Bonjour tous le monde! Voici donc la correction du deuxième chapitre de Réflexions! J'espère qu'il vous plaira! Si vous avez des questions, n'hésitez pas! Bonne lecture, cutiz'!
Pour la première fois depuis longtemps, ce matin-là se ponctua d'une agréable mélodie chantée par les oiseaux. Le nouveau ciel était bleu, et l'on pouvait voir à travers les fenêtres de la pièce demi-circulaire que les nuages avaient déserté la voûte céleste. Et en parlant de désertion, le plus connu et célèbre des pratiquants était présent. De son regard sombre, il scrutait les prunelles ambre de celle qu'il souhaitait être son prédécesseur. Oui, il était debout, face à une Hokage toujours remontée. La Princesse des Limaces, assise, pour ne pas dire affalée sur son siège, retenait ses dires avec difficultés tandis que ses doigts fins cliquetaient sur son bras croisé avec l'autre. Elle avait convoqué l'Uchiha très tôt dans la matinée pour faire un bilan de ces derniers mois. Bien qu'elle l'ait apprécié étant plus jeune, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une sorte de méfiance face à ce nouveau personnage. Son comportement n'était normalement pas tolérable, mais elle avait une bonne raison de ne pas laisser les Anbus ou les Oinins le tuer. Sakura était l'incarnation cette raison, et Naruto aussi. Ils avaient fait tant d'efforts pour le retrouver, et leur enlever leur trophée aurait été cruel. Sakura était pour elle sa meilleure élève, comme l'avait été Shizune bien avant, tandis que Naruto lui rappelait son frère défunt.
Comme une seconde famille pour elle, elle ne pouvait pas se permettre de décevoir ces deux shinobis. Alors, résignée, elle se contentait de le surveiller de près. De très près. Mais elle était presque déçue qu'il n'ait encore rien tenté de mesquin. Elle voulait ne serait-ce qu'un petit incident pour faire pencher la balance de l'autre côté et pouvoir l'éliminer sans ressentiment. Par sa faute, son village avait été détruit presque intégralement, et bon nombre de ses villageois décimés. C'était impardonnable. Mais elle était coincée dans l'impasse. Ce petit jeu se nommait la vengeance, et jouer à la même partie que le dernier des Uchiha lui hérissait les poils. Elle ne savait pas ce qui se tramait dans la tête de ce brun, mais rien qui vaille, elle en était certaine. Sous sa décision de lui succéder, elle pensait qu'il y avait une machinerie. Il avait bien prononcé ce fameux vœu de « changer les choses », mais cette idée était encore trop confuse. Devenir un Hokage était plus qu'un simple vœu, c'était un devoir rempli avec une bonne dose de conviction.
De son côté, le frère d'Itachi n'avait rien à dire, mise à part qu'il avait récupéré un semblant de vie. Depuis quatre mois, il n'avait rien tenté de suspicieux, et il n'en avait aucunement l'envie. Il savait qu'au moindre écart de conduite, il déclencherait un nouveau scandale. Et perdrait sa chance de pouvoir passer du côté du pouvoir du Bien.
« ― Je ne sais pas ce que tu mijotes, mon petit, mais ce ne sont pas tes pauvres petites seize années qui me font peur. Je sais que tu souhaites me voir morte et enterrée, mais pour l'instant je suis encore là pour te contrer. Si tu tentes quoi que ce soit dans ce village, tu le paieras, que tu soies le plus puissant ou non, râla la blonde, acide. »
Il n'avait rien à dire. Il en avait assez de se faire sermonner, alors qu'il venait en petite visite de routine. En effet, toutes les deux semaines, le Nukenin se devait de faire un rapport à la bienfaitrice de Konoha. Il était dans l'obligation de rapporter tous ses faits, gestes et décisions afin qu'elle vérifie qu'il n'ait aucune mauvaise idée derrière la tête. Et pour encore mieux faire, les Anbus sous la garde de Tsunade lui narraient la vérité, que Sasuke, à chaque fois, n'avait en aucun cas déformée. Il soupira et ses yeux roulèrent.
« ― Je vous l'ai dit, je ne tenterai rien. J'ai compris ce pourquoi j'étais là. Dois-je vous le répéter à chaque fois que je vous vois, Tsunade-sama ? prononça-t-il lentement, en mâchant presque ses mots. Je vous croyais plus perspicace que cela. »
Cette dernière phrase fut de trop pour la blonde. Ses couettes se secouèrent tandis qu'elle se levait précipitamment. Elle était rouge de colère. Comment osait-il, lui, le déserteur, s'adresser à elle de la sorte ? Lui qui avait était si dédaigneux face à ses amis, ses coéquipiers et son propre peuple ? Elle ne savait pas comment le plus puissant des villages cachés pouvait laisser passer une telle sottise. Elle ferma les yeux, tentant de se calmer. Elle recroisa ses bras et laissa son poids reposer sur une de ses jambes. D'une main, elle massa les sinus. Elle avait mal à la tête. Cet énergumène l'embêtait plus qu'autre chose. Elle inspira, les yeux toujours fermés et releva le visage. Ses yeux aux reflets dorés réapparurent et elle le défia du regard. Franchement, elle espérait plus que tout que les paroles de Sasuke soit vraies, rien que pour la cause de ces deux shinobis doués. A ce moment précis, elle pensa fort à son élève dont elle savait l'attirance irrévocable ainsi que sa malheureuse souffrance. Elle compatissait et elle accompagnait Sakura dans chaque étape de sa vie, en espérant pouvoir être une aide pour elle. Le regard qui pesait sur celui qu'elle avait en face d'elle était plein de reproches. Elle se devait de lui en parler, bien qu'elle fût sûre qu'il était déjà au courant. Elle déglutit rapidement avant d'inspirer longuement. Sa voix n'était plus qu'un souffle calme.
« ― Tu sais, en ce qui concerne Sakur-
― Je sais très bien ce qu'il en est. Ne me parlez pas d'elle, cela m'occupe assez l'esprit comme ça. »
Il ne lui avait même pas laissé le temps de finir sa phrase, à l'affût. La détentrice du pouvoir des limaces haussa un sourcil. Grande nouvelle, l'impassible homme qui se tenait, tête baissée devant elle, s'inquiétait, ou du moins pensait à quelqu'un de ce village. Un semblant de sourire habitât ses traits quelques minutes pendant lesquelles le silence si connu dans ce village régnait. Elle se retourna, les mains dans le dos, fière de son élève surdouée. Le ciel bleu engageait une merveilleuse journée. Mais l'orage n'était pourtant pas loin, en cette fin de fertile saison des pluies. Elle fit demi-tour une nouvelle fois.
