Monsieur le préfet et autres rencontres.
Disclaimer : ben…rien de nouveau, ils ne sont toujours pas à moi. Sauf un !!! Et oui, le petit dernier, celui que vous ne connaissez pas, il est à moi, et d'autant plus qu'il est très largement inspiré de mon cher et tendre ! Rha, vous êtes jalouses, les filles, hein ? Même J.K. Rowling ne me le prendra pas !!!
Réponses aux reviews :
Elsar : Hum, hum… s'éclaircit la voix en essayant de cacher son émotion J'ai l'honneur de t'annoncer que tu es ma première revieweuse de ma première fic ! Ca t'en bouche un coin, hein ? Lol ! essuie discrétement une petite larme. Non, sérieusement, j'étais toute émue quand je l'ai lue ! Merci beaucoup pour tes encouragements… Pour ce qui est d'Hermione, ben oui, elle est jalouse (même si elle ne l'avouerait pour rien au monde !), mais elle se prend surtout pour leur bonne conscience, d'où sa réaction un peu, hum, énergique. Et, parole d'experte, on est toujours un peu jalouse quand une fille tourne autours de votre meilleur ami. Même si c'est lui qui se prend tout dans la gueule…Voilà, j'espère avoir répondu à ta question ! Et merci beaucoup pour la petite précision (suis nulle, moi !!!). Au fait, j'ai lu une de tes fics (« un pari dangereux », que je conseille à tout le monde !) Elle est super, vivement la suite, et bonne chance pour tes exams... A bientôt !
Jane Scrout : Merci beaucoup, c'est gentil de ta part ! Voilà la suite… Alors, qu'en penses-tu ? A bientôt !
Plume : Merci pour cette review très encourageante ! Il ne me semble pas avoir fait de Ron un benêt (c'est vraiment l'impression qu'il donne ? Pour moi, c'est Ron, tout simplement, avec les petites maladresses que ça implique. Mais c'est vrai que le pauvre tombe toujours un peu au mauvais moment, même si ce n'est pas tout à fait de sa faute). Quant à Hermione… Celle-là n'est pas au bout de ses surprises ainsi que tu peux le voir dans ce chapitre ! J'espère qu'il te plaira ! A bientôt…
Allez, bonne lecture, même aux inconnus qui passent sans rien dire (y'en a non ? sniff…)
Le wagon s'ouvrit, plus grand et plus luxueux que les autres ainsi qu'on pouvait s'y attendre. De larges baies vitrées ornées de rideaux de velours rouge à pampilles dorées apportaient lumière et chaleur aux larges banquettes recouvertes de satin brodé de rosaces d'un écru chaleureux. Au milieu du compartiment, une petite table de bois sombre était recouverte d'une charmante nappe de dentelle finement travaillée sur laquelle reposait une pile de dossiers. Quand au sol, il était constitué d'une épaisse moquette pourpre dans laquelle on s'enfonçait à plaisir. L'ensemble contribuait à donner une atmosphère à la fois intime et chaleureuse qu'Hermione appréciait au plus haut point. Elle sentit derrière elle Harry et Ron qui la poussaient légèrement pour essayer de voir l'intérieur du wagon.
La jeune fille sourit au professeur McGonagall qui lui adressa en retour un léger signe de la tête : « Miss Granger… Nous vous attendions. Asseyez-vous donc, je vous prie. J'ai beaucoup de choses à vous dire. »
Soudain, elle entendit Harry pousser ce qui ressemblait assez à un rugissement de rage : « Malefoy ! Mais qu'est ce que tu fais là ? »
Le professeur de métamorphose lui jeta un regard sévère : « Monsieur Potter ! Votre nouveau préfet-en chef a parfaitement le droit de se trouver là… En tout cas certainement plus que vous ! Je vous prierai donc de bien vouloir sortir de ce wagon et de nous laisser en paix. Je ne crois pas que Miss Granger ait à présent besoin de vous, elle est en sécurité ici, je peux vous l'assurer. »
Harry piqua un fard du plus bel effet, et se retira en murmurant quelques excuses incompréhensibles au professeur McGonagall, mais non sans jeter un regard meurtrier à Draco Malefoy, qui, en effet, se tenait assis dans un coin, l'air parfaitement satisfait. Hermione détourna vivement les yeux. Une légère rougeur envahit ses joues en repensant à ce qui s'était passé sur le quai, mais pour rien au monde elle n'aurait voulu montrer au Serpentard l'influence qu'il avait sur elle. Sans mot dire, elle s'assit posément sur la banquette la plus éloignée du jeune homme en fixant obstinément le professeur McGonagall. Elle sentait le regard du garçon se promener sans gêne sur son corps, et rêvait d'une seule chose : s'enfuir le plus loin d'ici. Ou alors se jeter sur lui et… Et puis quoi, en fin de compte ? Le frapper ? L'embrasser sauvagement en lui déchirant ses vêtements ? Ouhlà, tu t'emballes, Hermione, tu t'emballes…
