commente Jane-diable en ignorant Jane-ange.

Merci.

'J'en ai les larmes aux yeux…je n'ai plus rien à t'apprendre ! Ah !...', continue Jane-diable.

Bon, lâchez-moi, j'ai un plan à mettre en place et une école à impressionner, moi.

Nous nous cachons dans un recoin du Grand Hall et attendons que tout le monde rentre dans la Grande Salle. Nous émergeons alors de notre cachette et commençons à nous préparer.

J'enlève mon pull, déboutonne les premiers boutons et remonte les manches de ma chemise, et après de nombreux, nombreux efforts, j'arrive à raccourcir encore un peu ma jupe. J'enlève aussi mes bas et les cache dans un placard. Je détache mes cheveux et les ébouriffe et les décoiffe autant que je peux. Je sors ma petite trousse à maquillage et entreprends de me remaquiller, en mettant beaucoup, beaucoup plus de noir sur mes yeux que je ne le fais normalement.

A côté de moi, Sirius est en train de secouer la tête dans tous les sens – on dirait un chien mouillé, franchement. Mais je dois dire que l'effet est…très réussi. Ses cheveux partent un peu dans tous les sens, et ça lui va très bien. Il a sorti sa chemise de son pantalon et un peu dénoué sa cravate. Avec sa veste en cuir, il a vraiment l'air…rebelle.

Mais je n'ai pas le temps d'y réfléchir, je continue la préparation en faisant apparaître un haut-parleur au-dessus de nos têtes.

'Jane ? Tu peux y aller.'

J'ai un petit moment de choc. Un fantôme vient de me parler. Oh et puis, plus rien ne m'étonne…

Je lance un dernier regard à Sirius. Il me sourit de son fameux sourire machiavélique. D'un coup de baguette vers le haut-parleur, je l'allume et lui fais jouer un solo de guitare électrique bien bruyant et très rock.

Sirius passe son bras par-dessus mon épaule, et j'ouvre la porte. Quelques centaines de paires d'yeux sont fixées sur nous. Rien que ça. Je relève le menton, jette mes cheveux par-dessus mon épaule, et me colle un sourire moqueur sur le visage avant de commencer à déambuler vers l'autre bout de la salle au rythme endiablé de la musique, Sirius à mon côté.

Certains élèves – dont Lily-la-coincée - n'ont pas l'air très contents, mais la plupart sourient, rient, applaudissent, voire se lève et commencent à danser pour quelques uns.

Des adultes à une table en face de nous ont l'air plutôt furieux.

Tant pis.

Nous arrivons devant la table des adultes. La table des professeurs, j'imagine. Sirius se retourne vers moi et – ce qui n'était absolument pas dans le plan, mais quelle bonne initiative – commence à m'embrasser sans aucune retenue.

La musique devient de plus en plus forte. Apparemment, les professeurs sont trop choqués pour réagir.

De plus en plus d'élèves dansent ou chantent. Certains sont montés sur les tables.

Juste à côté de moi, un vieux chapeau est posé sur un tabouret. Sirius m'a expliqué qu'il allait falloir que je pose cette affreuse chose répugnante et pleine de puces sur mes pauvres cheveux délicats et brillants de propreté pour qu'il m'attribue à une maison.

Mais oui voyons. Un chapeau qui décide des classes. Logique.

Je soulève l'horrible objet poussiéreux à bout de bras, monte sur le tabouret, et commence à danser moi aussi. Avec une moue dégoutée, je m'enfonce le chapeau sur la tête.

Il rit. Le chapeau rit. Mais qu'est-ce que c'est que ce délire ? Peut-être qu'il y a un genre de rat fou dedans qui se nourrit de puces et de vers de terres qui a tendance à éclater d'un rire machiavélique de temps en temps ! Avec un cri, je balance le chapeau par terre.

Avant de toucher le sol, il se contente de crier 'GRYFFONDOR !' et de continuer à ricaner.

A ces mots, tous les élèves – enfin surtout ceux assis à une table à gauche et habillés en rouge et or – se lèvent et applaudissent, crient, chantent, dansent, secouent la tête dans tous les sens ou jouent sur une guitare électrique invisible. Voire tout ça en même temps.

