Alors j'avais mis de jolies étoiles pour séparer les paragraphes, mais il semble que le site les supprime systématiquement. Du coup, je me suis rabattue sur des "xxx"...
Bonne lecture,
Fantaisiiie
Chapitre 2 : La bêtise de Ron
La première catastrophe survint à peine une semaine après notre emménagement et, l'effet domino étant inévitable, elle fut à l'origine de toutes les autres. C'était au tour de Ron d'aller faire les courses et il n'avait pas tout à fait compris le principe. Notre budget était serré et nous avions une liste à suivre scrupuleusement, même si Harry maugréait au moins vingt fois par jour qu'il détestait la nourriture de Wizard Discount et qu'il ne voyait absolument pas pourquoi nous nous obstinions à vouloir laisser son argent pourrir à Gringotts...
Quoiqu'il en soit, lorsque Ron revint des courses, la mauvaise qualité de nos aliments fut reléguée à la dernière place de nos soucis. Entre ses mains, là où on aurait dû apercevoir pour un gallion, treize mornilles et deux noises de nourriture, se trouvait un long paquet dont la forme ne laissait que peu de place à l'imagination.
- Par pitié, Ron ! soupirai-je. Dis-moi que tu n'as pas fait ça ! Dis-moi que...
Il secoua la tête, son visage exprimant l'extase la plus totale.
- Attend, Hermione, attend ! m'interrompit-il. Tu n'as encore rien vu !
J'aurais dû le croire sur parole mais, à ce moment là, j'étais sûre d'avoir tout deviné.
- Tu n'as absolument pas les moyens de t'offrir un balai maintenant ! le réprimandai-je. On manque déjà assez d'argent comme ça...
Harry en profita pour en remettre une couche avec son incessante rengaine :
- Ce qui n'arriverait pas si vous acceptiez que je paye ce fichu loyer...
Je m'apprêtai à répliquer, mais Ron m'en empêcha :
- Ne vous disputez pas ! Ne gâchez pas ce moment ! Venez plutôt voir ça...
Je n'étais pas spécialement intéressée par le fait de voir un énième balai, mais comme Harry suivit sans broncher notre ami dans le salon, je n'allais pas rester plantée dans l'entrée comme une idiote. Aujourd'hui, je me dis que si j'avais su, j'y serais encore dans l'entrée...
Ron enleva avec une lenteur exagérée le papier kraft qui recouvrait son nouvel achat, comme si c'était la chose la plus précieuse du monde et qu'il ne fallait absolument pas le déchirer. Ce ne fut qu'au moment où j'aperçus le balai que je pus mesurer toute la portée de mon erreur : ce balai n'était pas un simple balai. Même si je n'y connaissais rien, j'ai tout de suite compris que c'était un balai de course haut de gamme. Très haut de gamme, même : le manche, d'une incroyable finesse, semblait recouvert de feuilles d'or et ses brindilles étaient taillées avec une grande précision dans du bois de rose, si recherché pour ses propriétés magiques exceptionnelles.
- Le tout dernier Nimbus..., souffla Harry, encore plus fasciné que moi.
Ron s'empressa d'ajouter :
- Il a obtenu la Brindille d'or au dernier salon international du balai à Paris ! Il a été importé en Angleterre directement de France ! Le fédération anglaise de Quidditch l'a désigné comme le meilleur balai de tous les temps et il a été recommandé à toutes les équipes nationales ! Il a fait la une de tous les magazines de Quidditch dignes de ce nom à travers le monde entier...
- Et il t'a coûté combien ? le coupai-je d'un ton menaçant.
Il fit une grimace qui n'engageait rien de bon, comme quelqu'un qui essaie de se rappeler un détail qu'il avait volontairement mis de côté. Ce fut Harry qui me répondit :
- Selon Quidditch !, son prix avoisine les deux milles gallions.
Je manquai de m'étrangler.
- Deux milles gallions ! Mais Ron, tu es tombé sur la tête ?! Tu touches à peines deux cent cinquante gallions par mois !
