Merci à tous pour l'intérêt que vous avez porté au premier chapitre de cette histoire. J'espère que le suite vous plaira.
Bonne lecture,
DbZ0
PS : RAR des guests en bas
Flagrant délit et justifications
Les garçons se levèrent précipitamment et se regardèrent comme des ronds de frites avant que le fils du shérif, paniqué par ce qui venait de se passer, ne décide de se rhabiller. Les deux autres l'imitèrent et Stiles vint vers eux pour caresser leurs visages apeurés. Il leur demanda de rester ici, leur dit qu'il allait tout expliquer à son père et qu'ils ne devaient pas s'en faire, il les protégerait. Derek ne put s'empêcher de sourire de tendresse et Scott précisa pour eux qu'ils attendraient et assumeraient tout ce qui allait découler de ce qui s'était passé ici aujourd'hui.
Tout trois s'enlacèrent et dans un réflexe possessif, Derek vola les lèvres de Stiles pour lui offrir un chaste baiser. Quand il eut finit, Scott fit de même et les joues de Stiles s'empourprèrent d'espoir. Ses amis allaient devenir bien plus que ça et même si son père était rentré dans sa chambre, même s'il les avait découvert dans cette position malséante, même si tout cela lui faisait honte et l'humiliait, il ne parvenait pas à regretter. De leurs côtés, il semblait que c'était la même chose pour Scott et Derek et leurs cœurs battaient à l'unisson.
Après cette courte séance de papouilles réconfortantes, Stiles se décida à quitter sa chambre et l'appréhension commença à le gagner. Il entendit son père qui raccrochait le téléphone en bas et il descendit sans précipitation les escaliers menant au ré de chaussé. Quand il arriva dans le salon, il constata que son père occupait le fauteuil de Claudia. Il ne s'installait dedans que lorsqu'il était perdu et bouleversé. Le cœur de Stiles rata un battement et plus que mal à l'aise, il se racla la gorge.
― Papa, je… nous n'avons pas fait exprès, je…
Il s'interrompit quand Noah releva la tête pour lui destiner ce regard vitreux qui exprimait tant de désœuvrement. Il n'y avait pas de colère ou d'agressivité dans l'allure de son père, pourtant Stiles ne pouvait s'empêcher de craindre ses réactions. Il ne l'avait jamais vu aussi perdu, même après la mort de sa mère.
― Je crois avoir compris, même si tout ça me parait tellement improbable, soupira le père. Tu es un oméga c'est ça ? Et ça s'est révélé à toi aujourd'hui, devant eux ?
Son ton n'était ni accusateur, ni jugeur. En fait la question de Noah était sans conteste rhétorique. Bien évidemment qu'il avait assemblé toutes les pièces d'un puzzle si simple à comprendre. Stiles se tortilla de gêne. Il ne savait pas comment se comporter et son cœur tambourinait dans sa poitrine alors que la tête lui tournait. Il marcha lentement jusqu'au canapé et s'assit dedans. Il était étrange qu'il cherche à prendre le moins de place possible alors qu'il en était le seul occupant.
― Oui. J'ai déclenché mes chaleurs cet après-midi, quand nous faisions nos devoirs. On n'a pas fait exprès, je… c'était tellement subit, on était complètement paumé. Derek et Scott, ils… ils m'ont aidé.
Stiles tremblait presque sur place alors qu'il racontait succinctement comment les choses s'étaient déroulées et le dépit de son père ne l'aida pas à retrouver tout son habituel aplomb. Il se tritura les doigts tandis que l'homme devant lui visait le vide. Stiles se paralysa de surprise quand Noah se retourna vivement vers lui pour l'observer avec une intensité nouvelle.
― Ils t'ont violé ? demanda-t-il, une pointe de rage dans ses iris naturellement sévères
― Non ! s'exclama instantanément Stiles, qui se mit debout sous l'impulsion d'un réflexe autant incompréhensible pour lui que pour son interlocuteur. Comment tu peux croire ça ? Ce sont Scott et Derek, ils sont mes amis depuis la maternelle, ils… ils m'aiment.