Je lance un sourire triomphal à Sirius.

Nous avons officiellement réussi à semer le chaos après vingt minutes passées dans l'école.

Pour finir en beauté, je tourbillonne sur moi-même sur mon tabouret et m'arrête devant la table des professeurs, toujours assis là comme des idiots avec la bouche grande ouverte et les yeux écarquillés. Je saute de mon piédestal, leur envoie un sourire charmeur et effectue une magnifique révérence.

Devant tant d'insolence, les professeurs semblent enfin reprendre leurs esprits. Un nain décoiffé commence à envoyer des sortilèges un peu partout pour rétablir l'ordre et McGonagall s'approche de Sirius et moi, l'air furieuse.

'Mr Black ! Miss Kingsford ! Quel manque de respect !'

'Mais on a juste mis un peu d'animation…', proteste Sirius.

McGonagall étouffe un cri de rage.

'Retenue ! Tous les deux, toute la semaine, mon bureau, vingt heures !'

A sa plus grande surprise, Sirius et moi éclatons de rire et nous tapons dans la main à ces mots.

Quelques minutes plus tard, l'ordre est rétabli et Sirius et moi allons nous asseoir à la table de ma nouvelle maison, Gryffondor.

Ma cravate noire est devenue rouge et dorée.

Je me demande si c'est vraiment mieux.

Je jette un coup d'œil sur le reste de la salle. Tout le monde est encore en train de me regarder. Je souris.

Les professeurs semblent vouloir faire comme si je ne venais pas de révolutionner cette école de petits intellos parfaits.

D'ailleurs, il y a de l'agitation vers leur table. Un vieillard qui semble être un hippie, à en croire ses cheveux et sa barbe lui arrivant à la taille, ses lunettes ressemblant vaguement à celles de John Lennon ainsi que sa robe à fleur et ses nombreuses bagues, se lève et regarde la salle en souriant bêtement.

'A tous les nouveaux venus, bienvenue ! A tous les autres, bienvenue à nouveau ! Et bon appétit !'

Il se rassied.

'Utile.', je commente avec ironie.

'Dumbledore est…étrange.', m'explique Remus, que je n'avais pas remarqué.

'C'est le directeur ?', je demande.

Il hoche de la tête.

Génial. Bienvenue chez les fous. La meilleure école de sorcellerie d'Angleterre ? Un château en ruine dirigé par un soixante-huitard du troisième âge, bien sûr !

Les plats disposés devant nous se remplissent tout à coup. Tout le monde commence à se goinfrer. Surtout Peter, en fait.

Une fois les assiettes vides, Dumbledore-le-hippie se relève.

'Bon, maintenant que tous les estomacs sont pleins, je – ou plutôt Mr Rusard - tiens à vous rappeler que la forêt interdite est…interdite, comme son nom l'indique, mais ce que certains de nos élèves ne semblent tout de même pas avoir compris...', il fixe Sirius et James avec insistance avant de continuer, 'Je – ou plutôt Mr Rusard – vous rappelle aussi qu'il y a une liste de choses interdites à faire. Vous pouvez la consulter, mais je ne me fais pas d'illusions. Sur ce, bonne nuit !'

Les premières années et moi le regardons, surpris. Les autres ont plutôt l'air morts de rire.

Les autres Gryffondors et moi arrivons, après beaucoup, beaucoup de couloirs et d'escaliers, à un portrait représentant ce qui semble être une obèse légèrement alcoolique, une bouteille de vin à la main.

'Mot de passe ?', demande-t-elle à Lily, qui ouvre la marche.

'Pastille pour la gorge.'

Le portrait s'ouvre, dévoilant un trou dans le mur. Tout le monde grimpe à l'intérieur. Je me retrouve alors dans une salle circulaire, avec des tables, des fauteuils, et un feu. La plupart des gens partent vers des portes au fond, qui j'imagine mènent vers les chambres.

Personnellement, je choisis plutôt de m'affaler très élégamment dans un fauteuil près du feu. Les autres me rejoignent.

James sort une bouteille de derrière son fauteuil.

'POTTER ! RANGE-MOI CA TOUT DE SUITE !'