« ― Bien. Tu peux disposer, fit-elle d'une voix claire et contente. »
La salle était déjà vide.
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Sa main effleura le carré de tissu arborant le kanji ichi¹ et il entra comme un enfant entrerait dans une boutique de friandises. Une odeur de ramen s'éleva dans ses narines et un sourire angélique se dessina rapidement sur ses lèvres. Dès le Lundi midi, le petit héro orphelin de Konoha se rendait chez Ramen Ichiraku pour y déguster son plat favori. Sous les regards bienveillants et avenants de Teuchi et sa fille Ayame, Naruto salua les deux propriétaires du restaurant tandis qu'il prenait place sur un haut tabouret. Il n'eut le temps de dire un mot de plus que déjà, son bol se tenait devant lui, fumant et odorant. La salive lui monta à la bouche et remercia l'homme de sa rapidité. Cependant, et contrairement à ses habitudes, il mangea seul, et calmement. De coutume, il aurait affiché un sourire immense tandis qu'il savourerait le contenu de son bol, aurait parlé la bouche pleine de nouilles, plaisanté sur les sautes d'humeur de Teuchi et terminé son repas en quelques minutes. Ce jour-là, le Naruto que le propriétaire du restaurent de ramens connaissait n'était pas là. La tête blonde si joyeuse habituellement était perdue dans ses pensées, engloutissant les nouilles trois par trois, lentement.
En effet, l'enfant de la prophétie pensait à la situation de son ami et ancien coéquipier. Il n'avait pas encore eu l'occasion de lui parler depuis son retour, étrangement. Le village n'était pas si grand que ça, après tout. La décision de son ami l'avait déchiré. Déchiré entre leur nouvel affrontement et la nouvelle amitié qu'ils allaient pouvoir entamer. Il soupira, comme chaque villageois avait presque l'obligation de faire depuis la fin de la quatrième grande guerre, et finit son repas sans grande appétit, ce qui relevait presque de l'inédit. Le visage inexpressif de son ami voguait devant ses yeux tristes. Il savait que ce choix que Sasuke avait fait pouvait reconstruire un peu plus d'humanité chez lui, mais admettre qu'il l'aiderait brûlait tout espoir pour lui de devenir Hokage. Il se leva sans un mot, laissa la monnaie sur le comptoir et, les mains dans les poches, quitta la boutique.
Dehors, il pleuvait, et les grosses goûtes orageuses le trempaient. Il osa lever un regard vers le ciel dont le bleu éclatait encore quelques heures plus tôt. La chaleur qui avait étouffé l'air ces derniers jours n'avait hérité que de trombes d'eau et du tonnerre. Il rabaissa les yeux vers le sol, après avoir reçu une goutte dans l'œil. Le ciel ressemblait fortement à celui du jour où il avait affronté Madara et Tobi, ou devrait-on dire Obito², ainsi que Kaguya. La couleur qui ornait la voûte céleste était tout bonnement triste à pleurer, et l'accablement fini par voûter les épaules du fils du quatrième et défunt Hokage. A travers les barreaux d'eaux, Naruto interrogea le visage en pierre de son père, là-bas, sur la montagne aux Hokage. Que devait-il faire ? Son regard dériva alors sur l'hôpital, en contrebas, bordant la grande rue principale de Konoha. Sakura devait être en train de travailler, persévérante qu'elle était. Les commissures de ses lèvres pointèrent vers le bas. Pauvre d'elle. Il savait qu'en ce moment, la rose se noyait dans le travail non pas par obligation, mais parce qu'elle voulait oublier. Oublier le fait que Sasuke était insensible. Il savait tout ce qu'elle avait fait pour son ami aux cheveux noirs, et cela le désespérait encore plus de voir le comportement de l'Uchiha ainsi anéantir toute confiance chez la fille qu'il avait aimé étant plus jeune. Bien sûr, elle était extrêmement heureuse de le revoir parmi eux, mais ce bonheur des retrouvailles était minime face à cette inactivité sentimentale.
Sous la pluie, il se décida d'aller rendre visite à son unique fleur de cerisier, histoire de l'aider un peu, et surtout de lui parler. Il ne savait toujours pas ce que cet idiot sans cœur avait pu lui raconter, le jour de la fête. Quatre jours que le Hanabi Taikai était passé, et la seule information qu'il avait pu obtenir de leur échange était infime. D'après lui, Sasuke était satisfait de ses dires, mais il voyait une Sakura encore plus dépitée qu'auparavant, et cela lui compressait l'estomac de doute. Les traces des sandales venaient graver la terre boueuse et en travaux de la rue commerçante et principale de Konoha, tandis qu'il se dirigeait vers son amie.
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Elle ferma la porte derrière elle, silencieusement. Elle était soulagée de voir qu'un patient de plus avait réussi à s'endormir. Le plus souvent, les blessés de l'hôpital souffrait aussi d'un manque affreux de sommeil, tant leurs blessures les empêchaient de le trouver. Beaucoup de membres de l'Alliance Shinobi étaient en mauvais état, et il faudrait encore du temps pour les voir se rétablir. Mais il y avait tant de vies à sauver que Sakura et l'équipe médicale étaient épuisées. Leurs forces se limitaient très rapidement chaque jour, et même la plus douée des élèves de l'Hokage avait du mal à tenir le coup. Adossée contre la porte de son dernier infirme, la kunoichi médecin se reposait le temps de quelques minutes. Elle sentait ses yeux peser, les traits violets souligner ses yeux verts et ses mains brûler du dernier effort qu'elle venait d'accomplir. Elle n'avait même pas mangé, mais ce n'était pas le pire. Le peu de chakra qui restait dans son corps, comme un serpent filait à travers ses os pour les maintenir debout. La rose était tellement éreintée qu'elle laissa son esprit chavirer vers le monde du songe, encore debout contre la porte blanche. Elle préférait cela à penser à tous ses tracas personnels et présents. Les nuits courtes auxquelles elle avait droit étaient bénéfiques pour elle, car son cerveau avait compris qu'il fallait, durant ce laps de temps, la faire partir loin, dans un monde sans doute meilleur.