Un peu paumé, il se rassit et son père l'examina drôlement, comme s'il cherchait à déterminer s'il lui mentait. Il déglutit et se força à fixer son père, à ne pas détourner le regard.
― Ils ne pouvaient pas résister à ce qui m'est arrivé, même s'ils ont essayé. Je te jure qu'ils ont essayés de se retenir de venir vers moi. Mais j'ai commencé à les vouloir, je… je les ai appelé, je leur ai demandé de s'occuper de moi. J'étais perdu, j'avais besoin d'eux, j'avais besoin qu'on m'aide. Ils m'ont apaisé et… et ça s'est bien passé.
Stiles bafouilla tout en rougissant. Expliquer ça à son père le rendait fébrile d'embarras et heureusement qu'il savait que l'homme qui l'avait élevé était plus compréhensif que ne le laissait sous-entendre son attitude, sinon il en aurait très certainement pissé dans le froc. Noah secoua la tête négativement et son visage exprima un scepticisme nouveau.
― Mais ni l'un ni l'autre ne sont des alphas, alors pourquoi ont-ils réagi à tes chaleurs et comment se fait-il qu'il y a des morsures prêt de tes deux épaules ? Je l'ai ai vues tout à l'heure, pourquoi t'ont-ils marqué ?
L'adolescent s'empourpra une nouvelle fois et baissa la tête pudiquement. Si son père était resté peu de temps dans l'encadrement de la porte menant à sa chambre, il avait saisi beaucoup de détails du tableau qui s'était offert à lui. Cela n'étonna pas le jeune. Son unique parent était un enquêteur naturel, il saisissait beaucoup de non-dits par l'entremise de l'observation pénétrante des faits. Stiles releva la tête et une réserve nouvelle prit possession de lui.
― Je n'en sais rien papa, je n'comprends rien de ce qui s'est passé. Je sais juste que Scott et Derek ont tous les deux été capables de me… de me nouer, dit Stiles alors que Noah écarquilla les yeux dans la stupeur que lui inspira manifestement cette affirmation.
― Non. C'est insensé, c'est du grand n'importe quoi. Un bêta et un gamma ne peuvent pas nouer un oméga. Seul un alpha le peut, on apprend ça en sixième, rétorqua Noah Stilinski qui se releva pour faire quelques pas dans le salon.
Tout ça le perturbait visiblement et si Stiles avait envie de le rassurer, il en était tout bonnement incapable puisque lui-même ne savait pas pourquoi tout ça était arrivé. Sa jambe gauche commença à s'agiter frénétiquement et il se mordilla la lippe avant de reprendre la parole.
― Je te dis qu'ils l'ont fait. Papa, ne m'en veut pas s'il te plait, supplia Stiles qui n'osait plus étudier les réactions de l'homme qui tournait en rond devant lui. Ne leur en veut pas, on n'pouvait pas faire autrement, renchérit-il, une pointe de désœuvrement dans sa voix rendus fragile de crainte.
― Toute cette dépravation, sous mon propre toit, pendant que je travaillais à maintenir l'ordre et la loi à l'extérieur…
― Ils m'aiment, je le sens qu'ils m'aiment. Ce n'était pas de la dépravation, ils ont pris soin de moi, Papa. Ne leur en veut pas s'il te plait, implora Stiles qui ne savait plus où se mettre. C'est de ma faute, c'est moi qui suis fautif. Je suis un oméga et j'ai eu une crise de chaleur. Personne ne s'en doutait et mes amis sont maintenant pris au piège, à cause de moi, dit-il d'une voix vibrante de culpabilité.
Stiles commença alors à sangloter et Noah se figea d'appréhension. Il ravala sa salive et revint s'assoir dans le fauteuil que sa défunte femme avant tant apprécié. Il se désempara devant la détresse de son enfant et ne sut plus quoi dire ou quoi faire. Bien sûr que Stiles était complètement paumé, ce qui lui était arrivé aujourd'hui dépassait l'entendement. Le jeune continua de pleurer et son père se mit à parler comme si cela allait dissiper cette atmosphère pesante qui régnait dans le salon de la maison Stilinsky.
