Le futur

4ans plus tard,

Mon téléphone portable vibra dans ma poche. Et zut ! Alors que j'étais en plein examen ! J'avais bien prévenu Jason de ne pas m'appeler avant que je le fasse…Ca s'arrêta enfin, me permettant de reprendre où j'en étais dans ma dissertation. Je ne pouvais pas rater cette matière, sinon, je ne pouvais pas être titulaire !

Prenant ma respiration, je fermai les yeux et me re-concentrai pour les dernières minutes avant la fin de l'épreuve. Ma conclusion se formait dans ma tête au fur et à mesure que j'achevai ma dernière partie donc quand les surveillants réclamèrent de poser les stylos, j'obtempérai sans hésitation.

Les autres étudiants à mes côtés étaient tout aussi épuisés après les cinq heures d'affilées de composition. Mais on était aussi ravis parce que tout était enfin fini. Les études, les examens, le stress de ne pas savoir si on serait embauché ou pas. Je souris.

Moi, Bella Swan, j'étais sûre de travailler dans un cabinet de consultants marketing dès l'annonce des résultats de mes concours. A 23ans bientôt, j'avais une belle perspective de carrière et de vie. Sans plus y réfléchir, j'avançai vers la sortie.

Un bras musclé enlaça ma taille gracile, en même temps que des lèvres souples se posaient dans ma nuque.

« Alors ? » Sa voix était grave et enivrante, je souris de plus belle et me tournai vers lui.

« Ton coup de téléphone m'a perturbée ! Juste quelques minutes et je te rejoignais ! Tu ne pouvais pas attendre ? » Même si je l'accusais je souriais, et me tendais vers Jason. Nos regards noirs étaient soudés, et une fois ma phrase terminée, je vis une lueur d'incompréhension traverser ses pupilles.

« Je ne t'ai pas appelé. Tu me l'avais demandé » Il releva un sourcil, incertain.

Je me sentis pâlir. Si ce n'était pas Jason. Ca ne pouvait être que lui.

Je tendis la main vers mon sac et en sortit mon portable. Je consultai les appels manqués. C'était bien ça.

Maitre Oliver m'avait contactée sans laisser de message. Jason eut juste le temps de me faire asseoir avant que je ne pâlisse encore plus. Quand il eut lu le numéro, il inspira profondément avant de dire

« Tu veux que je le rappelle à ta place ? »

Je secouai la tête. Non. Même si Jason savait que j'étais, à cet instant précis, toujours en procédure de divorce, je ne pouvais pas lui demander de prendre cette responsabilité. Si je voulais tourner la page…Et c'était ce que je voulais…Je devais rappeler moi-même mon avocat et m'informer sur la raison de son appel. J'inspirai avant de lancer le rappel automatique.

« Maitre Oliver » Une voix faible pour un homme me répondit. J'expirai, me rendant compte, qu'une fois de plus, j'avais oublié de respirer.

« C'est Bella Swan »

« Miss Swan, ravi que vous me rappeliez aussitôt. J'ai une bonne nouvelle. »

Je fermai les yeux, me préparant à cette 'nouvelle'.

« Je viens de recevoir le papier de divorce que Mr. Cullen a signé » Continua-t-il, sans se rendre compte de mon trouble.

« Vous êtes officiellement divorcés Mr. Edward Cullen et vous »

Je sentis le sourire dans sa voix. Cet homme était bon dans son métier, et il était fier d'avoir réussi à répondre aux attentes de sa cliente. Moi, en l'occurrence.

« Merci » Fut ma seule réponse.

« Je vous communique un double dès aujourd'hui »

« Merci » répétai-je, incapable de formuler d'autres propos.

Il raccrocha après m'avoir souhaité de reprendre ma nouvelle vie que je me construisais depuis près de quatre ans. Avant de revenir à la réalité, j'imaginai la douleur d'Edward quand il avait reçu ce courrier. J'espérai juste qu'il avait tourné la page avant que je ne le lui fasse envoyer. Il en avait le droit. Malgré tout.

Ce ne fut que lorsque Jason essuya mes larmes que je me rendis compte que je pleurais. Mais je n'étais pas sûr de la raison. Soulagement, ou douleur.

« Bella ? » Hésita-t-il.

« Ca y est » Je réussis à lui sourire. Je vis son soulagement dans ses prunelles noires.

« Je te ramène à la maison » Il se leva et m'emmena avec lui vers sa moto.