Elle se redressa en prenant son plus bel air de sainte nitouche pendant que le professeur McGonagall commençait son petit discours : « Miss Granger, Monsieur Malefoy, je tenais tout d'abord à vous féliciter au nom de tous vos professeurs pour le travail que vous avez accompli tout au long de ces six dernières années et qui vous a valu ce poste. Celui-ci est une récompense, avec certains avantages appréciables qui vont de pair, mais également une nouvelle charge dont nous sommes convaincus que vous vous tirerez au mieux. Bien entendu, nous comptons sur vous pour que vous ne nous déceviez pas… Pour ce qui est des avantages, vous disposerez donc d'appartements particuliers que vous devrez partager. Vous aurez également accès à l'ensemble des pièces du château, y compris au bureau du directeur, à condition, cela va sans dire, d'avoir une raison valable. Vous pourrez participer à certains conseils privés et autres évènements officiels de la vie de l'école. Et vous pourrez aussi disposer de certains endroits privés qui vous seront réservés. En contrepartie, vous aurez pour devoir de veiller au respect des règles de notre école. Vous devrez effectuer des rondes régulières et punir les contrevenants sans favoritisme ni zèle excessif, et donner l'exemple. Je sais que vos relations n'ont pas toujours été des meilleures qu'il soit, mais vous devez tâcher de les résorber un tant soit peu, du moins en public. Vous êtes également chargés de vous occuper de nos plus jeunes élèves, et de les aider dans leur nouvelle vie. Je tenais à vous préciser d'hors et déjà que ces nouveaux élèves n'arrivent pas uniquement de première année. Nous avons la joie d'accueillir un élève de Beauxbâtons de septième année, deux de l'académie de Salem, cinq de Durmstrang, et quelques autres venus finir leurs études à Poudlard. Une trentaine en tout, il me semble… Certains élèves ont également été atteints par la guerre directement. Je pense notamment à Loreena Haley de Serdaigle qui a perdu ses parents cet été, et j'ai bien peur que le bilan ne s'alourdisse dans les mois qui viennent… »
La vieille femme s'était tue, perdue dans ses sombres pensées. Hermione, qui avait écouté avec son attention habituelle le discours, leva les yeux vers Malefoy. Il avait un air réjoui des plus déplaisants qui déformait son visage atrocement beau. La jeune Griffondor ne pu s'empêcher de contempler ses traits fins sans être efféminés : la peau dorée par le soleil des vacances sans la moindre imperfection, les cheveux clairs qui lui tombaient dans les yeux, les grands yeux en forme d'amande couleur de glace, ombrés de cils aussi longs et épais que ceux d'une fille, le nez aristocratique, la fine bouche bien rose aux lèvres pleines et bien dessinées, le menton à fossette… Elle détourna la tête avec brusquerie avant que ses yeux ne descendent plus bas et fixa le paysage verdoyant de la campagne anglaise qui se déroulait sous ses yeux. De là où elle se trouvait, elle voyait le reste du Poudlard Express s'étirait comme un long serpent paresseux… Mais la voix de son professeur de métamorphose la tira de sa rêverie.
« … Des questions ?
-Non, professeur, tout était très clair !
-Fort bien. Monsieur Malefoy, auriez-vous la gentillesse de nous laisser seules un moment, je vous prie ? Pourquoi ne pas aller jeter un coup d'œil aux wagons de premières années, histoire de voir si tout se passe bien ?
Sans répondre, le jeune homme se leva, non sans jeter au passage un regard maussade aux deux femmes. Par le plus grand des hasards (hum !), Hermione regardait justement le napperon qui semblait avoir prit une importance sans égale à ses yeux lorsqu'il passa devant elle. Lorsqu'elle entendit la porte du wagon se fermer avec brutalité, elle releva ses yeux pailletés d'or vers le professeur McGonagall.
-Pourquoi a-t-il été choisi, madame ? Cela n'est-il dangereux ? On ne peut pas vraiment lui faire confiance…
-Je sais, Miss Granger. C'est justement à se propos que je souhaitai vous voir. J'avais les mêmes réticences que vous au début, mais le professeur Dumbledore a su me convaincre : ce n'est pas en écartant ce jeune homme que nous nous en préserverons le mieux. Au contraire, il se tournera vers son père qui, hum, n'a pas suivi la meilleure voix. Il n'en sera que plus dangereux.
La vieille écossaise se plaça devant la préfète-en-chef et posa ses deux mains sur ses épaules, l'obligeant à la regarder dans les yeux.
-Nous ne vous demandons pas de l'espionner. Seulement, si…
-…Si je remarquais quelque chose de suspect, je viendrais vous le dire dans l'instant, soyez-en certaine.
