Hey ! Voici le chapitre 2, beaucoup plus long que le précédent. En espérant que ça vous plaise !

Pour ce qui est de la mise en page, je vais essayer de voir comment l'améliorer, j'ai encore du mal à me familiariser avec la platefome.
Voilà !

Bonne lecture à vous !


Chapitre 2 : Au Manoir Wayne

Clark fut réveillé par une violente quinte de toux, alertant Alfred qui se rendit à son chevet. De manière maternelle, le majordome vérifia sa température en touchant son front et lui tendit un paquet de mouchoirs quand il renifla.

_Merci, Alfred. Combien de temps ai-je dormi ?

_Plus d'un jour, Monsieur Kent. Nous sommes au début de la nuit.

_Je vois. Bruce est encore ici ou il est parti sauver Gotham ?

_Il est descendu.

Clark voyait très bien ce que voulait dire Alfred. Il se leva et attrapa le T-shirt blanc laissé là la veille, qu'il enfila en voulant quitter la chambre. Il était venu quelques fois dans le manoir et se souvenait parfaitement de l'accès que Bruce avait emprunté la fois où il se trouvait avec lui.

_Puis-je vous préparer quelque chose à manger, Monsieur Kent ?

_Clark, Alfred. Appelez-moi Clark. Je n'ai pas envie d'abuser encore de votre hospitalité, mais je vous avoue qu'un petit sandwich serait le bienvenu.

_Je vous apporte ça. Si à tout hasard, vous arriveriez à faire manger un peu Maître Bruce…

Clark hocha la tête, puis se stoppa.

_Pouvez-vous lui demander si je peux le rejoindre ? Je n'ai pas envie qu'il pense que je veux empiéter sur ses plates-bandes.

_Vous pouvez y aller. Il sait déjà que vous êtes réveillé.

Clark hocha la tête et se fia à sa mémoire pour se diriger vers le passage secret et activer le mécanisme de la porte dérobée, qui s'ouvrit sur un ascenseur. L'aménagement du manoir était vraiment extraordinaire. Il rejoignit ensuite son collègue, posté devant ses écrans de surveillance. Il portait son costume du Batman, mais n'avait pas enfilé sa capuche. Ses yeux bleus clairs fixaient les écrans alors que son expression était neutre. Qu'il soit le Batman ou Bruce Wayne, cet homme avait décidément énormément de charisme. Clark se racla la gorge avant de parler, chassant de son esprit des images qui ne devraient pas s'y trouver.

_Hum, merci Bruce pour ton hospitalité. Je ne vais pas en abuser très longtemps et je pense-

_J'aimerais que tu restes quelques temps, jusqu'à ce que tu sois totalement remis. Alfred m'a fait part de ta subite montée de fièvre hier et il pense que tu es malade, probablement à cause du temps que tu as dû passer dans l'eau. Ton état est à surveiller, mais au moins tu sembles guérir à une vitesse impressionnante. Pas autant qu'à ton habitude, mais déjà plus vite que les humains. Tes pouvoirs ne sont donc pas perdus.

Le kryptonien se gratta l'arrière du crâne, visiblement gêné.

_Je sais pas si je devrais être flatté ou effrayé que tu connaisses mon état de santé mieux que moi, dit-il en souriant.

Bruce tourna enfin la tête vers lui quelques secondes et, lorsqu'il se sentit rougir, reporta vivement son attention sur les écrans. Mais Clark ne manqua pas la scène. Il sourit encore plus : Bruce gêné, c'était carrément trop attendrissant.

_J'accepte ta proposition seulement si tu partages les repas en ma compagnie.

_Toi, tu as parlé avec Alfred.

_Tu as de la chance d'avoir pareille personne à tes côtés.

_Je sais. J'accepte le compromis. De toute façon, on s'était dit qu'on se ferait ça, un jour.

Clark se mit à sourire plus bêtement. Il ne pensait pas que l'homme chauve-souris avait vraiment adhéré à son idée, le sachant assez réservé. Un silence se fit.

_Comment se passe cette nuit ? Je peux t'aider sur quoique ce soit ?

_J'ai juste eu à intervenir sur un carambolage. Le Joker et les autres ont l'air d'être tranquilles. Ils doivent préparer un mauvais coup.

_Quoiqu'ils fassent je les remercie pour cela, lança sur un ton bas Alfred, qui venait d'arriver avec un plateau. Monsieur Clark, voici ce que vous avez demandé, pour vous et Maître Bruce. J'ai jugé utile de vous apporter quelques médicaments pour votre forte toux et votre fièvre.

_Euh, merci beaucoup Alfred.

Le majordome s'éclipsa et Clark saisit alors son sandwich, et tendit avec un sourire l'assiette à Bruce. Il attendit patiemment que ce dernier croque le premier dans son sandwich pour en faire de même. Il laissa échapper un soupir d'aise en savourant sa première bouchée, remplissant son estomac pour la première fois depuis longtemps. Ils mangèrent en silence, tous deux ayant les yeux fixés sur les écrans. Bruce parla alors d'une enquête qu'il effectuait en cours, avec d'autres membres de la Ligue de Justice sur les entreprises Cadmus. En extérieur, on ne notait rien d'inquiétant, toutefois Flash avait repéré certaines de leurs activités qui n'étaient notifiées nulle part dans leurs rapports. En l'absence de preuves, il fallait soit les prendre en flagrant délit, soit s'infiltrer dans les structures. Mais quelles que soient leurs opérations, rien n'indiquaient qu'elles étaient illégales. Pour le moment.

Depuis que Batman les avait mis sous surveillance, il faisait attention aux différentes activités qui s'exerçaient un peu partout. Ce soir, un camion de chargement partait de Coast City, mais il ne savait pas quelle était sa destination. Green Arrow avait fait le chemin exprès jusqu'à cette ville pour y coller un traceur, ayant justement un rendez-vous d'affaires dans le coin.

Voyant que tout semblait visiblement aller bien, Bruce décida de retirer son costume et d'aller dormir un peu. Clark se dit que la vie de cet homme devait relativement être très décalée et il sourit en se disant qu'il était véritablement un oiseau de nuit. Tellement Bruce Wayne.

Il sortit de la Batcave en même temps que son ami et se rendit dans la chambre qu'Alfred lui avait préparée. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il réalisa qu'il avait investi la chambre personnelle de Bruce… et curieusement, cette pensée ne le gêna pas le moins du monde. Il se sentait privilégié.

Il prit une douche et, faute d'avoir de nouveaux vêtements, renfila les même habits. Il décida d'employer une méthode de relaxation kryptonienne pour faire passer les quelques heures avant qu'une journée banale ne commence. Il n'avait certainement pas envie de se recoucher. Il se concentra alors sur son corps et son esprit par une méthode que la mémoire de son père biologique, Jor-El, lui avait apprise à la Forteresse de Solitude.

Il réalisa que Bruce lui avait dit vrai. Il sentait que son corps aspirait toutes les radiations solaires qu'il pouvait et qu'il remplissait juste ses réserves avant de pouvoir en récupérer l'usage. Il sentait que la transition allait être douloureuse et il appréhendait déjà l'instant. Aussi, les lésions subies par son corps se réparaient au fur et à mesure et bientôt, il ne serait plus malade. Peut-être même dans quelques heures.