Elle n'entendit pas l'infirmière de son service la héler à quelques mètres. Intriguée de son silence, elle s'approcha de l'endormie et la secoua par l'épaule. Cette dernière sursauta et bafouilla quelques excuses avant de se démettre de l'étreinte de l'autre femme sur son épaule. Elle allait repartir, visiblement perturbée par son endormissement soudain, quand celle-ci la retint en lui indiquant que son ami était là pour la voir, et qu'elle pouvait prendre une pause, par la même occasion. Reconnaissante et faible, la jeune Haruno la remercia d'un sourire et attrapa l'ascenseur qui se refermait déjà derrière elle. Avec elle dans la cabine descendante se trouvait Choji, le jeune homme aux formes assez fortes, à qui elle envoya un sourire discret. Il était sans doute celui qu'elle connaissait le moins dans ceux qu'elle avait connus plus jeune. Elle n'avait jamais vraiment discuté avec lui, mais elle savait qu'il était un gentil garçon. Son père était lui aussi blessé et il devait sans doute lui rendre visite. Même si elle ne le connaissait que sous son nom et son surnom interdit, elle lui devait beaucoup, le shinobi s'était battus à leurs côtés avec loyauté. Elle prit la parole d'une voix faiblarde et tremblante et lui rassura que son père serait bientôt sur pied, lui. Il était un des nombreux patients de la rose, et Chôza-san, elle pouvait l'affirmer, était un des rescapés les moins violentés.
Lorsque la sonnerie de l'ascenseur leur indiqua leur arrivée au rez-de-chaussée, elle lui souffla un rapide au revoir. A peine elle avait fait un pas en dehors de l'élévateur que quelqu'un l'entourait de ses bras, et elle sentit l'Akimichi passer pour sortir du bâtiment. Elle sût tout de suite que ce fut le blond. Ne répondant pas à son étreinte mouillée, elle se recula, morte d'épuisement. Elle avança, tremblante, vers une rangée de sièges libres, l'entraînant par la main. Elle s'assit lourdement sur une des chaises de plastique et son ami aux vêtements trempés fit de même, avec plus de grâce. Elle ne voulait pas croiser son regard, elle le savait terriblement triste. S'il avait été enjoué, il lui aurait déjà lancé une ou deux vannes qui l'auraient mise en colère, mais il n'en avait rien fait. De toute façon, sa force habituelle n'était plus et elle n'aurait pas pu lever ne serait-ce qu'un doigt sur lui. Alors seulement, elle se contenta de lui répondre finalement, se penchant sur l'épaule du blond, affectueuse. Ce dernier l'entoura à nouveau de ses bras pleins de pouvoirs et elle lui souffla un simple bonjour. Leur proximité ne gêna personne dans le couloir. Tout le monde savait leur mitoyenneté. Ils savaient aussi qu'ils en avaient besoin tous les deux ; ils avaient fait face à tant de choses depuis leur plus jeune âge. Le silence qui dominait entre eux deux était simple, calme et doux, mais Sakura le brisa, dans un sanglot étouffé et presque inaudible. Elle n'en pouvait plus, elle était à bout, elle éclata. Dès lors qu'elle avait su qu'il venait la voir, elle avait eu un poids oppressant sur le cœur. Elle avait su instantanément qu'elle ne s'en sortirait pas sans larmes ni aveux. Elle avait retenu trop longtemps tout ce qu'elle avait à dire. C'était pitoyable. La pauvre avait franchement évolué quant à sa technique et sa force, mais elle avait considérablement faible en ce qui concernait la retenu de ses sentiments et de ses larmes, encore bien plus qu'autrefois.
« ― Pardon. Pardon, Naruto. Je sais très bien que mon comportement n'est pas celui que je devrai avoir. Pardon pour ce que je t'ai fait endurer tout ce temps. Tu sais, je ne voulais pas, tu le sais, hein ? A cause de mon stupide cœur, je t'ai fait souffrir, Naruto. Pardon, gémit-elle sur la fin. »
Il ne répondit, ni ne réagit. Alors il avait vu juste. Sakura avait joué elle aussi la carte de l'indifférence ces derniers mois, et il en avait déduit, par le retour de Sasuke et par la froideur qui régnait entre ces deux-là qu'elle voulait briser tout lien affectif avec eux, ses deux compagnons d'aventure. Il l'avait bien compris, et il était sûr que Sasuke aussi. Son cœur se brisa quand elle l'avoua, ou plutôt en fit le sous-entendu. Mais il resserra son étreinte. Il était désolé pour elle, et il ne pouvait que comprendre la solitude qu'il avait aussi ressenti toutes ces années. Cette solitude qui vous ronge quand on sait que l'on fait du mal aux autres rien qu'en étant présent. Cependant, à ce moment, il avait aussi besoin de réconfort. Lui aussi était déboussolé, perdu par les propos de leur difficile ami. Sakura était la seule qui puisse rétablir un semblant de joie et de consolation dans sa vie. Sakura était en un mot sa sœur de cœur, celle qu'il avait aimé, il y avait des années de cela, cinq pour être exact.
« ― Je sais. Mais, Sakura, je ne t'en ai jamais voulu. C'est à moi de te dire pardon. J'aurai du cesser de montrer mon inquiétude et de t'avoir repoussé la dernière fois. Je ne connaissais pas tes intentions, encore moins que toi, tu voulais me protéger. »
Il renifla, les larmes n'étaient pas loin. Il reprit.
« ― Qu'est-ce que t'as dit Sasuke, l'autre jour ? »
Un ange passa. Le cœur de la kunoichi battait à tout rompre, autant par l'épuisement qui rôdait que par sa question. Ses yeux étaient grands ouverts, le visage caché dans le bras de son meilleur ami. Elle le tourna, très lentement, et ses yeux étaient déjà embués lorsqu'elle regardait fixement le triste shinobi. Un courant passa dans leurs yeux malheureux. Il soupira, finalement. Le Nukenin ne devait pas y être allé de main morte. Mais ce qui était fait était fait. Peut-être était-ce pour cela qu'il n'avait pas vu la plus jeune Haruno depuis ce fameux jour de fête. Bien pire qu'auparavant, elle s'était montrée tel un fantôme.