'Evans, il est neuf heures. Sois un ange et va te coucher, on a tous eu notre dose.', répond l'interpellé.

'Comment oses-tu ! Espèce de…de…', continue Lily.

Sans attendre sa réponse, James se lève et déclare à l'unisson, 'Qui est partant pour…UNE FETE DE RENTREE !'

Les cris de joie qui s'en suivent recouvrent les protestations provenant de la rabat-joie en chef, à savoir Lily.

Sirius, prenant les choses en main, se lève et de quelques coups de baguette magique insonorise la pièce, installe des décorations par-ci, par-là, dégage un espace au milieu de la salle, et fait apparaître une grande quantité de bouteilles très semblables à celle qui avait valu à James la rage de Lily.

Celle-ci continue de crier à tue-tête, menaçant tout le monde de punition en tout genre.

'Lily,', commence Sirius, 'Je n'ai pas envie d'avoir à te lancer un sort qui aurait comme conséquence de te faire avaler ta langue. Alors s'il-te-plaît, épargne-le moi.'

Elle le fixe un instant.

James s'approche et se penche vers elle.

'Allez, Lily-jolie, on sait tous que sous ce masque de chieuse se cache une adorable jeune fille qui rêve de se joindre à nous et de danser toute la nuit en buvant du Whiskey-pur-feu…', susurre-t-il à son oreille.

Lily lui lance un regard qu'elle veut méchant, mais je vois bien qu'elle se retient avec grande peine de se jeter sur lui et de l'embrasser. Après quelques secondes de réflexion, la partie de Lily que je préfère – celle qui avait envie de se jeter dans les bras de James tout à l'heure – lui fait lever les yeux au ciel et lancer un 'Oh et puis merde !' très élégant – mon Dieu ! Un gros mot sortant de la bouche de Lily-parfaite ! Sacrilège !

Elle s'assied dans un fauteuil, le dos bien droit et les mains croisées sur les genoux, l'air pas encore tout à fait convaincue par ce qu'elle est en train de laisser faire.

Remus s'assied à côté d'elle, vraisemblablement lui aussi résigné.

Sirius à carrément installé une petite scène avec des instruments dans un coin. Des gens commencent à jouer. Tout le monde danse, chante, applaudit, et surtout, boit beaucoup de ce qu'il y a dans les bouteilles sur les tables – du Whiskey ? Du feu ? Je ne sais pas.

Je vous préviens tout de suite, je ne supporte pas bien l'alcool. Pas bien du tout même.

Bref, après quelques verres, la salle commence à tanguer autour de moi et je n'arrive plus à aligner trois pas sur mes Prada compensées.

'SIRIUS !', je crie par-dessus le bruit de la musique.

'TU ME DOIS UN GAGE !', je continue de crier comme une malade, même s'il est maintenant à à peine quelques centimètres de moi.

Il n'a plus l'air dans son état normal non plus.

'JE SAAAAIS !', me répond-il sur le même volume sonore.

'TU DOIS TE BALADER TORSE NU TOUTE LA SOIREE ! ET JOUER UN MORCEAU LA !', j'ajoute en montrant la scène, 'MEME SI TU SAIS PAS JOUER !', je finis, morte de rire sans aucune raison apparente.

Bon d'accord, ce gage est pourri.

Mais je suis complètement bourrée. Et puis je pourrais revoir Sirius torse nu comme ça. L'épisode du train ne m'a pas suffit.

Sirius s'exécute.

Quelques instants plus tard, le plus beau mec de la Terre entière est en train de jouer de la guitare électrique en chantant – le tout fantastiquement bien, mon gage n'est plus du tout humiliant – tout en exhibant ses magnifiques abdos.

Et en plus, c'est mon petit-ami.

J'aime ma vie.

Je ne me rappelle plus de rien après ça, à par trébucher à un moment et m'écraser misérablement sur un fauteuil.

Le lendemain matin, le réveil est pour le moins difficile. Je me relève en me frottant le front, comme si cela allait atténuer mon effroyable mal de tête.

Je redescends tout à coup sur terre, et pousse un cri de surprise.

Quand je me suis affalée sur mon fauteuil, hier, il devait y avoir quelque chose qui le recouvrait.