Il sortit de sa méditation quelques heures plus tard et quitta sa chambre pour voir si Alfred était debout ou non. S'il restait au Manoir Wayne, il avait néanmoins dans l'idée d'aller se chercher quelques affaires. Le majordome n'étant pas présent, Clark se contenta de laisser une note derrière lui et il sortit du manoir à pieds, traversant le grand terrain de la propriété dans l'idée de regagner la ville et d'y trouver un taxi, direction Smallville.


L'air pur de la campagne fit le plus grand bien à Clark, qui sentait qu'il était chez lui. L'odeur de la ferme des Kent était unique. Shelby, leur border collie, aboya en courant dans sa direction, l'ayant tout de suite reconnu à l'odeur. Son chien lui avait manqué. Il se baissa pour l'accueillir, et reprit sa route en direction de la maison. Sa mère, alertée par les aboiements du chien, revint de la grange. Lorsqu'elle l'aperçut, elle ne put retenir ses larmes de joie.

_Oh mon chéri ! Je suis si heureuse !

Clark serra sa mère dans ses bras, qui pleura à chaudes larmes. Il n'imaginait pas la peine qu'avait dû ressentir sa mère mais il en avait une certaine idée. Mais sa mère était une femme forte. Après s'être ressaisie, elle l'emmena à l'intérieur de la maison, Shelby sur leurs talons. Comme lorsqu'il vivait avec elle, elle prépara le petit déjeuner et Clark la regarda faire, savourant ce simple moment qu'il avait désormais peu l'occasion de vivre. Sa mère brisa le silence.

_Ta mort a fait la une des journaux. On en parle encore. Tu as eu une cérémonie et un mémorial en ton nom est en construction à Washington. Toute la Ligue était présente. C'était vraiment très émouvant. Des gens venaient de partout pour assister à la cérémonie à Métropolis.

Il y eut un autre silence où Clark assimilait l'information. C'est vrai qu'il n'avait pas trop abordé le sujet avec Bruce.

_J'ai perdu mon combat. Mais j'ai eu de la chance. Je ne sais pas comment c'est possible, mais je suis là maintenant. Sauf que je n'ai plus mes pouvoirs pour l'instant.

Sa mère apporta une corbeille de toasts sur la table et déposa ses œufs sur le plat dans deux assiettes.

_Ne t'en fais pas, tes pouvoirs reviendront comme tu es revenu. Que comptes-tu faire maintenant ?

Ils s'installèrent et commencèrent à petit déjeuner.

_Je suis actuellement logé par un ami de la Ligue. On va voir s'il y a eu des grosses répercussions et si on peut trouver quelque chose sur le fait que je sois encore vivant. Je suis venu te voir et récupérer quelques affaires.

Clark regarda sa mère, qui sembla songeuse quelques instants.

_Ton ami, ce ne serait pas le justicier de Gotham, par hasard ?

_Qu'est-ce qui t'a fait penser à lui ?

Le sourire malicieux de sa mère l'inquiéta.

_Et bien, mon chéri, ton dernier combat était à Gotham et c'est le justicier avec qui tu es le plus proche. Et puis, il était absent à ta cérémonie.

Le brun ne cacha pas sa surprise, étonné que Bruce ne fût pas présent car, en effet, ils étaient devenus assez proches au fil des années. Bruce et lui avaient toujours eu les mêmes objectifs en ce qui concernaient leur rôle de justicier et, même si leurs méthodes et points de vue pouvaient parfois diverger, ils trouvaient toujours un compromis.

_Ce sont ses affaires, que tu portes ?

Clark baissa les yeux sur son jean et son T-shirt, des habits relativement simples pour un milliardaire.

_Mon costume n'était même plus identifiable, lorsque j'ai repris conscience, se défendit-il.

Le sourire malicieux de sa mère ne disparaissait pas.

_Tu as conscience que ces vêtements te... mettent sacrément en avant.

Il haussa un sourcil en souriant.

_Tu te moques de mes goûts vestimentaires ou tu sous-entends quelque chose de précis ?

_Je faisais juste une remarque, répondit-elle en prenant un air faussement innocent.

_Quand tu fais ce genre de remarques, tu as toujours quelque chose derrière la tête.

Comme ils avaient fini, sa mère se leva et débarrassa la table, souriante comme toujours. Clark se leva et se faufila derrière elle, insistant pour qu'elle parle. Mais sa mère préféra garder sa pensée pour elle, résistant à son fils qui utilisait tous ses charmes pour avoir la réponse.

_File récupérer des affaires ! Ton ami doit t'attendre.

Jetant un œil à l'horloge de sa cuisine, il soupira en voyant que l'heure avait tourné. Il gravit les escaliers de sa maison pour atteindre sa chambre et attrapa un sac de sport, dans lequel il fourra ses affaires, assez pour passer une semaine au Manoir Wayne. Il avait pas mal d'affaires en double à cause de sa vie de justicier et laissait toujours des affaires de secours à Smallville. Il récupéra dans un tiroir un des téléphones à la carte SIM copiée.

Il soupira en voyant tous les messages non lus et les notifications diverses. Son téléphone et ses papiers actuels étaient avec lui au Congo, et heureusement pour lui, il n'avait pas encore pris son billet d'avion du retour… Dire qu'il devait prendre l'avion alors qu'il pouvait traverser l'océan en un clin d'œil, ça avait le don de l'énerver. Mais il fallait qu'il maintienne sa couverture, Clark Kent n'était pas censé être un surhomme.

Il consulta ses messages, dont beaucoup d'entre eux venaient de Loïs. Un premier lui demandait de ses nouvelles, un autre lui annonçait une information sur un changement d'organisation au sein du Daily Planet, et des dizaines d'autres de sa part lui parlaient de la mort de Superman, de ses théories sur les évènements. Des messages qu'il ne lut pas en passant aux suivants. Les trois derniers étaient Loïs qui s'énervait qu'il ne réponde pas. Il soupira un tapant un bref message, argumentant que dans un pays en guerre et sous-développé, il n'avait pas forcément le temps d'envoyer des messages ni d'en lire.

Il vit aussi les divers messages et appels manqués de sa mère et préféra les supprimer avant de les lire. Il voulait effacer cet épisode-là de sa vie. Quand il eut enfin fini et qu'il lui sembla que tout était prêt, il descendit rejoindre sa mère.

_Dis-moi m'man, le vieux pick-up fonctionne toujours ?

_Il ne doit plus avoir beaucoup d'essence et il est encore un peu poussiéreux. Tu voudrais repartir avec ?

_Oui, si ça ne te dérange pas.

_Non voyons, tu sais bien que je n'utilise plus ce véhicule depuis longtemps.

En effet, sa mère préférait toujours prendre leur voiture plutôt que le pick-up. Son père avait pour habitude de le conduire, avant que Clark ne l'utilise.

_Je vais y jeter un œil alors.

Le vieux véhicule était effectivement assez poussiéreux. Clark ouvrit le capot et vérifia que tout était fonctionnel, remplit d'essence le véhicule, remit un peu d'huile, et au niveau des pneus, ça lui semblait correct. Il y déposa son sac et retourna vers la maison.

_Je vais y aller m'man. Dès que j'aurais récupéré mes pouvoirs, je retournerai en Afrique pour terminer mon article et je reviendrais sur Métropolis. Tu voudras que je m'occupe de la ferme, quand tu seras en Californie ?

