Coucou à tous, ça va ? oui désolée dans le précédent chapitre je n'ai pas précisé la fréquence de mes chapitres ! disons qu'en raison de leur longueur je ne publierai qu'une fois pas semaine ^.^! le dimanche ça me parait être bien *regarde la date* oui bon oups pour cette fois mais mes concours sont mercredi et jeudi, j'ai donc une bonne excuse.
Réponse aux reviews:
Fana24Manga : coucou, merci beaucoup du compliment, ça fait chaud au coeur ! ^.^j'espère que chapitre va aussi te plaire ! ;)
Fin du blabla, je vous présente donc ce chapitre 2, j'espère que le un vous a plu comme je n'ai eu que peu de rendus
Chapitre 2 : une lente descente
— Dis-moi, Rin, pourquoi tu as fait ça ? Je pensais que je pouvais te faire confiance, tu sais. J'ai espéré jusqu'au bout que tu serais différent de ton frère : celui qui laisserait plus parler ses sentiments et serait franc avec ceux qu'il apprécie. J'espérais même que tu serais peut-être enfin le signe de la fin de la guerre idiote avec les démons.
Elle gratouilla le petit compagnon végétal qu'elle portait constamment sur son épaule. Ce dernier émit un petit son de contentement. Ce dernier sembla pourtant jeter un regard noir au jeune homme qui se tenait à côté de sa maitresse. Ils étaient assis au bord d'il ne savait quoi exactement… une colline ? Une falaise ? Toujours était-il que le vide s'ouvrait à eux. Le soleil était en train de se coucher - ou peut-être bien de se lever, c'était vraiment flou - projetant ses rayons dorés à travers les quelques nuages du ciel rosé. Leurs pieds ballotaient dans le vide et pourtant le jeune n'avait pas peur. Il ne pouvait rien lui arriver.
Il se tortilla rapidement sur ses fesses et regarda la jeune femme qui se tenait à ses côtés. Elle se tenait droite, les bras appuyés derrière elle, poitrine en avant, un sourire apaisé et pourtant triste était dessiné sur ses lèvres. Son regard était fixé devant elle, sur le soleil aux magnifiques éclats. Le regard bleu du garçon descendit et il aperçut la main qu'elle avait posé sur le sol herbeux. Pourquoi avait-il soudainement envie d'approcher sa main de la sienne, de la couvrir discrètement. Il regarda alors lui aussi en face de lui et décala doucement sa main vers celle de la blonde.
Mais cette dernière continua alors, répétant la même phrase. Elle ne semblait pas prêter attention à ce qu'il faisait. Etait-ce bon signe ? Il ne savait pas trop à vrai dire. Mais il s'approcha encore un peu plus. Alors que son index frôlait le bord de sa main, elle la décala et ses yeux se fixèrent plus sévèrement sur lui.
— Réponds-moi, Rin. Est-ce que tu ne pouvais pas contrôler ta rage ? Est-ce que tu ne pouvais pas pour une fois être assez fort pour te contrôler et me libérer sans me transpercer ? Tu es sûr qu'être parti avec eux était la bonne option ? Si tu étais resté avec tes amis, tu aurais peut-être subi quelques punitions, mais qui sait… tu aurais peut-être pu rester vivant… Là, tu es simplement l'ennemi numéro 1 à abattre !
Le jeune démon baissa la tête, honteusement, douloureusement. Il réalisa alors qu'il n'était pas exactement le même. D'adolescent en croissance, il était désormais devenu un adulte : plus grand, plus fort, avec des muscles bien plus développés et saillants sous son t-shirt. Il sentit sa bouche s'ouvrir et prononcer des mots.
— Je suis de toute façon détesté de mes amis… enfin de mes anciens camarades. Ils voudront juste me tuer dès qu'ils me verront.
Sa voix aussi était plus grave, moins enfantine. Pourquoi était-il plus vieux, soudainement ? Il sentait des petites cornes sur son crâne, il se retint toutefois de les toucher pour ne pas effrayer Shiemi. Il la regarda de nouveau, elle semblait avoir encore le même âge qu'au moment où… il l'avait transpercée… Oui il l'avait transpercée… Comment avait-il pu croire un instant qu'elle était vivante à ses côtés ?