Non, pas un plaid, non. Quelque chose avec une tête et des bras et à en croire mon sens du toucher.

Je me retourne en espérant de tout mon cœur ne pas avoir passé la nuit sur les genoux de Peter.

Ce n'est pas Peter. C'est bien pire. Le spectacle est tout de même assez comique. Le garçon a sa chemise déboutonnée et tient une bouteille d'alcool vide dans une main. Il dort, la bouche grande ouverte, et il sent le Whiskey comme Peter sent le chocolat.

Oh, et j'oubliais. C'est Remus. Bien sûr.

Après le choc initial, je me rends compte que ma chemise aussi est déboutonnée. Et que l'autre main de Remus, celle qui ne tient pas la bouteille, est posée sur ma taille.

Mon Dieu. Qu'est-ce que j'ai fais.

J'essaye de me relever sans réveiller personne – je ne tiens pas particulièrement à être vue dans cette position compromettante – quand ma main glisse du bras du fauteuil sur lequel je prenais appui et que je m'écrase lamentablement sur Remus.

Il se réveille, bien sûr, et me découvre à califourchon sur ses genoux, les bras enroulés autour de son cou dans un réflexe de survie pour m'éviter de tomber, le visage à quelques millimètres du sien.

Je tente de garder ma dignité.

'Bonjour. J'ai glissé. Pardonne-moi.'

Pour une raison obscure, mon cerveau n'arrive pas à persuader mon corps de se décoller de Remus et de fuir à toutes jambes. Je reste là, comme une idiote.

A ma plus grande surprise, il me sourit.

'Bien sûr. Ca peut arriver. Je comprends tout à fait.'

Je pense qu'il n'a pas encore digéré tout l'alcool qu'il a bu. En tout cas, ce n'est plus du tout le maigrichon qui me souriait timidement sur le train.

Il lâche sa bouteille et passe sa main libre dans mon dos. Elle remonte doucement jusque dans mes cheveux. Nos têtes sont tellement proches que nos nez se touchent.

Remus réduit progressivement la distance entre nos lèvres.

Au tout dernier instant, il se ressaisit soudainement et semble se rendre compte de la situation. Il s'arrête immédiatement et me fixe de ses grands yeux caramel. Il me balance par terre - quel geste doux et délicat… - et s'enfuit en courant par le trou dans le mur de la salle commune.

'Jane ? Jane ? Eho !'

Quelqu'un est en train de me secouer par l'épaule.

'Mmmmmm…'

'Il faut se lever…', continue la voix inconnue.

Je me redresse d'un seul coup et regarde autour de moi. Je suis bien sur un fauteuil, mais pas de Remus à proximité.

Mon Dieu, ce n'était qu'un rêve. Je soupire de soulagement et souris à la formidable personne qui a eu la bonne idée de me réveiller et de me ramener à la réalité.

'Sirius !', je m'écrie, avant de me jeter sur lui.

Je monte prendre une douche et nous descendons pour le petit-déjeuner.

'Mr Black ! Pour la dernière fois, enlevez-moi cette veste en cuir ! Et où est votre cravate ?', s'indigne McGonagall en nous distribuant nos emplois du temps.

Ses réprimandes sont étouffées par le brouhaha provoqué par cet évènement. Apparemment, les anglais sont fascinés par les emplois du temps.

Sirius, James, et moi nous dirigeons vers notre premier cours : Potions.

Mon cours de prédilection. Je suis un génie des potions, sans vouloir me vanter. J'ai gagné un prix pour un veritaserum parfait quand j'avais 8 ans.

Ou alors mon père avait versé un pot-de-vin au jury ?

Je ne sais plus.

C'est donc sûre de moi que je traverse le Grand Hall.

'Euh…pourquoi on descend à la cave ?'

Sirius et James éclatent de rire.

'Les cours de potions ont lieu dans les cachots.', m'explique Lily en nous rejoignant, levant les yeux au ciel aux ricanements des garçons.

Génial. Poudlard a réussi à ruiner ma matière préférée en l'enseignant dans des cachots humides et froids.

Le professeur Slughorn – en voilà un nom magnifique…- me tourne autour pendant toute la leçon, son regard intéressé fixé sur moi.