Le matin il avait insisté pour m'accompagner à cet examen. Il savait que j'allais avoir la réponse rapidement pour le divorce, et il ne voulait pas me laisser seule. Je l'en remerciai silencieusement, avant de décider que je me devais d'être plus forte.

J'avais divorcé d'Edward ? Et alors ? Beaucoup le faisaient ! Et ça n'étonnait personne. S'être marié à la sortie du lycée, quelle idée ! Oui mais c'était une bonne idée, à l'époque en tout cas…

Je secouai la tête comme pour me sortir d'un mauvais rêve et je me tournai vers Jason qui m'attendait à la porte de notre appartement. Je souris, et je sentis que ce sourire atteignait mes yeux. Alors, plus confiante que jamais depuis longtemps, je m'approchai de lui, d'un pas aguicheur. Son rire alors qu'il me prenait dans ses bras me fit tout oublier. Pour un temps, du moins.

Serrée dans ses bras puissants, les doigts légers sur ses biceps, le souffle encore court de nos ébats, je reprenais pieds avec la réalité.

« Comment tu te sens ? » Et dans cette question, il y avait de l'hésitation.

Je relevai les yeux vers lui, l'embrassai doucement et annonçai, la voix vibrante d'émotions

« Libre »

« Tant mieux. Tu veux manger quelque chose ? » Et dans son regard, je vis qu'il ne parlait pas que d'aliments. Je pouffai avant de sortir de sous les draps et le rappeler à l'ordre.

« On doit retrouver les autres au bar ! »

Je filai à la douche avant que Jason ne me rattrape.

Cette soirée fut un vrai moment de détente. J'en avais fini. On en avait fini. Avec les cours, le dur passé, pour ne penser plus qu'à notre avenir.

Jason me vit les yeux dans le vague, il me caressa lentement le dos de la main pour me ramener à lui. Je levai les yeux et croisai son regard ardent.

« Tu danses ? »

Je souris et me lovai dans ses bras.

J'en avais fait des progrès depuis ma dernière relation avec un homme. Avant je ne dansais pas, je ne faisais que me casser la figure, je me cachais sous des vêtements qui ne me donnaient aucune valeur. A présent, je profitais de n'importe quel moment pour danser dans les bras de mon petit copain, je mettais des talons de plusieurs centimètres sans hésitation, et j'enfilai souvent des slims et t-shirt ou pulls moulants. Ma féminité et mon corps se développaient. Et j'aimais ça. A l'aise dans ce slow avec Jason, je ne faisais qu'une avec lui. Les yeux dans les yeux, c'était comme si on était seuls sur cette piste bondée.

Deux semaines s'étaient écoulées depuis la fin de mes examens, et enfin j'allais avoir les résultats. Déjà mon futur nouveau patron m'attendait. Il m'avait contactée pour que je vienne signer le contrat sur lequel nous étions tombés d'accord, alors que j'étais encore stagiaire chez lui.

« Je ne pourrai jamais y aller ! »Me plaignis-je encore, en serrant la main de Jason dans la mienne. Il sourit à nouveau à ma panique.

« Tu as travaillé à fond, tu as fait tes examens, tes professeurs et ton patron étaient fiers et confiants. Tout va très bien se passer. Ce n'est qu'une formalité. Tu vas entrer dans cette salle, chercher ton nom sur le document, et quand tu le verras, tu liras 'ADMISE' et on t'indiquera où te rendre pour récupérer ton dossier et ton diplôme » Me rassura-t-il.

Je le regardai, toujours aussi angoissée. Comment pouvait-il me faire confiance ainsi ? Comment pouvait-il me regarder en face et être aussi calme ?

J'inspirai à fond et pénétrai seule dans la pièce après l'avoir embrassé. On savait tous les deux qu'il s'agissait d'un moyen pour retarder la révélation, mais je m'en fichais.

Sans savoir où je prenais cette force, j'avançai le long du couloir jusqu'à la porte qui donnait accès à la 'pièce de torture'.

Il y avait foule, et des personnes dans tous les états. De la joie intense, à la déception. Je regardai tout le monde, lisant sur leurs visages les mêmes sentiments qui me dominaient.

