Yo !

Merci beaucoup aux personnes qui ont laissé des reviews sur le chapitre 1, je m'attendais pas à ce qu'autant de personnes s'intéressent à cette fic (sérieux, je pensais qu'il y aurait genre 1 ou 2 personnes). Kurodai intriguerait-il plus de personnes que ce que je pensais? on dirait bien ! (et tant mieux !)

Je rappelle que cette fic c'est mon défouloir émotionnel alors beaucoup des sentiments exposés sont très inspirés de sentiments réels. Si vous trouvez ça trop niais, désolé je suis quelqu'un de niais de nature :')

Enjoy ~

Réponse Koala sauvage : Merci pour ta review c'est agréable de savoir que cette fic et mon écriture te plaisent. Kurodai, c'est pas courant clairement, mais je trouve que c'est vraiment un bon ship ! Alors j'espère que la suite sera également à ton goût !


Chapitre 2.

Kuroo avait bien dormi cette nuit-là. Comme un bébé, aurait-on dit. Pourtant, cela ne l'empêcha pas de renâcler lorsque son réveil sonna à six heures du matin, et c'est avec une pointe de mauvaise humeur qu'il se saisit de son téléphone pour stopper la sonnerie infernale. Et lorsque le silence eut repris ses droits dans la chambre, il se résigna à ouvrir les yeux. Les paupières plissées face à l'écran trop lumineux de son smartphone, il retira le mode avion qu'il enclenchait toujours la nuit, et attendit que les notifications arrivent s'il en avait.

Quelques notifications d'Instagram, un de ses tweets qui avait été retweeté, et puis deux messages sur LINE. Son coeur s'emballa dans sa poitrine lorsqu'il ouvrit l'application avec excitation. Il fut presque déçu de découvrir que les deux messages venaient de Bokuto. Non, en fait, il était même totalement déçu. Il se dit que commencer la journée par un message de Sawamura aurait aidé à le mettre de bonne humeur.

Il ignora l'heure qui le narguait (s'il ne sortait pas vite de son lit, il allait se mettre en retard) et pressa l'écran pour ouvrir sa conversation avec le capitaine de Karasuno. Juste pour vérifier qu'il n'avait pas raté un message. Une bien triste habitude qu'il avait prise. Le dernier message qu'il avait reçu de lui datait de deux jours.

Depuis un certain temps, ils se parlaient pratiquement tous les jours, d'une façon ou d'une autre. Beaucoup par LINE, mais leurs conversations finissaient toujours par des taquineries de Kuroo, et Daichi finissait pas ne plus répondre à ses provocations.

Ils s'envoyaient aussi beaucoup de snaps. Le capitaine de Karasuno envoyait beaucoup de photos de son équipe et de son chien qu'il avait l'air d'adorer. C'était apparemment Sugawara qui l'avait forcé à utiliser Snapchat, mais il avait l'air d'y avoir pris goût. Cependant, il n'envoyait presque jamais de photos de lui. Kuroo envoyait des selfies (seul ou en forçant Kenma à apparaître, avec Bokuto aussi parfois), des photos de ses révisions pour les examens d'entrée à l'université, et d'autres de ses chats.

C'était devenu une habitude plaisante, et ils pouvaient ainsi savoir que l'autre allait bien et ce qu'il faisait, puisqu'ils ne pouvaient jamais se rencontrer en personne en dehors de quelques matchs. Et encore. Les nationaux étaient passés, et ils devaient se concentrer sur leur avenir maintenant, en temps que troisième années. Pour eux, les matchs, ce n'était plus vraiment d'actualité.

Kuroo aimait toujours ça lorsqu'il voyait le petit fantôme de l'application apparaître dans sa barre de notifications avec le nom de Daichi. Sauf dans un cas de figure précis. Lorsque Sugawara apparaissait sur les snaps.