'Kingsford, Miss Kingsford !', m'interpelle-t-il à la fin de l'heure.

'Vous semblez douée. Que diriez-vous d'un petit dîner en compagnie de l'élite des élèves et moi-même un soir ?'

J'acquiesce. Un dîner avec l'élite des élèves ? Je serais folle si je disais non.

'Je vous tiendrais prévenue. Très bien, très bien…', continue-t-il en se frottant les mains.

Qu'est-ce que c'est que ce type ?

A la fin de la journée, après un cours de DCFM et de Botanique, nous revenons dans la salle commune.

Je me rends compte – oui, je suis plutôt lente, mais je ne m'intéresse que moyennement à ce qui ne me concerne pas directement – que Remus n'est pas apparu de la journée.

Etrange.

Je préfère ne pas m'attarder sur le sujet, qui me fait trop penser à mon rêve perturbant.

Je suis complètement à bout, gueule de bois oblige, et décide donc de monter me coucher dans ma chambre.

Je me rappelle aussi que je devrais peut-être songer à nourrir Macaron, ce que je n'ai pas fait depuis…avant le voyage en train ?

Je me dirige vers les portes au fond de la salle et ouvre celle par laquelle disparaissent successivement toutes les filles de Gryffondor. Je monte et arrive finalement à un étage remplit de filles de mon âge, et ouvre la première porte qui me tombe sous la main.

Je retiens un cri de stupeur.

Des dortoirs. Des dortoirs. Communs. A partager.

Je déteste cette école.

Je repère mon lit, devant lequel est posée ma valise sur laquelle mon chat à l'air à moitié mort. Je m'empresse de le ranimer à coup de croquettes de luxe avant de m'effondrer sur mon lit et de déprimer.

La porte s'ouvre d'un seul coup, et un brouhaha qui me tape sur les nerfs envahit ma chambre. Pardon, le dortoir.

Je me redresse en bougonnant.

Lily-parfaite est en tête du petit groupe. Elle a un grand sourire collé sur le visage, pour une fois, et tient un livre bien gros et ennuyeux dans un bras.

'La bibliothèque m'a tellement manqué !', s'exclame-t-elle avant d'entamer une petite danse de la joie.

Pitoyable.

Derrière elle se tient une fille aux cheveux et aux yeux noirs et à la peau très blanche. Je dois avouer qu'elle est plutôt jolie, elle ressemble un peu à une genre de blanche-neige de seize ans. Elle a aussi l'air d'en avoir la personnalité. Je ne serais pas étonnée si des oiseaux et une biche sautaient par la fenêtre pour venir l'aider à s'habiller, avant de chanter tous ensemble une ode à la nature.

Il y a encore deux autres filles. L'une est grande et blonde, et souriante, et joyeuse, et j'ai envie de me lever pour lui coller une claque.

Je n'aime pas les gens qui sont contents quand je ne le suis pas. Un peu de retenue, enfin.

L'autre a les cheveux bruns et ondulés, enfin je crois qu'ils sont ondulés. Ils ont aussi un peu l'air de ne pas avoir vu une brosse depuis…de ne jamais avoir vu une brosse, en fait. Elle a de grands yeux verts, qui font quand même moins peur que ceux de Lily. Elle traîne des pieds et a l'air complètement blasée. Et en manque de sommeil.

Je me lève et les toise de haut en bas.

'Jane Kingsford.', je leur lance.

Elles me dévisagent un long moment.

'C'est le moment où vous répondez en donnant vos noms, techniquement.', je continue.

Elles continuent de me dévisager.

Enfin, blanche neige se décide à parler de sa petite voix fluette et délicate.

'Je m'appelle Alice !', déclare-t-elle. On dirait presque qu'elle chante quand elle parle. C'est assez énervant.

La grande blonde passe sa main aux ongles rouges dans ses longs cheveux raides et papillonne des yeux.

On dirait moi. En moins bien, bien sûr.

'Marlene McKinnon.', m'annonce-t-elle.

La blasée marmonne quelque chose qui ressemble vaguement à 'Layla', avant de s'écraser la face la première sur son lit.

Je sens que partager ma chambre – pardon, un dortoir – avec ces filles ne va pas être facile.

'Jane ?'

