Nous avions bien avancé durant la nuit. Salone était à moins d'un jour de cheval‚ et je décidai de camper pour le reste de la nuit, pour reposer aussi bien les chevaux que mes compagnons.
Nous avions fait deux feux de camp contigus‚ un pour Gabrielle et moi et l'autre pour les quatre Gardes. Bien sûr‚ j'étais brûlante de désir que je ressentais pour Gabrielle. Mon cycle avait commencé le matin de ma Mort Dure‚ une chose que j'avais signalée à Shaya, la guérisseuse Amazone, dans le cas où je ne reprendrais pas conscience après la procédure. Je pensai que Gabrielle devait avoir le sien en même temps. Nous avions toujours le même cycle depuis plus de quatre ans‚ même durant les épisodes de longue séparation. Habituellement‚ je me sentais encore plus éveillée sexuellement les deux semaines après que nos cycles se terminent. Aussi‚ inutile de dire‚ que je voulais tellement lui faire l'amour que je pensai que l'odeur de ma passion suintait de mon corps et n'importe qui à cent mètres pourrait me sentir. J'avais eu, il y a bien longtemps du sexe avec elle devant d'autres, pour ainsi contrôler mon désir. Je me refusai toute intimité avec elle. Nous avions dormi quelques marques de chandelles enlacées dans une étreinte amoureuse.
Nous arrivâmes à Salone au milieu de l'après-midi le jour suivant. Palaemon et Aerol coururent pratiquement quand mon équipage et moi entrions dans la ville. Je descendis d'Argo et accueillis mes deux fidèles Commandants de ma Garde Impériale.
— Mon Seigneur‚ soyez la bienvenue dit Palaemon. Je vois que vous avez trouvé mes éclaireurs.
— Oui‚ Commandant‚ répondis-je. Êtes-vous prêts, vous et les troupes à voyager ?
— Oui, Conquérante‚ répondit Palaemon.
À cet instant‚ le Commandant de mon armée de l'est en Gaul s'approcha.
— Majesté‚ bienvenue.
Le Commandant Seumius était un natif d'Amphipolis, mon village natal. Il s'était battu à nos côtés à mon frère Lyceus et moi, contre le seigneur de la guerre qui avait envahi notre patrie il y avait plus de douze ans‚ mais ne m'avait pas accompagné dans mes expéditions de piratage après la mort de mon frère. Au lieu de cela il avait rejoint l'armée du seigneur de guerre Celtique, l'infâme Arvad de Massilia. Je me battis contre Arvad quand je me battis pour conquérir la Gaul il y a six ans. Après avoir vaincu Arvad, je l'éventrai personnellement‚ Seumius et moi, nous nous sommes en quelque sorte réunis. Seumius était un bel homme. Il avait des cheveux châtain clair qu'il portait toujours très longs et des yeux bleus foncés. Il était plus petit que moi‚ probablement pas plus grand que Bahri mais très musclé. Inutile de dire que nos ébats au lit étaient hautement électriques et souvent douloureusement pénibles. Mais dès que la passion d'animal retombée‚ Seumius devenait un allié fiable et dirigeait une de mes forces militaires depuis.
— Commandant Seumius‚ c'est agréable de vous revoir‚ répondis-je quand je serrai son avant-bras en guise de salut. Ses yeux tombèrent immédiatement sur Gabrielle‚ qui se tenait à mes côtés.
— Cela doit être Gabrielle‚ dit-il.
— Bonjour‚ fut sa réponse cordiale.
— Le Commandant Palaemon a besoin de faire vérifier ses yeux‚ lui dit Seumius. Tellement jolie que je n'ai pas de mots pour décrire la vision devant moi.
Instinctivement‚ je me plaçai entre Seumius et Gabrielle.
— Maintenant que je suis ici‚ les congés sont terminés. Nous avons une guerre sur le feu. Nous devons y aller maintenant.
Palaemon et Seumius avaient déjà leurs troupes‚ chevaux et chars chargés et prêts pour le long voyage jusqu'en Gaul. Je les fis rassembler les troupes en formation pour m'adresser à eux. Dès qu'ils furent tous présents‚ je me plaçais sur l'estrade en pierre à l'agora centrale de la ville.
— Guerriers du Royaume‚ dis-je aux rangs de soldats avant moi. Nous sommes sur le point de nous battre contre Niall de Calleva, le bâtard le plus impitoyable de la tribu d'Iceni‚ et nous gagnerons cette bataille parce que j'ai devant moi la plus grande force de combat du monde connu !
Mes troupes lancèrent une acclamation collective pendant alors que je continuai.
— Ce barbare pense qu'il peut faire étalage de son arrogance sauvage devant vous‚ mes puissants guerriers‚ mais je pense non !
Une autre acclamation.
— Quand nous accosterons sur les rives d'Albion‚ nous vaincrons Niall et nous le mettrons lui et ses chiens sur leurs genoux, ils devront vous respecter et ils devront respecter ma loi et s'ils ne le font pas‚ NOUS LES TUERONS TOUS !
L'acclamation qui suivit, fut presque assourdissante. Palaemon‚ qui était debout à mes côtés‚ s'exprima à voix haute‚
— Victoire‚ pour le Royaume‚ pour la Conquérante !
Seumius s'exprima à son tour :
— VIVE, XENA LA CONQUÉRANTE !
Mes troupes hurlèrent avec enthousiasme.
— CON-QUÉ-RAN-TE… CON-QUÉ-RAN-TE… CON-QUÉ-RAN-TE… continuèrent-ils à scander.
Je restais devant eux sur l'estrade les bras pliés‚ me complaisant dans mon arrogance. Je restais ainsi pendant quelques instants envahie d'une joie suffisante‚ mais quelque chose attira mon regard loin de mes troupes vers la belle femme blonde debout devant moi, sur son visage une expression vide.
— Guerriers du Royaume‚ ROMPEZ ! ordonna Palaemon à cet instant.
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