Le vice-capitaine était photogénique, il lui accordait au moins ça. Et Daichi semblait adorer le prendre en photo. Parfois, il accompagnait ses snaps par des petits mots pour dire à quel point il trouvait Koushi beau et merveilleux. Cela rendait toujours Kuroo malade. Malade de jalousie. Il passait les snaps, et parfois n'y répondait même pas. À chaque fois, un désagréable sentiment s'installait au creux de son ventre et ne le lâchait plus pendant une heure. Parfois, il était jaloux que Daichi soit si amoureux de Sugawara, parfois, c'était la chance de ce dernier de pouvoir côtoyer Sawamura tous les jours qui lui donnait la nausée.

C'était stupide, mais c'était comme ça. Aimer une personne qui vivait si loin, cela impliquait aussi ce genre de jalousie. Il en venait même à envier la famille de Daichi, qui vivait carrément avec lui.

— Arrête ça, pesta-t-il contre lui-même.

Et pour arrêter de penser à ces choses qui lui donnaient le cafard, il reposa son portable et sortit de son lit pour aller se préparer. En passant, il jeta un coup d'oeil à la lettre qu'il avait écrite cette nuit, et qui semblait le narguer, posée bien au centre de son bureau. Foutue lettre, et foutu spleen qui lui avait fait l'écrire. Il la prit et la fourra sous un classeur qui traînait là pour la cacher. Et puis il sortit de sa chambre.

Pourtant, même s'il se trouvait crétin, il se sentait aussi un peu léger maintenant, comme si écrire une lettre qui ne serait jamais lue et y vider ce qu'il avait sur le cœur l'avait libéré d'une certaine façon. C'était sûrement temporaire, comme un placebo qui lui soulageait l'esprit pour un temps. Mais pour le moment, c'était bien assez.

Il soupira cependant en pensant à tout ce qu'il avait écrit là. Depuis qu'il avait ces sentiments, il avait envie de se gifler nuit et jour. Pourquoi fallait-il que l'amour le change en adolescente de 13 ans connaissant sa première peine de cœur ? Peut-être parce qu'il avait l'impression que c'était la première fois qu'il aimait comme ça. Ça ne l'empêchait pas de se sentir ridicule. Vraiment, parfaitement ridicule.

Il se prépara, et lorsque sa mère se leva à son tour, il était dans la cuisine en train de boire un café, son téléphone à la main, faisant défiler les tweets de son fil d'actualité.

— Tu devrais dormir le matin Tetsu, dit-elle en le voyant là. Tu es encore resté réveillé tard cette nuit. Tu révisais ?

— Ouais, mentit-il.

La vérité, c'est qu'il n'avait pas travaillé très tard. Trop occupé par son cerveau qui avait décidé de ne pas lui foutre la paix. Il était trop préoccupé pour se concentrer sur des formules moléculaires ou l'histoire du Japon.

— Comment ça avance ?

Il haussa les épaules.

— Normal.

Et sur ces mots, il laissa sa tasse dans l'évier et sortit de la cuisine. Kenma lui avait envoyé un message pour lui dire qu'il l'attendait. Il récupéra ses affaires, enfila ses chaussures, et puis il sortit en lançant un rapide « à ce soir ».

Techniquement, il n'était pas censé encore assister aux entraînements de volley matinaux, et Nekomata l'avait plusieurs fois renvoyé chez lui en le voyant arriver avec Kenma, arguant qu'il devait se concentrer sur ses examens, mais à force d'insister, il avait fini par obtenir de venir le matin. Mais interdiction de participer aux séances du soir. Parfois, Yaku venait aussi, et il se faisait taquiner par Lev qui disait qu'il trouvait ça mignon que le libéro veuille continuer à venir pour s'assurer qu'ils s'entraînaient tous bien. Cela valait toujours au première année de se faire houspiller.

Même s'il avait raison, Yaku ne l'admettrait pas. C'était un peu dur de devoir abandonner le club et leurs équipiers, mais c'était comme ça. Ils s'y étaient préparé du mieux qu'ils le pouvaient.

— Salut, lança Kenma quand il le rejoignit dans la rue.

