Disclaimer : Tout appartient à Tolkien. Seuls quelques personnages sont de mon invention.

Réponses aux reviews :

Flame Holt : merci beaucoup pour ton message. Le fait que le prologue (qui ne donne au final aucun indice sur la fic concernée) t'intéresse me fait énormément plaisir. J'avoue ne pas avoir trop espéré de commentaires pour cette histoire où je laisserai éclater mon sadisme. Quant au lien qui unit Sauron et Mila… Tu verras ^^

Merci aussi à ceux/celles qui mettent mes histoires en suivi ou en favori. De voir qu'autant de gens apprécient ce que je fais me donne de la force pour écrire la suite.

Les titres seront ceux de chansons dont je préciserai les auteurs/interprètes ou les comédies musicales auxquelles elles appartiennent.

Chapitre 1 : A Dangerous Mind (Within Temptation)

Réveillée après une bonne nuit de sommeil, je m'étirai dans mon lit, de bonne humeur. En me levant, je vis par la fenêtre qu'il avait neigé. Souriant devant ce spectacle dont je ne me lasserai jamais malgré les siècles, j'enfilai une robe de chambre et descendis prendre mon petit déjeuner. Ma mère était déjà attablée, buvant son café tout en lisant un livre neuf dont je parvins à lire le titre : Femmes de dictateurs. Allons bon.

-Bonjour, Mila, dit-elle en levant ses yeux vert acide (dont j'avais hérité) vers moi. Bien dormi ?

-Comme un bébé. Toi aussi, je suppose.

-Tout à fait.

Je me préparai un thé dont les senteurs d'agrumes m'emplissaient les narines. Qu'il était agréable d'être au chaud, une boisson fumante en mains, tout en regardant la neige tomber ! Depuis toute petite, j'aimais la neige. Durant mon enfance, voir ces petites étoiles blanches et glacées terminer leur chute sur le monde était pour moi la beauté-même prenant forme. Je me sentais liée à ce ciel si sombre et si lointain où je pensais que mon père demeurait maintenant. Mon père… Cet inconnu dont ma mère ne me parlait jamais. Etait-il si horrible pour qu'elle ne veuille pas que je sache quoi que ce soit de lui ? Plusieurs fois, je lui avais posé la question, et ça s'était toujours terminé par des disputes. Pourtant, j'avais le droit de savoir. Deux mille ans passés, il me semble que j'ai acquis une certaine maturité pour assumer de terribles vérités. Le vingtième siècle m'avait beaucoup appris…

-Maman ?

-Oui ?

-Il est bien, ton livre ?

Nul, comme choix de conversation. Je ne pouvais obtenir aucun renseignement.

-Très, répondit ma mère. Tout ça me rappelle ma jeunesse.

-Ah, bon… Quoi ?

-Tu as très bien compris.

-Et… L'un d'eux était-il mon père ?

Trop direct. Et mathématiquement impossible. N'est-ce pas ?

-Cherche pas, il n'est pas dans ce livre.

-Jules César ?

-Perdu, il y est. Mais pourquoi penses-tu à lui ?

-Je suis née en 45 avant J-C à Rome…

-C'est vrai, mais j'y suis arrivée trois mois avant ta naissance, et la seule fois où j'ai vu César, c'était à l'état de cadavre. N'essaie pas de me piéger.

-Mais pourquoi tu ne veux pas me le dire ?

-Tu ne me croirais pas, et tu n'as pas envie de savoir. Crois-moi, ça vaut mieux pour toi.

-Risque-t-il de nous retrouver ?

Ma mère réfléchit un instant, et je crus voir de la peur se lire dans ses yeux.

-Non. Mais d'autres le peuvent.

Devant son expression presque terrifiée (elle qui avait toujours l'air si sûre d'elle), je n'insistai pas. Pour l'instant.

Une fois mon thé fini, je montai prendre une douche et m'habiller d'un jean noir et d'une veste chaude aux motifs militaires. Une fois vêtue, je coiffai mes cheveux en une queue de cheval haute. Le miroir de la salle de bain me renvoyait l'image d'une jeune femme de vingt ans au visage triangulaire, aux yeux vert acide et au teint clair. Le même visage que ma mère, quoiqu'un peu moins dur. Notre principale différence physique, c'était nos cheveux : ceux de ma mère étaient blonds et ondulés, alors que les miens étaient noirs et bouclés.

