Disclaimer: Rien ne m'appartient à part l'histoire (dommage...)
Couple: SB-SS
Genre: UA
Blabla de l'auteur: Et voici le chapitre 2, en temps et en heure :p
Au programme, un petit rapprochement entre les deux protagonistes et des états d'âmes. Je ne m'étends pas plus longtemps et vous laisse lire tout ça en espérant que ce chapitre vous plaira.
Bonne lecture :D
Chapitre 2
Harry rentrait de son entraînement de basket accompagné de Ron qui comptait bien squatter son meilleur ami pour la nuit. De toute façon ses deux frères aînés étaient revenus au bercail pour fêter l'anniversaire de leur père et la maison était tellement pleine que c'en était insupportable.
Une fois dans l'appartement, ils posèrent leurs affaires dans un coin et n'eurent plus qu'un seul objectif : la cuisine. L'entraînement avait duré deux heures et ils étaient morts de faim.
- Sirius est pas là ? Demanda le rouquin en mâchouillant une gaufre
- Normalement il devrait être rentré du boulot à cette heure ci, mais peut-être qu'il est passé voir Remus
- Comment ça s'est passé son entretien avec Binns ?
- Il y avait le daron de Malfoy, et apparemment Sirius et lui se connaissent alors ça s'est un peu transformé en règlement de compte entre eux, Binns n'était pas vraiment content
- Je veux bien te croire, déclara Ron en riant, et sinon verdict ?
- Je me retrouve avec un devoir supplémentaire en histoire, rien de bien méchant, une dissertation sur la révolution française
- Tu t'en tires bien
Les deux adolescents se blottirent sur le canapé devant une série télé en attendant que Sirius rentre. Le cliquetis de la clé se fit entendre trois quart d'heure plus tard, et Sirius apparut dans le salon avec un grand sourire aux lèvres.
-Alors les mômes, vous vous êtes bien exténués au basket ? Vous voulez manger quoi ce soir ?
- Ce que tu prépare, on s'en fiche… marmonna son filleul en baillant
Et Sirius repartit en sifflotant…
Et Harry lança un regard soupçonneux à la porte par laquelle il avait disparu… Bah, s'il était heureux, tant mieux…
Sirius mit alluma la chaîne hifi de la cuisine et commença à se déhancher en rythme, tout en mettant de l'eau à bouillir pour faire des pâtes.
- Gonna call the president, gonna call a private eye, gonna get the I.R.S., gonna need the F.B.I…
Harry avait laissé son meilleur ami végéter sur le canapé pour rejoindre son parrain dans la cuisine et l'avait trouvé en pleine séance karaoké. C'est avec le sourire qu'il s'assit sur une chaise et l'observa chanter avec la chorégraphie. Quand la chanson se termina Sirius lui fit un sourire éclatant.
- Qu'est ce qui te met d'aussi bonne humeur ? demanda Harry
- Rien, je suis content c'est tout
- Passé une bonne journée ?
- On a signé un contrat de plusieurs millions tout à l'heure donc oui, je suis content
- Pourquoi t'es rentré si tard ?
- C'est quoi ces questions Harry ? Et c'est quoi ce regard de petit démon soupçonneux, on dirait ta mère quand elle voulait savoir quelque chose
- Harry veut juste savoir Qui te rend si heureux ricana Ron qui venait de les rejoindre dans la cuisine, et fais gaffe ton eau boue.
Les joues de Sirius devinrent rouges et il se précipita sur le paquet de spaghettis pour les glisser dans l'eau tandis que Ron et Harry se souriaient avec un clin d'œil complice.
Le repas se passa sans qu'aucun des deux adolescents n'insiste pour savoir la cause de cette soudaine bonne humeur, mais l'homme d'affaire lui, était bien décidé à se venger du rouquin et c'est quand ce dernier but goulument son verre de coca qu'il attaqua.
- Ron, ça avance avec Hermione ?
Touché, le rouquin venait de s'étouffer avec une gorgée du liquide marron et toussotait à présent dans sa serviette.
- Pourquoi tu me demande ça ?
- Bah tu comptais pas lui avouer tes sentiments un de ces quatre ? Depuis toutes ces années on se demande ce que t'attends, si tu te bouge pas le cul un autre va te la piquer, déclara tranquillement le brun.
Coulé, Ron était à présent rouge comme une écrevisse, d'une couleur jurant vraiment avec ses cheveux. L'adolescent se tourna vers son meilleur ami dans l'espoir de trouver du soutien et il le retrouva mort de rire dans son coin.
- Sirius, tu devrais demander à Harry comment ça se passe pour lui, vu ce qu'il faisait avec une certaine chinoise à la fin du cours de sport…
- Ron ! Tais-toi !
- C'est vrai ça Harry ? Elle est jolie cette jeune fille ?
- Très jolie, Cho Chang est d'ailleurs très convoitée par la gente masculine mais il n'y a qu'un petit brun à lunettes qui l'intéresse. Ils ont rendez vous demain pour se faire une séance de cinéma très romantique.
C'était au tour d'Harry d'être rouge et il plissa les yeux pour lancer un regard à son ami qui voulait dire « Tu t'en sortiras pas comme ça » alors que Ron le regardait innocemment l'air de dire « On se défend comme on peut ».
Sirius les laissa se faire toutes les menaces du monde en souriant et débarrassa la table avant de rejoindre sa chambre, ayant préalablement dit bonsoir aux deux adolescents et dit de ne pas se coucher trop tard.
Il attrapa un livre sur son étagère et s'allongea sur son lit pour le lire. Enfin lire était un bien grand mot, son esprit semblait errer ailleurs, dans un certain café précisément où il avait passé deux heures avec l'objet de ses fantasmes des dix-huit dernières années. Malgré les grogneries du serveur, Sirius était passé derrière le bar pour lui donner un coup de main. Il en avait profité pour se rapprocher de lui, juste dans le but de lui montrer qu'il était différent du gamin qu'il avait connu au lycée. Et Snape avait rit à ses blagues, avait répondu à ses questions, même s'il n'arrêtait pas de lui dire de se taire, que c'était pas possible d'être aussi bavard et qu'il trouvait toutes les excuses du monde pour l'envoyer à l'autre bout de la pièce, « vas porter ces trois cocas et ce sprite table trois » par ci, « Le gars de la table deux redemande une bière, vas-y » par là.