Il sentit alors comme une caresse sur ses mains. Etait-ce celle de la jeune femme ? Il regarda et s'aperçut avec horreur que c'était un liquide rouge qui lui coulait entre les doigts. Il en regarda la provenance et leva de nouveau les yeux sur celle qu'il aimait. Un sourire triste teintait désormais son visage. Du sang coulait de sa poitrine.
— De toute façon, c'est trop tard, Rin. Tu ne pourras plus jamais rien faire pour moi. Je suis morte. Tu m'as tuée… Et les exorcistes ont mis ta tête à prix.
Sans comprendre comment, il s'aperçut qu'elle s'était mise debout. Il voulut la retenir, lui dire de l'attendre, il pouvait lui expliquer, il devait s'excuser : jamais il n'avait voulu lui faire du mal. Après tout : il l'aimait ! Il devait lui dire tout cela. Mais tandis qu'il se relevait lui aussi, surpris de sa propre force et de sa rapidité, la jeune femme recula d'un pas, se plaçant à la limite de la falaise.
Et elle bascula en arrière dans le vide.
Il cria son prénom, jeta sa main en avant pour tenter d'attraper une des siennes. Ses doigts effleurèrent son doux poignet. Ses cheveux blonds fouettaient son tendre visage aux paupières fermées. Elle tombait et encore une fois il ne pouvait rien faire. NON ! Shiemi ! Il prit alors son élan et s'apprêta à sauter à sa suite.
Mais alors qu'il allait sauter, une force le retint. Des branches s'étaient mis en travers de sa course. Il se releva et voulut recommencer. Mais une voix aigüe le retint : le petit compagnon de la blonde.
— Tu crois que c'est comme ça que ça résoudra tout ? C'est de ta faute si elle est morte. Tu as fait certains choix : celui de partir avec les démons et de devenir un de leurs soldats, assume !
Et alors, il sauta à la suite de sa maitresse.
~X~
Et Rin se réveilla en sursautant. Il était dans son lit, transpirant à grosses gouttes, le front et le dos trempés de sueur. Ce n'était qu'un rêve. Les jambes tremblantes, il se mit debout. Ce n'était que son quatrième jour, mais c'était déjà la quatrième fois qu'il avait ce rêve. Il regarda son corps. Il était toujours le même que la veille. Pourquoi devenait-il soudainement puissant dans ce cauchemar ?
Il revêtit alors des habits : un pantalon souple noir, et une veste cintrée blanche avec une épaule rouge. Cela le définissait comme l'apprenti de Satan, à ne pas chercher des noises donc ! Il se saisit de Kurikara, hésitant comme toujours la première fois. Il dégaina uniquement le début de la lame, et regarda le reflet de son oeil bleu étincelant.
Encore une fois, il lui sembla l'espace d'une micro seconde, voir le sang de Shiemi dessus. Mais non : il l'avait lavé, et frotté, encore et encore, jusqu'à ce que ses mains soient à sang. Jusque la lame entaille ses paumes, et que ce soit son sang qu'il faille laver. Mais il avait continué à frotter. Encore et encore. Criant de rage et de peine. Criant son désespoir. Puis il était allé se coucher. Il n'y avait rien d'autre à faire.
Il se saisit donc du katana, le rengaina avec un petit clic et partit en direction de la salle commune où on lui fournirait à manger. Oui les démons mangeaient. Du moins ceux de classe supérieure : ils n'avaient pas besoin de manger uniquement des émotions, ils pouvaient se nourrir de nourriture humaine.
Il savait qu'encore aujourd'hui, un entraînement ultra difficile l'attendait, tirant toujours un peu plus sur ses muscles. Il rentra dans la grande salle qui pouvait accueillir banquets et fêtes sans aucun soucis. Elle était énorme et la table à sa mesure. Mais pas de jolies lumières comme dans ces châteaux Humains. Non, des flammes bleues flottaient occasionnellement dans l'air et sinon, toujours cette lumière étrange qui venait d'il ne savait d'où. Il se saisit de l'assiette qui était devant la place qui lui était attitrée. En général il mangeait ce qu'il y avait déjà dedans, même s'il pouvait avoir un choix varié dans les plats.