Le cerveau de la rose était en ébullition. Lui aussi, Naruto, ne lui en voulait pas. Elle avait donc souffert en silence pendant près de trois ans car elle croyait faire du mal à ses plus chers amis. Mais eux, ils n'en avaient aucunement voulu à la pauvre Sakura. Encore une fois, elle se sentait bête. Disaient-ils cela pour la soulager ? Pour la protéger de la souffrance ? Elle en doutât fortement. Sasuke ne se souciait vraiment pas d'elle. Elle en déduit donc qu'ils disaient vrai. Elle étouffa un énième sanglot. Elle était proche des bras de Morphée, mais la tension dans son crâne la tenait consciente. Il lui fallut d'ailleurs plusieurs secondes avant de définir le vrai sens de la question de son ami. Il ne voulait pas un rapport dans le détail, non, cela lui importait peu. Il voulait savoir l'impact sur son cœur. Quand cela fut fait, elle eut envie de mourir. Non, elle ne voulait pas penser à cette fâcheuse conversation. Elle déglutit bruyamment. Elle inspira pourtant pour répondre, mais ce fut si fastidieux qu'elle faillit s'étrangler dans ses propres larmes. Elles coulaient depuis déjà quelques secondes. Depuis que Naruto avait prit la parole, en fait. Silencieuses, elles avaient sillonné son visage tendu, et lorsque Naruto s'en rendit compte, il s'empressa de les effacer de sa manche humide, ce qui humidifia un peu plus le visage de sa camarade.
« ― Dis-moi, répéta-t-il en murmurant. »
Elle papillonna des paupières, tentant d'y voir plus clair. Le visage de Naruto lui apparaissait comme les feux d'artifice de la semaine d'avant. Brouillé, magnifique, éclatant. Elle hocha difficilement la tête avant de nicher son visage dans le creux du cou de son ami et de s'accrocher à lui comme à une bouée de sauvetage. Ses mains tremblaient un peu, s'agrippant à l'éternel blouson noir et orange du shinobi. Elle pleurait vraiment à présent, laissant libre court à ses larmes. Il la serrait contre elle, le temps qu'elle se calme de sa crise larmoyante. Entre deux hoquets, elle réussit à articuler une phrase simple.
« ― Il a dit... que j'étais... son a-... amie. »
Et sur ces mots terriblement lourds, elle soupira, ses pleurs se transformant en une respiration saccadée, se calmant peu à peu. Il ne bougea pas, toujours le corps de la kunoichi contre le sien. Au bout de quelques minutes, il n'entendit que la respiration quasiment sereine de Sakura, et il examina son état. Elle dormait. Il la regarda, le visage atterré, affreusement mal de la voir vu dans cet état. Elle avait gardé cela pour elle tout ce temps, il fallait la comprendre. Le visage de sa coéquipière avait changé du tout au tout. Malgré ses paupières gonflés et noircies par le stresse et la fatigue, et le bout de son nez rougis, elle restait incroyablement mignonne. Ses cheveux avait encore un peu plus poussé depuis la dernière fois qu'elle les avait entretenus courts. Ses deux mèches de cheveux qui avaient encadrés son visage toute son enfance et qui lui avait valu « large front » pour surnom s'était transformées en une frange rebelle. Le petit carreau qui ornait désormais son front était encore visible sous les mèches rosâtres, sa couleur parme se distinguait de sa peau un peu trop blanche. Il remarqua ensuite le mouvement des lèvres pâles de la seule femme de l'équipe sept, l'entendit murmurer, presque imperceptiblement.
« ― Pardon... d'avoir encore... pleuré. »
Cette fois, elle dormait vraiment, un maigre sourire s'offrant à lui. Aucune trace de souffrance n'était détectable sur sa figure, et elle semblait bien mieux comme ça. Il soupira, une fois de plus en ce jour gris, et se releva, l'emportant dans ses bras. Il décida qu'elle avait fini sa journée.
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L'homme soupira d'agacement tandis qu'il hissait des poutres de bois. La reconstruction progressive de Konoha était presque inachevée, mais ridiculement lente. S'il avait pu hériter du Mokuton de son ancien maître aux serpents, rebâtir le village aurait été beaucoup plus rapide, même si ce « renchuka no jutsu » l'aurait vite affaibli. Les seuls possesseurs de cet art étaient tous morts, ou bien ennemis des leurs, à son mécontentement. Heureusement que les habitants de Konoha étaient efficaces. La pluie tombait à verse, mais personne ne quittait son travail. Chacun accomplissait sa tâche, et la sienne était de poser les fondations du dernier bâtiment résidentiel. La semaine suivante, tout au plus, tout aurait été rebâti. Du haut de ses dix-sept et toutes fraîches années, il possédait une force plus importante que la plupart des simples villageois, commerçants ou non, et tout le monde semblait le remarquer. Il acceptait avec silence les tâches les plus coriaces, en espérant que ses actes auraient une certaine répercussion dans les oreilles de la blonde Hokage. Lorsqu'il eut finit de poser une des dernières pièces de la prochaine charpente, il descendit du squelette de l'immeuble. La boue prenait de toutes parts, et ses sandales, ces éternelles sandales bleu nuit, étaient plus que salies. Il les fixa un moment, avant de s'apercevoir qu'à ses pieds se trouvaient des traces de pas encore neuves et profonde dans le sol noir. Il suivit leur cheminement de ses iris insondables, jusqu'à regarder le personnage marchant au loin, sous les grilles de pluie.
La personne en soutenait une autre sur son dos, recouverts tout deux de longs manteaux capuchonnés. Il ne semblait pas en difficulté, mais dans son élan de bienfaisance, il les rattrapa rapidement avant de leur proposer de sa voix glaciale une aide. Juste devant lui, la personne s'arrêta quelques secondes, puis se retourna lentement, un sourire moqueur aux lèvres. Ah, c'était lui. Quelque chose le frappa. Il n'y avait pas encore réfléchit jusque là, mais l'idée lui avait déjà traversé les méninges. Lors de la quatrième guerre, il avait ouvertement déclaré devant toute l'Alliance Shinobi, Madara et Obito, son souhait, son nouveau but. Il n'avait pas imaginé une seule seconde les questions que devait se poser son ancien coéquipier au rêve semblable. Il avait du se sentir tout à coup défié. Mais ce n'était pas ce qu'il avait voulu. Il agissait selon son propre intérêt. Un rapide souffle sortit de ses lèvres et il finit d'avancer pour arriver à sa hauteur. Il aperçut une tignasse rose pâle sous le capuchon de la personne en faiblesse et en déduit qu'elle était mal en point. Il haussa un sourcil, intrigué.