― Les médecins scolaires n'ont jamais rien détectés. Ils ont dit que tu étais un humain lambda, comme ta mère, de ceux qui n'ont même plus une trace de gènes lycanthrope dans leurs patrimoines. C'est ce que tes tests révélaient quand tu étais bébé et cela a été confirmé quand tu es rentré au collège. Comment ont-ils pu passer à côté du fait que tu étais un oméga ? Ils disent pourtant que leurs contrôles sont fiables à cent pour cent. C'est ridicule. Tu as seize ans, logiquement, tu aurais dû avoir tes premières chaleurs il y a au moins trois ans. C'est absurde, rien ne colle avec ce qu'on nous enseigne sur les omégas, rien, discourut Noah qui essayait de trouver quelque chose de rationnel dans cette révélation incongrue.
L'énoncé des faits en leur connaissance eut tout de même l'avantage de calmer Stiles. Il contempla son papa qui tentait de résoudre l'énigme qu'il était devenu pour lui et il s'en voulut d'instiller tant de confusion dans l'esprit de l'homme qui avait pris soin de l'élever, de lui enseigner la vie. Noah arrêta son regard sur son fils et la lueur d'incrédulité dans ses prunelles se mua en résignation.
― Pourtant, ton odeur et la leur, quand je les ai senties, j'ai su…
― Tu m'en veux ? l'interrompit Stiles dont l'attitude était à une soumission qui ne lui ressemblait pas du tout.
― Pourquoi je t'en voudrais ? Bien sûr que non, fils, répondit immédiatement Noah qui prit sa tête entre ses mains et fit preuve de son atterrement. Ce n'est pas de ta faute si tu es un oméga, et ce n'est pas celle de Derek Hale ou de Scott Mc Call s'ils ont répondu à tes phéromones. Tu as raison, même si c'est difficile à accepter.
L'adulte redirigea son attention sur son gamin et toutes ses mimiques exprimèrent une affection débordante.
― J'ai peur Stiles, pour ton avenir, souffla l'homme, affaiblit d'incertitudes. Je ne sais pas comment je vais pouvoir te protéger maintenant et ça me terrifie, dit-il avant de déglutir. Je ne t'ai pas appris à te défendre ou te méfier des alphas autour de toi. Tu n'étais pas censé devenir leur proie, ajouta-t-il alors que sa voix se fit subitement agressive.
L'homme fronça les sourcils et se redressa pour regarder évasivement vers la fenêtre. Toujours vêtu de son uniforme de shérif, cela lui conférait une assurance qu'il n'éprouvait pourtant pas du tout à cet instant. Stiles se contenta de contempler cet homme qu'il avait admiré toute sa vie et il ne put s'empêcher de le trouver beau alors que tant d'inquiétudes émanaient de lui.
― J'ai contacté la mère de Derek, elle va arriver d'un instant à l'autre. Mélissa est encore à l'hôpital, mais elle viendra dès qu'elle le pourra, annonça l'adulte qui redirigea toute son attention sur son fils.
Stiles se retrouva à acquiescer mécaniquement, sans savoir pourquoi il agissait ainsi, parce qu'il paniqua littéralement lorsqu'il saisit le sens de cette information. Une boule se forma dans sa gorge et il ne parvint plus à parler, craignant seulement l'évolution des circonstances. Il avait contribué à mettre un beau merdier et désormais, Scott et Derek allaient avoir des ennuis à cause de sa nature d'oméga nouvellement révélée. Il s'en voulait tellement et en même temps, il n'arrivait pas à regretter que ses amis aient été là pour le préserver de longues et douloureuses chaleurs.
― Il faut que nous parlions de ce qui vient de se produire ici et de ce que ça signifie pour la suite, même si c'est vraiment embarrassant, renchérit Noah qui tentait de rester maître de la situation. Je vais devoir implémenter ton nom au registre des omégas du comté et… je n'ai pas envie de penser à tous ces droits que tu vas perdre parce que tu as eu la malchance de naître avec cette hérédité-là, se plaignit le shérif qui sembla soudainement dépassé. Comment je peux te protéger de nos lois alors que je suis censé les faire appliquer ? Je t'ai toujours voulu libre mon fils et tu ne pourras plus l'être désormais, cracha-t-il alors que Stiles écarquillait les yeux.
