Chapitre 2

Yama se tendit alors que le capitaine passait devant lui. Le jeune homme avait accouru sur le pont principal, complètement affolé, et il lui avait raconté ce qu'il s'était produit.

- Capitaine ! Je suis désolé, murmura Yama.

- D'après ce que tu m'as raconté, Harry nous a été enlevé par magie. Tu n'aurais rien pu faire, Yama, répondit Harlock. Que chacun regagne son poste, ordonna alors le corsaire, Yattaran, nous prenons la direction de la cité. Magia pourra peut être nous dire où est Harry.

- A vos ordres !

X

Le quai était bondé en ce matin de rentrée scolaire. Le train allait bientôt partir et Lily donnait les dernières recommandations à son fils sous les pouffements de ses amis. Ce dernier ne se fâchait jamais de l'affection de sa mère, lui qui n'avait pas pu en profiter pendant sa première vie. Finalement le contrôleur cria que le train allait partir et Harry embrassa une dernière fois sa mère avant de monter rejoindre ses amis.

Rapidement tous se racontèrent leurs vacances et puis émirent des hypothèses sur ce qui allait encore leur arrivé cette année, ou plus particulièrement ce qui allait arriver à l'un d'entre eux. Harry eut un léger sourire en entendant ce commentaire qui lui était adressé. Lui savait ce qui allait arriver cette année et il comptait bien en profiter pour éliminer définitivement Voldemort à la fin de cette année.

En espérant qu'il aurait récupéré assez de ses pouvoirs de porteur. En effet, non content de lui avoir prit sa famille, les sorciers qui avaient pratiqué le rituel, avaient rendu son corps trop faible pour qu'il puisse utiliser les pouvoirs de Fëanor. Il avait donc du attendre plusieurs années avant de pouvoir réutiliser les pouvoirs de base de son dragon. Bien sur, il avait du réapprendre à se servir de la magie sans baguette. Maintenant il avait plus de contrôle sur sa magie, même s'il n'arrivait toujours à voler avec les flammes de Fëanor.

Lorsqu'il aurait mis la main sur ceux qui avaient pratiqué le rituel, il allait leur faire passer un sale quart d'heure. James Potter faisait partie de ces hommes, Harry en était sûr, bien qu'il n'avait pas de preuve, mais lui il se le gardait pour la fin.

Il était de notoriété publique qu'Harry ne permettait pas que l'on touche à ses amis ou à sa famille, et James Potter avait blessé sa mère par son divorce et par les accusations calomnieuses qu'il avait fait courir sur elle.

Ce fut une choco-grenouille lancée sur lui qui le fit revenir à la réalité.

- T'était parti loin, là, nota Blaise en l'observant avec inquiétude.

- Désolé, soupira Harry, de vieux souvenirs.

- On arrive bientôt, nota Hermione.

C'est avec galanterie que les hommes quittèrent le compartiment le temps que les femmes puissent se changer puis ils inversèrent. Le train s'arrêta finalement à la gare de Pré-au-lard et ils prirent les calèches pour rejoindre le château. Harry observa le château alors qu'il approchait, si autrefois il avait pu voir la vieille bâtisse comme étant sa maison, maintenant la seule maison qu'il avait dans son cœur était l'Arcadia.

Il laissa Hermione rejoindre sa table et se rendit à celle des Serpentards, où il s'installa avec Draco et les autres. Le directeur Dumbledore se leva pour commencer son discours :

- Mes chers enfants, cette année, un événement exceptionnel va avoir lieu à Poudlard. Cette année, Poudlard a été choisi pour être l'école qui accueillera le tournoi des trois sorciers.

Harry se retînt de lâcher un soupir de lassitude parce qu'il savait qu'il allait devoir participer à ce foutu tournoi, c'était une obligation pour lui, s'il voulait détruire Voldemort définitivement. Mais ça ne voulait pas dire qu'il allait être ravi de cela. Il jeta ensuite un coup d'œil à leur professeur de défense contre les forces du mal : Maugrey Fol Œil, enfin du moins le faux Maugrey Fol Œil.

- Qu'est-ce que tu en penses Harry ? demanda Pansy en le sortant de ses pensées.

Harry s'aperçut alors que Dumbledore avait fini son discours et que les plats étaient apparus.

- Et bien, j'ai déjà entendu parler du Tournoi des trois sorciers et si mes souvenirs sont exacts, il a été arrêté parce qu'il y avait eu trop de morts.

- C'est pile pour toi ça, ricana Draco, vu le nombre de personnes qui veut te voir mort.

- Je ne sais pas si je dois être inquiet par votre indifférence concernant ma mort ou si je dois être touché par votre confiance que je m'en sorte vivant, soupira Harry faisant rire les personnes l'entourant.

- Tu es le survivant après tout, lâcha Blaise dans un rire.

- Jusqu'au jour où je ne survivrais plus, c'est ça ?

- Exactement, pouffa Draco. Mais plus sérieusement, on te côtois tous les jours et si quelqu'un ici peu réussir ce tournoi alors c'est toi.

- Donc j'imagine que ça ne choquera personne si mon nom est choisi ? demanda Harry.

- Tu vas participer ? demanda un Serpentard de dernière année.

- Je ne compte pas m'inscrire, non. Je risque déjà suffisamment ma vie dans cette école chaque année sans en plus chercher volontairement les problèmes.

Cette remarque attira d'autres rires et des acquiescements de la part de ses camarades. Harry ne leur avait rien caché de ses petites aventures et franchement on aurait pu penser que l'école réputée la plus sure ne serait pas celle où l'un des leur risquait sa vie tous les ans.