_Non, ne t'en fais pas. Il y a le vieux Willis et les Conneli qui me doivent un service et qui s'occuperont des champs et des bêtes.

_Je peux m'occuper de Shelby et de la maison.

_Je ne veux pas que ce soit une contrainte pour toi, Clark.

_T'en fais pas m'man. Si je propose c'est que je peux gérer.

Sa mère lui sourit et lui déposa un baiser sur le front. Clark la serra dans ses bras avant de la saluer de son plus grand sourire et de passer la porte.


Il fut soulagé de voir qu'il avait réussi à faire tout le chemin indemne. Il fallait sérieusement qu'il pense à jeter un coup d'œil plus approfondi sur l'état du véhicule, ou alors il avait sacrément perdu la main.

Lorsqu'il arriva dans la cour, Alfred sortit sur le perron et arqua un sourcil quand il reconnut le conducteur. Puis d'un geste, il intima à Clark de la suivre vers l'entrée du garage, où Clark pourrait y laisser son véhicule sans que cela ne fasse tâche dans la cour du Manoir.

C'est donc tout naturellement que le fils de fermier put admirer les magnifiques machines devant lui avec une admiration non cachée. Bugatti, Ferrari, Aston Martin, Corvette,… des modèles de rapidité comme des modèles de collection, toutes brillantes et parfaitement en état.

_Mon vieux taco fait vraiment tâche dans le décor…dit Clark plus pour lui-même que pour Alfred.

_Maître Bruce possède aussi des voitures plus… banales, quand il veut effectuer des sorties sans attirer l'attention.

Clark se tourna vers le majordome, qui avait l'air pensif.

_Parce qu'il arrive à Bruce de sortir ?!s'exclama-t-il, surpris.

_Pour effectuer des filatures ou parce qu'il enquête…

Clark et le majordome s'échangèrent un regard complice.

_Je me disais aussi. D'ailleurs, où est-il ?

_Maître Bruce s'entraine dans le jardin. Veuillez me suivre, Monsieur Clark.

Bruce frappa le tronc de son poing gauche et enchaina avec un retournement de pied. Il s'entrainait déjà depuis une heure et il était dégoulinant de sueur. Son débardeur noir, qui laissait voir déjà bien assez de muscles, lui collait à la peau, tout comme son short noir. Clark, qui préférait porter des couleurs, se disait qu'il n'avait jamais vu personne d'autre porter si bien le noir.

Il secoua légèrement la tête et détourna son regard en se disant que c'était très inapproprié d'avoir ce genre de pensées. Mais pourquoi fallait-il que le costume de Bruce le moule autant ? Il avait dû se ressaisir plusieurs fois quand il était au QG de la Ligue. Et là, en ce jour, il pouvait voir les muscles de ses mollets, de ses cuisses, de ses f…

_Clark ?

L'interpellé mit du temps avant de reporter son attention sur le moment présent. Il allait répondre quand il s'aperçut qu'Alfred était parti, emportant ses affaires avec lui.

_Pardon, tu disais quelque chose ?

Bruce s'arrêta de donner des coups à l'arbre et se tourna vers le fils de fermier.

_Bon, j'en conclue que tu n'as pas récupéré tes pouvoirs…

_Non, effectivement.

Clark faisait de gros efforts pour regarder son vis-à-vis dans les yeux. Bruce était essoufflé et son torse se soulevait dans un rythme rapide, sa peau perlant de sueur. Il se bénit intérieurement de ne pas avoir ses pouvoirs à l'heure actuelle, car ses sens en auraient été affolés.

_Tu as l'air tendu.

_Non, ça va. Je suis allé à Smallville. J'en ai profité pour récupérer quelques affaires. Alfred m'a laissé garer mon pick-up dans ton immense garage, ça ne te dérange pas ?

Surpris par le changement de sujet, Bruce répondit avec un geste évasif.

_Non, bien sûr que non… Tu sais conduire ?!

Clark afficha son plus grand sourire, amusé par la réaction de son ami.

_Heureusement que je sais conduire ! Tu imagines, un fils de fermier qui prend le bus scolaire pour aller à l'université ? La honte. Déjà que je n'étais pas bien intégré.

Une étincelle d'intérêt brilla quelques secondes dans les yeux bleu-gris de l'homme sous le masque du Batman.

_Je serais ravi d'en apprendre plus.

_Tu ne sais pas déjà tout ?

Clark lui fit un clin d'œil pour signifier qu'il le taquinait. L'humour pouvait parfois échapper à Bruce Wayne.

_Ne joue pas avec le feu, fermier.

_Je n'ai pas peur de me brûler.

Ils sourirent quelques secondes dans cet instant de complicité, tandis que Bruce s'épongeait avec sa serviette. Clark ne pouvait s'empêcher de suivre le tissu des yeux. Il changea de sujet.

_Il faudrait dire à la Ligue que je suis vivant.

_Je vais leur donner rendez-vous à la Tour de Garde, on prendra le téléporteur de Gotham. J'ai un rendez-vous d'affaires à là-bas cet après-midi, ensuite on s'y rendra. Tu as un téléphone ?

_Oui, même numéro.

_On se tient au courant, alors.

Clark haussa un sourcil en entendant la faible hésitation dans la voix de Bruce, qui s'en alla. Son regard se posa sur le dos musclé de Bruce et descendit sur la courbure de ses fesses. A ce moment-là, il ferma les yeux pour chasser les images de sa tête, se maudissant de n'avoir que ça en tête dans une situation pareille. Lorsqu'il rouvrit les yeux, il se dirigea vers le garage : il avait sérieusement besoin de penser à autre chose.


Bruce se détestait à l'heure actuelle. Il regardait d'un œil vide les diagrammes qui défilaient à l'écran devant lui, écoutait d'une oreille distraite le bilan mensuel de Wayne Enterprises et leurs filiales.

Bon sang, il n'avait jamais été aussi déconcentré de sa vie, pas même lorsqu'il avait laissé Dick pour la première fois faire une mission en solo. Il se souviendrait de ce jour-là toute sa vie, tant il avait été stressé, ce qui n'était pas dans ses habitudes. Mais aujourd'hui, ce n'était pas son protégé qui le préoccupait, mais un super-héros plus humain que jamais. Un super-héros qui portait ses vêtements vraiment bien, un peu trop bien même. Un super-héros qui avait des yeux bleus magnifiques et cette simplicité d'esprit qui se dégageait de lui, cette pureté… il n'avait eu cette impression dans toute sa vie qu'avec cet homme. Des fois, il en était presque admiratif.

Mais qu'est-ce qui lui prenait ?! Pourquoi fallait-il qu'il pense autant à Clark Kent ? Ce garçon de fermier, ce journaliste, ce super-héros dévoué corps et âme aux autres… Il connaissait Clark depuis plusieurs années, tous les deux avaient forgé une amitié solide mais pourquoi, maintenant, il pensait à lui ? Pourquoi pas avant ? Pourquoi sa seule envie, c'était de quitter ses locaux pour rejoindre son manoir et y retrouver cet homme ? La réponse vint d'elle-même quand il se revit caresser du bout des doigts sa peau, et qu'il s'imaginait dessiner les lignes de son corps plus qu'il ne l'avait fait.