« ― Qu'est-ce qu'elle a ? demanda-t-il, la voix inconsciemment basse, afin de ne pas réveiller de la Kunoichi endormie. »
Naruto fixa son ami de son regard bleu, étonné du fait de le voir inquiet. Un sourire discret se dessina sur ses lèvres et détourna le regard pour continuer à avancer, invitant le brun à lui emboîter le pas. Silencieux, leur marche faisait un bruit limoneux dans la terre qu'était la rue, un bruit désagréable.
« ― Elle travaille trop, j'imagine. Je la ramène chez elle, le rassura-t-il simplement, la voix toute aussi faible. »
Sans un mot, le brun acquiesça de la tête. Il devait bien l'avouer, même si Sakura n'était pas aussi forte qu'eux, elle avait un atout important. Elle avait la chance de manier le chakra avec une certaine perfection, et surtout le courage et la force de se vider elle-même de toute cette force.
« ― J'aimerai te parler. »
Le blond le dévisagea. Il acquiesça d'un mouvement de tête. Il trouva son ami étrange. Depuis plusieurs mois qu'il était là, à pouvoir lui parler, le voici qui venait enfin vers lui.
« ― Hum, oui, bien sûr. Allons d'abord nous mettre à l'abri. »
Et il reprit sa route en discrète compagnie, jusqu'à arriver à un petit immeuble déjà restauré. Le brun fronçât les sourcils tandis que l'autre qui portait Sakura commençait l'ascension des escaliers du bâtiment. Il jugea bon de croire qu'elle ne vivait plus avec ses parents, même si elle venait de passer l'âge de dix-sept ans. De plus, si ses souvenirs étaient bons, la maison familiale des Haruno n'était pas si près d'ici, soit de l'autre côté de la rue principale. Il suivit docilement le chemin que prenait le blond, sans se poser plus de question. Avec étonnement, il remarqua qu'il sortit une clé de son propre manteau de combat sous son chaperon blanc, signe qu'il venait souvent lui rendre visite, et il entra à sa suite.
L'appartement était sombre et sans grande originalité. Pour dire vrai, les meubles n'étaient aucunement personnels, et la superficie habitable n'était pas des plus importantes. Le couloir principal était ouvert sur les côtés de deux portes à droites ainsi qu'à gauche. Ces dernières, blanches, ne permettaient pas de distinguer les différentes pièces, mais le corridor débouchait sur une salle ouverte. Soufflant quelque chose d'incompréhensible, Naruto fit glisser Sakura de son dos avant de la prendre dans ses bras. Il ôta difficilement ses sandales avec ses pieds afin d'éviter de mettre de la boue un peu partout, et ceci fait, il parvint difficilement à ouvrir la deuxième porte de gauche, dans un crissement sinistre. Se devait-être la chambre de la rose d'après Sasuke, qui, encore sur le palier, défit ses sandales boueuses à son tour après avoir fermé la porte derrière lui. Il posa un regard circulaire sur l'espace qui se présentait, et il s'avança au bout de l'allée sombre. Le salon et la cuisine n'étaient pas séparés, et une grande baie vitrée du côté du salon laissait entrer une lumière grisâtre. Une table chauffante meublait la pièce et il aperçut un cadre photo retourné sur la surface boisée de la table. La pluie battait encore l'air extérieur, et des traînées d'eau s'éclataient contre le verre. Un balcon vide s'étendait sur quelques mètres carrés. Un silence de mort envahissait ses oreilles et il se détourna pour aller s'appuyer contre le cadre de la porte de la chambre. Interdit, il observa Naruto dépouiller leur amie de son manteau mouillé, de ses bottes, de son haut rouge et de tous les vêtements jugés trop humides. Sakura, contrairement à sa jeunesse, ne portait plus sa longue tunique bordeaux, mais un haut de la même couleur, et un genre de jupe fendue rose pâle sur son éternel short de combat. Le brun détourna le regard, presque gêné. Les deux membres de l'équipe sept étaient très proches, bien plus que quand il les avait connus. A vrai dire, il ne les avait pas vus évoluer, dernièrement. Il pensa que son départ les avait poussés à se rapprocher davantage, bien que cette réalité lui semblât étrange.
Leur relation étant enfants n'était pas des meilleures ; l'ancienne Chûnin avait passé son temps à le rabaisser et lui crier dessus et le pauvre ne pouvait s'empêcher de toujours vouloir l'impressionner, sans grand succès. Quand il entendit le froissement du drap du lit sur lequel Naruto avait déposé Sakura assise, il reposa ses yeux noirs sur eux. Hésitant, Naruto répondit à son regard. Il savait que Sasuke ne les connaissait plus si bien. Il secoua la tête et l'invita à sortir de la chambre, lui derrière. La porte à peine close, Sasuke ironisa.
« ― Et bien, et bien, à ce que je vois, on se permet bien plus de choses qu'il y a cinq ans.
― La ferme, Sas'ke. Tu ne le connais pas autant que moi je la connais. Elle ne me frappera pas pour ce que je viens de faire. »
La mâchoire du dernier de son clan maudit se serra. Et bien, lisait-il dans ses pensées ? Cependant, ses yeux ne trahirent rien, sinon un certain amusement. Mais Sakura n'était pas le sujet dont il voulait lui faire part. Cependant, peut-être devrait-il encore passer par là. Tsunade n'était pas la seule à s'inquiéter de l'état de la kunoichi médecin. Naruto lui passa devant et à son tour, déposa à même le sol son manteau trempé et sa veste aux tissu bicolore. Comme s'il était chez lui, il s'installa à la table chauffante, et intrigué, jeta un œil au cadre photo. Sasuke perçut sa gêne et son geste furtif et violent lorsqu'il abaissa le cadre photo. Le contact visuel des deux shinobis était nul, mais l'enfant de la prophétie éleva la voix après quelques minutes de réflexion. Sasuke était toujours debout, le regard vide, fixé sur la chevelure dorée de Naruto. Il était troublé par la présence de ce cadre, dont il soupçonnait abriter une photo pleine de souvenirs et de joie.