Tous les changements qui se profilaient pour l'ado le fustigèrent sur place. Il n'avait pas entrevue la moitié des problèmes dont son père était en train d'évoquer les répercutions. Non, à son niveau, il n'avait vu que le contentement que lui avaient offert ses amis, le fait qu'ils catalysent généreusement les pulsions que son corps lui avait imposé. Quand il se rendit compte de l'ampleur réelle que revêtait son éveil d'oméga, la panique s'infiltra en lui comme un poison vicieux et brulant.
― Papa… dit-il alors qu'il perdait son sang-froid et tremblait de la tête au pied.
Il n'arrivait plus à respirer normalement et son cœur martelait à vive allure, suivant le rythme d'une chamade affolée qui lui faisait tourner la tête. Stiles écarquilla les yeux d'effroi. Il était à deux doigts de tomber dans les pommes tant il était submergé par une tyrannique montée de lucidité.
Noah comprit que son fils cédait à la peur et s'embourbait dans les prémices d'une crise d'angoisse. Il s'accroupit devant lui pour lui caresser le visage avec une infinie douceur.
― Viens-là Stiles, dit-il en forçant son garçon à se blottir dans ses bras puissants.
Il le sera tout fort contre lui et le jeune se mit à pleurer dans son cou. L'homme l'enlaça tendrement et baisa ses joues, son front. Il lui prodigua de l'affection comme si Stiles était redevenu un marmot qui prenait conscience de la vie et des dangers de l'existence. C'était peut-être un peu le cas d'ailleurs. Stiles se gava de l'odeur musquée et chaude de son papa. Il avait besoin d'être rassuré et cela fonctionnait.
― Personne ne savait papa, personne. Nous n'avons pas compris tout ça, sanglota de nouveau le jeune oméga.
Noah continua de l'enlacer et il le souleva pour se remettre debout. Stiles ne voulait plus le lâcher et se pelotonna contre son torse. Le shérif ne retint pas son sourire, autant attendrit qu'anxieux, alors qu'il baisait de nouveau le front de son fils.
― Tes amis ne se sont pas sauvés et sont toujours en haut ? demanda-t-il, forçant Stiles à revenir à la réalité.
― Oui, répondit laconiquement le jeune qui parvint à se calmer.
― Va prendre une douche et dis leur d'en faire de même, préconisa le père, d'un ton doux et compréhensif. Préviens-les qu'on va avoir une grande discussion. Il faut clarifier tout ça et voir comment on va s'organiser pour faire face, ensemble.
Stiles hocha de la tête et revint se lover une dernière fois dans les bras de son père.
A suivre...
RAR des guests :
GetOutScott : Je ne comprends pas cette critique négative que tu me destines sans recule. Tu ne lis que le synopsis de cette histoire et cela te permet d'estimer que la qualité du récit est inférieure à ce que tu as déjà lu de moi ? Etrange manière de voir les choses. De plus, je n'ai jamais prétendu me restreindre à écrire uniquement du Sterek. J'avais envie de raconter une histoire entre trois garçons et je ne vais certainement pas censurer mon imaginaire pour continuer de te plaire.
Je voulais relater quelque chose qui change de l'ordinaire et des codes binaires de la romance. Que cela ne te plaise pas, c'est ton droit. Que tu n'aies pas envie d'aller plus loin que le résumé parce que le sujet te révulse, c'est ton problème. Mais je ne vais sûrement pas m'excuser de te décevoir, quand tu choisis de me juger plutôt que de garder un esprit ouvert, vierge de prise de position moralisatrice.
Les trouples existent dans la vraie vie et ces gens ont autant le droit que toi ou moi d'avoir des fictions pour porter et exprimer l'idéal amoureux qui les anime. Sur ce, je te souhaite tout de même une bonne continuation.
Elendil : Merci pour ton appréciation. J'espère que ce chapitre t'aura satisfait. Dans tous les cas, ton commentaire m'a fait très plaisir.
Clmence : Oh tes mots me touchent vraiment. J'espère que le deuxième chapitre continuera de te laisser penser que cette histoire a du potentiel. Merci d'avoir pris le temps de me laisser tes impressions. Bien à toi.