Snape avait changé. Oh il était toujours aussi sarcastique et pour le faire sortir de sa coquille inexpressive il fallait vraiment le vouloir, mais une fois qu'il laissait une petite ouverture, c'était un autre Snape, un Snape qu'il n'avait jamais rencontré et qu'il crevait d'envie de connaître.
Il avait même osé lui faire un peu de gringue, comme ça, juste pour lui montrer qu'il ne le laissait pas vraiment indifférent, un petit compliment sur sa tenue qui mettait ses jambes en valeur, et Snape avait rougi de façon adorable… avant de lui dire que s'il était trop bourré pour porter des bouteilles il valait mieux qu'il rentre chez lui.
Incapable de se concentrer sur sa lecture plus longtemps il se mit en pyjama et jeta un regard à la photo de son meilleur ami posée sur sa table de nuit, se glissa sous sa couette et éteint la lumière.
- Désolé James.
ooo
Clément posa le café sur la table et sourit à la demoiselle qu'il venait de servir… avant de se prendre un coup de torchon sur la tête.
- Je te paye pas pour faire du gringue aux clientes, aussi jolies soient elle, le prévint Remus avec un sourire aux lèvres
- Désolé patron, répondit son employé avant de s'en aller non sans avoir fait un petit clin d'œil à la jeune fille qui semblait complètement sous le charme du serveur blond.
Lupin et Clément étaient seuls, Severus ne les rejoindrait que dans l'après midi, ainsi il assurerait le service du soir avec son patron. Entre deux commande Remus prit le jeune homme à part.
- Alors, ça va avec Snape ?
- Il est pas très loquace mais il est bosseur, il fait bien son boulot, j'ai rien à redire
- Tant mieux alors
- Je peux te poser une question ?
- Dis toujours ?
- Y a un truc entre lui et Sirius ? A ce que tu m'as dit vous n'étiez pas très bons copains au lycée, mais j'ai l'impression que Sirius passe son temps à le draguer
Il eut un sourire énigmatique et un vague « qui vivra verra » comme réponse. Pas de doute en fin de compte, Sirius semblait prêt à tout pour prendre de cœur de l'homme ténébreux. Depuis cinq ans qu'il le connaissait il n'avait jamais vu Sirius porter une réelle attention à quiconque, laissant les autres venir à lui sans jamais s'engager. Clément porta un café à un homme d'affaire plongé dans son journal le sourire aux lèvres, content de la tournure que prenait les choses pour son ami. Bon bah il manquait plus que Remus à caser…
ooo
- Salut les gens, comment ça va la vie ?
- Sirius on travaille, y a assez de monde pour que tu nous laisse tranquille, et puis je croyais que tu nous aidais pas aujourd'hui
- C'est le cas, j'ai des courses à faire mais ça n'empêche pas que je vienne vous faire un petit coucou, si ?
- T'es déjà venu hier, vas jouer ailleurs.
Sirius fit une moue boudeuse pour exprimer son mécontentement, et se tourna vers le bar où il s'avança d'une démarche féline, sans prêter attention au regard assassin de Severus.
- Snape, Snape, Snape… tu ne vas pas me dire toi aussi que t'as pas envie de me voir, si ?
- Laisse-moi tranquille sale cabot
- Je sais, on va faire un marché…
- Mon dieu mais faites le taire par pitié.
- Si je m'en vais, tu accepte de dîner avec moi, ça te va ?
Remus leva les yeux au ciel, alors c'est pour ça qu'il était venu… un jour il faudrait qu'il lui explique deux trois choses sur les relations humaines.
- Vas-t'en Black
- Prends ça comme un geste pour la collectivité, si tu dis oui, tu rends service à tous ceux qui rêvent de me voir sortir de ce café, et tu me rends heureux par la même occasion
- La première raison pourrait être intéressante mais je bloque sur la deuxième, désolé.
- Tu ne pourras pas toujours m'échapper, Severus, un jour tu craqueras, susurra l'homme d'affaires, et il s'en alla avec un immense sourire aux lèvres, pendant que son ancien ennemi secouait la tête de droite à gauche de dépit.
ooo
Remus essuya la dernière table et visa le seau pour tirer un panier avec le chiffon, ils pouvaient enfin fermer le café. Déjà minuit, heureusement qu'il n'habitait pas très loin, il pourrait vite aller se coucher.
Severus frottait avec énergie la plaque de marbre du bar sur lequel un homme avait renversé son coca, il valait mieux nettoyer maintenant plutôt que se retrouver ensuite avec la mauvaise surprise d'un meuble tout collant. Après avoir fermé la réserve son patron le rejoint et s'assit sur une chaise en hauteur.
- Ça va ? Pas trop fatigué ?
- Par le boulot ou par ton imbécile de copain ? Railla le serveur
- Les deux…
- Non ça va, je supporte pour le moment
- Tu es conscient qu'il ne va pas te lâcher tant qu'il n'aura pas eu ce qu'il voulait ?
- J'ai cru comprendre
- Il est sincère, tu sais.
- N'importe quoi, soupira t-il
- Ce n'est pas n'importe quoi, en général il ne prend pas la peine de draguer, les gens viennent à lui
- Et c'est censé me rassurer…
- Tu ne vois toujours que le coté négatif des choses ? J'ai pas dit ça pour que tu comprennes que Sirius est volage ou qu'il a une horde de prétendants à ses pieds, je t'ai dit ça pour que tu sache qu'il y a plus qu'une simple attirance physique.
- Tu vas me faire croire que le mec qui m'a humilié pendant sept ans pour la seule raison qu'il ne m'aimait pas aurait des sentiments pour moi ? Laisse-moi rire.
- Les ados sont idiots par moment, je ne t'apprends rien, laisse lui une chance de te séduire, ne te ferme pas comme une huitre à chacune de ses approches.
- C'est du délire… marmonna Severus en levant les yeux au ciel et en se penchant pour mettre les bouteilles vides dans une cagette.