Il mangeait par nécessité plus que par envie. L'envie, la faim, la joie, il l'avait perdu en même temps que du sang tâchait ses mains. Il mangea en regardant le vide autour de lui. Il fallait croire que ses frères n'aimaient pas manger ou l'avaient déjà fait avant. Il se leva, et des démons vinrent papillonner autour de son assiette, l'emportant dans les airs pour la laver. Il était après tout un Prince, il n'avait donc pas à s'en occuper - un des rares avantages qu'il avait trouvé dans cette nouvelle vie.
Il remit correctement Kurikara dans son dos et se dirigea dans la salle d'entraînement, sur ses gardes. Le deuxième jour son père l'avait attaqué alors qu'il avait à peine mis un pied dans la salle. Il lui avait rappelé la première leçon tandis que ses ongles avaient esquintés la peau fine de son cou. Toujours être sur ses gardes dans toutes les circonstances. Sa main se posa sur la garde de son arme dans son dos.
Et en effet, il sentit la présence menaçante de son père. Il dégaina au moment où ce dernier fonçait sur lui, katana dégainé avec la lame pointé sur son cou. Sa réaction fut quasi instantanée : il descendit dans ses appuis et contra l'attaque puissante de Satan. Il serra les mâchoires quand ce dernier augmenta la charge. Il descendit plus bas sur ses genoux et poussa un râle en le repoussant. Il réussit alors à couper le contact, fit un bond en arrière pour se remettre d'aplomb. Il était sur la défensive : son père attaquait de nouveau, coup sur coup. Et il perdait de plus en plus de terrain. La sueur commençait déjà à perler sur son front. Il ne pourrait pas tenir plus.
Un geste trop brusque le fit perdre définitivement. La lame de métal se retrouva appuyée contre sa poitrine haletante. Il laissa alors descendre son katana, et s'appuya sur la garde. Sans échauffement c'était impossible. Il releva les yeux et croisa ceux de son père. Ils étaient à la fois moqueurs et il décelait autre chose qu'il ne savait décrire… de la fierté ? non… ce ne devait pas être son genre.
— Tu progresses mon fils, je suis fier de toi. Tu as réussi à distinguer ma présence et mon attaque et à résister plus longtemps qu'au début. En quatre jours tes progrès sont flagrants. Si tu continues comme ça, tu risque d'atteindre plus rapidement que prévu le niveau de mes colonels. Tes frères ont du souci à se faire.
Et il esquissa ce qui sembla être un sourire. Il tendit la main à Rin, ce dernier plissa les paupières puis la saisit. Et comme il s'attendait son père avait voulu le mettre au sol. Mais ce coup-ci il s'y attendait. Il contra l'attaque et en profita pour tenter d'enfoncer son poing dans le plexus de son entraîneur. Un combat à mains nues débuta entre eux. C'était tout autant éprouvant qu'avec une arme. Et il ne maîtrisait que les bases. Il se retrouva donc de nouveau dos à terre.
L'échauffement était fait, il le savait. Il sentait aussi que la main était sans danger ce coup-ci. Il se redressa sur ses pieds avec l'aide qu'on lui proposait. Des gouttes de sueur étaient apparues, il les essuya du revers de la manche. Le Roi hocha la tête puis fit un signe de tête. Le noiraud comprit, il rangea son arme dans son fourreau puis commença à courir dans la gigantesque pièce. Chaque jour il faisait un kilomètre de plus que la veille. Aujourd'hui, il devait donc en enchaîner huit sans faiblir ou ralentir. Le dernier devait même être un sprint.
Ainsi, son père le formait à l'endurance. Ce n'était bien sûr pas tout, après cinq minutes de pause, il devait faire une centaine de pompes, d'abdos et enfin des tractions. S'il voulait être fort, il fallait que son corps suive dans son intégralité. Et chaque jour, il était entraîné avec une arme différente. Ils avaient vu l'épée et la dague pour le moment en plus bien sûr de son katana. Il fallait qu'il puisse faire avec différentes armes sans soucis : qui savait ce qui pouvait arriver en mission.
Il se tint sur ses jambes, les mains dans le dos. Deux heures et demie s'étaient déjà écoulées et c'était donc le moment du maniement de la nouvelle arme. Le matin lui était dédié, puis l'après-midi, du renforcement de nouveau et de l'entraînement au katana. Enfin, la veille il avait rapidement visité l'intérieur des enfers. Cela ressemblait étrangement à l'arrangement des exorcistes… des commerces, des maisons…
Son mentor lui tendit alors un pistolet. Le jeune hésita. Cela lui rappelait trop son frère. Est-ce qu'il pouvait prendre cette arme ? Il jeta un coup d'oeil à celui qui se tenait en face de lui : le testait-il ? Sa main s'avança vers la crosse avant d'hésiter de nouveau.