Son interlocutrice eut un sourire étonnamment plein de douceur et de fierté qui réchauffa le cœur d'Hermione.
-Vous êtes une jeune fille intelligente, Miss Granger. Quoiqu'en dise certains, vous savez faire autre chose qu'apprendre par cœur des formules dans des livres. Servez-vous de tous les dons que la nature vous a offerte : votre gentillesse, votre courage, votre générosité… Je sais que vous ne nous décevrez pas. L'Ordre du Phoenix possède un élément des plus précieux, en votre personne, aussi, faites attention à vous. Et n'hésitez pas à venir me trouver si vous avez envie de parler… Je ne suis pas votre mère, mais je peux vous conseiller en certaines choses. Ou tout simplement vous écouter : je sais que les temps sont durs pour les sorciers issus de familles moldues. Mais ne laissez pas la peur vous détruire : plus que jamais, nous avons besoin de votre innocence et de votre bon cœur.
Rêvait-elle ou voyait-elle des larmes dans les yeux de son professeur ? Bizarrement, elle avait envie de se laisser aller dans ses bras, et de laisser couler toutes les larmes qu'elle avait accumulées durant ces mois de peur et de douleur. Jamais elle n'aurait cru que la sévère Minerva McGonagall, directrice de Griffondor, puisse un jour lui faire cet effet. Mais la plus âgée se reprit après un dernier regard maternel.
-Hum… Je souhaitais également vous confier une autre tâche : Mme Maxime nous a confié l'un de ses éléments les plus brillants. Elle souhaiterait qu'il rejoigne l'Ordre dès sa sortie de l'école. Aussi, nous aimerions que vous vous occupiez tout particulièrement de lui. Votre nouveau rôle devrait vous aider : il faut qu'il s'intègre à votre groupe d'ami, il pourrait être d'une aide précieuse à M. Potter. Mme Maxime avait pensé le sélectionner pour le Tournoi des Trois Sorciers, mais nous avions fixé la limite d'âge trop haut. Bien que cela n'ait pas affecté tout le monde…
-Ce n'était pas la faute de Harry !
-Je sais bien, Miss Granger… Il s'agissait d'une simple réflexion. Bien, je vais vous laisser. Attendez un peu ici, le temps que je vous l'envoie. Il s'appelle Orion. Orion Duchâteau. »
Le professeur McGonagall la salua d'un signe de tête, et s'éloigna rapidement. Hermione, qui s'était levée alors que le professeur sortait, se rassit dans un coin du compartiment, ses jambes ramenées contre elle, les entourant de ses bras, son front reposant doucement sur le tout.. Elle aimait cette position fœtale qui lui donnait l'impression de se suffire à elle-même. La jeune sorcière soupira doucement, comme rassurée par sa propre chaleur. Elle n'entendit pas la porte du compartiment glisser doucement sur ses gonds, du moins tant qu'un silence relatif, seulement troublé par le bruit du train et les rires des élèves dans les compartiments voisins et le couloir, régna en maître… Toutefois, la tête d'Hermione se releva brusquement lorsque le claquement plus que sonore d'une pile de livres atterrissant sans douceur sur le plancher bien astiqué se fit entendre. Dire qu'elle sursauta serait un doux euphémisme : la préfète, à bout de nerfs en cette période troublée, et un peu sonnée par tous les sentiments qui se bousculaient en elle, dégaina sa baguette magique avec la rapidité d'une longue habitude prise avec celle de côtoyer Malefoy pendant six années auxquelles s'ajoutaient deux années de guerre… Cependant, son attitude belliqueuse prit un sacré coup lorsqu'elle plongea dans les yeux de son agresseur.
-« Excusez-moi de vous avoir dérangée, jolie demoiselle ! Je suis nouveau à Poudlard, je cherche la préfète-en-chef. Antigone, ou quelque chose comme ça, mais j'ai dû me tromper de compartiment. Encore désolé…
-Euh… Non, pas du tout… Elle, enfin, je… Ben, je suis la préfète-en-chef, quoi !
Là, c'est le moment où tu ferais mieux de te taire, ma vieille ! Tu t'enfonces…
-Hum… Je vois. Je m'appelle Orion Duchâteau, anciennement élève de Beauxbâtons. Comment t'appelles-tu ?
-Hermione. Hermione Granger.
-C'est un très joli prénom… Il me semblait bien qu'il y avait un rapport avec l'Antiquité moldue. Enfin, tu ne la connais sans doute pas… Je suis ravie de te rencontrer, Hermione.
Le jeune homme se pencha vers elle, comme pour l'embrasser, un sourire charmeur posé sur les lèvres. Son interlocutrice recula brusquement en rougissant tant qu'elle pouvait se cognant douloureusement le coude contre un des chambranles de la porte. Orion la regarda avec un petit air d'incompréhension, avant de se frapper le front de la main.