- Je ne te demande que ça, essaie juste de le connaître, tu verras il a grandi et il se pourrait que tu change d'avis, après moi je dis ça, je dis rien. Mais c'est mon meilleur ami et j'aimerais vraiment qu'il soit heureux.
- Comme si moi je pouvais le rendre heureux ?
- Arrête avec cette mauvaise foi…
- Mais t'as vraiment que ça à faire qu'arranger des coups à ton copain toi ?
- Faut bien que je lui sois utile à quelque chose, réplique Remus avec un sourire, bon, promet moi d'y réfléchir, ok ?
Severus grogna et tout deux fermèrent le café pour se rendre vers leur domicile respectif.
ooo
Severus se réveilla avec difficulté, il avait oublié de fermer ses rideaux et les rayons du soleil arrivaient droit vers ses yeux. Il jeta un œil au réveil posé sur la table de nuit, dix heures trente du matin. Il vira le chat qui s'était étalé sur son ventre non sans que les griffes de l'animal ne se soient plantées préalablement dans sa chair pour bien montrer son mécontentement d'être viré de sa source de chaleur préférée, lui laissant donc une griffure assez étendue sur le flanc.
D'un pas peu assuré, l'esprit encore embrumé par le sommeil, il alla vers la cuisine et réchauffa une tasse de café au micro-onde. Alors qu'il attendait que l'appareil ait finit la sonnette de la porte retentit. Il bailla doucement et s'avança dans l'entrée et sans regarder par le judas il ouvrit à son visiteur.
- Dites moi que je rêve… grommela t-il au brun qui se tenait devant lui.
- Bonjour, j'amène les croissants, déclara Sirius avec un sourire resplendissant.
- Je peux savoir ce que tu fous là ?
- Je te rends une petite visite, ça se voit pas ?
Severus souffla, de toute façon il n'avait pas eu son café du matin alors il ne trouverait jamais de répliques cinglantes à lui sortir. Il se retira de l'entrée laissant le champ libre à son squatteur. Appuyé contre le meuble de la cuisine il essayait de faire abstraction du brun qui le fixait. Une fois complètement réveillé il s'assit en face de lui et attaqua tout en piochant dans le sachet de croissants, ils étaient là, autant en profiter, et ça faisait des années qu'il n'en avait pas gouté de vrais.
- Comment t'as eu mon adresse ?
- C'est Mumus qui me l'a donné… me regarde pas comme ça… ok, je lui ai extorqué…
- Et la raison de cette visite matinale ?
- Bah j'avais préparé plein d'excuses mais aucune ne semblait satisfaisante.
- Je me contenterais de la vraie dans ce cas.
- Un envie subite ?
Severus secoua la tête, de toute façon il ne comprenait rien à ce préado immature. Et puis il n'avait pas toujours l'occasion d'avoir de la compagnie.
- Merci pour les croissants, dit il doucement, ces simples mots ravissant son visiteur.
- Qu'est ce que tu t'es fait au torse ? Tu t'es cogné au coin d'un meuble ?
Ah oui, c'était vrai qu'il était torse nu avec juste un bas de pyjama sur le dos. Il expliqua que c'était un fauve ensommeillé qui l'avait griffé et alla remplir la gamelle du fauve en question qui débarqua aussitôt dans la cuisine en ronronnant du plus profond de lui-même.
- Kyaaah, mais il est trop mignon ! Minou, minou, comment il s'appelle ? dit Sirius en attrapant le chat au vol pour le papouiller ce qui redoubla le son de tronçonneuse.
- Nausicaa
- Pas très viril
- La femme qui me l'a offert m'a embêté pour que je lui trouve un nom et la première chose qui m'est passée par l'esprit c'est Noisy Cat, elle a mal compris et a été emballée par Nausicaa.
- C'est vrai qu'il est bruyant
- Bon, je vais prendre une douche, installe toi dans le salon, de toute façon quoi que je dise tu n'en feras qu'à ta tête.
Résigné à se coltiner son ancien ennemi, il s'en alla. Quand il revint, habillé d'un jean noir et d'un pull à col en V de la même couleur, il trouva Sirius assis sur le canapé le chat sur les genoux et ne put s'empêcher de trouver très mignon ce tableau… émotion d'ailleurs vite balayée.
- Alors, ça te prend souvent de venir chez les gens le dimanche matin ?
- A vrai dire non, mais je me suis dit que t'étais tout seul dans cet appart, tu viens de revenir à Paris… peut-être que t'avais envie d'un peu de compagnie… on pourrait, je sais pas, parler de ce qu'on a fait pendant les dix-sept dernières années… (Regard perçant de Severus) ok c'était pas une bonne idée… je vais te laisser seul.
Il se leva la mine dépitée et ce ne fut qu'après avoir posé la main sur la poignée de la porte que Severus s'entendit dire un « ça va, reste ».
Sirius se retourna et le regarda avec curiosité.
- Tu es sur ?
- Je peux encore changer d'avis si ça te dis.
Sirius secoua la tête énergiquement et se rassit vite sur le fauteuil en face de son hôte.
- Bon, Black, de quoi veux-tu parler ?
- Je peux t'appeler Severus ?
Après une certaine hésitation, le serveur opina à contrecœur.
- Et bien sûr tu m'appelle Sirius… si tu en as envie, rajouta t-il, ne sachant pas vraiment se comporter devant son ancien ennemi qui continuait à se montrer froid et distant, tout en faisant quelques efforts. C'en était carrément déstabilisant. Le brun avait peur d'abuser, trop de familiarité et l'objet de ses désirs se refermerait comme une huitre. Après plusieurs secondes où ils se regardèrent dans le blanc des yeux, Sirius décida de rompre le silence.
- Alors, qu'est ce que tu as fait de beau pendant toutes ces années ?
- Tu veux la version courte ou la version longue ?
- Celle que tu veux ?
- En résumé, j'ai parcouru le monde, travaillant là où je trouvais du boulot, en général je travaillais pour une société implantée partout dans le monde. Je suis assez débrouillard alors je n'avais aucun mal à faire ce qu'on me demandait, ils m'appelaient pour que je déniche des infos la plupart du temps. Avant de venir ici j'habitais à Saint-Pétersbourg depuis deux ans.