— Toutes les armes, lui rappela son paternel.
Et sa main se referma sur la crosse froide et noire. Il serra les mâchoires en sentant son poids, elle était plus lourde que ce à quoi il s'était d'abord attendu. Il attendit les instructions, mais il mima les mouvements de son frère. Il abaissa le cran de sécurité et se mit face à la cible. Son oeil directeur resta ouvert tandis que l'autre se ferma. Ses deux mains se placèrent de la même façon que son aîné. Son index se posa sur la gâchette. Il souffla. Puis tira.
Bam. La balle partit. Elle manqua de peu la cible. Rin en était surpris : il pensait être bien plus nul que ça. Il recommença sans regarder son mentor qui allait de toute façon lui dire ça. Il recommença jusqu'à ce que le chargeur soit vide. Là, il se saisit de celui qui se trouvait à côté, le mit à l'intérieur de l'arme, mima une fois de plus les gestes de son frère. Clic. Il était mis correctement. Le noiraud se repositionna et continua. Au bout d'il ne savait combien de temps, ses progrès étaient flagrants. Les balles arrivaient presque au centre de la cible.
Ce fut à ce moment que son père lui fit signe d'arrêter. Ça suffisait pour aujourd'hui : ils allaient maintenant aller manger et ils continueraient par un entraînement au katana. Rin se rendit alors compte qu'en effet il avait faim. Certes tirer ne fatiguait pas trop mais être autant concentré, si. Et les échauffements du matin consommaient également de l'énergie.
Ils mangèrent, en compagnie ce coup-ci d'un démon qu'il n'avait jamais vu auparavant. Il ne savait pas exactement combien de « frères » il avait. Mais celui-ci semblait bien être un des généraux : le Roi était en train de lui parler stratégie. Il n'y prêtait cependant pas attention : ils parlaient trop faiblement car il n'était pas encore habilité pour ceci. Il s'en fichait pour le moment : il voulait simplement devenir plus fort.
En attendant, il finit son assiette et repartit dans la salle d'entraînement. Il commença son échauffement, il commençait à bien connaître de toute façon. Il courut dans la vaste salle. Puis s'attaqua à la musculation. Son père n'arrivait toujours pas. Ce devait être sérieux. Parlaient-ils de lui ? Que pouvaient-ils dire de son cas ? Il fit des gestes dans les airs son katana dégainé dans la main. Plus fort, il n'y avait que ça en ce moment qui le guidait.
— Bien, arrête, Rin.
Ce dernier sursauta. Mince il avait été perdu dans ses pensées et n'avait pas fait attention à l'arrivée de son paternel. Ce dernier le nota mais préféra ne pas faire la réflexion à son élève : il avait très bien dû comprendre de lui-même. Il haussa les épaules : il n'était qu'au début de son programme d'entraînement. Ils allaient pour le moment s'entraîner sur le maniement de ses flammes : car en ce moment elles ne lui appartenaient pas. Elles étaient uniquement présentes en raison de son sang. Il le fit asseoir au milieu de la pièce et fermer les yeux. Il savait cependant que son fils cadet n'était pas fort pour rester sagement assis.
Il lui fit fermer les yeux et se concentrer sur tout ce qui se passait autour de lui, Kurikara fermé devant ses jambes en position papillon. Le jeune prince se dandina d'une fesse à l'autre. Il sentait le froid des dalles sous ses fesses, ça oui. Mais après… La voix sérieuse de son père lui ordonna de se concentrer. Ses sensations, son entourage. Il devait pouvoir discerner une présence ennemie ou alliée juste comme ça. L'apprenti serra plus fort les paupières.
Quelque chose sembla apparaître dans son champ de perception. Il pouvait sentir la présence de son père. Une puissance impressionnante se dégageait de sa personne. Il sursauta et ouvrit les paupières. L'homme en face de lui hocha la tête, il commençait donc à percevoir. Il le fit recommencer de nouveau : ce n'était que le début, il voulait qu'il perçoive bien plus, cela allait l'aider dans les combats, la maitrise de ses flammes également. Sa détermination lui était utile : il avait fait indéniablement de gros progrès durant ces quelques jours ici.