« ― De quoi voulais-tu me parler ? »
Mais le brun ne se contenta pas de lui répondre. Il cogitait, étrangement minutieux quant à la façon d'aborder la chose. Pendant ce laps de temps, le blond se releva, exténué lui aussi. Il alla ouvrir la porte en face de la chambre de la rose pour y rentrer quelques instants et en ressortir muni de deux serviettes de bains blanches, propres et pliées. Sakura n'avait rien perdu de son côté maniaque et ordonné. L'hôte de Kurama en lança une à son camarade avant de lui dire :
« ― Tiens, sèche-toi et enlève tes vêtements mouillés, tu vas attraper froid. »
Le brun haussa un sourcil. Lui ? Attraper froid ? Mais bien sûr. Il soupira agacé, avant de déposer la serviette sur le kotatsu³ et de retirer sa veste noire. Depuis son retour, le Nukenin n'avait pas eu droit à sa tenue de ninja. Les soupçons de l'Hokage n'étaient un secret pour personne et son refus de l'intégrer dans l'équipe des Chûnins ou encore des Jônins de Konoha ne fut une surprise pour aucun des habitants du village. Il n'avait donc pas pu s'approprier la tenue des shinobis experts, ou moyens que Sakura avait pu porter lors de la Quatrième Guerre Ninja, ainsi que tous les autres de leur âge. Et pour enfoncer le clou encore plus profondément, la petite fille du Shodaï Hokage avait reconnu ses deux camarades comme des Jônins de haut niveau. La manière qu'avait la Godaime Hokage à le rabaisser était tout simplement insupportable et dégradante pour lui, mais comme à son habitude, il n'en montrait rien, au mécontentement personnel de Tsunade.
Ainsi, il n'était seulement vêtu que de vêtements de citoyens de la Feuille Cachée. Sa veste tomba négligemment au sol, à côté des manteaux de son ami et rival, et il entreprit de se sécher les cheveux à l'aide de la serviette, à l'instar du blond. Il s'assit en tailleur, sans pour autant se glisser sous le futon chaud. Il se demanda comment, même l'été, cette chose pouvait encore fonctionner. Un malaise prenant substituait l'air environnant, et le brun entreprit rapidement alors de dire ce qu'il avait à confier.
« ― J'ai l'impression que tout ce que je vous dis, à Sakura et toi, est inutile face à la situation dans laquelle je suis, et je n'aime pas du tout ça. Cependant, j'y suis obligé, alors écoute et répond-moi. »
Il prit une courte pause dans le monologue qu'il allait débiter d'une traite. Il voulait se donner une certaine contenance, et pour accompagner ce minuscule silence, il braqua son regard glacial dans celui si franc de l'autre. Ce dernier avait haussé à son tour ses deux sourcils blonds et se méfia de la brusquerie soudaine du frère du défunt Itachi.
« ― Lorsque j'ai annoncé devant toutes l'armée Ninja, commença-t-il, que j'allais devenir le prochain Hokage, qu'as-tu pensé ?
― Et bien, bredouilla la blond étonné et abasourdi, je crois que j'ai été vachement surpris, comme tout le monde, à bien y penser. C'est vrai, quoi ! Tu étais parti pendant si longtemps, c'était juste incroyable que tu veuilles prendre un post aussi impor-
― Je t'ai demandé ce que toi, tu as pensé de mes paroles, Naruto, le coupa le brun. »
Sa voix était glaciale et impatiente. Le doué Jônin semblait tourner autour du pot et cela l'agaçait.
« ― Et bien, répondit avec une peu plus de vérité ce dernier, je crois que ça m'a beaucoup dérangé au début. Mais, maintenant, je trouve ça plutôt étrange. Et triste. Tu n'as pas eu le temps de te réintégrer dans nos rangs que je te vois déjà comme un ennemi potentiel. Je ne comprends pas pourquoi, d'ailleurs, tu la veux, cette place d'Hokage.
― J'allais y venir, mais ne crois pas que je vais tout te dire, Naruto. Je sais que tu tiendras ta langue, mais il est trop tôt pour moi de te parler de mon intention précise. Tout ce que je peux te dire, c'est que, moi, le dernier descendant du clan Uchiha, veut faire payer à ce peuple le malheur qu'ils ont abattu sur ma famille.
― Pardon ? Mais, maintenant, tu sais tout comme moi que les gens de Konoha n'y sont pour rien ! Tu ne va pas les attaquer une nouvelle fois à cause de cette maudite malédiction ! Et puis, maintenant que ma promesse est tenue, j'ai le devoir de me liguer contre toi. Je croyais que tu en avais fini avec la violence et la haine.
― Détrompe-toi. Je ne me battrai pas. Ma haine est partie. Définitivement. Je veux juste montrer à ces gens que le mon clan, ma famille, est très capable de... Tu m'en fais dire trop, arrête avec tes bêtises. Et de quelle promesse tu parles ? le questionna l'ancien Genin, désireux de changer tout à coup de sujet.
― La promesse que m'a fait tenir Sakura, enfin. Celle de te ramener. Tu sais très bien qu'elle est en partie responsable de ta poursuite. Ne crois pas que je ne l'aurai pas fait seul, mais lorsqu'elle ma demandé de te ramener à Konoha, sain et sauf, n'imagine surtout pas qu'elle était en bon état. Elle était même pire qu'aujourd'hui. »
Les mots du Jônin se perdirent en tourbillon dans les pensées du brun. Sakura avait été derrière tout ça, au final. Cela était normal, après tout. Ce fût elle qui avait essayé de le retenir, de ne pas le laissé sombrer dans toute cette noirceur qui l'avait habité jusqu'à il y avait quelques mois. De plus, savoir désormais que son état était bien pire que celui dans lequel elle était le laissa perplexe.
« ― Mais alors, pourquoi elle est si... étrange ? Je suis bien revenu, non ?
― Je crains que tu n'aies pas compris. Tu es la cause de tous ses malheurs. N'as-tu toujours pas remarqué ? Elle t'aime toujours, mon vieux, t'es aveugle ? »
Sur sa peau pâle, ses lèvres se fendirent en une ligne froide. Cette pauvre femme n'avait donc pas décidé d'abandonner ce stupide amour pour lui, même après toutes ces années. Il trouva cette philosophie de cœur ridicule, mais paradoxalement, il fut réjoui d'entendre cela. Mais Sakura avait eu, jusqu'à maintenant, la même imbécile attitude que Karin, qu'il avait d'ailleurs faillit tuer. La femme aux lunettes ne lui avait jamais grandement servi, et l'éliminer de sang froid n'aurait pas été si difficile. Elle l'avait souvent dégoûté par ses manières puérilement mielleuses. Seulement, prêt à accomplir ce sacrifice, on l'avait dérangé en pleine action. En pensant à cet épisode, quelque chose le frappa.