- Et pourquoi es tu revenu ?
- Marre de la vie de nomade, j'ai décidé d'arrêter de courir, de me trouver un boulot et de vivre une vie normale là où j'avais grandi.
- Tu n'es jamais revenu ici pendant dix-sept ans ?
- Si, de temps à autres, en général quelques jours pour rendre visite à des amis qui vivent ici. Dis-moi, pourquoi t'intéresses-tu subitement à ton ancien ennemi ?
Il n'y avait aucune rancune dans cette question, juste une curiosité polie. Sirius rougit avant de s'éclaircir la gorge, ne sachant pas trop quoi répondre. De toute façon il ne pouvait pas lui mentir, il savait parfaitement que s'il voulait espérer un jour séduire Severus, il fallait qu'il joue la carte de la sincérité.
- Je m'intéressais déjà à toi en terminale, lâcha t-il doucement la tête baissée et les joues rouges.
- Quoi ?
- T'as très bien entendu.
- Mais alors, pourquoi cet entêtement à vouloir m'humilier et me montrer par tous les moyens que tu me détestais ?
- Ayant déjà un meilleur ami qui ne cachait pas son homophobie, je découvrais ensuite que j'aimais les hommes et que celui qui m'intéressait n'était autre que mon pire ennemi, comment voulais tu que je réagisse ? J'ai essayé de nier ce que je ressentais vraiment pour ne pas perdre mon ami et parce que je ne pouvais pas aimer les hommes, c'était mal vu. Alors j'ai continué à agir comme avant. Et puis te revoir au café la dernière fois a fait revenir tout ce que j'avais tenté d'oublier.
Snape en resta bouché bée, ne sachant plus quoi ajouter à cette déclaration plutôt inattendue. Il se contenta de fixer son vis-à-vis de ses yeux noir.
- Pitié, Severus, dis quelque chose, s'agaça l'homme d'affaires
- Mais je sais pas quoi dire
- Bah je sais pas, sors moi un de tes sarcasmes, moque toi de moi, ce que tu veux…
- J'ai pas envie de me moquer de toi
- Pourtant ça me rassurerait, savoir qu'on ne t'a pas échangé contre un autre Snape qui dit que des choses gentilles.
- Arrête de sortir des bêtises grosses comme toi, n'émet même pas l'hypothèse que mon potentiel de sarcasme puisse s'être altéré avec le temps.
Severus sourit légèrement au regard soulagé de son ancien ennemi puis soupira avant de se caler contre le dossier.
- Je ne sais pas ce que tu attends de moi, dit-il après quelques minutes de silence.
- Rien de plus que ce que tu peux me donner, si ce n'est qu'une amitié eh bien je m'en contenterais
- Toi ? Tu te contenterais d'une simple amitié ?
- Je n'ai pas dit que je ne me battrais pas pour t'avoir, s'indigna le brun
Severus soupira et se leva pour se rendre dans la cuisine. Quelques secondes plus tard il en ressortit avec une tasse de café dans la main, et s'appuya contre le chambranle de la porte d'où il observa Sirius, ce dernier lui jeta un regard interrogateur.
- C'est trop bizarre… dit-il simplement
- Qu'est ce qui est bizarre ?
- Mais tout ça ! Je suis froid, associable, sarcastique, rabat-joie, et même pas séduisant pour rattraper tous ces défauts… tu pourrais choisir tellement mieux…
- Je crois que ça c'est encore à moi de décider, dit froidement Sirius
- Admettons… mais on finirait par s'entretuer tu ne crois pas ?
- Je ne crois pas, dit-il catégorique
Severus fronça les sourcils et rejoignit sa place.
- Je… écoute, j'ai besoin de réfléchir…
- Laisse-moi juste une chance de te montrer qui je suis. Juste une. Après si tu veux que j'arrête de te casser les pieds, j'arrêterais.
- D'accord, souffla le serveur sans trop savoir pourquoi.
Sirius se leva et prit le chemin de la porte avec un grand sourire.
- Alors je peux réserver dans un resto pour samedi soir ?
- D'accord, répéta t-il, et la porte claqua.
ooo
Sirius claqua la porte et posa son casque sur le petit meuble de l'entrée. Il suspendit son anorak en sifflotant et se rendit dans le salon, où il trouva son filleul assis sur le canapé en train de regarder un film.
- Hello mon Ryry, t'es pas avec ta copine ?
- Non
Sirius fronça les sourcils en entendant le ton qu'avait employé l'adolescent. Apparemment ça ne s'était pas très bien passé. Il enleva ses chaussures et s'assit à coté de lui.
- Qu'est ce qui s'est passé Harry ?
- Rien, Cho et moi c'est fini avant d'avoir commencé
- Mais tu m'avais dit hier que tu t'entendais très bien avec elle quand vous aviez été au cinéma
- Oui c'est sûr, elle se tait quand on est devant un film…
- Et quand elle ne se tait pas ?
- Elle me parle de ses ex et me fait la liste de tous les mecs qui lui ont fait des avances. A croire que la moitié du bahut lui est déjà passé dessus sans que je le sache.
- Tu es sûr qu'elle ne faisait pas ça pour te rendre jaloux ?
- Possible, mais alors qu'on était dans un café et qu'elle me parlait de ça, un moment elle s'est levé et a commencé à me dire que je devais sérieusement revoir mon orientation sexuelle et que si je voulais plaire à Malfoy il fallait que j'arrête de lui taper dessus, avant de sortir. Elle ma laissé l'addition en plus cette garce.
- Qu'est ce que Malfoy vient faire là dedans ?
- Bah il est possible que j'aie parlé deux trois fois de lui pour dire qu'il me tapait sur les nerfs, et vas savoir pourquoi, elle s'est emporté.
- Bon, c'est qu'elle n'était pas faite pour toi…
- Peut-être… Elle m'a gonflée, comme si juste parce qu'elle ne me plaisait que moyennement on pouvait en conclure que j'étais gay ? Est-ce que j'ai une tête à être gay ?
- Euh…
- Je ne dis pas que tu as une tête de gay Sirius, je dis juste que moi, ça se voit que je ne le suis pas.