Soudainement, au bout de plus d'une heure, il sembla à Rin trouver une espèce de puissance plus ou moins similaire à l'intérieur de lui. Elle était toutefois bien plus faible, mais présente. Elle semblait dégager une douce chaleur aux reflets bleus-argents autour d'elle. La voix de son père lui semblait lointaine quand elle parvint à ses oreilles, c'était comme s'il était dans une sorte de liquide que seule la flamme éclairait.
— Bien, reste concentré. Saisis-toi en. Tends la main.
L'ancien apprenti exorciste fronça les sourcils. Il avança lentement la main, mais ce fut comme si quelque chose l'en empêchait. Tout autour de lui semblait être trop épais, limiter le moindre de ses mouvements. Il ne pouvait pas aller plus loin. Il tenta de se débattre, de forcer contre cette impossibilité. Et alors, tout disparut.
Il rouvrit les yeux. Il était dans la salle, son père concentré qui le regardait. Il respira une grande goulée d'air, haletant. Il serra les mâchoires : il n'avait pas réussi. Alors qu'il s'apprêtait à replonger, son mentor l'en arrêta : ça suffisait pour le premier jour. C'était difficile, il ne fallait pas forcer autant. Ce n'était pas non plus en forçant qu'il arriverait à l'atteindre.
Il se releva lentement et chancela. La main forte de Satan l'empêcha de tomber. Il ne s'était pas attendu à être si affaibli. Une pause lui fut imposée. Alors qu'il s'était adossé au mur, attendant de retrouver son calme et ses forces, son père lui expliqua alors qu'ils n'allaient exceptionnellement pas avoir d'entraînement cet après-midi. Rin le dévisagea, surpris.
— Malgré ce que m'a dit mon général, comme quoi tu es extrêmement recherché, il faut que je t'affronte au monde extérieur. Tu progresseras mieux en voyant le monde d'un oeil neuf. Tu ne seras pas seul, alors si tu dois affronter des exorcistes, tu pourras toujours t'en sortir sans trop de difficulté.
Rin hocha docilement la tête. Son coeur était partagé : devait-il avoir peur de remonter ou au contraire avoir hâte de revoir ce soleil tant désiré ? Et s'il croisait un de ses amis ? Euh ancien camarade… Que ferait-il ? Devrait-il les affronter ? Il serra les mâchoires. Et qui allait l'accompagner ?
La porte s'ouvrit au moment où il se posait cette question : Amaimon, sa sucette dans la bouche rentra, avec son air négligent. Il salua rapidement son père et ne daigna pas un regard à son jeune frère. Il devait certes l'emmener en contrôle avec lui, mais cela ne voulait pas dire qu'il le considérait comme quelque chose d'assez intéressant pour s'en soucier. Il prit les ordres auprès de son père et demanda au jeune de se bouger pour le rejoindre et se téléporter.
— Amaimon, je te rappelle que tu dois veiller sur lui. Pas le provoquer. Si j'apprends que vous vous êtes affrontés, je vous promets que la sentence pour vous deux ne vous plaira pas.
Il fit la moue, leva les yeux au ciel mais comprit le message. Son jeune frère, Kurikara au bras le rejoignit et mit sa main sur son épaule. Ils disparurent. Quand Rin retrouva ses marques, ils étaient dans un endroit assez éloigné de la ville. Il ne savait pas trop où et le vert ne devait pas avoir reçu l'ordre de le lui dire. Il regarda autour de lui, tandis que l'autre commençait à marcher devant lui. Leurs servants devaient déjà être en train de les attendre.
Cet endroit n'était pas grand-chose pour les enfers : juste quelques disciples qui priaient pour la renaissance de Satan sur terre. Mais quelques personnes en plus pouvaient toujours s'avérer utiles. Les suivants leur firent visiter les lieux, honorés de recevoir la visite d'un général ! Amaimon contrôlait rapidement que tout allait bien, leur demandait s'ils avaient des difficultés puis décida qu'il était temps d'y aller.