Je descendis et mit mes Rangers, enfilai mon manteau noir à la capuche bordée de fausse fourrure argentée, mes gants, puis pris mon sac à main. J'en vérifiai le contenu. Mes papiers, de quoi me rouler des cigarettes, trois briquets, de l'argent, un carnet et un stylo (j'avais quand même un sacré bazar là-dedans) et un couteau, au cas où.

-Où vas-tu, interrogea ma mère.

-Faire quelques courses à l'épicerie. Je serai de retour dans deux heures, j'irai me promener avant.

En sortant, un froid glacial m'accueillit. Certes, j'y étais habituée, après tout, c'était la quatrième fois que je vivais en Russie. Mais tout de même, -6 degrés, pour une frileuse… Je marchais plutôt vite dans les rues. Cédant à un petit caprice, je passai devant le St Petersbourg Ballet Théâtre, près duquel je vivais aujourd'hui, et où j'avais travaillé en tant que danseuse de 1929 à 1934. Le métier de danseuse de ballet était le plus éprouvant (physiquement) que j'avais exercé. Mais je m'y abandonnais complètement, et j'aimais beaucoup jouer des rôles en dansant. Malheureusement, un concours de circonstances m'a obligée à quitter l'URSS. J'en avais cependant éprouvé du soulagement. Même si l'Europe de l'ouest n'était guère mieux. Je secouai la tête pour en chasser mes pensées. Inutile de revenir sur le passé, même si celui-ci me hantait.

Je rebroussai chemin et pris la direction de l'épicerie, où je serai au chaud. Après avoir payé mes achats, je retournai à la maison où je rangeai vite les courses.

-Zut !

-Qu'y a-t-il, s'inquiéta ma mère.

-J'ai oublié l'huile d'olive. Je reviens…

Et je m'élançai dehors. Je ne vis pas la voiture arriver, glissant plus que roulant. Le choc fut terrible. Mon corps sembla se briser en mille morceaux. Je n'entendais plus rien. Je ne voyais plus que le ciel gris pâle au-dessus de moi, puis le visage de ma mère.

-Pazvanité f skorouïou pomach' ! (Appelez un ambulance) entendis-je un homme hurler.

Ma mère, les larmes aux yeux, caressait mes joues tout en murmurant dans une langue que je ne connaissais pas. J'avais mal partout, mes os ressemblaient sûrement à de la farine, et il y avait plus de sang sur le goudron que dans mes veines. Moi, Milena, sorcière bimillénaire, témoin de notre ère, morte renversée par une voiture.

Une odeur de terre et d'humidité emplissait mes narines. Sous mes doigts, je sentais des feuilles humides et froides se coller à ma peau. Un vent frais chatouillait mon visage. J'ouvris les yeux et vis au-dessus de moi un ciel sombre, orageux, que les branches nues d'arbres pourrissants tentaient d'atteindre. Je me trouvais dans une forêt. Une forêt ? Je m'assis et tentai de reprendre mes esprits. Plusieurs questions me vinrent. Un, pourquoi j'étais ici ? Deux, étais-je morte ? Trois, était-ce une forme de l'Enfer dont je n'avais jamais entendu parler ? Quatre, si c'était le cas, pourquoi étais-je si seule ? Non pas que les démons me manquaient, mais c'était quand même bizarre… Je me remémorai l'accident, la violente douleur que j'avais ressentie, et le visage flou de ma mère. Et si elle m'avait sauvée en me soignant grâce à la magie et m'avait déplacée ailleurs ? Non, ça n'avait pas de sens. Je me levai, pris mon sac à main qui m'avait suivie, et marchai sans trop savoir où aller. Manque de chance, il n'y avait pas de réseau. Génial. Je continuai mon avancée pendant un temps qui me parut interminable, avant de voir une palissade entourant un village se dresser devant moi. La nuit commençait à tomber. Soupirant de lassitude, je fis le tour de la barrière, cherchant une quelconque indication sur l'endroit où je me trouvais. Finalement, je vis une entrée. Fermée. Il ne me restait plus qu'à frapper. Un vieil homme en tenue médiévale et tenant une lanterne ouvrit et me détailla d'un air suspicieux.