- Mais pourquoi ça te travaille autant ?
- Ça me travaille pas du tout, de toute façon je suis trop viril pour ça, donc l'affaire est réglée.
- On peut être viril et gay tu sais ?
- Tu insinues quoi là ? Demanda Harry avec le regard mauvais.
- Rien, je n'insinue rien. Je me défends, c'est tout.
- Mais tu sais très bien que je ne dis pas ça pour toi Sir.
- Ecoute Harry, tu es énervé, on reparlera de tout ça à tête reposée, d'accord ?
Sirius se leva pour se rendre dans sa chambre en secouant la tête, et il eut le loisir d'entendre son filleul grommeler que « même s'il était gay il ne s'enticherait pas d'une fouine peroxydée. Et puis quoi encore, elle est folle cette gourde… Et de toute façon il n'était pas gay».
L'homme d'affaire soupira, et se dit qu'il n'avait pas fini d'en entendre parler de cette histoire.
ooo
Lupin, assit derrière le bar aux cotés de Severus qui essuyait des verres, regardait de loin son autre jeune employé servir une jolie blonde d'environ vingt ans. Il l'avait déjà vu plusieurs fois ici et Clément paraissait complètement sous le charme. Un autre jour il lui aurait fait des reproches mais en cet après-midi de mercredi les clients étaient peu nombreux alors il pouvait bien flirter quelques minutes.
- Je suis sûr qu'elle vient exprès pour lui.
- Nan, tu crois Snape ? Rit le patron
- Et tu le laisse faire ?
- Il n'est pas le seul que je laisse se faire draguer dans ce café, lâcha Remus avec un clin d'œil qui eut pour effet un renfrognement du coté de son employé.
- Je ne me fais pas draguer
- Tu as raison, et donc le dîner samedi soir c'est pour vous montrer mutuellement à quel point vous vous détestez…
- Fous-moi la paix Lupin, par pitié.
- Regarde moi ce petit malin, elle lui a passé un petit mot, je suis sûr que c'est son numéro de téléphone.
Ravi de ce changement de sujet Severus jeta un œil à son collègue qui présentait à présent un sourire jusqu'aux oreilles et ne put réprimer un petit rire. Quand Clément fut revenu au bar il se retrouva devant son patron qui se foutait ouvertement de sa gueule et de son collègue qui avait un petit sourire sarcastique.
- Bah quoi ?
- Oh, rien, répondit Remus. Sinon on peut savoir comment s'appelle la demoiselle ?
- Ludivine, elle est belle hein ?
- Splendide, répondit son patron.
- Divine, renchérit Severus.
Clément fit mine de bouder, les deux ex-ennemis continuèrent à rire et la porte s'ouvrit laissant entrer un adolescent bien connu de l'endroit.
- Bah je vois qu'on rigole bien ici, s'exclama Harry
Il salua tout le monde et s'installa sur une chaise haute.
- Quel bon vent t'amène ? Lui demanda Lupin
- Bah j'étais tout seul à la maison puisque Sirius est encore au boulot et je m'ennuyais
- Ron et Hermione t'ont lâché ?
- M'en parlent pas… ils se sont engueulé parce que Ron sort avec Lavande maintenant et Hermy veut pas sortir de chez elle.
- On n'est pas couché avec ces deux là. Quel idiot ce Ronald…
- D'ailleurs je voulais te demander, à propos de Sirius…
- Oui ?
- Tu sais s'il sort avec quelqu'un en ce moment ?
Remus sentit Severus se tendre légèrement et se dit qu'il manquait vraiment de chance pour que le filleul de son meilleur ami aborde le sujet, justement ici.
- Euh, non… Pourquoi tu me poses cette question ?
- Parce que ces derniers jours Sirius est rêveur, sifflote, a parfois un sourire niais, et que sérieusement… ça fait peur. Et aussi parce qu'avec toi Sirius ne peut pas tenir sa langue alors tu es forcément au courant, rajouta Harry comme si ça coulait de source.
- Ecoute, il m'a rien dit…
- Remus ?
- Oui ?
- Tu mens ?
- Moi ? Jamais.
- T'as jamais su mentir…
Remus leva les yeux au ciel et demanda à Severus de servir un jus d'orange à ce petit curieux et partit prendre la commande d'une groupe de personnes qui venaient de s'installer. Le serveur cherchait à échapper au regard scrutateur de ce garçon qui ressemblait un peu trop à son père pour être honnête mais Harry semblait apparemment vouloir le soumettre lui aussi à un interrogatoire.
- Ça vous plait de travailler ici ? Demanda t-il avec un sourire un peu trop innocent.
- Ça va
- Vous pourriez me renseigner ?
- Ça dépend…
- Vous voyez qui c'est Sirius Black ? Le meilleur ami de Remus, les cheveux bruns et longs, avec une barbiche autour de la bouche, un peu foufou… Vous l'avez obligatoirement vu puisqu'il passe pas mal de temps ici.
C'est vrai que vu comme ça, il n'était même pas question de nier…
- Oui, et ?
- Vous l'avez vu avec un homme ? Quelqu'un avec qui… enfin vous me comprenez… Lui demanda l'adolescent en se rapprochant pour pouvoir parler plus doucement et sur le ton de la confidence.
- Euh… répondit de façon éloquente l'homme en noir, les sourcils froncés. Nan mais pourquoi il lui demandait ça à lui, ce morveux ?
Il n'eut pas le temps de répondre une phrase plus constructive que son interlocuteur fixait les sourcils froncés un nouvel arrivant légèrement familier.
- Draco ?
- Malfoy ?
- Potter ?
Une fois la surprise passée, les deux adolescents se regardèrent en chiens de faïence, une aura meurtrière planant autour d'eux. Severus flaira le danger et entraîna son filleul vers la réserve tout en faisant signe à Clément à l'autre bout de la salle de le remplacer au bar.
- Eh ben, la fréquentation laisse grandement à désirer ici.
- Ne sois pas désagréable Draco… Que me vaut l'honneur de ta visite ?