Mais Rin fronça les sourcils. Un des membres du « groupe » semblait étrange. Il restait en retrait. Il aurait pu penser que c'était uniquement parce qu'il avait peur, cependant quelque chose se dégageait de lui. Il n'aurait pas pu dire quoi, mais il sentait quelque chose d'étrange. Il grimaça : si seulement ses capacités de perception étaient plus développées. Il haussa finalement les épaules et sortit du sorte de temple à la suite de son frère.
— C'est bon, on peut rentrer ! On a fait le job que père voulait qu'on fasse. Va reprendre ton entraînement pour que tu puisses enfin servir à quelque chose. J'ai pas envie de faire nounou pour le restant de mes looonnngs jours !
Le noiraud serra les mâchoires et refusa. Non, il voulait revoir le monde humain. Il en avait envie, sans savoir exactement pourquoi. Tandis que le vert râlait il le provoqua :
— Ben écoute, je vais y aller tout seul si t'es pas content et t'expliquera à Satan pourquoi je suis pas avec toi, pourquoi est-ce que tu m'as laissé seul ! Je suis certain qu'il sera ravi que tu ai laissé une recrue prometteuse se débrouiller toute seule ! Et à ce que je sache il ne nous a pas empêchés de nous balader !?
— Tu fais chier le nouveau, tu sais ? Non certes, mais à ce que je sache, c'est pas moi qui suis recherché de tous les exorcistes de la ville parce que j'ai tué mon amie en perdant le contrôle ?
Le noiraud serra les dents. Ça faisait mal, mais c'était la vérité et il ne démordrait pas du fait qu'il voulait absolument aller dans la ville. Cela semblait l'appeler. Il avait besoin de se rappeler qu'il était encore un peu humain. Qu'il pouvait se mêler à eux malgré ce qu'il avait fait. Malgré l'horreur de la chose qu'il avait commise. Ils se dirigèrent donc vers la ville.
La cohue reprit presque immédiatement quand ils rentrèrent dans les rues bondées. Un évènement se préparait : Halloween, tout le monde se préparait à l'énorme fête qu'il allait y avoir dans les rues le soir. Il sourit tristement, regardant autour de lui les guirlandes de lanternes qui commençaient à être installées. Il aurait dû le fêter avec ses amis, Shiemi à ses côtés. Ils auraient bien ri et ils s'en seraient souvenus comme un souvenir spécial. Il continua alors de marcher, ne se souciant pas de savoir si Amaimon le suivait ou non.
Soudain, alors qu'il montait des marches qui conduisaient vers les hauts de la ville, il s'arrêta net. Quelqu'un lui rentra dedans mais il n'y fit pas attention. Son regard ne pouvait pas se détacher de quelque chose. Ou plutôt de quelqu'un. Qui devait être morte. Elle se tenait là, devant lui, de dos, regardant les plantes qu'une fleuriste vendait. Elle se tourna de profil et un sourire s'étendait sur ses lèvres tandis que son petit animal de compagnie sautillait sur son épaule.
Il voulut franchir la foule pour la rejoindre. Il joua des épaules pour parvenir jusqu'à l'étale et quand il y arriva, la jeune fille avait disparu. Elle n'avait jamais été là, jamais été présente ici matériellement. Seulement dans sa tête. Son fantôme ne le quittait pas…
Il gravit plus rapidement les marches, fuyant alors la foule. Il lui semblait que toutes les têtes blondes pouvaient être la jeune femme ! Il allait devenir fou. Il monta rapidement toutes les volées de marches, se moquant des regards qu'on pouvait lui lancer. Il s'arrêta, haletant dans un endroit plus calme. De là, il pouvait contempler la ville, l'agitation et les bruits qui s'en dégageaient. Amaimon le rejoignit peu après. Mais il entendait à peine ce qu'il lui reprochait.
— Ça va pas non de t'arrêter comme ça, de disparaître, puis de partir en courant ? Tu veux me perdre ou quoi ? On aurait dit que t'as vu un fantôme !
Le jeune démon ne réagit pas. Que pouvait-il dire de toute façon ? Il s'appuya contre la rambarde en pierre. Il regardait. Finalement, peut-être n'appartenait-il plus à ce monde ?
