Petit résumé : Alors là, il est pas de bonne humeur mon Drago… allez, c'est parti pour quelques révélations sur ce qui s'est passé, il y a maintenant sept ans…

Harry Potter et le mystère du Langue de Plomb

Chapitre 2 : Le directeur, la ministre et moi

(POV DRAGO)

Je voyais défiler des centaines de salons de maisons sorcières, beaucoup trop rapidement cependant pour que mes yeux aient le temps de visualiser convenablement les intérieurs coquets qui défilaient. Mon regard se stabilisa finalement sur la vieille et sombre cuisine des Black que je connaissais aussi bien que si c'était ma propre demeure. La vieille bâtisse avait changé de propriétaire si souvent ces dernières années que la vieille folle qui hantait le hall ne savait plus où donner de la tête. A la mort de Sirius, Harry en avait hérité. Elle était restée le repaire du Phénix et j'avais passé une grande partie de ma septième année entre cette maison et Poudlard. Puis, il y avait eu le combat final, la fuite de Potter et la maison était devenue celle de Mione. Harry avait donné le vieux manoir à la petite sorcière brune ébouriffée dans une lettre qu'il avait griffonnée à la hâte à Sainte Mangouste avant de nous laisser sans aucune nouvelle, sept ans sans rien, sans un mot… Je le maudissais pour cela. Je lui en voulais plus que je n'en aie jamais voulu à personne. J'étais le dernier à qui il avait parlé. Je croyais que je l'avais convaincu, qu'il allait vivre, qu'il allait surmonter cette épreuve au moins pour sa petite frangine, mais non, il l'avait laissée, seule, désespérée. Rem et moi avions ramassé les morceaux de ce petit cœur brisé. La seule chose qui me fasse sourire à cette pensée, c'est les cris de douleur de la vieille furie du hall de Grimmaurd : le portrait de la mère de Sirius avait failli mourir pour de bon en apprenant que la maîtresse de ce lieu était désormais une sang de bourbe. Je fus brusquement sorti de mes pensées par une voix que je reconnaissais entre mille :

« Drago ! Je croyais… Enfin, Charlie est passé, il y a quelques minutes. Tu ne devais pas venir !

- Salut patron !

- Drago, qu'est-ce que tu fiches là ?

- A ton avis…

- Tu sais que tu commençais à me faire peur. Pendant un bref moment, j'ai cru que tu appréciais désormais le fait d'enseigner aux courgettes, mollusques et autres Londubat de Poudlard. Heureux de voir que tu es revenu à la raison.

- Eh Moony, tout le monde peut se tromper et que serait le directeur de Poudlard sans son fidèle professeur de potion.

- Un homme en paix, Malefoy ! Un homme en paix !

- Très drôle, Moony, vraiment très drôle, venant d'une personne qui me harcèle depuis une semaine pour que je le suive comme un gentil toutou au procès de ma chère tata Bellatrix. Alors, Granger ! Quoi de neuf au ministère, section des sans défense et laissez pour compte.

- Bonjour à toi aussi Dray et pour ce qui est du ministère, c'est la routine habituelle. J'ai fait passer un nouveau décret concernant les elfes de maison mais Scrim continue de me pourrir l'existence.

- Percy est toujours à son service, je présume.

- Oui et sans vouloir critiquer le moins du monde Molly et Arthur pour qui je conserve la plus grande estime, je me demande encore comment ils ont pu engendrer un tel crétin !

- Oh ! Quelle est la dernière trouvaille de Weasmoche pour que tu te mettes dans un tel état ! Je t'ai rarement entendu parler de lui dans ces termes, même s'ils lui conviennent parfaitement !

- Il veut qu'on revienne sur le décret permettant aux loups-garous d'accéder à des fonctions administratives de premier plan.

- Autrement dit Granger, c'est une attaque personnelle de Scrim et ses sous-fifres qui vise ton cher et tendre mari de directeur. »

Moony éclata d'un rire franc et sonore à ma remarque sarcastique :

« Comme si Percy m'impressionnait le moins du monde ! »