Allez, Bruce, reprends-toi. Tu es Batman, tu n'as pas le temps pour ce genre de choses. Il soupira de lassitude quand il réalisa que même sa voix intérieure n'était pas convaincante. Cette petite voix de la raison se manifestait souvent dernièrement, en présence du journaliste et là, il s'était rendu compte d'une chose lors de sa dernière conversation avec Clark. De son comportement. Il s'était tellement senti à l'aise en la présence du kryptonien qu'il avait fait tomber son masque habituel d'impassibilité, qu'il maintenait encore souvent avec Alfred. Et il avait fait ça sans s'en rendre compte. C'était… troublant. Et pourtant agréable. De pouvoir se sentir soi-même, sentiment qu'il avait du mal à éprouver depuis le temps qu'il était Batman.

La réunion dura toute l'après-midi et allait s'éterniser encore un moment. Bruce savait qu'il devait y rester jusqu'au bout, ne pouvant pas se permettre de jouer les irresponsables actuellement. Il sortit de sa poche son téléphone et pianota rapidement un message qu'il envoya à Clark.

Ma réunion dure plus longtemps que prévu. Dîner à Gotham puis on rejoint les autres ? BW.

Il pianota sur la table, attendant patiemment la réponse. Il était dix-huit heures trente, que pouvait faire Clark pour mettre autant de temps à répondre ? Il jeta plusieurs fois des coups d'œil à son téléphone, sans voir l'apparition d'un nouveau message. Ça l'énerva. C'était rare. Si ça se trouvait, Clark n'était pas intéressé par sa proposition. Enfin, son téléphone vibra. Après cinq minutes d'attente.

Ça me va, mais je te préviens, je n'ai pas pris mon 31. Une estimation de l'heure de la fin de ta réunion ? CK.

Bruce ne put se retenir d'esquisser un faible rictus au coin de sa bouche, sourire presque imperceptible. Il s'empressa de répondre.

20h en bas de Wayne Enterprises. BW.

J'y serais. CK.

Satisfait, la suite de la réunion de Bruce se passa encore plus lentement qu'avant mais au moins, l'attente vaudrait le coup.


Légèrement irrité, il quitta le bâtiment avec plus de retard qu'il ne l'aurait cru. Ses yeux cherchèrent alors automatiquement les cheveux bruns et la carrure imposante qu'avait Clark. Mais il ne le repéra pas parmi la foule qui circulait autour de lui. Une main se posa alors sur son épaule et Bruce se retourna vivement.

_Tu sais te faire discret !lâcha-t-il en commençant à marcher.

_Je n'arriverais jamais à te battre là-dessus. Tu es maître en la matière. Même Barry ne disparait pas aussi vite que toi.

Bruce sentit le rouge lui monter sévèrement aux joues pour la première fois de sa vie. Un tel compliment de la part de Superman, ce n'était pas rien. Il savait que le Superman considérait le Batman comme son égal, même s'il était totalement dépourvu de pouvoirs. Mais l'entendre faisait toujours plaisir.

_Je ne t'ai même pas reconnu, je n'ai pas l'habitude que tu sois habillé de cette façon.

Clark se mit à rire tandis que Bruce le regardait. L'homme portait une casquette de football de l'équipe des Kansas City Chiefs, ainsi qu'un blouson en cuir noir en plus de la tenue que Bruce lui avait prêté et qu'il portait toujours. Il nota d'ailleurs cette information dans un coin de sa tête. En soi, Clark avait une tenue relativement très simple. Mais ça lui donnait un air bien plus assuré et viril que ce qu'il portait en dehors de son travail.

_Tu t'attendais à voir le costume bleu et la cape rouge ou plutôt la chemise à carreaux et les lunettes ?

_Les carreaux et les lunettes.

Bruce le guida aisément à travers la ville, ayant eu grandement le temps de réfléchir à l'endroit où ils pourraient manger.

_Et bien, tout le monde associe Clark Kent aux lunettes et aux chemises à carreaux. Il me suffit juste ne pas les porter pour passer pour Monsieur Tout-le-monde et d'autres détails.

_Tu es en train de dire que Clark Kent porte un costume ?

Le multimilliardaire s'arrêta devant la porte d'un restaurant coréen et poussa la porte, faisant passer devant lui son invité. Il y avait tellement de monde dans le restaurant que l'espace d'un instant, personne ne faisait attention à eux. C'était tellement satisfaisant. Pour eux deux.

_Et bien, je n'ai jamais vu ça sous cet angle, répondit Clark, amusé. Je crois que j'aime vraiment trop le style vestimentaire ringard.

Son dernier commentaire fit sourire Bruce. Peut-être même qu'il avait envie de rire.

_Dans le fin-fond de la cambrousse du Kansas, tu dois passer inaperçu !

Clark fit une mine faussement outrée alors qu'il s'installait. Puis il eut un sourire malicieux.

_Mais c'est que ce cher Bruce sait faire de l'humour !

Le concerné aurait voulu jeter un regard noir à l'autre, mais il fut incapable de ne pas sourire en voyant le visage de Clark. Son sourire irradiait et ses yeux pétillaient de malice. Pour toute réponse, il baissa les yeux sur la carte des menus.

Ils commandèrent assez vite, et c'est quand Clark passa sa commande que Bruce sourit. Si ses déductions étaient bonnes, l'information qu'il en tirait lui plaisait grandement. Il aborda alors le sujet d'une manière subtile.

_Alors, tes réparations sur ton pick-up ?

Clark plongea son regard azur dans celui clair de Bruce.

_J'ai dû tout décrasser pour y voir quelque chose. J'ai changé quelques durites et fait plusieurs tests pour vérifier mon alternateur. Quand j'ai vu dans quel état c'était, je me suis demandé comment ce vieux truc pouvait encore rouler.

_Tout devait vraiment être sale pour que tu réussisses à te mettre du cambouis dans le cou, fit alors remarquer malicieusement Bruce, lui indiquant le dessous de sa mâchoire.

Le fermier lâcha un soupir d'exaspération et se frotta pour faire partir la marque, sans succès.

_J'ai dû m'en mettre en retirant mon T-shirt. Je reviens, avant d'être complètement ridicule.

Bruce regarda Clark s'en aller vers les toilettes. Clark avait remis ses affaires exprès, alors qu'il avait apporté les siennes. Il aurait tout aussi bien pu les lui rendre. Son geste ne le vexa pas, au contraire. C'était stupide, mais il était ravi.

Clark revint au moment où on leur apportait leurs commandes. Ils commencèrent à manger en silence, se jetant de temps à autre des regards. Ce fut le protecteur de Métropolis qui se lança le premier.

_J'ai une question qui me trotte dans la tête, pourquoi tu n'étais pas présent à mes obsèques ? Je suis vexé, je pensais qu'on s'entendait bien !

Clark jugea bon d'adoucir sa question en abordant le sujet à la légère, sourire aux lèvres.

_Qu'est-ce qui te fait croire que je n'y étais pas ?demanda plutôt Bruce.

_Mon sixième sens, répondit Clark en lui faisant un clin d'œil. Alors ?

_Je ne pouvais pas venir.

Le journaliste fronça les sourcils mais n'insista pas. Visiblement, Bruce ne tenait pas à lui dire pourquoi. Il était déçu, mais il essaierait de trouver la réponse plus tard. Le milliardaire changea de sujet :

_Tu as parlé de ta difficulté à t'intégrer quand tu étais petit, tout à l'heure. Je n'avais jamais pensé à ça mais… à quoi ressemblait ta jeunesse ?

