Harry se réveilla avec un soupir. Aujourd'hui était un jour bien pire que les autres puisque c'était l'anniversaire de son cousin, Dudley.
« Harry ! Viens ! Tu peux m'aider avec les œufs ! »
C'était la voix de sa tante Petunia.
« Oui, » répondit Harry. « J'arrive. »
Il alluma sa petite lampe et trouva quelque chose pour s'habiller. Il n'avait beaucoup d'espace dans son placard, mais cela suffisait.
Cinq minutes plus tard il était dans la cuisine et s'occupait du bacon pendant que la tante Petunia et l'oncle Vernon montraient ses cadeaux à leur fils. Harry essaya de l'ignorer. Il ne recevait jamais de cadeaux. Ou au moins pas les choses qu'il voulait vraiment avoir.
« Il n'y a que trente-six cadeaux ! » hurla Duley. « L'an dernier j'en ai eu trente-sept ! »
Harry roula ses yeux. Il ne pensait même pas avoir reçu trente-six cadeaux pendant toutes ces années chez les Dursley.
Il était en train de s'asseoir quand la sonnette retentit.
« Tu attends quelqu'un ? » Les yeux de l'oncle Vernon se fixèrent sur Harry. Comme toujours, Harry était le premier suspect si quelque chose n'allait pas comme les Dursley l'avait imaginée.
Harry secoua la tête. Personne ne lui avait jamais rendu visite. Il n'avait pas d'amis. Les autres élèves dans sa classe avaient trop de peur de Dudley et de ses copains pour se risquer à devenir ami avec Harry.
« Peut-être c'est Pierce, » suggéra Dudley.
La tante Petunia et l'oncle Vernon échangèrent un regard et finalement Petunia se dirigea vers la porte.
Harry n'y faisait pas trop attention.
Avec les Dursley distraits, il pourrait bien voler un peu plus de bacon. Ils ne le faisaient pas vraiment jeûner mais il ne pouvait jamais manger autant qu'il le voulait.
« Qu'est-ce vous voulez ? » demanda Petunia et Harry remarqua que sa voix était étrange. Elle était plus haute que d'habitude.
« Tu ne te souviens pas de moi, Petunia ? » La voix qui répondait était inconnue d'Harry, mais elle lui donna la chair de poule.
« Non, » répondit Petunia courtement. « Puis-je vous demander de partir ? Vous devez vous tromper d'adresse. »
L'homme écuma. « Je n'ai pas de temps pour ces jeux. Alors où est le garçon ? »
A ces mots, l'oncle Vernon décida d'intervenir. Il se leva de sa chaise et marcha vers le couloir. Harry le suivit. Cet homme avait l'air bien plus intéressant qu'un peu de plus de bacon.
L'inconnu avait de longs et gras chevaux noirs. Il était de la même taille que Petunia mais pour une étrange raison il avait l'air de la dépasser. Ses yeux étaient presque complètement noirs, et son regard fixé sur Petunia semblait être capable de traverser sa peau.
Les vêtements qu'il portait étaient vieux et pour une raison, qu'Harry ne comprenait pas, il avait l'impression que l'inconnu portait quelque chose différente d'habitude.
« Qu'est-ce vous voulez ? » dit l'oncle Vernon. « Je préférais que vous ne dérangiez pas ma femme. Et surtout pas notre fils. C'est son anniversaire aujourd'hui et je souhaite que vous nous laissiez tranquille ! »
Harry pouvait dire que l'oncle Vernon était prêt à fermer la porte au visage d'homme inconnu, mais ce dernier ne fit que sourire.
« Je ne parle pas de votre fils, Monsieur Dursley. Je parle d'Harry Potter. »
Harry recula un pas. Il parlait de lui ? Comment c'était possible ? Avait-il fait quelque chose ?
L'oncle Vernon sembla avoir eu la même idée. « Qu'est-ce tu as fait, garçon ? »
Harry qui aurait voulu être partout sauf en cet endroit fis un pas dans le couloir. « Rien, je pense. »
Il pouvait sentir les yeux de l'inconnu le regarder de haut en bas.
« Alors, c'est lui, » dit l'inconnu enfin. « Le fameux Harry Potter. »
Fameux ? Harry voulait éclater de rire. L'homme inconnu devrait se tromper ! Il n'était pas fameux ! Personne ne le connaissait !
Un sourire avait dû le trahir, car l'inconnu plissa son front et dit :
« Vous me trouvez amusant, monsieur Potter ? »
« Non ! » dit Harry vitement. « C'est seulement que vous devez vous tromper. Je ne suis pas fameux ! »
Quoi que l'inconnu attendît comme réponse, ce n'était pas ça. Il se tourna une nouvelle fois vers Petunia.
« Qu'est-ce que tu lui as dit ? »
« La vérité ! » répondit Vernon avec détermination. « Et si c'est pour lui dire des bêtises, vous pouvez sortir immédiatement ! »
« La ferme, Dursley! » la voix de l'inconnu était calme, mais ses yeux pétillaient.