— Salut, répondit Kuroo avec un sourire. Tu as bien dormi ?

Son ami haussa les épaules, le nez collé à son téléphone, et Kuroo comprit qu'il devait avoir passé une bonne partie de la nuit à jouer et échanger des messages avec Hinata. Comme d'habitude. Ils se mirent naturellement en route, plutôt silencieusement.

Il faisait froid, et Kuroo regardait la buée se former devant sa bouche lorsqu'il respirait, quand il sentit son téléphone vibrer dans sa poche. Il le sortit machinalement et le déverrouilla. Bokuto, mais pas seulement. Son coeur se souleva dans sa poitrine lorsqu'il vit dans sa barre de notifications le fantôme de Snapchat accompagné du nom de Daichi.

Ignorant royalement le message de son ami (ce n'était sûrement pas très important) il s'empressa d'ouvrir le snap. La photo qui apparut était celle d'un chat noir qui frottait sa tête contre une main (vraisemblablement celle du capitaine de Karasuno). Le cliché était accompagné du message « croisé un chat. Pensé à toi » suivi de l'emoji tête de chat.

Sans savoir se retenir, Kuroo sourit de toutes ses dents, heureux parce que Sawamura avait pensé à lui en rencontrant ce chat, et avait même prit la peine de lui envoyer un snap pour le lui dire. C'était le genre de petites attentions qui le mettaient de merveilleuse humeur.

— Sawamura-san ? demanda Kenma en voyant son ami soudainement rayonner.

— Ne me juge pas, répondit Kuroo sans s'arrêter de sourire.

Il prit un selfie en utilisant le filtre chat qui avait été ajouté récemment, et écrivit « Trop miaougnon », suivit de trois emojis tête de chat. Et puis, fier de son jeu de mot (nul, il fallait l'avouer), il rangea son téléphone et soupira de satisfaction. Avec ça, la journée commençait plutôt bien.

Il ne fit pas attention à Kenma qui l'observait du coin des yeux, l'air de se demander ce qu'il allait bien pouvoir faire de son ami transi d'amour.

— T'as l'air d'une fangirl, fit-il platement remarquer.

— Je t'ai dit de pas me juger ! s'offusqua Kuroo, et il rougit vaguement.

Il savait. Il ne le savait même que trop bien. Mais dans ces moments-là, il préférait en rire.


Il était vingt-et une heure trente passées lorsque Kuroo, assit à son bureau, faisant face à des formules mathématiques particulièrement agaçantes, entendit son portable posé à côté de lui vibrer sur la surface laquée. Il y lança un regard désintéressé. S'il commençait à échanger des messages avec quiconque venait de lui en envoyer un, il allait se détourner de ses révisions qu'il faisait déjà sincèrement à contrecœur.

Cependant, et utilisant la très fameuse excuse du « je mérite une pause », il attrapa l'appareil et le déverrouilla. Le message était un message instantané envoyé depuis LINE, venait de Daichi.

From : Sawamura — 9:33 p.m.

Tu révises ?

S'il lui posait la question, c'était sûrement parce que lui-même était devant ses cours, et e avait sérieusement marre. La période de révision pour les examens d'entrée à l'université était une période spéciale pour les élèves de troisième année, qui développaient tous une sorte de solidarité et se plaignaient beaucoup les uns aux autres.

Il tapa une réponse, un petit sourire en coin flottant sur le bord de sa bouche.

To : Sawamura — 9:34 p.m.

Révisais*. Je fais une pause. Et toi ?

From : Sawamura — 9:34 p.m.

Pareil. Suga m'a aidé à réviser l'histoire du Japon jusqu'à 7h et j'ai attaqué la littérature classique en rentrant x_x

Kuroo eut une grimace en voyant le nom du désormais ex-vice-capitaine de Karasuno. Évidemment, ils étaient tous les deux dans la même filière, alors ils pouvaient réviser ensemble. Rien que de les imaginer assis ensemble, l'épaule de Sugawara contre celle de Daichi alors qu'il se pencherait sur lui pour lui expliquer quelque chose lui nouait l'estomac. Il savait qu'il n'avait aucun droit de se montrer jaloux (qu'il n'en aurait jamais le droit), mais pourtant, c'était plus fort que lui.