Bruce vit son ami se tendre et il se recula sur sa chaise, posant sa fourchette.

_Sois plus précis.

Le ton de Clark était un peu plus dur qu'avant mais il acceptait quand même de répondre aux questions de son ami.

_Comment tu as géré tes pouvoirs tout en étant élève à l'école ?

Une expression de tristesse passa sur le visage de Clark, qui s'efforçait de ne rien laisser paraître. Son sourire forcé lui fit mal au cœur et Bruce regretta d'avoir insisté.

_C'était dur. Déjà d'accepter le fait d'être à part et de devoir le cacher. De se savoir être seul comme ça. Mes parents ont tout fait pour essayer de m'intégrer, mais je me sentais toujours seul. Et puis… à l'école, j'étais le gamin bizarre. Celui que personne n'approchait, à part pour être insulté et cogné. Bien sûr, leurs coups ne me faisaient rien, mais leurs mots… Être le premier de la classe n'aidait pas non plus.

Clark maintenait son faux sourire, ce qui frustra Bruce. Mais il comprenait que l'homme le faisait pour garder une certaine contenance. Il avait senti l'amertume dans sa voix. Et s'imaginer l'homme d'acier, seul et persécuté… ça suscitait une certaine colère en lui. Les enfants pouvaient se montrer tellement cruels. Bruce le savait.

_Je comprends. J'ai demandé à Alfred plusieurs fois de me retirer de l'école. Je ne supportais plus qu'on me demande constamment si mes parents avaient pleuré ou supplié avant de mourir, de décrire la scène ou comment j'avais réagi. C'était morbide, malsain. Ils demandaient tous et se moquaient. Puis, plutôt que de les fuir, j'ai tenu tête. Ils ont fini par se lasser.

L'expression de Clark changea. Ce n'était ni de la pitié, ni de la compassion. C'était juste du respect. Bruce fut touché par sa réaction. Les rares fois où il avait évoqué la mort de ses parents, c'étaient des regards de pitié qui s'étaient trouvés devant lui. Mais Clark comprenait. Un silence s'installa de nouveau entre eux et le milliardaire réfléchit longuement avant de se décider à poser la question qui lui brûlait les lèvres :

_Comment tu as fait, toi ?

Encore ce sourire. Bruce serra le poing de frustration. Encore une fois, il s'en voulait de demander.

_J'ai enduré. Mon père était convaincu que les problèmes ne se résolvaient jamais par la violence et que parfois, il fallait se montrer patient. Alors je me laissais battre sans jamais rendre en retour, parce que je savais qu'un seul de mes coups suffirait à leurs broyer les os. Ça me mettait hors de moi, ça me frustrait et plusieurs fois, j'avais été tenté de leur montrer ce dont j'étais capable. Mais je savais que si je franchissais ce pas, il n'y aurait pas de retour en arrière. Que les conséquences seraient trop grandes.

Le Bat ne s'imaginait que trop bien les multiples conflits intérieurs dont avaient dû faire face le kryptonien et il ne pouvait qu'admirer la force d'esprit dont celui-ci avait dû faire preuve.

_Et ça s'est terminé de quelle façon ?

Cette fois, le sourire du brun était réel. Bruce suivit des yeux la main de Clark qui passa dans ses cheveux et qui semblait gêné.

_En fait, ça s'est passé d'une manière bizarre. On était en sortie scolaire, en première année de lycée. Sortie d'intégration en pleine nature, ou un truc du genre. Comme Smallville est une petite ville, on se connaissait déjà tous. Et mes bourreaux étaient toujours là. Pendant la sortie en forêt, je m'étais isolé du reste du groupe et je longeais le bord du chemin où il y avait une petite corniche qui offrait une superbe vue.

Clark sourit et ajouta des gestes à la parole, semblant encore fasciné par le panorama.

_Je m'en souviens encore, la rivière était quelques mètres en dessous de nous et offrait un panorama splendide sur une carrière naturelle. Il y avait un cerf sur la berge d'en face, qui buvait tranquillement. C'était calme.

Il marqua une pause et sourire s'effaça un peu.

_Jusqu'à ce qu'ils débarquent à quatre et me demandent si j'étais capable de sauter. Pete, la grosse tête de la bande, m'a poussé du bord. Mais la corniche était instable et on est tombé tous les deux. Pete ne savait pas nager. Je l'ai sorti de l'eau malgré ce qu'il m'avait fait subir pendant des années. Depuis, sans même que l'on se soit échangé de mots, sa bande et lui ne m'ont plus jamais approché. Et ils empêchaient les autres de le faire.

Clark était rouge de gêne. Bruce s'amusait de savoir que c'était pour si peu, mais ça montrait l'étendue de son grand cœur.

_J'étais tellement gêné qu'il se sente obligé d'agir de cette façon, j'avais l'impression d'avoir abusé de lui. C'est ridicule, je sais, mais c'est toujours une impression que j'ai eue. Il avait l'air de penser qu'il me devait quelque chose, mais pour moi ce n'était pas le cas. Je n'allais pas le laisser se noyer quand même !

_C'était peut-être sa façon de te remercier.

Pensif, l'homme d'acier méditait les paroles de son ami. Puis il finit par hausser les épaules.

_Peut-être.

Les deux hommes terminèrent leur repas en racontant quelques anecdotes chacun sur leur enfance. Bruce échangea avec plaisir quelques épisodes de sa vie, se sentant étrangement en confiance avec le fils de fermier. Il avait lancé Clark dans un fou rire quand il lui avait raconté que plus jeune, il avait boudé pendant des semaines Alfred parce que, pour ses 10 ans, il avait demandé à son majordome d'avoir un katana. A la place, il avait eu un wakizashi, qui était un tout autre modèle que son homme à tout faire considérait plus adapté pour lui. Il avait enchaîné son récit, après que l'homme d'acier ait fini de rire, sur la manière dont il avait demandé à Alfred de lui enseigner l'escrime. La surprise qu'il avait pu voir sur le visage de Clark avait été tout à fait délectable.

_Quel petit garçon intéressant tu devais être, lança Clark, pensif.

Les deux hommes marchaient dans la rue, se dirigeant vers un portail de téléportation camouflé dans la ville. Clark avait été gêné que Bruce l'invite, mais le PDG de Wayne Enterprises avait fortement insisté auprès du serveur, qui avait préféré plier et ignorer le journaliste qui protestait fortement. Alors que son ami avait commencé à lui faire des reproches, le Bat avait détourné son attention en lui lançant une autre anecdote sur lui. Beaucoup trop intéressante pour que Clark passe au-dessus.

_Détective en herbe, escrimeur, boxeur, aventureux, tête brûlée, impulsif,… Je dois avouer que je suis totalement admiratif…

Clark disait cela en étant complètement songeur. L'égo de Bruce se gonfla, jusqu'à ce que le kansasais termine sa phrase :

_...pour Alfred. Comment diable a t-il réussi à rester en vie ? Il ne fait pas d'hypertension, au moins ? Je n'ose pas imaginer quelle vie il a dû avoir.

Le milliardaire s'était vexé avant de voir l'expression taquine sur le visage de l'autre lorsqu'il prononça ses derniers mots.

_Si le cas d'Alfred t'intéresse tant, je te laisserai lui parler la prochaine fois. Vous semblez déjà bien comploter dans mon dos.