- Tu passe jamais à la maison alors j'ai demandé l'adresse de l'endroit où tu travaillais à Mère. Pourquoi, tu n'es pas content de me voir ? Dit Draco d'un ton accusateur, faisant sourire son parrain, tout de même heureux de voir ce mioche imbu de lui-même mais intérieurement d'une profonde gentillesse.
- Si, je suis content, lui répondit-il en lui ébouriffant ses cheveux aussi blonds que ceux de Lucius. Bon, si je te ramène dans la salle principale, parce qu'il faut que je bosse moi, tu es capable de tenir sans faire de scandale avec Potter ?
Draco fit la moue et hocha la tête à contrecœur.
Arrivés au bar, il s'assit sur une chaise haute, à quelques mètres de celle d'Harry qui sirotait son jus d'orange sans le regarder. A leur arrivée il releva la tête et fit comprendre d'un regard qu'il n'en avait pas fini avec le serveur. Il savait quelque chose, et il avait intérêt à lui dire. Severus le devança, avant qu'il n'ait le temps d'ouvrir la bouche.
- Ecoute-moi bien… Harry c'est ça ? Si tu veux savoir quelque chose, demande-le à la personne concernée, ok ?
- Mais…
- Pas de mais, ce ne sont pas mes oignons, Black peut fréquenter qui il veut, la terre ne va pas s'arrêter de tourner pour autant.
Il avait employé un ton autoritaire qui avait fait froid dans le dos d'Harry. N'osant plus répliquer quoi que ce soit il hocha la tête et rejoignit Remus.
Dans son coin, il observa son ennemi avec le serveur et se prit à penser que sans son air prétentieux et snob, Malfoy était plutôt pas mal, il était même beau quand il riait… avant de redescendre sur terre. Mais qu'est ce qui lui prenait ? Malfoy était une fouine puante et exécrable. Et puis c'était un mec, il n'était pas censé trouver un mec beau, si ? Et c'est avec horreur qu'il se rappela les paroles d'une certaines chinoise…
ooo
Debout dans sa chambre, Sirius se creusait les méninges pour remédier à l'épineux problème qui se présentait face à lui. C'est plongé dans ses réflexions, le regard fermé et les sourcils froncés que son filleul le trouva.
- Tu sors ce soir, Sirius ?
- Mmmh
- T'y vas avec qui ?
- Des collègues
- C'est pour des collègues que tu fixes ces deux chemises comme si le choix que tu allais faire allait déterminer ta vie ? Demanda Harry sceptique.
- Ryry, sauve-moi. J'ai absolument besoin de ton aide. Avec ce pantalon noir, je dois mettre la chemise rose pale ou la chemise vert bouteille ?
Le visage de son parrain avait l'air tellement sérieux en attendant la réponse qu'Harry ne put s'empêcher d'éclater de rire, voyant que l'homme commençait à perdre patience il désigna la verte et s'en alla dans le salon, toujours en gloussant dans sa barbe.
ooo
Remus essayait tant bien que mal de ne pas sourire d'amusement quand il voyait qu'au fur et à mesure que 1'heure fatidique approchait, Severus était de plus en plus irascible. Dans dix minutes, Sirius débarquerait la bouche en cœur pour emmener l'objet de ses désirs au restaurant.
Le patron avait été amusé de voir la mine dépitée de son employé quand celui-ci était venu lui demander un soir de congé, insistant bien sur le fait qu'il comprendrait si Remus refusait, après tout il y avait souvent affluence le samedi soir. Son visage avait blanchi quand il lui avait dit qu'il n'y avait pas de problèmes, il se débrouillerait avec Clément. Au fond, il savait bien que si Snape avait accepté, c'est qu'il ne détestait pas à ce point Sirius, et que son horreur à aller à ce rendez-vous relevait plus de l'angoisse qu'autre chose, alors il lui avait donné ce jour de congé dans l'espoir qu'il se rend compte qu'en fait l'homme d'affaire pourrait lui plaire.
Quand Snape était sorti des vestiaires où il était rapidement allé se changer, Remus s'était tout simplement dit qu'un homme faisant autant d'effort pour quelqu'un qu'il prétendait ne pas supporter ne devait finalement pas le penser. Ses cheveux noirs élégamment noués, laissant s'échapper quelques mèches encadrant son visage, ses vêtements tous noirs mais très biens choisis mettant en valeur son corps fin… son meilleur ami allait en baver ce soir. Après s'être changé il s'était tout naturellement remis derrière le bar, préparant les cocktails qu'on lui demandait en suivant les recettes que Remus lui avait données, sans dire un mot.
Et Sirius était arrivé, resplendissant dans son costume noir, sa chemise verte ouverte sur ses clavicules. Il était passé chez le coiffeur, ses cheveux bruns tombant légèrement autour de son visage, il avait taillé son bouc, formant un cercle sombre autour de sa bouche. En gros il s'était surpassé. Son regard croisa d'abord celui de son meilleur ami qui lui fit un clin d'œil pour l'encourager et vaillamment, il sourit au serveur.
Severus se lava rapidement les mains et salua ses deux collègues avant de suivre son prétendant dehors. Ils marchèrent le long de la rue avant de s'arrêter devant une Mercedes grise. Le serveur leva un sourcil moqueur et put à peine percevoir le rouge qui colorait les joues de l'homme d'affaires.
- Je sais, Remus m'a souvent dit qu'une belle voiture dans Paris ne servait à rien. Mais chacun a ses faiblesses comme on dit.
- En effet, c'est une très belle voiture.
- Tu monte ? demanda Sirius avec un sourire. Un fois tout les deux installés, il démarra, laissant à nouveau place au silence, jusqu'à ce que Snape le rompe.
- Alors ? Tu m'emmène où comme ça ?
- Dans un petit restaurant près de bastille, j'y avais emmené Harry pour son anniversaire, j'espère que tu aimes la cuisine traditionnelle, parce que c'est là bas qu'ils servent le meilleur faux-filet de Paris. Je ne savais pas ce que tu aimais comme cuisine alors je n'ai pas osé réserver chez un thaï ou un coréen, mais si tu veux la prochaine fois…
- C'est parfait Black, ne t'inquiète pas, le coupa Severus avec un sourire amusé, ne relevant même pas le « la prochaine fois ».