Le visage devant les feuilles, je cherchais avec hésitation et lenteur mon nom. 'Bouiloul' 'Dwan', mon cœur fit un bond dans ma poitrine, jusqu'à ce que je réalise que ce n'était pas mon nom. Comprenant enfin que les noms étaient dans l'ordre alphabétique et que je n'étais qu'au début de la liste, je me déplaçai de cinq pages environ avant de trouver les 'S'. Plus lentement encore je parcourus les noms avant de tomber sur le mien.

Le cœur battant à tout rompre je suivis avec attention ma ligne et atteignis le bout de la ligne où un mot était inscrit. Trop bouleversée pour comprendre ce que cela signifiait je restai devant la feuille, le doigt sur le mot, cherchant à en trouver le sens. Les lettres se détachaient dans mon cerveau qui refusait de les analyser ensemble : A-D-M-I-S-E.

Quand soudain j'entendis l'anéantissement dans la voix de quelqu'un à mes côtés, je réalisai. J'avais vraiment fini avec tout ça. J'avais vraiment fini avec la vie qui me rappelait mon passé, mon mari et mon enfant. J'étais maintenant Bella Swan, consultante en marketing. C'était officiel !

Un sanglot de soulagement me prit alors que je revenais à la réalité. D'un bloc je me retournai vers le responsable qui nous indiquait les différents bureaux selon les cas. Je lui donnai mon nom, il parcourut sa liste, me sourit et m'envoya dans le bureau d'en face, en me félicitant.

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, je détenais précieusement mon diplôme et tous mes papiers, et je retournais, la tête dans les nuages vers l'homme qui m'avait aidée tout ce temps.

Jason m'attendait, confiant, sur un banc. Quand il me vit arriver, il rompit la distance qu'il y avait entre nous, et me serra dans ses bras pour mieux m'embrasser.

« Merci »Soufflai-je contre ses lèvres, avant de les ressouder.

Autour de nous, les gens souriaient, ou détournaient leurs regards, quelques peu désapprobateurs. Mais je n'en avais rien à faire. Plus jamais le regard des autres ne me gênerait à présent.

Mains dans la main, nous rejoignîmes la moto de Jason. Je glissai mes papiers dans mon sac, j'enfilai mon casque et je le laissai me conduire où il en avait l'intention.

C'est avec surprise que je découvris un centre de soins du corps et du visage.

« Jason… » Je ne pus en dire plus. Il m'entraîna à sa suite, on passa les portes tournantes et j'entrai dans un autre monde.

Une fois le hall traversé, nous entrâmes dans un salon d'où l'on nous conduisit aux vestiaires. Jason m'embrassa furtivement avant de s'éloigner vers son vestiaire. Je le suivis des yeux un instant, et ce fut le cœur léger que je trouvai mon hôtesse peu après.

« Allongez-vous, svp » M'indiqua-t-elle en me désignant une table.

Hummm ?! Je commençai donc par un massage ?!

Relaxée et reposée, je suivais à présent Jason le long d'un couloir, escortés par une hôtesse. Elle ouvrit une porte, et je découvris le jacuzzi.

« Jason… » Je me sentais bête de ne pas dire autre chose. Mais je savais qu'il comprenait. Je l'embrassai d'abord tendrement, puis, alors que nous pénétrions dans l'eau sous l'œil de l'hôtesse, il m'enlaça plus étroitement contre son corps ferme.

« Je t'aime » Souffla-t-il, ses yeux noirs plongés dans les miens.

« Je sais » Acquiesçai-je en fermant les yeux de bonheur.

Je ne lui disais pas les mots. Je ne pouvais pas. Et il l'acceptait. Bon sang pourquoi ne l'avais-je pas rencontré au lycée ? Avant de me morfondre, je rouvrais les yeux et lui rendais un baiser encore plus passionné.

Seuls les toussotements gênés de l'hôtesse qui amenait d'autres clients me stoppèrent.

Nous passâmes quelques cinquante minutes dans l'eau à rester simplement l'un avec l'autre, à savourer ce temps qui, nous le savions, ne nous serait pas accordé avant longtemps. D'abord parce que j'avais mon travail à prendre dès le lendemain, et ensuite parce que lui, partait le soir même pour retrouver sa mère et son jeune frère de six ans son cadet et qui multipliait les conneries qui le conduiraient en prison.

Quand nous sortîmes de l'établissement, nous retournâmes chez nous et profitâmes des dernières heures que nous possédions pour dîner aux chandelles et faire l'amour.