_Ne nous en veut pas Bruce, on se soucie de toi. Ça fait des années qu'on se connait. Et qu'Alfred connait mon identité. Ne me dis pas que Dick et lui n'ont jamais fait pareil.

_Ce n'est pas pareil, Dick vivait au Manoir.

_Comme moi actuellement.

Clark adressa un clin d'œil malicieux à Bruce, qui fit louper un battement à son cœur. Il détourna vivement la tête du regard inquisiteur du kryptonien. Il se bénit intérieurement lorsqu'ils tombèrent sur l'entrée du téléporteur. Une cabine téléphonique dans une ruelle sombre et peu fréquentée. Bruce entra le premier, dans sa tenue de civil. Cela faisait des années que la Ligue des Justiciers avait été fondée et, même s'il avait été très réticent à dévoiler son identité secrète, une règle avait été établie. Si tout le monde connaissait l'identité de tout le monde, plus personne n'aurait peur d'être dévoilé parce qu'ils craignaient tous que leur identité soit rendue publique. Et puis, en plus d'être une question de confiance, ça aidait à créer des liens. Cette règle ne s'appliquait qu'aux membres de la Ligue.


Après avoir passé le téléporteur, Bruce attendit Clark. Son identification passée, les deux hommes se rendirent dans la salle commune du satellite du Quartier Général. Batman fut le premier à passer la porte, histoire d'évaluer la situation et les réactions qui pourraient se passer. Mais il n'avait rien à craindre, s'était une simple déformation professionnelle. Ou peut-être aussi qu'il voulait éviter aux autres un choc.

Bruce leur avait juste dit qu'il voulait parler de Superman, sans avoir ajouté quelque chose de plus. Quand il entra dans la salle, les membres fondateurs étaient présents, ainsi que d'autres : Aquaman, Wonder Woman, Flash, Cyborg, Green Lantern, Nightwing, Captain Marvel, Green Arrow, Black Canary, Supergirl, Zatara et sa fille, Martian Manhunter, Hawkman et Hawkgirl, Aqualad, Raven,…

Ils étaient nombreux à être là. Vraiment très nombreux. Il fut assailli de questions avant même d'avoir pu faire un deuxième pas. Clark était déjà à moitié démasqué par bon nombre d'entre eux et il eut à peine le temps de dire quelque chose qu'une voix fit taire tout le monde.

_Salut à tous !

La seconde suivante, Batman eut l'impression de faire face à un raz de marée. Kara s'était précipitée sur son cousin, les larmes de joies coulant sur ses joues et l'enlaçait avec force, légèrement tenue à distance par l'homme d'acier. Après cette étreinte, tous vinrent saluer Clark, revenu d'entre les morts. Chacun prit le temps de lui faire une accolade et de lui dire quelques mots. Le sourire de joie qui illuminait le visage du survivant fit fondre le cœur de Bruce, qui ne pouvait s'empêcher de le regarder, placé en retrait d'où il était. Dick vint se poster à côté de lui, un léger sourire flottant sur ses lèvres.

_Content de te retrouver, Bruce.

Batman choisit de ne pas relever. Il savait que Dick était l'une des rares personnes qu'il ne pouvait pas duper. Ce qui était normal, puisqu'il l'avait élevé comme son propre fils.

_C'est Clark qu'on a perdu, Dick. Tu perds un peu la boule.

Ils tournèrent la tête comme un seul homme vers Oliver, le Green Arrow, qui souriait en affinant son bouc.

_Je sais, répondit Dick en haussant nonchalamment les épaules, mais adressant toutefois un clin d'œil à son ancien tuteur et mentor.

Il s'en alla ensuite vers l'attroupement qui s'était formé autour de l'autre superhéros.

_Ah, encore un de vos trucs perso, soupira Oliver, constatant qu'il y avait quelque chose qu'il n'avait décidément pas saisi pendant l'échange.

Tous se regroupèrent dans le grand salon. Raven matérialisa d'autres divans pour que tous puissent s'installer et le silence prit place, les regards tournés vers le revenant.

_Comme certains ont pu le constater, j'ai perdu mes pouvoirs. (Il adressa un regard entendu avec sa cousine, sachant qu'elle l'avait senti lors de leur étreinte.) Pour être honnête, je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Je ne me souviens visiblement pas de tout le combat avec Doomsday, ni de ce qui m'est arrivé par la suite. Je ne sais donc pas comment j'ai pu revivre. Bruce m'a recueilli quand j'ai débarqué de nulle part et lorsque j'ai été assez en forme, nous sommes venus vous voir. Il semble que je guéris encore de mes blessures et que c'est peut-être pour cela que je n'ai pas mes pouvoirs. Voilà, vous savez tout.

_On devrait contacter Niles Caulder pour qu'il t'examine. Il arrivera peut-être à nous obtenir des réponses sur ce qui a pu t'arriver ou juste sur ce qu'il se passe actuellement sur ta physiologie, proposa Zatanna.

_La Forteresse de Solitude aura peut-être des informations à ce sujet ?demanda Barry, qui était lui aussi en tenue de civil : personne ne l'avait vu se changer.

_J'y ai pensé, mais je crains que non. De pareilles informations auraient forcément fait partie de notre enseignement et ce n'était pas le cas, répondit Clark.

_J'approuve ce que dis Kal. Il n'y a rien de mentionné là-dessus. Et puis, j'ai déjà cherché des moyens de le trouver après sa mort et rien ne faisait mention de potentielle résurrection…La Forteresse ne sait pas tout.

Elle afficha un air coupable, consciente qu'elle ne l'avait dit à personne, en partie pour ne pas donner trop d'espoir.

_Je pense que Niles devrait t'examiner le plus vite possible, par prudence. Je suis étonné que tu n'aies pas pensé à le faire, dit J'onn en s'adressant à Bruce.

_J'ai fait mes propres analyses préliminaires et il n'y avait rien d'anormal, rétorqua fermement l'intéressé, décidé à ce qu'on ne le remette pas en question.

_Je vais le chercher, alors, déclara Zatara. Zehc selin redluac !

Le magicien disparut dans un claquement accompagné d'un rait de lumière.

_Les examens pourraient prendre du temps, dit Clark. Rentrez chez vous, nous vous tiendront au courant de ce que ça donne.

Ils saisirent tous le sous-entendu dans ses paroles. Clark avait besoin d'intimité. Ils comprenaient tous. Les plus jeunes, à part Dick, partirent les premiers, suivis par Hal, après une accolade avec Clark. Ce dernier était conscient que le policier de l'espace avait beaucoup de choses à faire et voulait lui accorder le plus de temps qu'il pouvait pour se reposer. Hal Jordan méritait d'avoir du temps pour lui. Le couple ailé le salua à leur tour, avant de disparaître dans le téléporteur. A contre cœur, Kara s'en alla, se pliant à la volonté de son cousin. Après un dernier baiser affectueux, elle partit, suivie par Arthur. L'homme l'invitait à lui rendre visite à lui et à Méra à Atlantide, quand il serait remis. Clark accepta l'invitation chaleureusement, conscient du privilège qu'Arthur lui accordait. Cyborg ouvrit un tunnel BOOM et poussa Captain Marvel à l'intérieur, qui se refusa fermement à entrer sans avoir dit au revoir à l'homme d'acier.

_SHAZAM !

Et le Captain Marvel laissa place au petit garçon qu'il était en réalité. Billy se jeta sur Clark, qui le serra dans ses bras en retour.