- Et du nouveau prof, vous en pensez quoi ?

- Il m'a l'air d'être complètement fou, répondit Blaise. Où il va les chercher ses prof de DCFM à votre avis ?

- Dans l'aile psychiatrique de Sainte Mangouste, répondit un autre Serpentard.

Les autres acquiescèrent doucement alors qu'Harry posait de nouveau son regard sur Fol Œil pour s'apercevoir que celui-ci l'observait avec attention. Harry se souvenait sans mal des cours de DCFM de quatrième année et il était plutôt bon, ce qui était assez contradictoire avec le fait qu'ils avaient été donnés par un mangemort sous polynectar. Bien, il s'occuperait de ce mangemort à la fin de l'année.

Une fois le repas finit, Harry suivit ses camarades dans la salle commune des Serpentards où le professeur Rogue les rejoignit pour les dernières recommandations avant le début de l'année.

- Montrez-vous particulièrement prudent autour du professeur Maugrey. Il ne laissera rien passer aux Serpentards. Et ça vaut surtout pour vous, Mr Evans. J'ignore ce que ce vieux fou vous veut, mais il ne vous a pas quitté du regard de la soirée.

- Ne vous inquiétez pas pour moi, monsieur, je sais me défendre.

- Contre vos petits camarades je n'en doute pas, Monsieur Evans, mais là je vous parle d'un sorcier adulte et pleinement entrainé. Soyez prudent.

- Bien, monsieur, acquiesça Harry.

Harry observa le professeur Rogue sortir de la salle commune. Il lui avait fallu du temps pour arriver à une entente cordiale avec l'homme. Bien que le reniement de Potter, à la suite de sa répartition à Serpentard, ait arrangé quelque peu les choses. Ce fut en fait l'intérêt qu'Harry portait aux potions qui avait déridé le professeur Rogue.

Il faut dire que le fait de découvrir que certaines potions pouvaient être utilisées sur les moldus, avait poussé le jeune homme à s'améliorer dans cette branche de la magie. D'ailleurs s'il avait d'aussi bon résultat dans la plupart des matières, c'était parce qu'il espérait pouvoir être plus utile à bord de l'Arcadia. Ainsi, excellait-il en métamorphose, enchantements, DCFM, botanique, rune (qu'il avait prit comme option en troisième années) et bien sur potion. Sans oublier les sorts de médicomagie que Mme Pomfresh se faisait une joie de lui apprendre à chacun de ses passage à l'infirmerie. Bref, il était considéré par beaucoup de ses professeurs et de ses camarades comme étant un génie, ce qui le faisait doucement rire, lui qui ne faisait cela que pour sa famille.

Harry suivit ses camarades jusqu'aux chambres. Dans la maison Serpentard, il fallait malgré tout respecter un certain standing, ainsi au lieu d'un dortoir commun pour une même année, les Serpentards bénéficiaient d'une chambre pour deux. Chambre qu'Harry partageait avec Draco.

Il entra dans la chambre et se dirigea en premier vers la salle de bain pour se préparer pour la nuit. Mais comme à chaque début d'année, il ne put se résoudre à aller se coucher tout de suite. Draco le trouva installé sur le rebord de leur petite fenêtre qui donnait sur le lac et comme tous les ans le blond put voir la tristesse et la nostalgie profonde dans le regard de son camarade.

La première année, il avait questionné Harry sur son humeur pendant plusieurs jours, mais maintenant il savait que le jeune homme ne lui répondrait pas. Il ne l'avait plus jamais interrogé sur ses humeurs de rentrée. Pourtant cette année allait être différente, Draco le sentait. Son camarade était plus souvent perdu dans ses pensées que les années précédentes.

- Harry ? demanda prudemment le jeune Malfoy.

- Hum ?

- Je te promets de ne te poser la question qu'une seule fois, mais est-ce que ça va ?

Harry tourna la tête pour poser son regard sur son camarade puis il lâcha un soupir de lassitude.

- Tu ne comprendrais pas, répondit calmement le jeune Evans.

- Essaye, proposa Draco avec un froncement de sourcils.

Son camarade l'observa alors de manière plus intense qu'à l'accoutumé et Draco eut l'impression qu'il lisait dans son âme.

- Ma famille me manque, soupira Harry.

- Tu viens de quitter ta mère i peine quelques heures. Je sais que vous êtes proche, mais là ça devient limite malsain.

Harry lui envoya son oreiller dans la figure tout en le foudroyant du regard sous les pouffements de Draco.

- Tu n'écoutes pas, marmonna Harry. Je t'avais dit que tu ne pourrais pas comprendre.

Draco pencha doucement la tête sur le coté, observant Harry retourner à sa contemplation des étoiles. Il devait en parler aux autres plus tard. Il y avait un mystère là-dessous et leur petite bande était douée pour résoudre les mystères.

A moitié endormi Draco réussit quand même à distingué le murmure de son camarade.

- Tu me manques papa, toi et l'équipage de l'Arcadia. Mais je te promets de trouver un moyen de rentrer à la maison.

L'Arcadia ? L'Equipage ? Le mystère venait de s'épaissir.

Harry observa son camarade dormir avec tristesse, lui n'arrivait plus à dormir de manière aussi sereine. Plus depuis qu'il avait été en âge d'être battu par son oncle. Les seules nuits où il arrivait à trouver un semblant de sérénité, c'était lorsqu'il était à bord de l'Arcadia, avec la cape de son père sur les épaules. Un jour il retrouverait tout ça, c'était une promesse qu'il avait faite à son capitaine et les pirates de l'Arcadia tenaient toujours leurs promesses.