'TOI ! Comment est-ce que tu as fais pour monter ici !', s'insurge Lily en apercevant celui qui vient de prononcer ces paroles.

'Sirius ! C'est le dortoir des filles ! Les garçons ne sont pas censés pouvoir monter ici !', continue-t-elle.

'Il n'y a rien que je ne puisse faire, Lily.', rétorque Sirius en souriant.

'Bref. Jane, on a une retenue, je te rappelle.'

Je pousse un cri de désespoir. Lily pousse un cri de stupeur.

'DEJA ?', s'exclame-t-elle.

'Dois-je te rappeler que nous avons semé le plus magnifique des chaos dans la Grande Salle hier soir ?', lui lance Sirius avant de me suivre.

Je passe les deux heures suivantes à nettoyer des tables dans la salle de Métamorphose.

Génial.

Heureusement que Sirius est là pour faire les trois quarts de mon travail à ma place.

Le lendemain matin, je descends dans la salle commune en traînant des pieds.

Je lève les yeux au ciel en apercevant la foule près de la porte. La plupart des Gryffondors sont attroupés autour d'un tableau d'affichage. Je m'approche pour voir ce qui les intéresse tellement.

C'est la liste des clubs.

Je suis surprise par quelque chose d'aussi...normal dans cette école de fous. Cette impression s'évapore malheureusement lorsque je lis les premières lignes, qui me permettent de découvrir des clubs farfelus comme celui des 'Coiffeurs des queues de licornes' ou des 'Amateurs de sauts à l'élastique du haut de la Tour d'Astronomie'.

J'essaie d'en trouver quelques uns d'intéressants - je suis une accro de clubs, je faisais partie de dix-huit d'entre eux à New York, c'est une obsession. Finalement, je prends une fiche et coche tous ceux qui me semblent plus ou moins intéressant – les trois quarts, donc. La fiche commence à tourbillonner dans les airs puis retombe dans mes mains. Maintenant, elle affiche les horaires et les lieux des essais pour chaque club.

Je retrouve Sirius, James, Peter et Remus qui est miraculeusement réapparu et nous partons au petit-déjeuner. Nous passons à côté d'un groupe de filles de Poufsouffles de troisième année, qui dévisagent les garçons avant de crier 'Les Maraudeurs !' sur un ton haut perché.

James passe sa main dans ses cheveux et Sirius leur lance son sourire à tomber ce qui a pour effet de faire augmenter le niveau sonore de leurs hurlements.

'Les Maraudeurs ?', je demande lorsque nous nous asseyons à notre table.

'Notre petit pseudo...', m'explique James.

Pitoyable. Non, franchement. Ils se sont donné un nom. Il ne manquerait plus qu'ils l'écrivent au dos de leurs vestes ou sur leurs affaires.

'Regarde, on a même fait la carte des Maraudeurs !', continue-t-il en me montrant un morceau de papier.

Qu'est-ce que je disais ? Ils l'écrivent sur leurs affaires. P-i-t-o-y-a-b-l-e.

'On peut voir toutes les personnes dans Poudlard, tous les passages secrets...tout quoi.', précise-t-il.

Je lance un coup d'œil au papier.

Ok, je retire tout ce que j'ai pu dire sur le fait qu'ils soient pitoyables. Ces types sont géniaux. Enfin leur carte, surtout.

Il faudra que je trouve un moyen discret de me la procurer de temps en temps...

L'après-midi, je me rends près de la forêt interdite m'essayer à l'équitation à dos de licorne. Un groupe de filles est déjà rassemblé autour d'une Poufsouffle qui m'a l'air d'avoir mon âge. Rien que son apparence me donne une furieuse envie de vomir. Elle porte un serre-tête en velours rose avec un petit nœud dans ses cheveux châtains aux boucles parfaites, et un cardigan rose bonbon par-dessus son uniforme bleu marine – deux couleurs qui ne vont absolument pas ensemble, c'est écrit dans Vogue.

En me voyant arriver, un sourire triomphal se dessine sur son visage.

'Tiens donc, voyez qui se joint à nous ! La fauteuse de trouble en titre. Mademoiselle, ceci est un club exclusif, réservé à l'élite des jeunes filles de Poudlard...', m'annonce-t-elle sur un ton suffisant.