La voiture quitta la grande avenue sur laquelle elle s'était engagée et tourna à gauche pour continuer le long de petite ruelles. Snape se fit la réflexion que lui-même se perdrait comme qui rigole s'il devait conduire dans Paris. Ils s'arrêtèrent devant un petit restaurant devant lequel il serait passé sans le voir et entrèrent. Sirius donna son nom et le serveur les emmena vers la table la plus éloignée des cuisines.
La décoration était très sobre, presque campagnardes, une salle à manger élégante, des tables rondes recouverts de nappes rouge bordeaux, Il n'y avait qu'une seule autre table où un couple était déjà installé, et une fois qu'ils furent assis, le serveur s'empressa de disparaître pour leur laisser une certaine intimité.
- Tu as passé une bonne journée ? demanda Sirius, pour engager la conversation.
- A part un mioche qui a renversé son coca par terre nous obligeant à avoir recours à l'eau de javel pour éviter que le sol ne colle c'était assez tranquille.
- Ah, ça c'est régulier ce genre d'accidents
- Et j'ai eu le plaisir de faire la connaissance de ton filleul mercredi. Déclara Severus avec malice.
- Ah oui ? Qu'est ce qu'il te voulait ? Demanda Sirius, sachant pertinemment que ce qui allait suivre ne lui plairait pas.
- Il m'a juste demandé si je t'avais vu avec un homme ces derniers temps, je crois qu'il se pose des questions sur ta vie sentimentale et que ça le rend très curieux.
Le serveur débarqua à ce moment pour leur apporter le menu et la carte de vins.
- Et que lui as-tu répondu ? Demanda l'homme d'affaires d'un ton faussement détaché
- Que tu pouvais sortir avec tous les mecs que tu voulais, la Terre ne s'arrêterait pas de tourner pour autant.
Sirius lui jeta un regard indigné, presque blessé auquel Severus répondit par un sourire innocent.
- Je n'allais pas dire que c'était après moi que tu courrais
- Exact.
- Il a dit à Lupin que tu avais parfois un sourire niais, un air rêveur et que par moments tu sifflotais ces derniers temps. Je ne savais pas que je te faisais cet effet là.
- Qui te dit que c'est toi qui me fais cet effet ?
- Rien, c'est vrai, déclara froidement l'homme aux cheveux noirs.
- Messieurs, puis-je prendre votre commande ?
- Un faux-filet forestier pour moi, lui répondit Sirius.
- Pareil pour moi, dit à son tour Snape.
- Vous ajouterez un demi de bordeaux s'il vous plait.
- Très bien monsieur.
Le brun se retourna vers son compagnon et retrouva cet air impassible qu'il connaissait tant sur son visage mais resta confiant. Il n'allait pas se laisser démonter maintenant, et puis quoi encore ?
- Je rigolais, il n'y a qu'à toi que je pense quand j'ai cet air rêveur.
Gagné. Les joues blanches de l'autre homme s'étaient vivement teintées de rose.
- Es tu toujours aussi… direct ?
- Je dis ce que je pense, c'est tout. Je ne me fais pas d'illusion, je sais très bien que tu ne me feras pas de déclarations enflammées ce soir, je veux juste te montrer que je suis sincère.
- Ah parce que tu compte sur la déclaration enflammée un jour ? Ricana Snape
- On a bien le droit de rêver, lui répondit-il en tirant la langue.
Severus leva les yeux au ciel sans pouvoir cacher un sourire amusé qu'il essaya de cacher en détournant la tête. L'homme d'affaire eut un sourire tendre et chercha à accrocher son regard de ses yeux trop bleus pour le taquiner, il eut comme réponse un soupire faussement agacé avant que tout deux ne se mettent à rire. Le serveur se sentait complètement dépassé par cette situation irréelle à ses yeux. Pour dissiper son trouble, il lança la conversation vers le premier sujet qui lui passa par la tête, à savoir le boulot de Sirius.
Et Sirius lui parla, de la crise, de stratégies, de publicité, des clients à qui il avait à faire, tous plus irascibles les uns que les autres, des responsabilités qui pesaient sur ses épaules l'amenant à avoir à faire des choix qui dépassaient sa propre personne, lui assurant parfois de belles primes et plus rarement, même si c'était déjà arrivé, des nuits entières passées dans son bureau à réparer les pots cassés à la suite d'une mauvaise décision qu'il avait prise. Un boulot de chien mais auquel il était habitué, et qui lui permettait d'avoir une vie confortable pour lui et son filleul.
Et Severus l'écoutait, et il se disait que peu d'hommes sur terre étaient capables de lui parler d'économie sans qu'il baille aux corneilles, mais Sirius en faisait partie. Toujours très sérieux il restait néanmoins lui-même, sortant de temps en temps des petites vannes, se moquant de lui-même ou du monde bizarre dans lequel ils vivaient. Et à sa demande, Snape parla de ses voyages.
Malgré toutes les propositions de Lucius, il n'avait jamais accepté de se lancer dans une carrière économique, il tenait trop à sa liberté pour ça, préférant découvrir le monde par lui-même plutôt que dans une voiture aux vitres teintées qui l'emmènerait au centre des affaires d'une capitale mondiale, La City, Wall Street, ou encore La Défense, il y avait tellement de choses plus importantes à découvrir. Ainsi, il travaillait pour vivre et pour voyager, ne restant généralement pas plus de quelques mois dans le même pays, à par Saint-Pétersbourg, son coup de cœur, il y était resté deux ans. Mais quinze ans à vivre ainsi, au gré de ses envies, c'était assez. Dans le fond ça faisait longtemps qu'il était tiraillé par son envie d'escapade et le désir de rentrer enfin chez lui, et il avait enfin eu le courage de passer à l'acte. Un jour il avait appelé Lucius, lui avait demandé de lui trouver un petit appartement et avait acheté un billet allez simple pour Paris avant d'appeler sa propriétaire pour résilier son contrat. Tout ça en l'espace d'une heure, le lendemain il était de retour dans sa ville natale.