Jason était parti à la nuit tombée pour prendre son avion. Je l'avais conduit en moto et j'étais rentrée seule dans l'appartement qui me semblait gigantesque.

Après un thé devant une émission télé débile, je m'étendis sous les draps pour trouver un sommeil réparateur.

Et il arriva ce qui n'était plus arrivé depuis longtemps. Je rêvai d'Edward. Edward au soleil, dans la clairière, brillant de mille feux, ses yeux ambrés posés sur moi, reflétant un bonheur que je savais pourtant avoir perdu.

« So the Lion fell in love with the Lamb »

En sueur, je me réveillai dans la nuit et cherchai à mes côtés un corps dur comme le marbre, mais ne trouvai que le vide.

Le poids de mon bracelet, seul symbole de ma vie passée que je ne pouvais retirer, me fit sangloter jusqu'à l'aube.

Je l'avais perdu, je l'avais quitté, je reprenais à présent une vie d'humaine. Point final.

Du moins c'était ce dont j'essayais de me convaincre ! Parce que là, au fond de moi, j'avais encore le souvenir et la trace de ses caresses, de ses paroles. Et rien que pour cela-ou par cela, je résistai mal à le rejoindre, à retourner à Forks ou n'importe où où il serait pour le revoir. Le laisser m'enlacer doucement contre sa poitrine froide.

Le réveil se déclencha sur une musique pop. Justement ce qu'il me fallait pour me sortir de ma léthargie. Je me levai donc en vitesse, et filai à la douche. L'eau chaude coulait sur mon corps encore triste de mes souvenirs, mais je luttai parfaitement contre la mélancolie, alors je sortis et enfilai un tailleur pantalon à la coupe simple mais professionnelle. Une légère touche de fard à paupière et eye-liner et j'étais prête à partir travailler.

Claquant la porte de l'appartement sur moi, je soufflai et affrontai sans crainte mon avenir.

J'avais toujours ma voiture noire d' 'après', et cela m'allait très bien. Au volant, je voyais la ville défilée sous mes yeux, et j'écoutai les derniers titres à la radio. Justement, c'était Keane, avec entrain j'entamai les paroles au même moment que le chanteur.

Devant le bâtiment, je montrai mon passe provisoire au gardien et il m'ouvrait la barrière. Bienvenue dans mon nouveau monde.

Je me souris à moi-même. Je trouvai ma place de parking sans problèmes et atteignis l'étage du cabinet en moins de trois minutes.

A ma montre, il était 8h31, j'avais encore trente minutes pour prendre mon poste, mais Mr. Hendricks m'attendait pour me saluer. J'allai à son bureau, sa secrétaire, une certaine Kate Minslet me sourit et me fit entrer.

« Bonjour, miss Swan. »Me salua Hendricks en me tendant la main. « Vous êtes la bienvenue. J'ai été heureux d'apprendre votre réussite »

« Bonjour, et moi je suis heureuse de faire partie de votre équipe »Répondis-je, souriante.

Oui, j'allais aimer cette vie.

Je passai quelques minutes avec mon nouveau patron. Il m'expliqua la procédure et me donna rendez-vous pour le début d'après-midi avec les autres consultants. Je les connaitrai, et j'assisterai à la réunion hebdomadaire pour répartir les tâches et voir les éventuels soucis.

Enfin, il me conduisit à mon bureau. Une pièce aussi grande que ma chambre à Forks, chez Charlie, avec des baies vitrées, un bureau moderne en verre, et une série de placards. C'était impersonnel, mais je pouvais l'aménager à ma guise. Je l'en remerciai et m'installai dans mon fauteuil avec un sourire béat.

« Je vous laisse vous familiariser avec les lieux. Johann, votre secrétaire à vous et à Maxime, va vous apporter les premiers dossiers »Il me saluait et sortait.

Je me souvenais de Johann, j'avais été son assistante pendant quelques heures, où les dossiers à traiter dépassaient alors mes compétences. Une femme brune, d'une trentaine d'années qui connaissait la boite comme sa poche et qui avait accepté ma présence aussi facilement que si j'avais toujours été parmi eux. Maxime, en revanche me mettait mal à l'aise, il n'était employé ici que depuis à peine deux ans, et il s'était permis certaines choses envers des stagiaires comme des plaisanteries grivoises qui me déplaisaient. Je priai pour que nous n'ayons pas à trop nous côtoyer même si nous partagions une secrétaire.