C'était insidieux, vicieux, ça lui bouffait tout ce qu'il avait encore de bonne humeur après avoir passé des heures assis devant ses cours. Cependant, il ne pouvait certainement pas laisser transparaître quoi que ce soit. Heureusement qu'ils n'avaient qu'une conversation par messages.

To : Sawamura — 9:35 p.m.

Ooh ? Sugawara-kun est meilleur que toi en histoire ? :p

Il agrémenta sa question d'un emoji qui tirait la langue pour bien faire comprendre à Sawamura qu'il le provoquait. Cependant, la réponse qu'il reçut le déçut.

From : Sawamura — 9:35 p.m.

Suga est doué en tout. Et il a de bonnes techniques pour retenir les dates !

La première réaction de Kuroo en voyant le message fut assez puérile. Il fronça les sourcils, louchant sur la première phrase, et poussé par une pique d'irritation, il répéta, d'une voix ridiculement haut-perchée :

— 'Suga est doué en tout', bla bla bla...

Oh comme ça pouvait l'énerver, et comme ça le rendait malade en même temps. Il se rendit compte que sa réaction était bête. Quel âge avait-il ? 8 ans ? Définitivement, « l'amour rend idiot » n'était pas qu'une phrase bateau. C'était la vérité.

— C'est ridicule, soupira-t-il.

Il posa son téléphone sans même répondre et rassembla les feuilles de cours qu'il avait éparpillées sur le bureau. Il savait qu'il ne se remettrait pas à réviser pour ce soir. Il en profita pour préparer son sac pour le lendemain, et puis il s'enfonça dans son lit, récupérant son portable au passage.

Il avait encore un message.

From : Sawamura — 9:37 p.m.

Pendant que j'étais chez lui, il a pas arrêté de lui envoyer des messages...

Kuroo savait parfaitement qui était ce 'lui' dont il parlait, et son coeur se serra encore, mais pas pour la même raison cette fois. Encore plus que souffrir lui-même parce que son affection n'était pas réciproquée, il détestait savoir que Daichi souffrait parce que son amour n'était pas réciproqué. Et c'était un peu tragique parce qu'il ne supportait pas qu'il lui parle de Sugawara et de ses sentiments pour lui, mais il se faisait tout de même un devoir de le soutenir dans son drame amoureux alors que ses sentiments étaient involontairement piétinés, en faisant abstraction du fait que ses propres sentiments étaient involontairement piétinés.

Il allait répondre quand un autre message arriva encore.

From : Sawamura — 9:43 p.m.

Désolé de t'embêter avec ça

Kuroo détestait quand il lui disait cela. Bien sûr que cela ne l'embêtait pas (enfin ça lui faisait un peu mal il devait l'avouer), il avait juste envie que son ami soit heureux et en paix, alors si se plaindre à lui lui faisait du bien, il le laisserait toujours faire.

Il lui avait dit, une fois, qu'il ne voulait pas parler de ses sentiments pour Sugawara à quelqu'un de Karasuno, qui connaîtrait bien le passeur et le verrait régulièrement. C'était pour cette raison qu'il avait tout naturellement fait de Kuroo une sorte de 'confident'. Et bien que c'était douloureux pour ce dernier, il était aussi content que Sawamura lui fasse confiance au point de lui confier ses peines de coeur.

To : Sawamura — 9:44 p.m.

T'inquiètes. Je comprends

Il envoya le message sans trop réfléchir, et ce n'est que lorsque la réponse arriva qu'il se rendit compte qu'il n'aurait peut-être pas dû formuler son texte comme il l'avait fait.

From : Sawamura — 9:44 p.m.

Tu comprends ?