« Nous lui avons dit la vérité. Ses parents sont morts dans un accident de la route ! » dit Petunia et il y avait de la panique dans sa voix.
L'inconnu écuma. « Vous l'avez cru ? » demanda-t-il, en se tournant vers Harry qui ne savait pas ce qu'il devrait répondre.
« Vous avez cru que des sorciers pouvaient mourir dans un accident de la route ? »
« Des sorciers ? » répéta Harry. L'inconnu devait être fou.
« Je vous interdis de lui parler de ces bêtises ! » hurla Vernon.
« J'ai dit, la ferme, Dursley ! » Tout à coup, il y eu une baguette en bois dans la main de l'inconnu. Ce n'était pas exactement une batte mais l'oncle Vernon recula et Harry pouvait très bien le comprendre. Cette baguette avait l'air très dangereuse.
« Viens. » La voix d'inconnu ne tolérait aucune protestation et Harry le suivit dans le salon.
« Alors, monsieur Potter, qu'est-ce que vous savez de vos parents ? » demanda l'homme après qu'ils se soient installés sur le canapé.
Les Dursley restaient dans le couloir.
« Ils sont morts alors que je n'avais qu'un an. Je ne me souviens pas d'eux. »
Harry mordilla ses lèvres. Il voulait bien savoir qui était cet homme mais il avait trop peur pour le demander.
« C'est tout ? » L'homme sembla surpris. « Vous ne savez pas ce qu'ils étaient ? »
Harry ne comprenait pas vraiment la question. « Ils étaient des chômeurs. » dit-il enfin.
Il pouvait dire que la réponse ne plu pas l'homme aux cheveux noirs.
Il regarda Harry de haut en bas encore et Harry avait l'impression que ce regard perçait sa peau.
« Vous n'en savez rien ? Rien du tout ? »
Le regard d'homme vacilla vers Petunia qui se cacha derrière son mari.
« Alors, Potter. Vos parents étaient des sorciers. Ils n- »
« Des sorciers ? » Harry savait qu'il était une mauvaise idée d'interrompre l'inconnu mais il ne comprenait pas. « Les sorciers comme dans un cirque ? »
L'homme écuma. « Non, pas comme dans un cirque. Je parle de la vraie magie. »
« Mais une telle chose n'existe pas ! » Il sembla qu'enfin l'oncle Vernon avait retrouvé son courage. « Il n'y pas de magie ou de sorciers ! »
La fureur se raviva dans les yeux de l'inconnu. « Combien de fois il faut que je vous le dise ? La ferme. Silencio. »
L'inconnu brandit sa baguette et quelque chose très curieux se passa :
L'oncle Vernon n'arrêta pas bouger ses lèvres mais aucun son ne s'en échappèrent.
« Qu'est-ce que tu as fait, Severus ? » hurla Petunia avec la même panique dans la voix que celle qui apparaissait sur le visage de son mari.
« Oh, maintenant, tu te souviens de mon nom. » L'homme, Severus, leva un sourcil en ricanant. « Je vais annuler le sort quand je partirai. »
Il se tourna vers Harry une fois encore. « Vos parents étaient des sorciers. Et non Potter, je ne parle pas de tour de passe-passe où d'autres trucs grossiers que les Moldus considèrent comme magie. »
Harry hocha lentement la tête. Il n'était pas sûr de savoir quoi penser de tout ça.
« Et qu'est-ce que c'est ? Les Moldus ? »
Severus plissa le front. « Vous n'en avez vraiment jamais entendu parler ? »
« Non. » Harry secoua la tête. Il était très sûr que le mot « Moldu » n'avait jamais été prononcé par les Dursley et il ne l'avait jamais entendu à l'école aussi.
« Les moldus sont des gens qui n'ont pas la capacité de faire de la magie. Comme votre tante et votre oncle. Ou leur fils. »
« Mais moi je l'ai ? » dit Harry doucement. Est-ce que c'était possible ? Comment pouvait-il être un sorcier sans jamais l'avoir su.
« Oui, vous l'êtes aussi… Tout comme votre mère… » Pendant un petit moment le regard de Severus devint un peu plus chaleureux. « De toute façon, il faut que vous appreniez la magie. Et ce n'est pas quelque chose que vous pouvez faire seul. »
Si quelqu'un avait demandé à Harry ce à quoi il s'attendait le moins ce jour, peut-être il aurait répondu que c'était qu'un homme inconnu arrive à la porte des Dursley pour lui dire qu'il était un sorcier.
« Et où devrais-je aller pour l'apprendre ? »
Si c'était une école privée et chère les Dursley ne lui permettrait jamais d'y aller.
« C'est Poudlard, l'école des sorciers de Grande-Bretagne. J'y suis professeur et je suis venu pour vous donner votre lettre d'admission. »
L'homme sortit une lettre de la poche de sa veste.