Soudain, un affreux doute me saisit.
- Où as-tu trouvé cet argent, Ron ?
Complètement obnubilé par la contemplation de son balai, il ne me répondit même pas.
- Si tu l'as volé, Ron, tu vas avoir d'énormes ennuis ! Et je te jure que je le dirais à ta mère !
A mon grand soulagement, ma remarque le fit littéralement exploser de rire.
- Voler ? demanda-t-il lorsqu'il se fut enfin calmé. Hermione, j'ai acheté ce balai ! Gringotts m'a accordé un prêt.
A bien y réfléchir, « soulagée » était un grand mot. Certes, mon petit ami n'était pas un voleur. C'était juste un imbécile qui s'était fait embobiner par le vendeur de la boutique de Quidditch et des Gobelins sans le moindre sens moral. Je ne savais pas trop s'il y avait de quoi être soulagée justement...
- Arrête de paniquer, Hermione. Il suffit que je rembourse cinquante gallions par mois pendant trois ans. C'est tout à fait faisable...
Je tentai de garder mon calme.
- Écoute-moi bien, Ron. Tous les mois, tu verses deux cent gallions pour le loyer. Il ne te restes donc que cinquante cinquante gallions pour vivre. Avec cette somme, il faut que tu payes ta nourriture, tes vêtements, tes sorties... Maintenant que tu dois rembourser Gringotts, il ne te reste plus rien. Tu m'entends ? Plus rien du tout !
Un enfant de trois ans aurait pu le comprendre, mais tous les neurones de Ron étaient aux abonnés absents. Visiblement, ils s'étaient eux aussi perdus dans la contemplation du Nimbus...
- J'ai déjà pensé à tout ça, Hermione. Je vais faire quelques heures supplémentaires en plus, c'est tout.
Il n'y avait rien à répondre à tant de bêtise. Nous avons mangé en silence et je suis allée me couchée en faisant exprès de ne pas lui dire bonne nuit. Trop occupé à examiner son balai sous tous les angles, il ne s'en est même pas rendu compte.
Le second problème arriva avant la fin du mois. J'avais mis de côté l'achat inconsidéré de Ron. Après tout, je l'aimais et je ne le voyais pas assez souvent pour passer mon temps à lui faire la tête. Avec toutes ses heures supplémentaires, il ne passait que très peu de temps à l'appartement et c'était principalement pour manger et dormir. Il n'avait plus qu'un demi jour de congé par semaine et il nous faisait tellement pitié, à Harry et moi, que nous lui avions fait grâce de la corvée de courses. Il faut aussi dire que nous n'avions pas spécialement envie qu'il se laisse tenter une nouvelle fois et revienne avec une autre merveille absolument indispensable.
- Je ne vois pas comment je peux faire..., soupira soudainement Ron, qui faisait ses comptes. On a à peine dépassé la moitié du mois et je suis déjà à découvert de trente gallions.
Le fait d'avoir mis de côté son achat inconsidéré ne signifiait pas que je devais m'abstenir de toute remarque cinglante à ce sujet...
- Ce qui ne serait jamais arrivé si tu n'avais pas fait un prêt exorbitant auprès de Gringotts juste pour t'acheter un stupide balai.
- Ce n'est pas un stupide balai, Hermione ! s'énerva-t-il. Mais tu ne peux pas t'en rendre compte car tu n'as jamais rien compris à ce genre de choses !
Je m'apprêtai à lui répondre que je m'y connaissais assez pour savoir que ce n'était une raison pour débourser son salaire annuel, mais Harry m'en empêcha :
- Je peux toujours payer le loyer ce mois-ci, si tu veux.
- Il est hors de question que tu payes le moindre centimes pour moi, Harry. Je vais voir avec le Chef si je peux faire encore des heures supplémentaires.
