Re-bonsoir chers amis !

Me revoilà à peine deux minutes plus tard avec le chapitre 2 de 'Je cours', plus long que le premier.

Pour comprendre ce chapitre, il faut savoir que Severus Snape n'est pas mort tué pas Voldemort lors de la Bataille de Poudlard et n'a pas non plus été découvert en tant qu'espion...

J'espère que ce chapitre vous plaira autant voir plus que le premier, que mes personnages ne sont pas trop OOCs et que tout est compréhensible ! N'hésitez surtout pas à me demander si quelque chose n'est pas clair...

Bonne lecture !


Chapitre 2 :

Le train avait quitté la gare. Scorpius était terriblement angoissé. Il se tourna vers sa sœur, qui regardait encore par la fenêtre avec un air un peu triste. Elle exprima tout haut ce que tous deux pensaient tout bas :

« Pourquoi 'Ma ne peut-elle pas nous accompagner ? Au moins jusqu'à l'école… »

Il soupira. Il savait qu'elle n'attendait pas de réponse. Il se força alors à ne plus y penser et fit le vide dans son esprit ; elle fit de même, à en juger par son air méditatif. Bien vite, il se sentit parfaitement détendu, et l'excitation revint au galop. Ils allaient à Poudlard, par Merlin ! Enfin ! C'était le plus beau jour de sa vie ! Sa sœur semblait penser comme lui, vu son air réjoui. De toute façon, ils pensaient toujours pareil. Ils étaient en quelque sorte en symbiose, sachant exactement ce que l'autre pensait à chaque fois.

Loren en revanche avait toujours l'air stressée à mort… La pauvre. Elle semblait au bord de l'évanouissement. Tom tentait de la rassurer, mais rien n'y faisait ; elle avait peur d'aller à Poufsouffle. Sa mère était à Serpentard, comme tout le reste de sa famille, et en ce moment, mieux valait y être si on ne voulait pas avoir d'histoires. Le pire était Gryffondor… quand on y allait, on était presque condamné d'avance. Le gouvernement, allez savoir pourquoi, n'aimait pas les Gryffondors. Généralement, ils ne trouvaient jamais de travail après l'école, quelles que soient leurs capacités. Personne ne voulait d'eux, tout le monde les fuyait. Lui avait peur pour sa sœur. Il savait qu'elle irait. Chez les griffons… courageuse petite chose. Et Linda avait l'air parfaitement détendue et sereine. Ni angoissée, ni excitée. Juste calme ; comme toujours. Elle était très intelligente mais pas machiavélique, elle irait sans doute à Serdaigle. Une plutôt bonne maison. Tom, selon lui, serait probablement à Poufsouffle, à en croire sa grande empathie et sa loyauté sans faille envers ses amis. Moins bon choix. Mais rien, rien n'était pire que Gryffondor. Rien.

Finalement, ils parvinrent tous à se détendre et parlèrent de tout et de rien pendant le trajet. Lorsque le chariot de nourriture passa, ils achetèrent leurs friandises préférées. Ils eurent des fous-rires, des moments de réflexion, ils dormirent même un certain temps. Et la journée passa.

Lorsqu'ils se réveillèrent, le soleil s'abîmait derrière l'horizon. Un jeune homme plus âgé qu'eux les avait appelés. Il leur indiqua qu'ils devaient mettre leurs robes de sorciers, ils arrivaient. Les filles le firent sortir avec Tom pour s'habiller, avant de laisser les deux garçons faire de même. Puis ils se rassirent et attendirent que le train entre en gare. Dix minutes plus tard, ils aperçurent au loin un magnifique et immense château, et l'excitation ainsi que l'appréhension montèrent d'un cran.

Scorpius regarda ses amis tour à tour. D'abord Loren, une jeune fille de taille moyenne, comme lui et sa sœur, à la peau blanche, aux cheveux châtain clair lisses et aux yeux marron calculateurs, mais habités par une certaine chaleur et une détermination sans bornes à protéger ceux qu'elle aimait. Tellement comme sa mère. Puis Linda, plutôt grande, à la peau chocolatée, à la chevelure brune crépue, comme ses parents, et aux yeux noirs indéchiffrables cachant une grande sagesse. Enfin, Tom, un peu plus petit que lui, à la peau légèrement bronzée due à ses vacances dans le sud de la France, au visage surmonté d'une touffe de cheveux blond blé savamment en bataille, et aux yeux bleu marine (oui ça existe, na !) pétillants de joie et d'affection. Il ressemblait plus à son père, lui.