-Désolé, j'avais oublié que vous, les anglais, vous ne vous embrassiez jamais. Tu ne m'en veux pas ?
-Non, ce n'est pas grave, répondit-elle, toujours aussi rouge, en secouant la main qu'il lui tendait d'un air aussi martial que déplacé dans leur situation.
De la main, elle lui fit signe de s'asseoir sur la banquette qui lui faisait face, avant de caresser négligemment le satin clair qui la recouvrait d'un air un peu rêveur. Au travers de ses longs cils naturels qui n'avaient pas besoin de la moindre trace de mascara pour être parfaitement recourbés et fournis, elle l'observait. Ou, plus exactement, elle se rinçait l'oeil. Ce type avait le même charme fou que Malefoy qui faisait se rougir les filles sur un seul regard un peu appuyé, mais sans cette cruauté omniprésente, cette impression de danger qui caractérisait le jeune Serpentard. Au contraire, il semblait se dégager de lui une aura de chaleur et d'humour propre à faire fondre n'importe qui. L'air de rien, elle détaillait le visage délicat de son vis-à-vis : ce qui frappait dès l'abord, c'était sans aucun doute les grands yeux d'un brun si sombre qu'on ne distinguait même pas les pupilles, ourlés de cils aussi longs que les siens. Chacun de ses traits était si parfaitement dessiné qu'il paraissait avoir été sculpté avec un soin tout particulier, depuis les lèvres fines qui s'ouvraient à tout instant sur des dents d'une blancheur éclatante au nez à la courbe impertinente, en passant par le menton partagé en deux par une légère fossette, la même que celle qui se creusait dans sa joue lorsqu'il souriait. Ses cheveux d'un châtain sombre un peu longs étaient retenus sur le devant par sa paire de lunette à fine monture qu'il avait remonté sur son front comme une paire de lunettes de soleil. Mine de rien, les yeux de la jeune fille glissèrent le long du cou aussi élégant que celui d'un cygne, les épaules bien larges qui laissaient deviner une musculature parfaite, tendant les coutures de sa chemise de lin blanc un peu transparente, le ventre plat, la taille étroite, les longues jambes négligemment croisées devant lui… Elle s'aperçut soudain qu'un silence lourd de sous-entendus s'était installé entre eux, tandis qu'il l'observait de la même façon, un léger sourire appréciateur posé sur les lèvres. La sorcière sentit ses pommettes s'embraser pour la cinquième fois de la matinée. Furieuse contre elle-même, elle toussota légèrement afin de se donner une contenance.
-Hum… Puis-je te demander pourquoi tu as quitté Beauxbâtons ? Enfin, si c'est pas trop indiscret.
-Non, non, ça ne me dérange pas que tu poses la question, c'est tout à fait légitime. En fait, Mme Maxime ne voulait pas que je reste à Beauxbâtons, ce n'était plus assez sûr selon elle. Elle a négocié pendant toute l'année dernière pour m'obtenir une place près de Dumbledore…
-Mais pourquoi toi plutôt qu'un autre ?
Orion rougit un peu avant de lui adresser un sourire aussi timide que propre à faire fondre une pierre.
-Euh… Disons que Mme Maxime a toujours eut une affection particulière pour ma mère et pour moi. Et comme je suis plutôt doué pour la magie, sans fausse modestie, elle a pensé qu'il valait mieux me mettre à l'abri avant que l'autre cinglé ne s'intéresse à mon cas. Et aussi me donner la possibilité d'étudier des matières que nous n'avons pas à Beauxbâtons, comme l'étude des runes celtiques… J'ai lu quelques bouquins là-dessus pendant les vacances, ça a vraiment l'air passionnant !
Hermione lui renvoya un sourire rayonnant. Enfin quelqu'un qui avait les mêmes centres d'intérêts qu'elle : elle avait beau adorer ses amis, ni Harry ni Ron n'avaient jamais compris son enthousiasme pour ces signes étranges dont la signification et le pouvoir remontaient à la nuit des temps… Fascinant !
-Oui, ça l'est ! Tu peux compter sur moi si tu as besoin d'aide, ou des questions. Je serai ravie de t'aider…
-C'est gentil de ta part. Si ce n'est pas abusé de ton temps, j'aimerai te poser quelques questions sur Poudlard, les profs, ce genre de choses… J'en ai déjà appris pas mal avec ceux qui étaient venus pour le tournoi des Trois Sorciers, ou des Quatre Sorciers plus exactement, et j'ai lu L'Histoire de Poudlard aussi, bien sûr. Tout ça est vraiment extraordinaire, tu n'imagines pas à quel point j'ai hâte de voir le plafond de la Grande Salle. Il imite vraiment le ciel ? Ca doit être assez bizarre, non ? Et…
Il lui jeta un regard par en dessous, comme s'il avait un peu honte de ce qu'il s'apprêtait à lui demander. Inconsciemment, Hermione sentit tout son corps se crisper…
-C'est un peu indiscret, mais est-ce que c'est vrai ce qu'on raconte sur toi et Harry Potter ?