Et presque immédiatement, un second message arriva : « T'as déjà connu ça ? »

Kuroo se mordit l'intérieur de la joue et jura intérieurement contre sa propre bêtise. Oui il comprenait. Oui il vivait à peu près la même chose. Et Sawamura n'en avait aucune idée. Pourtant c'était bien le cas, et il venait tout juste de vendre la mèche.

To : Sawamura — 9:46 p.m.

En quelque sorte

Et il pria pour que Daichi ne cherche pas à en savoir plus, ou bien il serait obligé de lui mentir. Et il n'avait pas envie de lui mentir. En fait, il détestait mentir tout court ; mais lui mentir à lui, et sur ce sujet, ça lui pèserait trop sur la conscience.

From : Sawamura — 9:47 p.m.

Est-ce que tu aimes quelqu'un ?

Le coeur de Kuroo fit un saut périlleux dans sa cage thoracique, et il eut l'impression qu'il lui remontait dans la gorge pour s'échapper. C'était trop cruel de lui poser cette question. S'il savait... Mais maintenant, il fallait qu'il réponde. Selon toute logique, et en temps que personne capable de faire preuve de jugeote et de réflexion, il aurait pu dire que non. Cela aurait été un mensonge et il ne voulait pas mentir, mais au moins, la conversation se serait stoppée là.

Mais comme il était fatigué, et émotionnellement éprouvé, et un peu stupide à cet instant précis, il paniqua un peu. Et il ne se rendit presque pas compte qu'il écrivait et envoyait sa réponse.

To : Sawamura — 9:50 p.m.

Ouais. Mais qui aime quelqu'un d'autre.

Au moins, il ne mentait pas. Mais il se mettait dans une galère impossible. Il s'empressa d'ajouter : « C'est quelqu'un que tu connais pas. » Au moins avec ça, il s'évitait d'autres questions. Mais il mentait un peu. Enfin, c'était un mal pour un bien, sans doute.

From : Sawamura — 9:51 p.m.

Ouais je vois. On est dans la même galère alors

To : Sawamura — 9:50 p.m.

On dirait bien lol

Ils étaient dans la même galère, oui. Et tout ce drama sentimental pourrait être simplement évité si Sawamura pouvait réciproquer ses sentiments. Et oh comme c'était égoïste d'avoir cette pense, mais l'amour faisait un peu ça aussi. Cependant, c'était des idées que Kuroo remisait au fond de sa tête, des pensées qu'un désir plus fort écrasait : celui de voir Daichi heureux.

Il savait qu'il n'était pas heureux cependant. Et lui-même ne l'était pas non plus. Et Sugawara, qui aimait encore quelqu'un d'autre, ne l'était sûrement pas non plus. Et en y réfléchissant un peu, Kuroo était arrivé à la conclusion qu'il n'y avait sûrement à cette histoire aucune fin qui ne briserait le coeur de personne.

From : Sawamura — 9:53 p.m.

J'espère que cette personne finira par se rendre compte qu'elle t'aime bien aussi. Ce serait bien qu'au moins un de nous deux ait une fin heureuse :)

Kuroo était un gaillard qui n'avait pas la larme facile (sauf dans quelques cas rares — oui il était sensible aux comédies dramatiques, pas de quoi en faire tout un plat ok !) mais maintenant, il pensa qu'il aurait presque pu fondre en larmes. Mais plutôt qu'avoir les yeux qui se mouillaient de larmes, il fut pris d'une envie de vomir et d'un désagréable vertige. Il eut envie de disparaître ou de faire disparaître le monde.

« C'est avec toi que je voudrais ma fin heureuse », songea-t-il en fixant le texte du dernier message qu'il avait reçu. S'il savait seulement que c'était lui, la personne qu'il aimait. Et puis il fronça les sourcils, cligna des yeux, s'arrêta une seconde, et il pouffa de rire en roulant sur son lit pour enfouir son visage dans son oreiller.

— Waouh, c'était encore plus niais qu'une réplique de mauvaise fan fiction, ricana-t-il. Faut vraiment qu'je dorme...