Avec lui, blond cendré à la peau pâle, et sa sœur, châtain foncé à la peau dorée, tous deux ayant les yeux vert de gris, ils formaient un groupe vraiment hétéroclite… Même au niveau du caractère ! Ils représentaient les quatre maisons… deux Serpentards, un Poufsouffle, une Serdaigle et une Gryffondor. N'importe qui les ayant vu ensemble se serait demandé ce qu'ils faisaient, justement, ensemble. Mais c'était ainsi, ils étaient amis, presque depuis le berceau, point !

Ils arrivèrent – enfin – à quai, et ce fut le chaos. Une partie des élèves de première année sortirent des compartiments, paniqués, incertains de la marche à suivre, et un brouhaha sans nom emplit le wagon dans lequel ils étaient. Ils eurent diverses réactions : Lily sembla vouloir tuer tous les fauteurs de trouble, Scorpius et Loren restèrent de marbre, Tom fut rapidement gagné par l'agitation générale, et Linda résonna Lily et Tom et les empêcha de quitter le compartiment. Au final, ces deux derniers se calmèrent, et ils restèrent tous assis bien sagement en attendant qu'on leur dise quoi faire. Pendant quelques minutes, rien ne se passa. Puis une voix forte retentit dans tout le wagon :

« Chers élèves, c'est votre directeur qui vous parle. Veuillez je vous prie retourner vous asseoir jusqu'à-ce que les portes s'ouvrent. Ensuite, descendez dans l'ordre et le calme. Laissez vos bagages dans les porte-bagages, ils seront récupérés plus tard par nos elfes de maison qui les monteront directement dans vos dortoirs. Merci, et à tout-à-l'heure. »

Le directeur. Le Professeur Severus Snape, ancien Mangemort, pendant la guerre entre eux et l'Ordre des Cervelles d'Oiseaux, comme ils aimaient nommer l'Ordre du Phénix. C'était un Serpentard, et autrefois Maître des Potions à Poudlard, avant d'être nommé directeur par le Seigneur Voldemort, tel qu'il se faisait désormais appeler, s'étant autoproclamé Roi de la Grande Bretagne Sorcière. Snape avait succédé à Minerva MacGonagall, ancienne membre de l'Ordre des CO, actuellement enfermée à Askaban comme la plupart de ses camarades. Il était froid, sombre, sinistre même, psychorigide, refermé sur lui-même, calculateur et manipulateur, légèrement sadique et, somme toute, plutôt effrayant. Le portrait-type du parfait Serpentard et du parfait Mangemort. La plupart des élèves l'admiraient mais tous préféraient garder leurs distances.

Suivant les instructions, les première année retournèrent tranquillement dans leurs compartiments, patientant, et le train redevint silencieux. Deux minutes plus tard, les portes s'ouvrirent et ils sortirent tous calmement, en rang, comme ordonné, laissant leurs bagages dans le train. Ils se rassemblèrent sur le quai, pendant que les élèves plus âgés sortaient déjà de la gare. Ils furent appelés par un homme trapu, brun aux yeux dorés, avec un air dur plaqué au visage qui ne trompait personne. Il avait, cela mis à part, l'air plutôt sympathique, et semblait beaucoup aimer les enfants. Scorpius supposa que c'était pour cela qu'on l'avait mis en charge des première année. Il se présenta, disant s'appeler Frédéric Dornes, et être le préposé à la charge de la forêt interdite. 'Comme Rubeus Hagrid', pensa le jeune blond. Il était assez connu, bien qu'il fasse partie du camp des perdants dans la guerre, et soit - lui aussi - à Askaban. Et il s'occupait - lui aussi - des première année. Il semblerait que ces deux postes aillent de paire.

Dornes les emmena sur le port d'embarquement, où ils montèrent dans de petits canots magiques. Ils traversèrent le lac, aux eaux rendues sombres par le crépuscule, qui entourait le château.

Lorsqu'ils débarquèrent sur la terre ferme, ils se rassemblèrent de nouveau autour du brun, qui sembla légèrement amusé de la situation. Il les dirigea vers la grande porte sur le devant de l'école, toqua et les fit entrer, restant à l'extérieur et fermant la porte derrière eux.