Le papier était plus lourd que le papier normal et l'adresse était écrite avec de l'encre verte.
Et sur cette lettre, y était vraiment écrit son nom. Harry Potter.
Avec hésitation Harry pris la lettre. Le papier était lourd comme le parchemin.
Il y avait un sceau de cire rouge.
« Je peux la lire ? »
« Si quelqu'un vous l'a enseigné, bien sûr. J'espère qu'ils vous ont au moins appris ça. »
Le sceau était des armoiries partagées en quartier. Dans chaque quartier il y avait un animal et Harry était fasciné par le niveau de détail.
Le sceau était si beau qu'il ne voulait pas vraiment le briser, mais il le fit enfin.
La lettre à l'intérieur était écrite avec la même encre verte. Elle disait presque la même chose que ce que l'inconnu lui avait dit. Mais quand il lut la liste d'affaires dont il avait besoin pour se rendre dans cette école son cœur se serra. Il ne pourrait jamais acheter tout ça.
« Je vous remercie beaucoup pour cette offre,» dit-il enfin. « Mais je n'ai pas assez d'argent pour payer tous ces livres ou un chaudron ou une baguette magique. » Il n'avait aucune idée d'où il pouvait acheter ces choses ou combien ils coûtaient, mais il était sûr que c'était bien trop pour le maigre argent de poche les Dursley lui donnait. Et jamais ils ne pairaient pour tout ça, il en était sûr.
« Vos parents vous ont laissé une peu d'argent. Vous n'avez pas gaspillé tout ça, n'est-ce pas ? »
« Mes parents avaient de l'argent ? » C'était certainement quelque chose que les Dursley ne savaient pas. Ils avaient toujours râlé qu'ils n'étaient pas dédommagés pour s'occuper d'Harry.
« Oui. Et je suis sûr que c'est assez pour payer les choses dont vous avez besoin. »
« D'accord, » dit Harry et tout à coup il eut une pensée horrible. Est-ce que c'était une blague que les Dursley lui jouaient pour l'anniversaire de Dudley ?
« Il pensait qu'il était un sorcier ! Pouvez-vous le croire ? » Harry entendit la voix de son cousin dans sa tête suivie par le rire des autres élèves.
Il déglutit. « Pouvez-vous faire un peu de magie ? » demanda-t-il timidement. Severus lui faisait encore un peu peur mais il avait tellement besoin d'une preuve.
« Un peu de magie ? » dit Severus en levant un sourcil. « Je ne suis pas sûr que vous ayez compris la beauté et la complexité de ce métier… »
Ça ne sembla pas juste à Harry. Il n'avait même pas vu de magie, comment pourrait-il juger sa beauté ?
« Mais, d'accord, votre besoin de preuve semble compréhensible. »
Severus brandit sa baguette et d'un coup la Playstation de Dudley se transforma en un petit aigle en bois.
« Accio, » dit Severus et l'aigle déploya ses ailes puis plana vers eux. Il atterrit sur la paume de Severus.
« Voilà, » dit-il en donnant Harry l'aigle. « C'est assez ? »
« Oui, » chuchota Harry. Il regarda le petit aigle sur sa paume avec fascination. « Merci. Merci beaucoup. »
Il leva ses yeux et il pensa voir un petit sourire sur le visage de Severus. Mais il disparut en quelques instants et Harry n'était pas sûr qu'il ait vraiment été là.
« Alors, avez-vous d'autres questions, Potter ? »
Harry mordilla sa lèvre. « Même si j'ai de l'argent où puis-je acheter une baguette magique ? Ou tous ces livres ? »
« A Londres. Il vous faudra probablement de l'aide pour y aller…Je vais en parler au Professeur Dumbledore. Il est le directeur de Poudlard. Il vous enverra probablement Hagrid. Il voulait aussi vous donner votre lettre mais le Professeur Dumbledore m'avait demandé de le faire. D'autres questions ? »
Harry secoua la tête. Bien sûr il avait plus de questions; mais il ne pensait pas que cet homme ait envie de lui répondre.
« D'accord. De toute façon, je vais vous voir à Poudlard. »
Severus se leva. Ce n'est que lorsqu'il se dirigea vers le couloir qu'Harry se souvint des Dursley. L'oncle Vernon avait arrêté d'essayer de parler. Petunia et Dudley se serrèrent contre lui et quand Severus les approcha ils commencèrent à trembler.
« Petunia, » dit-il dans une voix froide. « Dumbledore attendait que tu lui disses la vérité. »
Les jours suivants, Harry pensait souvent que la visite de Severus n'avait été qu'un rêve. Mais lui rappelait toujours que c'était bel et bien arrivé.
Premièrement, encore un très, très gros merci à ChampEl pour avoir corriger ce chapitre!
Aussi, merci beaucoup pour tout les reviews! Les lire est motivant et j'espère que ce chapitre vous plussiez aussi :)