« ― Pourquoi a-t-elle tenté de me tuer, dans ce cas ? Je ne crois pas qu'elle voulait sérieusement me rejoindre.
― Tu le fais exprès ou quoi ? Hm... J'aimerai vraiment tout te dire, mais ce n'est pas mon rôle. J'ai l'impression que tu es plus imbécile que moi, quelquefois. »
Ils se levèrent tous les deux au même instant. Tandis que Sasuke sentait la colère monter, Naruto avait entendu du bruit du côté de la chambre. Ce dernier intima à l'autre de se pousser pour le laisser passer, et disparut rapidement dans la pièce sombre, laissant à Sasuke le plaisir de sentir son cerveau en ébullition.
Au chevet d'une Sakura en train de se réveiller, le blond shinobi s'inquiéta tout de suite de sa santé.
« ― Sakura-chan, tu n'as pas beaucoup dormi, tu sais, reste couchée ! »
Mais les yeux effarés de la rose le surprirent. Elle paraissait vraiment mal, toujours fatiguée, mais une détresse était lisible dans les traits de son visage.
« ― Les patients ! Pourquoi suis-je là ? Les patients, Naruto, vite, ma pause est finie ! »
Elle se débattit un instant avec ses draps et sous eux, aperçu sa tenue légère. Elle s'arrêta dans son élan, les joues blanches. Elle avait l'air affolée et angoissée, et surtout gênée. Elle retourna un visage horrifié à son ami pour lui lancer une réplique cinglante et tueuse, mais sa nuque craqua et se glaça sous l'effet du choc. Elle s'exclama d'un petit aïe! avant de porter une main à l'endroit douloureux.
« ― T'inquiète pas Sakura-chan, j'ai rien vu, j'te l'jure ! fit-il les mains devant lui comme pour se justifier d'un crime qu'il n'avait pas commis.
― Oui, c'est juste. Il a même avoué qu'il te connaissait bien, et qu'il n'y avait pas lieu de se battre, fit une voix grave, insistante sur le mot bien. »
La kunoichi se stabilisa, les yeux dans le vague. Son souffle aussi s'était arrêté et un silence assourdissant pénétra la pièce. Son regard dériva avec une lenteur inhumaine jusqu'à celui du fauteur de trouble, et son sang se figea aussi. Lui. Que faisait-il ici ? Sakura ne put s'empêcher de murmurer cette question, comme à elle-même, mais le blond l'entendit et y répondit.
« ― Et bien, en fait, quand je t'ai ramené chez toi, je l'ai rencontré, et il voulait me parler. Comme j'avais les clés et qu'il pleuvait des cordes, je me suis dit... »
Un frisson lui parcourut l'échine en apercevant le regard noir que lui envoya son amie. Il tira une grimace désolée et la rose ôta sa main de sa nuque, d'une lenteur toujours infinie, et la dirigea vers les yeux tristes de Naruto. Son geste était calme, et il se demanda si elle allait le frapper, mais au final, son pouce ne vint que caresser la partie inférieure de son œil gauche. Etonné, il leva un autre regard sur la kunoichi qui sembla alors concentrée. Il aperçut une lumière verte du côté gauche de son visage et la légère fatigue qu'il éprouvait s'envola. Elle le rétablissait toujours, même si une infime chose n'allait pas. Ce qu'il ne savait pas, c'est que Sakura était surprotectrice envers lui depuis qu'elle l'avait presque vu mourir sous ses doigts. La peur et la tristesse, la douleur immuable qu'elle avait ressentie à ce moment était si cuisantes que le voir souffrir une nouvelle fois, peut importe comment et de quoi, était tout juste insupportable pour elle.
« ― Tu aurais dû te reposer toi aussi, susurra-t-elle à son adresse.
― Je vous dérange, peut-être ? »
Le ton qu'avait employé à nouveau l'Uchiha avait contrasté avec la douceur et le calme de la voix féminine de la Haruno. Elle fronça les sourcils après avoir détacher sa main de la joue de l'Uzumaki. Elle leva les yeux sur ce visage froid et distant. La douleur s'empara de son cœur, mais elle ne le montra pas, ou du moins elle croyait ne pas le montrer. Elle se limita à le fixer, et à bouger son corps de sorte à ce qu'elle se retrouve assise sur son lit, le drap remonté sur son corps à demi vêtu, adossée au mur blanc de sa chambre. Ses yeux verts sondaient ; essayaient de sonder les abysses des prunelles ensorceleuses du dernier Uchiha. Elle cligna des yeux, plusieurs fois, lentement. Aucun ne parlait, et le fils du Yondaïme Hokage se demanda alors ce qui se tramait entre eux deux. Le calme qui habitait toujours Konoha était, ici et à cet instant, olympien, et bénéfique. Après plusieurs minutes de néant, la kunoichi se décida à réagir. Effectivement, elle sourit et un rire minuscule sortit de sa gorge. Les yeux de ses deux compagnons s'écarquillèrent. Son rire était bien le sien, un rire pur et sans soucis, un vrai rire que Naruto eut du plaisir à écouter. Depuis longtemps, il n'avait eu la joie de réentendre ce doux gloussement. La jeune femme ouvrit la bouche, toujours rieuse et lança, moqueuse, à son vieil ami :
« ― Joyeux anniversaire, Sasuke. »
Lexique
¹ ichi ; il s'agit bien sûr ici de la traduction du chiffre un. Il apparaît sur le devant du restaurant de ramen de Teuchi à Konoha, vous savez, les petits carrés de tissus qui cachent la partie haute du magasin.
² Obito ; Alors, oui, je ne sais pas si je fais du spoil, mais Obito est bien Tobi. Je n'en dis pas plus, pour ceux qui ne savent peut-être pas (oh, je suis désolée si c'est le cas!).
³ kotatsu ; il s'agit seulement de la table chauffante.
Bonsoir à tous ! J'espère qu'il vous a plus, et si c'est le cas, merci de l'avoir lu jusqu'au bout de ce long chapitre. Un peu plus long que le premier, il est presque à moitié composé de dialogue, et cela plaira à certains! Malheureusement, j'ai juste eu recours à ces dialogues pour une compréhension plus juste. Je n'allais pas écrire au discours indirect, ça aurait été trop compliqué à comprendre, après... Donc, oui, beaucoup de dialogue ici, ce que je n'apprécie pas trop! Il y a encore beaucoup de choses à éclaircir, et j'espère que le mystère qui trône autour de Sasuke se tient toujours! Je pense qu'il sera le personnage le plus bousculé dans cette histoire, voire même plus que notre belle Sakura.