Ils se retrouvèrent dans un grand hall d'entrée, magnifiquement sobre et majestueusement éclairé par des lustres accrochés au très haut plafond. Un grand, large escalier partait de la gauche et montait dans des étages qui semblaient interminables. En levant la tête, on pouvait voir les escaliers bouger, tournant à chaque étage d'un mur à l'autre, embêtant quelques élèves et professeurs qui se retrouvaient dans l'incapacité de rejoindre l'endroit qu'ils souhaitaient atteindre.

Scorpius suivit le groupe qui était mené par un autre professeur, une femme, petite et mince, aux cheveux brun-roux avec des reflets violets, dont il ne voyait que le dos. Ils montèrent le premier escalier et s'arrêtèrent au premier étage, devant deux grandes portes en bois closes d'où émanait un joyeux murmure continu.

La femme se retourna pour leur demander d'attendre là qu'elle revienne les chercher, avant d'entrer dans la salle. Elle avait, constata Scorpius, des yeux vert-jaune presque reptiliens. Glauque. Il tourna son regard vers les portes et se dit que là, de l'autre côté de ces deux portes closes, se trouvait la Grande Salle de Poudlard. Il était un peu nerveux, mais surtout survolté, et il avait du mal à tenir en place. A côté de lui, sa sœur semblait en proie aux mêmes émotions que lui et, comme au matin, sautillait légèrement d'excitation. Enfin, les portes s'ouvrirent sur la professeure-aux-yeux-glauques, comme avait décidé de l'appeler Scorpius, qui n'avait pas écouté son nom. Ils purent tous admirer la salle alors qu'ils s'avançaient dans l'allée centrale pour être répartis dans les différentes maisons.

Elle était immense, pourvue de quatre longues tables parallèles et séparées deux à deux par l'allée sur laquelle ils avançaient, ainsi que d'une cinquième table perpendiculaire aux autres, au fond de la salle, où les professeurs étaient assis. Elle était éclairée par des milliers de bougies flottant dans les airs et le plafond magique reflétait le temps qu'il faisait dehors en ce moment, c'était un magnifique ciel étoilé sans nuages, le soleil ayant fini par sombrer totalement. On pouvait également le voir par les grandes fenêtres situées derrière la table des professeurs. Tout était… féérique. Sublime. Parfait. Sauf une seule chose. Au bout de l'allée, se trouvait un pupitre, et derrière le pupitre… le directeur.

HPDM

Severus Snape était satisfait. Oui, satisfait. Pourquoi ? Eh bien, pour plusieurs raisons.

Premièrement, contrairement à la croyance générale, il n'était pas un partisan de Voldemort, mais un espion de L'Ordre du Phénix. Mais ça, personne ne le savait, encore moins l'intéressé, et cela le faisait jubiler.

Durant les vacances scolaires entre l'année précédente et celle-ci, il avait, avec les quelques autres espions et rares membres de l'Ordre encore en liberté, peaufiné un plan pour renverser Voldemort. En fait, cela faisait dix ans maintenant qu'ils se préparaient pour cela, et huit ans qu'ils mettaient minutieusement ce plan en place, étape par étape. Il ne fallait pas faire la moindre erreur car s'ils rataient, ils n'auraient pas de seconde chance. Ils étaient une petite dizaine à se retrouver à Grimmauld Place, seul lieu non déclaré, non découvert et non perquisitionné à ce jour par « l'État », tous les week-ends et toutes les vacances.

Et cet été, ils avaient terminé l'installation du plan. Ils avaient prévu de libérer les prisonniers puis de s'enfuir hors du pays de manière à être impossibles à trouver, en brouillant les pistes. Ensuite, se soigner, reprendre des forces, se reposer, s'entraîner, éventuellement recruter de nouveaux alliés, puis revenir pour attaquer par surprise au moment où ils s'y attendraient le moins, lorsqu'ils auraient relâché leur surveillance.

Cela paraissait simple, mais c'était en fait extrêmement complexe. En effet, faire évader quelqu'un d'Askaban était quasiment impossible. Alors des dizaines de personnes… Mais c'était pour cela qu'ils avaient pris autant de temps pour tout préparer. Maintenant, le taux de réussite de leur entreprise était de 90%. Avoir un taux de réussite de 100% était impossible malheureusement, mais avec 90% de chances, ils avaient bon espoir que cela marcherait, et confiance en leur plan. Et non, nous ne vous le révélerons pas. Pas question que Voldemort l'apprenne.