_J'suis désolé Clark, je le ferais plus. Mais c'est juste que je suis tellement content que tu sois en vie…

_Il est tard Billy. Demain tu as école. Mais je suis content que tu sois venu.

Clark se mit à rire devant la moue du gamin et lui ébouriffa les cheveux avant de le pousser vers Cyborg, qui allait probablement le ramener chez lui. Cyborg se contenta de serrer la main de son ami et de lui adresser un sourire avant de franchir son tunnel BOOM et de disparaître à son tour.

Il se retourna pour voir qu'encore plusieurs membres étaient restés : Diana, Oliver, Dinah, J'onn, Zatanna, Barry, Dick et Bruce. Dick était le seul jeune adulte à être resté.

_Vous devriez vraiment rentrer, vous savez… c'est que des analyses.

_Je reste parce que je suis de garde, répondit Diana en haussant les épaules.

_Je reste parce que Dinah est ici.

_Je reste parce qu'Ollie est ici.

Le couple s'échangea un regard complice qui fit presque lever les yeux d'exaspération à tout le monde.

_Moi je suis là parce que je suis curieux de voir ce que Niles va trouver, répondit Barry, un gros sourire aux lèvres.

_Il en va de même pour moi, répondit sur un ton neutre le martien.

_Moi j'attends mon père.

Les regards se tournèrent vers l'ancien duo Batman et Robin. Puisque tout le monde s'était « justifié », ils se sentaient dans l'obligation de suivre.

_Je suis là uniquement pour taquiner Bruce, fit Dick en faisant un clin d'œil à Clark, qui lui lança un regard complice qui n'échappa à personne.

_Je n'ai pas besoin de me justifier.

Bruce se retourna et se dirigea vers le bar pour se servir à boire. Barry profita qu'il ait le dos tourné pour s'approcher de J'onn, saisir un pan de sa cape et le rabattre sur son visage, murmurant :

_ « Moi je suis Batman, je n'ai pas besoin de me justifier ! »

L'imitation grotesque que fit Flash fit rire tout le monde, et Bruce n'avait ni besoin de voir ou d'entendre pour savoir que c'était de lui dont on se moquait. Mais il s'en fichait, cela aidait à détendre l'atmosphère.

Il proposa à boire aux autres. Barry, Clark et J'onn furent les seuls à refuser, par habitude : l'alcool n'avait pas d'impact sur eux. Mais un rictus s'afficha sur le visage de Bruce l'espace d'une seconde, réalisant que si Clark n'avait plus sa capacité de régénération, l'alcool aurait un impact sur lui. Et ça, il se faisait un plaisir de garder sa remarque pour lui.

Zatara arriva dans la pièce avec Niles Caulder et Cliff Steele, alias Robotman. Il s'avérait que les deux hommes étaient en train de travailler sur une nouvelle invention quand Zatara les avait interrompus. Il avait donc dû attendre que les deux hommes aient terminé pour les téléporter au QG de la Ligue.

_Bien, allons au laboratoire Clark, dit Niles après les avoir salués.

Cliff poussa le fauteuil roulant du scientifique jusqu'à ladite salle, où seuls Bruce, Barry et J'onn les avait suivis. Niles n'avait accepté personne d'autre, pas même les magiciens.

Clark dû se déshabiller et se mettre en boxer pour que Niles effectue un examen préliminaire avec sa technologie. Barry grimaça lorsqu'il vit les marques sur son torse et Caulder en examina la profondeur ainsi que les réactions physiologiques qui entouraient les hématomes. Tout semblait être normal sur le processus de guérison, si ce n'était qu'il était déjà plus rapide que celui d'un être humain. Le Chef, comme était surnommé Caulder depuis qu'il avait fondé l'équipe de la Doom Patrol, poursuivit alors des examens plus avancés. Des écrans scannaient en profondeur l'anatomie du kryptonien et Caulder effectua plusieurs prélèvements de peau comme de sang : une première.

Après cela, il n'y avait rien à faire de plus. Clark était vivant, pas mortellement blessé et au soulagement de tous, ne semblait pas affecté par une quelconque nanotechnologie ou un super-virus. J'onn avait alors sondé son esprit, pour vérifier qu'il n'était pas non plus corrompu télépathiquement, et n'avait rien trouvé d'anormal. En soi, Clark allait bien et ses blessures guérissaient.

Barry et Niles passèrent ensuite les échantillons sanguins dans plusieurs tests et se firent un plaisir d'observer le sang de l'alien au microscope. Les deux hommes furent vite déçus mais continuèrent à travailler, pendant plusieurs heures. Enfin, le verdict tomba, quand ils revinrent tous dans la salle commune. Le scientifique en fauteuil roulant s'adressa directement à Clark.

_Ton sang ne présente aucune spécificité. Il est semblable à celui des humains avec quelques différences, certaines, mais je m'attendais à plus… différent. Comme pour J'onn. Le premier examen indique que tes cellules au niveau de tes blessures sont récentes, vraiment très récentes, ce qui est normal. Mais pour d'autres cellules que j'ai prélevées, des cellules, souches, certaines sont récentes alors qu'elles ne le devraient pas.

Comme pour appuyer ses propos, Niles indiqua des images sur plusieurs écrans projetés. Barry sembla examiner la chose avec intérêt, tout comme Bruce et J'onn.

_De plus, j'ai cru comprendre que les cellules kryptoniennes stockaient les radiations du soleil, et Kara me l'avait reconfirmé. Mais il n'y a aucune trace de ces radiations dans ton corps, sauf sur les anciennes cellules.

_Pourtant, d'après les analyses, elles ne sont pas assez irradiées pour stocker une quelconque énergie, fit remarquer Barry en regardant des données par-dessus l'épaule de son compère. On dirait plus que c'est résiduel.

_C'est exact, jeune homme. Je pense que c'est ce qui a soigné notre kryptonien. Ses dernières réserves d'énergie ont permis à son corps de se régénérer au maximum. Cela a dû demander un effort considérable de la part de son organisme. C'est l'ultime forme de ta régénération. J'ai l'intime conviction qu'il n'est jamais mort.

_Je vais donc finir par récupérer mes pouvoirs ?

_J'en ai la profonde conviction. Cela prendra du temps, je le crains. Mais après combien de temps… je ne sais pas. Ton corps doit d'abord terminer de guérir, de se reposer pour ensuite supporter la charge d'énergie qu'il doit contenir…

Le scientifique sembla soudain songeur et un éclat d'intérêt brilla dans ses yeux.

_Puis-je t'adresser quelques mots en privé ?

Clark acquiesça et remplaça Cliff pour pousser le fauteuil de son collègue. Ils changèrent d'étage et se dirigèrent vers l'un des petits salons tranquilles de la base.

_Je pense que tu es capable d'effectuer bien plus que les capacités que tu possèdes déjà.

L'homme d'acier ne cacha pas sa surprise. Encore plus de pouvoirs ? Impossible. Que pouvait-on obtenir de plus qu'une super vitesse, une super régénération, des super sens, une super force, la capacité de voler,…

_Si tu apprends à contrôler les systèmes de ton corps, tu seras capable de libérer une quantité incroyable d'énergie. Si lors d'un danger extrême, ton corps réagit pour te sauver, il peut tout aussi bien le faire pour te protéger, et je suis sûr qu'il existe une manière offensive de le faire. Je pense qu'il serait judicieux que tu trouves un moyen de le déclencher pour apprendre à maîtriser cette capacité.