D'une voix calme, presque atone, la jeune fille l'interrogea sans le regarder :
-Et que raconte t'on sur moi et Harry ?
-Hum… Et bien, que vous sortez ensemble, ce genre de chose… Fleur m'a dit que tu étais sortie avec Viktor Krum, et qu'il y avait eu des histoires avec Harry, ce genre de choses… Alors, c'est vrai ?
Elle leva les yeux vers lui, un peu surprise du type de discutions qu'avait un garçon ayant lu L'Histoire de Poudlard de bout en bout. Mais plus encore, comment se faisait-il qu'elle soit au centre des interrogations (enfin, peut-être pas quand même) de français qu'elle ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam.
-Fleur… Delacourt ?
-Oui… C'est vraiment une fille gentille quand on la connaît. Même si elle a l'air un peu pimbêche sur les bords… Alors, c'est vrai ?
-Non. Harry est moi ne sommes qu'amis. Mais pourquoi ça t'intéresse tant que ça ? Et pourquoi vous parliez de moi ?
Orion rie doucement, ses grands yeux sombres la couvant du regard.
-Oh… On parlait de Harry Potter, et de tout ça, et puis de sa candidature, et la conversation en est venue sur toi. Elle a dit que tu étais exceptionnellement intelligente, courageuse, et que tu allais devenir très jolie. Elle avait raison d'ailleurs…
La jeune fille se sentit atrocement mal à l'aise. Mais pourquoi tous les garçons qui l'approchaient dans un rayon de cent mètres étaient-ils prit de l'envie soudaine de la mettre mal à l'aise de toutes les façons possibles ? Grave dilemme…
-Merci… C'est…Euh… Gentil…
-Non, réaliste. Tu as un petit copain ?
Hermione le regarda d'un air terrorisé. C'était quoi au juste cette histoire ? Mais la seule chose qu'elle voyait dans le regard brun si doux qui l'attirait tant, c'était une lueur d'attention et d'intérêt, sans vraiment d'arrière-pensées. Peut-être était-ce une coutume française que de poser ce genre de questions (lol !) ?
-Non. Hum… Tu veux que je te présente aux autres élèves ? Harry et Ron seront ravis de te rencontrer.
-Avec plaisir, répondit-il dans un sourire adorable. Il sortit le premier du wagon, lui tenant la porte au passage. La sorcière se permit un sourire ravi : c'était l'une des premières fois qu'un garçon se préoccupait autant d'elle. Il y avait bien eu Viktor, mais Viktor était plus âgé qu'elle, si attendrissant à sa manière un peu rustre… Certes, elle ne l'avait pas vraiment aimé, elle était alors passionnément amoureuse de Ron qui s'obstinait, lui, à ne pas voir ses sentiments à son égard, mais ils avaient eu de bons moments ensemble. Elle n'en avait pas attendu plus, et leur relation avait plus ou moins prit fin lorsqu'il avait quitté Poudlard. Bien sûr, de longues missives pleines d'affection avaient circulées entre l'Angleterre et la Bulgarie, mais rien de plus. Aux dernières nouvelles, Viktor avait trouvé son bonheur auprès d'une jeune poursuiveuse de l'équipe cadette de l'équipe de Roumanie, et elle en était ravie pour lui. De manière presque inconsciente, elle avait assimilé l'idée qu'elle finirait sa vie seule, en gardant les enfants de ses amis comme une vieille tante gâteuse… Pourquoi pas ? Elle réussirait ailleurs ! Et elle s'était mise à travailler avec d'autant plus d'acharnement pour oublier un peu ce qui se tramait autours d'elle, et être prête le moment venu…
Orion sur ses talons, elle traversa le train, saluant au passage les élèves qui la félicitaient pour son nouveau poste et ignorant royalement les sarcasmes des Serpentards prévenus par Malefoy. Le jeune français leur jetait des regards impavides et observateurs aigus qui les déstabilisaient, et les faisaient bien vite rentrer dans leurs trous, des murmures pleins d'interrogations au bord des lèvres. Enfin, la sorcière trouva le wagon de ses amis. Comme on pouvait s'y attendre, Neville, Luna, Ginny, et, de manière plus surprenante, Lavande et Parvati, les avaient rejoints. Le compartiment était plein de cris, de rires, de bagages, de monde, d'animaux hystériques, de paquets de friandises largement entamés, de robes de sorciers, qui, visiblement avaient fait leur service sans voire un fer à repasser depuis des lustres (en réalité, Coquecigrue, jamais à court de bonnes idées, avait décidé de s'entraîner au piqués sur la tête des jeunes gens, et Ron, qui lui aussi, avait des inventions merveilleuses, avait poussé les autres à le chasser à coup de robes sorties pour être revêtues l'instant d'avant, encore pliées et repassées avec amour, pour être transformées en armes puis en torchons innommables). Bref, il y avait de tout, sauf de la place… Hermione surgit au milieu de tout ce joyeux désordre comme une furie, embrassant Ginny avec enthousiasme au passage. La petite sœur de Ron était devenue une superbe jeune femme aux formes plantureuses et aux cheveux flamboyants propres aux Weasley. Si on ajoutait à cela de grands yeux de saphir et une peau laiteuse piquée de tâches de rousseurs sur un petit nez adorable, on obtenait la coqueluche des garçons de Griffondors, sinon de l'école. Heureusement pour elle, Ron ne verrait jamais en elle qu'une gamine innocente ne connaissant rien des joies des placards à balais…