S'enfuir sans être repérés, suivis ni retrouvés serait également difficile, mais là encore, ils avaient tout prévu. Ils avaient acheté de nouvelles baguettes et une nouvelle garde-robe pour chaque membre de l'Ordre, pour rendre le traçage magique des baguettes par le Ministère impossible, éviter tout mouchard potentiellement placé dans les vêtements ou effets personnels des membres, et être impossibles à reconnaître. Ils avaient déjà prévu leur destination : une île déserte non répertoriée sur les cartes moldues ou sorcières du monde entier – ils avaient vérifié -, et inconnue même de Voldemort, découverte par hasard par Neville sept ans plus tôt, lors de ses recherches botaniques ; et qu'il s'était bien gardé de déclarer au Ministère. A cette époque, ils étaient déjà à la recherche d'un endroit où se rendre une fois qu'ils auraient quitté l'Angleterre, et cette petite île au large de l'Amérique du Sud lui avait paru parfaite, alors il avait, avant de la quitter, placé prudemment autour d'elle plusieurs sorts de désillusion, de protection, de répulsion des moldus et des sorciers, et pour le prévenir si quelqu'un s'approchait trop près de l'île de manière à ce qu'elle ne soit pas découverte par quelqu'un d'autre, sorcier ou moldu. Ils avaient ensuite, durant les années qui avaient suivi, aménagé un centre d'habitation, de soins, de repos et d'entraînement au combat sur l'île, qui avait pris la forme d'un petit village tout-à-fait charmant.

Un autre point positif de cette île était qu'elle se situait au large des côtes américaines, et que justement, la plupart des Sang-mêlé et nés-moldus chassés d'Angleterre avaient élu domicile aux États-Unis. Cela leur faciliterait la tâche de recrutement d'alliés et de combattants. Ensuite, attendre que Voldemort ait relâché sa surveillance serait un jeu d'enfant, dussent-ils attendre dix ans encore. La plupart des membres n'en avaient pas trente de toute façon…

Vous vous demandez sûrement, chers lecteurs, pourquoi Neville Londubat était en liberté. Ceci est très simple.

Voldemort, pour conserver une bonne opinion publique, avait dû garder en liberté certains Gryffondors et membres de l'Ordre ; il serait sinon apparu comme une personne détestant les Gryffondors et aurait perdu le soutien de nombreuses familles. C'est ainsi qu'il avait laissé en liberté cinq membres de l'Ordre, qu'il avait choisi minutieusement parmi ceux qu'il jugeait comme étant les plus « faibles » : Neville Londubat et sa compagne Luna Lovegood, Seamus Finnegan, Ginny Weasley et Colin Crivey. Grossière erreur. D'abord parce qu'ils étaient tous beaucoup plus forts qu'il n'y paraissait, ensuite parce que, même s'ils ne l'avaient pas été, ils auraient quand même tenté quelque chose contre lui, contrairement à ce qu'il pensait. D'après le « Roi », ils étaient trop faibles et en infériorité numérique pour tenter quoi que ce soit, surtout sans informations. Là encore, erreur fatale, qui faisait qu'il ne s'attendait pas du tout à ce qu'ils s'apprêtaient à faire. Il avait même, toujours pour se faire bien voir par sa population et réprimer toute éventuelle révolte, nommé Neville Professeur de Botanique et sous-directeur à Poudlard et Colin Reporter en Chef Officiel pour la Gazette du Sorcier, après la mort de Rita Skeeter. Et ce fut sa dernière erreur mortelle.

Car en effet, ils n'étaient pas du tout sans informations. En plus de celles rapportées par Colin durant ses reportages, ils avaient des espions dans ses rangs dont il ne soupçonnait même pas l'existence, ou ne concevait pas la possibilité qu'ils soient des espions pour l'Ordre. Après tout, il était persuadé de les avoir tous démasqués et emprisonnés avec les autres Cervelles d'Oiseaux.

Mais pas du tout. En premier lieu, il y avait trois espions de moindre importance mais qui, de temps à autre, surprenaient des conversations intéressantes : Blaise Zabini, Théodore Nott et Pansy Parkinson. Avec Draco Malefoy, ils avaient formé un groupe de jeunes espions pour l'Ordre durant la guerre. Malheureusement, leur camarade avait été démasqué à cause des révélations de sa mère sous Doloris et Veritaserum. Ils étaient aussi en prison. Ils étaient tous deux plaints et regrettés comme tous membres de l'Ordre. En revanche, ce que la mère Malefoy n'avait pas dit, parce qu'elle-même n'en savait rien, pas plus que son fils, c'était que Lucius Malefoy, le bras droit de Voldemort, était lui aussi espion. Personne ne le savait d'ailleurs, mis à part Severus Snape, qui était notre dernier espion. Tous deux étant très proches du Seigneur des Ténèbres, ils rapportaient des informations cruciales, et Voldemort ne les soupçonnait absolument pas. Ils jouaient les parfaits serviteurs Mangemorts obéissants, froids et sans cœur, et cela passait sans problème.