Je me suis abstenue de dire à Ron que s'il continuait à faire autant d'heures supplémentaires, il ne pourrait même plus habiter dans cet appartement et qu'il serait donc inutile de lui faire payer un loyer, mais Harry n'eut pas cette gentillesse :
- Tu ne peux pas faire plus d'heures supplémentaires sans retourneur de temps, alors soit tu acceptes que je paye ta partie du loyer, soit on déménage pour trouver quelque chose de moins cher.
Déménager... Cette idée nous arrachait le cœur. Cependant, Harry avait raison. Même moi, qui ne faisais pourtant aucune dépense inconsidérée, j'avais du mal à boucler mes fins de mois.
- C'est hors de question ! protesta Ron. Cet appartement est génial et, dès qu'on aura fini notre formation, on aura de quoi vivre ici sans problème.
- C'est-à-dire dans deux ans... Et en attendant, on fait quoi ? On vend des anecdotes croustillantes sur Harry à la presse ? demandai-je d'un ton nonchalant.
La solution ne sembla pas plaire à l'intéressé, mais eut le mérite de faire rire Ron.
- Tu es un génie, Hermione. Il y a des fois où...
- Attend ! l'interrompis-je.
Je venais d'avoir une idée. Sur le moment, je le trouvais excellente, digne d'un vrai génie. Il faut dire que je ne pouvais pas savoir à quel point elle tournerait mal.
- Hermione, tu peux nous dire ce qu'il se passe, s'il te plaît ? s'impatienta Harry après quelques secondes de silence.
- En débarrassant la quatrième chambre où vous avez entassé vos affaires de Quidditch, nous pourrions prendre un quatrième colocataire !
Mes deux amis restèrent un instant silencieux.
- Ça peut se faire, finit par admettre Ron.
- C'est une idée, souffla à son tour Harry.
Leur manque d'enthousiasme me vexa un peu et, si j'avais su ce qui m'attendait, j'aurais immédiatement fait marche arrière. Malheureusement, je n'avais jamais eu ma langue dans ma poche.
- Très bien, si vous avez une autre idée, je vous écoute ! En attendant, je ne vois pas trop d'autre solution... Alors si vous tenez absolument à laisser d'autres personnes vivre dans notre appartement, dites-le !
Les voyant serrer les dents, je sus que j'étais sur la bonne voie. Je poursuivis, d'un ton indifférent :
- Je suis sûre qu'on se trouvera un truc très bien et beaucoup moins cher. Bien sûr, on ne sera pas à Pré-au-Lard, mais il y a le transplanage... A condition de faire attention aux moldus bien sûr. Et on s'accommodera très bien d'une douche, la baignoire actuelle est beaucoup trop grande. Quant à la cuisine...
- C'est bon, Hermione, me coupa Ron.
- On va rédiger une annonce pour la Gazette du Sorcier, compléta Harry.
Et voilà, le mal était fait.
« Grande chambre à louer dans magnifique appartement sur Pré-au-Lard. Contacts par hibou pour visite. »
- Je trouve ça plutôt pas mal, affirma Harry en relisant l'annonce à voix haute.
Ron acquiesça d'un air enthousiaste.
- C'est parfait même. On pourra lui faire payer plus que sa part du loyer...
Cette remarque m'offusqua :
- Ron ! Essaie d'être un peu honnête, tu veux ?
- Je suis honnête, protesta-t-il. Elle aura la chance de vivre avec Harry Potter. Ça vaut bien cent gallions de plus, non ?
Si sa réponse me fit tout d'abord rire, ce ne fut plus le cas lorsque je me rendis compte qu'il avait dit « elle ».
- Comment ça, elle ? demandai-je d'un ton menaçant. Si tu crois qu'on va forcément prendre une fille, tu te trompes...
Ron laissa échapper un éclat de rire en me serrant contre lui.
- Voyons, Hermione ! me rassura-t-il. J'ai dit ça uniquement parce que je suis sûre que beaucoup de filles seraient prêtes à débourser trois cent gallions pour vivre avec Harry. Et puis, tu sais bien que tu es la seule qui compte, non ?