Luna restait Luna, ouvrant ses yeux bleus tout ronds d'un air mal réveillé sur tout ce qui l'entourait, semblant éternellement surprise de se retrouver là. Neville avait lui aussi grandit, passant du petit garçon bien en chair à l'adolescent trop vite grandit, un peu maigrichon, mais son sourire plein d'innocence et ses yeux, il fallait le reconnaître, assez étonnants, d'un bleu sombre ravissant quand on les regardait bien, le sauvait du ridicule. Lavande et Parvati, quand à elles, fidèles à elles-mêmes, draguaient ouvertement les deux garçons qui ne demandaient pas mieux.
Il va vraiment falloir que je les surveille ces deux-là… Même si je dois avouer que rendre obligatoire le Quidditch à haute dose pour tous les garçons à partir de la sixième année serait une excellente idée quand on voit les résultats là. Je ne me plaindrai plus jamais, promis !
Elle fut accueillie à grands cris, qui se calmèrent un peu en voyant la figure un peu timide d'Orion. La jeune fille se gratta un peu la gorge à la McGonagall pour obtenir leur attention, ce qui marcha remarquablement bien.
-« Je vous présente Orion Duchâteau, il vient de Beauxbâtons. Je peux compter sur vous ?
-Bien sûr, Mione, tu ne devrais même pas poser la question. Ca en est presque vexant pour nous, tu sais bien qu'on ferait n'importe quoi pour toi…
-Comme c'est mignon, murmura Ginny dans le fond du wagon…
Hermione eut un sourire attendrit pour ses deux amis passablement décoiffés, ce qui les rendait tout particulièrement adorable. Mignons ? Oh, oui, ils l'étaient. Un peu trop pour son bien… Elle s'avança vers eux et, jetant ses bras autours de leurs cous, un de chaque côté, elle planta un gros baiser sur la joues des deux garçons aussi embarrassés qu'elle l'était l'instant d'avant. Mais ils n'auraient renoncé pour rien au monde au corps de leur amie, si féminin et si découvert dans ses vêtements moldus, pressé contre les leurs. L'espace d'un instant, ils se regardèrent tous, les yeux dans les yeux, conscient de la chance immense que constituait leur amitié… Mais ce doux moment fut rompu par l'arrivée intempestive du prince des Serpentards et préfet-en-chef en personne.
-Comme c'est mignon, répéta t'il comme un écho aux paroles de Ginny l'instant d'avant, mais sur ce ton blessant et condescendant dont il avait le secret.
Les trois adolescents se retournèrent, horriblement blessés. Ron sentait monter la colère en lui : certes, ces mots n'avaient rien de véritablement blessant en eux-mêmes, mais la façon dont il les avait prononcés semblait souligner avec brutalement la façon dont son corps s'était embrasé lorsque sa meilleure amie s'était serrée contre lui, ses lèvres si douces sur sa joue rendue rugueuse par l'embryon de barbe qu'il n'avait pas rasé ce matin… Dis-moi, Hermione, as-tu complètement oublié cette soirée à la bibliothèque, notre baiser ? Tu étais si fragile, mon amour, et tu sembles si forte pourtant… Je sais qu'il n'y en aura pas d'autres, mais dis-moi que tu ne l'as pas oublié ! Oh ! Comme il mourrait d'envie d'écraser cette petite gueule d'ange contre le mur, le frapper, lui ôter ce petit sourire sarcastique, cette façon dont ses yeux clairs à l'éclat métallique traînaient sur le corps fragile niché entre le sien et celui de Harry. Et oui, la fouine, nous avons ce que tu n'auras jamais en dépit de tout l'argent de ton père : l'amitié et l'amour, les deux seules choses qui ne s'achètent pas ! Je suis riche de tout ça, Malefoy, et tu ne pourras jamais me l'enlever. Presque inconsciemment, il resserra sa prise sur la taille fine et douce de son amie. Il sentait sous sa main le dessin de sa hanche pleine, juste au niveau du creux que marque la taille. Le coton, si fin, la peau, si douce… Oh, non, Ron, plus jamais… Non ! Ce n'était pas bien, il le savait, il fallait qu'il s'en convainque. Ses yeux se posèrent sur celui qui n'avait pas parlé depuis le début de la scène, le garçon de Beauxbâtons qui observait la scène de son œil sombre, attentif au moindre détail. Ce fut à lui qu'il s'adressa directement, le prenant à témoin.