Tiens! En parlant de notre hime préférée, et bien, je n'ai qu'une chose à dire. Pour celles et ceux qui voudraient qu'elle soit plus entreprenante, et bien, patience. Sakura est un personnage complexe, et bien qu'avec un caractère très... bipolaire, elle a le droit d'avoir le temps de s'affirmer. Il est vrai qu'elle paraît fragile, alors qu'elle avait repris confiance durant cette Grande et Quatrième Guerre Ninja, mais le retour de son amour l'a plus affecté qu'elle ne l'aurai cru. Je suis une fille, et comprendre Sakura est quelque chose d'assez facile pour moi, alors j'applique ce qui me semble le plus juste à sa personne. Mais, ne vous inquiétez pas, la grande Sakura pleine de volonté, de joie, de vie sera bientôt sur scène! Il suffit que quelqu'un vienne mettre son grain de sel, et... BAM. Vous verrez.
Ensuite, j'aimerai vous parler de Naruto. Bon alors, il y a un truc que j'aimerai mettre au clair. La plupart des lecteurs (je dis bien la plupart, ne vous sentez pas viser si ce n'est pas le cas), mais Naruto est vu comme un personnage stupide et immature. Mais là, je vous arrête tout de suite. Dans le manga, celui qui a, sans aucun doute, le plus évolué, c'est bien lui. Non, mais vous avez vu la différence entre le Naruto fou amoureux de Sakura, en petite guerre enfantine contre Sasuke et seul contre les vilaines méchantes personnes de Konoha qui le voient comme un démon ; et le Naruto blindé de pouvoirs, de jutsus et de chakra, qui a réussi à faire de Kurama son pote, ainsi que les autres démons à queue, qui est tellement bon et courageux que tout le monde met sa vie en péril pour préserver la sienne, qui a gardé son rêve jusqu'au bout, qui a pardonné à tout le monde (même l'absence de ses parents durant toute sa vie), qui a contrôler ses sentiments envers Sakura et qui a souffert en silence, qui arrive à comprendre tout le monde alors qu'à la base, c'est lui que personne ne comprenais (à part Sasuke...). Vous la voyez, cette différence? J'espère bien que oui. Peut-être je défend sa cause car il est l'un de mes personnages favoris, mais en tout cas, ce que je dis est vrai. Alors, j'en viens au fait. On voit (lit) bien Naruto dire à Sasuke, alors qu'ils sont chez Sakura, qu'il pouvait être plus imbécile que lui, parfois. Et bien, j'ai eu envie de marquer ce recul qu'il a prit de lui et de le faire remarquer à tout le monde. Il sait quel comportement il a toujours eu, il en est vraiment conscient. Il est même en train de faire la morale à Sasuke qui en avait bien besoin, tiens. Il est intelligent et mature, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent et mettent en oeuvre dans leur fiction. Non, mais, c'est vrai, il est peut-être voulu comme enfantin dans le manga, il reste tout de même un personnage nippon incroyablement changé.
Oula, je me confond de bêtise en bêtise, donc je vais arrêter de blablater sur le personnage de Naruto plus longtemps. Maintenant, j'aimerai éclaircir plusieurs trucs que je pense pas très explicites.
D'abord, le passage en grade de Naruto et Sakura. Vous l'aurez bien remarquer, Tsunade est (très) remontée contre Sasuke, le Nukenin ou celui qui a voulu détruire (ou devrai-je dire anéantir, pulvériser, décimer...) Konoha, son village caché qu'elle protège coûte que coûte au péril de sa vie. Alors, pour marquer le coup de son retour, elle l'a laissé dans son rang de Genin - il en a plus l'âge, mais c'est comme ça, après tout il n'était pas là pour passer les différents examens -, sans missions ni maître Jônin. Il est donc banni à errer dans Konoha, à aider à la reconstruction des immeubles, afin de se faire reconnaître comme un membre de Konoha à part entière. Mais, pour enfoncer le couteau dans la plaie, non seulement elle l'a fait surveiller par des ANBUS et le fait venir régulièrement dans son bureau pour le passer au peigne fin, mais elle a aussi monté en grade ses deux plus proches amis. Sakura et Naruto sont donc désormais des Jônins accomplis.
Ensuite, la dernière réplique de Sakura. Je peux aisément dire que je suis une sacré veinarde. Et oui, j'avais déjà préparé mon chapitre, évidemment, mais là, alors là, j'ai vraiment pas fait gaffe aux dates. Effectivement, cette année, le Hanabi Taikai (la fête des feux d'artifices) est quelque jours avant le 23 Juillet, soit l'anniversaire de notre beau ténébreux. En réalité, je suis assez fière que ces dates correspondent parfaitement avec ce que j'avais fait de mon chapitre, héhé ~ Mais je ne vous en dit pas plus sur ce fameux jour, auquel d'ailleurs, j'ai fait quelques allusions en disant de Sasuke qu'il avait dix-sept et toutes fraîches années. Et aussi, on peut voir que Tsunade, qui savait pertinemment quel jour ils étaient, l'a traité de gosse de seize ans. Ah oui! Et j'aimerai insisté sur le fait que Sakura, contre toute attente, de l'équipe sept par défaut (donc sans compter Saï) est la plus âgée. Et oui! Elle est née le 28 Mars, et Naruto le 10 Octobre. Rien à voir, mais j'avais envie de le dire...
Bon, avant que mon discours ne soit plus long que le chapitre lui-même, je m'arrête là. Si vous avez quelconque questions, n'hésitez pas! Encore merci de m'avoir lu (même pour lire mes commentaires fastidieux, je vous dit chapeau, je doit être vraiment chiante...)! Je vous aime, mes lecteurs et lectrices!
PS : J'aimerai encore une fois souligner que mon histoire et mes commentaires ont été écrits il y a près de quatre mois, il est donc normal que certaines données ne soient ni actuelles ni mises à jour! Ne vous en faîtes pas si vous retrouver Réflexions sur une plateforme de blog, j'en serai l'auteur (du moins, s'il n'y a pas eu plagiat...!)! Quoi qu'il en soit, vous retrouverez toujours Réflexions écrit par une dénommée Maya, si tel n'est pas le cas! Bonne journée, mes amis!