Je n'aurais jamais cru que c'était si dur de trouver un colocataire correct. Le premier hibou que nous avions reçu empestait tellement le tabac et l'alcool que nous avions prétexté que la chambre était déjà louée. Le deuxième appartenait à une dame d'un certain âge qui voulait s'assurer que nous vivions comme des jeunes gens respectueux et que nous ne nous couchions jamais après vingt-et-une heures. Sa présentation me fit penser à McGonagall et c'est sans doute pourquoi je fus la seule à envisager qu'elle puisse venir vivre chez nous. Harry et Ron refusèrent carrément de la recevoir et, comme elle précisa dans son dernier hibou qu'elle était allergique aux poils de chat, on se servit de Pattenrond pour décliner son offre de venir s'installer le lundi même si la chambre lui convenait. Le troisième et dernier candidat eut le droit de venir visiter l'appartement, mais je sus que c'était fichu avant même qu'il ne passe la porte. C'était un sorcier d'une trentaine d'années qui vouait un culte aux créatures magiques et qui avait une véritable ménagerie magique. Lorsqu'il nous confia s'intéresser de près aux croisements entre espèces magiques, tels que ceux qui avaient donné naissance aux très intéressants Scroutts à pétard, Harry et Ron se décidèrent à le mettre dehors en prétextant qu'on le recontacterait. J'avais finalement été désignée pour lui écrire un hibou dans lequel j'affirmai que la visite juste avant lui avait acceptée la chambre et que j'en étais vraiment désolée.
- On pourrait peut être essayer une autre annonce ? suggéra Ron.
Je secouai la tête en signe de dénégation :
- Rappelle-toi, on est censés avoir loué la chambre. Et puis, je n'ai pas envie de recevoir d'autres énergumènes dans ce genre...
Il ne nous restait qu'une seule solution : faire appel à nos anciens camarades de Poudlard. C'était notre dernière chance, même si nous aurions préféré ne pas avoir à l'utiliser. En prenant un inconnu, nous aurions pu rester entre nous sans paraître impolis. Mais si c'était quelqu'un comme Dean ou Ernie, cela signifiait accepter un nouveau colocataire et non plus seulement louer une chambre. De plus, il était peu probable que quelqu'un de notre âge ait les moyens de débourser cent cinquante gallions pour se loger, trois cent à en croire l'idée de Ron.
- Hermione, tu n'as qu'à proposer aux filles de Gryffondor. Harry, tu t'occupes des garçons. Et moi, je vois avec ceux des autres maisons.
- Évite les Serpentards, plaisantai-je en souriant.
J'étais assez contente de m'occuper de contacter les filles de Gryffondor. Le principal avantage, c'était que cela me permettait d' « oublier » de proposer à Lavande Brown de venir vivre avec nous. Je n'avais strictement aucune envie de la voir cohabiter avec Ron, même si j'étais la seule qui comptait selon ce dernier. Le plus simple aurait été de convaincre Ginny, mais je savais que c'était impossible. A même pas dix-sept ans, elle ne se sentait pas encore prête à quitter le foyer familial pour venir vivre avec Harry... et elle n'en avait absolument pas les moyens.
Je me contentai donc d'écrire un hibou à Parvati Patil, à Angelina Johnson, à Katie Bell et à Alicia Spinnet en leur proposant de venir visiter si elles étaient intéressées. Je m'étais abstenue d'indiquer le prix afin de ne pas les décourager. J'étais persuadée qu'en voyant l'appartement, elles auraient le même coup de cœur que nous et serait prête à débourser les cent cinquante gallions sans négocier.
Le pauvre petit Coquecigrue fut chargé d'apporter toutes ces lettres à leurs destinataires et il s'envola à tire-d'ailes, ployant sous le poids de la bonne quinzaine de missives.
- Voilà une bonne chose de faite, soupira Ron en passant son bras autour de mes épaules. Je suis sûr que nous aurons très rapidement un nouveau colocataire...