-Quelle chance tu as, Orion… J'ai l'immense plaisir de te présenter celui qui détient le titre de préfet-en-chef pour cette nouvelle année, titre chèrement acquis par les deniers de son Mangemort de père, j'ai nommé Draco Malefoy, la fabuleuse fouine dansante…
Le regard d'acier du grand blond se durcit intensément. Du coin de l'œil, le jeune homme pouvait voir Harry arborer un sourire malicieux, un de ces sourires qu'on ne voyait plus que rarement depuis la mort de Sirius. Hermione avait niché son nez dans le creux de l'épaule du garçon aux yeux d'émeraudes pour étouffer un rire qui cadrait mal avec son rôle de préfète-en-chef. Le sourire du garçon avait peut-être une autre explication… Le rouquin sentit son cœur se serrer douloureusement à cette pensée. Et bien, soit, Hermione, si votre relation pouvait emmener son sourire et le tien, alors qu'il en soit ainsi. Je ne me mettrai pas entre vous…Je ne veux que ton bonheur, mon coeur, je t'aimerai toujours, toute ma vie, je serai toujours là pour toi, je ne laisserai personne te faire du mal, fut-ce mon meilleur ami en personne. Doucement, il se détacha du corps de celle qu'il aimait, toujours enlacée avec Harry et s'avança vers son ennemi de toujours. Ces deux superbes spécimens de l'espèce masculine s'affrontaient du regard dans un combat à mort…
-Que sous-entends tu, petite belette ? Que mon père a acheté mon titre ?
-Oh, non Malefoy… Je ne sous-entends pas, je ne fais qu'affirmer haut et fort ce que tout le monde pense, et sait. Depuis Azkaban, ça n'a pas dû être facile. Je compatis, crois-moi.
-Mon – père - n'est – pour – rien – dans – cette – affaire…
La voix de Malefoy semblait instiller un poison insidieux dans les veines du jeune homme. Comme je te hais, Malefoy, personne ne peut savoir à quel point je te hais.
- Ca suffit, j'ai compris.
La voix d'Orion s'était élevée, grave, glaciale, avec une autorité aussi implacable que celle de Dumbledore lui-même.
-Si vous voulez bien m'excuser… Hermione, je peux te parler s'il te plaît ?
-Oui, j'arrive.
Ron regarda la jolie brune se séparer à regret de Harry. Celui-ci garda la petite main si douce dans la sienne, une seconde à peine de plus que nécessaire, mais ce geste lui parut aussi criant que s'ils s'étaient ouvertement embrassés à pleine bouche devant eux. Elle s'éloigna alors, si fine et si gracieuse, toute de bleu vêtue, comme l'ange qu'elle était.
-Wahou ! Quel homme, souffla Lavande en écho à la pensée de toutes les filles présentes.
-Tu l'as dit, répliqua Ginny en jetant un regard rêveur aux deux silhouettes qui s'éloignaient.
Parvati jeta un regard malicieux aux autres filles.
-Bon, les garçons, je suis sûre que vous avez plein de choses absolument passionnantes à vous raconter, alors on ne va pas vous déranger plus longtemps, hein ? »
Sans attendre de réponse, elle entraîna Ginny, Lavande et Luna à sa suite en gloussant activement. Ron et Malefoy continuaient à se fusiller du regard, sous le regard lointain de Harry. Mais avec les deux jeunes gens, la pièce semblait s'être vidée de toute source de tensions. Malefoy eut un petit reniflement méprisant et s'éloigna de son ridicule pas chaloupé sans rien ajouter de plus...