Une présence le fit se relever rapidement. Quelqu'un en voulait à sa vie. Il le sentait. Il se retourna en même temps que le vert, main sur la garde de son katana. Un exorciste s'était caché derrière une maison, approchant doucement. Il s'aperçut alors qu'il était repéré et fonça sur eux, épée en main. Rin dégaina, les flammes bleues vinrent le transformer et l'envelopper. Il descendit dans ses appuis et affronta l'exorciste. Il était bien plus faible que ce à quoi il ne s'était d'abord attendu. Il réussit à passer dans son dos, leva le coude et enfonça cette partie de son corps dans l'arrière du cou de son adversaire. Ce dernier s'écroula au sol, dans les pommes.
Le jeune démon lança un dernier regard à l'homme inconscient puis fit un geste à son accompagnateur. Ils partaient. Le monde humain ne voulait plus de lui.
~X~
— Monsieur Yukio Okamura, vous êtes jugés pour soupçon de complicité avec les démons et en particulier, votre frère parti récemment dans ce camp. Que pouvez-vous dire pour votre défense ?
Yukio était dans ce qui ressemblait à une boîte en bois. Il faisait face à une brochette de jurés et de spectateurs venus observés son jugement. Est-ce que ça les amusait autant de le voir se dépêtrer avec ces fausses accusations ? Il sentait des regards plus lourds que d'autres : celui d'Angel, et ceux de ses élèves. Mais aussi Mephisto.
Il n'était pas coupable. Il n'avait jamais fréquenté de démons autrement que pour les tuer. Son père adoptif avait été tué par eux, pourquoi irait-il les rejoindre ? Il ne comprenait pas les actes de son frère, mais après tout ce dernier avait développé ses pouvoirs contrairement à lui. Il avait suivi son chemin, et lui, le sien. Il se battrait pour les exorcistes, et s'il le fallait, il tuerait son frère de ses propres mains. Il les avait trahis, maintenant il allait en payer le prix.
— Je plaide non coupable, votre Honneur. Et je promets que je tuerais Rin Okamura de mes mains. Je veux reprendre mes fonctions pour pouvoir m'en charger et vous ramener la preuve de sa mort.
Un murmure surpris parcourut le public d'exorcistes. Ce garçon, considéré comme un prodige voulait-il réellement tuer son propre frère ? Est-ce que ce n'était pas justement encore plus suspect ? Ou le pensait-il vraiment ? Le juge tapa du marteau pour récupérer l'attention de tous. Les murmures faiblirent immédiatement et les yeux se fixèrent sur l'accusé qui se tenait encore droit et le regard flamboyant.
Des questions suivirent. Avait-il la force d'assassiner son frère ? Tant au niveau de la puissance que psychologique. Ne faiblirait-il pas devant lui, donnant la possibilité à l'ennemi de l'abattre ? Mais Yukio ne montrait pas un signe de manque de détermination. Il avait déjà fait son choix. Il voulait continuer à progresser dans l'échelle et son frère en serait le prix. Il les avait trahis de toute façon, il était inexcusable.
Le jury demanda alors un peu d'attente pour qu'ils rendent leur jugement. C'est alors qu'un nouveau témoin apparut à la barre. On aurait plutôt dit qu'il venait pour dire ce qu'il avait vu peu de temps auparavant. Son souffle était encore court et il transpirait à grosses gouttes.
— J'ai vu Rin Okamura. Il était avec Amaimon, démon de la terre et général de Satan. (Bruits dans l'assemblée avant que le juge ne les ramène de nouveau.) Je l'ai alors attaqué comme sa tête est mise à prix. Je pensais qu'il serait facile à abattre comme il n'était qu'un apprenti exorciste… mais il s'est contenté de se défendre et de me mettre K.O. en quelques secondes. J'ai eu l'impression qu'il n'avait fourni aucun effort.
Yukio grinça des dents. Et merde. Si Rin avait progressé ce ne serait plus aussi évident. Est-ce qu'il était en ce moment en train de se former et de progresser alors que lui était piégé dans ce tribunal ?! Si Satan le formait, il était non seulement décidément perdu pour leur cause, mais aussi serait redoutable. Il n'avait pas prévu cela du tout, il fallait qu'il s'entraîne encore plus, il devait le surpasser. Il n'avait plus le choix.
Les yeux se tournèrent alors vers lui. Il savait que ça pouvait lui retomber dessus ou au contraire l'aider.