Le repas se passa, chacun buvant les paroles de l'autre. Les assiettes furent vidées et le serveur arriva pour prendre leur commande pour le dessert. Sirius demanda une crème brulée tandis que Severus se laissa tenter par une tarte aux pommes.
- Alors comme ça tu es ami avec Lucius Malfoy ? demanda l'homme d'affaires.
- Nous sommes amis de longues date, tu le connais personnellement ?
- Si personnellement veut dire qu'il aime se mettre régulièrement en travers de mon chemin quand je suis sur un contrat sur lequel il lorgne et que nous avons eu quelques différents dans le bureau du professeur d'histoire d'Harry, alors oui.
- Comment ça ?
- Harry s'est battu avec le fils Malfoy, alors ce prof n'a pas eu de meilleure idée que de nous convoquer tout les deux en même temps… ça a tourné au pugilat.
Snape ricana alors que Sirius tripotait sa cuillère tout en cassant la croute de sa crème brulée.
- Oui, j'ai cru comprendre que ce n'était pas l'amour fou entre Draco et le fils Potter.
Le brun lui lança un regard interrogateur.
- Draco est passé au café quand Harry était là
- Je n'ose imaginer l'ambiance. Et qu'est ce qu'il faisait là le blondinet ?
- Il venait voir son parrain, dit Snape avec malice.
Sirius ouvrit la bouche, interloqué… puis la referma et grommela.
- Encore ce coquin de hasard… tu sais quoi ? Je pense que c'est un signe, on était faits pour se retrouver, ajouta t-il avec un immense sourire.
- Nos filleuls sont ennemis et on était faits pour se retrouver ? La logique des choses voudrait que nous nous détestions autant qu'eux tu ne crois pas ?
- Non je ne crois pas. En fait je ne pense pas qu'ils se détestent autant qu'ils le prétendent, c'est plus… profond.
- Tu t'essaie à la psychanalyse ? Se moqua le serveur.
- Rigole tant que tu veux, je suis sûr qu'il y a autre chose. Regarde-nous, on se haïssait au lycée et là je suis en train de te faire la cour. C'est le destin je te dis, et c'est pareil pour Harry et Draco. Déclara le brun avec un sourire fier de lui. Severus le fixa un moment et éclata de rire. Quand il se fut calmé il lâcha en souriant.
- Je ne crois pas au destin mais soit.
L'homme d'affaire semblait subitement le dévorer des yeux, et il se sentit plutôt mal à l'aise par cette lueur prédatrice qui brillait dans ses pupilles bleues.
- Pourquoi tu me regarde comme ça, grogna t-il
- Tu es tellement beau quand tu ris, c'est tellement rare et…
- Black !
- Quoi ?
- Tais-toi. Sirius ne rajouta rien et eut une moue boudeuse, mais il avait très bien vu les joues rosées de l'objet de ses désirs qui contrastaient avec ses yeux noirs qui avaient retrouvé leur inexpressivité.
La fin du repas arriva, et avec, le moment de payer l'addition. Severus sortit des billets pour payer sa part, billets qui se retrouvèrent vite dans sa poche après que Sirius lui ait grogné que c'était lui qui l'avait invité, c'était à lui de payer. Et puis quoi encore ? Severus n'aurait le droit de payer que quand ce sera lui qui l'inviterait de lui-même.
Ils retournèrent à la voiture et Sirius démarra pour ramener son ancien ennemi chez lui. Le trajet se déroula dans un silence apaisant, l'un fatigué par la longue journée qu'il venait de passer et l'autre appréciant juste de voir le visage de Snape aussi détendu et serein. Un quart d'heure plus tard, il se gara devant l'immeuble haussmannien où Severus vivait, coupa le contact et se tourna vers le serveur qui n'avait pas fait un mouvement pour sortir.
- Tu as passé une bonne soirée ? Lui demanda t-il
- Aussi étonnant que cela puisse paraître, oui, j'ai passé une bonne soirée. Snape ricana quand il vit son prétendant souffler de soulagement.
- Et…
- Et là tu vas me poser la question fatidique : est ce que je veux qu'on se revoit… le coupa t-il en grommelant, tout en tournant la tête vers la vitre pour cacher sa gène soudaine. Le brun attendait patiemment qu'il se décide à parler avec tout de même un peu d'angoisse. Après deux minutes de silence pendant lequel Severus sembla réfléchir intensément, il n'y tint plus.
- Tu n'es pas obligé de me répondre ce soir tu sais ?
- Black ! Le serveur tourna rapidement la tête et ancra ses yeux noirs dans les bleus de son vis-à-vis.
- Oui ? répondit Sirius ne sachant pas vraiment de quoi il en retournait.
- Tu serais d'accord pour m'accompagner au Louvre le week-end prochain ?
- Le Louvre ?
- Oui, je n'y suis pas allé depuis une vingtaine d'années
Severus semblait sérieux et le brun ressentit subitement beaucoup de joie. Avec un sourire il lui répondit qu'il en serait ravi et son invité ouvrit la portière de la voiture pour en sortir.
- Merci pour cette soirée Sirius.
Le cœur de l'intéressé battit plus fort à la vue du visage sincère de l'homme qui hantait ses pensées et quand la portière claqua, il le regarda rejoindre la porte d'entrée avant de démarrer.
ooo
- Allo ? Fit une voix endormie.
- Mumus !
- Je peux savoir pourquoi tu m'appelle à une heure du matin ? Je venais de m'endormir figure toi.
- Mumus !
- Quoi !
- Il a accepté qu'on se revoie ! Tu te rends compte ? On va au Louvre samedi !
- Génial, un endroit où t'as pas pu rester plus de dix minutes sans gerber pour cause de surdose d'art. Ça va être drôlement romantique. Je peux me recoucher maintenant ?
- Tu ne sais pas de quoi je suis capable pour lui. Je le suivrais partout, même s'il veut aller voir toutes les peintures, et même les sculptures et même…
- Super. Vas dormir Sirius, bonne nuit.
La voix de son meilleur ami fut remplacée par les bips caractéristiques du téléphone qu'on vient de raccrocher et Sirius grogna contre les amis qui pouvaient même pas se réjouir avec lui.
à suivre...
J'espère que ça vous a plu, à bientôt :p