Je lui lance un regard abasourdi.

Non mais elle a avalé une encyclopédie pour parler comme ça ou quoi ?

Je la foudroie du regard.

'Et je rentre parfaitement dans cette catégorie.'

'Puis-je exiger une justification ?', rétorque-t-elle.

Je lui envoie un sourire moqueur.

'Je suis Jane Kingsford. Cela est une justification suffisante.'

Un murmure appréciatif se fait entendre parmi les autres filles.

'Et je suis Elvira Ombrage. Et je ne vous admet pas dans le cercle privé de ce club.'

Elle m'énerve. Elle m'énerve, elle m'énerve, elle m'énerve !

Et je ne vais sûrement pas me laisser faire.

J'attrape la première licorne que je croise, saute sur son dos d'un mouvement gracieux, fait une petite démonstration de mes talents de cavalière – bon, j'avoue être plus habituée aux chevaux qu'aux licornes, mais passons – avant de m'arrêter devant Elvira et de faire une petite révérence.

Les autres filles applaudissent et sourient. Il faut dire que je suis incroyablement douée, je les comprends.

Elvira a l'air de vouloir me planter un couteau bien aiguisé dans le dos.

Je saute à terre.

'Je me permets de vous suggérez de reconsidérez votre décision.', j'annonce, avant de tourner les talons et de partir vers le terrain de Quidditch, les poings serrés.

Je retrouve James et Sirius sur le terrain. C'est eux qui font passer les essais pour rentrer dans l'équipe. Enfin, James en tout cas. Sirius se contente de danser autour de lui en faisant des grimaces.

Je les salue de loin et me dirige vers l'autre côté du stade, loin de tous les balais et balles volant dans tout les sens.

Je n'ai pas du tout l'intention de faire partie de l'équipe de Quidditch. M'enfin, je pourrais me casser un ongle ! Et je devrais porter cet uniforme affreux !

Non, je préfère quelque chose de plus féminin...

Une bonne vingtaine de filles de Gryffondor sont déjà là. Elles écoutent toutes une grande blonde avec attention. D'après la façon qu'elle a de papillonner des yeux à tout bout de champs, je suis à peu près sûre que c'est Marlene McKinnon.

Je croise son regard.

'Jaaaane !', crie-t-elle en me faisant des signes effrénés de la main.

Je lui souris.

'Bon, je crois que tout le monde est là. Allez vous changez en uniforme dans les vestiaires et on va voir de quoi vous êtes capable !', déclare-t-elle.

Je ressors du vestiaire quelques minutes plus tard, vêtue d'une jupe très courte et d'un t-shirt sans manches, tous les deux rouges et or.

Après quelques fantastiques mouvements de danse et d'acrobaties périlleuses qui provoquent plusieurs garçons perchés sur leurs balais de se prendre un Cognard en pleine tête, je suis officiellement prise. Je ne suis pas étonnée, je suis tellement douée.

Oui, je suis maintenant pom-pom girl, et non, ce n'est pas cliché.

Après plusieurs longues heures d'essais infructueux, je rentre finalement à Poudlard pour le dernier, et peut-être celui qui me paraît le plus intéressant.

Je pousse une porte sur laquelle on peut lire 'Club de l'élite'.

Non, le fait que je veuille en faire partie n'est absolument pas prétentieux, voyons !

La salle ressemble à un…croisement entre une grosse meringue rose et un salon de thé ringard.

Je m'attendais à mieux.

Il y a des assiettes avec des chats dessus suspendues aux murs. Ils miaulent, en plus. Les canapés sont en velours rose. En velours. Sérieusement. Il y a des tasses un peu partout. Devinez quel magnifique motif les orne ? Mais oui, des chats, bien sûr !

Et cerise sur le gâteau, Elvira Ombrage est assise sur un fauteuil en plein milieu de la salle, jambes croisées, mains blanches posées sur ses genoux, menton relevé, toujours dans son affreux cardigan rose.

Elle m'aperçoit, décroise les jambes lentement, se lève et s'approche de moi en me toisant de haut.

Je la fusille du regard.

'Vous ici.', constate-t-elle.