A cette phrase, Mione fronça les sourcils et toisaassez méchamment son loup-garou. Cinq ans, et oui, déjà cinq ans qu'ils étaient ensemble. J'avais été le témoin de leur union. Il faut dire que l'un comme l'autre avait beaucoup perdu lors de la dernière année du règne de Voldemort. Quelques semaines après la mort du vieux fou, il y avait eu cette terrible attaque en plein mois de juillet, sur le chemin de traverse. Les membres du Phénix se retrouvaient souvent pour s'échanger des informations dans l'arrière boutique des Sorciers facétieux. Fred et Georges étaient devenus des espions, ô combien, précieux et actifs au sein de l'ordre. Avec toute la clientèle qu'il voyait défiler et leur contact privilégié avec des individus peu recommandables comme ce cher voleur de Mondingus, ils fournissaient des détails sur les agissements des mangemorts qui permettaient au Phénix de contrecarrer les attaques meurtrières du serpent. Il l'avait su et il y avait eu ce 20 juillet tragique et l'attaque des mangemorts en fin de journée contre la boutique de farces sorcières. Tonks, la fiancée de Moony, était morte ce jour-là, ainsi qu'un autre élève que je ne connaissais que de vue, Colin Creavey.

Je me souviens encore quand Sev m'a annoncé ce drame. Je me cachais encore de peur des représailles de Voldemort car j'avais échoué dans ma mission, à savoir tuer Dumby… Je ne pense pas qu'à un seul moment, ce cinglé de Voldy ait cru que je pouvais y arriver… Il voulait juste se venger de mon père et de son échec au ministère. Il ne pouvait pas l'atteindre car il restait à Azkaban et n'était pas pressé d'en sortir, vu ce qui l'attendait, alors, il avait prévu mon sacrifice. Jamais, je n'aurais pu tuer le vieux directeur de Poudlard et il le savait, je n'avais ni le cran, ni la force magique à cette époque… Malgré mon échec, Albus était bien mort, pas de ma main, mais, c'était mon parrain qui avait accompli les desiderata du psychopathe à cause du serment inviolable qu'il avait accompli avec ma mère. Par ma faute, la couverture de Severus était tombée. Enfin, c'était ce que croyait cette face de serpent albinos car ce dernier n'était plus son fidèle mangemort depuis une bonne dizaine d'années. Le vieux fou de Dumby avait tout organisé avec Sev, de sa mort jusqu'à ma planque loin du psychopathe. Oui, aussi fou que cela puisse paraître, Dumby se savait mourant et il avait demandé à Sev de le tuer le moment venu pour m'éviter de commettre l'irréparable. Le vieux cinglé avait confiance en moi, en mon honnêteté, même aujourd'hui, je n'arrive pas à me l'expliquer. C'est en parti pour ce geste que j'ai choisi le Phénix par la suite.

Notre septième année à Poudlard fut très difficile, les attaques contre les moldus et les sorciers du ministère se succédaient à un rythme effréné mais Potter avait réussi, il avait gagné face au serpent après avoir détruit les six horcruxes qui rattachaient le Seigneur des Ténèbres à la vie sur terre. Malheureusement dans ce combat final, son meilleur ami était mort en voulant protéger Mione d'un avada qui la visait. Le rouquin s'était écroulé sur le champ de bataille et ses deux meilleurs amis ne s'en étaient pas remis. L'un avait fui, l'autre s'était précipité dans un travail qui l'accaparait corps et âme. Après deux années d'étude du droit et de politique internationale, la petite sorcière brune était devenue la plus jeune ministre, chargée des relations entre les sorciers et le reste des créatures vivantes. Elle avait beaucoup œuvré pour l'amélioration des conditions de vie des elfes et elle s'était rapprochée de Rem peu à peu pour connaître toutes les difficultés posées aux loups-garous par la société sorcière. De réunion en réunion, de concertation en concertation, les deux brisés de cette guerre s'étaient consolés dans les bras l'un de l'autre. Ils s'étaient mariés et mine de rien composaient un des couples les plus puissants de notre monde avec d'un côté celle que la gazette de sorciers surnommait « la vice Scrim », à son plus grand désespoir, et de l'autre le nouveau directeur de la plus prestigieuse école de sorcellerie de Grande-Bretagne.

« Dray, Drago, à quoi penses-tu ?

- Je me disais juste que je n'étais pas prêt, pas prêt à revoir Bellatrix et que je n'aurais jamais dû t'écouter, comme d'habitude.

- Tu sais très bien que j'ai raison. De toute manière, j'ai toujours raison.

- Oh ! Madame je sais tout, on se calme… D'ailleurs à ce propos, à force de vous mêler de tout, je me suis encore sérieusement pris la tête avec Charlie.

- On sait, il nous l'a dit et tu lui dois des excuses.

- Bon, c'est bon, je sais, on verra ça plus tard, je crois qu'il est grand temps de se rendre au ministère, non !

- Oui, bien sûr Dray !

- Après toi ma petite puce ! Patron ! »

A suivre…