Harry et Ron restèrent seuls, Neville s'étant apparemment éclipsé discrètement dès le début des hostilités. Ils se rassirent face à face, sans rien dire pendant un moment, chacun plongé dans ses pensées. Le compartiment avait un air étrangement abandonné, les robes noires traînant ça et là sur des valises éventrées (les filles avaient eut des quantités de choses à se montrer. Même Luna avait arboré avec fierté le nouveau Scrutoscope que sa cousine lui avait offert : elle avait prétendu qu'il détectait les sentiments amoureux. Sous les rifagnements généralisés de la gent féminine, le petit objet s'était mis à tourner sur lui-même en émettant un sifflement bruyant tandis que le pauvre Neville devenait plus rouge que les coups de soleil de Ron. Heureusement pour lui, les filles étaient trop fascinées pour regarder autours d'elle, mais Ron et Harry en avaient profité pour se glisser mutuellement que l'année n'allait pas être triste). Harry commença, l'air totalement à côté de ses chaussures tandis que Ron se lançait dans une étude approfondie des arabesques de la moquette.
-« Tu as vu, elle est vraiment…
-Superbe, je sais, et ce type est tellement…
-Bizarre, j'avais remarqué. Tu sais quoi ?
-On ferait bien de s'habiller, on n'est plus très loin maintenant. Harry ?
-Tu es un frère pour moi, Ron. »
Pendant ce temps, Orion avait entraîné Hermione jusqu'au wagon des préfets. A peine la porte fermée, il lui demanda d'un air presque dur :
-« Pourquoi n'as-tu rien fait ?
-Rien fait à quoi ? Je ne comprends pas…
La jeune fille ouvrait de grands yeux un peu étonnés du brutal changement d'attitude du français.
-Ils se seraient massacrés, tu n'aurais rien fait. Pourquoi ? Même si le roux, Ron, est ton ami, tu aurais au moins pu le réprimander !
Hermione sentit son cœur lui manquer. Ron ? Mais c'était ce crétin de Malefoy qui était en tort !
-Mais Ron n'a rien fait ! Tu ne comprends pas ? C'est Malefoy qui l'a provoqué !
-Je n'ai rien vu de tel, Hermione… Je n'ai vu qu'un type terriblement seul contre le reste du wagon.
Elle baissa les yeux, puis le regarda de nouveau.
-Malefoy n'est pas un ange, Orion, loin de là… C'est sans aucun doute le type qui m'a la plus fait souffrir de ces six dernières années. Je suis née du côté moldu, mes parents ne sont que de simples dentistes sans le moindre pouvoir ! Malefoy est la fine fleur des sang-purs… Tu n'imagines pas à quel point ça a été dur…
Elle sentait les larmes perler à ses yeux. Orion la regardait avec un doux sourire, étrangement compatissant. Il ouvrit les bras, et avant qu'elle sache comment elle avait fait, elle se retrouva serrée tout contre lui, son odeur masculine mêlée aux effluves d'un parfum citronné lui emplissant les narines. Elle ne voulait plus pleurer, elle voulait juste rester là, blottie dans sa chaleur… Toujours enlacés, ils s'assirent sur la banquette tandis qu'Orion lui caressait les cheveux en murmurant à son oreille de douces paroles en français. Au bout d'un certain temps, ils se détachèrent. Les yeux sombres du garçon étaient emplis de compassion, elle se sentait bien. Toujours en la tenant par la main, il lui désigna le ciel qui s'assombrissait.
-Je crois que je comprends…un peu. Ce n'était pas une raison pour laisser Ron l'attaquer ainsi, mais je crois que je comprends. Et j ne crois pas non plus me tromper en disant que nous arrivons bientôt…
Hermione plongea ses yeux dans les siens, puisant tout le réconfort dont elle avait besoin.
-Oui, tu as raison… Merci. C'est bizarre, dit elle dans un souffle, j'ai l'impression de te connaître depuis toujours.
Elle leva les yeux vers lui avec confiance, et regarda un beau sourire se former sur ses lèvres…
-Alors profitons-en, jolie demoiselle. Je serais toujours là pour toi, à n'importe quelle heure, si tu as besoin de parler, ou simplement d'une épaule pour pleurer… »
Main dans la main, ils regardèrent ce paysage que Hermione connaissait bien à présent se former devant leurs yeux. Malefoy fit une brève incursion, regarda sans mot dire leurs doigts entrelacés, et ressortit en portant sa robe de sorcier. Les deux jeunes gens s'aidèrent mutuellement à revêtir l'uniforme qui était la règle à Poudlard, jetant simplement la robe de sorcier sur leurs vêtements ordinaires. Les professeurs n'étaient jamais trop exigeants le premier jour… Dans un soubresaut brutal, le train s'arrêta et les adolescents s'apprêtèrent à descendre.
Bon, pour ne rien vous cacher, je suis plutôt déçue de ce chapitre. Et vous ? Que pensez-vous de mon Orion ? Quel sera son rôle dans toute cette affaire ? Des hypothèses quand à la suite ? Surtout n'hésitez pas, reviewez ! Rien ne saurait me faire plus plaisir… Au fait, je pense que le rythme sera d'un chapitre par semaine, mais un vrai gros chapitre d'une douzaine de pages Word. Ca vous va ? Merci encore de lire mes petits délires !