C'est donc tous les dix qu'ils s'étaient retrouvés et, durant dix longues années, s'étaient préparés à se battre une nouvelle fois et cette fois-ci, ils l'espéraient, gagner la guerre. Voilà, principalement, pourquoi Severus Snape était satisfait.

La seconde raison pour laquelle il l'était était simplement le commencement d'une nouvelle année, qui le réjouissait toujours. Encore une année paisible, avec des première année tout petits, tout mignons et tout innocents, et de nouveaux bruits de couloirs et autres potins habituels. Parce que, contrairement à la croyance générale, Severus Snape n'était pas si froid et sadique que ça. En vérité, il adorait les enfants. Non, vraiment. Il ne le montrait simplement pas.

Il s'apprêtait donc à accueillir les nouveaux élèves, appuyé strictement sur son pupitre, lorsqu'il repéra dans la foule une tête blonde étrangement familière.

Son souffle se coupa. Ce n'était pas le même blond, mais ce port de tête fier et ces cheveux toujours bien arrangés, ainsi que ces yeux aux reflets argentés… il ne pouvait qu'être un Malefoy ! Pourtant, il en était sûr, il n'y avait pas de Malefoy sur la liste des nouveaux élèves. Il l'avait relue trois fois.

Il remarqua seulement à ce moment-là la jeune fille, approximativement de la même taille, qui trépignait à côté de lui ; ses cheveux châtain foncé complètement décoiffés lui rappelèrent quelqu'un aussi. Harry Potter. Mais la tresse blond cendré bien serrée sur le côté de sa tête par une pince à fleur violette n'était définitivement pas Potterienne. Il se rendit alors compte que la mèche était du même blond cendré que les cheveux du « Malefoy » et en le regardant à nouveau plus attentivement, vit avec une légère stupéfaction que lui-même possédait une mèche de cheveux châtain foncé qui lui retombait négligemment devant les yeux. Yeux d'ailleurs d'un vert-gris très équivoque, semblables à ceux de la jeune fille d'à côté. Alors il fit le lien, et ses yeux s'écarquillèrent imperceptiblement. Mais comment… ? C'était donc pour cela que Draco avait rejoint l'ordre, alors qu'il avait auparavant toujours soutenu dur comme fer qu'il serait Mangemort plus tard…

Il les regarda encore un moment parler entre eux et avec, vraisemblablement, leurs amis, un minuscule sourire fier au coin de la bouche, avant de se racler la gorge pour obtenir l'attention, et de commencer son discours.

HPDM

Lily n'était pas du tout stressée. Elle attendait avec une impatience non feinte sa répartition, et n'écoutait que d'une oreille distraite le long discours rébarbatif du directeur de Poudlard.

Elle se doutait qu'elle irait à Gryffondor, elle en avait parlé avec son frère. Et malgré le fait qu'il y avait peu de personnes à la table des lions, malgré le fait que tous semblaient les éviter et que leur table était légèrement en retrait des autres, elle s'en fichait. Elle était une Gryffondor, et fière de l'être ! Et tant pis pour les mécontents. Et puis elle était courageuse – à juste titre – alors elle pouvait bien le supporter. Et ceux qui essaieraient de lui chercher des noises tâteraient de ses poings, foi de Merry !

Lorsqu'enfin, le Professeur Londubat, tel qu'il se présenta, commença à appeler les élèves un par un pour être répartis, elle soupira de soulagement puis sourit. Elle avait eu l'impression que le speech du proviseur ne finirait jamais. Du coin de l'œil, elle vit son frère lui jeter un regard amusé. Il pouvait bien, lui, il aimait les longs discours ennuyeux. Elle se demandait vraiment, des fois, s'il n'était pas un peu masochiste. Mais non, là n'était pas la question. Elle se concentra de nouveau sur les noms que le professeur appelait, guettant le sien ou celui d'un de ses amis. Juste au moment où elle se retourna pour regarder à nouveau l'estrade, justement, Londubat appela :

