New York, dans le quartier de Manhattan, villa Anderson, 7h59 A.M., 5th September 2012.
« Je n'étais sorti que de mon lycée, un peu plus tard que d'habitude, certes, mais je n'avais rien fait de mal. Ah, si. J'étais GAY. Et je le suis toujours. Apparemment, personne ne les aime. »
Blaine se répétait rarement cela. Il ne demeurait pas contre ce qu'il était, bien au contraire. Il s'appréciait, ses amis aussi d'ailleurs. Mais à chaque fois qu'il retouchait à sa cicatrice encore voyante dans sa nuque, malgré le fait que son agression date d'un an et demi, la colère remontait à la surface. « Pour qui se sont-ils pris ? Pourquoi moi ? Je ne leur voulais rien. Je me cachais. Longeais les murs, me faisait encore plus petit que la taille dont je disposais, se dit-il après. »
Son ancien lycée ne lui manquait pas du tout. Les brutes y étaient peu, cinq ou six, mais elles étaient incroyablement imposantes. « Pas de quoi tomber amoureux, rigola-t-il. Pfff... Il faudrait un peu que j'arrête de me faire du «mouron» pour ça. »
Après quelques minutes à profiter de l'eau chaude coulant sur sa peau, le jeune homme sortit de sa douche. Il prit une serviette posée sur une chaise pas très loin de lui, l'enroula lâchement autour de sa taille et se dirigea vers le miroir. Il regarda ses cheveux, passa une main rapide dans sa boule de boucles brunes pas trop rebelles, et soupira. « Au moins, je suis moins amoché qu'avant. » Il alla vers la sortie, et attrapa à la volée le gel posé sur une étagère à côté de la porte. Il fit une dizaine de pas et s'arrêta.
- Oups.
Le bouclé revint et arrière et déposa sa main sur l'interrupteur.
-Click-
Il fit un sourire en coin et repartit vers sa chambre. « Je deviens VRAIMENT maniaque. Ma mère, celle-là... ». En sifflotant un air de chanson, Restless Heart Syndrome de Green Day. il arriva ensuite devant sa chambre à coucher et ouvrit la porte. Elle était dans les tons sombres, noir et gris ; avec un vaste bureau à la droite de l'entrée, un lit en baldaquin blanc et grisâtre à gauche, un tapis rectangulaire noir devant lui et un DRESSING rien qu'à lui au fond de la pièce.
Il traversa sa chambre et se rendit à l'intérieur. D'un côté, il y avait chemises, tee-shirts, pulls et nœuds papillons -Blaine avait une passion folle pour ces nœuds- soigneusement pliés. De l'autre, pantalons et boxers s'emmêlaient les pinceaux. Les chaussures se trouvaient en face du brun, disposées dans des étagères «trouées» par des blocs.
Malgré le fait que dans la partie des hauts tout était bien mis, le jeune homme ne semblait pas être un «fan» de rangement. Le garçon réfléchit, et après quelques essayages préparés dans sa tête, se décida pour un pantalon noir serré, un tee-shirt blanc et noir style marinière, un nœud papillon noir à rayures blanches des mocassins tout aussi noirs. Blaine enfila sa tenue, sortit rapidement de la pièce et regarda sa montre.
8H47 A.M
Les yeux lui sortirent de la tête. Il commençait dans trois quarts d'heure et il habitait à une heure de son lycée!
- Mincemincemince, cria le jeune homme en descendant les énormes escaliers de sa maison. Je suis à la bourre ! … Mon gel ! En les remontant.
Le bouclé prit son tube de gel posé sur son bureau et sa veste en cuir qu'il avait aussi oubliée.
- Maman ! dit le garçon en arrivant aux bas des escaliers, dans son salon.
- Oui chéri ? répondit la douce voix de sa mère.
- Je n'ai pas le temps de manger !
- Quoi ? Mais... Je t'avais fait un super petit déjeuner... Comme tu aimes...
- Maman, répéta Blaine en rentrant dans la cuisine avec son gel. Je n'ai plus dix ans comme même. J'en ai six de plus ! Tes repas sont succulents, menu du soir comme du matin, mais là... J'ai vraiment pas le temps.
Il se plaça devant un miroir accroché au mur près du frigo, et étala son « liquide capillaire » sur ses cheveux.
- Bon... Si tu le dis, soupira la mère de Blaine en levant les yeux. B-B-Blaine ! Arrête de mettre autant de gel ! Tu caches tes magnifiques boucles. Tu auras l'air peut-être, plus « naturel », insista-t-elle.
- Qu'est-ce que tu entends par là ? Que je ne suis pas normal, c'est ça ?
- Mais si, bien sûr que si ! C'est juste par rapport à tes cheveux... soupira-t-elle plus intensément. Laisse tomber. Vas à tes cours, petit chenapan.
- Quoi ? l'interrogea-t-il en levant un sourcil.
- Pas grave. Mais, mais, maiiis... Prends AU MOINS ceci.
Elle lui tendit un sachet cartonné. Blaine le prit leva encore une fois ses sourcils en signe d'interrogation, regarda à l'intérieur du paquet et s'affaissa sur lui-même. Il eut un demi-sourire et dirigea ses yeux en direction de la jeune femme.
- Fallait pas... Des -
- Oui, je sais, des gaufres. Je suis une mère très expérimenté depuis le temps que je vous ai Cooper et toi. Maintenant il n'y a plus que ta petite bouille - Blaine grimaça - mais tout de même, dit-elle gentiment en faisant un clin d'œil. Dépêche-toi de partir ! Vite ! s' exclama-t-elle.
- Mais c'est toi aussi... pouffa Blaine.
Il sortit en vitesse de la cuisine, prit son sac étalé - fermé, heureusement - par terre et alla dans le hall.
9H03 A.M.
Le garçon n'avait plus qu'à peine une demie-heure pour se rendre à son lycée.
- Tu prends ta voiture ? hurla sa mère de la cuisine pour que son fils l'entende.
- Pas le temps ! Y a trop de circulations à cette heure-ci!
Il ne lui restait plus qu'une seule solution. Faire un sprint. Et c'est ce qu'il fit. Il ouvrit la porte d'entrée, alla à l'extérieur, passa à côté d'une Alfa Roméo noire - sa voiture - et descendit l'allée de la villa.
Pendant ce temps-là, la femme, dans la maison, priait.
- Dieux soient loués, faîtes qu'il ne lui arrive rien. J'ai une entière confiance en vous. Et vous savez pourquoi.