— Très bien, le juge prit enfin la parole, nous décidons dons qu'en ces conditions Yukio Okamura sera libéré sous condition. Il est le plus à même de connaître notre nouvel ennemi qui doit être abattu avant qu'il ne devienne trop dangereux. Monsieur Okamura, exorciste de classe dragon sera donc constamment entouré d'exorcistes jusqu'à nouvel ordre. Il devra faire les preuves de sa fidélité. Son titre de professeur est momentanément suspendu cependant. Angel se chargera de sa surveillance.
Il tapa de nouveau du marteau et annonça que le jugement avait été rendu. Derrière ses lunettes les iris du jeune exorciste innocenté s'assombrirent et croisèrent ceux, bleus, d'Angel. Bien-sûr, il voulait le surveiller personnellement. Il ne le décevrait pas et reprendrait bientôt son rang qui lui revenait de droit ! Il avait travaillé dur pour l'avoir et il ne le perdrait pas si facilement.
Il se leva alors et se dirigea vers la salle d'entraînement. Il devait rattraper son retard dans la course contre son frère.
~X~
A l'hôpital, pendant ce temps, Shiemi bougea légèrement dans son lit d'hôpital. Elle reprenait lentement conscience. Ses paupières frémirent, puis elle finit par en ouvrir une. Elle s'habitua à la lumière puis ouvrit la seconde. Où était-elle ? Elle était perdue… Les souvenirs revinrent alors un à un. Rin qui perdait le contrôle et qui la transperçait par maladresse. Ses larmes alors qu'il la tenait, à demie consciente. Et puis elle se souvenait aussi qu'elle avait voulu empêcher Yukio de tuer son frère. Et après, rien…
Elle devait les retrouver ! Elle devait leur dire qu'elle allait bien. Que tout s'était arrangé, qu'ils ne devaient plus s'en vouloir. Elle se sentait coupable d'être aussi coupable. Elle poussa alors sur ses coudes et ne put retenir un cri de douleur, retombant dans les oreillers.
— Shiemi ?! Tu es réveillée ?!
Une tête aux gros sourcils et aux cheveux violets apparut dans son champ de vision. Izumo… Elle n'aurait jamais pensé que ce serait elle qui serait présente à son réveil, signe qu'elle l'appréciait tout de même un minimum. Elle se sentit flattée. Mais dieu qu'elle avait mal !
— Izumo ? Je suis où là ? Et où sont Rin et Yukio ? Il faut que je leur dise que je vais bien, qu'ils ne doivent pas se battre.
L'amie de la jeune blonde détourna alors le regard. Bien sûr, elle n'était pas au courant de ce qu'il s'était passé après qu'elle se soit évanouie…
— Tu es à l'hôpital… Sans Yukio, tu serais morte d'une hémorragie, transpercée par Rin… D'ailleurs il… écoute je sais que ça va te paraître improbable, impossible, moi aussi je n'ai pas voulu le croire alors que je l'ai vu de mes propres yeux, mais… Il… Rin est parti dans les enfers avec Amaimon.
La bouche de la jeune femme s'ouvrit d'elle-même. Rin ? Parti avec les démons ? Le garçon si généreux qu'elle connaissait ? Son sourire éclatant de malice revint s'imprimer sur sa rétine. Non, ça ne pouvait pas. Et pourtant, l'attitude de sa camarade - amie désormais - prouvait que c'était la vérité. Elle mit un moment avant de bien capter l'information.
— Yukio quant à lui est en procès, ils déterminent s'il est un démon aussi ou non. (Elle sortit son portable). Ah apparemment il est relâché, mais toujours sous contrôle d'Angel. Et il veut tuer Rin de ses propres mains.
Shiemi lâcha un cri de surprise ! Tout ça était sa faute ! Il fallait qu'elle retrouve les deux et qu'elle les réconcilie ! C'était maintenant tout ce qu'elle pouvait faire pour eux.
Eh voilà, bon c'était sûr qu'elle vivrait sinon c'était pas drôle ! ;) est-ce que Rin va savoir faire avec sa vie de démon ? :) enfin bref vous saurez ça dimanche prochain normalement xD
n'hésitez pas à me laisser une review svp je n'arrive pas trop à écrire ces temps-ci :/ du coup vos impressions me feraient du bien :D
Beuzouilles ~