-Mademoiselle ?

-Bonsoir, je voudrais passer la nuit dans votre village.

L'homme ne me répondit pas, mais rien qu'à son expression, je compris que quelque chose n'allait pas. Regardant par-dessus son épaule, je vis des patrouilles d'orques marcher dans les rues. Une petite seconde… Comment ça, des orques ? J'étais au paradis des rôlistes ou quoi ?

-Bienvenue à Bree, dit le passeur en me laissant entrer.

Je le remerciai, avant d'avoir un bug. Bree… Ça ne pouvait pas… Il me fallait vérifier. J'errais dans les rues, regardant toutes les enseignes, jusqu'à voir celle d'une auberge du nom du Poney Fringant. Ce n'était pas possible, je nageais en plein délire, là ! Sans savoir pourquoi, j'entrais. Contrairement à ce à quoi je m'attendais, il y avait moins d'une dizaine de clients, et tous avaient l'air triste, effrayé. Le patron, qui semblait enchanté d'accueillir une nouvelle cliente, vint à ma rencontre avec un sourire fatigué. Quelle ambiance. Il m'indiqua une table près du feu et partit s'occuper de ses rares clients. Je sortis mon porte-monnaie et, observant les pièces que tendit un jeune homme à l'aubergiste, je fis appel à mes rares pouvoirs pour modifier mes roubles en… C'était quoi, d'ailleurs, cette monnaie ? L'aubergiste revint à ce moment-là. Je lui commandai une bière. Cette ambiance ne me plaisait pas du tout. Si vraiment je me trouvais dans l'univers du Seigneur des Anneaux, c'était une version différente qui se présentait à moi. Depuis quand les patrouilles d'orques rôdaient dans la ville de Bree ? Depuis quand les auberges étaient quasiment désertes ?

-Excusez-moi, dis-je à un homme assis non loin de moi, pourriez-vous me donner la date d'aujourd'hui, s'il-vous-plaît ?

-4 novembre de l'An 1 du Quatrième Âge.

-Merci.

Vraiment illogique. Les orques ne devraient pas être là, la guerre était finie. À moins que… Une terrible pensée me vint. Non ! Sauron ne pouvait pas avoir gagné ! C'était inadmissible.

C'est alors que quatre orques, plus horribles les uns que les autres, entrèrent avec fracas dans la salle.

-Couvre-feu, tout le monde chez soi.

Tous les clients sortirent. Sauf moi.

-Tu n'as pas entendu ce que je viens de dire, m'agressa l'orque.

-J'allais commander une chambre, répondis-je avec tout le calme dont j'étais capable.

-Fais vite.

Ils partirent. Tant mieux. L'aubergiste m'indiqua une chambre individuelle où je pourrais passer la nuit. Une fois seule, je scellai la porte par un sort, puis me déshabillai, ne gardant que mes sous-vêtements et mon t-shirt. Je détachai mes cheveux et me glissai dans les couvertures chaudes. Peut-être que tout ceci n'était qu'un très mauvais rêve, et que je me réveillerai dans ma chambre, admirant la chute de la neige, ou encore dans un lit d'hôpital, certes choquée par l'accident mais vite guérie grâce à ma nature de sorcière ? Priant pour que ce soit le cas, je m'endormis assez tard, angoissée à l'idée que les orques ou des créatures encore plus immondes parviennent à briser le sceau magique et à me tuer dans mon sommeil. J'avais commis un « affront », en répondant si calmement, tout à l'heure. Quelle idiote. Je savais pourtant ce qui m'attendait dans ce cas-là.

Ça y est, Mila est arrivée en Terre du Milieu. J'espère que ce chapitre vous a plu. Si c'est le cas, tapez-le sur la case des reviews. Si vous n'avez pas aimé, ne tapez pas l'auteure. J'accepte tous les commentaires, positifs, négatifs… Les éventuels conseils donnés pour l'intrigue seront réfléchis et peut-être appliqués si la cohérence de l'histoire le permet. Sur ce, je vous dis à la prochaine.

Enjoy :)