Chapitre deux : Si tout était définitif

Les rêves, ils y en a des tonnes, vous en avez autant que moi. Parfois, on les apprécie et… parfois pas. Certaines fois ils ne sont pas voulus tandis que d'autres fois on ne s'en souvient pas et on le voudrait. Certaines personnes disent que nos rêves sont significatifs. Je ne peux prendre position, je n'en sais rien. Si c'est vrai, ou pas. Ce que je sais c'est que ceux qu'Himeko pouvait bien faire était très spéciale. Les rêves, c'est une partie de liberté, pour ceux qui savent ce que ce mot signifie, ils verront ici l'importance des rêves. Ce moment d'évasion, sans douleur, sans corps, sans sentiment nous transporte dans des univers où même le mot « univers » ne serait pas suffisamment grand pour décrire tout ce dont on pouvait y trouver. Les possibilités sont infinies et c'est entre autre pour cela qu'ils sont si fascinants.

Mais revenons au point d'intérêt, voulez-vous? Si Himeko a des rêves, j'imagine que tous ceux qui connaissent l'histoire savent ce que sont ces rêves. Eh bien, je le dis immédiatement pour ceux qui espèrent encore, l'histoire ne changera pas, mais elle sera bel et bien différente de tout ce dont vous connaissez. Car, il faut bien dire que chaque histoire est unique. Car chaque vie est unique. Et comme je considère la vie comme étant une histoire et une histoire comme une vie, vous imaginez bien la suite…et comment celle d'Himeko sera longue et pénible. Et bien non, ça ne se terminera pas. Ça ne doit pas.

Je le redis encore une fois clairement : Ça ne se terminera pas.

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J'ai fait un rêve étrange la nuit dernière. Je crois que c'est ma folie qui s'empare également de mon inconscience dans ses moments les plus vulnérables. J'ai rêvé à Miya-sama et c'est bien la première fois que ça m'arrive. Je me sens de plus en plus minime, si vous saviez. Du niveau de celles que j'abhorre. C'est comme si d'un rêve innocent je m'en sentirais sali, c'est beaucoup. Je délire, c'est ça. J'en ai trop parlé. Trop penser. Ça ne peut être réalisable dorénavant.

Je délire, oui, mais pas de ce que je pensais au départ. Je délire, car la situation n'est que parfaitement normal et je la tourne en quelque chose d'ignoble. On ne contrôle pas ses rêves et celui-ci…celui-ci. À quoi ai-je rêvé donc? Il y avait…Miya-sama…puis…hum…humm…

Bon, c'est inutile. Je ne m'en souviens plus. Foutue mémoire, pour une fois qu'il y avait quelque chose d'intéressant à se rappeler. Je fais ici référence à l'école, mais, détrompez-vous, je n'ai pas grand-chose contre. Je l'aime bien l'école, en fait, et les matières qu'on y étudie aussi…j'ai simplement un peu de difficultés avec certaines matières en particulier. Disons, pour faire court, que je suis définitivement nulle en mathématiques.

« Définitivement » j'aime ce mot, il me plait bien. Il est radical. Fort. Incassable. Tout le contraire de ce que je laisse paraitre et encore je me permets de l'utiliser, vous vous rendez compte? D'accord c'est con. J'approuve que parfois mes pensées tentent de m'échapper. Elles n'aiment pas trop être domptées, voyez-vous? Elles aiment la liberté, pouvoir tourner en rond aussi longtemps qu'elles le désirent pour bien se mélanger et ainsi créer un tout nouveau souvenir.

C'est sympathique parfois, vous devriez essayer ce jeu, une fois, on y devient rapidement accros.

Bon, passons, passons, pour reprendre sur un autre point, il y a pas trop longtemps de ça, Mako-chan me surprit avec le seul souvenir concret que j'ai de mon enfance et avec sa curiosité qui en surprendra toujours un, elle alla y mettre le nez à l'intérieur et m'obligea à tout lui raconter. C'était mon album photo, donc j'étais tout de même réticente à l'idée, mais c'est Mako-chan, je ne peux évidemment pas lui dire non (ça me tuera bien, un jour). Alors, je refermai l'album et l'ouvrai au tout début pour lui montrer des photos de moi bébé dans les bras de ma tante et mon oncle tout souriant à côté. Une photo de nos animaux domestiques, une autre photo de moi. Ça fait très narcissique tout ça, je vais arrêter l'énumération. Jusqu'à ce qu'on tombe sur la dernière photo qui, allez donc savoir pourquoi, me semblait assez récente.