_Attends, tu es en train de me dire que je peux hypothétiquement me changer en bombe humaine ?!

_Oui.

Clark médita l'information comme il le pouvait. Il ne pouvait pas cacher qu'il était choqué.

_Mais alors, ça veut dire que Kara aussi, peut le faire ?

_Il faudrait que je l'examine, mais elle ne semble pas avoir développé ses pouvoirs autant que toi. Maintenant qu'une nouvelle de tes capacités vient de surgir, il est probable qu'elle se manifeste de nouveau. Tu dois être prudent avec, sinon…

Sinon il risquait de causer de gros dégâts. Ça, Clark l'avait compris. Dès l'instant où il récupèrerait ses pouvoirs, il risquerait d'être un danger pour les autres chaque fois qu'il s'exposait à un danger ou il pourrait très bien être un danger pour lui-même.

_J'aimerais que cela reste entre nous, le temps que je me fasse à l'idée.

_Bien entendu.


Ils retournèrent dans la salle où tous les autres étaient. Les regards interrogateurs se posèrent sur eux et les deux hommes les ignorèrent tout bonnement. Niles décida qu'il était temps de rentrer et Zatara les ramena Cliff et lui, saluant au passage les autres membres de la Ligue. Zatanna partit à contre cœur avec son père, sans oublier de déposer un baiser sur la joue du kryptonien.

Superman était tendu. Ça n'échappait à personne. Quoiqu'aient pu se dire les deux hommes, leur ami ne semblait pas enclin à en parler pour le moment. Oliver saisit alors l'occasion pour détendre l'atmosphère :

_Bon ! La nuit est déjà bien entamée mais ça vous tenterait de se faire une sortie ? C'est tellement rare ce genre d'occasions !

Clark lui fut reconnaissant pour son intervention.

_Un autre soir, si tu veux bien, proposa Clark.

_Oh toi je te vois déjà te défiler ! Demain soir alors ! Si le crime n'intervient pas, bien sûr.

_Ce sera sans moi, répondit J'onn.

La contrariété s'afficha nettement sur le visage de l'Archer vert, mais Diana saisit l'occasion pour contrebalancer l'offre.

_C'est une excellente idée ! Nous fêterons le retour de Clark de cette façon. Barry, tu es des nôtres évidemment !

L'Amazone ne laissa pas le temps à l'homme le plus rapide du monde de se défiler. Le regard lourd de sens qu'elle lui lança lui fit rapidement prendre sa décision.

_Oui, bien sûr !répondit-il en lançant un regard craintif vers Diana.

_Alors c'est décidé !s'exclama Ollie. On se retrouve tous demain soir ! Je vous enverrais le programme sur vos téléphones. Bon Clark, je suis ravi pour toi en tout cas ! Mon p'tit poussin et moi-même allons rentrer !

Le regard noir que lui lança Canary indiqua qu'une fois seuls, il risquait de passer un mauvais quart d'heure. La jeune femme s'avança alors vers l'homme d'acier pour lui dire au revoir à son tour et, après que le couple ait salué tout le monde, ils passèrent le portail de téléportation.

_Nous allons aussi rentrer, lança Bruce sur son ton ferme habituel.

Clark bénit le Bat. Il avait aussi envie de rentrer, et vite, en vérité. Les paroles de Niles le perturbaient et il était fatigué.

_Je vais rentrer avec vous, si tu permets, Bruce.

Le kryptonien perçut la légère hésitation dans la voix de Nightwing, qui, même s'il continuait toujours à chercher des poux à son ancien mentor, craignait toujours sa colère. Clark, en bon pacifiste qu'il était, intervint comme une fleur.

_Excellente idée !

Ils saluèrent rapidement les autres et prirent le téléporteur pour Gotham City.

Clark sourit en voyant la mine légèrement contrariée de Bruce et se douta que l'intrusion de Dick n'était pas prévue. Mais lorsque Dick passa le téléporteur quelques secondes après eux, Bruce revêtit son masque d'impassibilité. Clark fut alors surpris d'être le seul à voir Bruce aussi ouvert, alors que Dick était pour lui comme un fils. Cette constatation le toucha profondément.

_J'aimerais parler un peu à Clark, si tu veux bien.

Le journaliste fut légèrement étonné que Dick demande à Bruce plutôt qu'à lui. Peut-être parce qu'il savait qu'il aurait dit oui d'emblée. Clark ne vit même pas le justicier de Gotham disparaître de la ruelle. Il pesta avant de se tourner vers Dick.

_Je suis tellement content que tu ailles bien.

Clark fut surpris de réceptionner Dick dans ses bras. Le jeune homme et lui se connaissait depuis que Bruce l'avait pris sous son aile et plusieurs fois, Superman avait sorti du pétrin Robin et l'avait couvert auprès de Batman. Le lien qu'ils avaient alors tissé tous les deux les rendaient assez complices, surtout quand il s'agissait de taquiner Bruce.

_Tu comptes rester au Manoir longtemps ?

_Je ne sais pas.

Dick jeta un œil vers la ruelle et quand il vit qu'il n'y avait personne, il retira son domino pour faire face à l'homme d'acier yeux dans les yeux. Il se passa nerveusement une main dans les cheveux, semblant hésiter sur ce qu'il allait dire. Puis il se jeta à l'eau.

_Je peux te demander un service ? (Clark acquiesça en lui adressant un sourire chaleureux.) Tu veux bien veiller un peu sur Bruce ? Je sais que c'est bizarre comme demande mais…

_J'y comptais bien, rassure-toi.

Le jeune homme lui adressa un sourire.

_Bruce ne l'avouera à personne, peut-être même pas à lui-même, mais ta disparition l'a beaucoup atteint. Ta présence lui fera du bien.

Clark vit bien l'inquiétude sur le visage du jeune et l'avait nettement perçue dans sa voix. Il posa sa main sur son épaule en signe de réconfort.

_Comment ça va, toi ?

La question le surprit. Grayson hésita à répondre, de nouveau gêné.

_C'est moi qui devrait te poser cette question… je suis ridicule. Tu as l'air d'aller si bien que…

_Je suis solide. Comment tu vas ? Ça se passe bien avec Koriand'r ?

Ça faisait longtemps que tous les deux n'avaient pas parlé. Trop longtemps. Dick eut un léger rire.

_Et bien, pour tout te dire, elle et moi c'est fini. Il y avait quelque chose qui bloquait.

Clark avait une idée sur la chose, mais il ne dit rien.

_N'hésite pas à venir me voir, si tu veux parler.

_J'en prends note, merci. Je vais y aller avant que Bruce ne m'étripe pour t'avoir gardé trop longtemps !

Le ton taquin qu'utilisa l'ancien Robin fit hausser un sourcil au kryptonien.

_C'est quel genre de sous-entendu ça ?

Dick ignora sa question et remit son loup sur le visage. Il fit une nouvelle accolade à Clark

_Je suis content de t'avoir parlé. Je te l'ai jamais dit mais… même si Bruce n'est que mon père adoptif… sache que je te considère comme lui.

Emu par la déclaration de Dick, Clark n'eut aucune réaction lorsque ce dernier disparut en affichant un dernier sourire, ni quand Bruce réapparut.