Lorsqu'il commençait à être niais et sentimental comme ça, il préférait arrêter tout. Ce n'était pas trop son genre de faire dans le romantisme dégoulinant. Enfin, c'est surtout qu'il n'en avait jamais eu l'occasion avant.

Il écrivit sa réponse.

To : Sawamura — 9:57 p.m.

Ouais, ce serait bien lol. Sur ce, j'vais aller dormir. Bonne chance avec tes révisions ;)

Il n'attendit pas d'avoir une réponse pour reposer son téléphone sur son bureau et s'installer correctement dans son lit. Et puis il souffla longuement dans une tentative de se débarrasser du désagréable sentiment de nausée qui persistait dans son ventre. Quand il avait une fois parlé à Kenma de ces sortes de malaises, il lui avait dit que c'était sûrement des bouffées d'anxiété. Fabuleux, avait-il pensé alors. Maintenant, ça lui causait des crises d'anxiété en plus, de mieux en mieux !

Son téléphone vibra. Il regarda la diode clignoter sans bouger pour autant, la couverture le recouvrant jusqu'au nez. Je vais pas regarder, se disait-il avec conviction.

Il tendit le bras pour attraper son portable. Pas si grande conviction que ça. Il ouvrit le message de Sawamura.

From : Sawamura — 10:00 p.m.

J'ai laissé tomber pour ce soir... bonne nuit

Il esquissa un sourire en coin. Ils en avaient déjà tous marre des révisions. Et pourtant, ils étaient loin d'en avoir fini.

Sans répondre, Kuroo mit son portable en mode avion et le reposa pour la dernière fois. Il ferma les yeux avec dans l'idée de dormir. Mais il était évident que son cerveau ne lui accorderait pas ce répit. Ses crampes anxieuses à l'estomac non plus apparemment.

Il songea à ce qui venait de se passer, et eut envie de se gifler. Maintenant, Daichi pensait qu'il était amoureux de quelqu'un — une personne inconnue, mais qui n'était pas lui.

Et alors ? pensa-t-il amèrement. De toute façon, ce n'était pas comme si cela allait détruit les espoirs de Sawamura d'apprendre que Kuroo aurait des sentiments pour quelqu'un d'autre, puisque c'était sûr qu'il ne nourrissait aucun espoir. Alors qu'est-ce que ça pouvait bien faire ?

Cela ne changeait rien, et pourtant, Kuroo avait l'impression d'avoir fait une erreur en disant ce mensonge. Et si... pensa-t-il ensuite. Et s'il y avait eu même le plus infime espoir, il l'avait gâché en faisant croire que son coeur était déjà occupé par quelqu'un. C'était stupide. Beaucoup trop bête. Tout semblait beaucoup trop bête ces derniers temps.

— Allez, arrête de penser à ça, se souffla-t-il à lui-même. Ça sert à rien.

Et c'est difficilement qu'il parvint à s'endormir d'un sommeil clair où, à son grand soulagement, il ne fit aucun rêve ni cauchemar impliquant Sawamura et son amour pour son vice-capitaine.

Il détestait faire ces rêves-là.


Ah l'amour, c'est compliqué, et n'importe qui peut se retrouver confronté à ces galères. C'est triste. Et je trouve ce genre de situation particulièrement triste.

Un format plus classique cette fois, mais je pense refaire des chapitres-lettres à un moment. Surpris que le crush de Daichi soit Suga ? je parie que non ! Et d'après vous, qui est le crush de Suga ? Bien sûr, vos retours sont très attendus et espérés ! Sans avis et/ou mots d'encouragements, les auteurs peuvent facilement perdre leur volonté d'écrire et faire partager leurs écrits !

Au fait, je voulais vous demander : si vous connaissez des chansons dans le même style que I hate you, I love you de gnash, hésitez pas à laisser les titres et artistes dans vos reviews, je suis d'humeur à écouter ce genre de musique en ce moment !

Bye Bye ~