Et je commençai à pleurer.

Quelque chose clochait dans tout cela. Cette photo n'avait pour ainsi dire absolument rien de spéciale. C'était moi, debout, dans un endroit couvert de rose rouge des plus magnifiques et qui malgré cela ne sonne me rappelle rien. Dans une position, bien, qui me semble plutôt inconfortable et pourtant j'y étais tout souriante. Comme si je n'y avais jamais été. Comme si je n'avais jamais pris cette photo. Comme si…

« On dirait qu'il manque quelqu'un sur la photo. » Pensa tout haut Mako-chan qui n'avait pas encore remarquée mes larmes. Et ce qui me frappa le plus c'était le fait qu'il me sembla qu'elle ait raison sur ce point. Normalement, pour être dans cette position, il faudrait une personne pour être confortable et apprécier pleinement le moment. Mais à quoi tout cela pouvait-il bien rimer? Ça n'avait absolument aucun sens et tout de même ça me semblait probable!

Incompréhensible, n'est-ce pas? J'en étais réellement choquée à ce moment.

Puis, devinez quoi? C'est Mako-chan qui trouva la réponse à sa propre affirmation, encore une fois. Je ne l'avais pas vu faire, mais apparemment qu'elle avait retiré la photo de l'album pour voir de plus près. Et c'est là que ce phénomène qui défit toutes les lois des coïncidences apparues jusqu'à ce jour : derrière la photo, il y avait quelque chose de coller.

Un bout de papier. Et un collier avec en pendentif la moitié d'un coquillage, une toute petite coquille St-Jacques rose, polit par la mer durant des années sans jamais se briser et retrouvé coller derrière une photo.

« C'est une chasse au trésor? » Demanda innocemment ma meilleure amie.

Le bout de papier, pour sa part, Mako-chan, m'en cacha la vu pendant un moment et c'est rapidement que j'y vis une adresse. Un collier, une adresse. Si on pensait rapidement on dirait que le collier appartient à la personne vivant à cette adresse. Assez simple. Et c'est ce que j'ai pensé. Et c'est probablement ce que Mako-chan pensa, aussi, ou du moins…avant qu'elle me donne une réplique qui me donna la chair de poule.

« Comment est-ce qu'ils ont fait pour mettre une photo truquée dans ton album? »

Alors là, j'hésitai. J'avoue, j'hésitai. Mais ça se voyait trop bien qu'il y ait quelque chose de caché là-dessous et son autre réplique ne fit simplement convaincre mes doutes. Mako-chan en était pour quelque chose, sinon, elle n'aurait pas faite cette tête. Sinon, elle n'aurait pas tant voulu fouiller dans mon album. Elle connait tellement de personnes que je n'ai jamais vu que je ne serais pas surprise qu'il en ait un dans le lot qui sache faire ça si bien. Bon, très bonne comédienne cette Mako-chan, maintenant, c'est si facile.

« Tu y iras, demain, n'est-ce pas, Himeko? L'adresse! Ohhh! …»

Vous voyez ce que je veux dire? Puis, c'est mon anniversaire le premier d'octobre, c'est bientôt.

« … Tu imagines ? La quête du collier coquillage par Himeko et Makoto, wah! Nous allons trouver à qui il appartient! Oui! Oui! »

D'accord, c'est bien, elle en met un peu trop pour que ce soit réaliste là.

« C'est si romantique!!! Tu ne trouves pas?! »

Quelque chose cloche, là.

Je la laissais dans son euphorie de me faire une surprise. Comme je l'ai prévu, elle me dit qu'elle ne pourrait pas être présente, elle avait un « supposé » entrainement, elle me laissait donc y aller seule et me fit promettre de tout lui raconter le soir venu. Ah, celle là. Que ne ferait-elle pas pour me faire plaisir. Je l'aime tellement Mako-chan, elle est exactement comme la sœur que j'ai toujours voulu avoir, nous ne sommes simplement pas relier par le sang. Pourtant, parfois, j'ai cette impression tellement nous sommes proches et tellement nous nous supportons mutuellement, d'accord elle m'aide plus que moi je l'aide, de toutes les embuches que la vie nous apporte.

Oui, je me sentais tout de même excitée pour demain. J'avais hâte de voir tout ce qu'elle avait prévu pour moi, j'avais hâte que la « Quête du Collier Coquillage » commence!