« Tom Beauty ! »

Logique, il était au début de l'alphabet. Elle le vit s'avancer avec incertitude et s'asseoir sur le tabouret, au milieu de tous ces élèves qui le regardaient avec des yeux de merlans frits, attendant la sentence. Le pauvre, déjà qu'il n'aimait pas être le centre de l'attention… Il posa ensuite prudemment le Choipeau sur sa tête et, à peine quelques secondes plus tard, celui-ci s'écria :

« POUFSOUFFLE ! »

Un sourire timide prit place sur les lèvres de son ami alors qu'il se dirigeait vers la table de sa maison sous les acclamations de ses camarades, et elle fut bêtement heureuse pour lui.

D'autres élèves défilèrent ensuite, qu'elle ne connaissait pas, avant que le professeur n'annonce :

« Lily Merry ! »

Tient, bizarre, elle aurait juré avoir vu le directeur et son adjoint se figer puis se regarder d'un air entendu… Bah, sûrement son imagination !

Elle afficha un immense sourire espiègle et marcha jusqu'au tabouret, avant de s'y poser et d'enfoncer avec détermination le Choipeau sur sa tête. Et elle l'entendit parler dans son esprit :

« Tiens, tiens… Oui, je vois… Beaucoup de courage et de force d'esprit… Mais aussi beaucoup d'innocence et de naïveté... »

Elle voulut protester et rétorquer qu'elle n'était pas naïve, mais elle l'entendit hurler à ce moment :

« GRYFFONDOR ! »

Ceci jeta un froid dans la salle, la plupart des professeurs la regardant avec compassion et pitié, sauf le directeur et le sous-directeur, qui avaient l'air… amusés ? Puis tous les Gryffondors se levèrent d'un même mouvement, abandonnant leur air stupéfait d'avoir un nouvel élève parmi eux – événement rare – pour des visages heureux, et l'acclamèrent d'une voix forte et chaleureuse. Ils étaient les moins nombreux, mais faisaient le plus de bruit… paradoxalement… Elle ôta le Choipeau et courut littéralement vers sa table, se jetant dans l'étreinte générale des lions. Tout le long, elle garda son grand sourire joyeux et confiant. Lorsqu'ils se furent tous calmés et rassis à leur table, la répartition continua avec :

« Scorpius Merry ! »

Là encore, elle surprit le regard entendu et amusé du directeur et du Professeur Londubat, mais n'y fit pas attention. A la place, elle regarda son frère approcher de l'estrade avec un sourire malicieux et sûr de lui en coin et poser délicatement, une fois assis, le Choipeau sur sa tête. Ce dernier sembla surpris puis contemplatif et le sourire de son frère était toujours présent lorsque le chapeau magique s'exclama finalement :

« SERPENTARD ! »

Encore le sourire amusé du directeur et de Londubat, puis son frère se déplaça jusqu'à sa table, recevant des sourires en coins de ses – peut-être – futurs amis.

D'autres élèves passèrent encore, puis le sous-directeur de Poudlard lança :

« Loren Penacchi ! »

Celle-ci se composa un masque dénué d'émotion et alla s'installer sur le siège. Elle n'eut même pas le temps de poser le Choipeau sur sa tête qu'il scandait déjà :

« SERPENTARD ! »

Elle rejoignit Scorpius à la table des Serpentards avec un air satisfait, et reçut les mêmes réactions que lui. Lily écouta vaguement les répartitions des autres élèves inconnus, aucun autre qu'elle n'était allé à Gryffondor cette année. Puis la fin de la liste arriva et le professeur demanda en dernier :

« Linda Vindia ! »

Son amie était calme et sereine en allant mettre le Choipeau et c'est sans surprise que celui-ci finit par dire :

« SERDAIGLE ! »

Elle fut à son tour applaudie par ses camarades en prenant place à leur table. Puis il y eut un nouveau long discours sur les règles dans l'école, qu'elle s'efforça d'écouter parce que c'était important, avant que soudainement n'apparaissent sur les tables des plats en tous genres qui avaient l'air plus appétissants les uns que les autres, sous les exclamations enjouées des élèves.

Et elle se dit que franchement, l'année commençait très bien.


Voilou ! Verdict ?

Surtout n'hésitez pas :

Reviews, favorite, follow... questions...

A très bientôt pour le chapitre trois déjà en cours d'écriture !

Bonne soirée !

Shugi