Alors que je sortais des stylos et une photo de moi et Jason, on frappa à la porte. Je souris et invitai la personne à entrer. Je fus ravie de voir Johann ouvrir la porte avec un café dans chaque main.

Je me levai et l'aidai en me dirigeant vers les fauteuils contre le mur en face de mon bureau.

« Johann ! Je suis contente. Mais il ne fallait pas ! »

Mon enthousiasme n'était pas feinte, elle sourit et m'assura

« C'est mon cadeau de bienvenu ! »

En prenant la tasse qu'elle m'avait tendue, je l'examinai. Tout comme je m'en souvenais. Quoiqu'un détail attira mon regard immédiatement.

« Très joli diamant »

Je pointai son annulaire gauche où trônait un gros diamant brillant de mille feux.

« Merci. David m'a demandée en mariage, et j'ai dit oui…C'est une bague qui passe de mère en belle-fille dans la famille depuis plusieurs générations »

Elle regardait la bague avec attention et plaisir. Je sentis mon cœur se serrer au souvenir de Mon diamant que j'avais du quitté. Elle remarqua mon air triste et posa une main sur mon bras.

« Et ce divorce ? »

J'avais tellement bien sympathisé avec Johann, que je lui avais raconté ma séparation avec mon mari, et la procédure de divorce entamée. Je revins au présent et lui souris

« C'est fait. Depuis deux semaines. »

« Pas trop dur ? »

Elle était bien la première à me poser la question. Je gardai le silence un instant pour rassembler mes idées, et j'avouai

« Cela fait longtemps que nous sommes séparés, alors, je crois que je le vis assez bien. Ca n'était qu'une formalité officielle » 'Toutefois, c'est douloureux d'imaginer Sa douleur', ajoutai-je pour moi-même.

Johann hocha la tête et tourna les yeux vers mon bureau.

« Et si on commençait ? »

Je souris et acquiesçai. Il était temps que je prenne réellement ma place dans ce monde du travail.

On travailla d'arrache pieds pendant le reste de la matinée. Je devais apprendre le fonctionnement du personnel selon les cas à traiter, et je devais me familiariser avec le serveur de l'entreprise pour les papiers officiels. Mais je trouvais que je ne me débrouillais pas trop mal. Malgré l'intense attention que nous portions aux dossiers, Johann et moi prirent soin de mettre de l'ambiance dans le travail. On riait, mais on était sérieuse. Quand enfin, nous relevâmes la tête, il était l'heure du déjeuner.

Tout en s'étirant, Johann me regarda ranger mes papiers dans mes nouveaux placards.

« Tu t'en sors plutôt bien » Assura-t-elle.

« Merci, mais j'ai un bon exemple »

« Je t'en prie ! Demain tu n'auras déjà plus besoin de moi ! »

Elle balaya ma tentative de réponse d'un mouvement de la main, et sortit avant que je reprenne.

« Allons manger un bout »

Elle me vit hésiter.

« Quoi ? »

« Maxime… »

« Il ne déjeune pas aussi tôt » M'assura-t-elle.

D'accord, du moment qu'il y ait quelqu'un dans le coin. J'haussai les épaules, et la suivais jusqu'à la cafétéria. C'était un self, je me servis copieusement, j'avais tellement faim après cette matinée, que j'aurai pu manger un éléphant.

« Oh ! V'là Martina »Johann me désigna une table, où une blonde sulfureuse nous fit signe de la rejoindre.

« Martina, ça va ! »Lança Johann en s'asseyant. « Bella Swan, notre nouvelle consultante, et pas la pire ! »Me présenta-t-elle.

« Bonjour »Fis-je, en rendant ses bises à Martina.

« Décidément, il nous en arrive tous les ans, des nouveaux ! »Elle avait l'air contente en disant cela. Pourtant, dans son regard, quelque chose m'alarma. Je baissai les yeux, et les relevai sur elle alors que Johann disait

« Maxime était le dernier arrivé, il y a deux ans ! »

Je ne l'avais pas imaginé ! Martina ne m'appréciait pas. Une moue sarcastique se posa sur ses lèvres alors que nos regards se croisaient à nouveau.

« Déjà deux ans !? »Fit-elle, ironique.

Johann me regarda, désolée. Elle avait remarqué le comportement de sa collègue. Soit, elle ne m'appréciait pas, et bien moi non plus, trop sûre d'elle. Elle me hérissait. Je l'éviterai autant que possible.