Je me contente de passer à côté d'elle en l'ignorant et m'installe sur un des canapés.

Je me rends vite compte qu'il n'y a que des filles plutôt jeunes dans la salle. En fait, après réflexion, ce sont les filles qui étaient aux essais du club d'équitation à dos de licorne, un peu plus tôt. Celles qui m'ont applaudis et semblaient apprécier que je tienne tête à Elvira.

Je les regarde en souriant.

'Hem, hem.'

Les chuchotements s'arrêtent et tout le monde se tourne vers l'origine de ce bruit incroyablement énervant.

Elvira. Bien sûr.

'En temps que présidente de ce club, j'annonce la séance ouverte !'

Les filles applaudissent.

'Bien sûr, vous rêvez toutes de faire partie du Club de l'élite. Mais la chose n'est pas si simple, voyez-vous. Ce club n'accueille que les meilleures…telles que moi. Certaines qualités sont indispensables.', continue-t-elle en affichant un petit sourire satisfait.

Plusieurs filles plus âgées apparaissent soudain à ses côtés.

'Chacune de vous va recevoir une liste de…comment dire…d'épreuves à passer. Celles qui complèteront la liste dans sa totalité deviendront membre officiel. Pour réussir, je vous conseille de prendre exemple sur moi.'

Les filles plus âgées nous distribuent les listes.

'La séance est levée.'

Elvira tourne les talons et quitte la pièce, suivie de près par ses sous-fifres.

Les autres et moi restons dans la salle, incapables de bouger de nos sièges, les yeux fixés sur le morceau de papier entre nos mains.

Ce n'est pas long. Mais c'est incroyablement difficile. Et vicieux, aussi. Mais ça, ça ne m'étonne pas venant de la part d'Elvira.

'Non mais elle plaisante ? On n'y arrivera jamais !', s'exclame une petite à côté de moi.

'J'abandonne…', déclare une autre.

'Ouais, moi aussi.', continue une troisième.

La plupart des filles hochent la tête, montrant qu'elles ont bien l'intention de faire la même chose.

J'ai une idée.

Je me lève.

Pouf !

Paf !

'Jane Kingsford ! Je te rappelle que je lis dans tes pensées ! Et j'ai peur !', s'exclame Jane-ange.

'Jane, Jane, Jane. Autant de talent diabolique dans une même personne ! Je suis impressionnée.'

'Ne fais pas ça ! Tu vas encore t'attirer des ennuis !'

'Non, elle va s'attirer la gloire !'

'Jane, rassied-toi. Pour une fois, écoute-moi. Pour une fois.'

J'envoie un regard meurtrier à Jane-ange. Par la pensée, je veux dire. Ce qui est assez peu logique.

En tout cas, je ne me rassois pas, ce qui arrache un cri de désespoir à cette dernière.

Les conversations s'arrêtent. Les filles me dévisagent avec intérêt. J'ai déjà une certaine notoriété qui me rend intimidante, apparemment. Je souris à cette constatation.

'N'abandonnez jamais. Il faut montrer à cette peste prétentieuse d'Elvira qu'elle n'est pas la reine du monde. Qui est avec moi ?', je demande.

Les filles se regardent, pas très convaincues. Puis, l'une après l'autre, elles se lèvent elles aussi.

Je lève mon poing en l'air.

'Qui est avec moi ?', je répète.

'Moi !', crient toutes les filles.

Bon, bah ça a été plutôt facile.

Avec mon armée de premières et deuxièmes années, je compte bien révolutionner cette école.

J'ai un plan bien sûr.

Et il ne va pas plaire à Elvira.

Parce que je vais être la prochaine à prendre le pouvoir.

J'aime les coups d'Etats. Et je sens que pour réussir celui-là, il va me falloir pas mal de manipulation. Et s'il y a bien une chose que j'aime plus que les coups d'Etats, c'est bien ça.

Bref, je m'appelle Jane, et je suis détestable.

xxx

Et voilà, fini ! Dites moi ce que vous en pensez en laissant une review, enfin si vous voulez ! En tout cas j'espère que ça vous a plu.

Par contre le prochain sera probablement après le 29 juin (date de mon très redouté oral de français), donc patience, patience. ) A bientôt !